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  • Anne

L'Ail




Étymologie :

  • AIL, AULX, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1165-1170 « plante liliacée dont le bulbe d'odeur forte, est utilisé en cuisine », emploi fig. pour désigner une valeur minime (Benoit de Ste Maure, Troie, éd. Joly ds Gdf. Compl. : Ne li valurent puis deus alz). Du lat. allium « id. » dep. Plaute, TLL s.v., 1619, 46.

Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Allium sativum ;

Allium victorialis ; Ail de cerf ; Ail de la Sainte-Victoire ; Ail Serpentin ; Ail victoriale ; Herbe aux sept chemises ; Herbe aux neuf chemises ;

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Botanique :


Lire la présentation très claire sur le site de l'université Pierre et Marie Curie de Jussieu.

 

Jean-Marie Pelt, auteur de Des légumes (Librairie Arthème Fayard, 1993) nous en apprend davantage sur l'histoire et les propriétés de l'ail :


On se souvient de Maître Jacques qui ne savait s'il lui fallait, pour écouter les instructions de son maître Harpagon, revêtir sa souquenille de cuisinier ou sa livrée de cocher. De même, faut(il aborder l'ail coiffé du bonnet blanc du maître queux ou du bonnet noir du docteur ? Écrire sous l'inspiration de messire Gaster ou au nom d'Esculape ? Ce végétal appartient, en effet, à l'art culinaire au même titre qu'à l'art médical, et sa réputation, établie sur des traditions ancestrales, a remarquablement résisté à l'atteinte des siècles.

Ail viendrait du mot celtique all qui signifie chaud, brûlant, allusion aux propriétés de la plante. Originaire des steppes de l'Asie centrale, il fut cultivé en Chine, en Mésopotamie et en Égypte depuis les temps les plus reculés. Les Chinois désignent l'ail par un signe unique, ce qui est ordinairement l'indice d'une espèce spontanée ou très anciennement connue. Vers 2600 avant Jésus-Christ, Khéops, deuxième souverain de la IVe dynastie pharaonique, entreprit la construction de la plus grande des pyramides de Gizeh. Le chantier mobilisa 100 000 hommes, relevés tous les trois mois pour mener à bien cette gigantesque entreprise. Des aulx étaient offerts comme provision aux ouvriers et, explique Hérodote, - « on a gravé sur la pyramide, en caractères égyptiens, combien on a dépensé pour les ouvriers en radis, en oignons et en aulx. Celui qui interpréta cette inscription me dit que cette dépense se montait à 1 600 talents d'argent ». Malheureusement pour les amateurs d'ail, son crédit augmenta à tel point qu'il finit par prendre place parmi le Panthéon égyptien ; on put alors invoquer son nom et celui de l'oignon dans les sermons, mais défense fut faite d'y goûter !... Interdiction qui ne s'imposait pas aux Hébreux, soumis au joug de l'Égypte, et qui, en pérégrination dans le désert du Sinaï, regrettèrent tant « les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et les aulx du pays d'Égypte ». dès leur arrivée en Palestine, les Hébreux mirent à profit leurs connaissances sur la culture de l'ail, acquises en Égypte, pour cultiver ce légume sur vaste échelle, notamment pour le régal des moissonneurs.

L'époque gréco-romaine conféra à l'ail une double réputation : celle d'un condiment, voire d'un mets de choix, mais que son odeur excluait des tables aristocratiques ; et celle de fortifier l'ardeur des combattants. On lit, dans Les Acharniens d'Aristophane, la plainte de Diceopolis, qui se croit perdu et incapable de garder sa vigueur parce qu'on lui a volé son ail : « Ah ! malheureux, dit-il, je suis perdu. Les Odomantes m'ont volé mon ail, voulez-vous bien me rendre mon ail... - Misérable, lui répond Théodorus, garde-toi d'attaquer les hommes qui ont mangé de l'ail ! ».

Mais l'ail n'était point prisé de la sorte dans toute la Grèce antique. Ainsi, l'entrée du sanctuaire de Cybèle était interdite à qui en avait mangé. S'étant endormi dans le temple de la mère des dieux après avoir transgressé cet interdit, le philosophe Stilphon vit en songe Cybèle lui dire : « Tu es philosophe, Stilphon, et cependant tu violes les lois sacrées ! » Et lui de répondre : « Donne-moi donc de quoi manger, et je ne me nourrirai plus d'ail ! »

Dans la Rome antique, l'ail était devenu une nourriture ordinaire de la plèbe et surtout des soldats romains, au point qu'il devint un symbole de la vie militaire.

On se souvient de la naissance d'Henri IV : à peine venu au monde, son grand-père Henri d'Albret se fit donner une gousse d'ail « dont il frotta ses petites lèvres, lesquelles se fripèrent l'une contre l'autre comme pour sucer ». Ravi de ces signes de vigueur précoce, Henri d'Albret s'écria : « Va ! Va ! Tu seras un vrai Béarnais ! » La consommation d'ail était, il est vrai, en ce temps mais aujourd'hui encore, particulièrement abondante dans tout le Midi, dont l'aïoli reste l'un des premiers symboles alimentaires. Et les musulmans qui rencontrèrent les croisés furent plus épouvantés par leur forte odeur d'ail que par leurs clinquantes armures.

L'ail est une curiosité botanique. Comme ses cousins et cousines l'oignon, l'échalote, le poireau, la ciboule et la ciboulette, il appartient à la famille des liliacées. Ses fleurs sont donc construites selon l'architecture propre au lys et à la tulipe : six pièces colorées, six étamines et, au centre, un ovaire à trois loges formé par la concrescence de trois feuilles modifiées et réduites. Mais si les fleurs de la tulipe comme celles du lys, sont somptueuses, les fleurs de l'ail, en revanche, sont minuscules. Ces fleurs sont enfermées avant la floraison dans une grande bractée membraneuse munie d'une longue pointe ; chaque fleur est portée par un long pédoncule et ne fleurit pratiquement jamais, tout au moins sous le climat français. Curieusement, ces fleurs sont souvent remplacées par de minuscules bulbilles L'ail, dont les fleurs fleurissent si difficilement, et qui donne très rarement des graines, a inventé ce moyen de multiplication par voie végétative non sexuée. Bulbilles ou petits bulbes sont aptes à donner naissance, quand ils sont mis en terre, à de nouveaux pieds d'ail.

L'autre voie de reproduction, également asexuée, est le caïeu. Caïeu est le nom scientifique pour « gousse ». Le bulbe en produit de 12 à 16, tassés les uns contre les autres, enveloppés dans une tunique membraneuse blanchâtre. Ces caïeux sont disposés sur un plateau commun et chacun est recouvert à son tour d'une coriace tunique.

On distingue généralement les variétés sans hampe florale, où la reproduction s'effectue entièrement par les « gousses », des variétés avec hampe florale porteuse de nombreuses bulbilles aériennes, entremêlées de fleurs stériles. Ces variétés ne comportent que de 4 à 10 gousses, plus grosses et plus fragiles. La reproduction se fait au printemps par culture soit de gousses, soit de bulbilles aériennes qui donneront un petit bulbe la première année, puis un bulbe composé l'année suivante.

Les variétés sont peu nombreuses, fait assez rare pour un légume aussi anciennement cultivé. Cela est dû probablement au fait que la plante ne fleurit pour ainsi dire jamais dans nos régions et qu'elle se multiplie exclusivement à l'aide de caïeux, ce qui supprime la possibilité de variations et d'améliorations par voie sexuée. Mais on peut rapprocher de l'ail trois espèces voisines : l'échalote, la ciboule et la ciboulette, les deux dernières étant cultivées pour leurs familles consommées comme fines herbes.

Fortement antiseptique, l'ail servait à la préparation d'un vinaigre dit « des quatre voleurs » : lors de la grande peste qui sévit à Marseille en 1726, quatre voleurs se protégèrent de la contagion grâce à ce remède qui leur permettait, dit-on, d'aller piller sans crainte les maisons où sévissait le fléau. A ces propriétés antiseptiques, fongicides et bactéricides, s'ajoutent les effets vermifuges particulièrement nets dans la lutte contre les nématodes comme l'ascaris. Ces propriétés sont dues à la présence d'une huile essentielle volatile, l'aliine, qui, sous l'effet d'une enzyme spécifique, dégage de l'alicine, responsable de la forte odeur sulfurée de l'ail ; c'est cette odeur qui lui valut, à travers toute son histoire, et sa renommée et sa suspicion auprès des fins gourmets. Mais l'ail est aussi un médicament des voies respiratoires et de l'hypertension, qu'il corrige. Il possède enfin des propriétés diurétiques attribuables au fructosane ainsi qu'à l'essence qu'il contient. Des travaux récents ont mis en évidence les propriétés de l'ail comme hypocholestérolémiant : les taux de cholestérol et de triglycérides sanguins sont, grâce à lui, significativement abaissés. D'où un effet heureux sur l'artériosclérose et l'hypertension, déjà signalé.

On l'utilisait jadis comme antiseptique dans diverses maladies, la peste et le choléra notamment ; ses indications ont subsisté jusqu'à nos jours, mais avec des finalités moins ambitieuses. L'ail entre dans la composition d'antiseptiques pulmonaires, de vermifuges, de médicaments hypotenseurs et anticholestérolémiants. On peut dire que ses états de service sont aussi brillants dans l'alimentation qu'en médecine où son honorabilité n'est plus à mettre en cause. L'ail médicament vaut bien l'ail aliment !

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Vertus médicinales :


Dominique Fournier, auteur de Fleurs de Galarne ( Éditions Cheminements, 2000) nous rappellent que l'Ornithogale fait partie de la famille des aulx et en profitent pour lister toutes ses vertus :


Un des membres de la grande famille des aulx a particulièrement réussi sa carrière (je parle de l'ail blanc) puisque tous les ans, le jour de la Sainte Anne (le 26 juillet), les Tourangeaux de Tours le fêtent sur la place de Châteauneuf.

Il faut savoir, mes très illustres frères herborisateurs, que nos aïeux (le mot n'est-il pas bien choisi ?) attribuaient à cette plante tant de vertus que je crains d'en oublier.

