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  • Anne

L'Ortie




Étymologie :

  • ORTIE, subst. fém.

Étymol. et Hist. a) Début xiie s. bot. orthie (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1746) ; b) 1176-84 au fig. p. oppos. à rose pour signifier «le pire» (Gautier d'Arras, Eracle, éd. G. Raynaud de Lage, 1268) ; c) 1496 gecter le froc es ortyes (Mystère de St Martin, éd. A. Duplat, 7993 cité ds Z. rom. Philol. t. 97, p. 445) ; 1564 jetter le froc aux orties (Thierry, s.v. froc). Du lat. urtica « ortie ».


Lire également la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Urtica dioica ; Artic ; Astrigol ; Brûlant ; Chakesse ; Chédyon ; Chocotte ; Chodrule ; Chogrien ; Darse ; Echôdure ; Etrudjo ; Etrouge ; Étruge ; Grindjéta ; Itourdzé ; Jusca ; Linard ; Ortie barbarisque ; Ortie de grange ; Ortie grièche ; Ortie gringette ; Ortie grise ; Ortie maligne ; Ortie sauvage ; Ortige folle ; Orti-gravé ; Orti-noir ; Ortive ; Ortruge ; Otrille piquante ; Otritse ; Otrouge ; Ourtille ; Outric ; Petite Ortie ; Strudza ;

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Botanique :


Lire la monographie proposée par l'école d'herboristerie québécoise Flora Medicina.

 

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :

"L'ortie est une grande plante à la tige raide, qui pousse en troupes denses sur les terrains riches et fertiles. Ses feuilles dentelées sont bordées d'une multitude de piquants, qui sont des sortes de minuscules seringues remplies d'un liquide toxique. Lorsqu'on touche l'ortie, la pointe des seringues se casse. Le liquide toxique est alors injecté dans la peau et ça fait très mal !


Pourquoi fait-elle ça ? C'est pour se défendre, pardi, que l'ortie pique et brûle ceux qui la touchent. Les animaux bien protégés par leur pelage ne la craignent pas trop, mais ils n'osent pas la brouter de peur de se faire piquer le museau. Les ânes et les brebis en grignotent quand même de temps en temps. La plupart des insectes ne semblent pas sensibles à ses piqûres, et se nourrissent des ses feuilles.


Bonne à tout faire : Malgré son abord rébarbatif, l'ortie est une plante utile qui sert à des dizaines d'usages. Au printemps, les jeunes pousses permettent de préparer une soupe délicieuse et revitalisante. Les fibres de sa tige donnent un tissu très doux, appelé ramie. Les feuilles, mises à fermenter avec de l'eau, servent à faire le purin d'ortie, un excellent engrais pour les plantes du jardin.


Orties à papillons : Beaucoup d'insectes s'installent sur les feuilles d'ortie, peut-être pour échapper à leurs prédateurs. Les chenilles d'un joli papillon d'été, la petite tortue, apprécient particulièrement les feuilles d'ortie. On les y trouve parfois en troupe nombreuse, à l'appétit féroce. Après leur passage, il ne reste plus de l'ortie que la tige et les nervures des feuilles.

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Phytothérapie traditionnelle :


J. Bouquet dans "L'art de conserver la santé, extrait du "Messager boiteux "." (In : Revue d'histoire de la pharmacie, 20ᵉ année, n°77, 1932. pp. 54-56) relève quelques extraits du Véritable Messager boiteux de Berne pour l'année 1817 :

DE L'ORTIE


L'ortie, aux yeux du peuple herbe si méprisable

Tient dans la Médecine une place honorable.

Qu'un malade inquiet dorme malaisément,

Elle lui rend bientôt un sommeil secourable.

Contre un fâcheux vomissement

C'est un spécifique admirable.

Sa graine, avec le miel, abrège le tourment

D'une colique insupportable.

Le breuvage d'ortie étant réitéré,

Adoucit de la toux le mal invétéré,

Réchauffe les poumons, du ventre ôte l'enflure,

Et de la goûte même apaise la torture.

 

Dans Des hommes et des plantes (Éditions Opéra Mundi, 1970) Maurice Mésségué évoque le savoir ancestral de son père :


- Mon petit, regarde « l'herbe qui pique » (l'ortie) toute velue et si peu douce, mais si tu sais la prendre, comme ça bien par en dessous, elle ne te piquera pas. Cuite, elle est douce à l'estomac et au ventre.

