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  • Anne

La Sauge




Étymologie :

  • SAUGE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Fin xie s. salje (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1) ; mil. xiiie s. sauge (Gloss. Glasgow, 157b ds T.-L.) ; 1814 sauge officinale (Nysten). Du lat. salvia « sauge », dér. de salvus « l'herbe bienfaisante » (v. André Bot.).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


"Au Moyen Âge, la sauge était considérée comme le remède universel. Depuis, on lui reconnaît toujours de nombreuses vertus médicinales. En plus, elle peut servir d'aromate. La sauge ? Une plante à tout faire !

Paysage de science fiction ? Preuve de vie à la surface d'une nouvelle planète ? Que sont donc ces boules laiteuses en équilibre sur des tiges violettes ? Il s'agit de gouttes d'huile végétale. Nous observons en effet une feuille de sauge sclarée recouverte de trichomes, les poils microscopiques mauves. Ils permettent à cette plante de sécréter une huile essentielle aux propriétés analgésiques, anti-inflammatoires, antioxydantes, antimicrobiennes et cytotoxiques. Depuis la nuit des temps, les différentes espèces de sauge sont réputées pour leurs bienfaits dans de nombreux domaines : anti-venin contre les morsures de serpents, remèdes conter les démons, potion pour accroître la fertilité des femmes. Ce n'est pas pour rien que leur nom scientifique, salvia, vient du latin salvare qui signifie "sauver".

Aujourd'hui on la cultive principalement pour utiliser son huile essentielle dans la fabrication de vermouths, de liqueurs ou de parfums. Elle attire aussi les abeilles qui produisent alors un miel au goût corsé. Mais la sauge peut également servir de plante aromatique pour parfumer les plats. En Amérique du Nord, les Indiens utilisent les propriétés psychotropes d'une des espèces dans des rites chamaniques."


Jeu de mémoire : Au cœur de la matière, éd. Ullmann.

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Phytothérapie traditionnelle :

Selon Marc Questin, auteur de La médecine druidique (1990, nouvelle édition identique, 1997),

"Chez les Gaulois, la sauge était considérée comme une plante merveilleuse capable de guérir toutes les maladies.n Les druides l'utilisaient contre les fièvres, la toux, les rhumatismes, contre la paralysie et l'épilepsie, et pour favoriser à la fois la conception et l'accouchement. Ils la jugeait si efficace qu'ils lui attribuaient jusqu'au pouvoir de ressusciter les morts et ne manquaient pas, par ailleurs, d'en ajouter à l'hydromel et à la cervoise, afin de se mettre en condition prophétique et pour renforcer leurs incantations. Les qualités astringentes de la sauge la font utiliser contre les hémorragies, les saignements, les pertes sanguines anormales des femmes, les pertes blanches et la toux. Ses vertus diurétiques, antispasmodiques et reconstituantes la rendent précieuse contre les affections aussi gênantes ou graves que la rétention d'urine, la paresse des reins, les œdèmes, la goutte, les rhumatismes et les migraines. Comme de plus elle guérit les blessures, arrête le sang et accélère la cicatrisation des tissus, Mességué la recommande en bains de bouche (contre les gingivites, les inflammations du palais et de la gorge, les aphtes, les "amygdales" des enfants, les caries et les abcès dentaires) et la conseille en lotions, en compresses et en bains contre les plaies, les abcès, les ulcères, les furoncles, les engelures, les contusions, les foulures et les entorses.

Cette plante merveilleuse est antidiabétique. Sa décoction fait assez rapidement revenir à la normale le taux des sucres dan le sang.

Le "vin de sauge" est recommandé contre les bronchites chroniques, les sueurs nocturnes et les vertiges. Faire macérer, huit à dix jours, 80 à 100 g de feuilles de sauge (fraîches de préférence) dans 1 l de bon vin blanc ; sucrer au miel selon les goûts ; passer en exprimant à travers un linge fin ; prendre un verre à madère avant les deux repas.

Une décoction de sauge dans du vin rouge s'emploie efficacement pour la guérison rapide des ulcères et des plaies rebelles.

Rien de tel qu'un bon bain préparé avec une forte poignée de sauge pour clamer les douleurs rhumatismales.

Fumées dans une pipe ou sous forme de cigarettes, les feuilles sèches sont excellentes pour les asthmatiques et bronchiteux.