Ainsi, on apprend que l'ail était réputé pour ce qu'il purifiait le sang, faisait issir les vers hors du fignon, fluidifiait la digestion, luttait contre l'hypertension, et calmait les douleurs rhumatismales.

Mais ce n'est pas tout ! Au jardin, l'ail en infusion et aspersion luttait contre le mildiou. Quelques gousses plantées au pied d'un arbre fruitier donnait de plus beaux fruits.

Notez aussi qu'il améliorait le rendement des travailleurs, fortifiait les petits enfants malingres et estropiés.

Sachez encore qu'une gousse d'ail placée dans la poche ou la braguette mettait en fuite sorciers, vampires jeûteux d'sorts et autres meneûx d'loups.

Enfin, et surtout, mes fumeliers qui ne pensez qu' la bagatelle, il était le Viagra d'autrefois. Ses propriétés aphrodisiaques étaient réputées autant que celles de la poudre de corne de la Licorne !

Le brave Henri II de Navarre, cultivant avant l'heure l'art d'être grand-père, frotta d'une tête d'ail les lèvres de son petit-fils, le futur roi de France Henri IV. La mâle réputation du Vert Galant vient-elle de l'administration de cette thériaque ? On sait que celui-ci n'hésitait pas à affirmer que jusqu'à l'âge de quarante ans il avait cru mordicus au caractère osseux de son membre à un bout, friandise des dames.

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Usages traditionnels :


Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :


Les bulbes d'autres espèces spontanées d'ail, Allium vineale, ursinum, oleraceum, carinatum, sphoerocephalum, confondues par nos paysans sous le nom d'ail bâtard, ont été mangés en temps de disette, ainsi que ceux des lis.

[...]

Mails la plante qui est la plus en vogue contre les hémorragies traumatiques, celle qui, avec le genépy, est la plus universellement estimée dans nos montagnes, la plus recherchée des paysans, ce qui explique sa rareté, celle dont les stations sont tenues les plus secrètes, c'est l'herbe aux neuf chemises, Erba de 9 sterniget, Allium victorialis, dont le nom populaire lui vient des tuniques en réseau qui enveloppent son bulbe. Appliquée sur une blessure, ces tuniques font cesser l'écoulement du sang comme le fait la toile d'araignée, en agissant d'une manière purement mécanique.

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Croyances populaires :


Paul Sébillot, auteur de Additions aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (Éditeur

Lafolye, janv. 1892) relève dans les traditions liées à la petite enfance :


Un collier d'ail au cou des enfants les préserve des vers.

 

Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :

Des conséquences fâcheuses se produisent parfois quand on n'observe pas l'espèce de tabou traditionnel dont certaines espèces sont l'objet. En Poitou, on ne doit peler ni ail ni échalottes, ni pommes de terre le soir pour les faire cuire le lendemain, parce que ceux qui les mangeraient ne pourraient guérir s'ils venaient à être mordus par un. chien enragé.

[...] [Le Soir de la Saint-Jean], En Provence on jetait dans la cendre chaude des gousses d'ail que les enfants mangeaient à déjeuner pour être préservés de la fièvre ; elles portaient aussi bonheur et garantissaient des sortilèges. Dans le Mentonnais elles sont efficaces contre la fièvre, et dans le Var contre bien d'autres maladies ; dans la Corrèze les ails passés neuf fois dans le feu sacré guérissent Ies douleurs de ventre.

[...] En Poitou pour avoir beaucoup d'argent, on mange le premier mai un brin d'ail, et on se frotte les lèvres avec une pièce de vingt francs ; l'ail tout seul, d'après les paysans tourangeaux, préserve de la fièvre celui qui en mange ce jour-là.

[...] D'après la croyance mentonnaise, un peu d'ail sur le berceau d'un enfant le préserve des maléfices.

[...] On disait au XVIe siècle que le loup ne faisait aucun tort aux brebis si on avait lié un ail sauvage au cou de la première qui va devant.

[...] Plusieurs espèces exercent sur ceux qui les portent une influence favorable en Haute-Bretagne on attache au cou des enfants un collier de gousses d'ail pour les préserver des vers en Morbihan et en Vendée on les a aussi employées au moment des épidémies de croup.

[...] Au XVIe siècle les aulx étaient bons à la peste.

[...] Au XVIe siècle, le vulgaire croyait qu'en mangeant des aulx on engendrait des enfants mâles et en Haute-Bretagne on en donne aux coqs pour les rendre amoureux.

[...] Dans les Landes, si lors d'une demande, l'un des parents présente au jeune homme une gousse d'ail sur une assiette, il n'y a plus qu'a se retirer.

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Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :

Dès la plus haute antiquité, l'ail, originaire d'Asie centrale, passait pour magique. Les prêtres de Babylone s'en servaient pour composer des philtres et pour éloigner les mauvais esprits. Dans l’Égypte ancienne, il faisait partie des divinités et était considéré comme un puissant toxique, capable de protéger des maladies. On trouve d'ailleurs son image sur la pyramide de Gizeh et les ouvriers de la Grande Pyramide en consommaient quotidiennement sur ordre du pharaon Khéops. Les Égyptiens suspendaient également de l'ail au cou des enfants, à cause de ses puissantes vertus vermifuges.

Arabes, Juifs, Romains, Grecs n'ignoraient pas les propriétés de l'ail. Pour renforcer leur résistance et leur courage, les athlètes, les lutteurs et les gladiateurs en consommaient ou se passaient sur le corps de la purée d'ail tandis que les paysans romains le considéraient comme une panacée. L'armée romaine, dont les légionnaires mangeaient également de l'ail avant de combattre, le prit d'ailleurs pour emblème. Nous retrouvons cet usage en pleine Renaissance : "à la bataille de Pavie, les arquebusiers espagnols étaient dopés à l'ail lorsqu'ils enfoncèrent l'aile droite de l'armée de François Ier".

Dans L'Odyssée, Hermès donne de l'ail à Ulysse pour le mettre à l'abri des méfaits de Circée qui avait transformé ses compagnons en pourceaux. Mais les prêtres grecs, qui surnommaient l'ail "rose puante" à cause de l'odeur qu'il confère à l'haleine, interdirent l'entrée des temples à ceux qui en mangeaient (pareille interdiction intervint aussi à Rome dans les temples de Cybèle). En Grèce, toujours, l'ail jouait un grand rôle dans le culte d'Hécate, divinité infernale.

Les propriétés exceptionnelles de l'ail, qui l'ont fait considérer comme une panacée, ont traversé le temps. C'est probablement son caractère magique par excellence qui a donné naissance à une légende anglaise selon laquelle il est né des premiers pas faits par Satan quand il fut chassé du paradis.

Reprenant les convictions des Anciens, les Français reconnurent à l'ail le pouvoir de fortifier, de rendre courageux, de protéger des maladies contagieuses et des vermines. Nostradamus l'utilisait même contre la peste. On dit que le grand-père d'Henri IV frotta les lèvres du futur roi, à sa naissance, avec une gousse d'ail pour qu'il profitât de ses bienfaits et fût notamment préservé de l'ivresse, la plante aidant en effet les buveurs à tolérer les abus d'alcool. Au Moyen Âge, on recommandait même d'utiliser l'ail pour rendre vigoureux et fort un coq "lent et niais" en lui en faisant manger ou en lui en frottant la crête.

L'ail a gardé les vertus vermifuges que lui attribuaient les Égyptiens : un collier de trois ou sept gousses, et parfois un bracelet de même composition, triomphent des oxyures, du ténia et autres vers. On peut également frotter le ventre ou l'oreiller du malade de pelures d'ail. En Vendée et dans le Morbihan, on avait recours aux colliers d'ail en période d'épidémie de croup.

Il fut longtemps un remède aux maux de dents, d'une part parce qu'on croyait autrefois que les dents étaient attaquées par un ver, par conséquent, si l'ail agissait sur le ténia, il devait venir à bout du "ver de la dent" ; d'autre part parce que sa gousse ressemble à une canine. On en faisait des cataplasmes à appliquer sur la dent, des bracelets, ou encore on en mettait dans l'oreille, du côté opposé à celui de la dent douloureuse.

Dans tout l'Hexagone, on affirme que l'ail consommé le matin, à jeun, est particulièrement efficace et que ses effets sont prodigieux au mois d'avril. Selon une coutume héritée des Romains, la veille de la Saint-Jean, les Provençaux jettent des gousses d'ail dans de la cendre chaude et les servent aux enfants le lendemain à déjeuner, pour les mettre à l'abri toute l'année de la fièvre et des sortilèges. Probablement pour les mêmes raisons, dans le Périgord, avant la plantation d'un arbre de mai qui annonce la fête du solstice d'été, il est d'usage de se frotter les dents avec de l'ail et d'y passer une pièce d'or, opération censée également attirer l'argent, voire la richesse. Absorbé le Ier mai, l'ail préserve des maux de dents et de la fièvre.

Appliqué en onguent sur le ventre d'une femme, il l'aide à accoucher, et éloigne le risque d'hémorragie. frotté sur les verrues ou les cors, de préférence le vendredi du premier quartier de lune, l'ail les fait disparaître. Il remédie aux insomnies (poser des feuilles d'ail sur le sol près de son lit). Dans le Lubéron, on passe, sur la partie malade d'un individu, de l'ail que l'on brûle ensuite dans des braises de bois de châtaignier. Dans la région de Montpellier, de l'ail pilé appliqué sur le pouls de chaque matin était un remède au paludisme tandis qu'en Corrèze, l'ail passé neuf fois dans le feu de la Saint-Jean guérissait de la rage.

En Sicile, trois signes de croix sur de l'ail chasse un polype. En Italie et aux Antilles, un collier de treize gousses, porté treize jours, soigne la jaunisse à condition de se débarrasser de l'amulette la dernière nuit à un carrefour, en la jetant par-dessus la tête, et de rentrer chez soi sans se retourner. Au Japon, on suspend de l'ail pour protéger ceux qui souffrent d'engelures et de bronchites. Les Tziganes, eux, l'utilisent contre la goutte :

  • On le hache soigneusement ; on prend un morceau de laine, où l'on dépose d'abord quelques franges de tablier en laine, puis de l'ail, puis du poivre rouge et enfin le blanc haché de sept œufs d'une poule noire. On en fait une compressez dont on entoure le pied malade. Pendant la cure, il faut aussi manger beaucoup d'ail, le matin de bonne heure, neuf jours de suite.

