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  • Anne

La Dent de lion


Étymologie :

  • PISSENLIT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Mil. xve s. pissenlit (Évangiles des Quenouilles, Paris, P. Jannet, 1855, p. 40) ; 2. 1862 expr. manger des pissenlits par la racine (Hugo, Misér., t. 1, p. 686). Comp. de pisse (forme du verbe pisser*), de la prép. en* et de lit*. Cette plante est ainsi nommée en raison de ses propriétés diurétiques.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion sur le symbolisme de la plante.


Autres noms : Taraxacum Officinalis ; Chopine ; Cochet ; Couronne-de-moine ; Dent-de-lion ; Doudou ; Fleur des beaux garçons ; Florin d'or ; Florion d'or ; Groin de porc ; Horloge du berger ; Lait d'âne ; Laitue de chien ; Pichaulit ; Pisse-en-lit ; Pistelon ; Tête de moineau ; Tête de moine (parce qu'il est chauve quand il a perdu ses aigrettes) ; Salade de taupe.

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Botanique :


Lire la fiche Tela botanica correspondant au pissenlit.

Composition nutritionnelle : lire le détail

Analyse nutritionnelle : idem.

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"Le pissenlit porte de longues feuilles dentelées. Il pousse en très grand nombre dans les prairies. Au printemps, au milieu du vert des prés, une multitude fleurs jaunes éclosent puis donnent naissance à des plumets légers que le vent emporte. Le pissenlit est une plante à latex, dont le lait ne brûle pas la bouche. Il est juste un peu amer.


Pourquoi fait-il ça ? Le latex du pissenlit a pour effet de repousser les limaces et les escargots, qui se contente de manger les vieilles feuilles un peu pourries du dessous. Par contre, les lapins, les vaches ou les chevaux en raffolent et le pissenlit s'en trouve plutôt bien car plus il est brouté, mieux il repousse !


Salade de pissenlits : Le pissenlit se mange en salade, surtout quand les feuilles sont jeunes et tendres. Il est délicieux avec de l'huile d'olive et des petits lardons grillés. Mais les enfants, eux, le trouvent souvent bien trop amer. Dommage, car le pissenlit est bon pour la santé, même s'il a tendance à donner envie de faire pipi (on peut l'écrire d'ailleurs "pisse-en-lit" !


Des pneus en pissenlit : Le latex du pissenlit devient extensible en durcissant. Il pourrait même servir à faire des élastiques, ou des balles de caoutchouc. En Russie, on a essayé de l'utiliser pour fabriquer du caoutchouc. Mais on a abandonné car les pissenlits étaient trop difficiles à récolter."

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Bienfaits du pissenlit :


Le pissenlit est essentiellement utilisé pour ses propriétés diurétiques comme son nom l'indique. Selon le site de la Société Française d'Ethnopharmacologie (SFE), "C’est une petite plante très commune dans toutes les régions tempérées du monde dont les racines sont traditionnellement utilisées comme dépuratifs, cholagogues et cholérétiques mais aussi pour ses effets diurétiques. Les racines s’emploient en décoction et les feuilles en infusion."

Pour connaître les autres propriétés médicinales du pissenlit, consulter ce document issu du site Doctissimo.

Pissenlit et cancer : Selon une étude menée par Siyaram Pandey, professeur de l’université de Windsor au Canada, les racines de pissenlit seraient bien plus efficaces que la chimiothérapie. Ainsi, les effets cytotoxiques de l’extrait de racine de Pissenlit pourrait tuer jusqu’à 96% des cellules de la leucémie myélomonocytaire chronique (forme de cancer du sang) 48 heures seulement après assimilation.

Pour en savoir davantage, lire l'article publié sur le site de l'université de Windsor.

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Croyances populaires :


Il est courant de faire un vœu lorsque l'on souffle sur les pistils de ce petit génie. Le rituel est similaire à celui de la lampe à huile, de l'étoile filante ou du bouton d'or.

Dans le calendrier républicain français, le 26e jour du mois de ventôse, est officiellement dénommé jour du Pissenlit.

Wikipédia

Une tradition ancienne voulait que le pissenlit en fruit servit de présage aux jeunes filles à marier : les jeunes filles d'autrefois soufflaient sur la tête du pissenlit pour faire s'envoler toutes ses graines. Autant de fois elles soufflaient, autant d'années elles attendront un époux...


