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  • Anne

Le Chou




Étymologie :

  • CHOU, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1175 bot. chous (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, vers 3617) ; 2. a) 1549 pâtiss. (Est.) ; b) 1694 « nœud de ruban » (J.-F. Regnard, Attendez-moi sous l'orme ds Brunot t. 6, 2, pp. 1103-1104) ; c) 1809 terme de tendresse (P. Leclair, Les Méditations d'un hussard, p. 14). Du lat. class. caulis « tige des plantes, chou ».


Lire également la définition du nom chou afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Brassica oleracea ; Caoulet ; Capus ; Chou caput ; Choul ; Choupoté ; Collet ; Djotte ; Jotte ; Tête caput ; Stieu.




Expressions populaires :

Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expressions populaires bien connues :


Faire ses choux gras : Pendant tout le Moyen Âge, et même plus tard, les légumes ont constitué le plat du pauvre, de tous ceux qui ne pouvaient s'offrir de la viande, l'alimentation noble. On cultivait les pois, les fèves, les poireaux, les "panais" devenus carottes, les navets, les raves, et le plus commun de tous, le plus abondant, sur qui on peut toujours compter en cas de disette : le chou. Le chou pommé, vert, vivace, qui ne craint pas la gelée, au contraire qui se rit du mauvais temps, a donné lieu à nombre de locutions qui vont de "bête comme un chou" - forte tête mais peu pensante ! - à "aller planter ses choux", symbole du jardinage forcé, par déception.

Mais le problème avec les légumes c'est de les assaisonner. Du chou cuit à l'eau n'est pas ce qu'on pourrait appeler un régal. Aussi pauvre que l'on soit, il faut tout de même un bout de lard, un petit morceau de quelque chose ( ce que rappelle le proverbe : "Ce n'est pas tout que des choux, il faut encore de la graisse !" Il est donc naturel que faire ses choux gras soit devenu une proposition alléchante, le signal que tout va bien dans la marmite. Au XVe siècle l'expression avait le sens de se goberge :

Et aussi d'en faire ses choux gras,

Ses grans chieres, ses ralias

De gueulle... (Coquillart)


Au XVIIe siècle elle avait à peu près le sens actuel : "On dit qu'un homme fait ses choux gras de quelque chose, lorsqu'il fait bien ses affaires, qu'il fait de grands profits en quelque chose", dit Furetière. Simplement on a fini par s'apercevoir qu'il y avait toujours quelque abus dans les "bonnes affaires", et sous les grands "profits", des cuisines assez peu avouables ! Les fameux choux gras en ont pris un léger goût de scandale !

Les bonnes choses n'ont qu'un temps, comme le dit également le vieil adage ; "toujours n'aurez vous mie pèches moles, et raisins doux et noix nouvelles."


Faire chou blanc : L'expression est courante. Elle signifie qu'une affaire qui promettait d'être fructueuse, ou une rencontre avantageuse, a complètement raté... Je crois que ce mystère qui paraît entourer son sens littéral - que vient faire le "chou" là-dedans ? - son coté absurde à plaisir a déterminé son succès.

Bien que la locution "coup blanc" qui pourrait être à l'origine ne soit pas pour l'instant attestée officiellement, plusieurs éléments peuvent en faire supposer l'existence. On trouve dans les Journaux Camisards en 1730 : "Je les exhorte à prendre courage... Mais trop peu en nombre, nos coups de firent que blanchir" - qui évoque la fumée blanche produite par les coups de feu, sans autre effet. De son côté, Restif de la Bretonne évoque par un jeu de mots : "Laisse-moi jouer, je veux faire la blanche. - Oui, ton coup s'ra en blanc, mon fiston." (Le Paysan perverti, 1782.)

