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  • Anne

La Sauge



Étymologie :

  • SAUGE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Fin xie s. salje (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1) ; mil. xiiie s. sauge (Gloss. Glasgow, 157b ds T.-L.) ; 1814 sauge officinale (Nysten). Du lat. salvia « sauge », dér. de salvus « l'herbe bienfaisante » (v. André Bot.).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Salvia officinalis ; Ambrosée ; Bon génie ; Chabio ; Herbe des cuisinières ; Herbe sacrée ; Musauge ; Orvale ; Salbine ; Sale ; Sarthe ; Sauge à oreilles ; Sauge des bois ; Sauge franche ; Sauge menue ; Sauge pointue ; Sauge sauvage ; Saugette ; Sârtche ; Seuge ; Siège ; Souange ; Souge ; Sôrge ; Soûle ; Thé de France ; Toute-bonne.




Botanique :


"Au Moyen Âge, la sauge était considérée comme le remède universel. Depuis, on lui reconnaît toujours de nombreuses vertus médicinales. En plus, elle peut servir d'aromate. La sauge ? Une plante à tout faire !

Paysage de science fiction ? Preuve de vie à la surface d'une nouvelle planète ? Que sont donc ces boules laiteuses en équilibre sur des tiges violettes ? Il s'agit de gouttes d'huile végétale. Nous observons en effet une feuille de sauge sclarée recouverte de trichomes, les poils microscopiques mauves. Ils permettent à cette plante de sécréter une huile essentielle aux propriétés analgésiques, anti-inflammatoires, antioxydantes, antimicrobiennes et cytotoxiques. Depuis la nuit des temps, les différentes espèces de sauge sont réputées pour leurs bienfaits dans de nombreux domaines : anti-venin contre les morsures de serpents, remèdes conter les démons, potion pour accroître la fertilité des femmes. Ce n'est pas pour rien que leur nom scientifique, salvia, vient du latin salvare qui signifie "sauver".

Aujourd'hui on la cultive principalement pour utiliser son huile essentielle dans la fabrication de vermouths, de liqueurs ou de parfums. Elle attire aussi les abeilles qui produisent alors un miel au goût corsé. Mais la sauge peut également servir de plante aromatique pour parfumer les plats. En Amérique du Nord, les Indiens utilisent les propriétés psychotropes d'une des espèces dans des rites chamaniques."


Jeu de mémoire : Au cœur de la matière, éd. Ullmann.

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Robert Castellana et Sophie Jama, auteurs de "Floriculture et parfumerie : les origines de l’acclimatation végétale sur la cote d’azur." (Issued by The Phoenix Project, 2012) nous apprennent les vertus de la sauge (Salvia sclarea) en lien avec la parfumerie :


Les usages de la sauge sont presqu'aussi nombreux que ses multiples variétés, dont plusieurs centaines ont été recensées. Condiment, substitut du thé ou du houblon pour la bière, la sauge servait de longue date en parfumerie, dans l'embaumement des morts, dans la pharmacie, ainsi que sous forme de teinture, poudre, cataplasme, infusion vineuse, bains et fumigations.

Originaire d'Europe orientale, méridionale et centrale, la sauge sclarée est une plante très odorante. Sur la Côte d'Azur, elle fit l'objet, au début du XX° siècle, d'une mise en exploitation significative (avec une production annuelle de quelques 58 tonnes), suite au succès de son huile essentielle en parfumerie.

De nos jours, son essence demeure un modèle d'équilibre en matière de parfums. Elle est aussi utilisée dans la fabrication de vermouths et de liqueurs. Sa culture demeure significative en France, en Hongrie et en Bulgarie.

