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  • Anne

Le Bouton d'or


Article initié par Marie-Claire.


Étymologie :

  • RENONCULE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1549 ranuncule (J. Meignan, Hist. des plantes, LXXXVII ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. ranuncula, prop. « petite grenouille » (bot. chez Pline, v. André Bot. ; en gr. β α τ ρ α ́ χ ι ο ν chez Dioscoride). Ce nom vient de ce que la plupart des espèces de ce genre habitent les lieux marécageux (v. Roll. Flore t. 1, p. 39).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


Pour connaître les particularités de la famille des renoncules, consulter le document extrait du site http://www.plantes-botanique.org/famille_ranunculaceae :


Famille : Renonculacées

Origine : Europe à l’ouest de l’Asie

Période de floraison : de mai à août

Couleur des fleurs : jaune d’or

Type de plante : plante à fleur herbacée, adventice

Type de végétation : vivace

Type de feuillage : caduc

Hauteur : 20 à 30 cm

Toxicité : comestible sec ou cuit, mais toxique frais. médicinale avec précaution


Le bouton d’or est une petite fleur jaune que tout le monde connait, un terme utilisé depuis des générations pour qualifier une petite fleur simple et dorée, qui pousse dans les prairies. Mais plusieurs espèces de renoncules se rassemblent sous ce nom d’usage, proches et difficiles à différencier : notamment, la renoncule acre, Ranunculus acris et la renoncule rampante, Ranunculus repens, dont les fleurs se ressemblent. Botaniquement parlant, le véritable bouton d’or est la renoncule acre, moins répandue, et surtout non envahissante.

Selon François Couplan et Eva Styner dans Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques (Editions Delachaux et Niestlé, 2013), les renoncules peuvent se classer en trois catégories :

  • plantes aquatiques à fleurs blanches

  • plantes terrestres à fleurs blanches ou rosées

  • plantes terrestres à fleurs jaunes "les boutons d'or"

De très nombreuses espèces possèdent des feuilles caractéristiquement découpées en 3-5 lobes réunis à la base , mais certaines ont des feuilles entières, allongées ou élargies. La plupart ont des pétales munis d'une écaille à la base.

Toutes les renoncules sont à considérer comme toxiques, en particulier la renoncule sardonique, la renoncule vénéneuse des hautes montagnes et la renoncule scélérate. Les renoncules les plus répandues sont la renoncule âcre, la renoncule rampante et la renoncule bulleuse, toutes à fleurs jaunes.


Confusions possibles : entre les différentes espèces de la nombreuse famille des Renonculacées.


Toxicité : toutes les renoncules sont irritantes et toxiques à des degrés divers. La plus dangereuse est la renoncule sardonique, utilisée comme poison dans l'Antiquité (elle provoquait dans la mort une crispation particulière du visage, le sourire "sardonique") et la renoncule vénéneuse, qui servait autrefois à empoisonner les pointes des flèches. On raconte que les mendiants utilisaient au Moyen-Age la renoncule scélérate pour frotter leurs membres avec la plante fraîche afin de provoquer des ulcérations et d'attirer ainsi la pitié des passants.

Dans la plupart des cas, les troubles consécutifs à l'ingestion se limitent à l'irritation violente des muqueuses buccales et du tractus intestinal.


Composition : toutes les espèces renferment en quantité variable un hétéroside de lactose, le ranunculoside, libérant par hydrolyse une substance vénéneuse, la protoanémonine, qui disparaît au séchage. Elles contiennent aussi des saponosides.

Utilisations alimentaires : les feuilles de ficaire, peu âcres, sont potentiellement comestibles. La base renflée de la tige de la renoncule bulbeuse peut être consommée après trempage et cuisson à l'eau. Sa saveur n'est pas désagréable et elle est nutritive.


Particularité du bouton d'or : La Renoncule rampante est toxique lors qu’elle est fraîche : lorsqu’elle est écrasée, donc mâchée, elle libère des enzymes qui elles-mêmes ouvrent les vésicules stockant l’anémonine, une toxine irritante au toucher, et provoquant des indigestions, inflammation du tube digestif et diarrhée. C’est un stratagème pour se protéger de la prédation, cette réaction chimique rend la plante amère, et les animaux l’évitent. Une fois sèche ou cuite la plante perd sa toxicité. Elle peut donc être incorporée dans le foin pour les animaux.

