Blog

  • Anne

La Dent de lion



Étymologie :

  • PISSENLIT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Mil. xve s. pissenlit (Évangiles des Quenouilles, Paris, P. Jannet, 1855, p. 40) ; 2. 1862 expr. manger des pissenlits par la racine (Hugo, Misér., t. 1, p. 686). Comp. de pisse (forme du verbe pisser*), de la prép. en* et de lit*. Cette plante est ainsi nommée en raison de ses propriétés diurétiques.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion sur le symbolisme de la plante.


Autres noms : Taraxacum Officinalis ; Chopine ; Cochet ; Couronne-de-moine ; Dent-de-lion ; Doudou ; Fleur des beaux garçons ; Florin d'or ; Florion d'or ; Groin de porc ; Horloge du berger ; Lait d'âne ; Laitue de chien ; Pichaulit ; Pisse-en-lit ; Pistelon ; Tête de moineau ; Tête de moine (parce qu'il est chauve quand il a perdu ses aigrettes) ; Salade de taupe.

*




Botanique :


Lire la fiche Tela botanica correspondant au pissenlit.

Composition nutritionnelle : lire le détail

Analyse nutritionnelle : idem.

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"Le pissenlit porte de longues feuilles dentelées. Il pousse en très grand nombre dans les prairies. Au printemps, au milieu du vert des prés, une multitude fleurs jaunes éclosent puis donnent naissance à des plumets légers que le vent emporte. Le pissenlit est une plante à latex, dont le lait ne brûle pas la bouche. Il est juste un peu amer.


Pourquoi fait-il ça ? Le latex du pissenlit a pour effet de repousser les limaces et les escargots, qui se contente de manger les vieilles feuilles un peu pourries du dessous. Par contre, les lapins, les vaches ou les chevaux en raffolent et le pissenlit s'en trouve plutôt bien car plus il est brouté, mieux il repousse !


Salade de pissenlits : Le pissenlit se mange en salade, surtout quand les feuilles sont jeunes et tendres. Il est délicieux avec de l'huile d'olive et des petits lardons grillés. Mais les enfants, eux, le trouvent souvent bien trop amer. Dommage, car le pissenlit est bon pour la santé, même s'il a tendance à donner envie de faire pipi (on peut l'écrire d'ailleurs "pisse-en-lit" !


Des pneus en pissenlit : Le latex du pissenlit devient extensible en durcissant. Il pourrait même servir à faire des élastiques, ou des balles de caoutchouc. En Russie, on a essayé de l'utiliser pour fabriquer du caoutchouc. Mais on a abandonné car les pissenlits étaient trop difficiles à récolter."

*




Bienfaits du pissenlit :


Le pissenlit est essentiellement utilisé pour ses propriétés diurétiques comme son nom l'indique. Selon le site de la Société Française d'Ethnopharmacologie (SFE), "C’est une petite plante très commune dans toutes les régions tempérées du monde dont les racines sont traditionnellement utilisées comme dépuratifs, cholagogues et cholérétiques mais aussi pour ses effets diurétiques. Les racines s’emploient en décoction et les feuilles en infusion."

Pour connaître les autres propriétés médicinales du pissenlit, consulter ce document issu du site Doctissimo.

Pissenlit et cancer : Selon une étude menée par Siyaram Pandey, professeur de l’université de Windsor au Canada, les racines de pissenlit seraient bien plus efficaces que la chimiothérapie. Ainsi, les effets cytotoxiques de l’extrait de racine de Pissenlit pourrait tuer jusqu’à 96% des cellules de la leucémie myélomonocytaire chronique (forme de cancer du sang) 48 heures seulement après assimilation.

Pour en savoir davantage, lire l'article publié sur le site de l'université de Windsor.

*




Croyances populaires :


Il est courant de faire un vœu lorsque l'on souffle sur les pistils de ce petit génie. Le rituel est similaire à celui de la lampe à huile, de l'étoile filante ou du bouton d'or.

Dans le calendrier républicain français, le 26e jour du mois de ventôse, est officiellement dénommé jour du Pissenlit.

Wikipédia

*

Une tradition ancienne voulait que le pissenlit en fruit servit de présage aux jeunes filles à marier : les jeunes filles d'autrefois soufflaient sur la tête du pissenlit pour faire s'envoler toutes ses graines. Autant de fois elles soufflaient, autant d'années elles attendront un époux...


