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  • Anne

La Dent-de-lion


Étymologie :

  • PISSENLIT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Mil. xve s. pissenlit (Évangiles des Quenouilles, Paris, P. Jannet, 1855, p. 40) ; 2. 1862 expr. manger des pissenlits par la racine (Hugo, Misér., t. 1, p. 686). Comp. de pisse (forme du verbe pisser*), de la prép. en* et de lit*. Cette plante est ainsi nommée en raison de ses propriétés diurétiques.

Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion sur le symbolisme de la plante.


Autres noms : Taraxacum Officinalis ; Chandelle ; Chopine ; Cochet ; Couronne-de-moine ; Dent-de-lion ; Doudou ; Fleur des beaux garçons ; Fleurion d'or ; Florin d'or ; Florion d'or ; Groin-de-porc ; Horloge du berger ; Lait d'âne ; Laitue de chien ; Pichaulit ; Pisse-en-lit ; Pistelon ; Tête de moineau ; Tête de moine (parce qu'il est chauve quand il a perdu ses aigrettes) ; Salade de taupe.

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Botanique :


Selon Jean-Marie Pelt, auteur d'un ouvrage intitulé Des Légumes (Éditions Fayard, 1993) :


Le pissenlit est l'une de nos herbes les plus communes, car, non content de régner en maître sur les prairies, les chaumes, les friches, les talus, il va jusqu'à s'insinuer entre les pavés des places de nos villes. Ses feuilles découpées en lobes aigus lui ont valu le nom spécifique de « dent de lion ». C'est à ses merveilleux capitules de fleurs jaune d'or,, juchés au sommet d'un pédoncule creux et souple, qu'il doit le nom de « fleurion d'or ». Après la formation par chaque fleur d'un petit fruit sec, surmonté d'une fine aigrette en forme de parachute, la belle collection de ces aigrettes au sommet de la hampe lui vaut le nom de « chandelle ». Depuis que Pierre Larousse en fit l'emblème de son œuvre, l'essaimage des airettes au moindre souffle de bise ou de vent reste une image familière qui orne les livres où s'écrit l'histoire de la langue française. Quand toutes les aigrettes ont disparu, il ne reste plus que le réceptacle bombé, nu, et c'est alors que le pissenlit s'appelle « tête de moine ». Le nom de « pissenlit », regroupant tous les autres, évoque les incontestables propriétés diurétiques de la plante. Reste le latin Taraxacum : cette racine proviendrait du grec et évoquerait l'action salutaire du pissenlit dans les maladies des yeux, fort contestable au demeurant.

En raison de son amertume, le pissenlit fut d'abord une plante médicinale et ensuite seulement une salade. Parmi bon nombre d'indications thérapeutiques, hétéroclites et discutables, on relèvera cependant une indication constante du pissenlit dans les maladies du foie et des reins ; amer comme la bile, il est, de fait, un excellent draineur et un bon diurétique.

La culture du pissenlit en tant que légume remonte à la Renaissance et se pratique surtout en France ; mais l'on récolte toujours le pissenlit sauvage. La plante possède une puissante racine pivotante pouvant atteindre 30 cm de profondeur ; elle est inscrite à la pharmacopée. Riche en inuline, proche de celle de la chicorée - on l'a d'ailleurs utilisée comme succédané de celle-ci -, elle entre dans de nombreuses compositions de tisanes dépuratives. Quant aux feuilles, elles contiennent des vitamines B et C ainsi qu'un principe amer identique à celui de la chicorée.

Laitue, chicorée, pissenlit, toutes ces salades appartenant à la famille des astéracées (ex-composées) sont chimiquement apparentées. Ces plantes se caractérisent par leur amertume, par la haute teneur en inuline de leurs racines et par leurs effets favorables sur les sphères hépatobiliaire et hépatorénale ; d'où des propriétés diurétiques, cholagogues, cholérétiques.

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Composition nutritionnelle : lire le détail

Analyse nutritionnelle : idem.

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :

"Le pissenlit porte de longues feuilles dentelées. Il pousse en très grand nombre dans les prairies. Au printemps, au milieu du vert des prés, une multitude fleurs jaunes éclosent puis donnent naissance à des plumets légers que le vent emporte. Le pissenlit est une plante à latex, dont le lait ne brûle pas la bouche. Il est juste un peu amer.


Pourquoi fait-il ça ? Le latex du pissenlit a pour effet de repousser les limaces et les escargots, qui se contente de manger les vieilles feuilles un peu pourries du dessous. Par contre, les lapins, les vaches ou les chevaux en raffolent et le pissenlit s'en trouve plutôt bien car plus il est brouté, mieux il repousse !