Les Anciens recouraient à l'ail pour savoir si une femme pouvait ou non enfanter. Hippocrate partageait cette croyance dont Littré rapporte la recette : "Gousse d'ail, la nettoyer, en ôter les peaux, l'appliquer en pessaire et voir le lendemain si la femme sent par la bouche ; si elle sent, elle concevra, sinon non." Notons aussi que selon une croyance très vivace au XVIe siècle, manger des aulx favorise la conception des garçons et en donner aux coqs les rendent "amoureux". Toutefois, l'ail est réputé également protéger la chasteté des femmes.

Ses nombreux pouvoirs magiques sont à limage de ses propriétés reconnues par la phytothérapie (traitement des maladies par les plantes ou leurs extraits). L'ail est en effet classé parmi les plantes qui tuent parasites et bactéries et l'on découvre aujourd'hui ses nombreuses vertus, notamment pour le système cardio-vasculaire. mais si, cultivé et domestiqué, il inspire la plus grande confiance, il n'en va pas de même pour l'ail sauvage que les Poitevins ne touchent jamais, de peur de s'empoisonner ; de même, ne pèlent-ils jamais l'ail la veille de son utilisation car il perdait son pouvoir.

Au XVIe siècle, de l'ail attaché sur les arbres fruitiers en éloignait les oiseaux. On affirmait aussi à l'époque que le loup ne faisait aucun tort aux brebis si celle qui ouvrait la marche portait autour du cou de l'ail sauvage. La croyance en son pouvoir de faire fuir les serpents est encore plus ancienne et remonte à l’Égypte pharaonique. A l'heure actuelle encore, "les bergers des Karpates, avant de traire pour la première fois leurs brebis, se frottent les mains avec de l'ail béni, afin de protéger le troupeau contre les morsures de serpents."

L'ail est également et surtout réputé repousser les maléfices, le mauvais œil dans les pays méditerranéens, et les mauvais esprits. Les désenvoûteurs le recommandent toujours. En Grèce comme en Turquie, le nommer suffit parfois à conjurer le mauvais sort.

"Il n'y a pas si longtemps", dit-on, l'équipe de football espagnole se mit à perdre la plupart des matches qu'elle livrait. certains de ses membres, croyant à l'origine surnaturelle de ces mauvais résultats, plantèrent de l'ail près des buts : "soit l'ail, malheureusement, n'eut aucun effet, soit la malédiction était trop puissante, le fait en que cette équipe descendit de catégorie."

Pour se mettre à l'abri des mauvaises fées, Roger de Lafforest recommande de manger de l'ail ou d'en placer sur sa table de chevet avant le coucher. En Suède, une gousse attachée au cou des bestiaux les protège des méfaits des méchants latins, les trolls. Paradoxalement, les Juifs de l'ancien Empire ottoman, qui reconnaissaient toutefois le pouvoir de l'ail contre le mauvais œil, croyaient que le démon s'en servait pour faire mourir les hommes, et que sa queue était la propriété des génies.

Les films fantastiques en ont fait aussi la terreur des vampires. Pour qu'il agisse contre les "buveurs de sang", il doit se présenter sous la forme d'une tresse pendue au mur, à une porte ou une fenêtre, et composée d'un nombre impair de gousses. En Europe centrale, on accroche un bouquet d'ail à la tête du lit.

L'ail est également efficace contre la malchance, d'où sa présence à bord des bateaux, ou encore la coutume sicilienne d'en répandre dans toutes les pièces d'une maison neuve. On dit également qu'il protège dans les voyages et qu'il agit "contre les tempêtes, les avalanches, les bandits et les monstres. En sanscrit, on appelle cette plante bhutagna, c'est-à-dire tueur de monstres." En Extrême-Orient, il repousse les âmes perdues.

Rêver d'ail signifie "nécessité de repos", "et peut-être le port d'un chandail", l'origine de ce mot venant des marchands d'ail ambulants qui autrefois criaient "Marchands d'ail" ou "Chand d'ail". "Comme ils portaient habituellement un vêtement tricoté, le nom de "chandail" est resté pour désigner ce vêtement".

L'ail peut permettre de faire des prévisions météorologiques : si les gousses sont durs à peler, l'hiver sera mauvais (croyance provençale) et, à l'averse, "Ail mince de peau, hiver court et beau". Un dicton affirme par ailleurs que "planter de l'ail au commencement de la lune, c'est vouloir obtenir autant de gousses dans une tête qu'il y a de jours depuis la pleine lune."

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D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),

"On connaît les petits-déjeuners au pain grillé, au bacon ou aux œufs brouillés, mais on connaît moins les accros de l'ail ingurgité de bon matin ! Et pourtant, rien de tel que l'ingestion - en nombre s'il vous plaît ! - de gousses d'ail parfumées à souhait pour bien démarrer sa journée. Et oui, le bulbe porterait chance à toute personne avisée l'ayant dégusté dès son réveil... Vous êtes aussi allergique que moi à l'ail ? Pas d'inquiétude, vous pouvez vous rabattre sur d'autres méthodes. Les Viennois se contentent par exemple de garder sur eux une gousse d'ail cuite dans le feu de la Saint-Jean pour se porter chance. Terriblement plus sympathique, non ? Une autre astuce porte-bonheur, à réaliser lors de chaque déménagement, consiste à placer des gousses dans toutes les pièces du nouveau logis comme le faisaient les Siciliens.


Un chaperon répugnant : Au temps de la Grèce antique, seules le femmes avaient le droit de participer aux Thesmophories, fêtes traditionnelles célébrant la déesse de l'agriculture. Durant cette période et vraisemblablement une semaine auparavant, l'acte de chair était interdit à la gente féminine se prêtant aux cérémonies. Pour rester chaste et faire fuir tout prétendant, elles usaient de plusieurs artifices dont l'ingestion d'ail qui confère une odeur jadis détestée par les Grecs.


Le bonheur est dans le lit ! L'ail, un tue l'amour ? Pas si sûr car si l'on en croit certaines traditions, le bulbe posséderait des vertus aphrodisiaques incomparables. Rien de tel pour redonner vigueur à un homme âgé ou éreinté par les joies de l'amour. Ce qui explique pourquoi dans certaines régions de France, les jeunes mariés se voyaient amener une soupe aillée au beau milieu de leur nuit de noces. En prévention de leurs ébats, les futurs époux du Moyen-Orient, convaincus des bienfaits du bulbe, glissaient le jour de leurs noces une gousse d'ail à la boutonnière.


De l'ail pour du blé : Pour ne jamais manquer d'argent, rien de plus simple. Il suffirait d'acquérir de l'ail le jour de la Saint-Jean comme le faisaient les Italiens de Bologne. Une autre période propice serait le jour de plantation de l'arbre de mai, arbre coupé dans la forêt et planté sur la place des villages pour célébrer le retour du printemps. Les habitants du Périgord avaient ainsi coutume de passer une gousse d'ail puis une pièce en or sur leurs dents avant que l'arbre ne soit fiché en terre.


C'est pas du jeu ! Il faut croire que le foot, le rugby et l'ail font bon ménage vu les pratiques superstitieuses qui ont eu cours ces derniers temps. Commençons par les Napolitains qui, en 1987, ont fait appel à trente magiciens pour que leurs joueurs, dont Maradona, remportent la victoire sur l'équipe de Platini. Après avoir chanté un hymne à la Juventus, les sorciers ont brûlé de l'encens et lancé des gousses d'ail sur le terrain. Tout cela prête à sourire, il n'empêche que les Napolitains, peut-être par effet psychologique on vous l'accorde, ont remporté la coupe ! Plus près de nous, le 24 septembre 2011, les Nude Blacks, célèbres rugbymen jouant tous leurs matchs dénudés, se sont opposés dans une ambiance bon enfant et avec moult pastiches, aux "Vampires roumains"... Une semaine avant la rencontre, les Nude Blacks placèrent des gousses d'ail sur la ligne d'en-but. Bien leur ne prit, car malgré l'évacuation d'un des leurs dans un cercueil ( après avoir été mordus au cou par un joueur roumain portant bien entendu des lunettes noires pour se prémunir du soleil), ils gagnèrent la partie ! Mais si l'on se réfère à Annie Holmes, auteur en 1993 d'un dictionnaire des superstitions, l'ail n'est pas toujours synonyme de chance. Déplorant ses mauvais résultats, une équipe espagnole de football aurait planté de l'ail près de ses buts. Mais le subterfuge n'eut pour autre effet que la descente de catégorie des joueurs..


Le parfait garde du corps : Est-ce la forte odeur de l'ail, véritable repoussoir pour de nombreux nez, ou les multiples enveloppes entourant ses gousses qui ont persuadé nos anciens des pouvoirs de protection infaillibles de l'ail ? Toujours est-il qu'aucun malheur ne pourrait advenir à celui qui porte de l'ail sur lui. Les voyageurs d'antan en étaient intimement persuadés. Muni de ce talisman végétal, ils ne redoutaient ni avalanche ni tempête ni voleur ni créatures monstrueuses, tels les fantômes.


Stick magique : Henri IV [était] un grand amateur d'ail depuis sa naissance. A l'époque, la bouche de chaque enfant béarnais venant au monde était systématiquement frottée avec de l'ail. Par ce geste, les parents pendaient procurer une bonne santé et de la force à leur enfant. Le goût immodéré d'Henri IV pour l'ail semble avoir pris sa source dès sa naissance. Lorsque son grand-père présenta un bulbe d'ail sur sa bouche, il est dit que le nouveau-né rapprocha ses lèvres comme pour téter.


Ô mon bateau... Certains avancent que la présence d'ail sur un navire est la garantie d'un voyage sans obstacles. Or, une autre croyance stipule que tout marin tenant la barre et ayant consommé de l'ail rend inopérante l'aiguille de sa boussole.

