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  • Anne

Le Romarin


Étymologie :

  • ROMARIN, subst. masc.

Étymol. et Hist. xiiie s. ros-marin (Livre des simples medecines, éd. P. Dorveaux, p. 172, n°1007) ; id. rosmarin (L'Aviculaire des oiseaux de proie, ms. Lyon 697, f°218c ds Gdf. Compl.) ; ca 1393 rommarin (Ménagier de Paris, II, 2, éd. G. Brereton et J. Ferrier, p. 124). Empr. au lat. rosmarinus (v. André Bot.) propr. « rosée de mer ».


Lire également la définition du nom romarin pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Salvia rosmarinus ; Romarinus officinalis ; Encensier ; Herbe-aux-couronnes ; Herbe-drageon ; Heureuse ; Incensiaire ; Lormarin ; Romanik ; Rosmarin ;

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Botanique :

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Dans la Gironde, on évite la mal donne, en portant un sachet qui contient trois feuilles de sauge, trois feuilles de romarin et trois feuilles de laurier bénit.




Symbolisme :


Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Romarin :


Dans un Libre d'heures qui aurait appartenu à donna Ysabelle, reine de Hongrie au XIVe siècle, fut trouvé, dit-on, l'étrange déclaration qui suit : « Moi, donna Ysabele, estant âgée de septante-deux ans, fort infirme et fort goutteuse, usais un an entier de la suivante recepte, laquelle j'obtins d'un hermitte que je n'ay jamais veu ny pu voir : depuis elle me fit tant de bien qu'en mesme temps, je fus guérie et recouvray mes forces, en sorte qu'elles paroissent seines à un chascun ; le roy de Pologne me voulut espouser, ce que j'ai refusé pour l'amour de Jésus-Christ et de l'Ange duquel je crois que j'obtins ladite recepte. »

Ce témoignage fut à l'origine de la vogue extraordinaire dont fut l'objet, au XVIIe siècle, l'alcoolat de romarin sous le nom d'« Eau de la reine de Hongrie ». Il a bien existé en effet au XIVe siècle une reine de Hongrie nommée d’ailleurs non Ysabelle, mais Elisabeth. Née en 1300, elle était fille de Ladislas, roi de Pologne, et avait épousé Charles Robert d'Anjou, arrière-petit-fils du frère de Saint Louis, et roi de Hongrie ; cette reine Elisabeth mourut en 1380 précisément au château de Bude, où fut retrouvée cette déclaration. Celle-ci n'en demeure pas moins quelque peu suspecte, sa publication venant à point nommée pour assurer le lancement de ce remède vraiment miraculeux. Et pourtant, c'est bien au XIVe siècle que le célèbre alchimiste et mystique catalan Ramon Lull distilla pour la première fois l'essence de romarin.

Quoi qu'il en soit, c'est seulement au XVIIe siècle que l’Eau de la reine de Hongrie connut une gloire sans partage en tant qu'eau de toilette conservant merveilleusement et la fraîcheur du teint et la douceur de la peau. Si elle cessa de faire des miracles, au moins, absorbée das une infusion ou, extérieurement, en massage, soulagea-t-elle les rhumatisants - à commencer par Louis XIV lui-même - et était-elle souveraine contre toutes sortes de troubles d'origine nerveuse. Bien des grandes dames ne se séparaient jamais de leur flacon d'Eau de la reine de Hongrie, telle Madame de Sévigné qui écrit à sa fille, Madame de Grignan : « Elle est divine ; je vous en remercie encore ; je m'en enivre tous les jours ; j'en ai dans ma poche. C'est une folie comme le tabac ; quand on s'y est accoutumée, on ne peut plus s'en passer... C'est le soulagement de tous les chagrins. » En somme, l'Eau de la reine de Hongrie combattait les « vapeurs » comme plus tard, au XIXe siècle, l'eau de fleur d'oranger.

Pendant longtemps, on ignora la composition de cette merveilleuse liqueur. Elle ne fut révélée que par l'analyse qu'en fit, au XVIIIe siècle, le père Rousseau, capucin et médecin du roi. On sut alors qu'elle tenait l'essentiel de ses pouvoirs des fleurs du romarin distillées et fermentées avec du miel.

