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  • Anne

Mon amie la Rose



Étymologie

  • ROSE, subst. fém.

Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1140 « fleur du rosier » (Pélerinage Charlemagne, éd. G. Favati, 266) ; 2. 1360 rose d'outremer (Invent. d'Anjou, n°515 ds Gay t. 2) ; xive s. roses sauvages « églantines » (Moamin, éd. H. Tjerneld, IV, 33, 4) ; 1562 rose de Jericho (A. Du Pinet, Hist. du monde, t. 2, p. 334) ; 1660 rose d'Inde (Oudin Fr.-Esp.) ; 1803 rose de Noël (Boiste) ; 1823 rose du Japon « camélia » (ibid.) ; 1842 rose d'hiver (Ac. Compl.) ; 3. 1552 fig. un front de rose (Ronsard, Amours, éd. P. Laumonier, t. 4, p. 21) ; 1557 teint de rose (O. de Magny, Souspirs, éd. Courbet, p. 24) ; 1685 l'Aurore aux doigts de rose, cf. le gr. homérique η ̃ μ ο ς δ'η ̓ ρ ι γ ε ́ ν ε ι α φ α ́ ν η ρ ̔ ο δ ο δ α ́ κ τ υ λ ο ς (La Fontaine, Le Remède ds Contes, éd. G. Couton, p. 368) ; 4. 1228 eve rose (Jean Renart, Guillaume de Dole, éd. F. Lecoy, 4265) ; ca 1393 eaue rose (Ménagier, II, 252 ds T.-L.) ; ca 1480 eau de rose (Mist. Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 40012) ; 1739 fig. (Voltaire, Lettre au pr. roy. de Pr., 1er juin ds Littré : c'est une pièce toute d'amour, toute distillée à l'eau rose des dames françaises) ; 5. 1694 bois de rose (Corneille) ; 1909 id. adj. « couleur » (La Mode illustrée, 28 nov., p. 576a ds Quem. DDL t. 16). B. 1. 1461 se baigner en roses « éprouver un vif plaisir » (Georges Chastellain, Chroniques ducs de Bourgogne, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 3, p. 154) ; 2. 1578 les roses de la vie « ses plaisirs, ses charmes » (Ronsard, Second livre des Sonnets pour Hélène, éd. M. Smith, p. 148) ; 3. 1626 cueillir la rose « prendre la virginité d'une fille » (Sorel, Francion, éd. E. Roy, t. 3, p. 179) ; 4. 1611 nulle rose sans épine (Cotgr.) ; 1651 il n'est point roze sans epine (Scarron, Virgile travesty, l. VI, p. 122) ; 5. 1640 c'est la plus belle rose de son chapeau « le plus grand honneur, le plus grand avantage » (Oudin Curiositez) ; 6. 1666 être sur un lit de roses (La Fontaine, Oraison de St Julien ds Contes, p. 82) ; 1844 être sur des roses (Balzac, Paysans, p. 98) ; 1961 envoyer qqn sur les roses « éconduire » (J. Cau, Pitié de Dieu, Paris, Gallimard, p. 28) ; 7. 1801 voir tout couleur de rose « tout considérer avec optimisme » (E. Despréaux, in Les Dîners du Vaudeville, n°47, thermidor an 9, p. 24 ds Quem. DDL t. 19). C. 1. 1380 « ornement en forme de la fleur » (Invent. de Charles V ds Havard 1890) ; id. rose d'or (ibid. ds Laborde) ; 2. 1634 rose « étoile à 32 divisions représentée sur une boussole, des cartes marines » (E. Cleirac, Explic. des termes de marine ds Jal) ; 1678 rose des vents (Guillet, 3e part.) ; 3. 1689 « marque ronde que le teinturier laisse au bout de l'étoffe » (Règlem. sur les manuf., Teinturiers en laine, art. 34 ds Littré) ; 4. 1690 « baie circulaire garnie de vitraux dans une église » (Fur.) ; 5. 1723 grande rose « linge damassé fabriqué en Flandre et en Normandie » (Savary t. 1, p. 546) ; 6. id. diamant en rose (ibid., p. 1694) ; 1740 diamant rose (Ac.) ; 1752 « diamant taillé par dessus en facettes et plat en dessous » (Trév. Suppl.) ; 7. 1736 rose du gouvernail « femelot des ferrures du gouvernail » (Aubin) ; 8. 1923 rose des sables (Lar. univ.). Empr. au lat. rosa « rose (fleur), rosier »

  • ROSE, adj. et subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1165 « qui a la couleur rouge clair » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 5531) ; 1852 rose thé (Gautier, Émaux, p. 53); 1909 rose saumon (La Mode illustrée, 3 oct., p. 457 ds Quem. DDL t. 16) ; 2. 1809 tout n'est pas rose (Les Méditations d'un hussard, xj-xij, ibid., t. 19) ; id. voir tout en rose (Brazier, in Le Chansonnier du vaudeville, V, p. 8, ibid.). Empl. adj. de rose sens n°1*.