La décoction de sauge (15 g de feuilles pour 1 l d'eau ; faire bouillir cinq minutes au moins et laisser infuser autant) est d'une exceptionnelle efficacité en gargarismes répétés (chauds) contre les maux de gorge et les angines.

Il n'est pas non plus inutile de savoir qu'une pincée de feuilles de sauge infusées cinq minutes dans une tasse de lait bouillant fait avorter le rhume à son début, et que des feuilles de sauge consumées sur des braises ou mises à bouillir dans une casserole découverte (comme pour l'eucalyptus) désinfectent les locaux où des malades graves ont longtemps séjourné.

En cas de rhumatismes, goutte, sciatique et douleurs musculaires, l'onguent de sauge est indiqué. De bons massages, matin et soir, en faisant bien pénétrer l'onguent dans la peau, fortifient les nerfs et assouplissent les articulations.

Infusion de feuilles et de fleurs : jetez une demi-poignée de mélange sec dans un litre d'eau. On en prendra une tasse après les repas, comme tonique, digestif et stimulant ; et une tasse au coucher, contre l'insomnie, les sueurs froides et les angoisses. L'effet calmant est immédiat !"

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J. Bouquet dans "L'art de conserver la santé, extrait du "Messager boiteux "." (In : Revue d'histoire de la pharmacie, 20ᵉ année, n°77, 1932. pp. 54-56) relève quelques extraits du Véritable Messager boiteux de Berne pour l'année 1817 :


DE LA SAUGE


L'Homme aux traits de la mort doit-il être accessible,

Tant qu'il peut appeler la Sauge à son Secours ?

Oui, nos jours sont bornés : aux regrets insensible,

La mort doit, tôt ou tard, en terminer le cours.

Vouloir l'éterniser, c'est vouloir l'impossible :

N'y songez point. A cela près

L'usage de la Sauge a d'excellents effets.

Pour raffermir la main tremblante,

Pour conforter les nerfs, la Sauge est excellente.

Et d'une fièvre aiguë elle arrête l'accès.

La Lavande, la Tanaisie,

La Primevère, le Cresson,

La Sauge, le Castor donnent la guérison

Aux membres attaqués par la paralisie ;

L'usage de la Sauge est si grand, qu'il est bon

D'en avoir en toute Saison.

Aussi, dans la langue latine,

Son nom du mot « Sauver » tire son origine.

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Symbolisme :


Dans Physica, Le Livre des subtilités des créatures divines de Hildegarde de Bingen, (XIIe siècle ; trad. P. Monat 2011) on apprend que :


"La sauge est de nature chaude et sèche ; elle se développe grâce à la chaleur du soleil plutôt que grâce à l'humidité de la terre ; elle est utile contre les humeurs molles, car elle est sèche. Elle est bonne à manger, aussi bien crue que cuite, pour ceux qui souffrent d'humeurs nocives, car elle apaise ces humeurs. Prendre de la sauge et la réduire en poudre ; manger cette poudre avec du pain, et elle fera disparaître l'excédent des humeurs nocives. Et si on doit supporter quelque odeur fétide, mettre de la sauge dans les narines, elle sera bien utile.

Si quelqu'un souffre d'un excès de flegme, ou si quelqu'un a une haleine fétide, faire cuire de la sauge dans du vin filtrer et boire à plusieurs reprises : mauvaises humeurs et flegme diminueront. Si celui qui souffre de ces maux est un peu paralysé, faire cuire de la sauge dans de l'eau ; qu'il en boive : humeurs et flegmes diminueront en lui.

[Ed. Si celui qui souffre de ces maladies est un peu paralysé, faire cuire de la sauge dans de l'eau comme susdit, et lui faire boire ce liquide ; sa chaleur adoucie grâce à l'eau arrête la paralysie. Mais si on la donnait avec du vin, celui-ci ferai entrer les humeurs qui provoquent la paralysie.]

Si on est dégoûté de toute nourriture, prendre de la sauge, un peu de cerfeuil, un petit peu d'ail : piler le tout dans du vinaigre et en faire un condiment qu'on mettra sur les aliments et on retrouvera l'appétit.

Lorsqu'un aliment qui contient des sucs tièdes provoque des douleurs dans la tête, prendre en égale quantité de la sauge, de l'origan et du fenouil ; ajouter du marrube en quantité supérieure à cet ensemble, piler et mêler le suc à du beurre ; si on n'en a pas, ajouter de la graisse d'oie, faire un onguent et en frotter la tête : l'état s'améliorera.

