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  • Anne

Le Romarin




Étymologie :

  • ROMARIN, subst. masc.

Étymol. et Hist. xiiie s. ros-marin (Livre des simples medecines, éd. P. Dorveaux, p. 172, n°1007) ; id. rosmarin (L'Aviculaire des oiseaux de proie, ms. Lyon 697, f°218c ds Gdf. Compl.) ; ca 1393 rommarin (Ménagier de Paris, II, 2, éd. G. Brereton et J. Ferrier, p. 124). Empr. au lat. rosmarinus (v. André Bot.) propr. « rosée de mer ».


Lire également la définition du nom romarin pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Les Romains tressaient des couronnes de romarin et les déposaient sur les tombeaux, parce que cette herbe, considérée comme sacrée, dont l'arôme devait conserver les corps, et le feuillage persistant garantir l'immortalité, procurait aux morts la paix éternelle. De plus, les Romains ornaient de romarin les dieux lares et s'en ceignaient le front à l'occasion des mariages ou des autres fêtes. Ils en brûlaient, au lieu d'encens, dans les cérémonies religieuses et funéraires, en raison de son odeur persistante rappelant, selon les Grecs, la fonction de Libanus, jeune prêtre assassiné et métamorphosé en romarin. C'est Horace qui rendit le plus bel hommage à cet plante dont il disait : « Si tu veux gagner l'estime des dieux, porte-leur des couronnes de romarin. »

Adoré des païens, le romarin ne fut pas pour autant dédaigné par le christianisme : pendant la fuite en Égypte, la Vierge Marie s reposa au pied d'un buisson de romarin et y étendit les langes de Jésus. Depuis, dit la légende, « ses fleurs ont la couleur du ciel et apparaissent le jour de la Passion ».

Sous de tels auspices, le romarin ne peut que posséder des pouvoirs de protection particulièrement puissants. Non seulement il est prisé pour ses propriétés médicinales (contre les migraines, les hémorroïdes, l'épilepsie, la calvitie) mais il est aussi réputé pour rendre joyeux et inciter à l'amour et à la passion celui qui a sur lui quelques-unes de ses branches. Porté à la boutonnière, il attire le succès et renforce la mémoire selon les Anglais du Nord ; cette vertu fut célébrée par Shakespeare dans Hamlet, quand il fait dire à Ophélie : « Voici du romarin, c'est pour le souvenir » (acte IV, scène 5). Dans une maison, le romarin porte chance à ses habitants et en éloigne le mauvais sort ; sous un oreiller, il procure un sommeil paisible. On dit aussi qu'un peu de romarin dans un baril de bière protège de l'ivresse et qu'un peigne taillé dans son bois favorise la poussée des cheveux. Au XVe siècle, une vigne ou un champ devenait très fertile aussitôt qu'un romarin y était planté.

Le romarin acquit surtout sa célébrité parce qu'il entrait dans la composition de l' « eau de la reine de Hongrie », décoction qui doit son nom aux effets prodigieux qu'il eut sur cette souveraine : « Moi Donna Isabella, Reine de Hongrie, âgée de soixante et douze ans, infirme des membres et gouteuse, ai usé un an entier de la présente Recette, laquelle me donne un Hermite que je n'avais jamais vu, et n'ai su voir depuis, qui fit tant d'effet sur moi, qu'à même temps je guéris et recouvrai les forces en sorte que paraissant belle à un chacun, le Roi de Pologne me voulut épouser ; ce que je refusai pour l'amour de Notre Seigneur Jésus-Christ, croyant que cette Recette m'avait été donnée par un Ange. » A l'époque où la reine recourut à ce philtre - vers la fin du XIVe siècle -, on le composait en mettant dans un récipient hermétique près d'un litre d' « esprit de vin distillé quatre fois (alcool modifié) » et quelque six cents grammes de fleurs de romarin, puis au bout de cinquante heures, en distillant le tout « dans un alambic au bain-marie ». L'eau magique était passée sur le visage, sur les membres douloureux tous les matins et avalée dans une boisson ou un aliment une fois par semaine. L'eau de Hongrie dont Mme de Sévigné disait : « Je m'en enivre tous les jours, j'en ai toujours dans ma poche, je la trouve excellente contre la tristesse », connut diverses variantes simplifiée au cours des siècles. On peut en effet se contenter de faire macérer dans de l'alcool les fleurs de romarin, et après une exposition au soleil d'un mois au moins les passer au travers d'un linge. Albert le Grand, dans sa recette qu'il considérait comme « la véritable qui fut donnée à Isabelle, reine de Hongrie », ajoutait au romarin du pouliot, de la marjolaine et de la lavande et préconisait une macération de quatorze heures dans du fumier. Avec lui, la liste des vertus de cette infusion s'allongea : « Ce remède renouvelle les forces, rend l'esprit net, dissipe les sérosités, conforte la vue et la conserve jusqu'à la vieillesse décrépite, fait paraître jeune la personne qui en use. Elle est admirable pour l'estomac et la poitrine en s'en frottant dessus ».