Salade de pissenlits : Le pissenlit se mange en salade, surtout quand les feuilles sont jeunes et tendres. Il est délicieux avec de l'huile d'olive et des petits lardons grillés. Mais les enfants, eux, le trouvent souvent bien trop amer. Dommage, car le pissenlit est bon pour la santé, même s'il a tendance à donner envie de faire pipi (on peut l'écrire d'ailleurs "pisse-en-lit" !


Des pneus en pissenlit : Le latex du pissenlit devient extensible en durcissant. Il pourrait même servir à faire des élastiques, ou des balles de caoutchouc. En Russie, on a essayé de l'utiliser pour fabriquer du caoutchouc. Mais on a abandonné car les pissenlits étaient trop difficiles à récolter."

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Bienfaits thérapeutiques :


Le pissenlit est essentiellement utilisé pour ses propriétés diurétiques comme son nom l'indique. Selon le site de la Société Française d'Ethnopharmacologie (((((SFE), "C’est une petite plante très commune dans toutes les régions tempérées du monde dont les racines sont traditionnellement utilisées comme dépuratifs, cholagogues et cholérétiques mais aussi pour ses effets diurétiques. Les racines s’emploient en décoction et les feuilles en infusion."

Pour connaître les autres propriétés médicinales du pissenlit, consulter ce document issu du site Doctissimo.

Pissenlit et cancer : Selon une étude menée par Siyaram Pandey, professeur de l’université de Windsor au Canada, les racines de pissenlit seraient bien plus efficaces que la chimiothérapie. Ainsi, les effets cytotoxiques de l’extrait de racine de Pissenlit pourrait tuer jusqu’à 96% des cellules de la leucémie myélomonocytaire chronique (forme de cancer du sang) 48 heures seulement après assimilation.


Pour en savoir davantage, lire l'article publié sur le site de l'université de Windsor.

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Utilisations traditionnelles

Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot nous apprend que :


L'action de souffler sur les graines légères, qui sert à des consultations amoureuses, constitue aussi un jeu Les enfants prennent une boule de pissenlit, puis l'un deux souffle dessus, puis toujours les uns après les autres ; celui qui soufflera le dernier brin aura gagné. [...] En Berry et dans une partie de la Sologne, on appelle amoureux du Berry les graines légères de pissenlits que le vent propage dans les campagnes aux mois d'août et de septembre. Les jeunes filles les attrapent quand elles le peuvent, elles les placent dans leur corsage en disant : Encore un de pris. C'est une allusion à l'amoureux qu'elles pourront attraper au vol, quand elles auront l'âge de se marier.




Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


La friction d'une plante sur le mal est aussi efficace peur faire disparaître ces excroissances [les verrues]. Au XVIe siècle, on conseillait de frotter le porion du lait d'une fueille de pissenlit, il en sèche plus tost.

[...] En Haute-Bretagne et dans la Beauce, si toutes celles [les aigrettes] du pissenlit s'envolent, on est très aimé ;s'il en reste quelques-unes, on l'est un peu moins ; l'affection est faible si la plupart résiste au souffle ; En Wallonie, on pose diverses questions en rapport avec l'amour et la destinée en soufflant, à chaque parole, sur un capitule de pissenlit : le mot sur lequel il se trouve complètement dégarni de ses graines donne l'explication attendue. La jeune fille qui veut savoir combien elle a de galants souffle par trois fois vigoureusement leur nombre est celui des aigrettes qui restent. En Provence, la jeune fille souffle sur une tige garnie de ces petites graines ailées, que l'on appelle Anges autant il en reste, autant d'années la séparent du mariage ; si toutes volent, elle se mariera bientôt si toutes résistent, le mariage est bien loin ; la même épreuve se fait en Haute-Bretagne avec le pissenlit et dans le Bocage normand si l'aigrette s'envole tout entière le mariage est prochain, s'il en reste, on devra attendre autant d'années qu'il faudra s'y reprendre de fois pour faire disparaître les grains.