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


[...] Suivant une croyance très répandue, on peut se débarrasser d'une maladie en la transmettant à un être ou à un objet ; ceux-ci la prennent, en souffrent et éprouvent le même sort qu'aurait subi celui qui la leur a passée. En ce qui concerne les plantes, cette transmission se fait assez fréquemment au moyen de l'urine. [...] En Lorraine pour faire passer la jaunisse, on doit pisser sur des orties pendant neuf jours consécutifs.

[...] A Menton des plantes épineuses, ou des orties, sont un signe de damnation, des plantes sans épines indiquent qua le défunt est au ciel, un mélange des deux au purgatoire.

[...] En Provence, pendant les belles nuits de mai, les jeunes gens chantaient sous les fenêtres de leurs maitresses des couplets improvisés dans lesquels les fleurs leur servaient de termes de comparaison : la violette indiquait le doute ou le soupçon, l'ortie la rupture.




Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme de l'ortie :


ORTIE - CRUAUTÉ.

La piqûre de l'Ortie cause une douleur semblable à celle de la brûlure. En examinant au microscope les feuilles de l'Ortie, on est surpris de les trouver chargées de poils fins, roides, articulés, pointus, qui sont autant de conduits d'une humeur âcre et mordante, renfermée dans une vessie qui est à la base de chacun d'eux. Ces poils et celle vessie sont en tout semblables aux dards que portent les abeilles. Dans l'insecte et dans la plante, c'est l'humeur âcre qui cause la douleur.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Ortie - Cruauté.

La piqûre de l’ortie donne une douleur bridante et fait pousser des pustules à la peau.

 

Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


URTICA - ORTIE - CRUAUTÉ.

On connait la douleur que cause la piqûre de l'ortie ; on ignore généralement l'utilité de cette plante, qui croit spontanément, sous presque toutes les latitudes, le long des murs, des haies et parmi les décombres. Ses fibres offrent assez de consistance pour que, dans certains pays de l'Europe, on en fabrique des toiles, des cordages, du papier même. Elle renouvelle l'air pur ; les oiseaux mangent ses graines ; quand elle se fane, on la donne en pâture aux vaches ; elle fournit une teinture jaune, et sous mille formes, elle offre des propriétés médicinales.

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Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Ortie - Cruauté - Douleur cuisante.

Qui n'a pas éprouvé la désagréable sensation de la piqûre de l'ortie ? L'œil est attiré par une campanule à la clochette bleue, par la blanche lychnide ; la main s'avance pour les cueillir et se retire bien vit , toute rougie par le contact des poils brûlants de l'ortie.

 

Dans son Nouveau Langage des fruits et des fleurs (Benardin-Béchet, Libraire-Éditeur, 1872) Mademoiselle Clémentine Vatteau poursuit la tradition du Sélam :


ORTIE : Cruauté.


Je dois subir la destinée

A laquelle on m'a condamnée

Comme l'Epine et le Chardon.

Ainsi que moi la Rose est née

Pour défendre ou pour blesser

La main qui cherche à l'offenser,

Et cette fleur est pardonnée. Anatole DE MONTESQUIOU.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Ortie brûlante (Urtica urens) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu

Divinité : Thor.


Utilisation rituelle : Dans les provinces des Balkans - Valachie, Transylvanie, Moldavie, Russie subcarpathique -, une coutume subsista jusqu'à la guerre de 1914-1918: aux noces de campagne, les sœurs de la mariée préparaient en cachette un bouquet avec des tiges fraîches d'Orties brûlantes ; le soir, au moment où le couple allait se retirer, elles venaient alors cérémonieusement, et sans doute avec une bonne dose de malice, donner au mari, sous les rires et les plaisanteries des invités, les verges urticantes destinées à fustiger la jeune épouse au cas où celle-ci ne se montrerait pas suffisamment amoureuse durant la nuit de noces.


Utilisation magique : Les vertus protectrices des Orties sont connues de longue date. Pour détourner un sort de son but et le retourner à son envoyeur, bourrez une poupée avec des feuilles et des tiges d'Ortie brûlante. Vous pouvez également en porter sur vous, en sachet.

Ces plantes, répandues dans la maison, chassent les influences négatives. Une botte d'Orties fraîchement coupées, glissée sous le lit d'un malade, peut l'aider à guérir.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


L'irritation désagréable qu'entraîne le contact de l'ortie en fait une arme efficace contre les sorcières et les influences négatives : en mettre au pied de son lit ou en porter sur soi protège du mauvais œil et des maléfices (France et Italie) ; cueillie avant l'aube, elle éloigne du bétail les mauvais esprits (Allemagne). Les Islandais s'en servent « comme fouet pour frapper les sorciers ».