Le romarin et ses vertus étaient connus de très longue date. Les Grecs déjà le tenaient en très haute estime. Pour les Romains, qui l'appelaient « rosée marine », nom qu'il a conservé non seulement en français, mais en allemand et en anglais, le romarin assurait aux morts un séjour paisible dans l'au-delà ; on le déposait donc sur les tombes et l'on en brûlait des rameaux en guise d'encens. AU Moyen Âge, le romarin était planté dans tous les jardins et surtout ceux des couvents où l'on cultivait les simples ; aussi prit-on soin de le relier à la mythologie chrétienne. La Vierge Marie, se reposant à côté d'un buisson de romarin, lors de la fuite en Égypte, y aurait étendu les langes de l'Enfant Jésus ; depuis lors, les fleurs de cet arbrisseau ont la couleur du ciel et s'épanouissent le jour de la Passion ; de plus, le romarin ne dépasse jamais la taille qu'eut, au cours de son existence humaine, Jésus-Christ.

Si, de toutes ces données apparemment fort hétéroclites, on tente de tirer une synthèse, on voit immédiatement se dégager une ligne qui relie le culte des morts à l'espoir de rajeunissement, sinon à la promesse de la résurrection. Mais en quoi ce bel arbrisseau buissonnant aux minces feuilles coriaces, vert foncé et brillantes dessus, couvertes d'un feutrage blanc au revers - qui, à l'état sauvage, se rencontre surtout dans le maquis et les garrigues des bords de la Méditerranée -, est-il en mesure de justifier une aussi ancienne réputation ?

Pour la phytothérapie moderne, le romarin est un excellent stimulant, un cardiotonique, en même temps qu'un antispasmodique ; il accroît la sécrétion biliaire et la purifie ; on l'emploie aussi en pommade comme cicatrisant et comme antiseptique, et aussi pour combattre les rhumatismes articulaire. C'est enfin un puissant emménagogue. L'action du romarin est donc principalement purificatrice, ce qui explique, du moins en partie, les pouvoirs qu'on lui prête. Mais ici, comme il arrive bien souvent, la plante a subi un processus de désacralisation. Réservée au culte chez les Anciens, elle est devenue officinale au Moyen Âge, puis est tombée au rang de plante condimentaire, utilisée surtout dans la cuisine provençale et italienne, et principalement avec la viande de mouton qu'elle aromatise agréablement.

Mais cette injuste déchéance ne pouvait être elle-même que toute provisoire, puisque, après tout, les légendes concernant les plantes n'étaient qu'une manière d'en souligner les vertus. Nous pourrions dire aujourd'hui qu'elles étaient destinées à engendrer un conditionnement psychique préalable qui rendait plus efficaces encore leurs très réelles propriétés.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Romarin (Rosmarinus officinalis) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Soleil

Élément : Feu

Pouvoirs : Protection ; Guérison ; Santé ; Sommeil ; Purification.


Utilisation magique : On peut substituer le Romarin à l'oliban dans toutes les recettes où entre l'encens mâle ; cette herbe aromatique, commune dans le midi de la France et facile à se procurer, émet en effet en brûlant des ondes purificatrices de très haute puissance. Les Anciens le savaient, qui en faisaient grand usage. Lorsqu'on l'utilise dans ce but, il ne faut pas seulement réduire en poudre les feuilles séchées et les sommités fleuries, mais aussi le bois en y mêlant une faible proportion de racines. C'est avec la myrrhe l'un des plus anciens aromates à brûler.

Placées sous l'oreiller, ou mieux encore mélangées au duvet qui bourre cet oreiller, quelques sommités fleuries assurent un bon sommeil paisible, réparateur, exempt de cauchemars.

Portée sur soi, une tige de Romarin aide à rester en bonne santé. Un bain au Romarin est purificateur.

Cet aromate a longtemps été utilisé dans les charmes destinés à provoquer l'affection, l'amour. Les recettes sont innombrables : huiles parfumées, cosmétiques, onguents, amulettes, parfums à brûler, etc. Les habitants des pays méditerranéens en faisaient grand usage sous la Renaissance et durant une bonne partie du XVII e siècle.