Les magiciens se frottent le corps de décoction de pissenlit afin d'être bien accueilli partout et d'obtenir tout ce qu'ils désirent.

http://viagallica.com/

Selon Ernest Small et Paul M. Catling dans Les Cultures médicinales canadiennes, "on peut prédire de combien de pouce grandira un enfant au cours de la prochaine année en mesurant la plus grande tige de pissenlit qu'il peut trouver."

*




Symbolisme :


Selon le site http://1001symboles.net/ :


"Le pissenlit est le symbole de la mort et de la résurrection. Cependant, il symbolise aussi la diffusion du savoir.


La mélancolie de la mort et la lumière divine : Le pissenlit est aussi appelé "dent de lion" en raison de la découpure de ses feuilles. Aussi, son goût amer évoque la mélancolie de la mort. Cependant, ses fleurs solaires et printanières rappellent la lumière divine et la promesse de la résurrection.


La diffusion du savoir : Le pissenlit se caractérise par ses graines qui ont la particularité de s'éparpiller au gré du vent. Aussi, depuis 1876, il représente le logo[1] des éditions Larousse, dont la devise est : "Je sème à tout vent". Ainsi, le pissenlit symbolise la diffusion du savoir. D'ailleurs, l'ambition des fondateurs de la librairie Larousse en 1852 était : "Instruire tout le monde et sur toutes les choses".


1. Logo des dictionnaires Larousse = l'image représente une femme soufflant sur les aigrettes de pissenlits, symbole de « la connaissance semée à tout vent ».

Ernest Small et Paul M. Catling dans Les Cultures médicinales canadiennes, nous apprennent que :


"Les Iroquois attachaient à la racine du pissenlit un symbolisme de nature sexuelle. Lorsqu'on trouvait une racine dont une branche évoquait la forme d'un pénis, on pouvait la lancer par derrière en prononçant le nom de la personne désirée. De même on pouvait faire bouillir une paire de racines poussant entremêlées, puis se laver le visage et les doigts avec l'eau de cuisson, ce qui était censé rendre sexuellement irrésistible.

*

*

Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Pissenlit (Taraxacum officinalis) : "C'est une plante herbacée vivace à feuilles longues et dentées, à fleurs jaunes et à akènes pourvus d'une aigrette.


Propriétés médicinales : Le pissenlit possède essentiellement deux vertus au point de vue médcinal : il favorise la production de bile et il permet de réduire l'accumulation d'eau dans le corps lorsqu'un œdème est causé par des problèmes de foie. Sa racine permet d'évacuer toutes les toxines du corps ; il agit en même temps comme un tonique et un stimulant du système complet. Le jus qui en est extrait est supérieur à l'infusion, mais une tisane est aussi très bonne ; tiède, elle est d'ailleurs recommandée pour réduire la fièvre. Une infusion de la racine est efficace pour faire passer les calculs biliaires.


Genre : Masculin.


Déités : Brigide ; Hécate.


Propriétés magiques : Divination ; Rêve ; Spiritisme.


Applications :

SORTILÈGE ET SUPERSTITION :

  • Pour connaître le nombre d'années qu'il vous reste à vivre, prenez une fleur de pissenlit, lorsqu'elle est en graines, et soufflez très fort ; le nombre de graines qui demeurent vous donneront le nombre d'années qu'il vous reste à vivre.

RITUEL POUR SUSCITER LES RÊVES PROPHÉTIQUES :

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle blanche

  • de l'encens de violette

  • une racine de pissenlit séchée et pulvérisée en fin poudre

  • une tasse d'eau bouillante

Rituel :

Allumez la chandelle et l'encens, prenez 5 ml. (1 c. à thé) de racine de pissenlit et versez-la dans une tasse. Ébouillantez et laissez infuser pendant 5 minutes. Filtrez et laissez reposer jusqu'à ce que l'infusion soit tiède. Avant de boire, levez la tasse vers le ciel en disant trois fois, d'une voix forte :


Brigide, ouvre-moi la porte de songes

Et des prophéties.


Buvez l'infusion et allez vous coucher aussitôt."