Un peu d'ortie sèche dans un morceau de tissu cousu avec du fil rouge constitue une amulette qui rend courageux, entreprenant et énergique. Tenue dans la main avec des brins de millefeuille, la plante supprime la peur en général, fait fuit les fantômes et éloigne la foudre.

Liée à la planète Vénus, l'ortie, qui, selon les croyances germaniques, excite la volupté et facilite les accouchements, est parfois symbole de luxure : en placer quelques feuilles sous un matelas a d'heureux effets sur la sexualité (si le mari les a placées à l'insu de sa femme enceinte, celle-ci concevra un garçon). Pour que l'ortie déploie toutes ses vertus "érotiques", une recette allemande recommande de la saupoudrer de sel avant de la cueillir. L'ortie a également beaucoup d'effets sur les poules : en mélanger à leur nourriture leur fait pondre beaucoup d’œufs.

Pour connaître le sort d'un malade, on recommandait autrefois d'immerger une ortie dans l'urine de ce dernier : si, après une infusion de vingt-quatre heures, l'ortie ne se ressentait pas de ce bain forcé, la guérison était assurée, mais si elle s'était abîmée, le pire s'annonçait.

Les Romains, qui connaissaient déjà les propriétés curatives de l'ortie, mangeaient les jeunes pousses pour se protéger des maladies. La plante est capable de faire passer une mauvaise fièvre si on la déracine en répétant le nom du malade et de ses parents. Selon une recette du Dauphiné, le fiévreux peut aussi, la nuit, sortir de son domicile par la fenêtre pour se rendre auprès d'une ortie, répandre sur elle du sel pilé et des miettes de pain en disant : « Ortie, je te remets ma fièvre », puis rentrer chez lui par la porte cette fois. Le lendemain, l'ortie est flétrie et le malade rétabli.

Uriner pendant neuf jours consécutifs sur la plante guérit de la jaunisse et remédie aux excès de bile ; glisser dans les narines un coton imbibé d'infusion d'ortie blanche enraye un saignement de nez. L'ortie blanche sert également à frictionner la gencive d'un enfant qui souffre de la poussée des dents ; s'il fait des convulsions, on prescrit de le frotter énergiquement avec des orties fraîches. Les adultes peuvent faire de même sur les parties atteintes de rhumatismes et de paralysie ou, à l'exemple des Bretons, sur les ampoules des pieds ou des mains.

Les Anglais, pour qui l'ortie naît spontanément de la terre arrosée d'urine humaine, attribuent des pouvoirs de protection et curatifs renforcés à celle qui pousse dans un endroit toujours sombre. Ils disent encore que se coiffer à l'envers avec un peigne qui a été trempé dans du jus d'ortie favorise la poussée des cheveux. Ce qui n'est pas sans rappeler un usage de certaines îles grecques où les femmes, la veille du 1er mai, se frappaient le dos avec des orties pour que leurs cheveux deviennent plus longs.

Dans l'est de l'Europe, les enfants qui, la veille de la Saint-Jean, sautent par-dessus des orties acquièrent de la vigueur. Les Russes jettent de l'ortie dans le récipient qui sert pour la première fois à recevoir le lait des brebis pour qu'elles ne soient pas malades.

Le corps enduit de son suc associé au suc d'estragon permet de prendre facilement des poissons à la main dans les rivières.

Selon une croyance relevée aussi bien en Bretagne que dans le sud de la France, des orties qui poussent sur une tombe sont de mauvais augure : elles annoncent la damnation du défunt.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi l'Ortie (Ortica dioica) :


"Il s'agit d'une plante vivace que l'on retrouve un peu partout dans le monde. Ses feuilles dentelées et irritantes pour la peau la rendent facile à reconnaître. Elle peut atteindre une hauteur de deux mètres.


Propriétés médicinales : Le jus extrait de cette plante ou une infusion des feuilles sont recommandés pour stimuler la digestion. Cette même infusion favorise la montée de lait chez les nouvelles mamans ainsi qu'une production accrue chez les femmes qui allaitent déjà. D'autre part, ses propriétés astringentes en font un remède idéal dans les cas de flux menstruel trop abondant ou de présence de sang dans les urines. C'est aussi recommandé pour traiter les problèmes urinaires et pour prévenir les rhumes durant la saison hivernale. Prise en décoction, l'ortie aide à soulager la diarrhée.

Genre : Masculin.


Déités : Mars.