Littré, se référant au Glossaire du Centre de la France, publié par le Comte Jaubert en 1864, dit que : "Chou est ici pour coup, par suite de la prédominance du ch dans l'idiome du Berry", et faire chou blanc, étant une expression utilisée au jeu de quille pour "ne rien abattre". "Si l'on admet pas cette explication, ajoute Littré, la locution reste tout à fait obscure." C'est aussi mon avis... Reste que la métaphore des quilles pourrait bien venir du coup de fusil tiré en vain. Toujours est-il que la locution s'employait déjà au milieu du XVIIIe siècle. Pierre Enckell cite pour 1761, dans les DDL 38, le Journal historique de Collé avec ces vers de Saurin :


Mais que le Seigneur préserve

De tout mal et desarroy

Nombre de gens comme toy,

Pleins d'honneur, de sens, de verve,

Dont, à ce jeu, la Minerve,

Mon cher, à te parler franc,

Ne sçait faire que chou-blanc.


Ménager la chèvre et le chou : A vouloir plaire aux us on s'attire souvent la colère des autres, et il est parfois difficile de ménager la chèvre et le chou !... Dans cette curieuse locution il faut comprendre le verbe ménager, non pas dans le sens actuel d’épargner, mais dans celui qu'il avait autrefois de "conduire, diriger" - que l'anglais a conservé sous la forme quasi internationale de manager et management. Une "bonne ménagère" est étymologiquement celle qui dirige bien les affaires de sa maison. "Le fait d'un bon mesnager, dit La Boétie au XVIe siècle, c'est de bien gouverner sa maison." On comprend que l'ns oit passé de là au sens d'économie domestique !"

C'est donc "conduire la chèvre et le chou" qu'il faut entendre à l'origine de l'expression, ces deux antagonistes ancestraux, prototypes du dévoreur et du dévoré, du faible et du fort, du couple dominant-dominé qui a toujours besoin d'un arbitre, d'un gardien, d'un législateur ; le duo a donné aussi mi-chèvre, mi-chou, moitié agressif, moitié soumis, donc incertain, hésitant à pencher vers un bord ou un autre. En tout cas il faut être habile pour faire cohabiter ces deux ennemis, ou les emmener en voyage. Une histoire fort ancienne illustre la difficulté de leur conduite ; c'est le fameux problème du passage d'un loup, d'une chèvre et d'un chou.

[ajout personnel : histoire qui complexifie par ailleurs la dialectique du prédateur et de la proie puisque la chèvre occupe tour à tour les deux rôles]

Un homme doit faire traverser une rivière à ces trois "personnages", mais le pont est tellement étroit, ou la barque si frêle, qu'il ne peut en passer qu'un seul à la fois. Bien sûr, il ne saurait à aucun moment laisser ensemble sans surveillance ni le loup avec la chèvre, ni la chèvre avec le chou ! Il doit donc faire appel à une astuce particulière, sujet de la devinette, et vous pouvez mettre la sagacité de vos amis à l'épreuve de ce classique qui a fait la joie de nos aïeux. Solution : on passe d'abord la chèvre, le loup et le chou, restant seuls ne se feront aucun mal. On la laisse de l'autre côté et on revient à vide chercher le chou. Une fois celui-ci sur l'autre rive, c'est là l'astuce, on ramène la chèvre avec soi. On la laisse seule à nouveau, pendant que l'on fait traverser le loup que l'on réabandonne avec le chou, mais sur l'autre bord. On a alors tout le loisir, dans un aller-retour supplémentaire, d'aller rechercher la chèvre, afin que les trois protagonistes se retrouvent sans dommage sur la rive opposée, en compagnie de leur habile gardien.

Cette histoire était déjà célèbre au XIIIe siècle, où savoir "passer la chèvre et le chou" était déjà une expression figurée d'habileté dans la discussion, comme en témoigne de passage du Guillaume de Dole en 1228 :


Si lui fait lors un parlement

De paroles où il lui ment :

Pour passer les chèvres, les chous,

Sachez que il n'estoit mie fou.


Comme on voit, la locution ne date assurément pas des dernières neiges ; Mme de Sévigné écrivait le 25 mai 1680 : Et si, en tournant le feuillet, ils veulent dire le contraire pour ménager la chèvre et les choux, ils auront sur cela la destinée à mon égard de ces ménageurs politiques, et ils ne me feront pas changer."