Les magiciens se frottent le corps de décoction de pissenlit afin d'être bien accueilli partout et d'obtenir tout ce qu'ils désirent.

http://viagallica.com/

Selon Ernest Small et Paul M. Catling dans Les Cultures médicinales canadiennes, "on peut prédire de combien de pouce grandira un enfant au cours de la prochaine année en mesurant la plus grande tige de pissenlit qu'il peut trouver."

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Symbolisme :


Selon le site http://1001symboles.net/ :


"Le pissenlit est le symbole de la mort et de la résurrection. Cependant, il symbolise aussi la diffusion du savoir.


La mélancolie de la mort et la lumière divine : Le pissenlit est aussi appelé "dent de lion" en raison de la découpure de ses feuilles. Aussi, son goût amer évoque la mélancolie de la mort. Cependant, ses fleurs solaires et printanières rappellent la lumière divine et la promesse de la résurrection.

La diffusion du savoir : Le pissenlit se caractérise par ses graines qui ont la particularité de s'éparpiller au gré du vent. Aussi, depuis 1876, il représente le logo [1] des éditions Larousse, dont la devise est : "Je sème à tout vent". Ainsi, le pissenlit symbolise la diffusion du savoir. D'ailleurs, l'ambition des fondateurs de la librairie Larousse en 1852 était : "Instruire tout le monde et sur toutes les choses".


1. Logo des dictionnaires Larousse = l'image représente une femme soufflant sur les aigrettes de pissenlits, symbole de « la connaissance semée à tout vent ».

Ernest Small et Paul M. Catling dans Les Cultures médicinales canadiennes, nous apprennent que :


"Les Iroquois attachaient à la racine du pissenlit un symbolisme de nature sexuelle. Lorsqu'on trouvait une racine dont une branche évoquait la forme d'un pénis, on pouvait la lancer par derrière en prononçant le nom de la personne désirée. De même on pouvait faire bouillir une paire de racines poussant entremêlées, puis se laver le visage et les doigts avec l'eau de cuisson, ce qui était censé rendre sexuellement irrésistible.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Cette plante, « née de la poussière soulevée par le char du soleil », sert souvent d'oracle grâce aux aigrettes qui surmontent sa tige avant sa floraison. Si, lorsqu'on souffle dessus, elles se décrochent en une seule fois, le présage est favorable : c'est l'annonce d'une bonne nouvelle ou d'un succès dans les affaires et surtout l'assurance d'être aimé et même de se marier dans l'année. Selon une version bretonne, normande, et anglaise, le nombre de fois nécessaires pour dénuder entièrement le pissenlit indique le nombre d'années qu'il faudra attendre avant de se rendre à l'autel. En Wallonie, on souffle sur les capitules du pissenlit en formulant quelques suggestions concernant son avenir et sa vie sentimentale. Celle qui correspond au moment où il se trouve dénudé se réalisera.

Enlever toutes les graines en une seule fois peut aussi indiquer le beau temps pour la journée, que l'on a bien effectué toutes ses prières du matin (en Ille-et-Vilaine et en Côtes-d'Armor), que la jeune fille qui a soufflé sur le duvet est vierge (Vienne, Luxembourg), qu'elle aura un nouveau vêtement (Brest) ou, pour les enfants, que leur mère les attend impatiemment avec une surprise (aux environs de Dinan). Les enfants savoyards en concluaient pour leur part qu'il leur fallait rentrer au plus tôt car leurs parents avaient besoin d'eux.

Le nombre d'aigrettes dispersées par un seul souffle peut représenter le nombre d'années de célibat, celui des années qui restent à vivre (en haute Bretagne et dans la Beauce), tout comme le nombre de ses futurs enfants (Côtes-d'Armor). La direction qu'elles prennent est également significative : en général, si le duvet prend de la hauteur, c'est un présage de bonheur mais le contraire s'il descend ; à droite, le mariage est prochain, à gauche des obstacles ou des retards sont à craindre. Un auteur a relevé à Ivry (sur Seine) une consultation répondant à toutes les curiosités : "Si les aigrettes vont à droite, la fille qui fait l'expérience épousera un brun ; à gauche, un blond ; droit en face, un notaire, un cultivateur, etc., selon ce qu'elle aura désiré auparavant". Enfin, si les aigrettes soufflées par une jeune fille se dirigent vers une autre cette dernière lui "prendra son amant".