Propriétés magiques : Guérison ; Protection ; Purification.

Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • L'ortie a longtemps été utilisée en magie pour ses pouvoirs de protection. On se souviendra que dans le conte de fées des princes changés en cygnes, leur sœur devait tisser de l'ortie et en faire des manteaux afin de briser le sort.

  • On peut éparpiller de l'ortie séchée et réduite en poudre autour de la maison afin d'empêcher les influences négatives d'y pénétrer.

  • Les vibrations émises par la plante en pot, et placée dans la chambre d'une personne malade, hâteront sa convalescence.

SORTILÈGE POUR CONJURER LE MAUVAIS SORT (pour conjurer un sort et le retourner vers la personne qui l'a jeté.)

Il faut faire ce sortilège durant le cycle décroissant de la lune.

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle noire

  • de l'encens de myrrhe

  • du tissu noir pour confectionner une "poupée"

  • quelques feuilles d'ortie

  • de la bourre

Rituel : Allumez la chandelle et l'encens. Sur votre tissu plié en deux, tracez la forme d'une poupée ; coupez et cousez pour former une marionnette que vous bourrerez. Faites ensuite une incision au niveau du cœur de la poupée et insérez-y les feuilles d'ortie en prononçant cinq fois l'incantation suivante :


Par le pouvoir de l'ortie sacrée

Je retourne ce sort qui m'a été jeté

Par la puissance de l'ortie sacrée

Retourne d'où tu viens, je ne t'ai pas appelé.


La puissance du sort sera aussitôt retournée à la personne. Prenez maintenant la poupée et allez l'enterrer."

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Claire Tiberghien propose des méditations guidées vers quelques plantes classées en fonction de leur analogie avec les cinq éléments de la philosophie chinoise dans un ouvrage intitulé Équilibre et méditations par les plantes (Éditions Jouvence, 2016) :


Élément : Eau.


De son nom latin Urtica dioica, appartient à la famille des Urticacées. Sa particularité, c'est l'attention.

Ses forces thérapeutiques sont immenses. Elle a une action sur presque tous les systèmes du corps. Elle renforce les défenses immunitaires et soulage aussi bien les douleurs rhumatismales que la goutte ou les troubles hépatobiliaires. Une cure d'ortie stimule l'élimination rénale. Au printemps, cette plante permet de surmonter la fatigue saisonnière par son action dépurative, reminéralisante et antianémique.

Sa racine soulage les troubles mictionnels liés à l'hyperplasie bénigne de la prostate.

Ses graines stimulent les forces du corps. Elles sont particulièrement recommandées pour les personnes âgées ou contre les fatigues chroniques et les états de faiblesse.


Sur le plan psychique : L'ortie vous parle d'abondance, de franchise et de simplicité. Elle vous demande de l'attention à chaque mouvement augmentant ainsi votre présence et votre conscience. Elle clarifie l'esprit. C'est une bonne alliée si vous avez tendance à vous laisser influencer par les autres, à être toujours gentil et d'accord avec tout le monde. L'ortie vous apprend à poser vos limites, à vous protéger. Elle vous permet de retrouver les forces nécessaires pour vous occuper de vous.

L'ortie vous enseigne l'attitude qui vous aide à prendre votre place, à vous imposer de manière naturelle L'énergie et la vitalité de l'ortie vous amènent à l'action.


Grâce à l'ortie, je peux affirmer :

  • Je me sens partout à ma place.

  • Je ressens la légèreté de la vie.

  • Je vis dans l'attention et le respect.

  • Je suis conscient du mouvement de la vie et me laisse guider.

La méditation de l'ortie : Assis sur un vieux tronc, à l'orée du bois, vous respirez la clarté de l'air pur. A vos pieds, un parterre d'orties, déjà bien touffu. Un rayon de soleil transperce les arbres et éclaire délicatement le vert intense, profond, des orties. Si généreuses, si fortes. Vous sentez une énergie inconnue vous envahir. La terre dégage une étrange odeur d'humus où se mêle le parfum particulier, un peu âcre, un peu frais, de l'ortie.

Vous prenez conscience de votre respiration, conscience de vous-mêmes, de l'instant présent. Vous ressentez l'abondance que vous offre la vie. la simplicité. Vous êtes un être à part entière, en lien avec les autres et le monde. Vous sentez la force de poser vos limites, afin de réaliser ce qui est important pour vous, de respecter votre valeur et vos besoins. Vous êtes attentif, présent.