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Phytothérapie traditionnelle :


Dans Des hommes et des plantes (Éditions Opéra Mundi, 1970), son autobiographie, Maurice Mésségué évoque le savoir ancestral de son père :


Le docteur Echernier bavardait avec mon père de toutes sorte de choses. Très curieux de nature il lui posait des questions sur les plantes : « Dis-moi, Camille, d'après toi, la sauge est bonne pour quoi ? Nous, en médecine, nous l'utilisons surtout comme anti-sudorale ». Et je voyais mon père hocher la tête ; il n'osait pas dire que ces mots-là lui étaient bien obscurs. Alors, avec sa finesse latine, il répondait :

- C'est bien savant, monsieur le docteur. Moi je m'en sers pour ceux qui se plaignent de l'estomac. Mais de sauge il n'y en a pas qu'une ! J'en connais trois : celle « des ruines » [note : sauge officinale] qui se plaît aussi dans les jardins. Elle se conserve bien et garde ses pouvoirs longtemps. il y en a qui disent qu'il faut la cueillir au matin de la Saint-Jean, qu'elle y est au plein de sa force ! Elle est bonne pour ceux qui ont besoin de se remonter. Pour s'en servir tous les jours elle est un peu forte. Alors il vaut mieux choisir « la toute bonne ». On la trouve dans les chemins, en bordure des champs. Elle et si douce qu'on peut en user longtemps, elle n'irrite jamais. Je n'aime pas la « sauge des prés ». Elle est comme certaines femmes : plus belle que bonne ! Elle perd vite son parfum et avec lui ses vertus.

- D'après toi, Camille, une plante ne vaut plus rien , quand elle n'a plus d'odeur ?

- Eh oui, quand les herbes sentent la poussière, c'est qu'elles y sont déjà retournées...

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Selon Marc Questin, auteur de La médecine druidique (1990, nouvelle édition identique, 1997),


"Chez les Gaulois, la sauge était considérée comme une plante merveilleuse capable de guérir toutes les maladies. Les druides l'utilisaient contre les fièvres, la toux, les rhumatismes, contre la paralysie et l'épilepsie, et pour favoriser à la fois la conception et l'accouchement. Ils la jugeaient si efficace qu'ils lui attribuaient jusqu'au pouvoir de ressusciter les morts et ne manquaient pas, par ailleurs, d'en ajouter à l'hydromel et à la cervoise, afin de se mettre en condition prophétique et pour renforcer leurs incantations.

Les qualités astringentes de la sauge la font utiliser contre les hémorragies, les saignements, les pertes sanguines anormales des femmes, les pertes blanches et la toux. Ses vertus diurétiques, antispasmodiques et reconstituantes la rendent précieuse contre les affections aussi gênantes ou graves que la rétention d'urine, la paresse des reins, les œdèmes, la goutte, les rhumatismes et les migraines. Comme de plus elle guérit les blessures, arrête le sang et accélère la cicatrisation des tissus, Mességué la recommande en bains de bouche (contre les gingivites, les inflammations du palais et de la gorge, les aphtes, les "amygdales" des enfants, les caries et les abcès dentaires) et la conseille en lotions, en compresses et en bains contre les plaies, les abcès, les ulcères, les furoncles, les engelures, les contusions, les foulures et les entorses.

Cette plante merveilleuse est antidiabétique. Sa décoction fait assez rapidement revenir à la normale le taux des sucres dan le sang.

Le "vin de sauge" est recommandé contre les bronchites chroniques, les sueurs nocturnes et les vertiges. Faire macérer, huit à dix jours, 80 à 100 g de feuilles de sauge (fraîches de préférence) dans 1 l de bon vin blanc ; sucrer au miel selon les goûts ; passer en exprimant à travers un linge fin ; prendre un verre à madère avant les deux repas.

Une décoction de sauge dans du vin rouge s'emploie efficacement pour la guérison rapide des ulcères et des plaies rebelles.

Rien de tel qu'un bon bain préparé avec une forte poignée de sauge pour clamer les douleurs rhumatismales.

Fumées dans une pipe ou sous forme de cigarettes, les feuilles sèches sont excellentes pour les asthmatiques et bronchiteux.