Les enfants utilisaient le pissenlit pour connaître l'heure : autant de fois qu'ils devaient souffler pour dénuder complètement la tige étaient autant d'heures. En Haute Bretagne et dans la Beauce, au bout de trois souffles on comptait les aigrettes restantes, correspondant aux heures tandis que demi-heures et quarts d'heure étaient signalés par les aigrettes cassées. Les petits Américains faisaient de même.

Si la tige d'un pissenlit placé dans un verre d'eau se tortille, cela annonce qu'un voisin ou quelqu'un dans votre entourage vous veut du mal. La jeune fille qui, en soufflant dans la tige d'un pissenlit - comme elle le ferait dans une trompette - le fait éclater, risque de devenir mère célibataire.

Dans de nombreuses régions, toucher ou respirer un pissenlit en fleur fait uriner les enfants ; dans l'Eure, toucher son fruit rendra victime d'un vol. Même si, dans la région de Valence et dans la Drôme, il était déconseillé de toucher un pissenlit car il provoquait l'épilepsie, les magiciens eux assurent qu'un individu qui se frotte tout le corps de pissenlit obtiendra tout ce qu'il veut et sera le bienvenu partout. En outre, le suc d'une feuille de pissenlit assèche les verrues, et, en raison de son surnom de "dent-de-lion", sa racine favorise la dentition des enfants. En la mettant sous leur oreiller, les jeunes filles de Franche-Comté s'attendent à voir en rêve leur futur mari.

Dans le Var, si le vent pousse vers vous la petite sphère plumeuse du pissenlit c'est un présage de bonheur.

Enfin, le pissenlit, "enterré dans l'angle nord-ouest de la maison, apporte des vents favorables".

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Pissenlit (Taraxacum officinalis) : "C'est une plante herbacée vivace à feuilles longues et dentées, à fleurs jaunes et à akènes pourvus d'une aigrette.


Propriétés médicinales : Le pissenlit possède essentiellement deux vertus au point de vue médicinal : il favorise la production de bile et il permet de réduire l'accumulation d'eau dans le corps lorsqu'un œdème est causé par des problèmes de foie. Sa racine permet d'évacuer toutes les toxines du corps ; il agit en même temps comme un tonique et un stimulant du système complet. Le jus qui en est extrait est supérieur à l'infusion, mais une tisane est aussi très bonne ; tiède, elle est d'ailleurs recommandée pour réduire la fièvre. Une infusion de la racine est efficace pour faire passer les calculs biliaires.


Genre : Masculin.


Déités : Brigide ; Hécate.


Propriétés magiques : Divination ; Rêve ; Spiritisme.


Applications :

SORTILÈGE ET SUPERSTITION :

  • Pour connaître le nombre d'années qu'il vous reste à vivre, prenez une fleur de pissenlit, lorsqu'elle est en graines, et soufflez très fort ; le nombre de graines qui demeurent vous donneront le nombre d'années qu'il vous reste à vivre.

RITUEL POUR SUSCITER LES RÊVES PROPHÉTIQUES :

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle blanche

  • de l'encens de violette

  • une racine de pissenlit séchée et pulvérisée en fin poudre

  • une tasse d'eau bouillante

Rituel :

Allumez la chandelle et l'encens, prenez 5 ml. (1 c. à thé) de racine de pissenlit et versez-la dans une tasse. Ébouillantez et laissez infuser pendant 5 minutes. Filtrez et laissez reposer jusqu'à ce que l'infusion soit tiède. Avant de boire, levez la tasse vers le ciel en disant trois fois, d'une voix forte :


Brigide, ouvre-moi la porte de songes

Et des prophéties.


Buvez l'infusion et allez vous coucher aussitôt."

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Selon Claire Tiberghien, auteure de Équilibre et méditation par les plantes, 30 plantes à découvrir (Éditions Jouvence, 2016), le pissenlit présente de multiples intérêts :

Élément : Bois


De son nom latin Taraxacum officinale, le pissenlit fait partie de la famille des Astéracées. Il nous insuffle l'envie de vivre. Par son action positive sur la fonction biliaire, le pissenlit favorise le transit intestinal et combat efficacement la constipation. il stimule l'appétit et facilite la digestion. On le préconise pour soigner l'insuffisance hépatique et les crises de foie douloureuses. Les grandes vertus diurétiques du pissenlit en font un excellent dépuratif qui aide l'organisme à éliminer les toxines et permet d'éviter la formation de calculs rénaux ou biliaires. Ce draineur hépatobiliaire et rénal est efficace contre la goutte, les rhumatismes et les problèmes cutanés tels que l'acné, l'eczéma ou le psoriasis.

