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  • Anne

Secrets de plante : l'ortie


Documentaire Arte




Étymologie :

  • ORTIE, subst. fém.

Étymol. et Hist. a) Début xiie s. bot. orthie (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1746) ; b) 1176-84 au fig. p. oppos. à rose pour signifier «le pire» (Gautier d'Arras, Eracle, éd. G. Raynaud de Lage, 1268) ; c) 1496 gecter le froc es ortyes (Mystère de St Martin, éd. A. Duplat, 7993 cité ds Z. rom. Philol. t. 97, p. 445) ; 1564 jetter le froc aux orties (Thierry, s.v. froc). Du lat. urtica «ortie».

Lire également la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

Autres noms : Urtica dioica ; Brûlant ; Étruge ; Astrigol ; Chocotte ; Darse.


Botanique :

Lire la monographie proposée par l'école d'herboristerie québécoise Flora Medicina.

D'après Lionel Hignard et Alain Pontoppidan, auteurs de Les Plantes qui puent, qui pètent, qui piquent (Gulf Stream Éditeur, 2008) :


"L'ortie est une grande plante à la tige raide, qui pousse en troupes denses sur les terrains riches et fertiles. Ses feuilles dentelées sont bordées d'une multitude de piquants, qui sont des sortes de minuscules seringues remplies d'un liquide toxique. Lorsqu'on touche l'ortie, la pointe des seringues se casse. Le liquide toxique est alors injecté dans la peau et ça fait très mal !


Pourquoi fait-elle ça ? C'est pour se défendre, pardi, que l'ortie pique et brûle ceux qui la touchent. Les animaux bien protégés par leur pelage ne la craignent pas trop, mais ils n'osent pas la brouter de peur de se faire piquer le museau. Les ânes et les brebis en grignotent quand même de temps en temps. La plupart des insectes ne semblent pas sensibles à ses piqûres, et se nourrissent des ses feuilles.


Bonne à tout faire : Malgré son abord rébarbatif, l'ortie est une plante utile qui sert à des dizaines d'usages. Au printemps, les jeunes pousses permettent de préparer une soupe délicieuse et revitalisante. Les fibres de sa tige donnent un tissu très doux, appelé ramie. Les feuilles, mises à fermenter avec de l'eau, servent à faire le purin d'ortie, un excellent engrais pour les plantes du jardin.


Orties à papillons : Beaucoup d'insectes s'installent sur les feuilles d'ortie, peut-être pour échapper à leurs prédateurs. Les chenilles d'un joli papillon d'été, la petite tortue, apprécient particulièrement les feuilles d'ortie. On les y trouve parfois en troupe nombreuse, à l'appétit féroce. Après leur passage, il ne reste plus de l'ortie que la tige et les nervures des feuilles."

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Symbolisme :

Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi l'Ortie (Ortica dioica) :


"Il s'agit d'une plante vivace que l'on retrouve un peu partout dans le monde. Ses feuilles dentelées et irritantes pour la peau la rendent facile à reconnaître. Elle peut atteindre une hauteur de deux mètres.


Propriétés médicinales : Le jus extrait de cette plante ou une infusion des feuilles sont recommandés pour stimuler la digestion. Cette même infusion favorise la montée de lait chez les nouvelles mamans ainsi qu'une production accrue chez les femmes qui allaitent déjà. D'autre part, ses propriétés astringentes en font un remède idéal dans les cas de flux menstruel trop abondant ou de présence de sang dans les urines. C'est aussi recommandé pour traiter les problèmes urinaires et pour prévenir les rhumes durant la saison hivernale. Prise en décoction, l'ortie aide à soulager la diarrhée.


Genre : Masculin.


Déités : Mars.


Propriétés magiques : Guérison ; Protection ; Purification.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • L'ortie a longtemps été utilisée en magie pour ses pouvoirs de protection. On se souviendra que dans le conte de fées des princes changés en cygnes, leur sœur devait tisser de l'ortie et en faire des manteaux afin de briser le sort.