Voir aussi la définition détaillée du nom qui propose quelques éléments de symbolisme.

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Expressions populaires :

Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expression populaires bien connues :


A l'eau de rose : On ne croirait guère que l'expression à l'eau de rose si simple, si courante, si limpide, réservât des surprises au détective du langage... Tout le monde sait ce qu'est « un roman à l'eau de rose » - chacun en a lu : c'est un roman assez mièvre, déroulant une histoire d'amour gentillette, voire un peu niaise, où des sentiments conventionnels, mais toujours élevés, s'expriment dans un style convenu, plutôt fade, et généralement bourré de clichés. Ces jolis récits destinés aux jeunes filles rangées d'autrefois, ont du reste repris du poids dans la littérature contemporaine repris du poids dans la littérature contemporaine ; ils font le régal des jeunes filles dérangées d'aujourd'hui, de leurs père et mère, du cousin informaticien, de l'ex du grand-père et de ses petites nièces, de tous ceux et celles qui se recomposent un goût littéraire sûr - la collection Harlequin a pénétré chez les notaires et les académiciens.

Il est donc urgent de définir la tendance ; cette locution à l'eau de rose, avec sa fraîcheur de tonnelle, son parfum désuet de table de toilette marbrée, a de quoi retenir. Or, premier mystère, la lexicographie du XIXe siècle l'ignore totalement. Ni Littré, ni Larousse, ni Bescherelle, ni aucun des rapporteurs du langage familier ou "vert", ne la connaît. Au point que le Robert des locutions d'Alain Rey et S. Chantreau, de 1981, précise : « Avec cette forme et ce sens la locution est récente (fin XIXe siècle, sans doute). »

Entendons-nous ! Les dictionnaires connaissent « l'eau de rose », la substance, le liquide cosmétique, « distillat de rose », ou décoction de pétales de roses simplement filtrée - produit fort ancien, au Moyen Âge eve rose, puis eau rose jusqu'au XVIIIe siècle apparemment, eau de rose ensuite… Je veux parler de la métaphore, image de mollesse, d'indolence, découlant de cette eau-là. On la relève déjà chez Voltaire en 1759 sous la forme archaïque à l'eau de rose (in Wartburg) ; Stendhal parle encore dans son Journal (1813-1818), d'« artistes à l'eau rose ». Faudra-t-il donc vraiment attendre la fin du siècle romantique pour qu'elle se reformule de la manière que nous connaissons ?... Eh bien non ; la locution à l'eau de rose existait bel et bien dès la fin du XVIIe siècle, j'en apporte la preuve avec ce texte rare d'une comédie de Dumoncel, L'Intérieur des comités révolutionnaires, créée à Paris le 27 avril 1795. Un membre du tribunal y brocarde un citoyen modéré qui renâcle pour coiffer le fameux bonnet rouge :

« Aristide [avec ironie] : Monsieur Dufour n'est pas l'ami du signe de la liberté ?

Dufour : Non, depuis que vous en avez fait un signe de sang !

Aristide [avec ironie] : Nous ferons en faveur de Monsieur Dufour des révolutions à l'eau de rose. »

De plus, une investigation dans le Trésor de langue française (1979) fait paraître la locution sous la plume de Rodolphe Toepffer, dans les Nouvelles Genevoises en 1839 : « Leurs phrases précieuses et leurs sentiments à l'eau de rose. »

Mais alors intervient un second mystère : comment se fait-il qu'une expression pareille n'apparaisse pas dans l'énorme masse des écrits publiés au XIXe siècle, par les auteurs les plus fameux comme les plus effacés ?... Où est-elle passée entre-temps ? La seule hypothèse que je puisse émettre à la rigueur, est que la locution appartenait à un registre interlope - trop familière peut-être pour s'intégrer au langage officiel, Hugo, Flaubert, ou Littré, tout en n'étant pas suffisamment « peuple » pour figurer dans les œuvres et les lexiques d'argot… Son utilisation par le suisse Toepffer - un homme en dehors des modes et des courants dont Sainte-Beuve a dit : « Il s'est fait un mode d'expression libre, franc , pittoresque » - et son utilisation par les membres du tribunal révolutionnaire, d'évidents originaux,semble appuyer cette version des faits.