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Botanique :


Selon Jean-Marie Pelt, auteur d'un ouvrage intitulé Des Légumes (Éditions Fayard, 1993) :


Le chou est un légume qui se décline en un nombre impressionnant de formes et de variétés. Qu'on en juge !

Voici d'abord les choux pommés ou cabus, dont la tige atrophiée permet aux feuilles de s'imbriquer étroitement pour former une pomme plus ou moins serrée. Puis les choux verts ou frisés, dont les amples feuilles ne se nouent jamais en une pomme. Viennent ensuite les choux de Milan, sorte de synthèse entre les deux précédents, puisqu'ils sont à la fois pommés et frisés. Sans oublier les choux rouges, qui ne diffèrent des choux pommés que par la rutilence de leur feuillage. A quoi s'ajoutent les choux-raves, dont la tige renflée au-dessus du sol forme un bulbe volumineux ; et les choux-navets ou rutabagas, où l'hypertrophie porte cette fois sur la racine. Les choux de Bruxelles résultent du développement de minuscules bourgeons latéraux situés à l'aisselle des feuilles. Quant aux choux-fleurs, c'est à la monstruosité de leur hampe florale, atrophiée et raccourcie, qu'ils doivent sur leur belle pomme blanche. N'oublions pas enfin les brocolis, dont on consomme les pousses violettes et charnues à la manière des asperges.

« Les choux m'ont toujours fait penser à ces familles nombreuses où l'on voit représentés les types les plus variés de l'humanité. », dit Henri Leclerc dans un fameux morceau d'anthologie qui mérite d'être cité... et lu le dictionnaire à la main ! - Il en est de géants et de nains, de ventrus comme des financiers et de grêles comme des poètes incompris ; certains s'adornent de frisures aux boucles robustes, d'autres ont la calvitie des vieux savants, apitoient par la teinte chlorotique de leurs tissus ou par les gibbosités qui, tels des engorgements strumeux, déforment leur anatomie ; si la plupart portent l'habit vert des académiciens, quelques-uns, les privilégiés de la famille Chou, arborent le violet épiscopal ou la pourpre cardinalice, comme celui dont il est question dans cette anecdote que j'aie lue je ne sais plus où.

Le cardinal de Richelieu étant allé visiter un couvent de capucins, un moine fut chargé de le haranguer au milieu des autres religieux réunis dans la salle du chapitre ; l'orateur, bien qu'il parût un peu gauche, s'acquitta le mieux du monde de sa mission. Richelieu le complimenta et lui demanda comment il se faisait qu'il n'eût pas été intimidé de parler devant un prince de l'Église : « C'est bien simple, Éminence, lui dit le bon moine ; je m'étais habitué à cet honneur redoutable en répétant chaque jour mon discours devant un carré de choux au milieu duquel se trouvait un gros chou rouge. »

Lorsque, en 305, l'empereur Dioclétien, grand pourfendeur de chrétiens, vieilli et usé par le pouvoir, abdiqua et se retira à Salone - la Split d'aujourd'hui -, sur la côte dalmate, sollicité par ses amis de reprendre la pourpre des Césars, il se déroba à cette invitation en disant : « Si vous pouviez voir les choux que j'ai plantés de mes mains dans mon jardin de Salone, vous ne me feriez pas ne telle proposition. » Car « aller planter ses choux », c'est reprendre sa liberté. Quant à la carrière du vieil empereur, elle était, au propre comme au figuré, « dans les choux ».

Une nomenclature des choux pourrait donc s'établir comme suit.

A la racine de l'arbre généalogique, Brassica oleracea el qu'on observe l'état sauvage sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée, en Europe occidentale et méridionale. Il est commun dans les rochers et sur les falaises maritimes, en Normandie, à Jersey, dans les Charentes inférieures. Cet ancêtre du (et des) chou(x) est une plante vivace, bisannuelle, parfois même trisannuelle de 60 cm à 1m de hauteur ; sa tige est simple ou ramifiée, à feuilles glauques, épaisses, amples, lobées, sinuées, ondulées. Les fleurs sont blanches ou jaune pâle : elles possèdent quatre pétales disposés en forme de croix, sine distinctif de la famille des crucifères (étymologiquement « porteur de croix »). Mais ce type primitif, modifié par plusieurs milliers d'années de culture et de sélection, a engendré des variétés et des races si distinctes au premier abord que l'on a quelque difficulté à voir en lui l'ancêtre de tous les choux. Les variations ont porté tantôt sur la tige, tantôt sur la feuille, tantôt sur la fleur.