Votre respiration s'approfondit. Comme une brise purifiante, une énergie fluide et apaisante monde en vous, allégeant vos pensées. Plein de force, mais léger, vous reprenez tranquillement votre chemin.

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Maïa Toll, auteure de L'Herbier du chaman, 36 cartes divinatoires, A la rencontre de la magie des plantes (Édition originale 2020 ; Édition française : Larousse, 2021) nous révèle les pouvoirs de l'Ortie (Urtica dioica) :


Mot-clef : Faites attention !


Si nous ignorons les noms des plantes qui nous entourent, si nous ne prêtons pas attention à la courbe unique d'une feuille ou à la trajectoire d'un rhizome, nous sommes face à un mur de verdure uniforme. C'est là que nous, humains, commençons à généraliser et à regrouper dans la catégorie « mauvaises herbes » tout ce qui ne porte pas de fleurs flamboyants. C'est le cas de l’ortie. « Faites attention ! » dit-elle pour nous mettre en garde. « Nous sommes tous différents, tous uniques. » Si vous reconnaissez la spécificité de l'ortie et la traitez avec respect, elle vous laissera approcher. Mais oubliez-vous, t vous n'oublierez pas sa piqûre... L’ortie vous demande de faire attention à l'individualité et de traiter le monde qui vous entoure en conséquence. Si elle vous pique, arrêtez-vous et faites plus attention la prochaine fois !


Rituel : Voir vraiment

L'ortie nous dit « Voyez-moi. » N'est-ce pas finalement ce que souhaite chacun d'entre nous ? Être vu et reconnu ?

ADOPTEZ CE RITUEL QUOTIDIEN : Voyez les gens qui vous entourent comme des individus uniques. Habitez le monde avec présence, reconnaissez dans votre cœur, votre famille les personnes avec lesquelles vous travaillez ou étudiez, les gens qui font la queue avec vous au marché. Dans votre tête, dites-vous deux choses uniques sur chaque personne que vous rencontrez. Quand vous glissez dans votre monde intérieur, cet endroit d'où vous voyez les autres un peu flous, faites l'effort de vous en extraire pour être extérieurement présent. En concentrant votre attention sur l'extérieur, imaginez chaque cellule de votre corps avoir conscience des moindres détails de la vie qui vous entoure.


Réflexion : Qui n'est pas vu ?

L'ortie nous offre un remède à la fois vaste et fondamental. Elle nous donne les éléments nécessaires à la constitution du corps humain et d'un sol sain. Comme elle n'attire pas l'attention, elle n'est pas souvent cultivée dans les jardins et sa piqûre la marginalise. Mais une fois qu'on la connaît, on la chérit.

Des groupes entiers de gens sont-ils relégués en marge de votre conscience ?

Les personnes âgées ont souvent l'impression de ne plus être considérées comme des individus à part entière, et des populations entières sont souvent catégorisées en fonction de leur race, de leur appartenance ethnique ou de leurs préférences.

L'ortie demande : « Qui est devenu invisible à vos yeux ? » Elle vous rappelle tout ce que vous ratez en en voyant plus l'individualité de chacun.

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Arnaud Riou dans L’Oracle du peuple végétal (Guy Trédaniel Editeur, 2020) classe les végétaux en huit familles : les Maîtres, les Guérisseurs, les Révélateurs, les Enseignants, les Nourricières, les Artistes, les Bâtisseurs et les Chamans.

La famille des Guérisseurs comprend la Sauge, le Romarin, la Lavande, l’Ail, la Consoude, le Pissenlit, l’Ortie. Ils ont un rôle clé dans l’équilibre de la santé et de la guérison.

Que ton aliment soit

ton seul médicament.

Hippocrate.


Les Guérisseurs : Si nous avons chacun une mission de vie, il en est de même pour chaque esprit parmi le peuple végétal, chaque arbre, plante, pousse, fruit, champignon, herbe a sa raison de vivre sur la Terre. Chacun contribue à l'équilibre de l'univers et à notre propre équilibre. Notre santé s'enrichit quand elle st vue comme un tout dans sa dimension systémique. C'est l'intelligence de différents systèmes superposés qui nous maintient en santé. Le système digestif, cardiovasculaire, immunitaire, musculaire, osseux, mais aussi l'équilibre entre le système conscient et inconscient, visible et invisible, interne et externe du corps. L'équilibre entre nous et l'environnement. Le peuple végétal l'a bien compris. Aucune plante ne survivrait sur la Terre si elle n'était nourrie par les autres. Nous sommes tous liés les uns aux autres et sont liées entre elles les différentes dimensions de notre incarnation. Ainsi, une relation toxique peut avoir des répercussions sur notre mode de pensée, sur notre cerveau et sur nos organes. Les Guérisseurs savent cela. Ils nous permettent d'équilibrer nos différents systèmes et de nous concentrer sur une facette ou sur un organe en particulier. La médecine quantique, qui est la médecine de demain, nous enseigne que le seul fait de se connecter à une plante ou à une information nous permet de recevoir cette information, cette qualité ou cette sagesse.