Mais je ne suis pas certain d'avoir découvert... le pot aux roses !


Découvrir le pot aux roses : Découvrir le pot aux roses - le secret, le mystère d'une affaire - est une façon de parler qui date au moins du XIIIe siècle où on la rencontre déjà bien établie dans un Dit de vérité :


Car je tanstost descouvreroi

Le pot aux roses.


Comme le remarque P. Giraud, « ces mystérieuses roses ont depuis longtemps exercé la sagacité des linguistes ». Certains ont formulé l'hypothèse d'un pot de fleurs ; le « pot aux roses ornant la fenêtre ou le balcon des belles, et sous lequel les galants plaçaient les billets doux qu'ils leur adressaient », propose M. Rat - un pot que, naturellement, le mari jaloux pouvait « découvrir ».

Plusieurs détails rendent cette proposition irrecevable étant donné l'ancienneté de la locution. D'abord, le « pot de fleurs » ne s'emploie que depuis le XVIIe siècle et le mot « découvrir » n'a pris le sens de « faire une découverte » que vers le XVIe siècle. Enfin, inconvénient majeur, les rosiers ne se cultivent pas en pots ! Du moins la rose actuelle, persistante, embellie, est une fleur relativement récente, qui s'est surtout développée avec les progrès de l'horticulture au début du XXe siècle. Les roses d'antan dérivaient directement de la simple églantine avec laquelle elles étaient plus ou moins confondues, comme en témoigne le vieux proverbe pessimiste : « Il n'est si belle rose qui ne devienne gratte-cul ! » C'était une fleur fragile, passagère, éclose à midi, fanée le soir, de tout temps le symbole de la fugacité de belles choses.

C'est à cause d'une observation botanique directe, et non par hyperbole, que les poètes se désolent de voir la rose fanée au soir de son éclosion :

Les roses overtes et lees (épanouies)

Sont en un jor toutes alees


dit le Roman de la Rose, plus tard Malherbe lançait sa fameuse lamentation :


Et rose elle a vécu ce que vient les roses,

L'espace d'un matin.


Autre supposition, le pot aux roses serait un « pot au rose », c'est-à-dire un « pot qui contient le rose dont les femmes se fardent » ; le découvrir serait alors découvrir l'artifice, le « secret de la toilette d'une femme ». La même objection reste valable quant au sens tardif du mot découvrir ; de surcroît « la locution est d'une époque où la prononciation maintient distincte l'opposition au rose / aux roses et le pluriel est solidement attesté ».

En fait les exemples montrent que le sens ancien de l'expression est non pas « trouver » une chose cachée, mais au contraire « découvrir » au sens de « dévoiler, révéler un secret » qui devait normalement être gardé par la personne qui le laisse échapper. C'est ainsi que l'emploie notamment Charles d'Orléans au XVe siècle :


De tes lèvres les portes closes

Penses de sagement garder ;

Que dehors n'eschappe parler

Qui descouvre le pot aux roses.


Comme le démontre judicieusement P. Guiraud, il s'agit donc de « découvrir », au sens tout à fait matériel d'« enlever le couvercle » d'un pot qui contient des roses. Le secret apparaît alors...

Malheureusement, en ce qui concerne la locution, c'est à partir de là que le mystère s'épaissit ! Pourquoi ces roses ans un pot ? A quel usage ? Et surtout pourquoi recèleraient-elles un secret ?... On peut penser très matériellement à « l'eau de rose », cet ancêtre des parfums, en grande faveur au Moyen Âge, que l'on obtenait par distillation de pétales de roses macérés. L'eau (de) rose était considérée comme un liquide particulièrement pur et précieux. La jeune fille du Guillaume de Dole, calomniée par le vilain sénéchal, pleure de bien jolies larmes :


Lermes plus cleres d'eve rose

li couroient aval le vis (visage).


Comme tout parfum elle s'évente et s'évapore si on laisse le pot découvert... L'odeur se répand dans la pièce et révèle le secret de son existence ?... Ce n'est pas particulièrement concluant.