Le chou cabus ou chou pommé, ainsi que le chou de Milan, avec ses feuilles frisées, pour ne pas dire crépues, descendent immédiatement du chou sauvage. Connu des Grecs et des Romains, ce dernier est sans doute d'origine italienne, bien que le véritable chou de Milan, sous la forme qu'il présente

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Phytothérapie :


Dans Des hommes et des plantes (Éditions Opéra Mundi, 1970) Maurice Mésségué évoque le savoir ancestral de son père qu'il a su faire perdurer après la mort prématurée de celui-ci :


Mon père soignait les « douleurs » avec une macération dans laquelle entraient :

du chou : cette plante ronde, potelée, robuste comme une paysanne et dont Pline l'Ancien affirmait que les Romains lui devaient de s'être passés de médecins pendant six siècles ! Ses feuilles chauffées rapidement par un fer à repasser et appliquées directement sur la peau soulagent très efficacement les douleurs rhumatismales.

En Hollande on en faisait, il y a quelques années encore, un onguent mêlé à de l'argile qui était appliqué avec succès sur les points douloureux.

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


En Poitou, les oignons plantés en jeune lune cornent ; dans la Gironde, les choux piqués alors sont plus exposés à être mangés par les poules, dans le Moutonnais, ils perdent leurs feuilles inférieures.

[...] Plusieurs observances sont en rapport avec la date des cueillettes et des récoltes. Le jour Saint Etienne, on ne doit ai cueillir de choux ni en manger, parce que le peuple de Normandie croit que ce jour-là Je premier martyr fut lapidé dans un carré de choux. [...] Dans le Luxembourg belge on prétend que la Choucroute cuira difficilement si tes feuilles qui ont servi à la faire ont été découpées durant la pleine lune.

[...] Dans la même région, le maître de la maison où l'on brûle des trognons de chou est exposé à mourir.

[...] A peu près dans toute la France, on raconte aux enfants qu'on les a trouvés sons un chou, et quelquefois les parents, en leur parlant d'une époque antérieure à leur naissance, ajoutant que c'était du temps où ils étaient encore dans les choux. Au XVIIIe siècle, on disait d'un homme dont la naissance était inconnue, qu'il avait été trouvé sous un chou, et un poète du XVe siècle parle d'un personnage qui se targue de sa naissance :

Combien qu'il soit sailly d'un trou..

Voire, ou de la ligne d'un chou

Enfant à quelque jardinier.

Vous diriez que ce petit homme ait esté trouvé sous une feuille de chou comme Poussot, lit-on dans un ouvrage satirique de 1661. A Stavelot dans le pays wallon, les enfants se trouvent sous les choux du curé. On dit quelquefois que ce sont les garçons que l'on cueille sous les choux, tandis que les filles se ramassent sous les rosiers". Un grand nombre d'enseignes de sages-femmes, même à Paris, représentent une dame recueillant un enfant au milieu des choux.

[...] Certaines plantes constituent une sorte de talisman, à la condition d'avoir été mangées Madame de Vervins disait que quand elle avait fait bien bouillir des choux ses ennemis n'avaient plus de pouvoir sur elle.

[...] Les plantes jouent un rôle dans quelques opérations magiques dont se servent les chasseurs : ceux du Cher prétendent que si on plante des trognons de chou dans un carrefour où se rencontrent quatre chemins ayant des noms différents, et si on met des collets à ces trognons, le lendemain matin ou trouvera un lièvre pris à chaque collet.

[...] Au XVIIIe siècle, on disait en Anjou : un bouillon de choux fait perdre cinq sols au médecin.

[...] Au XVIIe siècle, comme aujourd'hui dans le Tarn, on se débarrassait de la fièvre, en y [sous le manteau de la cheminée] attachant un chou dérobé dans un jardin voisin.