En Sicile, on en bourrait les poupées destinées aux vœux de guérison. Avant de pratiquer le rituel, un guérisseur se lavait toujours les mains avec une infusion de Romarin et de baies de genièvre ; les résidus, tiges, fleurs, feuilles et baies qui avaient servi pour cette infusion étaient ensuite brûlés dans la chambre du malade pendant que la famille récitait des prières.

Les déprimés, les angoissés devraient porter des vêtements de lin imprégnés de l'odeur de cette herbe.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Les Romains tressaient des couronnes de romarin et les déposaient sur les tombeaux, parce que cette herbe, considérée comme sacrée, dont l'arôme devait conserver les corps, et le feuillage persistant garantir l'immortalité, procurait aux morts la paix éternelle. De plus, les Romains ornaient de romarin les dieux lares et s'en ceignaient le front à l'occasion des mariages ou des autres fêtes. Ils en brûlaient, au lieu d'encens, dans les cérémonies religieuses et funéraires, en raison de son odeur persistante rappelant, selon les Grecs, la fonction de Libanus, jeune prêtre assassiné et métamorphosé en romarin. C'est Horace qui rendit le plus bel hommage à cet plante dont il disait : « Si tu veux gagner l'estime des dieux, porte-leur des couronnes de romarin. »

Adoré des païens, le romarin ne fut pas pour autant dédaigné par le christianisme : pendant la fuite en Égypte, la Vierge Marie s reposa au pied d'un buisson de romarin et y étendit les langes de Jésus. Depuis, dit la légende, « ses fleurs ont la couleur du ciel et apparaissent le jour de la Passion ».

Sous de tels auspices, le romarin ne peut que posséder des pouvoirs de protection particulièrement puissants. Non seulement il est prisé pour ses propriétés médicinales (contre les migraines, les hémorroïdes, l'épilepsie, la calvitie) mais il est aussi réputé pour rendre joyeux et inciter à l'amour et à la passion celui qui a sur lui quelques-unes de ses branches. Porté à la boutonnière, il attire le succès et renforce la mémoire selon les Anglais du Nord ; cette vertu fut célébrée par Shakespeare dans Hamlet, quand il fait dire à Ophélie : « Voici du romarin, c'est pour le souvenir » (acte IV, scène 5). Dans une maison, le romarin porte chance à ses habitants et en éloigne le mauvais sort ; sous un oreiller, il procure un sommeil paisible. On dit aussi qu'un peu de romarin dans un baril de bière protège de l'ivresse et qu'un peigne taillé dans son bois favorise la poussée des cheveux. Au XVe siècle, une vigne ou un champ devenait très fertile aussitôt qu'un romarin y était planté.

Le romarin acquit surtout sa célébrité parce qu'il entrait dans la composition de l'« eau de la reine de Hongrie », décoction qui doit son nom aux effets prodigieux qu'il eut sur cette souveraine : « Moi Donna Isabella, Reine de Hongrie, âgée de soixante et douze ans, infirme des membres et gouteuse, ai usé un an entier de la présente Recette, laquelle me donne un Hermite que je n'avais jamais vu, et n'ai su voir depuis, qui fit tant d'effet sur moi, qu'à même temps je guéris et recouvrai les forces en sorte que paraissant belle à un chacun, le Roi de Pologne me voulut épouser ; ce que je refusai pour l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, croyant que cette Recette m'avait été donnée par un Ange. » A l'époque où la reine recourut à ce philtre - vers la fin du XIVe siècle -, on le composait en mettant dans un récipient hermétique près d'un litre d'« esprit de vin distillé quatre fois (alcool modifié) » et quelque six cents grammes de fleurs de romarin, puis au bout de cinquante heures, en distillant le tout « dans un alambic au bain-marie ». L'eau magique était passée sur le visage, sur les membres douloureux tous les matins et avalée dans une boisson ou un aliment une fois par semaine. L'eau de Hongrie dont Mme de Sévigné disait : « Je m'en enivre tous les jours, j'en ai toujours dans ma poche, je la trouve excellente contre la tristesse », connut diverses variantes simplifiée au cours des siècles. On peut en effet se contenter de faire macérer dans de l'alcool les fleurs de romarin, et après une exposition au soleil d'un mois au moins les passer au travers d'un linge. Albert le Grand, dans sa recette qu'il considérait comme « la véritable qui fut donnée à Isabelle, reine de Hongrie », ajoutait au romarin du pouliot, de la marjolaine et de la lavande et préconisait une macération de quatorze heures dans du fumier. Avec lui, la liste des vertus de cette infusion s'allongea : « Ce remède renouvelle les forces, rend l'esprit net, dissipe les sérosités, conforte la vue et la conserve jusqu'à la vieillesse décrépite, fait paraître jeune la personne qui en use. Elle est admirable pour l'estomac et la poitrine en s'en frottant dessus ».