Sur le plan psychique :

Le pissenlit nous enracine et nous recentre. Il apporte de la clarté dans notre existence en supprimant les blocages, émotionnels, et nous incite à agir. Il nous aide à prendre soin de nous-mêmes. grâce à toi, nous percevons mieux notre valeur. Le pissenlit nous fait dire oui à la vie. Il élimine les accumulations, l'encombrement, l'engourdissement. Il libère des soucis, de l'amertume et adoucit l'existence. Il nous remplit de force, nous redonne de la vivacité d'esprit et nous permet de prendre des initiatives.

Grâce au Pissenlit, je peux affirmer :

  • Je ressens la joie de vivre.

  • J'ai conscience d'être une partie du tout.

  • Je me sens plein de force et de légèreté.

  • Je m'enracine là où le vent me porte.

  • Je suis en lien avec le ciel et la terre.

  • La chaleur de la lumière du soleil me relie à la terre.

  • Je suis libre d'être moi-même, seul ou en groupe.

La méditation du Pissenlit :

Vous vous installez confortablement au milieu d'un champ de pissenlits. Tout autour de vous, le jaune éclatant de leurs fleurs vous procure une sensation de force et de joie. Sur votre peau, la douceur de la caresse du soleil vous apporte une sorte de détente insouciante. Allongé sur le sol tendre, la force de la terre attire votre corps, vous enracine. Sa solidité vous enveloppe de sécurité, vous soutient et votre esprit s'envole dans la lumière du soleil, votre regard emporté par le ciel bleu.

Laissez la chaleur de votre énergie circuler en vous. Vous avez le droit de vous retirer au calme et de vous ressourcer. Vous avez le droit de vous blottir dans votre cœur, à l'écoute de votre source. Cette source qui vous nourrit et vous donne la vitalité d'être vous-même. Un être unique.

Ressentez la joie pétillante de votre âme à votre présence. La joie de tous ces possibles qui sont en vous.

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Symbolisme celte :

Selon le site https://mythologica.fr/celte/brigit.htm :


Le pissenlit serait la plante tutélaire de Brigantona ou Brigid car la fête qui l'honore est Imbolc et est liée à la période de lactation des brebis. Ainsi le pissenlit lui est associé en raison de la sève blanche qui s'écoule de sa tige lorsqu'on la casse.

Pierre Dubois et René Hausman, auteurs de L'Elféméride, Le grand légendaire des saisons, Printemps (Éditions Hoebeke, 2016) mettent en vedette les plantes et les animaux en fonction du calendrier :


La Voie lactée solaire des prés et des pâtures, des talus, médailles et décorations champêtres de toutes verdures. Fleurs d'enfance bouquet poudreux à moustaches d'or à la poupée, à la maman, à la maîtresse d'école... Au premier émerveillement à cueillir de bébé sur la pelouse. Avec la marguerite, le plus coquet, au museau luisant de la vache qui rumine.

D'abord la feuille étoilée et dentelée, en salade que l'on ramasse derrière en l'air et agrémentée de lardons rissolés et qui rend l'appétit et qui rend l'appétit printanier à tous ceux qui l'ont perdu. Quant à sa fleur « née de la poussière soulevée par le char du soleil », les enchanteurs conseillent de s'en frotter sur le corps tout entier jusqu'à s'en teindre la peau de son or et ainsi attirer vers soi le bonheur et l'amour des fées. Parmi toutes les fleurs de pissenlit se cache la fleur d'or qui chante comme un rossignol, elle exauce les vœux, mais on ne peut la toucher, cent loups la protègent.

Une fois la fleur jaune et mellifère disparue, une boule soyeuse la remplace pour devenir divinatoire. On l'appelle dès lors « chandelle », « horloge », « bonne nouvelle ». Elle apprend à la jeune fille qui la souffle le nombre d'années qui lui reste avant de se marier. Autant de petits parapluies sur la « petite tête de moine » indiquent le temps à attendre le promis.

Si les semences montent gaiement, les épousailles seront heureuses ; si elles descendent, mieux vaut sagement prendre patience.

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La leçon du pissenlit :


Depuis plusieurs jours, les champs alentour se couvrent de pompons jaunes, les pissenlits. À la suite de la leçon de Maître Kang sur les pâquerettes, Adam s’est exercé. La sensibilité du monde des fleurs s’ouvre pour lui, avec cette joie mêlée d’humilité. Maintenant, il peut ressentir la vigueur de ces plantes et surtout l’envie de jouer.