*

*




Symbolisme celte :

Selon le site https://mythologica.fr/celte/brigit.htm :


Le pissenlit serait la plante tutélaire de Brigantona ou Brigid car la fête qui l'honore est Imbolc et est liée à la période de lactation des brebis. Ainsi le pissenlit lui est associé en raison de la sève blanche qui s'écoule de sa tige lorsqu'on la casse.



*




La leçon du pissenlit :


Depuis plusieurs jours, les champs alentour se couvrent de pompons jaunes, les pissenlits. À la suite de la leçon de Maître Kang sur les pâquerettes, Adam s’est exercé. La sensibilité du monde des fleurs s’ouvre pour lui, avec cette joie mêlée d’humilité. Maintenant, il peut ressentir la vigueur de ces plantes et surtout l’envie de jouer.


- Maître, quelles sont les particularités de cette plante à fleurs jaunes ? - C’est un pissenlit. Son nom prend racine dans le mot « pisser », sans doute à cause de ses vertus diurétiques. Après s’être épanouies, les fleurs se referment et donnent naissance à une sphère duveteuse dont le vent dissémine les akènes, ne laissant sur la tige qu’un petit crâne pelé, d’où son autre nom de « Couronne de moine. » Voici une plante vivace, dont la signature possède une grande valeur symbolique ; tout d’abord par son développement : racines, feuilles, fleurs, sphères d’akènes à aigrettes emportées par le vent semblable à l’Anémone pulsatille ; puis par les différents noms qui la caractérisent (Dent de lion, Couronne de moine). Ainsi poussons plus loin notre investigation : « Dent-de-lion » : les dents représentent l’énergie d’agressivité « mordre la vie à pleines dents » ; elles évoquent, dans les rêves, l’abandon d’habitudes (pertes de dents) ; le lion quant à lui symbolise plusieurs vertus : force, vigueur, sagesse, protection, justice. Enfin, la « Couronne de moine » traduit l’état de dépouillement et de renoncement nécessaires à l’ouverture de la fleur du crâne, lotus aux mille pétales ou encore jonction des cent points. - Manger les pissenlits par les racines, reprend Adam, c’est être mort et enterré, et les vieilles dépouilles nourrissent les nouvelles formes de vie. - Tu vois juste, le pissenlit représente la métamorphose. - La méta quoi ? - La métamorphose. Comme la chenille se change en papillon par l’intermédiaire d’un cocon, c’est une trans-formation ou encore le passage d’un état à un autre... La mort est une compagne de chaque jour, c’est l’amie de l’homme et de la vie. La mort reste le seul passage que chacun redoute à sa façon : pourtant,les droits de l’homme sont enfin respectés face à elle, tout le monde meurt un jour, pas d’échappatoire, pas de privilèges, on n’emporte que l’essentiel, c’est-à-dire tout le bien que l’on a fait, tout ce que l’on a donné. - Et pour le mauvais ? - Il reste sur un compte, rappelle-toi le karma, dans une vie prochaine, celui qui vient de mourir devra épurer son karma en réalisant son dharma. - Oui, comme naissance, vie, mort, transformation, renaissance etc. Adam a la mémoire vive qui sature et le meilleur moyen de la dé-saturer est le rire. Ainsi, pour bénéficier des cycles de la nature et avoir accès à la métamorphose, il faut se faire plumer, être chauve, avoir des dents-de-lion, faire le cocon et enfin renaître papillon. Celui-ci doit résoudre le karma par son dharma, mais l’inverse est vrai aussi. C’est de la purée tout ça, de la science-fiction, on est loin des pissenlits... - Approche-toi, Adam, dit le Maître, je vais te montrer ce qu’est la science friction à la purée. Sur ce, nos deux amis éclatent de rire et continuent leur promenade. Je les entends encore et je les entendrai toujours, car en chaque homme sommeillent un sage et un singe.


http://choix-unite.ze-forum.com/t2690-La-lecon-du-pissenlit.htm

*

*




Mythologie :


Apollon est, dans la mythologie grecque, le plus beau des dieux. Fils de Zeus, le dieu suprême, il est le protecteur de la musique et de la poésie, SOURCES de plaisir éternel. Il connaît l'avenir et il est le maître de la lumière. Dieu-Soleil, lorsque l'AUTOMNE arrive, il quitte la Grèce sur son char tiré par des CHEVAUX blancs et s'en va vers le Nord où le CIEL est toujours pur, pour n'en revenir qu'au PRINTEMPS suivant. La légende dit que c'est de la poussière légère soulevée par les roues de son char qu'est né le pissenlit aux AIGRETTES légères dispersées par le VENT et dont la FLEUR se referme au coucher du SOLEIL.

