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  • Marie-Claire

Le Bouleau, l'arbre des chamans



Étymologie :

  • BOULEAU, subst. masc.

Étymol. ET HIST. − 1516 (Ordonn. des rois de Fr., 172 ro [1547] Delb. dans Quem.) ; 1518, janv. bouilliau (Edit de Fr. Ier sur la conserv. des forêts dans Gdf. Compl.) ; av. 1619 bouleau (O. de Serres, 800, ibid.). Dér. de l'a. fr. boul, bououl « id. » (1215, Arch. K 28, pièce 3 dans Gdf.) utilisé encore dans quelques dial. (FEW t. 1, p. 346a) ; suff. -eau* (cf. Nyrop t. 3, § 197, 2o), peut-être pour éviter une confusion avec boule* (REW3) ; l'a. fr. est issu d'un lat. vulg. *betullus pour le class. betulla « id. » d'orig. gaul. (voir IEW, p. 480 et Ern.-Meillet).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Nom latin : Betula pendula Roth

Nom allemand : Hängebirke, Weissbirke

Nom anglais : Common Birch, Silver

Nom italien : Betulla comune


Autres noms : Bouleau blanc, arbre de la sagesse ; Biole, béoule, bou, béou, boule, boulard, boulin, biôle, biolle, bioule, bouillard, betou, petou, bouliot (petit bouleau) et boulinée (rejet de bouleau).

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Toponymie :


- Betullus, gaulois ; Bislée (55054) ; Bolay ; Bôle ; Boulais ; Boulay (53038) ; Boulay (88067) ; Boulay-Moselle (57097) ; Bouleyres ; Boulez ; Boulier ; Bulle (25100) ; Bulles (60115) ; Bully ? (69) ; En Boulez ; Es Biozau ; La Boulaz ; La Boulaye (71046) ; , Le Boulay (37030) ; Le Boulay-Morin (27099) ; Le Boullay-Mivoye (28054) ; Le Boyllay-Thierry (28055) ; Le Boullay-les-Deux-Eglises (28053) ; Le Boule ; Les Boules ; Les Buloz, Verrens-Arvey (73312).


- Biola, patois ; Biol (38044) ; Biolat ; Biolay ; Biolayre ; Biole ; Biolec ; Biolet ; Biolettes ; Bioley ; Biolla ; Biollaire ; Biollay ; Biollaz ; Biolle ; Biollet (63041) ; Biollex ; Biolley ; Biolleyre ; Biolyre ; Biou ; Bioulaz ; Bioule (82018) ; Bioux ; La Biole ; La Biolée ; La Biolle (73043) ; Le Biolet ; Le Crêt Biolley ; Les Biolettes ; Les Bioley-de-Brignon ; Les Biollaires ; Les Biollay ; Les Biolles ; Les Bioux .


- Bès, gaulois ; Bessais-le Fromental (18029) ; Bessamorel (43028) ; Bessan (34031) ; Bessans (73040) ; Bessay (85023) ; Bessay-sur-Allier (03025) ; Besse (24039) ; Besse (15269) ; Besse (38040) ; Besse (63038) ; Besse (83018) ; Besse-en-Chandesse (63038) ; Bessède ; Bessède-de-Sault (11038) ; Besset (09052) ; Bessette ; Bessey (42018) ; Bessey-en-Chaume (21065) ; Bessey-la-Cour (21066) ; Bessey-lès-Cîteaux (21067) ; Bessière ; Bessières (31066) Bessières (31109) ; Bessins (38041) ; Bessines (79034) ; Bessines-sur-Gartempe (87014) ; Embesse ; La Besseyre-Saint-Mary (43029) ; La Besse ; La Bessée ; La Petite Bessais ; Labécède-Lauragais (11181) ; Labessette (63183) ; Labesserette (15084) ; Labessière-Candeil (81117) ; Le Bès ; Le Bessat (42017) ; Le Bez (81031) ; Tortebesse (63433).


- Birko, germanique ; Berc (48024) ; Bercenay-en-Othe (10037) ; Bercenay-Le Hayer (10038) ; Berche (25054) ; Berchères-Saint-Germain (28034) ; Berck-sur-mer ; Birch ; Birchgrove ; Birk ; Birkholz...

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Botanique :


Selon Philippe Domont et Édith Montelle, auteurs de Histoires d'arbres : des sciences aux contes (Éditions Delachaux et Niestlé 2003, réédition 2014) :

"Le Bouleau, l'arbre de la purification"


Son nom français, le bouleau verruqueux le doit aux verrues résineuses incrustées sur ses rameaux. Son nom latin, Betula pendula, évoque les fines branches qui pendent si délicatement dans les villes et les jardins. De nos jours, le bouleau profite doublement de la présence humaine : non seulement, il s'est fait adopter pour sa beauté dans les zones construites mais il sait aussi exploiter les revers de la civilisation : c'est un "profiteur" de l'exode rural.

Arbre pionnier, il est l'un des premiers végétaux ligneux à annoncer le retour de la forêt en s'avançant dans les paysages ruraux abandonnés par l'agriculture. Les propriétés remarquables de son bois pourraient même lui valoir un rôle plus important dans l'aménagement des forêts : bien gérés, les peuplements de bouleaux sont très accueillants, favorables à la diversité des espèces et produisent un bois de haute qualité.