Anti-vampires : L'ail est sans doute l'ennemi les plus emblématique des vampires. En Roumanie, les paysans de Transylvanie répandaient de l'ail devant toutes les ouvertures de leur maison ou frottaient ces dernières avec un bulbe. Quelle que soit la méthode choisie, le résultat attendu était le même : dégoûter tout vampire et strigoi (démon roumain également assoiffé de sang) afin qu'ils passent leur chemin. En Europe centrale, un collier d'ombelles d'ail ou un bouquet de bulbes attachés ensemble à la tête du lit a également le pouvoir de repousser les buveurs de sang. En revanche, si l'ail placé au même endroit, est tressé, il est destiné à écarter les maladies. Quand on vous disait que l'ail avait mille vertus .


L'ail médecin : Les Égyptiens de l'Antiquité avaient déjà deviné les nombreux bienfaits médicinaux de l'ail. Tous les ouvriers œuvrant à la construction de la Grande Pyramide devaient, sur ordre du pharaon, consommer quotidiennement ces bulbes pour renforcer leur système immunitaire et se prémunir des épidémies. Célébré pour ses capacités fortifiantes et préservatrice de nombreux maux, l'ail traversa les frontières et les siècles en répandant ici et là superstitions et pratiques. Vantées au Moyen Âge et à la Renaissance pour refouler les miasmes des maladies contagieuses, tels le choléra ou la peste, les vertus préventives de l'ail furent chaudement recommandées. Durant l'épidémie de peste de 1619, Charles de L'Orme, médecin de Louis XIII, ne manqua jamais, entre autres stratagèmes, de placer de l'ail dans sa bouche avant de sortir. Dans les Andes, les mères avaient pour habitude de frotter vigoureusement leurs nouveaux-nés avec un bulbe d'ail dans chaque main. Cette opération, réalisée tout en prononçant leur nom à l'oreille des petits, avait pour fonction d'écarter les maladies. En France, chaque enfant de Provence mangeait à la Saint-Jean de l'ail cuit la veille sous les cendres chaudes. Grâce à ce subterfuge, ils ne craignaient ni maladies ni les forces du mal. Encore une qualité attribuée à cette plante décidément indispensable !


Complicité de vol : Grâce à un vinaigre de leur composition, notamment composé d'ail, quatre voleurs pillèrent plusieurs logis contaminés de la ville toulousaine touchée entre 1628 et 1631 par la peste, sans contracter le mal.


Sortilèges : les Grecs accordaient une telle puissance à l'ail qu'ils pensaient parer tous les sortilèges en prononçant le nom de la plante. En Inde, on se fiait davantage à la présence devant sa porte de quelques gousses d'ail accompagnées de citrons et de piments, pour éloigner les mauvais esprits. Terminons ce petit tour du monde avec les Albanais qui, chaque Mardi gras, entouraient le cou de leur progéniture avec un collier de gousses d'ail pour les protéger des sorcières particulièrement actives en ce jour.


Animaux : Vous croyiez avoir fait le tour des vertus protectrices de cette plante ? Détrompez-vous ! Outre sa capacité supposée à faire fuir les serpents, l'ail serait capable d'épargner les toréadors entrant dans l'arène. Une gousse d'ail discrètement portée sur leur personne saurait en effet détourner les mauvais coups de corne.


Les bêtes aussi : L'ail étendrait ses pouvoirs protecteurs sur les humains comme sur les animaux. Tout troupeau de brebis mené par une bête portant une gousse d'ail sauvage à son cou ne pourrait être ainsi attaqué par un loup. En Suède d'autrefois, ce n'était pas les loups que l'on redoutait mais les lutins malveillants et les trolls. Les premiers sont connus pour se rendre la nuit venue dans les écuries afin de chevaucher et épuiser les chevaux tandis que les trolls raffolent du lait de vache. Heureusement, une gousse de la précieuses plante passée autour du cou de chaque élément du cheptel permettait d'éviter de telles visites nocturnes !"

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Ana M. Cabo-González, autrice de « Quand les propriétés des plantes défiaient l’entendement », (Annales islamologiques, 51 | 2017, pp. 39-51) s'intéresse notamment aux propriétés merveilleuses de l'ail :


Un sujet qui a toujours préoccupé les hommes tout au long de l’histoire est la virginité des femmes : comment savoir si une femme est vierge ou non avant le mariage. À ce propos, al‑Qazwīnī explique que si vous voulez savoir si une femme est vierge ou non, vous devez procéder comme suit : vous prenez quelques gousses d’ail (ṯūm, Allium sativum L.) écrasées, les mélanger avec du miel et vous dites à une femme qu’elle mange cette pâte. Si au bout de deux heures, elle donne à sentir l’odeur d’ail, elle est vierge ; si elle n’a pas d’odeur, ce n’est pas le cas. La même chose est faite pour savoir si une femme est fertile ou non, mais dans ce cas il faut attendre le lendemain pour vérifier l’odeur. ( Al-Qazwīnī, Kitāb ʿaǧāʾib al-maḫlūqāt, F. Wüstenfeld (éd.), 1967, p. 277.)

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Spagyrie :


Voici la fiche proposée par Viviane Le Moullec dans Élixirs floraux de Viviane à faire soi-même (Éditions du Dauphin, 1997, 2020) :


Mot clef : Votre fidèle ami contre les vampires de toutes sortes


Qui est l'Ail ? Si on connaît bien les "têtes" d'Ail avec leurs gousses (qui mériteraient plus le nom de "pied" car il s'agit de bulbes), on méconnaît la magnificience de l'Ail en fleur : une magnifique boule de centaines de fleurettes violettes ou mauves.

L'Ail étant cultivé très largement, vous aurez intérêt à veiller soigneusement à la provenance de la plante (culture sans engrais). Toutes les sortes d'ail conviennent, aussi bien le blanc que le rose.


Avec quoi réaliser votre élixir ? Vous pouvez utiliser des gousses d'ail, germe compris, bien sûr. L'élixir le plus fin est réalisé avec la boule fleurie.


Utilisation traditionnelle : on emploie la gousse d'Ail, avec son germe. Son odeur est très forte mais c'en est d'autant plus efficace pour les vers et autres indésirables du tube digestif. Montez-vous prudent avec l'Ail à haute dose car il peut déclencher une crise d'intolérance chez les personnes sensibilisées aux composés sulfureux. Il peut aussi provoquer une brutale chute de tension.


Aide alchimique : Responsabilité et refus du parasitisme

L'Ail conduit à accepter la responsabilité de son territoire et ses possessions. Sa première fonction est d'amener l'être humain à ne plus délaisser son corps comme s'il s'agissait d'une quantité vraiment négligeable. L'Ail soigne donc la propension à se laisser dominer ou vampiriser.


Allié : la Fougère mâle, autre remède remarquable pour ce genre de parasitose

Ils aident à ne plus se complaire dans les fautes du passé ou à ressasser indéfiniment les erreurs commises au lieu de chercher à se créer une nouvelle vie. Voici comment Ail et Fougère agissent respectivement :

  • l'Ail vous aide à ne plus vous laisser déposséder de votre territoire. Après tout, votre corps est votre territoire personnel. Ne vous désintéressez pas de lui et ne laissez pas n'importe qui le squatter !

  • la Fougère mâle s'attaque directement au parasite à qui elle rend la vis si inconfortable, qu'il préfère quitter cet endroit où l'on attente à sa vie.

Tradition : l'Ail et les vampires

L'Ail est le protecteur traditionnel contre les vampires et plus particulièrement contre les esprits malfaisants de la nuit. Mais qu'est-ce vraiment qu'un vampire ? En dehors de l'imagerie populaire, un vampire est quelqu'un qui, ne pouvant plus produire sa propre énergie, se nourrit de celle d'autres êtres. A l'origine de la légende, une très rare maladie véritable qui atteint le sang : la porphyrie qui donne le teint blafard, l'intolérance à la lumière et l'incapacité quasi-totale à se nourrir normalement. De rares cas de porphyrie ont été relevés en Europe Centrale, où la légende situe le berceau des vampires : dans les Carpates. Il n'est pas étonnant qu'il n'en reste pas plus étant donné la chasse impitoyable faite à ces malades. La porphyrie affecterait aussi un certain nombre de descendants de la reine Victoria. D'après quelques expérimentations médicales, l'Ail permettrait d'améliorer la porphyrie.

Le vampire n'est pas qu'un être légendaire, affligé d'une rare maladie physique. C'est une personne qui se nourrit de l'énergie des autres parce qu'elle est devenue incapable de produire celle dont elle a besoin. Des gens exploitant sournoisement d'autres personnes, cela ne manque pas ! Vous pouvez donc utiliser l'Ail pour combattre les effets pernicieux de leur voisinage. En effet, tels des serpents, ils savent fasciner leurs victimes qui, alors, présentent toutes les caractéristiques du consentement. Heureusement que l'Ail aide à combattre toute forme de fascination qui aliène la liberté des êtres !

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Symbolisme :


Édouard Grimard, auteur de L'esprit des plantes, silhouettes végétales. (Éditions Mame, 1875) propose sa propre vision des plantes :


Oui, vous avez bien lu, l'Ail plébéien, aux bulbes nauséabonds. La culture et l'emploi alimentaire de cette obscure Liliacée remontent presque à l'origine de l'histoire de l'homme. Les plus anciens botanistes énumèrent longuement les vertus médicinales qu'on lui prêtait, et les auteurs du moyen âge sont loin d'en avoir raccourci la liste.

Le genre Ail comprend des espèces fort nombreuses (Oignon, Échalote, Poireau, Civette, Rocambole, etc.), et elles exhalent toutes, lorsqu'on les froisse ou qu'on les divise, une odeur désagréable et souvent irritante ; mais, de tous ces Aulx, le plus fétide à coup sûr est l'Ail cultivé.

Cette espèce contient dans sa tige, dans ses feuilles, et surtout dans son bulbe, composé de plusieurs caïeux, une huile volatile sulfurée, âcre et caustique, à laquelle on doit les propriétés stimulantes qui la font rechercher comme condiment, surtout dans le midi de l'Europe. « Toutefois, dit à ce sujet M. le Maout, tous les estomacs ne sont pas également disposés à le digérer ; il en est qui s'y refusent avec indignation. Lorsque ce cas fâcheux arrive, le soufre, l'hydrogène, l'azote et l'acide carbonique, éléments fournis par l'Ail ou par l'estomac lui-même, et combinés deux à deux ou trois à trois, dans ce vivant laboratoire, s'en dégagent sans cesse et enveloppent le coupable d'une vapeur éminemment antisociale. »

C'est probablement ce qu'avait remarqué Alphonse, roi de Castille, qui, dans le IVe siècle, fonda un ordre de chevalerie dont les statuts interdisaient l'Ail à ceux qui en faisaient partie ; les délinquants étaient exilés de la cour pendant un mois.