http://www.yfolire.net/sais/anim_p3.htm#pissenlit

"Dans la mythologie grecque, Hécate, la déesse de la Lune donne des pissenlits à manger à Thésée. Elle le nourrit ainsi pendant trente jours afin qu'il devienne assez puissant pour tuer le Minotaure, ce monstre à corps d'homme et à tête de taureau.

Andrée Poulin, Miss Pissenlit, 2010.

*

*




Contes et légendes :

Origine du pissenlit

Mindeulle-kkot-ui-jeonseol


Jadis, un vieillard vivait avec sa petite-fille, nommée Minduelle, "pissenlit, dent de lion". Le septuagénaire, malgré son âge et son dos voûté, travaillait dans les champs comme un jeune homme. Quand elle eut dix-huit ans, la jeune pucelle, toute belle, semblait un bouton prêt à s'épanouir. Tous les jeunes gens des environs la désiraient. Parmi eux, un célibataire très épris d'elle, nommé Dok, rencontra Minduelle tandis qu'elle était occupée à la corvée de bois. Fou de joie, il tapait sur les jambes de son cike ( sa hotte), faute de savoir exprimer autrement son exaltation. Rien de plus.

Comme il ne pouvait réaliser son désir, il tomba malade de langueur pour Minduelle. Un jour qu'il pleuvait fort, la maison du vieux et de Minduelle fut inondée, et emportée par les flots. Le jeune Dok invita les deux sans-abris à s'installer chez lui. Le vieux accepta la proposition. Dok fut fou de joie de pouvoir vivre auprès de celle qu'il aimait tant.

Sans être mariés, les deux jeunes gens franchirent les limites de la chasteté. Leur union devint indissoluble. Dok, diligent et loyal, vécut dans le bonheur avec sa chère Minduelle et le vieux. Ils mangeaient à leur faim. Les jours passaient, doux comme miel.

Un jour des soldats vinrent pour recruter des jeunes femmes, "cantinières" ou filles de bordel. Toutes les filles tant soit peu mignonnes étaient emmenées, de gré ou de force. Bien sûr, Minduelle était du lot. Dok et le vieux trépignèrent, fous de douleur, kilkil, devant les soldats, les implorant. En vain. Minduelle résista, finit par se tuer avec un canif.

A l'endroit où elle se tua pousse une fleur : on la nomme minduelle. C'est l'âme de Minduelle, qui vécut sans avoir vu son amour s'épanouir entièrement.


Maurice Coyaud et Jin-Mieung Li, Aux origines du monde, Contes et légendes de Corée (2015).

*

*

Le jeune homme et le pissenlit


Sous les rayons du soleil printanier, les feuilles dentelées et robustes des premiers pissenlits firent leur apparition dans l’herbe tendre d’un jardin public. L’un d’eux arborait une splendide fleur jaune fraîche et dorée comme un coucher de soleil au mois de mai. Au bout de quelques jours, la fleur devint aigrette, sphère légère, bordée de minuscules petites plumes ancrées aux graines agglutinées au centre. Ah ! Comme elles rêvaient les petites semences bercées par la brise du soir et la timide sérénade des premiers grillons. » Où irons-nous germer ? – Qui sait ? – Seul le vent le sait ! «


Un matin, l’aigrette fut secouée par les doigts vigoureux et invisibles du vent. Attachées à leur petit parachute, les semences s’envolèrent emportées au loin. » Adieu.. Adieu.. » Se dirent-elles. Une à une, elles tombèrent dans la bonne terre de jardins et de prés. Mais la plus petite termina son envol sur un trottoir, dans la fissure du béton recouverte d’une fine couche de poussière. Pellicule bien dérisoire comparée à la terre grasse du pré ! » Mais elle est toute pour moi ! » Se dit la semence, qui sans hésiter une seconde, se blottit tout au fond et prit racine. En face de cette lézarde se dressait un vieux banc boiteux et tout gribouillé où venait souvent s’asseoir un jeune homme au regard tourmenté, le cœur rempli d’angoisse. Il avait l’air tendu et les poings crispés. En apercevant deux petites feuilles vert tendre et dentelées se frayer un passage à travers le béton, il se mit à ricaner : » Vous n’y arriverez pas ! Vous êtes comme moi. » Et il les piétina..