Si de mauvaises vapeurs venant de l'estomac provoquent des douleurs dans les hanches, prendre de la sauge, une part, de la seuwurtz, cinq parts, et de la rue, dix parts ; faire cuire dans une marmite neuve jusqu'à ce que commence l'ébullition. Ôter l'eau et mettre ces herbes encore chaudes, sur la région douloureuse, en plaçant un linge par-dessus.

Si à cause de la froideur de son ventre, on ne peut retenir son urine, faire cuire de la sauge dans de l'eau, filtrer ; boire souvent, chaud, et on sera guéri.

Si des humeurs mauvaises, épaisses et empoisonnées se trouvent en abondance chez quelqu'un et lui font cracher et perdre du sang pendant quelque temps, que celui-ci ne prenne aucune médecine pendant tout ce temps-là, de peur que le sang, effrayé par la médecine, ne provoque en lui quelque lésion et ne se mette à couler davantage. Mais, une fois que le flux de sang s'est arrêté, faire cuire de la sauge dans un vin doux et léger, coupé d'un peu d'eau ; ajouter un peu d'huile d'olive ou de beurre fondu, filtrer, et boire par petites quantités, non pas à jeun, mais après les repas : cela redonne des forces et guérit l'intérieur.]

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Dans​ La magie des plantes (1979, réédition, 1990), Jacques Brosse nous apprend que :


"Un adage resté longtemps célèbre affirmait au Moyen Âge le caractère proprement miraculeux de cette plante : Cur morietur homo cui salvia crescit in horto ? "Pourquoi meurt-il, l'homme dans le jardin duquel croît la sauge ?" Il avait été formulé par l'un des sages médecins de la fameuse École de Salerne, laquelle exerça une influence durable sur toute l'Europe non seulement par l'enseignement qu'y recevaient des étudiants venus de toute la chrétienté, mais aussi par son Reginem sanitatis, vaste oeuvre collective sans cesse remaniée, qui restera pendant cinq siècles la bible des médecins.

La sauge a en effet été de tout temps considérée comme le remède par excellence, et son nom latin salvia vient de salvus, intact, en bonne santé, par l'intermédiaire du bas latin salvare, qui signifie sauver. Non seulement la sauge protège la vie... (à suivre)

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Selon Ted Andrews, dans Le Monde enchanteur des Fées (1993, 2006),


"les fées et les elfes de la sauge ont beaucoup d'énergie et le seul fait de se trouver à proximité de cette plante peut induire des états modifiés de conscience. Communier avec eux accroît les dons médiumniques. Ils savent comment ralentir le vieillissement et apportent un sentiment renouvelé d'immortalité et de la sagesse. Ils accentuent l'intérêt pour les questions spirituelles."

Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Plante sacrée chez les Romains, elle était utilisée par les druides gaulois pour guérir de nombreuses maladies (états fiévreux, toux, bronchites, rhumatismes) ; ils lui attribuaient également le pouvoir de ressusciter les morts. La sauge, dont le nom vient d'ailleurs du latin salvare (sauver ou guérir), a conservé sa réputation de plante très bénéfique, réputation renforcée encore par le fait qu'elle a été bénie par la Vierge qui, fuyant Hérode, se cacha derrière ses branches. On disait toujours au début de notre siècle que « celui qui n'a pas recours à la sauge, ne se souvient pas de la Vierge ». Ainsi, les hommes ont continué à lui faire confiance, d'où les adages : « Pourquoi meurt-il, l'homme dans le jardin duquel croît la sauge ? » ou « Qui a de la sauge dan son jardin n'a pas besoin de médecin » (Tarn-et-Garonne).

Son pouvoir contre la fièvre inspire encore les recettes populaires : au Moyen Âge, on recommandait, pour faire baisser la température, de manger, trois matinées de suite, des feuilles de sauge sur lesquelles avaient été écrits les trois premiers mots du Pater Noster. Des siècles plus tard, il fallait en manger, à jeun, neuf feuilles le premier jour, huit le deuxième et ainsi de suite pendant neuf jours. Les Français du Nord, quant à eux, soignent les refroidissements et les états fébriles avec le thé à la sauge. Cette plante, pilée avec de la marjolaine et d'autres herbes dans du vin rouge et du poivre, guérit les maux de dents (XVe siècle). Ses feuilles sèchent ou vident les dartres, selon le coté appliqué : « Il faut connaître le bon côté et c'est le secret de la sorcière », dit-on dans la Nièvre.