  • On peut éparpiller de l'ortie séchée et réduite en poudre autour de la maison afin d'empêcher les influences négatives d'y pénétrer.

  • Les vibrations émises par la plante en pot, et placée dans la chambre d'une personne malade, hâteront sa convalescence.

SORTILÈGE POUR CONJURER LE MAUVAIS SORT (pour conjurer un sort et le retourner vers la personne qui l'a jeté.)

Il faut faire ce sortilège durant le cycle décroissant de la lune.


Ce dont vous avez besoin :

- une chandelle noire

- de l'encens de myrrhe

- du tissu noir pour confectionner une "poupée"

- quelques feuilles d'ortie

- de la bourre


Rituel :

Allumez la chandelle et l'encens. Sur votre tissu plié en deux, tracez la forme d'une poupée ; coupez et cousez pour former une marionnette que vous bourrerez. Faites ensuite une incision au niveau du cœur de la poupée et insérez-y les feuilles d'ortie en prononçant cinq fois l'incantation suivante :

Par le pouvoir de l'ortie sacrée

Je retourne ce sort qui m'a été jeté

Par la puissance de l'ortie sacrée

Retourne d'où tu viens, je ne t'ai pas appelé.


La puissance du sort sera aussitôt retournée à la personne. Prenez maintenant la poupée et allez l'enterrer."

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Symbolisme celte :

Selon Philip et Stephanie Carr Gomm, auteurs de L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore magique de la tradition druidique (Éditions Véga 2008), les mots clefs associés à cette plante sont :


en "position droite : Irritation - Dons cachés - Transmutation

en position inversée : Peur - Irritabilité - Aventure.


Il existe environ 500 espèces d'orties dans le monde entier. La grande ortie (Urtica dioica) est une plante pérenne originaire d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord. Elle poussait déjà en Grande-Bretagne avant les deux dernières glaciations, mais s'est répandue seulement quand les hommes ont commencé à abattre les forêts. Bien qu'elle pousse mieux dans un sol fertile, l'ortie s'est adaptée à des conditions extrêmement variées, atteignant des tailles de 60 cm à 1 m et florissant de juin à septembre.

La carte montre une ortie en fleur en plein été. Un papillon Robert-le-diable volette, prêt à se nourrir dans les fleurs, tandis que dans l'herbe, une vipère mâle s'éveille de son sommeil. On voit au loin le menhir du complexe cérémoniel de Merrivale, sur le Dartmoor (Devonshire).


Sens en position droite. L'extérieur rugueux des orties dissimule une douceur incroyable. Cette carte incarne une situation ou une personne avec des caractéristiques similaires. Il est facile d'ignorer les gens irritants, mais souvent cette attitude cache leurs dons. Si vous essayez de laisser de côté cette irritation et de communiquer davantage avec eux, vous serez étonnés de ce qu'ils ont à offrir. Comme pour toute situation compliquée, vous devez décider si vous voulez reculer ou persévérer - "saisir l'ortie" et supporter la gêne initiale afin d'en bénéficier par la suite. Les orties enseignent que les apparences sont trompeuses et que les premières impressions peuvent être erronées, ainsi que le secret de la transmutation : une expérience initialement inconfortable se transforme en une chose précieuse.


Sens en position inversée. Nos ancêtres étaient certainement plus robustes que nous. Notre mode vie urbanisé et de plus en plus sophistiqué a apporté de bon nombre de bénéfices, mais nous a également rendus plus "délicats" - craignant d'interagir avec le monde naturel par peur de ses dangers. Le choix de cette carte dit que cela s'applique à vous ou est significatif dans le contexte de votre lecture. Bine que la nature puisse être sévère et mettre en péril la vie, c'est seulement en nous battant avec elle que nous nous sentons vivant. Le moment est venu pour vous de vous aventurer dehors.