Symbole de la purification printanière, du renouveau de la nature, le bouleau est l'arbre de la connaissance des Finno-Ougriens et des chamans sibériens qui tirent une boisson fermentée de sa sève qu'ils nomment eau ou sang.

Un coucou est perché sur sa plus haute branche et prédit l'avenir.

Son écorce blanche, support imputrescible d'écriture, a de tout temps frappé l'imagination des hommes dans les pays nordiques où il illumine la nuit boréale et les sombres forêts d'épicéas

Protecteur des jeunes filles et garant des mariages, il procure espérance dans l'avenir.

Ses verges souples et solides ont fait entrer la sagesse dans bien des cerveaux rétifs ; réunies en faisceaux, elles représentent la force de ceux qui sont solidaires ; attachées en balais, elles chassent les maladies et la vieille année, préparant la route à l'année nouvelle et au retour du jour.


Bel arbre à voir et à observer. Le port gracieux du bouleau verruqueux, allié à la blancheur de son écorce, en fait l'un des favoris des parcs, des allées et des jardins privés. A l'automne, les feuilles sont d'un magnifique roux doré, capable en montagne de concurrencer les flamboyants mélèzes. Lorsqu'il croît en solitaire, le bouleau laisse pendre ses rameaux comme un saule pleureur. Mais lorsqu'il est entouré de concurrents qui commencent à lui faire de l'ombre, il semble se ressaisir et prend un plan plus horizontal, afin de mieux capter la lumière.

Les bouleaux sont des plantes monoïques, qui portent les deux sexes sur le même pied. Les chatons femelles, petits et verts, sont d'abord dressés, au début du printemps, alors que les longs chatons mâles pendent, bourrés de pollen. Une fois la fécondation réalisée avec l'aide du vent, les chatons femelles s'alourdissent en cônes allongés, changent de direction et de couleur et pendent à leur tour, bruns, remplis d'innombrables petites graines ailées. Les anciens chatons mâles sèchent et disparaissent. Seul point sombre au tableau, le pollen du bouleau crée de fortes allergies chez les personnes prédisposées.

L'écorce des jeunes bouleaux est encore beige cuivrée. Elle devient blanche par la suite et se détache en lanières horizontales. Avec l'âge, l'écorce se fissure et noircit à partir du pied de l'arbre. L'espèce se reconnaît donc de fort loin. Mais on peut parfois la confondre avec le bouleau pubescent (Betula pubescens), espèce qui fréquente surtout le bord des étangs et des rivières, les tourbières, les landes tourbeuses et le grand Nord. Pour les distinguer, il suffit d'observer les jeunes rameaux. Les feuilles et les bourgeons du bouleau pubescent sont poilus et ne présentent pas de verrues résineuses. De plus, les branches ne pendent pas, même s'il pousse solitaire. Par ailleurs, l'écorce du bouleau pubescent est d'un blanc moins pur, un peu jaunâtre ou rosé.


Rustique et pionnier. Rustique, extrêmement résistant au froid, le bouleau forme de grands peuplements à l'est et au nord de l'Europe. Il survit même au Groenland, sous forme arbustive. Il est également familier des montagnes où il grimpe jusqu'à la limite des forêts. Il s'accommode de tous les types de sols et il est répandu partout, sauf dans la fange méditerranéenne, où il n'apparaît qu'en altitude. En forêt, sous les climats tempérés, il se mélange par pieds isolés ou en bouquets aux autres arbres, mais il est vite étouffé si la lumière lui manque.

Comme les trembles, les saules et les aulnes, le bouleau est paré d'un caractère pionnier. Il est parmi les premiers à s'implanter sur les pâturages abandonnés, parmi les éboulis de rochers ou dans les lieux ravagés par un coup de vent ou un incendie. Précoce, il fructifie dès l'âge de dix ans. Ses innombrables graines ailées, dont dix mille pèsent un gramme, sont facilement emportées par le vent. Un individu adulte peut en produire un kilo, ce qui fait -malgré le faible taux de germination compris entre 10 et 20 %- plus d'un million de bouleaux potentiels emportés chaque année dans les airs. Par ailleurs, la reproduction s'opère aussi par drageons et par rejet de souche.

La forêt recule dans le monde et avance en Europe. La forêt recule à l'échelle planétaire, car les populations des pays en développement augmentent et avec elles notamment les besoins en terre cultivables. Les défrichements font reculer la forêt au rythme très rapide de 0,5 à 1 % par an dans les régions les plus touchées. Mais l'inverse se passe en Europe, surtout en montagne : la forêt avance. Depuis plusieurs décennies, à l'ouest comme à l'est, les surfaces agricoles diminuent, les villes s'étendent et la forêt progresse. A l'exode rural répond l'avancée silencieuse, mais immédiate des zones boisées. Cette dynamique n'a pas changé au cours des millénaires. Dès que l'homme part, la forêt nous rappelle que nous vivons tous dans des clairières.