Symbolisme celte :


Selon Philip et Stephanie Carr Gomm, auteurs de L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore magique de la tradition druidique (Éditions Véga 2008), les mots clefs associés à cette plante sont :

en "position droite : Irritation - Dons cachés - Transmutation

en position inversée : Peur - Irritabilité - Aventure.


Il existe environ 500 espèces d'orties dans le monde entier. La grande ortie (Urtica dioica) est une plante pérenne originaire d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. Elle poussait déjà en Grande-Bretagne avant les deux dernières glaciations, mais s'est répandue seulement quand les hommes ont commencé à abattre les forêts. Bien qu'elle pousse mieux dans un sol fertile, l'ortie s'est adaptée à des conditions extrêmement variées, atteignant des tailles de 60 cm à 1 m et florissant de juin à septembre.

La carte montre une ortie en fleur en plein été. Un papillon Robert-le-diable volette, prêt à se nourrir dans les fleurs, tandis que dans l'herbe, une vipère mâle s'éveille de son sommeil. On voit au loin le menhir du complexe cérémoniel de Merrivale, sur le Dartmoor (Devonshire).


Sens en position droite. L'extérieur rugueux des orties dissimule une douceur incroyable. Cette carte incarne une situation ou une personne avec des caractéristiques similaires. Il est facile d'ignorer les gens irritants, mais souvent cette attitude cache leurs dons. Si vous essayez de laisser de côté cette irritation et de communiquer davantage avec eux, vous serez étonnés de ce qu'ils ont à offrir. Comme pour toute situation compliquée, vous devez décider si vous voulez reculer ou persévérer - "saisir l'ortie" et supporter la gêne initiale afin d'en bénéficier par la suite. Les orties enseignent que les apparences sont trompeuses et que les premières impressions peuvent être erronées, ainsi que le secret de la transmutation : une expérience initialement inconfortable se transforme en une chose précieuse.


Sens en position inversée. Nos ancêtres étaient certainement plus robustes que nous. Notre mode vie urbanisé et de plus en plus sophistiqué a apporté de bon nombre de bénéfices, mais nous a également rendus plus "délicats" - craignant d'interagir avec le monde naturel par peur de ses dangers. Le choix de cette carte dit que cela s'applique à vous ou est significatif dans le contexte de votre lecture. Bine que la nature puisse être sévère et mettre en péril la vie, c'est seulement en nous battant avec elle que nous nous sentons vivant. Le moment est venu pour vous de vous aventurer dehors.

Une signification alternative de cette carte apparaît si vous lui demandez : " Qu'est-ce qui me vexe ?" Si vous avez une nature positive, vous tendez à ignorer les signes de votre irritation, mais vous pouvez rester à l'écoute de ce sentiment. Si une personne ou une situation vous irrite, il se peut que vous soyez en accord avec elle. Finalement, la carte enjoint de ne plus être si irritable, et de vous occuper de la cause sous-jacente de vos ennuis au lieu d'être "hérissé" envers les autres.

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Une réserve de générosité

Pour les Anciens, la grande ortie était une plante des plus importantes, offrant nourriture, vêtements et remèdes. Difficile de croire qu'une plante qui punit d'une piqûre si désagréable et qui est actuellement tenue pour nuisible puisse représenter une telle réserve de générosité. L'homme a tourné le dos à cette plante à une époque relativement récente. A mesure que les tribus néolithiques abattaient des arbres pour s'installer dans les clairières des bois. les orties avaient poussé sur de grandes bandes de terrain et avaient rapidement été mises à contribution pour obtenir les fibres dont on fabriquait les cordes, les nasses et les tissus avant l'apparition du lin. La fibre d'ortie est incroyablement forte. Au XVIIème siècle, on la tissait encore en Écosse pour des draps et des nappes. Pendant la première guerre mondiale, lorsque les réserves de coton ont été épuisées, l'Allemagne et l'Autriche ont produit des vêtements en fibre d'ortie. Cuite ou dans une soupe, l'ortie rappelle le goût des épinards ou du chou frisé. Elle contient du calcium, du potassium, du fer, du manganèse et des vitamines A et C. En Écosse, on l'ajoutait au caille-lait pour préparer le beurre et le fromage. Bouillie avec de la farine d'avoine, l'ortie soignait le bétail constipé ou servait simplement de fourrage. En plus de servir de nourriture aux animaux et aux hommes, cette plante polyvalente entretient aussi plus de quarante espèces d'insectes, dont de nombreux papillons, comme la petite vanesse dont elle est la seule alimentation. A la fin de l'été, beaucoup d'oiseaux se gavent des graines produites en énorme quantité par les orties. Cette plante est si riche en phosphates que macérée dans de l'eau de pluie, elle fait un terreau bio idéal.