La décoction de sauge (15 g de feuilles pour 1 l d'eau ; faire bouillir cinq minutes au moins et laisser infuser autant) est d'une exceptionnelle efficacité en gargarismes répétés (chauds) contre les maux de gorge et les angines.

Il n'est pas non plus inutile de savoir qu'une pincée de feuilles de sauge infusées cinq minutes dans une tasse de lait bouillant fait avorter le rhume à son début, et que des feuilles de sauge consumées sur des braises ou mises à bouillir dans une casserole découverte (comme pour l'eucalyptus) désinfectent les locaux où des malades graves ont longtemps séjourné.

En cas de rhumatismes, goutte, sciatique et douleurs musculaires, l'onguent de sauge est indiqué. De bons massages, matin et soir, en faisant bien pénétrer l'onguent dans la peau, fortifient les nerfs et assouplissent les articulations.

Infusion de feuilles et de fleurs : jetez une demi-poignée de mélange sec dans un litre d'eau. On en prendra une tasse après les repas, comme tonique, digestif et stimulant ; et une tasse au coucher, contre l'insomnie, les sueurs froides et les angoisses. L'effet calmant est immédiat !"

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J. Bouquet dans "L'art de conserver la santé, extrait du "Messager boiteux "." (In : Revue d'histoire de la pharmacie, 20ᵉ année, n°77, 1932. pp. 54-56) relève quelques extraits du Véritable Messager boiteux de Berne pour l'année 1817 :

DE LA SAUGE


L'Homme aux traits de la mort doit-il être accessible,

Tant qu'il peut appeler la Sauge à son Secours ?

Oui, nos jours sont bornés : aux regrets insensible,

La mort doit, tôt ou tard, en terminer le cours.

Vouloir l'éterniser, c'est vouloir l'impossible :

N'y songez point. A cela près

L'usage de la Sauge a d'excellents effets.

Pour raffermir la main tremblante,

Pour conforter les nerfs, la Sauge est excellente.

Et d'une fièvre aiguë elle arrête l'accès.

La Lavande, la Tanaisie,

La Primevère, le Cresson,

La Sauge, le Castor donnent la guérison

Aux membres attaqués par la paralysie ;

L'usage de la Sauge est si grand, qu'il est bon

D'en avoir en toute Saison.

Aussi, dans la langue latine,

Son nom du mot « Sauver » tire son origine.

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Une fée de l'Aveyron recommanda à une de ses compagnes, qui était captive, de ne pas vendre le secret de la sauge, car si les riches le savaient, ils laisseraient mourir de faim le pauvre monde.

[...] Dans la Gironde, on évite la mal donne, en portant un sachet qui contient trois feuilles de sauge, trois feuilles de romarin et trois feuilles de laurier bénit.

[...] Pour perdre son lait que la fame alhe sauter trois fois, ou durant trois matins, sur la sauge du jardin d'un prêtre.

[...] Un vieux recueil conseille, pour guérir le fic cancer, de prendre trois paquets de sauge, de faire la croix sur le mal et de dire « Cancer maudit, aujourd'hui puisses-tu perdre la tête et demain la racine. »

[...] Pour garir fièvres continues il faut escripre les trois premiers mos de la pater-noster sur une feuille de Sauge nostrée, et icelle mengier par trois matinées.

[...] Au XVIIe siècle, où la sauge avait le même sens emblématique que de nos jours, il était compris même dans la haute société : lorsque Lambert le riche eut été évincé par une dame à laquelle il voulait se marier, toutes les dames de l'île Saint-Louis lui envoyèrent des bouquets de sauge.

[...] En Berry, la chambre où gît le trépassé est jonchée de menthe, de sauge, de beaume et d'autres plantes odoriférantes que l'on désigne sous le nom d'herbes fortes ou herbes du mort.