Bouleau en tête, la forêt reprend la place des paysages ruraux traditionnels, défrichés autrefois par la hache et le feu et habités pendant des siècles. Cette reconquête, si elle se fait sans bruit, n'en est pas moins explosive. En Suisse, la surface forestière augmente de 4% tous les dix ans soit l'équivalent des forêts du canton de Zurich. L'augmentation est faible en plaine, mais elle atteint presque 1% par an en région de montagne. En France, l'ordre de grandeur est le même. Entre 1991 et 2000, la surface forestière s'est étendue de 68 000 ha par an. Sur quinze ans, cela représente en surface la forêt des Landes.


S'en va le paysan, s'en va le paysage. Pour se réapproprier les terrains autrefois défrichés par l'homme, villes et villages compris, la forêt n'a pas besoin d'aide. Elle dispose de troupes d'assaut spécialisées : on voit d'abord arriver les arbrisseaux et les arbustes, par exemple des ronces, des noisetiers ou des prunelliers. Puis surgissent bien vite aussi des arbres pionniers ou post pionniers comme les bouleaux, les saules ou les trembles, constamment à la recherche de terrain sans société d'arbres établie. Ils précèdent de quelques dizaines d'années - c'est très peu pour la nature qui a tout son temps - les arbres sédentaires, qui s'installent à leur tour pour beaucoup plus longtemps, notamment sous forme de hêtraies, de chênaies, de pessières ou de sapinières.

Le plus grand danger lié à ce phénomène est la perte de paysages richement structurés, comportant des lisières, des bosquets, des arbres dans les pâturages, une alternance de paysages cultivés et boisés. Les régions qui perdent leurs paysans perdent la diversité de leurs paysages. Sans faucheuses et sans charrue, tout devient forêt. Or il faut pouvoir sortir de la forêt pour aimer y entrer. Dans un paysage banalisé, ni l'habitant, ni le visiteur ne se sentent à l'aise et ils finissent par l'abandonner.

L'écorce support d'écriture. Sous son apparence fragile, l'écorce des bouleaux est d'une durabilité à toute épreuve, en raison des goudrons qu'elle contient. Il n'est pas rare que le bois de l'arbre soit pourri en grande partie, alors que l'écorce qui le recouvre est encore intacte, laissant subsister de l'arbre une silhouette trompeuse. Cette résistance à la pourriture a permis aux archéologues russes des découvertes historiques de première importance dans le sous-sol de Novgorod, ville située à 400 km à l'est de Moscou. Des centaines de documents intacts en écorce de bouleau furent en effet récupérées à partir de 1951 à plusieurs mètres de profondeur, dans des couches archéologiques allant du XI au XIVème siècle. Les textes, relatifs à l'histoire économique et sociale, au droit, à la diplomatie, à l'éducation, sont gravés au stylet sur la face intérieure de l'écorce. Écrits en vieux russe, ces textes ont grandement contribué à la connaissance de cette époque, y compris sous l'aspect linguistique. L'écorce de bouleau, grossièrement préparée, était un support d'écriture bon marché et utilisé entre autre par les grands propriétaires fonciers pour communiquer avec leurs intendants et paysans dispersées sur un immense territoire. On écrivait aussi à l'encre, sur des feuillets minces détachés de l'écorce, mais ces textes-là n'ont pu se conserver qu'au sec.

Le bouleau a ainsi joué dans les pays nordiques un rôle de support de communication à l'instar du palmier ou du papyrus dans les pays chauds ou de l'écorce d'havoha traditionnellement employée dans la fabrication du papier malgache. Betula pourrait venir du sanskrit bhurga, arbre dont l'écorce est utilisée comme support d'écriture.

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Usages et artisanat traditionnels :


Dans la tradition orale des peuples autochtones, le bouleau est une figure emblématique et mythique : selon une légende atikamekw, le bouleau a fait don de sa robe, son écorce, pour permettre aux humains de fabriquer tout ce dont ils ont besoin et pour qu'ils comprennent le lien qui les unit à leur environnement.


Objets en écorce de bouleau. L'écorce de bouleau blanc est utilisée pour la fabrication de canoës, de porte-bébés, de paniers, pour l'emballage des aliments qui se gardent plus longtemps au contact de l'écorce ; autrefois on s'en servait pour couvrir les habitations, pour l'écriture et le dessin. Le bois du bouleau sert à la fabrication de raquettes, de toboggans, de pagaies, de cadres pour les tambours, de manches de hache ou de couteaux, de bâtons et de cadres pour les tipis et les huttes de sudation. Feuilles, écorces, sève et bois sont utilisés en médecine traditionnelle.

Cette technique traditionnelle Atikamekw fait appel à un ensemble de savoirs écologiques collectifs et de savoir-faire liés au territoire ancestral.


Le mordillage de feuilles d'écorces. Cette pratique ancestrale consiste à réaliser des pochoirs sur feuilles d'écorces de bouleau, inspirant par la suite les différentes formes de décoration d'objets traditionnels. Depuis plusieurs siècles, les femmes des communautés des peuples autochtones se réunissent pour créer des œuvres d'art avec leurs dents.

Raclage de l'écorce pour obtenir des motifs. L'écorce de bouleau se compose de plusieurs couches, allant du blanc crème au brun foncé (partie interne appelée cambium, qui colle à l'arbre). L'écorce est d'abord mouillée et le motif dessiné, l'artisan gratte l'intérieur ou l'extérieur du motif à l'aide d'un couteau.