Pierre Guiraud aborde la même voie, mais en orientant son hypothèse sur la fabrication de l'essence de roses : « La Grande Encyclopédie en décrit longuement la distillation dans une "vessie" ou cornue qui était une "sorte de marras de la panse duquel sort un tuyau, etc. Ce récipient dont les parfumeurs ont autrefois fait mystère, peut servir commodément aux distillations des huiles essentielles un peu précieuses". »

« On voit l'intérêt de cette citation et de la phrase que j'en souligne ; le mystère est peut-être imaginaire et dérive tout simplement de notre expression, mais il n'est pas interdit cependant de voir dans le pot aux roses la cornue des parfumeurs. »

« Par ailleurs, Littré et le Larousse du XIXe siècle définissent rose comme un terme d'alchimie, la rose minérale étant une poudre résultant de la sublimation de l'or et du mercure. Je n'ai pu nulle part retrouver la trace de cette opération, mais elle fait songer à la pierre philosophale, qui est le symbole même du secret et du mystère. Notre pot aux roses pourrait donc bien être la cornue des alchimistes.

Nous nous garderons, ajoute P. Guiraud, de défendre ces hypothèses, nous ne les donnons au contraire que pour mieux montrer comment l'imagination se laisse entrainer sur la pente étymologique. »

Il est vrai que l'on ne voit pas clairement comment ces cornues, contrairement à un « pot » ordinaire, pourraient être « découvertes ». En revanche ces indications renvoient pertinemment à l'idée de secret attachée depuis toujours à la rose. L'expression latine sub rosa, « sous la rose » qui signifie « en grand secret », est employée un peu partout dans les langues européennes. L'origine de cette locution est elle-même obscure. La légende veut que Cupidon ait donné une rose à Harpocrates, le dieu du Silence, pour lui demander de ne pas trahir les amours de Vénus. La rose en serait devenue le symbole du secret. Autrefois on sculptait une rose au plafond des salles de banquets pour rappeler aux hôtes que les confidences échangées à la faveur des libations n'étaient pas destinées à courir les rues... Au XVIe siècle on prit également l'habitude de graver une rose sur les confessionnaux !

La rose bien gardée, symbole de l'amour et du mystère qui l'envelope, constitue précisément l'argument du célèbre Roman de la Rose Le poète est amoureux d'une rose ou plutôt d'un bouton vermeil, qui embaume le jardin d'Amour. mais les rosiers sont entourés d'une haie « fete d'espines mout poignant », et gardés par des figures allégoriques celles que Danger, Honte, Peur… Devant la hardiesses de l'amoureux qui a osé prendre un baiser. Jalousie fait construire une puissante forteresse pour protéger les rosiers. Il ne reste au poète qu'à se lamenter de ne plus voir la rose « qui est entre les murs enclose ».


Et quant du bessier me recors (je me souviens)

qui me mist une odor au cors

assez plus douce que de basme,

par un pot que je ne me pasme,

qu'encor ai ge au cuer enclose

la douce savor de la rose.


Ces tours d'horizon replacent certes le pot aux roses dans un contexte auquel il n'a probablement pas échappé à l'époque où il s'est formé, sans pour autant éclairer son origine de façon déterminante. Il y a quelque ironie à penser que cette expression gardera sans doute éternellement son secret !

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Botanique :


Dans L'effet guérisseur de l'arbre (2016), Clemens G. Arvay nous interroge :


"Saviez-vous que le parfum envoûtant et sucré de la rose a un lien avec votre passé ? Le parfum d'indole de la rose se trouve dans l'utérus. Là, le parfum a été créé par nos propres déchets dans le liquide amniotique et la substance est entrée en contact avec nous pare notre bouche et nos muqueuses. L'indole en fait ne sent pas la rose, mais les fruits trop mûrs, et c'est en se combinant avec d'autres parfums qu'il sent la rose. Mais nous le reconnaissons inconsciemment. La rose nous rappelle donc, de manière inconsciente, le temps que nous avons passé dans le ventre de notre mère. C'est pour cela que nous associons cette odeur avec la chaleur et la tendresse, l'amour et le soin."

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Huile essentielle :


Dans L'Aromathérapie spirituelle, Christine Salvador nous apprend que :


L'huile essentielle de rose est certainement la première huile essentielle que l'on ait extraite d'une fleur. L'on rapporte que l'huile essentielle de rose aurait été distillée pour la première fois par Avicenne, le grand médecin l'aurait fabriquée par hasard au cours d'une de ses expérimentations, dès le Xè siècle.

Son parfum est créateur d'inspiration, elle est la rose du poète.

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses... Soit 40 millions d'années, à en croire certains fossiles du tertiaire. La rose en sa beauté pourrait bien avoir précédé l'homme sur terre, comme pour se préparer à la passion qu'il lui porte, les soins dont il l'entoure, l'inlassable dialogue qu'il a avec elle. La rose est universellement chérie en ses innombrables variétés et son parfum fut et demeure l'or absolu d monde olfactif.