Tous ces jugements sévères, en partie justifiés, il faut bien l'avouer, par l'odeur désagréable dont l'Ail imprègne rapidement toutes les sécrétions du corps, n'empêchent pas que cette plante ne soit pour certains organismes faibles ou lymphatiques un condiment nourrissant et sain. On pensait même autrefois que ses seules vapeurs étaient fortifiantes, puisque Bacon raconte qu'un homme, en respirant les émanations qui s'en exhalent, trouvait la force de jeûner ensuite pendant quatre à cinq jours. A cause de ses propriétés diverses, l'Ail est employé en médecine comme vermifuge, et il entre dans la composition d'une liqueur pharmaceutique, préparée avec du vinaigre, des aromates et du camphre, et bien connue sous le nom de Vinaigre des quatre voleurs. Ce nom fait allusion à l'histoire de quatre scélérats qui exerçaient leurs brigandages dans la ville de Marseille désolée par la peste, et qui, dit-on, se préservèrent du fléau en faisant usage de cette préparation antiseptique.

S'il faut en croire certains savants, l'Ail était l'objet d'un culte chez les Égyptiens. Les moissonneurs, les matelots et surtout les guerriers romains en faisaient un grand usage ; il était même devenu à Rome le symbole de la vie militaire. « Tu ne saurais manger de l'Ail, » disait-on à ceux qui élevés dans la mollesse, parlaient d'embrasser l'état de soldat ; et Vespasien, impatienté par les obsessions d'un courtisan efféminé qui lui demandait le gouvernement d'une province, lui répondit dédaigneusement : « J'aimerais mieux que tu sentisses l'Ail que les parfums. »

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Selon Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),

AIL. — En sanscrit, on l'appelle bhûtagna ou tueur des monstres. Dans les croyances populaires de l'Asie Mineure, de la Grèce, de la Scandinavie et de l'Allemagne du Nord, on attribue aussi à l'ail une propriété magique bienfaisante. D'après le chant de Sigurdrifa, si on jette de l'ail dans une boisson, on est garanti de tout maléfice. Cf. aussi le Chant de Helgi et la Volsungasaga. Macer Floridus, De Viribus Herbarum, rapportant, sans doute, l'opinion de Pline, nous apprend aussi que l'on guérit des morsures venimeuses par l'ail :


Ex oleo cum reste sua si decoquis illud

Morsus pestiferos reddes hoc unguine sanos.


Le commentateur Gueroald explique : « Cum reste sua, id est cum sua herba quae est instar funis seu restis protensa. » Le même Macer Floridus nous assure que, si on mange l'ail à jeun, on est garanti de tous les maléfices qu 'on pourrait ressentir en changeant de place ou en buvant une eau inconnue :


Hunc ignotarum potus non laedit aquarum

Nec diversorum mutatio facta locorum,

Allia qui mane jejuno sumpserit ore.


A Bologne, le peuple considère l'ail comme le symbole de l'abondance ; à la Saint-Jean, tout le monde en achète, pour se garantir de la pauvreté pendant toute l'année ; d'où est dérivé le proverbe :


Chi 'n compra i ai al de d' San Zvan

E povret tot gl' an.


En Sicile, on met de l'ail sur le lit des femmes qui accouchent, et on fait trois signes de croix avec l'ail pour chasser le polype. A l'île de Cuba, l'ail est employé contre la jaunisse. « Voici, écrit M. Piron dans Vile de Cuba (Paris, 1876), un moyen certain de se défaire de la jaunisse. On enfile treize gousses d'ail à un bout de ficelle, on l'attache à son cou, on le porte durant treize jours. Au milieu de la nuit du treizième jour, on se rend à l'embranchement de deux rues, on jette son collier par-dessus sa tête et l'on regagne son domicile sans regarder derrière soi. Si l'on n'a commis aucune imprudente curiosité, on est sauvé; plus de jaunisse possible. »

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Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée, Robert Laffont : 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,

"Un bouquet d'ail accroché à la tête du lit ou collier de fleurs d'ail éloignent les vampires, selon une tradition d'Europe centrale. Déjà Pline note que l'ail éloigne les serpents et protège de la folie. En Sibérie, selon les croyances des Bouriates, l'approche des âmes des femmes mortes en couches, et qui reviennent la nuit persécuter les vivants, reconnaît à l'odeur d'ail qu'elles répandent. Les Batak de Bornéo accordent à l'ail le pouvoir de retrouver les âmes perdues. Le même auteur rapporte que dans les anciennes coutumes du Var (à Draguignan), des gousses d'ail étaient rôties sur les feux de la Saint-Jean, allumés dans toutes les rues de la ville ; ces gousses étaient ensuite partagées entre tous les foyers. L'Antiquité classique concédait à l'ail certaines vertus dont on retrouve les traces dans le folklore grec contemporain. Ainsi lors des Thesmophories, aussi bien que dans la Scirophorie, les femmes mangeaient de l'ail, cette plante passant pour faciliter la pratique de la chasteté, imposée pendant la durée des fêtes ; du reste, les Grecs détestaient l'ail. Mais la croyance la plus persistante, dans le bassin méditerranéen et jusqu'en Inde, est que l'ail protège contre le mauvais œil. Pour cette raison, on retrouve en Sicile, en Italie, en Grèce et en Inde des bouquets de tête d'ail attachés de laine rouge. En Grèce, le seul fait de prononcer le mot ail conjure les mauvais sorts.

Lors de fêtes rituelles du renouveau, à caractère dionysiaque, célébrées encore de nos jours en Thrace grecque, et récemment analysées par l'ethnographe Katerina J. Kavouri, le principal personnage de la cérémonie, qui comprend des ordalies avec marche sur des braises ardentes, porte à la main un chapelet d'ail.

De nos jours encore, les bergers des Karpates, avant de traire pour la première fois leurs brebis, se frottent les mains avec de l'ail béni, afin de protéger le troupeau contre les morsures des serpents.

Dans toutes ces pratiques, l'ail se révèle comme un agent protecteur contre des influences néfastes ou des agressions dangereuses. Les anciens Égyptiens en avaient fait un dieu, peut-être l'anti-serpent, à cause de son odeur. A Rome, il était interdit d'entrer dans le temple de Cybèle à ceux qui venaient de consommer de l'ail. Horace fulmine dans une de ses épodes de violentes imprécations contre l'ail. Sans doute encore à cause de l'odeur. Comme il entrait dans la nourriture ordinaire des soldats romains, l'ail était devenu un symbole de la vie militaire."

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Ail (Allium sativum) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu

Divinité : Hécate triple.

Pouvoirs : Protection ; Guérison ; Potentiel sexuel.


Utilisation rituelle : L'Ail jouait un grand rôle dans les mystères célébrés en l'honneur de la triple Hécate. A Egine comme à Samothrace, à Lagina de Carie comme à Délos, les participants se gavaient d'Ail pendant plusieurs jours. On allait en procession orner de guirlandes d'Ail les autels de cette déesse, dressés aux carrefours des principales routes. On lui immolait des chiens, et parfois des rats. Les cadavres, vidés de leurs viscères et bourrés de gousses d'Ail, étaient alignés le long des routes, parfois sur plusieurs kilomètres. Ces rites en disent long, quand on sait que les Grecs avaient l'Ail en horreur. Aussi s'en servaient-ils pour sacrifier à une divinité malfaisante et infernale, dont il était important d'apaiser le courroux. Plus le peuple se contraignait à faire des choses déplaisantes, voire répugnantes, plus Hécate était contente.

A l'inverse, il était formellement défendu à ceux qui avaient mangé de l'Ail d'entrer dans le temple de Cybèle, la grande Magna Mater, mère des dieux.

Rappelons le rôle que joue une « plante d'Ail », dans l'une des aventures de l'Odyssée : Circé, déesse et magicienne, habitait l'île d'Æa. Elle vivait dans un palais somptueux, au milieu de loups, de lions, qui étaient d'imprudents voyageurs touchés par sa baguette magique. Ulysse, débarquant sur l'île, envoie à la découverte plusieurs de ses compagnons. La magicienne les capture et les change en pourceaux. Ulysse, apprenant le drame, se met en route pour les délivrer. Hermès lui donne un Ail qui le défendra contre les maléfices, et lui indique la conduite à suivre. Le héros déjoue toutes les ruses de Circé, se fait aimer d'elle, et l'oblige à désensorceler ses compagnons.

Les Égyptiens firent de l'Ail une divinité. Les Romains en faisaient grand cas eux aussi. Les légionnaires en mangeaient avant la bataille. Lorsqu'ils descendaient dans l'arène pour y affronter une bête féroce, lutteurs et gladiateurs s'enduisaient le corps d'une purée d'Ail. Cette croyance aux vertus toniques et stimulantes de l'Ail persista au moins jusqu'à la Renaissance. Scipion Duploix rapporte qu'à la bataille de Pavie les arquebusiers espagnols étaient dopés à l'Ail .lorsqu'ils enfoncèrent l'aile droite de l'armée de François 1er.


Utilisation magique : Dans beaucoup de régions, l'Ail a le pouvoir Il d'absorber» le mal. Frottez la partie malade avec une gousse fraîchement pelée et débarrassez-vous en aussitôt après. En Savoie, en Dauphiné, il faut la jeter dans l'eau vive d'un torrent. Dans les monts du Lubéron, la gousse imprégnée est brûlée sur des braises de châtaignier, alors que les marins catalans l'introduisent dans un coquillage qui est déposé à l'église comme ex-voto.

Au XVIIIe siècle, les paysans du Trentin ne connaissaient qu'un remède contre la jaunisse. Le malade portait, pendant treize jours pleins, un collier fait de treize gousses d'Ail enfilées sur une ficelle que l'on avait teinte en rouge en la faisant bouillir avec des airelles. Le treizième jour, à minuit, il fallait se rendre à pied à un carrefour sans arbres. On jetait le collier au milieu du croisement et, sans se retourner, on courait à toutes jambes jusqu'à son lit.