On ne s'étonnera gère que cette plante dont le désir, si l'on en croit les traités médicaux de jadis, « est de rendre l'homme immortel », et qui consommée en mai allonge la durée de vie, passe pour guérir le cancer. Il suffit, dit un vieux recueil, de faire une croix sur le mal avec trois paquets de neuf feuilles de sauge et de dire : « Cancer maudit, puisses-tu perdre aujourd'hui la tête et demain la racine ! ». Selon un autre recette : « Lorsqu'un bébé abandonné du médecin, est perdu et que personne ne comprend la maladie qui va l'emporter, prépare une décoction de sauge et la lui faire prendre par petites cuillerées toutes les cinq minutes. On assistera à la résurrection de l'enfant ».

Dans l’Égypte ancienne, la sauge était un puissant remède contre la stérilité (c'est grâce à cette plante, dit-on, que des Égyptiennes, épargnées par la peste qui avait décimé leur ville, purent la repeupler d'enfants). A Rome également, la plante, qui était cueillie « en tunique blanche, les pieds nus et bien lavés », passait pour très utile aux femmes qui souhaitaient devenir mères : « Elles doivent demeurer quatre jours sans partager la couche conjugale, boire une bonne ration de jus de sauge, puis "habiter charnellement avec l'homme", et infailliblement, elles concevront ». Au Moyen Âge, où le jus de sauge conserve la propriété de rendre fertile, on la recommande « aux femmes enceintes qui sont sujettes à des feux immodérés, car elle fixe le fruit dans le corps, le fait grandir et le fortifie ». Cependant, une femme qui saute trois fois sur « la sauge du jardin d'un prêtre » perdra son lait.

L'herbe sacrée est parfois associée au mariage : selon une ancienne coutume de l'Allier, le jeune homme qui va demander la main d'une jeune fille en porte à sa boutonnière. Chez les Britanniques, celle qui ramasse à minuit dans un jardin douze feuilles de la plante verra apparaître la silhouette de son futur mari.

La sauge est également un remède souverain pour les blessures morales. C'est pourquoi il faut en offrir aux amoureux éconduits ; elle apporte en outre la sagesse et fortifie la mémoire.

Bénie le jour de l'Assomption, elle protège la maison de la foudre ; placée aux quatre coins d'un champ, elle portera chance à la moisson (Belgique). Selon une croyance anglaise, pour connaître la façon dont se déroule le voyage d'un membre de la famille, il suffit d'accrocher de la sauge dans la cuisine : tant qu'elle ne fane pas, inutile de s'inquiéter mais dans le cas contraire, il faut craindre un incident ou bien pire. en Franche-Comté, le bouquet de sauge conservé chez soi devient un mauvais présage pour les habitants s'il se flétrit.

Chez les Anglo-Saxons, on croit que donner celle qui pousse dans son jardin condamne à mort le chef de famille et que, si elle pousse abondamment, elle signifie qu'une femme autoritaire vit dans la maison : « Voilà pourquoi tant de jardiniers du sexe dit fort restreignent toujours sa pousse à un petit carré de potager ! »

Selon Albert le Grand : « Cette herbe étant pourrie sous du fumier dans une fiole de verre, il s'en forme un certain ver, ou un oiseau, qui a la queue comme un merle ; si de son sang on frotte l'estomac de quelqu'un, il perdra le sentiment pendant plus de quinze jours. Si on fait brûler ces vers, et qu'on en jette la cendre dans le feu, incontinent on entendra comme un horrible coup de tonnerre. Ou bien si on met cette poudre dans une lampe qu'on allume ensuite, il semblera que toute la chambre est pleine de serpents ».

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi la Sauge (Salvia) : "C'est une plante vivace bien connue en Europe mais aussi en Amérique.


Propriétés médicinales : Une des propriétés les plus connues de la sauge est de réduire la sudation, quelques heures après qu'on a bu une infusion de cette plante - ce qui s'avère très utile dans le cas de transpiration nocturne qui accompagne certaines maladies.


Genre : Masculin.


Déités : Zeus.


Propriétés magiques : Purification ; Protection ; Sagesse ; Réalisation des désirs.


Applications :

SORTILÈGE ET SUPERSTITION :

  • Favori des Amérindiens, cet encens connaît une popularité grandissante dans le monde moderne comme agent purificateur.