A l'origine, la rose est d'une importance indéniable dans la théorie et la métaphysique de l'alchimie, en effet les roses rouges et blanches étaient considérées comme appropriées aux différentes étapes du travail de l'alchimiste ; il les plaçait dans des cornues et les chauffait avec d'autres matériaux, tout cela dans le but d'obtenir la transformation des métaux de base en or. C'est ainsi que fut produite par accident la première eau de rose et la première huile essentielle de Rose. L'eau de rose et l'huile de rose étaient toutes deux connues dans les pays de langue arabe à la fin du Xè siècle.

Aujourd'hui, la plus grande partie de l'huile essentielle de Rose ne s'obtient pas par distillation, mais plutôt par la méthode dite de l'enfleurage ou par l'extraction aux solvants. L'huile essentielle de Rose est très onéreuse, non seulement parce qu'il faut une énorme quantité de pétales pour produire très peu d'huile, mais ceci demande en plus beaucoup de main d'oeuvre. Cependant les attars, entendez parfums végétaux naturels, de rose qui sont extraits de cette manière sont ultra concentrés, ainsi seules de quantités infimes sont employées pour chaque traitement.

L'attar de rose est de consistance solide dans le flacon à température d'ambiance, il ne se liquéfie en huile épaisse que lorsqu'on réchauffe le flacon entre les mains. D'un brun rougeâtre profond, l'attar de rose ne s'emploie qu'à petites doses, car son parfum est très puissant. Deux variétés de rose sont utilisées pour la production de l'huile essentielle de Rose ; il s'agit de la Rosa centifolia et de la Rosa damascena. Il existe donc de légères différences d'arôme et de couleur en fonction des variétés utilisées, la couleur varie d'orange verdâtre à brunâtre profond. Rosa centifolia se cultive dans la région de Grasse au beau milieu de l'industrie française du parfum, et aussi dans les pays du Maghreb, elle s'appelle dans ce cas Rose Maroc. Rosa damascena se cultive de manière intensive en Bulgarie pour produire de l'huile essentielle. La composition de l'huile essentielle de rose est d'une complexité inégalée, elle contient plus de 300 composants connus représentant à peu près 85% de la totalité. Les 15% restants qui constituent une multitude de composés différents, en très petite quantité, chacun est vital à l'huile en ce qui concerne son parfum et ses vertus thérapeutiques.

En Occident, sa beauté et son parfum en ont fait la reine des fleurs. Avec son alter ego oriental, le lotus, elle symbolise la roue ou le mandala, la présence divine au centre du monde, comme l'illustre la rosace gothique ou la rose des vents. Dans la plupart des civilisations, la rose symbolise l'amour, la pureté et la passion. La mère du Christ est souvent représentée avec une rose à la main. Dans la mythologie, la rose est associée à de nombreuses divinités féminines, comme Vénus la Romaine, Lakshmi l'Indienne ou encore Aphrodite la Grecque. En Egypte, Cléopâtre aurait fait recouvrir le sol de sa chambre d'un tapis de roses afin que l'empereur Marc-Antoine succombe à ses charmes. Mais, la mythologie grecque raconte aussi que la rose est née des larmes de la déesse de l'amour, Aphrodite, qui pleurait Adonis en train d'agoniser. Par son rapport avec le sang répandu, la rose symbolise donc également la renaissance mystique ou la régénération. C'est ainsi qu'au VIIè siècle, le tombeau du Christ aurait été peint d'une couleur "mélangée de rouge et de blanc" et que, depuis l'Antiquité, on orne les tombes de roses.

Amène le lâcher-prise, idéal pour accompagner une personne en fin de vie ou affronter un deuil (associer avec du nard).

Certes elle peut pallier bien des maux, mais elle est surtout un baume pour l'âme, et dans ce sens elle apporte à chacun ce qu'il espère en retirer. La rose nous ouvre à notre conscience et, pensons-nous, conduit à la foi. Et surtout au respect du principe féminin, de la femme dans tout ce qu'elle représente de vertu, de beauté, de pureté, de tendresse et de sacrifice. De fragilité aussi. Elle nous montre que la beauté, la véritable beauté, se contemple, se respire, mais ne se profane pas. La vraie beauté, comme l'amour, se vit, simplement. Divinement. Remercions-la d'exister.

Qu'elle soit issue du sang de Vénus, d'Adonis, la rose, reine des fleurs est immémoriale. Célébrée par les poètes, vénérée dans les livres sacrés, offerte aux dieux et aux rois, la rose est symbole de l'amour. Des bouquets de roses furent trouvés dans le sarcophage de Toutankhamon, gage d'amour de la reine Ankhesamon.