Les bains faciaux de vapeur d'ortie sont censés améliorer le teint et les infusion soignent l'eczéma. On l'utilise aussi comme tonique pour les cheveux et nettoyant pour la peau grasse. Un vieux remède populaire utilisé dans certaines régions des îles Britanniques consiste à fouetter délibérément son corps d'orties pour alléger les douleurs articulaires et rétablir la circulation. Les légionnaires romains, les gitans et les habitants de l'île de Man (qui appelaient l'ortie undaagah, ancien mot gaélique pour flagellation) connaissaient aussi ce secret.


"Nous avons mangé un peu de potage d'orties, très bon..."

Samuel Pepys, 1661

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Mythologie :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


ORTIE. — L’ortie a, le plus souvent, dans les croyances populaires, une signification propice. Dans le gouvernement de Novgorod, en Russie, les enfants sautent par dessus les orties, comme ailleurs sur le feu, à la veille de la Saint-Jean, pour indiquer l’entrée du soleil dans la saison brûlante. Un proverbe hongrois dit que la foudre ne frappe point les orties, probablement en vertu de la même croyance par laquelle on invoque le diable contre le diable. Les orties et les roses d’or sont destinées à essuyer les larmes de l’amant orphelin de la jeune Marie, dans un chant mythique et solaire des Lettes, cité par Mannhardt : Lettische Sonnenmythen :

D’après le livre De Virtutibus Herbarum, attribué à Albert le Grand, l’ortie chasse la peur : « Hanc herbam tenens in manum cum millefolio, securus est ab omni metu et ab omni phantasmate. Et si id ponatur cum succo sempervivae et ungantur manus et residuum ponatur in aqua, et aquam intret ubi sunt pisces, ad manus ejus congregabuntur, et etiam ad piscellum. Et si extrahatur, statim resiliunt ad loca propria ubi erant prius. » Le véritable Albert le Grand connaissait déjà de son temps l’usage d’employer l’ortie pour faire des tissus : « Duas autem habet pelles (urtica), interiorem et exteriorem ; et illae sunt, ex quibus est operatio, sicut ex lino et cannabo. Sed pannus urticae pruritum excitat, quod non facit lini vel cannabis » Cette notion nous fait mieux comprendre la petite toile de soie mouillée de larmes que les orties doivent essuyer. Les orties elles-mêmes fournissent la petite toile de soie. En Toscane, lorsque la feuille du mûrier vient à manquer, on y supplée encore en donnant aux vers à soie la feuille d’ortie. Le mot allemand Nessel, qui signifie ortie, a été rapproché du gothique nati, de l’anglo-saxon net et de l’allemand Netz. Victor von Hehn, dans son intéressant ouvrage, Kulturpflanzen und Hausthiere, s’étend sur le tissage de l’urtica dioeca par les femmes bachkires. Dans le Turkestan, on mêle souvent le fil d’ortie avec le fil de soie, et l’on en fabrique un tissu que l’on fait passer pour soie toute pure. La Thaumatographia naturalis de Johnston nous décrit un prodige concernant les orties : « Cum quidam remedium contra calculum instituere vellet, sub finem Autumni non paucas e terra urticas integras radicitus evulsit ; ex evulsis lixivium cum aqua calida vulgari modo composuit, compositumque philtrando atque transcolando purificavit, ut ex illis tandem, secundum artis praecepta suamque pariter intentionem, educaret, accomodatum. At vero, cum in vasculo quodam terreo, praedictum lixivium, tota nocte, ut frigefieret, exposuisset, quo die subsequente, exhalationem ad salem extrahendum moliretur, casu quodam contigit, hac ipsa nocte, aerem ita infrigidatum fuisse, ut totum lixivium gelu nimio concretum fuerit. Cum igitur, summo mane, vas illud e fenestra amovere vellet, praeter suam vidit opinionem aquam lixivii congelatam, subindeque mille urticarum figuras, in illa cum radicibus foliis et truncis adeo perfecte descriptas et adumbratas, ut qui melius illas ad unguem expressisset figurassetque vix pictor ullus reperiretur. » D’après Mannhardt, Germanische Mythen, l’ortie était consacrée au dieu Thunar. Dans le à Thyrol, lorsque l’orage éclate, on jette des orties sur le feu, pour éloigner tout danger, et, spécialement la foudre. La graine d’ortie, d’après les croyances germaniques, excite à la volupté et facilite les accouchements. Thunar était aussi un dieu du mariage pour les anciens Germains. Mannhardt ajoute ces renseignements curieux : « Si quis in urticas minxerit, libidine afficietur (1) ; Paullini (Zenkürzende Lust, 176) : Virginitatis probandae causa puellam in urticas etiam virides mingere jube, quae, amissa pudicitia, exarescent (2) (Ein schön neu erfundenes kunstbüchlein, darinnen 125 stück vor Menschen und Vieh). An einigen Orten schlägt man sich am Johannistage gegenseitig mit Brennesseln, die in Urin getaucht sind. Im Volkslied ist die Brennessel Symbol der Liebestrauer. Wenn man grüne taube Nesseln in den Urin des Kranken legt und sie nach 24 Stunden noch grün sind, so wird er gesund (Buck der Geheimnisse, Ilmenau, 1824). Gegen böse Träume hilft es, auf einem Schaffell schlafen und vor dem Zubettgehen einen Aufguss von Brennesselwurzeln trinken. » Par l’ortie, si on la cueille avant le lever du soleil, on chasse aussi, en Allemagne, les mauvais esprits du bétail, en prononçant ce quatrain :