- Maître, quelles sont les particularités de cette plante à fleurs jaunes ? - C’est un pissenlit. Son nom prend racine dans le mot « pisser », sans doute à cause de ses vertus diurétiques. Après s’être épanouies, les fleurs se referment et donnent naissance à une sphère duveteuse dont le vent dissémine les akènes, ne laissant sur la tige qu’un petit crâne pelé, d’où son autre nom de « Couronne de moine. » Voici une plante vivace, dont la signature possède une grande valeur symbolique ; tout d’abord par son développement : racines, feuilles, fleurs, sphères d’akènes à aigrettes emportées par le vent semblable à l’Anémone pulsatille ; puis par les différents noms qui la caractérisent (Dent de lion, Couronne de moine). Ainsi poussons plus loin notre investigation : « Dent-de-lion » : les dents représentent l’énergie d’agressivité « mordre la vie à pleines dents » ; elles évoquent, dans les rêves, l’abandon d’habitudes (pertes de dents) ; le lion quant à lui symbolise plusieurs vertus : force, vigueur, sagesse, protection, justice. Enfin, la « Couronne de moine » traduit l’état de dépouillement et de renoncement nécessaires à l’ouverture de la fleur du crâne, lotus aux mille pétales ou encore jonction des cent points. - Manger les pissenlits par les racines, reprend Adam, c’est être mort et enterré, et les vieilles dépouilles nourrissent les nouvelles formes de vie. - Tu vois juste, le pissenlit représente la métamorphose. - La méta quoi ? - La métamorphose. Comme la chenille se change en papillon par l’intermédiaire d’un cocon, c’est une trans-formation ou encore le passage d’un état à un autre... La mort est une compagne de chaque jour, c’est l’amie de l’homme et de la vie. La mort reste le seul passage que chacun redoute à sa façon : pourtant,les droits de l’homme sont enfin respectés face à elle, tout le monde meurt un jour, pas d’échappatoire, pas de privilèges, on n’emporte que l’essentiel, c’est-à-dire tout le bien que l’on a fait, tout ce que l’on a donné. - Et pour le mauvais ? - Il reste sur un compte, rappelle-toi le karma, dans une vie prochaine, celui qui vient de mourir devra épurer son karma en réalisant son dharma. - Oui, comme naissance, vie, mort, transformation, renaissance etc. Adam a la mémoire vive qui sature et le meilleur moyen de la dé-saturer est le rire. Ainsi, pour bénéficier des cycles de la nature et avoir accès à la métamorphose, il faut se faire plumer, être chauve, avoir des dents-de-lion, faire le cocon et enfin renaître papillon. Celui-ci doit résoudre le karma par son dharma, mais l’inverse est vrai aussi. C’est de la purée tout ça, de la science-fiction, on est loin des pissenlits... - Approche-toi, Adam, dit le Maître, je vais te montrer ce qu’est la science friction à la purée. Sur ce, nos deux amis éclatent de rire et continuent leur promenade. Je les entends encore et je les entendrai toujours, car en chaque homme sommeillent un sage et un singe.


http://choix-unite.ze-forum.com/t2690-La-lecon-du-pissenlit.htm

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Mythologie :


Apollon est, dans la mythologie grecque, le plus beau des dieux. Fils de Zeus, le dieu suprême, il est le protecteur de la musique et de la poésie, SOURCES de plaisir éternel. Il connaît l'avenir et il est le maître de la lumière. Dieu-Soleil, lorsque l'AUTOMNE arrive, il quitte la Grèce sur son char tiré par des CHEVAUX blancs et s'en va vers le Nord où le CIEL est toujours pur, pour n'en revenir qu'au PRINTEMPS suivant. La légende dit que c'est de la poussière légère soulevée par les roues de son char qu'est né le pissenlit aux AIGRETTES légères dispersées par le VENT et dont la FLEUR se referme au coucher du SOLEIL.

http://www.yfolire.net/sais/anim_p3.htm#pissenlit

"Dans la mythologie grecque, Hécate, la déesse de la Lune donne des pissenlits à manger à Thésée. Elle le nourrit ainsi pendant trente jours afin qu'il devienne assez puissant pour tuer le Minotaure, ce monstre à corps d'homme et à tête de taureau.