Elle possède aussi des propriétés beaucoup plus subtiles, élévation de tous les niveaux vibratoires du corps humain.


Propriétés et indications énergétiques :

  • puissant harmonisant, psycho-émotionnel en cas d'anxiété nerveuse, de dépression, d'insomnies ou de palpitations.

  • dissout les blocages au niveau des corps subtils.

  • chasse les pensées et les sentiments négatifs, l'irritabilité.

  • amène le lâcher-prise idéal pour accompagner une personne en fin de vie ou affronter un deuil (en association avec du nard de l'Himalaya).

  • aide à surmonter les blessures sans amertume ni désir de vengeance et à restaurer la confiance.

  • ouvre à l'amour universel, la compassion, la tendresse.

  • rides, couperose, peau asphyxiée, certains eczémas, inflammations cutanées, ulcères variqueux : hémostatique, bactéricide, puissant cicatrisant et régénérateur cutané majeur.

  • infections buccales, aphtes : bactéricide, cicatrisant.

  • bronchites chroniques (surtout d'origine psycho-émotionnelle), asthme, tuberculose, troubles du rythme cardiaque, anxiolytique, tonique général.

  • asthénies sexuelles, frigidité, impuissance : aphrodisiaque.

  • dérèglements digestifs : régulateurs de l'appétit, apaise le feu dans le foie et l'organisme en général.

  • chagrin, chakra du cœur, choc émotionnel, dépression, eczéma, frigidité, hémorragie, impuissance, peau sensible, peau sèche, peau vieillissante, rides, système de reproduction féminin, tension nerveuse, tristesse.

  • elle possède aussi des propriétés beaucoup plus subtiles, élévation de tous les niveaux vibratoires du corps humain."

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Symbolique de la rose :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on découvre que :


"Remarquable par sa beauté, sa forme et son parfum, la rose est la fleur symbolique la plus employée en Occident. Elle correspond dans l'ensemble à ce qu'est le lotus en Asie, l'un et l'autre étant très proches du symbole de la roue. L'aspect le plus général de ce symbolisme floral est ce lui de la manifestation, issue des eaux primordiales, au-dessus desquelles elle s'élève et s'épanouit. Cet aspect n'est d'ailleurs pas étranger à l'Inde, où la rose cosmique Triparasundarî sert de référence à la beauté de la Mère divine. Elle désigne une perfection achevée, un accomplissement sans défaut. Comme on le verra, elle symbolise la coupe de vie, l'âme, le cœur, l'amour. On peut la contempler comme un mandala et la considérer comme un centre mystique. La rose est, dans l'iconographie chrétienne, soit la coupe qui recueille le sang du Christ, soit la transfiguration des gouttes de ce sang, soit le symbole des plaies du Christ. Un symbole rosicrucien figure cinq roses, une au centre et une sur chacun des bras de la Croix. Ces images évoquent, soit le Graal, soit la rosée céleste de la Rosa candida de la Rédemption. Et puisque nous citons les Rose-Croix, remarquons que leur emblème place la rose au centre de la Croix, c'est-à-dire à l'emplacement du cœur du Christ, du Sacré-Cœur. Ce symbole est le même que la Divine Comédie ; laquelle ne peut manquer d'évoquer la Rose mystique des litanies chrétiennes, symbole de la Vierge ; le même peut-être aussi que celui du Roman de la Rose. Angelus Silesius fait de la rose l'image de l'âme, celle aussi du Christ, dont l'âme reçoit l'empreinte. La rose d'or, autrefois bénie par le Pape le quatrième dimanche de Carême, était un symbole de puissance et d'instructions spirituelles mais aussi sans doute un symbole de résurrection et d'immortalité. La rosace gothique et la rose des vents marquent le passage du symbolisme de la rose à celui de la roue.

Il faut enfin noter le cas particulier, en mystique musulmane, d'un Saadi de Chiraz, pour qui le Jardin des Roses est celui de la contemplation : J'irai cueillir les roses du jardin, mais le parfum du rosier m'a enivré. Langage que la mystique chrétienne se refuserait en aucune manière, en commentaire du Cantique des Cantiques sur la rose de Saron.

La rose, par son rapport avec le sang répandu, paraît souvent être le symbole d'une renaissance mystique :

Sur le champ de bataille où sont tombés de nombreux héros, poussent des rosiers et des églantiers.... Des roses et des anémones sont sorties du sang d'Adonis tandis que ce jeune dieu agonisait...