Une signification alternative de cette carte apparaît si vous lui demandez : " Qu'est-ce qui me vexe ?" Si vous avez une nature positive, vous tendez à ignorer les signes de votre irritation, mais vous pouvez rester à l'écoute de ce sentiment. Si une personne ou une situation vous irrite, il se peut que vous soyez en accord avec elle. Finalement, la carte enjoint de ne plus être si irritable, et de vous occuper de la cause sous-jacente de vos ennuis au lieu d'être "hérissé" envers les autres.

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Une réserve de générosité

Pour les anciens, la grande ortie était une plante des plus importantes, offrant nourriture, vêtements et remèdes. Difficile de croire qu'une plante qui punit d'une piqûre si désagréable et qui est actuellement tenue pour nuisible puisse représenter une telle réserve de générosité. L'homme a tourné le dos à cette plante à une époque relativement récente. A mesure que les tribus néolithiques abattaient des arbres pour s'installer dans les clairières des bois. les orties avaient poussé sur de grandes bandes de terrain et avaient rapidement été mises à contribution pour obtenir les fibres dont on fabriquait les cordes, les nasses et les tissus avant l'apparition du lin. La fibre d'ortie est incroyablement forte. Au XVIIème siècle, on la tissait encore en Écosse pour des draps et des nappes. Pendant la première guerre mondiale, lorsque les réserves de coton ont été épuisées, l'Allemagne et l'Autriche ont produit des vêtements en fibre d'ortie. Cuite ou dans une soupe, l'ortie rappelle le goût des épinards ou du chou frisé. Elle contient du calcium, du potassium, du fer, du manganèse et des vitamines A et C. En Écosse, on l'ajoutait au caille-lait pour préparer le beurre et le fromage. Bouillie avec de la farine d'avoine, l'ortie soignait le bétail constipé ou servait simplement de fourrage. En plus de servir de nourriture aux animaux et aux hommes, cette plante polyvalente entretient aussi plus de quarante espèces d'insectes, dont de nombreux papillons, comme la petite vanesse dont elle est la seule alimentation. A la fin de l'été, beaucoup d'oiseaux se gavent des graines produites en énorme quantité par les orties. Cette plante est si riche en phosphates que macérée dans de l'eau de pluie, elle fait un terreau bio idéal.

Les bains faciaux de vapeur d'ortie sont censés améliorer le teint et les infusion soignent l'eczéma. On l'utilise aussi comme tonique pour les cheveux et nettoyant pour la peau grasse. Un vieux remède populaire utilisé dans certaines régions des îles Britanniques consiste à fouetter délibérément son corps d'orties pour alléger les douleurs articulaires et rétablir la circulation. Les légionnaires romains, les gitans et les habitants de l'île de Man (qui appelaient l'ortie undaagah, ancien mot gaélique pour flagellation) connaissaient aussi ce secret.


"Nous avons mangé un peu de potage d'orties, très bon..."

Samuel Pepys, 1661

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Contes et légendes :


Lire le conte étiologique qui explique l'origine de la qualité urticante de l'ortie.

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Poésie :


J'aime l'araignée et j'aime l'ortie, Parce qu'on les hait ; Et que rien n'exauce et que tout châtie Leur morne souhait ; Parce qu'elles sont maudites, chétives, Noirs êtres rampants ; Parce qu'elles sont les tristes captives De leur guet-apens ; Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ; Ô sort ! fatals nœuds ! Parce que l'ortie est une couleuvre, L'araignée un gueux ; Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes, Parce qu'on les fuit, Parce qu'elles sont toutes deux victimes De la sombre nuit... Passants, faites grâce à la plante obscure, Au pauvre animal. Plaignez la laideur, plaignez la piqûre, Oh ! plaignez le mal ! Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ; Tout veut un baiser. Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie De les écraser, Pour peu qu'on leur jette un œil moins superbe, Tout bas, loin du jour, La vilaine bête et la mauvaise herbe Murmurent : Amour !


Victor Hugo, "J'aime l'araignée et j'aime l'ortie", Livre premier : Aurore, poème XXVII, Les Contemplations, 1856.

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