La fabrication de canoës. La fabrication de canoës d'écorce est une pratique très ancienne, présente bien avant l'arrivée des colons européens en terre d'Amérique et développée par les Amérindiens. Ces canoës étaient largement utilisés par les coureurs des bois sur les routes des fourrures. Aujourd'hui, les canoës d'écorce servent à l'exposition dans les musées ou ailleurs, plus rarement à des activités de loisirs et de sport. Des canoës en fibre de verre ou d'autres matériaux modernes très durables ont remplacé ces embarcations fragiles. La fabrication et l'entretien de canoës d'écorce selon les techniques traditionnelles sont des pratiques marginales mais qui permettent de perpétuer une tradition ancestrale et d'en faire un patrimoine.

Toitures et cordages, chaussures et tannages. Dans les régions froides, pauvres en espèces ligneuses, le bouleau a joué pendant des millénaires un rôle de premier plan, si bien qu'on a parlé de civilisations du bouleau. Les usages de l'écorce étaient multiples : toit de maisons, ceintures, paniers, nattes, cordes, boîtes. Certains de ces usages rappellent ceux de l'écorce de tilleul dans les pays tempérés. On rapporte aussi qu'au Kamtchatka et en Scandinavie, on mangeait autrefois l'écorce de bouleau mélangée à des œufs de poissons en cas de disette.

Comme il n'y a pas de chêne en Laponie, c'est l'écorce de bouleau, riche en tanins, qui servait à tanner les peaux. Elle donnait aussi par décoction une teinture brune pour la laine. Les pêcheurs imprégnaient de même leurs filets afin de les faire durer plus longtemps. L'huile distillée à partir de l'écorce sert à imprégner les cuirs et à donner son odeur caractéristique au cuir de Russie.

On introduisait des plaques d'écorce entre les semelles des souliers pour qu'ils tiennent plus chaud aux pieds et ne prennent pas l'humidité. On en faisait aussi des torches, dont la lumière était très vive en raison de la présence de goudrons.


Un bois sous-estimé. Le bois des bouleaux verruqueux et pubescents est esthétique, résistant et souple. Il pourrait être mis davantage en valeur aujourd'hui. De couleur blanche, ce beau bois ressemble à l'érable. Il se polit bien, se tourne, se déroule ; sa flamme est claire et sans fumée. D'anciennes utilisations illustrent bien son potentiel ; dans le Nord, on en faisait des manches d'outils, des skis, des meubles, des cercles de tonneaux, des allumettes et bien sûr du bois de chauffage. Lorsqu'il était assez dur, on en construisait même des roues de chars. Dans les pays tempérés, il était le plus communément utilisé pour fabriquer des sabots car son bois est léger.

Un renouveau de l'usage du bois de bouleau se dessine peut-être. Ce bois, peu durable à l'extérieur, est parfait pour la fabrication des panneaux de fibres et pour le déroulage de fines feuilles de placage haut de gamme. D'autre part, ses qualités le prédestinent aussi à l'ameublement et aux petites charpentes. Il faudrait cependant améliorer encore la régularité de l'approvisionnement du marché et la qualité des grumes.

Douloureux rameaux, mais douce sève. Avec les jeunes tiges, on faisait des cercles de tonneaux, avec les brindilles des balais, avec les feuilles fraîches ou sèches, du fourrage pour les troupeaux. Les infusions de feuilles, de bourgeons ou d'écorces permettaient de lutter contre les rhumatismes, la fièvre, l'hydropisie et la goutte et elles sont toujours en vente. Les rameaux du bouleau, souples et parsemés de verrues protubérantes, étaient aussi l'instrument de punitions sévères, à l'école et à la maison. D'où la remarque d'un botaniste au début du XIXème siècle, à propos du bouleau : "La verge qui tombe sur les épaules du criminel doit-elle servir également à punir les étourderies de la jeunesse ?" Il semble que cette utilisation a donné au bouleau son surnom "d'arbre de la sagesse".

La sève ascendante du bouleau servait à préparer un sirop qui remplaçait souvent le sucre. On perçait l'aubier, puis on introduisait une gouttière, d'où la sève s'écoulait dans un récipient. Lorsqu'on voulait ménager l'arbre (s'il n'était pas trop loin de la maison), on arrêtait la ponction après une semaine environ. Sinon, en pleine forêt, on abattait l'arbre et on recueillait la sève jusqu'à ce qu'elle s'arrête de couler. On buvait cette boisson au printemps et on la faisait fermenter. Les bière ou vin obtenus, d'autant plus agréables qu'ils étaient parfois enrichis de feuilles de cassis, d'écorce de citron ou d'orange, se conservaient alors jusqu'à l'été. "La sève du tronc du bouleau est, de toutes les substances végétales, celle qui fournit le meilleur moyen d'imiter le vin de Champagne qu'on falsifie à Londres et à Hambourg avec diverses baies" nous apprend le Dictionnaire d'agriculture de Rosier (1821). Il semble cependant que le bouleau n'a jamais menacé la suprématie de la véritable appellation contrôlée !


L'arbre aux balais. Le balai est instrument de culte dans la plupart des religions, où il est utilisé pour la purification symbolique du temple. En balayant, le prêtre chasse les mauvais esprits. Dans certaines régions de France, les jeunes balaient les rues avec des balais à la Saint Sylvestre pour chasser l'esprit de la vieille année.