Le pied de romarin que l'on plante dans son jardin ne doit pas avoir été acheté (sinon il porterait malheur) mais avoir été offert par un ami. Pour qu'une bouture réussisse, il faut, dès qu'on l'a en main, la mettre directement en terre sans pénétrer dans quelque endroit que ce soit. Enfin, selon une croyance anglaise, le romarin ne prolifère que dans un jardin où une femme « porte la culotte ».

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Romarin (Rosemarinus officinalis) : "Il s'agit d'une plante vivace, originaire de la Méditerranée, mais que l'on trouve maintenant un peu partout.


Propriétés médicinales : L'action stimulante du romarin facilite les fonctions du foie, la production de la bile et favorise la digestion. On peut se servir d'une infusion pour hausser la pression artérielle et améliorer la circulation sanguine.

Par contre, il faut faire attention car c'est un poison violent si on en consomme trop - il est préférable de se contenter d'en mettre un peu dans ses plats cuisinés. Utilisée en application externe, l'huile de romarin peut soulager les douleurs rhumatismales.


Genre : Masculin.


Déités : Apollon ; Freyja ; Vénus.


Propriétés magiques : Amour ; Exorcisme ; Mémoire ; Protection ; Purification.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Les feuilles de cette herbe dont un excellent purificateur lorsqu'on les brûle sur un charbon de bois, car elles chassent les énergies négatives.

  • On peut en planter autour de la maison pour protéger celle-ci des voleurs.

  • Se laver les mains avec une infusion de romarin attire l'amour.

CHARME POUR AMÉLIORER LA MÉMOIRE

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle jaune

  • de l'encens de cèdre

  • du romarin frais

  • trois bandes de tissu blanc (coton ou soie) d'environ 46 centimètres chacune

  • une aiguille, du fil blanc

Rituel :

Allumez la chandelle, faîtes brûler l'encens, puis placez le romarin sur chacune des bandes de tissu et refermez-les soigneusement en les cousant de fil blanc. Une fois cela fait, fermez les extrémités des bandes afin que le romarin ne puisse s'échapper. Tressez les trois bandes de tissu pour en faire un collier. Portez-le lorsque vous effectuez des tâches qui exigent de la mémoire."

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Selon Claire Tiberghien, auteure de Équilibre et méditation par les plantes, 30 plantes à découvrir (Éditions Jouvence, 2016), le romarin présente un intérêt certain dans de nombreux domaines :


Élément : Feu.

De son nom latin Rosmarinus officinalis, le romarin fait partie de la famille des Lamiacées. Il est plein de vigueur. Le romarin est employé contre les troubles digestifs, et les lourdeurs d'estomac. Il stimule l'appétit, facilite la digestion, calme les douleurs spasmodiques tout en protégeant le foie. Il est également anti-inflammatoire, anti-infectieux et diurétique. Le romarin améliore la concentration et la mémoire. Il est efficace pour les personnes surmenées ou fatiguées.


Sur le plan psychique : Le romarin purifie le corps et élimine de l'esprit les pensées inutiles. Favorisant l'intégration cérébrale et la concentration, il renforce les capacités d'apprentissage. Il nourrit la motivation ainsi que la joie au travail et aux performances. Il aide à voir le monde à travers la perspective du cœur, tout en fortifiant la conscience et la valeur de soi. Grâce au romarin, on vit mieux son propre rythme. Cette plante du moment présent et de l'amour apporte la joie de vivre et ce qui en résulte : l'enthousiasme et le succès.