Il faut, dit Mircea Eliade, que la vie humaine se consume complètement pour épuiser toutes les possibilités de création ou de manifestation ; vient-elle à être interrompue brusquement, par une mort violente, elle tente de ses prolonger d=sous une autre forme : plante, fleur, fruit.

Les cicatrices sont comparées à des roses par Abd Ul Kadir Gilani, qui attribue à ces roses un sens mystique..

Selon F. Portal, la rose et la couleur rose constitueraient un symbole de régénération du fait de la parenté sémantique du latin rosa avec ros, la pluie, la rosée. La rose et sa couleur, dit-il, étaient les symboles du premier degré de régénération et d'initiation aux mystères... L'âne d'Apulée recouvre la forme humaine, en mangeant une couronne de roses vermeilles que lui présente le grand-prêtre d'Isis. Le rosier, ajoute cet auteur, est l'image du régénéré, comme la rosée est le symbole de la régénération. Et la rose, dans les textes sacrés, accompagne bien souvent le vert, ce qui confirme cette interprétation. Ainsi dans l'Ecclésiaste (24, 14) : J'ai grandi... comme les plants de roses de Jéricho, comme un olivier magnifique dans la plaine. L'olivier était consacré à Athéna - la déesse aux yeux pers - qui naquit à Rhodes, l'Île des Roses : ce qui suggère les mystères de l'initiation. Et les rosiers étaient consacrés à Aphrodite en même temps qu'à Athéna. La rose était chez les grecs une fleur blanche, mais lorsque Adonis, protégé d'Aphrodite, fut blessé à mort, la Déesse courut vers lui, se piqua à une épine et le sang colora les roses qui lui étaient consacrées.

C'est ce symbolisme de régénération qui fait que, depuis l'Antiquité, on dépose des roses sur les tombes : les Anciens... nommaient cette cérémonie rosalia ; tous les ans, au mois de mai, ils offraient aux mânes des défunts des mets de roses. Et Hécate, déesse des Enfers, était parfois représentée la tête ceinte d'une guirlande de roses à cinq feuilles. On sait que le nombre cinq, succédant au quatre, nombre d'accomplissement, marque le départ d'un nouveau cycle.

Au septième siècle, selon Bède, le tombeau de Jésus-Christ était peint d'une couleur mélangée de blanc et de rouge. L'on retrouve ces deux éléments composants de la couleur rose, le rouge et le blanc, avec leur valeur symbolique traditionnelle, sur tous les plans, du profane au sacré, dans la différence accordée aux offrandes de roses blanches et de roses rouges, ainsi que dans la différence entre les notions de passion et de pureté et celles d'amour transcendant et de sagesse divine. Aux armes des religieuses, dit le Palais de l'Honneur, l'on met une couronne composée de branches de rosier blanc avec ses feuilles, ses roses et ses épines, qui dénote la chasteté qu'elles ont conservée parmi les épines et les mortifications de la vie.

La rose est devenue un symbole de l'amour et plus encore du don de l'amour, de l'amour pur... La rose comme fleur d'amour remplace le lotus égyptien et le narcisse grec ; ce ne sont pas les roses frivoles de Catulle... mais les roses celtiques, vivaces et fières, non dépourvues d'épines et lourdes d'un doux symbolisme : celle du Roman de la Rose, dont Guillaume de Lorris et Jean de Meung font le mystérieux tabernacle du Jardin d'Amour de la Chevalerie, rosa mystica des litanies de la Vierge, roses d'or que les Papes donneront aux princesses méritantes, enfin l'immenses fleur symbolique que Béatrice montre à son amant fidèle parvenu au dernier cercle du Paradis, rose et rosace à la fois.

L'amour paradisiaque sera comparé par Dante au centre de la rose : Au centre d'or de la rose éternelle, qui se dilate et va de degré en degré, et qui exhale un parfum de louange au soleil toujours printanier. Béatrice m'attira.. (Dante, Le Paradis, chant XXX 124-127 ; chant XXXI, v. 4-22)

Blanche ou rouge, la rose est une des fleurs préférées des alchimistes dont les traités s'intitulent souvent rosiers de philosophes. La rose blanche comme le lis fut liée à la pierre au blanc, but du petit œuvre, tandis que la rose rouge fut associée à la pierre au rouge, but du grand œuvre. La plupart de ces roses ont sept pétales dont chacun évoque un métal ou une opération de l'œuvre. Une rose bleue serait le symbole de l'impossible."