RITUEL POUR QU'UN DÉSIR SOIT EXAUCÉ :

  • Ce rituel doit se faire en neuf nuits consécutives, pendant le cycle croissant de la lune, et se terminer, préférablement, à la pleine lune.

Ce dont vous avez besoin :

  • neuf chandelles vert pâle

  • neuf bâtons de sauge (herbes séchées en forme de bâton que l'on peut trouver dans les magasins naturels ou nouvel âge. Si les bâtons vous semblent trop gros, vous pouvez les couper en trois).

Rituel :

Pendant les trois premières nuits, allumez vos chandelles et faites brûler de la sauge sans rien demander ; contentez-vous simplement de méditer et de vous détendre pendant une quinzaine de minutes. Éteignez vos chandelles et vos bâtons de sauge. Les trois nuits suivantes, rallumez vos chandelles et refaites brûler votre sauge en formulant, cette fois, votre souhait. Après une quinzaine de minutes, éteignez à nouveau les chandelles et la sauge, remerciez les dieux et les déesses pour votre souhait exaucé, même si vous n'en avez pas encore pris conscience."

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes :


"D'autres personnes sont revenues après leur traitement pour me raconter des histoires où il était question de "tomber amoureux de la terre", de "ne plus se sentir seul", ou de "voir des fées dans son arrière-cour". L'une de ces histoires que je préfère concerne Karen, une femme d'une vingtaine d'années qui souffrait de dépression et d'un certain nombre de maux physiques. J'avais décidé de la traiter avec l'esprit du Salvia spathacea, un magnifique buisson qui pousse sur les côtes de Californie du Sud, où j'habitais à l'époque. Dans mon travail avec le rêve sur cette variété de sauge, son esprit m'était apparu comme un petit homme joyeux et musclé, amusant et gentil. Il portait une casquette pointue, une tunique médiévale, des jambières et des chaussures à pointes retournées.

Voici ce que raconta Karen après son traitement :


"Après que je fus partie d'ici, je me suis sentie si fatiguée que je suis rentrée à la maison et je me suis couchée. J'étais à moitié endormie et j'ai fait un rêve, ou plutôt un rêve éveillé, complètement vivant et réaliste. Dans ce rêve, j'ai senti qu'une autre personne entrait dans mon corps. Je n'avais pas peur parce que je sentais que c'était une bonne personne, aimable et chaleureuse, je pouvait la voir très clairement. C'était un homme petit et fort, qui portait de drôles de vêtements démodés et des chaussures à bouts pointus et retroussés. Je sentais qu'il était là pour me donner quelque chose dont j'avais besoin.

Cet après-midi-là, j'ai ressenti un fort désir de me rendre à mon endroit spécial dans la montagne. C'est un endroit où je vais parfois, et où les odeurs me rappellent l'odeur d'une sauge qui pousse au Colorado dans les montagnes Rocheuses. Comme j'ai vécu dans le Colorado jusqu'à la mort de ma mère, je suppose que j'ai besoin de retrouver la sensation de vie que j'avais lorsque ma mère était encore vivante, et c'est pourquoi je vais dans cet endroit. Le problème, c'est que je n'arrive jamais à bien retrouver ce sentiment. J'en ai un petit aperçu, et puis il disparaît. Mais cette fois-ci, après mon traitement, je suis allée à cet endroit, et ça a marché ! J'ai retrouvé ce merveilleux sentiment ! En fait, il ne m'a plus quittée depuis ! "


J'ai demandé à Karen de me faire un plan détaillé de son endroit spécial dans la montagne. Après mon travail, j'y suis allé en voiture et j'ai marché jusqu'à l'emplacement exact. Et, là, j'ai trouvé l'une des plus grandes colonies de Salvia spathacea que j'ai jamais vues.

[...]

A la fin de son ouvrage, l'auteur présente divers guérisseurs avec l'esprit des plantes qu'il a eu la chance de rencontrer. Ainsi en est-il de Grand-maman Bertha Grove dont il retranscrit les paroles :


Bertha : [...] Ça c'était la fois où j'ai utilisé les feuilles du tremble pour aider. Parfois aussi j'utilise la sauge. Eliot : Auriez-vous une bonne histoire à raconter avec la sauge ? Bertha : J'en ai des tas, mais je ne m'en souviens pas. On n'est pas supposé se souvenir, je pense, mais simplement faire... Voyons voir, une histoire de sauge... Une fois nous étions en route vers l'Utah, et j'ai dit : "Stop ! " J'ai dit à mon mari : "Là, cueilles-en quatre, seulement quatre." Et il l'a fait. Eliot : C’était de la sauge ?