[...] Dans le Finistère, on se délivre des verrues en ramassant sur son chemin la première feuille de chou qui se présente ; après s'en être frotté, on a soin de la remettre exactement à la place qu'elle occupait à terre, et l'on s'éloigne en tonte hâte en évitant de regarder en arrière.

[...] Les plantes semblent ne jouer qu'un rôle secondaire dans les songes. Dans le Moutonnais, quand on désire rêver, il faut manger le soir des choux montés.

[...] Les choux sont fréquemment associés aux coutumes matrimoniales. Dans le Castrais, les jeunes gens les dérobent pour en faire une soupe qui est servie aux mariés dans le courant de la soirée ; s'ils n'étaient pas volés, ce serait manquer à l'usage ; dans la Creuse, la poule qui a été promenée partout est assommée le soir avec un chou ; le chou et la poule cuits ensemble sont portés aux époux quand ils sont au lit. En Maine-et-Loire, dès le mutin, le lendemain du mariage, on attelait tous les bœufs de la métairie à la meilleure charrette et toute la compagnie se rendait dans un champ de choux, on choisissait le plus beau, puis on ouvrait une tranchée circulaire à une certaine distance et l'on s'en approchait avec un grand air de travail et de peine. Lorsque le chou était déchaussé, chaque homme de la noce essayait de l'arracher avec des efforts simulés, et, bien entendu, n'en pouvait venir à bout. Cet honneur était réservé au marié, qui après avoir feint une grande peine, parvenait à l'arracher on s'armait de leviers et de cordes, et on .parvenait à le placer sur la charrette et il était porté en triomphe au logis où les femmes s'en emparaient. En Berry, la plantation du chou, symbole de la fécondité, a lieu le second ou le troisième jour du mariage.

[...] Le chou a d'ordinaire une signification disgracieuse. Dans la Suisse romande, planter le chou à quelqu'un, c'est lui faire un mauvais compliment. Dans beaucoup de pays le chou est attaché, le 1er Mai, à la porte des jeunes filles dont la conduite a été légère. En Basse-Bretagne un tronc de chou placé sur la porte indiquait au bazvalan que la proposition de mariage était refusée.

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Chou (Brassica oleracea) a les caractéristiques suivantes :

Genre : Féminin

Planète : Lune

Élément : Eau

Pouvoirs : Divination ; Veuvage ; Avortement.


Utilisation rituelle : En Bretagne, autrefois, le Bavalan était un intermédiaire dans les mariages. Si on lui offrait des crêpes, cela signifiait que la demande était accordée. Un trognon de chou fixé sur la porte était le signe du refus.

En Poitou, les jeunes gens attachaient, le 1er mai, un chou à la porte de la jeune fille dont la conduite avait été jugée légère.

À Laroche, s'il pleuvait le jour des noces, on disait malignement des époux : L'on mougné l'djot’ o po. « Ils ont mangé le chou au pot », c’est-à-dire qu'ils n'ont pas attendu que le couvert fût mis régulièrement, qu'ils ont déjà eu des rapports sexuels avant le mariage.


Utilisation magique : Si vous voulez raccourcir la vie de votre mari, faites-lui manger des choux en mai et juin. Si l'on plante des trognons de choux dans un carrefour où se rencontrent quatre chemins ayant des noms différents, et si l'on met des collets à ces trognons, le lendemain matin on trouvera un diable pris à chaque collet.

La fleur de chou mise dans un pessaire et introduite dans le vagin gâte le sperme et produit l'avortement.

Durant l'Halloween (nuit qui précède la Toussaint), les jeunes Anglaises se prennent par la main et vont deux par deux, les yeux fermés, dans le potager, arracher le premier chou qu elles rencontrent.

Suivant qu'il est gros ou petit, tordu ou droit, ouvert ou bien pommé, le futur époux sera beau ou laid, fort ou maigrichon, sociable ou renfermé. Si beaucoup de terre grasse adhère à la racine, c'est le signe d'un prétendant riche; si la tige du chou est lisse et douce, il aura bon caractère; si elle est grumeleuse, pleine d'aspérités, il battra souvent.

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