Andrée Poulin, Miss Pissenlit, 2010.

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Contes et légendes :


Légende algonquine


"Une légende algonquine raconte l'histoire de Shawondasee, le vent du sud, qui était gros et paresseux. Un jour, il vit dans une prairie près de chez lui un pissenlit qui avait la forme d'une belle jeune fille aux cheveux d'or, mais il était trop paresseux pour lui faire la cour. Quelques jours plus tard, il retourna au même endroit et y découvrit une vieille femme courbée aux cheveux blancs. Déçu, Shawondasee poussa un soupir gigantesque et vit s'envoler au vent les cheveux blancs de la vieille femme. Depuis ce jour, chaque printemps, le vent du sud soupire encore en pensant à la belle qu'il n'a pas su conquérir."


Ernest Small et Paul M. Catling, Les Cultures médicinales canadiennes, 2000.

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Le jeune homme et le pissenlit


Sous les rayons du soleil printanier, les feuilles dentelées et robustes des premiers pissenlits firent leur apparition dans l’herbe tendre d’un jardin public. L’un d’eux arborait une splendide fleur jaune fraîche et dorée comme un coucher de soleil au mois de mai. Au bout de quelques jours, la fleur devint aigrette, sphère légère, bordée de minuscules petites plumes ancrées aux graines agglutinées au centre. Ah ! Comme elles rêvaient les petites semences bercées par la brise du soir et la timide sérénade des premiers grillons. « Où irons-nous germer ? – Qui sait ? – Seul le vent le sait ! »


Un matin, l’aigrette fut secouée par les doigts vigoureux et invisibles du vent. Attachées à leur petit parachute, les semences s’envolèrent emportées au loin. « Adieu.. Adieu.. » Se dirent-elles. Une à une, elles tombèrent dans la bonne terre de jardins et de prés. Mais la plus petite termina son envol sur un trottoir, dans la fissure du béton recouverte d’une fine couche de poussière. Pellicule bien dérisoire comparée à la terre grasse du pré ! « Mais elle est toute pour moi ! » Se dit la semence, qui sans hésiter une seconde, se blottit tout au fond et prit racine. En face de cette lézarde se dressait un vieux banc boiteux et tout gribouillé où venait souvent s’asseoir un jeune homme au regard tourmenté, le cœur rempli d’angoisse. Il avait l’air tendu et les poings crispés. En apercevant deux petites feuilles vert tendre et dentelées se frayer un passage à travers le béton, il se mit à ricaner : « Vous n’y arriverez pas ! Vous êtes comme moi. » Et il les piétina..


Le lendemain, il vit que les feuilles s’étaient redressées. Il y en avait quatre à présent. Depuis, il n’arrivait plus à détourner son regard de cette petite plante courageuse et têtue. Au bout de quelques jours, parut la fleur, d’un jaune brillant comme un cri de bonheur. Pour la première fois depuis bien longtemps, le jeune homme abattu sentit que la rancune et l’amertume qui pesaient sur son cœur commençaient à se dissiper. Il releva la tête, respira à pleins poumons et donna un grand coup au dossier du banc. « Maintenant, s’écria-t-il, j’en suis sûr, il est possible de réussir ! » Il avait à la fois envie de pleurer et de rire. Il caressa la petite tête jaune de la fleur : les plantes savent ressentir l’amour et la bonté des êtres humains. Pour ce pissenlit petit et courageux, cette caresse du jeune homme fut le plus beau moment de sa vie.


"Ne demande pas au vent, pourquoi il t’a déposé là où tu te trouves. Même si le béton t’étouffe, prend racine et vis. Tu es un message."

Pierre Trévet, Paraboles d'un curé de campagne, 2006.

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Origine du pissenlit

Mindeulle-kkot-ui-jeonseol


Jadis, un vieillard vivait avec sa petite-fille, nommée Minduelle, "pissenlit, dent de lion". Le septuagénaire, malgré son âge et son dos voûté, travaillait dans les champs comme un jeune homme. Quand elle eut dix-huit ans, la jeune pucelle, toute belle, semblait un bouton prêt à s'épanouir. Tous les jeunes gens des environs la désiraient. Parmi eux, un célibataire très épris d'elle, nommé Dok, rencontra Minduelle tandis qu'elle était occupée à la corvée de bois. Fou de joie, il tapait sur les jambes de son cike ( sa hotte), faute de savoir exprimer autrement son exaltation. Rien de plus.