Elle possède également la particularité d’inhiber la croissance des plantes voisines, surtout des fabacées (par exemple le trèfle). Du point de vue médicinal, la plante peut être utilisée pour un usage analgésique.

Lorsque les populations ont connu la disette, cette plante était consommée cuite, de manière à perdre sa toxicité.

site http://www.aujardin.info/plantes/ranunculus-repens.php

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Les scientifiques s'en mêlent : « T'aimes le beurre ? » : un jeu enfantin consistant à mettre un bouton-d'or sous le menton d'un camarade avant d'affirmer que le reflet sur la peau «prouve» qu'il l'aime a été élucidé par des scientifiques de l'université de Cambridge.

Ce "jeu" vient des temps pas si lointains où le beurre était baratté dans les campagnes où les superstitions fleurissaient. Il était d'usage de croire que si l’on mangeait le premier bouton d’or aperçu au printemps, le beurre serait bon toute l’année ; si l'on déposait dans le pot à lait les trois premières renoncules trouvées, le beurre serait bien jaune ; si on touchait le menton de la fermière avec un bouton d’or et que cela laissait des traces jaunes, son beurre serait réussi...


Rayonnement comparable à un miroir : Le renoncule (Ranunculus repens) est surnommé bouton-d'or en français, « buttercup » en anglais, « Butterblume » en Allemand, et « boterbloem » en néerlandais soit « fleur de beurre » pour le reflet jaune, semblable au beurre, qu'il produit lorsqu'on l'approche de la peau. « Les scientifiques s'intéressent à son fonctionnement depuis plus d'un siècle », explique la célèbre université britannique dont l'article est publié dans le journal Interface de la Royal Society, équivalent de l'Académie française des sciences.

Les départements de physique et de botanique de Cambridge ont découvert que la structure très particulière des pétales explique l'exceptionnel rayonnement du bouton-d'or, d'une intensité comparable à un miroir. Les cellules des pétales sont constituées de deux surfaces extrêmement plates, séparées par une couche d'air. La réflexion de la lumière par la surface lisse des cellules et par la couche d'air double l'éclat du pétale, ce qui explique que le bouton-d'or réfléchisse davantage la lumière que toute autre fleur.

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Un éclat pour séduire les insectes : Les chercheurs de Cambridge ont également découvert que le bouton-d'or réfléchissait une dose importante de rayonnement ultraviolet, auxquels les abeilles et les autres insectes pollinisateurs sont très sensibles. L'éclat du bouton-d'or serait destiné à séduire les insectes, qui vont permettre à la fleur de se reproduire, indépendamment du jeu enfantin en vogue dans de nombreux pays, dont le Royaume-Uni et la France.

« Bien que maints facteurs, comme l'odeur et la température, influencent la relation entre les pollinisateurs et les fleurs, l'aspect visuel est un élément majeur de communication », a expliqué Silvia Vignolini, de l'université de Cambridge. « Notre recherche offre un aperçu passionnant à la fois sur un jeu d'enfants et sur la façon dont les fleurs attirent les insectes pollinisateurs », résume Beverley Glover, du département botanique, dans le communiqué de l'université.

site http ://www.20minutes.fr/sciences/842630-20111214

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Propriétés médicinales :


Le bouton d'or comme toute la famille des Renonculacées contient un alcaloïde puissant et, pour cette raison, il n'est pas utilisé en phytothérapie mais, malgré sa toxicité, notre jolie fleur est un petit trésor de soleil concentré.

En élixir floral, en teinture mère ou en homéopathie, il ne présente aucun danger. La teinture mère et les granules homéopathiques se préparent avec la plante entière fraîche et fleurie.


La force du bouton d'or : sa simplicité et son énergie à se tenir droit.


Propriétés thérapeutiques

  • Vésicante et rubéfiante

  • Antispasmodique et analgésique

Constituants : Saponines ; Anémonine ; Protoanémonine ; Amidon ; Sels minéraux.