Le bouleau était surnommé le sceptre du maître d'école, car c'est avec des verges de bouleau que les enseignants faisaient entrer la science dans les têtes rétives. Ils balayaient les mauvais diables qui empêchaient l'enfant d'étudier, faisant place nette pour la connaissance qu'ils désiraient lui inculquer. Les consuls romains étaient mis en place au début de l'année, accompagnés de douze licteurs portant les insignes du pouvoir exécutif : des faisceaux (ou balais) de branches de bouleau réunies par une courroie rouge, signe de leur sévérité et de leur incorruptibilité.

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Fabrication du brai de bouleau :

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Dans la société, une des fonctions essentielles du chaman est la guérison de la maladie, car celle-ci n'a jamais une cause naturelle, elle est provoquée "par l'introduction d'un principe nocif et par la perte de l'âme, et le chaman aura donc à assurer la double tâche d'extraire l'un et récupérer l'autre", ce qui nécessite le voyage dans l'autre monde auprès des dieux, pour demander leur appui, présenter les sacrifices ou les offrandes et obtenir la libération de l'âme, voyage ascensionnel que le chaman effectuera en jouant du tambour jusqu'à ce qu'il atteigne la transe, et en escaladant le bouleau. En qualité d'intermédiaire avec le surnaturel, il est aussi le garant du bon fonctionnement du groupe, il doit veiller à l'abondance du gibier et du poisson, ainsi qu'à l'accroissement du bétail. Sa raison d'être est toujours de venir "au secours de ceux qui souffrent de la maladie ou de la faim", et "c'est ainsi que toutes les légendes d'origine motivent l'apparition sur terre du premier chaman, né pour secourir une humanité qui, sans lui, serait submergée et impuissante. C'est parfois le grand dieu qui l'aurait créé dans cette intention et il a une origine semi-divine. Cependant, le chaman n'hésitera pas à se dresser contre la divinité s'il la voit indifférente, laissant régner le mal ou même le favorisant. Désigné par les esprits, le chaman défendra d'abord les intérêts de l'humanité".

Jacques Brosse, Mythologie des arbres (Édition de poche Payot et Rivages, 1993).

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Médecine verte :


Selon Doris et Sven Richter dans Le message des arbres, Guérison holistique grâce aux élixirs des arbres (Éditions Ambre 2007), la médecine verte des arbres est une médecine pour le corps, l'âme et l'esprit. Elle agit à partir du niveau spirituel, en descendant vers le niveau corporel, et guérit progressivement les troubles physiques. Les auteurs proposent un questionnaire permettant l'identification de l'élixir d'arbre adapté qui sera son miroir en nous.

Une grande quantité d'eau, issue des glaciers et longtemps congelée, circule dans tous les bouleaux du monde. Cela faisait longtemps que cette eau n'avait plus parcouru ce circuit consistant à monter, descendre, se détacher de la terre et se mêler à la lumière. Au lieu de cela, elle avait dû rester figée en état de glace jusqu'à ce qu'elle puisse enfin fondre et reprendre son chemin. C'est ainsi que les bouleaux collectent l'eau après l'avoir absorbée. Mais le processus semble ensuite différent de celui des autres arbres : c'est comme si le bouleau ne voulait plus restituer cette eau par l'évaporation au niveau des feuilles.

Au printemps, il se montre encore reconnaissant, mais plus le soleil monte dans le ciel, plus le bouleau retient son eau. L'eau lui rappelle la stagnation dans le froid, car le fait de retenir revient également à une stagnation. Autour des racines du bouleau, il y a beaucoup d'eau contenant l'information de la stagnation. Le bouleau lui-même évite de s'ouvrir trop fortement à la lumière, car cela l'obligerait à donner. Il aime les périodes obscures de la journée, et pourtant il a besoin de la lumière.

Il faut faire preuve de patience pour s'approcher de l'énergie du bouleau. Si nous contemplons le miroir du bouleau en l'homme, nous voyons les reins, dont la fonction est de retenir et de donner. Le rein décide du sort de la moindre quantité d'eau. Il décide quelle part d'eau est encore assez pure et quelle autre est chargée de toxines. La partie chargée de toxines est filtrée et relâchée, et la partie pure est renvoyée dans le circuit du corps. La plus grande partie de l'eau est séparée d'une partie plus petite et de moindre valeur. Cela est d'une importance vitale afin de pouvoir éliminer les poisons dissous dans l'eau.

Ce processus est extrêmement important pour la survie de tout l'organisme. Une partie de l'eau est donc sacrifiée ou relâchée. L'eau restante continue à servir de médiateur. Le rôle de l'eau est de servir, et lorsqu'elle a suffisamment servi, elle peut enfin s'en aller, sale et chargée de déchets. C'est ainsi qu'elle est résorbée par la terre. Les déchets restent dans la terre et l'eau s'évapore, monte et se marie avec la lumière afin de pouvoir ensuite, telle une bénédiction pour la terre, retomber et commencer un nouveau cycle.