Bertha : Oui, quatre petites sauges. nous avons pris cette sauge - nous allions à une autre cérémonie que cette femme faisait pour elle-même. Eliot : Était-elle malade ?

Bertha : Elle était en effet malade, elle était diabétique. Ses jambes étaient enflées au point qu'elle ne pouvait plus marcher. Alors je leur ai dit : "Utilisez cette sauge sur elle." Et, le matin suivant, sa jambe avait retrouvé sa taille normale. Elle s'est levée et est sortie. Il n'y a qu'à frotter avec, la presser sur la personne. Il y a des tas de façons d'aider les gens, des tas et tas de façons. Parfois, on met le remède sur le patient et on le souffle dedans. C'est très bien aussi dans le cas de la menthe.

Eliot : Que voulez-vous dire par "on le souffle dedans" ?

Bertha : Ce que je fais, c'est que je les trempe (la sauge ou la menthe) quatre fois dans l'eau courante, et je demande à la Création, aux Quatre directions et à Terre-Mère. Avant de les mettre dans l'eau, il faut demander de l'aide à Grand-Mère Eau. Il faut demander à tout ce qui existe d'aider cette Grand-Mère Sauge. Cette sauge femelle est elle aussi une Grand-Mère, vraiment très jolie. On la pose simplement sur le patient et on la souffle dedans.

Parfois, quand j'utilise la sauge de cette façon, j'enlève tout ce qu'il y a à l'intérieur - toute la souffrance. Tu serais étonné par tout ce que l'on peut trouver à l'intérieur, ces choses que les gens se font les uns aux autres. Peut-être arriverais-tu à le voir, ou peut-être pas. On appelle ça de la "sorcellerie", et tu peux faire sortir tout ça aussi.

Tu sais, la Création et les Quatre directions, elle sont vraiment puissantes, et elles aident la sauge, et tu l'aides toi aussi avec ton souffle, parce que tu es toi aussi un esprit. tous les esprits doivent travailler ensemble - kl'esprit des plantes, et tout. Parfois, on a besoin d'être aidé, et même cette plante a besoin de l'aide de Terre-Mère, là d'où elle vient. Et ainsi on apprend. On apprend sans cesse. Peut-être as-tu appris plus que moi. [...]

On utilise beaucoup la sauge pour purifier, pour bénir. Elle aide à nettoyer les choses autour de toi, qui bloquent ton esprit. "

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Selon Claire Tiberghien, auteure de Équilibre et méditation par les plantes, 30 plantes à découvrir (Éditions Jouvence, 2016), la Sauge est une plante dont les caractéristiques sont les suivantes :

Élément : Terre.


De son nom latin Salvia officinalis, la Sauge fait partie de la famille des Lamiacées. Elle symbolise l'immortalité. La Sauge freine les inflammations, agit contre les bactéries et désinfecte, calme la toux, les crampes et les douleurs. Elle est également diurétique. Elle est efficace contre les problèmes de gorge, de nez et d'oreille, les refroidissements, les affections du système respiratoire. Son action bénéfique s'exerce également sur les muqueuses de l'estomac. La Sauge s'utilise pour combattre l'inflammation de la vésicule biliaire et la diarrhée. Fraîche, cette plante est plus efficace que séchée.

Autre propriété : la Sauge régule la transpiration. Sa valeur est inestimable contre les fortes transpirations, y compris celles des pieds et des mains. Elle est également efficace après de longues maladies, en cas de nervosité et après l'arrêt de l'allaitement. La Sauge a une action œstrogène. Elle équilibre le système hormonal, spécialement à la puberté ainsi que durant la péri-ménopause et la ménopause. On la recommande notamment contre les bouffées de chaleur.

Sur le plan psychique :

La Sauge augmente la capacité d'agir et stimule la concentration et l'attention. Elle aide à voir l'aspect caché des choses. Elle permet de garder en vue les objectifs que l'on s'est fixés. Elle dissout les tensions dans la gorge et le cerveau et ouvre la porte à la spiritualité, tonifie la conscience.

Grâce à la Sauge, je peux affirmer :

  • Je me sens relié à l'univers.