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Symbolisme :


Dans Physica, Le Livre des subtilités des créatures divines de Hildegarde de Bingen, (XIIe siècle ; trad. P. Monat 2011) on apprend que :


"La sauge est de nature chaude et sèche ; elle se développe grâce à la chaleur du soleil plutôt que grâce à l'humidité de la terre ; elle est utile contre les humeurs molles, car elle est sèche. Elle est bonne à manger, aussi bien crue que cuite, pour ceux qui souffrent d'humeurs nocives, car elle apaise ces humeurs. Prendre de la sauge et la réduire en poudre ; manger cette poudre avec du pain, et elle fera disparaître l'excédent des humeurs nocives. Et si on doit supporter quelque odeur fétide, mettre de la sauge dans les narines, elle sera bien utile.

Si quelqu'un souffre d'un excès de flegme, ou si quelqu'un a une haleine fétide, faire cuire de la sauge dans du vin filtrer et boire à plusieurs reprises : mauvaises humeurs et flegme diminueront. Si celui qui souffre de ces maux est un peu paralysé, faire cuire de la sauge dans de l'eau ; qu'il en boive : humeurs et flegmes diminueront en lui.

[Ed. Si celui qui souffre de ces maladies est un peu paralysé, faire cuire de la sauge dans de l'eau comme susdit, et lui faire boire ce liquide ; sa chaleur adoucie grâce à l'eau arrête la paralysie. Mais si on la donnait avec du vin, celui-ci ferai entrer les humeurs qui provoquent la paralysie.]

Si on est dégoûté de toute nourriture, prendre de la sauge, un peu de cerfeuil, un petit peu d'ail : piler le tout dans du vinaigre et en faire un condiment qu'on mettra sur les aliments et on retrouvera l'appétit.

Lorsqu'un aliment qui contient des sucs tièdes provoque des douleurs dans la tête, prendre en égale quantité de la sauge, de l'origan et du fenouil ; ajouter du marrube en quantité supérieure à cet ensemble, piler et mêler le suc à du beurre ; si on n'en a pas, ajouter de la graisse d'oie, faire un onguent et en frotter la tête : l'état s'améliorera.

Si de mauvaises vapeurs venant de l'estomac provoquent des douleurs dans les hanches, prendre de la sauge, une part, de la seuwurtz, cinq parts, et de la rue, dix parts ; faire cuire dans une marmite neuve jusqu'à ce que commence l'ébullition. Ôter l'eau et mettre ces herbes encore chaudes, sur la région douloureuse, en plaçant un linge par-dessus.

Si à cause de la froideur de son ventre, on ne peut retenir son urine, faire cuire de la sauge dans de l'eau, filtrer ; boire souvent, chaud, et on sera guéri.

Si des humeurs mauvaises, épaisses et empoisonnées se trouvent en abondance chez quelqu'un et lui font cracher et perdre du sang pendant quelque temps, que celui-ci ne prenne aucune médecine pendant tout ce temps-là, de peur que le sang, effrayé par la médecine, ne provoque en lui quelque lésion et ne se mette à couler davantage. Mais, une fois que le flux de sang s'est arrêté, faire cuire de la sauge dans un vin doux et léger, coupé d'un peu d'eau ; ajouter un peu d'huile d'olive ou de beurre fondu, filtrer, et boire par petites quantités, non pas à jeun, mais après les repas : cela redonne des forces et guérit l'intérieur.]

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Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


SAUGE-ESTIME.

Plante aromatique, dont l'odeur est agréable et pénétrante. Ses fleurs sont labiées et verticillées, ses feuilles ridées et un peu épaisses. Les Chinois sont très friands de cette plant . Les anciens disaient : « Il a tort de mourir celui qui a de la sauge dans son jardin. »

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Dans​ La magie des plantes (1979, réédition, 1990), Jacques Brosse nous apprend que :


"Un adage resté longtemps célèbre affirmait au Moyen Âge le caractère proprement miraculeux de cette plante : Cur morietur homo cui salvia crescit in horto ? "Pourquoi meurt-il, l'homme dans le jardin duquel croît la sauge ?" Il avait été formulé par l'un des sages médecins de la fameuse École de Salerne, laquelle exerça une influence durable sur toute l'Europe non seulement par l'enseignement qu'y recevaient des étudiants venus de toute la chrétienté, mais aussi par son Reginem sanitatis, vaste œuvre collective sans cesse remaniée, qui restera pendant cinq siècles la bible des médecins.