Lorsque le corps transpire, il élimine une quantité d'eau supplémentaire. Cela crée de la place pour l'eau neuve et fraîche, car le rein, à l'instar du bouleau, n'aime pas donner. L'eau propre représente l'énergie de nettoyage. Lorsque le corps de l'homme commence à se couvrir de taches blanches qui, éventuellement, grossissent, cela démontre que le pouvoir nettoyant de l'eau a diminué dans son corps. Lorsque la quantité d'eau relâchée n'est pas suffisante, les toxines restent dans le corps et souillent le potentiel global du liquide qui est à notre disposition.


Sur le plan spirituel de l'homme se reflètent également les modèles émotionnels. En font partie :

  • Avarice, égocentrisme dont surgit le caractère instinctif,

  • Vouloir prendre pour soi

  • Ne pas pouvoir donner

  • Ne pas pouvoir partager

  • Manipulation

Dans le domaine encore plus subtil des modèles émotionnels, c'est-à-dire à un niveau plus profond, nous trouvons :

  • Souillure ;

  • Recherche de négativité dans le corps émotionnel ;

  • Conservatisme, fait de s'accrocher au passé ;

  • Vol de la liberté d'autrui (c'est l'eau qui aimerait s'en aller et ne peut le faire) ;

  • Tendance à se mêler du destin des autres ;

  • Manipulation dans les niveaux spirituels ;

  • Haine, en particulier lors d'échecs ;

  • Envie de détruire pour cause de colère ;

  • Sentiment d'infériorité en raison de fautes accumulées ;

  • Mépris de soi.

Tous ces aspects émotionnels font partie de la vie et de l'apprentissage. Trop de sel retient l'eau, mais retenir l'eau est d'importance vitale. Le sel fait partie de la terre. L'eau souhaite se marier avec la lumière et son souhait est exaucé, mais comme sa place est également sur terre, elle doit ensuite retourner sur terre. Ainsi l'eau, tout comme l'homme, revient continuellement. Ce n'est qu'après sa dernière union qu'il pourra aller vers la dissolution de sa condition d'homme, prisonnier du monde des contradictions.

L'homme, à l'instar de l'eau entre ciel et terre, est un marcheur.

Caractéristiques résumées indiquant dans quel état nous sommes à l'instant présent et à quel état nous pouvons parvenir grâce à la médecine du bouleau (élixir des arbres n°6)

A l'ombre A la lumière

- A le sentiment d'être la victime des autres - La personne apprend à lâcher prise

- Manipulation d'autrui par ignorance - Elle apprend à accepter également la volonté des autres

- Avarice et ambition - Elle se libère et ce faisant libère aussi les autres

Mots clé : Grandeur ; Le sacrifice et le lâcher prise apparents sont la base pour un gain véritable.

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Selon Petra Sonnenberg dans Les forces spirituelles des arbres, on reconnaît de plus en plus l'influence des arbres dans la vie spirituelle. Dans ce guide, elle livre un témoignage vivant sur sa communication personnelle avec les arbres en recommandant de nous sentir libre de réagir avec nos propres sentiments et de faire notre propre interprétation selon notre ressenti.


"Devise (Bouleau, Betula verrucosa ou Betula pendula)" : Conscience, harmonie, amour inconditionnel et confiance sont les fondements de toute relation...


Visualisation, rayonnement et caractère :

Sur l'écorce de bouleau, on écrivait autrefois des paroles sacrées et des recettes. On recouvrait aussi les canoës de cette écorce. Vastes étendues, grands lacs, froid, soleil, ciel bleu et lumineux, simplicité, solitude, mélancolie. Il n'est pas difficile de visualiser le bouleau. C'est un arbre haut, élancé, élégant qui pousse souvent seul au bord d'un fleuve, d'un lac ou en rase campagne. Sa silhouette laisse une impression de fragilité, ce qui pourtant n'est absolument pas le cas. Le bouleau est au contraire un arbre très fort et son caractère est aussi riche que la famille des plantes auquel il appartient. Car il se décline en un nombre incalculable de variétés de par le monde.

Il n'est donc pas étonnant que le bouleau puisse être d'un grand secours en cas de problèmes relationnels. Et en l'absence de problème, il conduit à une meilleure compréhension dans toute forme de relation, d'union ou d'amitié. Comme il pousse généralement seul ou à une certaine distance d'autres arbres, il est parfaitement en mesure de considérer son environnement avec recul et objectivité.

Il nous montre comment appréhender nos expériences de notre point de vue ou de celui des autres. Son écorce blanche, presque argentée, et ses feuilles fines et délicates garantissent de grandes propriétés spirituelles.

Le bouleau est un arbre honnête, qui ne nous trompera jamais et à qui on peut toujours vider son cœur. Il nous aide à trouver notre équilibre et nous montre comment nous accepter nous-mêmes et les autres. On ne peut pas lui en compter, et grâce à ses expériences diversifiées, il nous ôte les peurs qui nous enferment et risqueraient d'entraver des décisions importantes. Il sait parfaitement résoudre les conflits.

Le bouleau est l'arbre de la compréhension, de l'amitié, de l'amour inconditionnel et de l'union matrimoniale. Fièrement, il brave sans effort vents et intempéries. Il est un soutien solide, une lumière dans les ténèbres.

C'est l'un des meilleurs amis que l'on puisse avoir, le partenaire optimal, toujours à nos côtés avec ses conseils et ses aides.