Le lendemain, il vit que les feuilles s’étaient redressées. Il y en avait quatre à présent. Depuis, il n’arrivait plus à détourner son regard de cette petite plante courageuse et têtue. Au bout de quelques jours, parut la fleur, d’un jaune brillant comme un cri de bonheur. Pour la première fois depuis bien longtemps, le jeune homme abattu sentit que la rancune et l’amertume qui pesaient sur son cœur commençaient à se dissiper. Il releva la tête, respira à pleins poumons et donna un grand coup au dossier du banc. » Maintenant, s’écria-t-il, j’en suis sûr, il est possible de réussir ! » Il avait à la fois envie de pleurer et de rire. Il caressa la petite tête jaune de la fleur : les plantes savent ressentir l’amour et la bonté des êtres humains. Pour ce pissenlit petit et courageux, cette caresse du jeune homme fut le plus beau moment de sa vie.


"Ne demande pas au vent, pourquoi il t’a déposé là où tu te trouves. Même si le béton t’étouffe, prend racine et vis. Tu es un message."

Pierre Trévet, Paraboles d'un curé de campagne, 2006.

*

*

Légende algonquine


"Une légende algonquine raconte l'histoire de Shawondasee, le vent du sud, qui était gros et paresseux. Un jour, il vit dans une prairie près de chez lui un pissenlit qui avait la forme d'une belle jeune fille aux cheveux d'or, mais il était trop paresseux pour lui faire la cour. Quelques jours plus tard, il retourna au même endroit et y découvrit une vieille femme courbée aux cheveux blancs. Déçu, Shawondasee poussa un soupir gigantesque et vit s'envoler au vent les cheveux blancs de la vieille femme. Depuis ce jour, chaque printemps, le vent du sud soupire encore en pensant à la belle qu'il n'a pas su conquérir."


Ernest Small et Paul M. Catling, Les Cultures médicinales canadiennes, 2000.

*




Littérature :


Dans L'Armée furieuse (Éditions Viviane Hamy, 2011) de Fred Vargas, le commissaire Adamsberg est chargé d'une enquête, après la destitution du capitaine Emeri, en Normandie qui frôle à plusieurs reprises le fantastique. Il en a été averti par une petite femme d'apparence très anodine.


"- C'est un truc qui me tracasse, Danglard. La petite femme en blouse fleurie qui était chez nous tout à l'heure, vous l'avez remarquée ?

- Si on veut. Un cas spécial d'inconsistance, d'évanescence physique. Elle s'envolerait si on lui soufflait dessus, comme les akènes d'un pissenlit.

- Les akènes, Danglard ? - Les fruits du pissenlit, qui sont portés par les parachutes duveteux. Vous n'avez jamais soufflé dessus étant petit ? - Évidemment. tout le monde a soufflé sur des pissenlits. Mais je ne savais pas que ça s'appelait des akènes.

- Si.

- Mais à part son parachute duveteux, Danglard, la petite femme était transie d'effroi.

[...] Émeri hocha la tête. A présent que ses projets combatifs s'étaient presque évanouis, sa pose et son visage avaient abandonné le formalisme. La modification était frappante et Adamsberg repensa au pissenlit. Quand il est fermé au soir, brun jaunâtre étriqué et dissuasif, quand il est ouvert au jour, opulent, attractif. Mais, à la différence de la mère Vendermot, le robuste capitaine n'avait rien d'une fleur fragile. Il cherchait toujours le nom de la graine en parachute, et il manqua les premiers mots de la réponse d’Émeri.

[...]

- C'est surtout cette argile qui est embêtante, dit-elle faiblement.

Si faiblement qu'Adamsberg ne doutait pas qu'en cet instant un souffle de vent la ferait s'éparpiller comme les parachutes duveteux des pissenlits. Une petite femme fragile et désemparée qui avait fendu son mari en deux coups de hache. Le pissenlit est une fleur humble et très résistante."

*

*

546 vues