La sauge a en effet été de tout temps considérée comme le remède par excellence, et son nom latin salvia vient de salvus, intact, en bonne santé, par l'intermédiaire du bas latin salvare, qui signifie sauver. Non seulement la sauge protège la vie, mais elle contribue à la reproduire. Dans l'antique Égypte, on en faisait boire le jus aux femmes pour les rendre fertiles et cet usage s’était maintenu à Rome où l'on affirmait que la sauge « retenait ce qui avait été conçu et le vivifiait ». Pour les Romains, qui la considéraient comme une herbe sacrée, on ne pouvait récolter la sauge que dûment lavé et purifié, revêtu d'une tunique blanche, les pieds nus et après avoir offert un sacrifice.

Quant aux druides gaulois, ils ne lui accordaient pas moins que le pouvoir de ressusciter les morts, croyance que reflète encore au XIIe siècle l'adage du Flos medicinale de Salerne, de prédire l'avenir et de permettre de communiquer avec l'au-delà. La sauge s’apparentait par là aux plantes utilisées par les chamanes pour transcender l'humaine condition, et ainsi s'explique en particulier la faculté qu'on lui a prêtée de favoriser la conception, puisque c'est de l'au-delà, du royaume des morts, des ancêtres, que proviennent les âmes des enfants à naître. Sur le plan purement médical, la sauge faisait merveille contre les fièvres, la toux, les rhumatismes, la paralysie et l'épilepsie.

Pendant des siècles et sans doute même plusieurs millénaires, la sauge est demeurée l'un des éléments majeurs de la pharmacopée ; elle faisait obligatoirement partie d'innombrables préparations souveraines. A l'époque de la froide objectivité et de l'hypercriticisme scientifiques, l'on a pu se demander si elle était vraiment digne d'une aussi extraordinaire réputation. Or tous les examens qu'on lui a fait subir ont confirmé somme toute les croyances des anciens. On a même été obligé de lui reconnaître un action œstrogène certaine - elle facilite donc effectivement la conception ; son action tonique sur la circulation, le cœur et le système nerveux remet d'aplomb les convalescents, en combattant le manque d'appétit, les digestions difficiles et l'asthénie nerveuse liés à l'épuisement organique consécutif à une longue maladie ; la sauge est également efficace contre les dépressions tant psychiques que physiques. En somme, si elle ne ressuscite pas les morts, la sauge a bien le pouvoir de rendre la vitalité à ceux qui ont perdu jusqu'au goût de vivre, et aussi de faciliter la transmission de la vie elle-même.

A cela, d'ailleurs, ne se bornent pas ses bienfaits. C'est aussi un excellent cicatrisant, en particulier des affections buccales et un stimulant de l'estomac, ce qui explique son emploi dans la cuisine, car non seulement elle relève agréablement la saveur des sauces et des viandes, mais elle en facilite la digestion. Aussi comprend-on que le célèbre abbé Kneipp, prêtre et guérisseur bavarois qui fut au XIXe siècle l'un des apôtres de la « médecine naturelle », ait fait cette recommandation : « Aucun propriétaire de jardin n'oubliera, en le cultivant, d'y planter un pie de sauge » ; ce qui nous ramène à l'adage de Salerne et aussi à notre petit jardin, où nous ferons place à la sauge d'autant plus volontiers qu'elle possède de réelles qualités ornementales ; même en hiver, puisqu'elle ne perd pas ses feuilles.