La plante est également protectrice. Les marins d'autrefois embarquaient toujours plusieurs têtes fraîches avant d'appareiller. Les mercenaires vaudois et lombards en avaient sur eux. En Sicile, lorsqu'un jeune couple fait bâtir, on inaugure la maison neuve en répandant des têtes d'Ail dans toutes les pièces.

Pèlerins et voyageurs en emportaient dans leurs bagages. L'Ail agissait contre les tempêtes, les avalanches, les bandits et les monstres. En sanscrit, on appelle cette plante bhûtagna, c'est-à-dire tueur de monstres.

Les femmes enceintes devraient garder une tête d'Ail dans la poche de leur robe ou blouse : les influences négatives qui chercheraient à nuire au petit être en formation sont ainsi tenues à distance.

L'Ail est souvent employé comme aphrodisiaque.

Les bijoux et pierres précieuses Il « maléfiques » perdent tout pouvoir si vous les désenvoûtez avec de l’Ail.

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Selon Suzanne Amigues, autrice d'un article intitulé "Des plantes nommées moly." (In : Journal des savants, 1995, n° pp. 3-29) :


[...] Nous sommes désormais en mesure de tracer avec plus de précision le « portrait » du moly qu'on disait en Arcadie « semblable à celui dont Homère a parlé »

C'est une plante rare, strictement localisée par Théophraste « aux environs de Phénéos et dans le Cyllène ». Le site antique de Phénéos se trouve en Arcadie septentrionale, dans une haute plaine (700 m) fermée au Nord-Est par le Cyllène, au Nord-Ouest par les Monts Aroaniens (l'actuel Chelmos) et au Sud par l'Oryxis. Les eaux de ruissellement qui convergent vers cette cuvette s'évacuent en disparaissant dans des gouffres et après un parcours souterrain reviennent à l'air libre aux sources du Ladon. Avant les travaux modernes de drainage, chaque fois que les émissaires s'engorgeaient ou s'obstruaient, la plaine devenait marécage insalubre ou lac limpide. Hormis le passage qui nous occupe, toutes les mentions de Phénéos dans les traités botaniques de Théophraste sont en rapport avec ce phénomène et ses conséquences pour la végétation locale. Du reste, même là où les eaux s'écoulaient normalement, la région de Phénéos avait la riche végétation des sols bien arrosés : plusieurs voyageurs l'ont noté, l'un d'eux précisant même que l'herbe y croît avec une exubérance exceptionnelle en Grèce. De telles remarques ont été faites aussi dans d'autres vallées du voisinage ; c'est à ces dernières que s'applique l'expression « dans le massif du Cyllène », et non « sur le Cyllène », qui ne peut évidemment pas porter à son sommet (2 376 m) ni sur ses pentes dénudées en été, enneigées le reste de l'année, la végétation des zones humides, plus ou moins marécageuses, à laquelle appartient probablement le moly.

Du point de vue morphologique, la notice de Théophraste est moins incomplète qu'elle ne paraît de prime abord. Si la couleur de la racine et de la fleur n'est pas indiquée, c'est que l'auteur admet à cet égard l'assimilation du moly arcadien au moly homérique, puisqu'il marque plus loin le désaccord des Phénéates sur la difficulté de l'arracher. Notre plante a donc une fleur blanc de lait (Horn. ~ Thphr. ; Dsc.), assez voisine du perce-neige mais plus petite (Dsc), d'où le nom de « perce-neige sauvage » (Ps.-Dsc.) ; une racine bulbeuse (Thphr. ; Dsc.) ; petite (Dsc), noire ou du moins foncée (Horn. ~ Thphr.) comme un bulbe de narcisse (Carm.) ; en outre, des feuilles semblables à celles de la scille (Thphr.) ou du chiendent (Dsc), c'est-à-dire des feuilles de Monocotylédone, à nervures parallèles, charnues et luisantes comme celles de la scille, mais allongées comme celles du chiendent, quoique « plus larges et retombantes » (Dsc.) ; une tige assez haute et grêle (Dsc), portant à son sommet « comme qui dirait quelque chose qui rappelle l'ail » (Dsc) — expression aussi juste qu'embarrassée pour désigner la spathe membraneuse d'où se dégage l'inflorescence de l'ail, cultivé ou sauvage, de même que la fleur de certains iris et des Amaryllidacées.

On fait traditionnellement de cette plante un ail, à la fois parce que certaines espèces du genre Allium ont des caractères morphologiques qui rappellent le moly et parce que l'ail cultivé (A. sativum L.) a des propriétés antiseptiques depuis longtemps reconnues qui lui ont fait attribuer une action apotropaïque. « Aujourd'hui encore, nous est-il dit dans L'Encyclopédie du monde végétal, en Europe orientale, on a gardé la coutume de suspendre aux fenêtres des bouquets de fleurs d'ail, pour éloigner les vampires, sans parler des colliers faits de gousses d'ail enfilées. » L'Antiquité a connu pareille superstition, s'il est vrai que « les hommes couronnés d'ail qu'on rencontre dans les carrefours» (Thphr., Caractères, XVI, 13) étaient préposés à l'enlèvement des victuailles offertes à Hécate, une fois celles-ci corrompues 48. Dans ce cas l'ail était censé combattre les risques d'infection par son action antibactérienne et, moins rationnellement, les maléfices de la déesse de la magie. Mais il est superflu de démontrer que le [...] de Théophraste ne saurait être son [...], notre ail cultivé (1).

Parmi les espèces sauvages d'ail dans lesquelles on a voulu reconnaître la plante de Théophraste et/ou le moly homérique, nous écarterons d'emblée celles qui sont étrangères à la flore grecque : A. moly, endémique de l'Espagne orientale et du Sud-Ouest de la France, à fleurs jaunes, ainsi nommé par Linné d'après cette remarque de Pline (XXV, 27) sur le moly : « Les auteurs grecs ont peint sa fleur jaune, alors que dans la description d'Homère elle était blanche » ; A. victorialis L., des montagnes de l'Europe tempérée, dont le nom d'espèce rappelle que le bulbe passait pour procurer la victoire aux soldats qui le portaient sur eux en amulette ; A. siculum Ucria, du bassin méditerranéen occidental ; A. dioscoridis auct., qui se rencontre de la Turquie à la Crimée. L'espèce présente en Grèce qui a le plus retenu l'attention est l'ail noir ou ail magique (A. nigrum L., auquel la nomenclature moderne rattache A. multibulbosum Jacq. et A. magicum auct.), quoiqu'il possède des fleurs blanc verdâtre veinées de vert ou de rouge violacé et un bulbe revêtu d'enveloppes blanchâtres. Son habitat ne correspond pas mieux que sa morphologie à ce que nous savons du moly arcadien : on le trouve en Grèce péninsulaire et insulaire dans les champs, les oliveraies, les vignes, à basse altitude et dans les collines. Bon connaisseur de la flore de son pays, P. Gennadios est formel : « L'ail noir ne se rencontre pas aujourd'hui aux environs de Phénéos et dans le Cyllène ». J. Murr croit même, à tort, A. nigrum absent de Grèce et penche plutôt pour des aulx à fleurs d'un blanc pur, A. subhirsutum L. et A. neapolitanum Cyr. dont un synonyme, A. lacteum Sibth. & Sm., suggère une identification possible avec le moly à fleur blanc de lait. Mais, de l'aveu même de Murr, ces deux espèces sont très communes et abondantes dans toute la Grèce (surtout la première, qui au printemps tapisse de ses fleurs blanches en étoile le sol nu des garrigues proches d'Athènes). Il est impensable que Théophraste ait localisé dans la lointaine Arcadie une plante qu'il avait sous les yeux. Conscient de ces difficultés, Stannard s'en tient à une équivalence qu'il croit incontestable : moly = Allium sp. (genre Allium, espèce indéterminée). Or c'est là justement Va priori qui paralyse la recherche. Puisqu'il n'existe pas d'ail correspondant exactement aux descriptions du moly et propre aux prairies Amaryllidacée des prairies humides et des marécages de l'Europe tempérée. « Rarissime » en Grèce selon E. de Halâcsy, qui la signale seulement humides de la région du Cyllène, le moly arcadien n'est pas un ail.


Note : 1) L'étude superficielle de M. Dorie, « Les plantes magiques de l'Odyssée », Revue d'Histoire de la Pharmacie, 195 (1967), p. 580-584, a pour sous-titre « Le moly Allium nigrum L. », mais aboutit à cette conclusion : « II semble bien que le don précieux qu'Hermès fit au subtil Ulysse fût une gousse d'ail », avec rappel des croyances populaires en la vertu prophylactique de l'ail cultivé.

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Dans le Petit Larousse des symboles (Éditions Larousse, 2006) établi sous la direction de Nanon Gardin et de Robert Olorenshaw, on apprend que :


Que ce soit en Europe, en Afrique ou en Asie, c'est depuis la nuit des temps que l'ail est chargé de pouvoirs magiques, et notamment celui de repousser le mal, qui peut prendre la forme du mauvais œil, d'une malédiction, d'un serpent ou d'un vampire.

Une liliacée magique...

Les Égyptiens croyaient qu'un fantôme tuait les enfants endormis en aspirant leur haleine. Une gerbe d’ail attachée au lit prévenait contre les attaques de cette créature malfaisante. En Europe, la première référence à cette liliacée magique et malodorante se trouve chez Homère, qui nous raconte dans l’Odyssée comment la magicienne Circé transforme les marins grecs, arrivés sur son île, en pourceaux. Seul Ulysse, héros de l’épopée, parvient à échapper au sort de ses hommes grâce aux conseils d’Hermès et aux pouvoirs de l’ail jaune.

Les Grecs avaient aussi l’habitude de poser des gerbes d’ail aux carrefours, lieux dangereux à la croisée des chemins, pour se prémunir contre les pouvoirs d’Hécate, habitante des enfers et déesse lunaire de la nuit, de l’obscurité et des malédictions.