Le pied de romarin que l'on plante dans son jardin ne doit pas avoir été acheté (sinon il porterait malheur) mais avoir été offert par un ami. Pour qu'une bouture réussisse, il faut, dès qu'on l'a en main, la mettre directement en terre sans pénétrer dans quelque endroit que ce soit. Enfin, selon une croyance anglaise, le romarin ne prolifère que dans un jardin où une femme « porte la culotte ».

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Romarin (Rosemarinus officinalis) :


"Il s'agit d'une plante vivace, originaire de la Méditerranée, mais que l'on trouve maintenant un peu partout.


Propriétés médicinales : L'action stimulante du romarin facilite les fonctions du foie, la production de la bile et favorise la digestion. On peut se servir d'une infusion pour hausser la pression artérielle et améliorer la circulation sanguine.

Par contre, il faut faire attention car c'est un poison violent si on en consomme trop - il est préférable de se contenter d'en mettre un peu dans ses plats cuisinés. Utilisée en application externe, l'huile de romarin peut soulager les douleurs rhumatismales.


Genre : Masculin.


Déités : Apollon ; Freyja ; Vénus.


Propriétés magiques : Amour ; Exorcisme ; Mémoire ; Protection ; Purification.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Les feuilles de cette herbe dont un excellent purificateur lorsqu'on les brûle sur un charbon de bois, car elles chassent les énergies négatives.

  • On peut en planter autour de la maison pour protéger celle-ci des voleurs.

  • Se laver les mains avec une infusion de romarin attire l'amour.

CHARME POUR AMÉLIORER LA MÉMOIRE


Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle jaune

  • de l'encens de cèdre

  • du romarin frais

  • trois bandes de tissu blanc (coton ou soie) d'environ 46 centimètres chacune

  • une aiguille, du fil blanc

Rituel :

Allumez la chandelle, faîtes brûler l'encens, puis placez le romarin sur chacune des bandes de tissu et refermez-les soigneusement en les cousant de fil blanc. Une fois cela fait, fermez les extrémités des bandes afin que le romarin ne puisse s'échapper. Tressez les trois bandes de tissu pour en faire un collier. Portez-le lorsque vous effectuez des tâches qui exigent de la mémoire."

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Contes et légendes :

Le brin de romarin

(conte traditionnel italien)


"Il était une fois une jeune fille très pauvre qui vivait il y a bien longtemps en Espagne. Un jour, elle alla ramasser du bois dans la forêt, comme elle le faisait d’habitude. Par hasard, elle cueillit un petit brin de romarin et, au même moment, un beau prince charmant apparut sous ses yeux étonnés. Le prince fut tellement touché par la beauté de la jeune fille qu’il ne voulut plus la quitter. Il la prit par la main et l’entraîna dans son palais qui s’élevait dans une vallée, de l’autre côté de la forêt. Là, il l’épousa. Elle était désormais la maîtresse des lieux, mais il la mit en garde : elle était libre d’aller où elle voulait dans le palais à condition qu’elle lui promette de ne jamais ouvrir une certaine petite porte. Elle promit et ne posa pas de question, comme il le lui demandait. Ils vécurent ainsi, heureux et insouciants, pendant quelque temps. Cependant, plus le temps passait, plus la pauvre jeune femme était dévorée de curiosité chaque fois qu’elle passait devant la porte interdite. Un matin, alors que le prince était parti à la chasse, n’y tenant plus, elle courut ouvrir la porte. Mais, à peine eût-elle tourné la clé dans la serrure que tout se mit à trembler et gronder autour d’elle. Les murs s’effondrèrent, les valets et les laquais tombèrent en poussière et ce qu’il restait du palais s’envola en fumée. Elle se retrouva seule dans la forêt et versa des larmes amères sur la perte de son cher époux. Elle décida de partir à travers le monde pour le retrouver. Elle visita de sombres cachots et d’effrayants châteaux hantés. Elle interrogea des magiciens, des rois, des mendiants et des géants, mais ses efforts furent vains. Alors, elle escalada la plus haute montagne, et demanda au soleil, dont les rayons brillent en tous lieux, s’il avait vu son prince. Non, il ne l’avait pas vu. Puis un oiseau la porta jusqu’à la lune qui connaît tous les secrets de la nuit, mais elle non plus ne l’avait pas vu. Enfin, elle courut jusqu’au vent qui vole et se glisse partout, et lui posa la même question. Le vent, en soufflant doucement autour d’elle, lui répondait : - Oui, j’ai vu le prince, votre époux. Il est prisonnier d’un roi cruel et doit épouser sa fille, qui est très laide, aujourd’hui même. Il a été ensorcelé et n’a plus aucun souvenir de son amour pour vous. Le vent enveloppa alors la jeune femme dans son manteau aérien et la transporta dans le pays où son prince était emprisonné. Elle se retrouva dans le jardin du château. En souvenir de son amour, elle cueillit un brin de romarin et le serra contre son cœur. Le prince, qui allait rendre visite à sa fiancée, passa tout près d’elle. Elle l’effleura avec le brin de romarin et aussitôt l’enchantement prit fin. Il reconnut la jeune femme. Il la prit dans ses bras et l’assura qu’il l’aimait et ne la quitterait plus jamais. Ensemble, ils quittèrent le château du roi cruel et retrouvèrent leur palais où ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours."

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