Comme il ne pouvait réaliser son désir, il tomba malade de langueur pour Minduelle. Un jour qu'il pleuvait fort, la maison du vieux et de Minduelle fut inondée, et emportée par les flots. Le jeune Dok invita les deux sans-abris à s'installer chez lui. Le vieux accepta la proposition. Dok fut fou de joie de pouvoir vivre auprès de celle qu'il aimait tant.

Sans être mariés, les deux jeunes gens franchirent les limites de la chasteté. Leur union devint indissoluble. Dok, diligent et loyal, vécut dans le bonheur avec sa chère Minduelle et le vieux. Ils mangeaient à leur faim. Les jours passaient, doux comme miel.

Un jour des soldats vinrent pour recruter des jeunes femmes, "cantinières" ou filles de bordel. Toutes les filles tant soit peu mignonnes étaient emmenées, de gré ou de force. Bien sûr, Minduelle était du lot. Dok et le vieux trépignèrent, fous de douleur, kilkil, devant les soldats, les implorant. En vain. Minduelle résista, finit par se tuer avec un canif.

A l'endroit où elle se tua pousse une fleur : on la nomme minduelle. C'est l'âme de Minduelle, qui vécut sans avoir vu son amour s'épanouir entièrement.


Maurice Coyaud et Jin-Mieung Li, Aux origines du monde, Contes et légendes de Corée (2015).

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Littérature :


Dans L'Armée furieuse (Éditions Viviane Hamy, 2011) de Fred Vargas, le commissaire Adamsberg est chargé d'une enquête, après la destitution du capitaine Emeri, en Normandie qui frôle à plusieurs reprises le fantastique. Il en a été averti par une petite femme d'apparence très anodine.


"- C'est un truc qui me tracasse, Danglard. La petite femme en blouse fleurie qui était chez nous tout à l'heure, vous l'avez remarquée ?

- Si on veut. Un cas spécial d'inconsistance, d'évanescence physique. Elle s'envolerait si on lui soufflait dessus, comme les akènes d'un pissenlit.

- Les akènes, Danglard ? - Les fruits du pissenlit, qui sont portés par les parachutes duveteux. Vous n'avez jamais soufflé dessus étant petit ? - Évidemment. tout le monde a soufflé sur des pissenlits. Mais je ne savais pas que ça s'appelait des akènes.

- Si.

- Mais à part son parachute duveteux, Danglard, la petite femme était transie d'effroi.

[...] Émeri hocha la tête. A présent que ses projets combatifs s'étaient presque évanouis, sa pose et son visage avaient abandonné le formalisme. La modification était frappante et Adamsberg repensa au pissenlit. Quand il est fermé au soir, brun jaunâtre étriqué et dissuasif, quand il est ouvert au jour, opulent, attractif. Mais, à la différence de la mère Vendermot, le robuste capitaine n'avait rien d'une fleur fragile. Il cherchait toujours le nom de la graine en parachute, et il manqua les premiers mots de la réponse d’Émeri.

[...]

- C'est surtout cette argile qui est embêtante, dit-elle faiblement.

Si faiblement qu'Adamsberg ne doutait pas qu'en cet instant un souffle de vent la ferait s'éparpiller comme les parachutes duveteux des pissenlits. Une petite femme fragile et désemparée qui avait fendu son mari en deux coups de hache. Le pissenlit est une fleur humble et très résistante."

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Dans Temps glaciaires (Éditions Flammarion, 2015), c'est à un autre commissaire que Fred Vargas confie la réflexion sur le pissenlit :


- Je sais, dit le commissaire en attrapant la seconde cigarette couchée auprès de son paquet. J'ai conversé avec lui hier soir. Si cela s'appelle converser. Suicide, suicide, il faut classer et avancer, quitte à enfoncer sous terre les faits, certes infimes, en marchant dessus comme sur des pissenlits.

Les pissenlits, pensa-t-il, ce sont les pauvres de la société florale, nul ne les respecte, on les foule aux pieds, ou on les donne à manger aux lapins. Tandis que personne ne songerait à marcher sur une rose. Encore moins à la donner aux lapins. il y eut un silence, chacune partage entre l'impatience du nouveau juge et l'humeur négative du commissaire. [...]

Néanmoins songea Bourdin en poursuivant la boucle de sa pensée, les pissenlits sont coriaces tandis que la rose est sans cesse souffreteuse.

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