Les Romains guérissaient des morsures venimeuses par l'ail et croyaient que la plante éloignait les serpents. Pour empêcher un serpent de sortir de son trou, une petite gousse d’ail à l’entrée suffisait.


indispensable pour lutter contre les vampires…

Grâce au célèbre roman de Bram Stocker, Dracula, nous associons l’ail à la lutte contre le vampirisme. Mais Stocker n’invente rien quant aux croyances populaires. En Transylvanie, les paysans enduisaient d’ail les fenêtres et les portes de leur maison, voire les cornes de leur bétail, pour chasser les Strigoi ou vampires. Si l’on était persuadé qu’un défunt courait le risque de se transformer en vampire, on mettait de l’ail dans tous ses orifices, pratique qui empêchait en même temps l’âme de revenir habiter le corps. D'autres peuples balkaniques, comme les Serbes, croyaient que la nuit du Mardi gras était particulièrement menaçante et dangereuse. Ils dormaient donc avec des têtes d’ail sous l’oreiller.

Ce n’est pas seulement le bulbe et la gousse de la plante qui repoussent le mal. Dans Dracula, le professeur Van Helsing s’efforce de protéger Miss Lucy des avances sanguinaires du comte Dracula en mettant des fleurs d’ail dans sa chambre et autour de son cou. Encore une fois, Bram Stocker ne se trompait pas, car en Transylvanie ce sont les tiges et les fleurs de la plante qu’utilisent les habitants d’origine hongroise pour se défendre contre le vampires.

et contre le mauvais œil

Les pouvoirs magiques de l’ail sont loin d’avoir disparu de nos contrées. Dans certaines îles grecques, comme à Rhodes, on murmure le mot skondo (« ail » en grec) si l’on rencontre quelqu’un sur son chemin qui pourrait porter la guigne. Il faut ensuite cracher trois fois sur sa propre personne. Les paysans d’Europe centrale affirment qu’un bouquet d’ail tressé à la tête du lit éloigne les maladies : le remède serait aussi efficace qu’une croix. En Italie, on met de l’ail près des berceaux pour éloigner les sorcières et les démons.

Cependant, même l’emploi de l’ail n’est pas sans danger. En 1973, dans la ville anglaise de Stoke-on-Trent, on trouve le cadavre d’un homme d’origine polonaise. Les médecins légistes découvrent une tête d’ail dans sa gorge. Le pauvre était mort en s’étouffant ; ses proches déclarèrent qu’il mettait régulièrement de l’ail dans sa bouche pour éloigner les vampires...

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi l'ail, "dont les origines remontent aussi loin que l'Antiquité.


Propriétés médicinales : Les chinois de l'Antiquité se servaient de l'ail pour traiter la lèpre, la tuberculose ainsi que l'anémie. A une certaine époque, on s'en servait pour soigner la coqueluche en frottant la poitrine afin de la libérer de la congestion. Manger de l'ail régulièrement est censé alléger les douleurs arthritiques et rhumatismales. retenons aussi que jusqu'à la Première Guerre mondiale, le jus de cette plante était utilisé comme antiseptique pour nettoyer les plaies et les coupures et pour protéger contre l'infection.


Genre : Masculin.


Déités : Hécate, Mars.


Propriétés magiques : Protection, guérison, exorcisme.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • Il est reconnu folkloriquement que l'ail protège des vampires et autres créatures de la nuit, mais il assure aussi une protection contre toutes les influences néfastes et négatives.

  • Durant les rites pour honorer Hécate, on mangeait de l'ail et on en laissait à la croisée des chemins en offrande la déesse.

RITUEL POUR ATTIRER LA PROTECTION :

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle verte ;

  • l'encens d'oliban ;

  • une pincée de poudre d'ail ;

  • une pièce de un centime ;

  • un petit sac de cuir.

Rituel : Pendant le cycle croissant de la lune, allumez la chandelle verte et l'encens d'oliban. Dans un petit sac de cuir, placez la pièce de monnaie et la poudre d'ail, puis passez le sac dans la fumée de l'encens sept fois en disant :

Qu'Hécate m'entende

Que sous son auspice je me rende

Afin que ma protection soit assurée

Contre les présences visibles et invisibles.


Gardez le petit sac sur vous.

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Fabrice Fenouillère, dans Des Plantes et des hommes (Éditions Galéa, 2017) consacre un article à l'Ail :


Satan déclenche une grève.. Avec l’ail, c’est un bulbe, une fois n’est pas coutume, que Shakespeare traitait de rose puante ou de pied gauche de Satan, qui est à l’honneur.


Répondant à l’appellation latine d’Allium, « celui qui jaillit », l’ail trouva ses premiers grands maitre des Pharaons, où à cause de lui, on a vu naître là-bas la toute première grève de l'histoire ! Eh oui, il ne fallait pas le retirer des rations quotidiennes fournies aux ouvriers des pyramides !

En marge de ces premières luttes ouvrières, les médecins avaient aussi inventé, grâce à lui, le tout premier test de fertilité, répondant à un principe basique mais efficace : insérer une gousse le soir dans l’intimité de ces dames et si, le matin, la patiente se réveillait avec une haleine chargée en ail, alors c’est qu’elle était apte à enfanter !

Ses trompes, en excellente santé, venaient de parler pour elle...

Plus tard dans l’Histoire, c’est en collier autour du cou des enfants, pour les protéger du mauvais œil et de la peste, que se retrouvèrent le plus souvent ses bulbes, également présents dans les cales des navires afin d’éloigner les tempêtes et les monstres marins.

Et puis, jusqu’il y a peu, ils furent utilisés médicalement comme suppositoire pour lutter contre les maladies hivernales : aie, aie, aie !

Sans transition, on sait aujourd’hui que c’est, pour l’essentiel, dans nos assiettes que ce végétal se distingue revêtant d’ailleurs le masque et le costume de super-aliment armé pour lutter contre le vieillissement et certains cancers.

Le revers de la médaille c’est qu’avec lui, on hérite aussi d’une haleine plutôt délicate. Celle d’Henri IV, qui en croquait une gousse tous les matins, convaincu de son pouvoir aphrodisiaque avant d’honorer l’une de ses 73 maîtresses attestées, pouvait, parait-il, terrasser un bœuf à vingt pas !

Seul remède vraiment efficace que, malheureusement, selon ses contemporains, il ne connaissait pas : mâcher du persil, de la menthe ou des grains de café...

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Dans La Vie érotique de mon potager (Éditions Terre Vivante, 2019), Xavier Mathias nous donne quelques précisions supplémentaires sur l'Ail :


L'Ail : faites le test ! Il va bientôt être temps de récolter l'ail, les feuilles commencent à jaunir. Quand les deux tiers du feuillage seront secs, ce sera le bon moment pour l'arracher. Méfiance à se sujet, si l'ail avance trop en maturité, le risque d'échauffement - un genre de pourrissement pas très ragoûtant - pendant la conservation est grand. Pour l'instant, les bulbes en caïeux, déjà bien renflés, sont quasiment à leur taille définitive. Les gratter au pied pour dégager la terre et supprimer les quelques éventuelles adventices va encore favoriser leur formation. Étrange coutume, il est d'usage de faire un nœud avec les feuilles pour augmenter encore leur grosseur. Qu'en est-il vraiment ? Chaque jardinier a son idée sur le sujet. Personnellement, quand il m'arrive de le faire, c'est plus pour des raisons « landartiennes » que réellement agronomiques. Voir tous ces aulx à l'aspect rigide d'une colonne en marche avec cette étrange coiffure m'amuse.

Coutume plus étrange encore que cette histoire de chatouilles au niveau des pieds et de nœud dans les cheveux, outre leurs nombreuses vertus - antibiotiques, antiseptiques, etc. -, les aulx étaient employés comme... tests de grossesse. Je préfère avertir les lectrices et les lecteurs sensibles, si les lignes qui suivent sont authentiques, elles n'en sont pas moins quelque peu... déroutantes.

Comment savoir donc, avec une précision tout échographique, si une jeune femme est enceinte avec une simple gousse d'ail ? Facile et logique ! Il suffit d'introduire un caïeu dans le vagin.

Si la malheureuse (souhaitons-lui en revanche une grossesse heureuse au cas où le test soit concluant) ne voit pas son haleine immédiatement se charger des doux parfums de notre Alliacée, aucun doute alors, elle est enceinte. Rien de plus logique, de mécanique même. Vous l'aurez deviné, c'est le fœtus bien sûr qui, agissant bien malgré lui comme un rempart, empêche l'haleine de se charger des relents aillés. En résumé, si une femme qui se voit introduire une gousse d'ail dans le vagin n'exhale pas un soupir aillé, c'est que son futur enfant fait rempart de son corps. Que devient la gousse d'ail une fois le test achevé, qu'il ait été négatif ou positif ? L'histoire ne le dit pas.

Une thériaque adaptogène ? Surnommé « thériaque du pauvre », l'ail fait partie de ces espèces dites « adaptogènes » ayant, sans créer d'accoutumance, les propriétés d'agir sur la fatigue, particulièrement après les stress physiques ou psychiques, de redonner du tonus, de stimuler les défenses immunitaires et d'avoir un effet antivieillissement grâce à ses nombreux antioxydants. L'ail contient en effet ces molécules que la nature mt tellement plus généreusement à notre disposition que les laboratoires pharmaceutiques qui se sont empressés den faire des copies chimiques de synthèse. L'ortie, le ginseng ou la maca, par exemple, font partie de ces plantes adaptogènes, agissant sur le tonus et le vieillissement. De nombreuses fonctions vitales, donc, expliquant sa bonne réputation pour nos nombreuses autres fonctions...

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Arnaud Riou dans L’Oracle du peuple végétal (Guy Trédaniel Editeur, 2020) classe les végétaux en huit familles : les Maîtres, les Guérisseurs, les Révélateurs, les Enseignants, les Nourricières, les Artistes, les Bâtisseurs et les Chamans.

La famille des Guérisseurs comprend la Sauge, le Romarin, la Lavande, l’Ail, la Consoude, le Pissenlit, l’Ortie. Ils ont un rôle clé dans l’équilibre de la santé et de la guérison.

Que ton aliment soit ton seul médicament.

Hippocrate.