En Haute-Bretagne et dans la Beauce, pour savoir combien l'on a d'années à vivre, on souffle sur le pissenlit en graine : le nombre d'aigrettes en indique le chiffre ; il dit aussi aux jeunes femmes des Côtes-du-Nord combien elles auront d'enfants. Les enfants wallons ont donné le nom d'horloge à la tête du pissenlit, parce qu'elle leur sert à .déterminer l'heure ; ils soufflent dessus jusqu'à ce que toutes ses graines aient disparu ; le chiffre est marqué par le nombre de fois que l'on, aura eu à souffler pour les éliminer toutes. En Haute-Bretagne, on souffle trois fois ; le chiffre de celles qui restent donne la réponse ; s'il y en a de cassées, ce sont des demi-heures ou des quarts d'heures ; la même consultation est pratiquée en Beauce. En Ille-et-Vilaine et dans les Côtes-du-Nord, elle est employée par ceux qui ne se rappellent plus s'ils ont dit leurs prières le matin ; si on enlève toutes les graines, c'est qu'on est en règle. Aux environs de Dinan, les enfants qui, en route, réussissent à les faire envoler, croient que leur mère les attend avec impatience et leur ménage une surprise. Une consultation analogue est usitée en Savoie, où la fleur de pissenlit s'appelle Inà (lune). Lorsque les enfants s'amusant à la campagne craignent que leurs parents n'aient besoin d'eux pour quelque petit service, ils soufflent très fort sur cette lune si tous les pétales s'envole, leurs parents les réclament et il faut partir au plus tôt sinon, et quand bien même il ne resterait qu'un seul pétale, ils continueront leurs jeux sans inquiétude.

[...] Les plantes semblent ne jouer qu'un rôle secondaire dans les songes. En Franche-Comté, la jeune fille curieuse de voir en rêve celui qui sera son mari doit placer sous son oreiller, avant de se coucher, une feuille intacte de pissenlit.

[...] En Poitou, l'enfant aplatit à un bout le tuyau du pissenlit qui commence à fleurir, et s'il respire fortement, et qu'il ne passe pas d'air entre les lèvres et le bout de ce tuyau, il doit faire entendre un son.

Il est courant de faire un vœu lorsque l'on souffle sur les pistils de ce petit génie. Le rituel est similaire à celui de la lampe à huile, de l'étoile filante ou du bouton d'or.

Dans le calendrier républicain français, le 26e jour du mois de ventôse, est officiellement dénommé jour du Pissenlit.

Wikipédia

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Une tradition ancienne voulait que le pissenlit en fruit servit de présage aux jeunes filles à marier : les jeunes filles d'autrefois soufflaient sur la tête du pissenlit pour faire s'envoler toutes ses graines. Autant de fois elles soufflaient, autant d'années elles attendront un époux...

Les magiciens se frottent le corps de décoction de pissenlit afin d'être bien accueilli partout et d'obtenir tout ce qu'ils désirent.

http://viagallica.com/

Selon Ernest Small et Paul M. Catling dans Les Cultures médicinales canadiennes, (Conseil national de recherches Canada, NRC Research Press, 2000) :


"On peut prédire de combien de pouce grandira un enfant au cours de la prochaine année en mesurant la plus grande tige de pissenlit qu'il peut trouver."

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Symbolisme :


Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


PISSENLIT - ORACLE.

L'espèce la plus commune, le pissenlit dent-de-lion, se trouve en abondance dans les prés et les lieux herbeux et incultes. Ses pousses se mangent en salade dans les premiers jours du printemps, ou cuites comme la chicorée. Qui ne se rappelle les boules légères du pissenlit qui pousse dans les prés et que nous aimions à consulter quand nous étions enfants ? ... Désire-t-on savoir si un ami absent s'occupe de nous comme nous nous occupons de lui, dit madame Delatour, on souffle sur ces aigrettes légères, et s'il en reste une seule, c'est une preuve qu'il ne nous oublie pas ; mais celle épreuve, il faut la faire avec précaution ; on doit souffler bien doucement, car, à aucun âge, pas même à l'âge brillant des amours, il ne faut souffler trop fort sur les légères illusions de la vie.

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), Pissenlit (Taraxacum dens leonis) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Jupiter

Élément : Air

Divinité : Hécate

Pouvoirs : Divination ; Vœux ; Stimule les esprits.


Utilisation magique : Pour savoir combien d'années vous vivrez, soufflez les graines de la tête du Pissenlit. Vous vivrez autant d'années qu'il restera de graines. Pour savoir l'heure : soufflez trois fois de la même manière que précédemment. Le nombre de graines restantes vous indiquera l'heure.

Pour envoyer un message à une personne aimée, soufflez sur la tête du Pissenlit, dans la direction de celle-ci, et en visualisant votre message. Le Pissenlit, enterré dans l'angle nord-ouest de la maison, apporte des vents favorables.

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Sheila Pickles écrit un ouvrage intitulé Le Langage des fleurs du temps jadis (Édition originale, 1990 ; (Éditions Solar, 1992 pour la traduction française) dans lequel elle présente ainsi le Pissenlit :


Mot clef : Oracle

Prédit me fut que devais fermement

Un jour aimer celui dont la figure

Me fut décrite, et, sans autre peinture,

Le reconnus quand vis premièrement.


Puis le voyant aimer fatalement,

Pitié je pris de sa triste aventure,

Et tellement je forçai ma nature,

Qu'autant que lui aimai ardentement