Brennessel lass dir sagen,

Unsere Kuh hat (im Fuss) die Maden (böse Elbe) ;

Willst du sie nicht vertreiben,

So will ich dir den Kragen abreiben.


Dans le Canavais, en Piémont, on croit se sauvegarder de tout maléfice en portant de l’ortie sur soi. A Lugnacco, dans le Canavais, comme dans le Tyrol, à l’approche de l’orage, on jetait de l’ortie dans le feu, croyant ainsi éloigner par la fumée, les sorcières censées cause de la vapeur orageuse. Dans le Canavais, on donne aussi aux poules de l’ortie avec le son, dans la conviction que, par ce procédé, elles produiront beaucoup d’œufs. Macer Floridus (De viribus herbarum) recommande l’ortie comme un remède aphrodisiaque :


Si quadrupes quaecumque marem perferre recusat,

Urticae foliis illius vulva fricetur ;

Sic naturalem calor excitat ille calorem.


Notes : 1) Quelle pourrait être l’origine de l’expression française : jeter le froc ou la soutane aux orties ? En Italien, le proverbe plébéien pisciur sull’ortica est un équivalent de devenir sérieux. Pourquoi ?

2) Serait-ce pour cette raison que dans Hamlet, de Shakespeare, la vierge Ophélie porte une couronne d’orties ?

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Contes et légendes :


Lire le conte étiologique qui explique l'origine de la qualité urticante de l'ortie.

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Littérature :


J'aime l'araignée et j'aime l'ortie,

Parce qu'on les hait ;

Et que rien n'exauce et que tout châtie

Leur morne souhait ;


Parce qu'elles sont maudites, chétives,

Noirs êtres rampants ;

Parce qu'elles sont les tristes captives

De leur guet-apens ;


Parce qu'elles sont prises dans leur œuvre ;

Ô sort ! fatals nœuds !

Parce que l'ortie est une couleuvre,

L'araignée un gueux ;


Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes,

Parce qu'on les fuit,

Parce qu'elles sont toutes deux victimes

De la sombre nuit...


Passants, faites grâce à la plante obscure,

Au pauvre animal.

Plaignez la laideur, plaignez la piqûre,

Oh ! plaignez le mal !


Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ;

Tout veut un baiser.

Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie

De les écraser,


Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe,

Tout bas, loin du jour,

La vilaine bête et la mauvaise herbe

Murmurent : Amour !


Victor Hugo, "J'aime l'araignée et j'aime l'ortie", Livre premier : Aurore, poème XXVII, Les Contemplations, 1856.

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Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque ainsi les orties :

12 août

(Fontaine-la-Verte)


[...] Les orties contemplent dans l'eau brune de la mare l'image de leurs dentelures hérissées de mini-seringues à injection.

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