Grâce au romarin, je peux affirmer :

  • Je relève les défis avec élan et enthousiasme.

  • Je suis dans la joie du cœur, même dans les temps difficiles.

  • Je reconnais mes limites et je les respecte.

  • Je suis porté par la légèreté de l'insouciance.

  • J'aime le jeu de la vie.

  • Je vis et j'aime l'instant présent.

  • Je suis capable de voir la lumière en toute chose.

  • Je respecte ma propre force.

La méditation du Romarin : C'est une chaude soirée d'été. La torpeur de la journée s'est allégée et le souffle tiède de la brise vous caresse le visage. Le sol sablonneux est encore chaud. Vous vous allongez sur un carré d'herbes sèches et douces. Une senteur puissante, aromatique, vous a attiré dans cet endroit. Le romarin. Plein de vigueur, libre.

Portez votre attention sur votre respiration. Lentement, elle devient de plus en plus profonde, stimulée par le parfum du romarin. La lassitude de la journée s'estompe. Une sorte de nostalgie vous envahit et le souvenir d'anciennes douleurs se manifeste. Respirez la puissance du romarin. Elle dissipe la souffrance.

Dans la nuit étoilée, vous ressentez comme un soleil qui réchauffe votre cœur et vous redonne la joie de vivre. La force de vivre votre vie. Lâchez ces reproches que vous vous faites. Ressentez de la compréhension pour vous-même et pour votre comportement. Acceptez-vous entièrement, tel que vous êtes, ici et maintenant.

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Fabrice Fenouillère, dans Des Plantes et des hommes (Éditions Galéa, 2017) consacre un article au Romarin :


Agitateur de neurones : Entrons de plain-pied, si vous le voulez bien, dans l’intimité de Rosmarinus, littéralement « la rosée de la mer », comprenez « celui qui vit au bord de l’eau » par allusion à son omniprésence sur le littoral méditerranéen.


Et si chacun sait qu'il est capable de parfumer viandes te poissons comme nul autre, cette « main de Dieu », comme on l'a surnommé, ne nous veut surtout que du bien, en terme de santé. Sa tisane, par exemple, est bonne pour purifier le sang, apaiser le foie, prévenir les troubles cardiaques, faire s'envoler les tensions ou les maux de tête. Plongés dans un bain, quelques gouttes de son huile essentielle savent aussi soulager efficacement les rhumatismes.

Mais ce qui est surtout particulièrement interpellant, c’est le pouvoir du romarin sur nos facultés intellectuelles ! Ce que semblaient déjà avoir compris les Grecs aux temps antiques, avec ces philosophes et étudiants en plein examen, qui à l’ombre du Parthénon, portaient des couronnes de romarin afin de stimuler leurs neurones.

Plus généralement, à l’appui de vieilles coutumes méditerranéennes, on peut affirmer que cette plante est celle de la mémoire : présente lors des commémorations de guerre, parfois encore portée à la boutonnière par des personnes en deuil, brûlée sous forme d’encens pour se signaler aux ancêtres ou jetée dans les tombes lors de funérailles. Ce qui est séduisant c’est de constater que la science vient de crédibiliser ces particularismes millénaires ! Effectivement, sentir du romarin améliorerait considérablement nos performances cognitives et la qualité globale de notre mémoire grâce à des composés volatiles ayant la capacité de s’infiltrer dans notre circulation sanguine par l’intermédiaire de notre muqueuse nasale et d’aller directement chatouiller les récepteurs de notre cerveau...

Avis donc aux étudiants en période d’examen : prenez une branche de romarin dans votre poche et respirez-la à plein poumon. En cas de baisse de régime cérébral, elle vous rendra aussitôt les idées claires. Quant à ceux qui ne seraient plus, depuis bien longtemps, sur les bancs de l’école, soyez rassurés, le romarin recèle un autre secret à votre attention : celui de la jeunesse éternelle !

Bourré d’antioxydants, on sait en effet qu’il y a quatre siècles, une eau de jouvence f