Indications thérapeutiques : Utilisé dans tous types de douleurs associées à des pathologies inflammatoires de la sphère ORL ou dermatologique : Maux de tête ; Douleurs rhumatismales ; Névralgies ; Rhinopharyngites ; Rhinites type allergique ; Maladies virales comme le zona, l'herpès, la varicelle.


Toxicité

  • Brûlures des muqueuses, particulièrement nasales, oculaires et digestives.

  • Nausées et vomissements.

  • Convulsions, insuffisance circulatoire et respiratoire selon la toxicité plus ou moins sévère de l'espèce ingérée.

La toxicité des plantes les moins toxiques disparaît lorsque la plante sèche ou lorsqu'on la fait cuire. La renoncule sardonique, la renoncule scélérate et la renoncule vénéneuse sont les espèces les plus toxiques.

Dans la Revue de l'histoire de la pharmacie (1947-n°118-p.202), le Dr Paul Delaunay présente les méfaits du bouton d'or ou les dangers de la phytothérapie :


"Les prieurs-curés de Germond en Vendée tenaient les registres baptistaires et mortuaires de leur paroisse avec étude, zèle et soin. Et l'on y trouve mention de l'imprudence du chirurgien François Denis, lequel, pour avoir appliqué sans précautions et nimis largâ manu, de la renoncule pilée sur les jambes oedèmatiées du R.P. Chalmette, envoya son client de vie à trépas. Pour que nul n'ignorât cette impérétie, le prieur Corraud donna à ses ouailles lecture publique de l'acte mortuaire, ainsi conçu :


"Le 13 juillet 1738 a été inhumé dans le tombeau des prieurs, à droite du chœur, dans l'église de Germond, Anne Chalmette, prieur, après avoir reçu tous les sacrements et avec une résignation admirable, quoique dans de grandes souffrances causées par l'ânerie (sic) du chirurgien F. D... de cette paroisse, qui lui appliqua des oignons de bouton d'or pilés sur ses jambes pour les faire fluer, ce qui les lui brûla entièrement, et ce en présence de toute la paroisse, qui n'a néanmoins pas signé."

E.P. Corraud, prieur

(D'après Ricochon : Un révulsif d'autrefois. La prescription du chirurgien François Denis, de la paroisse de Germond ; in L'Union médicale des praticiens français, 1947, pp 123-126) On a utilisé jadis les propriétés vésicantes des feuilles de Ranunculus acris L et Ranunculus bulbosus L. L'ingestion de ces plantes fraîches serait dangereuse pour le bétail. Le document précité atteste qu'elles ne sont pas moins toxiques pour les moines Augustins

"Le bouton d'or apporte estime de soi et confiance à ceux qui doutent d'eux-mêmes, qui se sous-estiment, qui ne savent pas s'apprécier à leur juste valeur. Apporte ouverture et confiance chez les tempéraments timides et réservés.

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Pour détourner les enfants de toucher à certaines espèces, on leur dit qu'elles peuvent être nuisibles aux volatiles parfois même comme dans le Cher, il suffit pour faire crever les oisons et les poulets de cueillir les renoncules des champs.

[...] Aux environs de Liège les enfants qui portent à leur bouche la renoncule éprouvent le même inconvénient [pisser au lit].

[...] Dans l'Aube on répand les fleurs des renoncules des champs devant la porte des maris trompés, dans la nuit de la saint Gengoult.

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Symbolisme :


Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


BOUTON-D'OR - RAILLERIE

Qui ne connaît cette petite fleur d'un jaune doré et re luisant ? Variété de la renoncule des prés, elle aime le grand air et le soleil, et tranche vivement sur le ton plus pâle des fleurs qui l'entourent. Le suc de ses racines peut devenir mortel.


RENONCULE - VOUS BRILLEZ DE MILLE ATTRAITS.

Plante vivace, haute de huit à dix pouces, terminée par une fleur simple ou double ; beaucoup de renoncules viennent sans culture dans les prés, les bois, les marais.

C'est Louis XI qui, dit-on, apporta le premier la renoncule en France .

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Le Dictionnaire Larousse en 2 volumes (1922) propose des pistes pour comprendre le langage emblématique des fleurs :

Nom Signification Couleur Langage emblématique

Bouton d'or Joie Jaune d'or Heureux d'aimer