Contes, mythes, légendes et pratiques rituelles :

Au Moyen-Age, le bouleau avait la réputation de protéger contre les sorcières et les mauvais esprits. On en accrochait quelques branches au-dessus des portes et des fenêtres pour éloigner les sorcières.

Les paysans utilisaient des branches de bouleau bénies pour faire avancer leurs bêtes et les protéger de la sorcellerie. L'histoire ci-dessous est un exemple de protection d'animaux :

"Un paysan du village d'Ober-Uzwil sa plaignait du fait que son lait caillait dès le filtrage et tournait. On lui conseilla de remuer le lait pendant le filtrage à l'aide d'une branche de bouleau. Aussitôt dit, aussitôt fait. Alors qu'il s'exécutait, une sorcière entra dans la grange, et le pria de cesser de remuer le lait. Sans céder à ses prières, le paysan continua de tourner. La sorcière laissa échapper un soupir et mourut sur le champ. Le paysan s'était libéré de son mauvais sort."

Les sorcières elles-mêmes utilisaient le bois de bouleau pour fabriquer des tambours magiques. Elles tendaient dessus une peau sur laquelle elles dessinaient dans une couleur spéciale (obtenue à partir de l'écorce d'aulne) des signes magiques et des conjurations.


Attributs et mots clés :

Pierre précieuse : émeraude, jade, quartz rose, cornaline, pierre de lune

Chakra : 2ème, 4ème

Signe du Zodiaque : Cancer, Balance, Scorpion, Lion

Planète : Vénus, Lune, Saturne, Pluton

Élément : Air, Eau

Tempérament : gai, mélancolique

Couleur : orange, rouge, vert

Parfum : ylang-ylang, bois de santal, rose

Rune : berkana, tiwaz

Saison : printemps, automne


Forces et caractéristiques : Effets thérapeutiques (sur le corps), forces : la tisane de bourgeons de bouleau purifie le sang et combat les pellicules, les inflammations, la fièvre. Elle a aussi un effet stimulant et diurétique.

Indications pour le corps : foie, maux de tête, rhumatismes, arthrite, goutte, éruptions cutanées.

Caractéristiques spirituelles et associations d'idées : inspiration, purification, bénédiction, solitude, mesure, sagesse, gaieté, vitalité.


Origines et sites : Originaire de toute l'Europe, il pousse sur un sol sec et sablonneux, mais pas à l'ombre, il orne les jardins.

A noter : cet arbre était déjà assez fréquent dans l'hémisphère nord au paléocène, surtout en Asie. Le bouleau s'adapte très bien aux conditions écologiques et prospère pour cette raison dans presque toute l'Europe.

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Propriétés médicinales :


La bienheureuse Hildegarde De Bingen dans Physica : Le Livre des subtilités des créatures divines (Editions Jérôme Millon) présente sa vision des propriétés particulières du bouleau :


"Le bouleau est plus chaud que froid ; il est image du bonheur.

Celui qui commence à avoir sur la peau des rougeurs ou des pustules prendra des bourgeons de cet arbre, les fera chauffer au soleil ou devant le feu et les placera ainsi, tout chauds, à l'endroit où il souffre : il les fera tenir par un linge : s'il le fait souvent, les tumeurs disparaîtront."

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Par la légèreté de son feuillage toujours mobile, par l'abondance mystérieuse de sa sève et surtout par la blancheur virginale de son tronc, le bouleau possède les attributs de la féminité et de la délicatesse.

C’est son écorce, semblable à aucune autre, que l’on aperçoit dès le premier regard. Sa blancheur vient éclairer la tristesse des landes à bruyères et à genévriers où l’arbre aime pousser. Cette grâce se retrouve dans son feuillage aérien toujours en mouvement, ses rameaux flexibles et grêles ont d’ailleurs fourni pendant des siècles des verges efficaces pour les rebelles en culottes courtes d’où son surnom "d’arbre des maîtres d’écoles".

Le bouleau n’aime pas les régions méridionales, il préfère le "froid lumineux" des régions nordiques et des zones montagnardes. Peu exigeant en matière de sol, il préfère néanmoins les sols siliceux et l’humidité. Il existe de nombreuses espèces de bouleau à travers le monde, notamment en Asie et en Amérique du Nord mais, en Europe, on rencontre seulement 4 espèces dont deux arbres largement répandus : le bouleau verruqueux et le bouleau pubescent.

Le bouleau verruqueux (Betula pendula) se reconnaît à ses feuilles rétrécies au sommet en pointe effilée et à ses jeunes rameaux portant de nombreuses petites verrues qui sont en fait des glandes résinifères. Le bouleau pubescent (Betula pubescens) possède des rameaux plus robustes et marqués de lenticelles simples.

Ces deux espèces ne se fréquentent pas beaucoup car leurs exigences écologiques sont différentes. Ainsi le bouleau pubescent est plutôt une espèce exigeante en eau que l’on trouve surtout dans les contrées marécageuses et les tourbières alors que le bouleau verruqueux dont la préférence va pour les sols siliceux légers et frais est fort exigeant en lumière et peut couvrir d’immenses étendues forestières comme en Norvège où on le trouve associé au pin sylvestre.