Les Guérisseurs : Si nous avons chacun une mission de vie, il en est de même pour chaque esprit parmi le peuple végétal, chaque arbre, plante, pousse, fruit, champignon, herbe a sa raison de vivre sur la Terre. Chacun contribue à l'équilibre de l'univers et à notre propre équilibre. Notre santé s'enrichit quand elle st vue comme un tout dans sa dimension systémique. C'est l'intelligence de différents systèmes superposés qui nous maintient en santé. Le système digestif, cardiovasculaire, immunitaire, musculaire, osseux, mais aussi l'équilibre entre le système conscient et inconscient, visible et invisible, interne et externe du corps. L'équilibre entre nous et l'environnement. Le peuple végétal l'a bien compris. Aucune plante ne survivrait sur la Terre si elle n'était nourrie par les autres. Nous sommes tous liés les uns aux autres et sont liées entre elles les différentes dimensions de notre incarnation. Ainsi, une relation toxique peut avoir des répercussions sur notre mode de pensée, sur notre cerveau et sur nos organes. Les Guérisseurs savent cela. Ils nous permettent d'équilibrer nos différents systèmes et de nous concentrer sur une facette ou sur un organe en particulier. La médecine quantique, qui est la médecine de demain, nous enseigne que le seul fait de se connecter à une plante ou à une information nous permet de recevoir cette information, cette qualité ou cette sagesse.

...................................................................................................................................Dieu vomit les tièdes.

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Certains caractères ne laissent personne indifférent. C'est le cas de l'Ail. Il peut créer une addiction comme une répulsion. On l'adore ou on le déteste. Son parfum fort marque l'haleine de celui qui vient d'en consommer. C'est ce même parfum qui éloigne les esprits taquins. Car l'Ail ne fait pas de concessions. Il impose sa puissance tant sur le plan physique que subtil. Il incarne la douceur de la mère et la force du père. L'Ail est l'un des Guérisseurs les plus puissants qu'offre la médecine des plantes. Riche en vitamines A, B, C, E, en antioxydants, en calcium en potassium, en zinc, en antibiotiques naturels, l'Ail figure en tête des super-aliments.. Il améliore notre pression cardiovasculaire, régule notre tension, renforce notre immunité, notre système digestif, notre cholestérol et diminue le risque de maladies cardiovasculaires. Cet antiviral naturel relance notre libido. Il faut remonter sur plusieurs millénaires pour retrouver la source de l'Ail. On le cueille sur les bords de la Méditerranée autant qu'en Asie, en Chine et dans les plaines d'Ouzbékistan, qui probablement lui ont donné la vie il y a cinq mille ans. Les propriétés nutritives de l'Ail se distinguent dès l'Égypte des pharaons, où les ouvriers en reçoivent chaque jour leur portion pour se protéger des épidémies et trouver la force de bâtir leur œuvre. L'Ail contribue à l'édifice de la pyramide de Khéops, qui immortalise son image dans la pierre. Chez les Romains comme chez les Gaulois, les moissonneurs et travailleurs de force en consommaient pour développer leur ardeur. il s'immisce dans les jardins royaux sous le règne d'Henri IV. Le parfum de l'Ail est apprécié de celui qui veut renforcer son immunité, sa force spirituelle et émotionnelle. C'est un rempart contre les forces sombres, car dans sa vibration électromagnétique, l'Ail est une plante stable. Il distingue le bien et le mal et protège celui qui le consomme. Il l'encourage à tendre vers la lumière. En France, lors d'épidémies au Moyen Âge, l'esprit de l'Ail protégeait les agriculteurs qui le cultivaient et le récoltaient. En échange des bons soins donnés, il les immunisait contre l'essentiel des maladies. Les agriculteurs entretenaient une telle relation d'affection avec cette plante médicinale que non seulement ils la consommaient, la récoltaient mais laissaient reposer dans les chambres à coucher des gousses entières aux quatre points cardinaux pour purifier l'air ou en disposaient dans les lits des enfants. Cette espèce généreuse est au service du Soleil. sa force intérieure est puissante et vigoureuse. Elle chauffe le cœur des hommes et protège tous ses organes. Elle renforce la détermination, le courage et la puissance intérieure. Elle n'accepte dans son environnement aucune nuisance. Elle reconnaît les énergies en mouvement chez chacun et les immunise contre les vagues négatives ou morbides. En Transylvanie, les habitants plaçaient des gousses d'Ail pour éloigner les vampires. Les Romains l'utilisaient pour repousser les serpents. Les Égyptiens en attachaient une gousse à la tête des berceaux pour repousser les démons. Les Grecs en plantaient aux carrefours pour se protéger des malédictions et les sorcières comme les druides l'intégraient dans leurs onguents, car l'Ail est une plante forte, directe et sans concession qui nous aide à nous relier au meilleur de nous.


Mots-clefs : La protection ; L'intensité ; Le Soleil ; Les attaques énergétiques ; Les vampires ; Le nettoyage ; L'authenticité ; La purification ; L'immunité ; Le serpent ; La malédiction ; Le karma ; La force ; La sexualité ; L'exigence ; Le cœur ; Le foie.


Lorsque l'Ail vous apparaît dans le tirage : L'Ail est un Guérisseur puissant et intransigeant. Sa médecine est directe, instantanée. Lorsqu'il apparaît dans le tirage, c'est pour vous donner la force de vous positionner, de mener à bien vos projets, d'oser affronter les forces du mal, de trouver ne vous les ressources pour vous dépasser. L'Ail vous parle d'engagement, de fin du consensus, du sacrifice et du compromis. Vous n'êtes pas tant menacé par l'extérieur. Les énergies négatives qui vous envahissent et vous envahissent ne trouvent leur source qu'en vous-même. Elles utilisent votre propre glissement, votre manque de positionnement, de courage, de discernement ou votre manque de combativité. Celui qui se laisse aller à douter de lui, qui ne voir plus la lumière en lui et autour de lui ouvre la porte au doute, à la mésestime, à la fatalité. C'est une vigilance de chaque instant que de maintenir son niveau vibratoire élevé. L'Ail ne fait aucune concession. Il rejette tout consensus, toute approximation, il réveille sans concession ce qui a besoin de l'être. Il reconnaît immédiatement ce qui est pur et impur, juste et injuste, lumineux ou sombre. L'Ail ne connaît ni le compromis ni l'à-peu-près ou les apparences. Il connaît parfaitement le fonctionnement de votre système immunitaire et ne s'en laisse pas conter. Il sait désintégrer sur un plan vibratoire toutes les attaques énergétiques. Lorsque l'Ail vous apparait, cela peut être pour vous signaler la présence de vampires d'énergie autour de vous. Peut-être certaines relations peuvent-elles vous peser, vous affecter, vous fragiliser. Peut-être êtes-vous vous-même un ennemi pour votre âme en acceptant de vibrer à une fréquence qui ne vous honore pas. L'Ail vous donne la force, la détermination, le discernement nécessaire pour vous concentrer sur ce qui profondément vous anime.


Signification renversée : Lorsqu'il vous apparaît sans sa position renversée, l'Ail vous indique qu'actuellement vous ne posez pas suffisamment clairement vos limites. Vous vous laissez envahir. Peut-être ne posez-vous pas justement les limites avec vous-mêmes. Passez-vous trop de temps à procrastiner, à vous laisser envahir par vos pensées, à surfer sur des occupations qui vous font perdre du temps. Vous en oubliez ce qui est vraiment important pour vous. L'Ail renversé peut aussi vous alerter sur une façon dont vous vivez vos relations amoureuses. Si vous n'êtes pas en lien avec votre puissance et l'amour en vous, vous pourriez être tenté de chercher l'amour et la sécurité à travers l'autre. Vous pourriez aussi être tenté de rejeter ce qui pourtant vous fait du bien. Cette posture vous met en demande et en attente. Gardez à l'esprit que l'autre est un miroir de vous. Si vous êtes en manque de vous, vous attirerez des personnes qui elles-mêmes seront en manque. Si vous êtes heureux, paisible et dans l'amour, vous attirerez des personnes heureuses, paisibles et dans l'amour, qui ne demandent qu'à vous aimer.


Le Message de l'Ail : Je suis le message de la lumière et du Soleil. J'ai reçu l'énergie de la terre et du ciel. Je suis intransigeant, implacable. Je ne connais pas le compromis, l'hésitation, le doute, ni la compromission. Avec moi, pas de politique, pas de calculs protocolaires. Je distingue spontanément les forces du bien et les forces du mal. Je suis si concentré que toute mon énergie est destinée à combattre le mal sous toutes ses formes, physique, émotionnelle et spirituelle. Il n'est pas une situation que j'accepte si elle ne répond pas profondément à ma mission d'âme, pas un détail que je tolère. Je transforme tout comme je laisse mon odeur dans les maisons et dans les pores de la peau de celui qui me choisit. Je t'accompagne à incarner ta puissance. Ose affirmer ce en quoi tu crois, quitte à déplaire, à choquer ou à surprendre. C'est dans cet alignement et cette vérité que tu trouveras ta puissance.


Le Rituel de l'Ail : Vous trouverez de l'Ail facilement. Achetez une tête d'Ail, coupez-en une gousse. Prenez un temps pour vous concentrer sur votre projet de vie. Qu'est-ce qui actuellement est très important pour vous ? Qu'est-ce qui fait sens ? A quel endroit vous sentez-vous aligné ? A quel endroit vous sur-adaptez-vous ou vous sous-adaptez-vous ? Qu'il s'agisse de votre vie amoureuse, professionnelle ou sociale, visualisez une situation qui vous tient à cœur. Croquez dans une gousse. Laissez la puissance de l'Ail couler dans votre gorge, se diffuser dans vos cellules pour vous aider à tenir votre cap, à incarner ce qui vous tient à cœur. Sentez-vous soutenu, sentez-vous vrai, sentez-vous fort ! Vous pouvez également écrire sur une feuille le prénom d'une personne avec qui vous vous sentez dans une situation floue ou consensuelle, ou une situation professionnelle qui a besoin d'être clarifiée. Écrivez cette situation sur un papier et frottez ce papier avec une gousse d'Ail fraîche, puis laissez faire. L'Ail saura trouver son chemin pour clarifier ce qui a besoin de l'être.

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