  • Je suis protégé.

  • Les choses sont bien comme elles sont.

  • Je sais être dans le contentement de l'objectif atteint.

  • Le calme et la tranquillité m'apaisent.

  • Je suis au centre du courant de la vie, en mouvement.

  • Je lâche prise et m'ouvre au monde.

  • Je ressens l'ordre profond et la paix en tout.

La méditation de la Sauge :

Le parfum suave de la sauge plane dans l'air environnant. Vous caressez une de ses feuilles. ressentez sa texture, douce comme du velours. En sa présence, votre respiration devient plus calme, plus profonde. Le parfum de la Sauge pénètre dans vos poumons qui s'élargissent pour recevoir son pouvoir. Vous inspirez cet air clair, purifié et vous expirez tout ce qui est dépassé, sans importance, encombrant. Les éthers de la Sauge ouvrent tout votre système respiratoire, amenant le souffle de l'énergie de vie en vous.

Ressentez dans votre corps les blocages, les endroits figés et laissez cette énergie s'en occuper. Détendez-vous. Le parfum de la Sauge réchauffe et renforce vos cellules, les libérant de ce qu'elles portent. Les vieilles histoires qui alourdissent votre vie se transforment, se diluent, disparaissent. Vous êtes en lien avec votre propre rythme respiratoire qui bat en vous, avec douceur. Gardez votre attention sur votre respiration. Elle vous stimule et vous la stimulez. Cet échange procure un sentiment de sécurité.

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Mythologie :


Tony Goupil, dans un article intitulé "Croyances phytoreligieuses et phytomythologiques : plantes des dieux et herbes mythologiques" (Revue électronique annuelle de la Société botanique du Centre-Ouest - Evaxiana n°3 - 2016), cherche à déterminer les plantes associées par leur dénomination aux divinités antiques


[...] Le père des dieux, Jupiter, est celui qui a sans conteste le plus de plantes sous son « patronage ». En effet le génitif singulier de Jupiter, en latin Jovis, se retrouve dans plusieurs noms de plantes : nous pouvons mentionner la Flos Jovis (que les Grecs appellent Phlox selon Pline l’Ancien), la Colus Jovis qui serait l’ancien nom de la sclarée. Cependant son identification n’est pas certaine. Guy de la Brosse, grand botaniste, dans son ouvrage intitulé Description du jardin royal des plantes medecinales, estably par le roy Louis le Juste (1636), dresse en fin d’ouvrage un « Catalogue des plantes qui sont de présent cultivées au jardin du Roy de Paris, depuis deux ans et demy qu’il est dressé ». À la lettre C de cette liste on peut lire qu’il est cultivé des Colus Jovis. Sans mention particulière, cela ne permet pas d’identifier la plante de façon certaine. Néanmoins John Gerard dans son Herball or Generall Historie of Plantes attribue le nom de Colus Jovis à un type de sauge qu’il appelle en son anglais Jupiters Distaffe. Certains ont voulu y voir une allusion à Salvia pratensis, d’autres à Salvia glutinosa, d’autres encore à Salvia sclarea. Lobel, quant à lui, emploie Colus Jovis pour désigner Salvia glutinosa. D’ailleurs cette dernière (Sauge glutineuse) garde les noms anglais de Jupiter’s distaff ou Jupiter’s sage.

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Littérature :


Dans Réparer les vivants (Éditions Gallimard, 2014) Maylis de Kérangal imagine un personnage de chirurgien féru de plantes psychotropes, qui les collectionne à son domicile :


"On sait depuis longtemps que Révol a perdu l'autre sommeil, le nocturne, l'horizontal, le profond. Dans l'appartement qu'il occupe, rue de Paris, il n'existe plus de chambre à proprement parler, seule une grande pièce où le lit à deux places fait office de table basse ; il y dispose sa collection de vinyles - l'intégrale de Bob Dylan et de Neil Young -, de la paperasse, et de longs bacs qui accueillent ses expériences botaniques autour des plantes psychotropes - c'est professionnel, c'est ce qu'il dit à ceux, rares, qui débarquent ici, étonnés de voir des plants de cannabis s'élever bien visibles, mais aussi du pavot, de la lavande, du coquelicot, et la Salvia divinorum, la "sauge des devins", une herbe hallucinogène dont il a décrit les vertus curatives dans des articles publiés dans des revues de pharmacologie."

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