Au point de vue "caractère", le bouleau n’a rien de commun avec le hêtre. Il mérite son nom "d’arbre de la sagesse". D’un naturel joyeux, le bouleau ne demande qu’à rendre service. Cette générosité s’exprime par exemple auprès d’autres arbres dont il favorise le développement comme les jeunes conifères qu’il protégera du soleil, du vent et de la neige. Ensuite, c’est pour les hommes un "médecin végétal" exceptionnel puisque ses feuilles, son écorce, sa sève et même ses bourgeons seront utilisés en thérapeutique.

Pour comprendre le rôle médicinal du bouleau, il faut une observation attentive et profonde. La quête et le plaisir de la découverte des qualités d’harmonisation du monde végétal sont en eux-mêmes des sources de guérison possibles. Perdu dans notre monde d’abstractions, durci par des structures mentales et émotionnelles basées sur l’avidité, le bouleau à la ramure toujours souple peut nous apprendre une faculté en voie de disparition : le discernement entre ce qui est bénéfique à la vie et ce qui lui est néfaste. Cette éternelle jeunesse, présente dans ses rameaux flexibles et son feuillage vert tendre, semble préserver l’arbre des forces de durcissement et de sclérose. C’est pourquoi le bouleau a toujours été considéré comme l’une des plantes majeures des traitements des rhumatismes arthrosiques qui limitent le mouvement en bloquant les articulations.

Une autre caractéristique de cet arbre est son comportement et son rapport avec l’eau. Elle y est fortement absorbée mais est rapidement expulsée par une "expiration" intense dans le domaine de l’air. Ce comportement est d’un point de vue analogique le propre des plantes médicinales des reins. Notez que le rein est un organe qui fait preuve lui aussi de discernement : sa tache est de percevoir exactement et à chaque instant la composition interne du courant sanguin qui le traverse pour trier ce qui doit être retenu de ce qui doit être éliminé.

Si les feuilles du bouleau paraissent éternellement "printanières" c’est peut-être parce que l’arbre dépose dans son écorce tous les sels, libérant ainsi la feuille des processus alourdissant et rigidifiant de la minéralisation excessive. Cette écorce est en effet particulièrement riche en sels de potassium mais aussi en substances aromatiques comme la bétuline appelée autrefois "camphre de bouleau". De nature triterpénique, la bétuline semble abaisser dans plusieurs études conduites sur des souris les taux de lipides sanguins, les niveaux de cholestérol et augmenter la sensibilité des récepteurs cellulaires à l’insuline. La composition particulière de cette écorce la rend à peu près imputrescible et imperméable à l’eau.

Les Gaulois appelaient bitumen le goudron obtenu à partir de l’écorce de bouleau, ce nom est sans doute à l’origine du mot bitume…


Les propriétés médicinales du bouleau peuvent être ainsi résumées :

C’est un merveilleux diurétique non irritant pour les reins (infusion des feuilles, jus de feuilles printanières, sève de bouleau).

C’est un bon "dépuratif" général : c’est pourquoi, il est conseillé dans tous les cas où l’élimination de substances indésirables ou impropres à la respiration cellulaire doit être stimulée :

  • en cure dépurative au cours des saisons de transition (printemps et automne)

  • en complément d’un traitement médical dans les manifestations articulaires douloureuses ou dans les problèmes dermatologiques.

  • dans le cadre d’un programme visant à faire perdre un excédent pondéral.

Le bouleau est également réputé pour lutter contre les lithiases rénales que ce soit sous forme d’infusion, d’extraits fluides ou sous forme de cure de sève de bouleau. Cette sève (appelée élixir de vie par les peuples nordiques) que l’on récolte au printemps au moment où la vigne jette ses larmes est aussi excellente chez les personnes ayant des taux excessifs d’acide urique au niveau sanguin et pour tous ceux qui souffrent de maladies de peau.

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Recette du champagne du bûcheron

Faire dissoudre 4 kg de sucre dans environ 30 litres de sève de bouleau récoltée au printemps en pratiquant à un mètre du sol environ, un trou à la vrille profond de 2 à 5 cm dans la face du tronc de l’arbre, prendre soin de refermer l’orifice avec une cheville de bois. On réduit ce mélange d’un quart par ébullition. On écume, on filtre et on le verse dans un tonneau. On laisse refroidir et on verse environ 8 litres de vin vieux. Pour accélérer la fermentation, on ajoute 3 cuillères à café de levure de bière et 3 tranches minces de citron. La fermentation opérée, on ferme le tonneau qui ne doit pas être complètement rempli. laisser en cave 4 semaines au moins. Après quoi, on le met en bouteilles en le bouchant comme du champagne. A déguster avec modération….

D’après Paul Vincent, Docteur arbre (Editions France-empire, 1987)

Recette de tisane dépurative anti-rhumatismale et efficace pour éliminer l’acide urique d'après Gilles Corjon, Se soigner par les plantes (Editions Gisserot) :


Mélanger 20 g de racines de pissenlit, 15 g de racines de bardane, 15 g de feuilles de bouleau, 15 g de pensée sauvage, 20 g de feuilles de frêne, 15 g d’écorce de bourdaine, 20 g de prêle, 30 g de "baies " de genévrier et 20 g de menthe.

Mettre une cuillère à soupe du mélange pour un bol d’eau froide (ou 4 cuillères à soupe pour un litre).

Porter à ébullition et laisser infuser 10 minutes.