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Sheila Pickles écrit un ouvrage intitulé Le Langage des fleurs du temps jadis (Édition originale, 1990 ; (Éditions Solar, 1992 pour la traduction française) dans lequel elle présente ainsi la Rose :

Mot clef : Rose rouge : Amour passion

Rose rose : Amour

Rose blanche : Amour pur et raffiné

Rose jaune : Perte d'amour et Infidélité

Rose chou : Ambassadeur d'amour

Rose musquée : Beauté capricieuse


La belle Rose, à Vénus consacrée,

L'œil et le sens de grand plaisir pourvoit ;

Si vous dirai, dame qui tant m'agrée,

Raison pourquoi de rouges on en voit.

Un jour Vénus son Adonis suivait

Parmi jardin plein d'épines et branches,

Les pieds sont nus et les deux bras sans manches,

Dont d'un rosier l'épine lui méfait ;

Or étaient lors toutes les roses blanches,

Mais de son sang de vermeilles en fait.

De cette rose ai je fait mon profit

Vous étrennant, car plus qu'à autre chose,

Votre visage en douceur tout confit,

Semble à la fraîche et vermeillette rose.

Clément Marot (1496-1544), De la Rose.


Cultivée depuis des temps immémoriaux, la Rose est certainement la fleur que l'on offre le plus. Nabuchodonosor, roi de la fastueuse Babylone, en décorait abondamment ses palais ; en Perse, on en tirait de l'huile parfumée et l'on utilisait les pétales pour remplir le matelas du sultan. Au Cachemire, les empereurs moghols entretenaient une merveilleuse roseraie, et, à leur retour de voyage, on jetait des pétales dans la rivière pour les accueillir. Plus tard, dans l'Empire romain, les roses devinrent synonymes des pires excès, car les paysans étaient contraints de les cultiver, au lieu de produire du blé, pour satisfaire au désir de leurs propriétaires. Les empereurs remplissaient d'eau de rose leurs bassins et piscines, et se livraient à des orgies sur d'épais tapis de pétales. Héliogabale, pour distraire ses invités, lors des fêtes qu'il donnait, faisait tomber sur eux une pluie de pétales.

La Rose est la fleur de l'Amour. Elle a été créée par Chloris, déesse des Fleurs de la mythologie grecque, à partir du corps sans vie d'une nymphe qu'elle avait découvert dans une clairière. Comme elle demandait de l'aide, Aphrodite, déesse de l'Amour, lui donna la beauté, Dionysos, dieu du Vin, lui offrit l'enivrant parfum, et les trois Grâces lui conférèrent charme, éclat et joie. Ensuite, Zéphyr chassa les nuages afin de permettre à Apollon d'envoyer ses rayons pour faire éclore la fleur nouvelle. La Rose était née, et elle devint immédiatement la reine des fleurs.

De nombreuses légendes racontent comment la Rose rouge a trouvé sa couleur. Les Romains croyaient que Vénus avait rougi lorsque Jupiter l'avait surprise au bain, et que la Rose blanche avait pris la même teinte à son imitation. Les Grecs, quant à eux, retenaient l'histoire d'Aphrodite et de Perséphone, toutes deux amoureuses d'Adonis, et qui avaient décidé de se partager ses faveurs. Mais, quand la seconde décida d'empêcher le jeune dieu de retourner au royaume des morts Perséphone demanda à Arès, dieu de la Guerre, de l'aider. Lorsque Adonis alla chasser, il fut attaqué et tué par un sanglier. Aphrodite se précipita alors près de lui, s'écorchant, dans sa hâte, à un rosier blanc. Des Roses rouges surgirent là où le sang d'Adonis avait touché le sol, et les fleurs du buisson prirent la même couleur.

Les premiers chrétiens firent de la Rose rouge un symbole du sang des martyrs, et la Rose blanche a depuis toujours exprimé la pureté et la chasteté. On dit que la Vierge a étendu son manteau, pour qu'il sèche, sur un rosier rouge, qui, par la suite, n'a plus donné que des fleurs blanches. Dans le langage des fleurs, l'association des Roses blanche et rouge est un symbole d'unité et d'accord. En Angleterre, la guerre des Deux-Roses a opposé la famille d'York, portant la Rose blanche sur ses armoiries, à celle de Lancastre, qui avait pour emblème la Rose rouge, et Shakespeare a porté cette histoire au théâtre dans Henry VI. Les combats durèrent trente ans et se terminèrent... par un mariage ; les deux roses furent unies sur le blason pour former la fameuse Rose Tudor.

La rose jaune, quant à elle, est un symbole d'amour finissant et d'infidélité. Peut-être cela est-il lié à l'histoire d'Aïcha, épouse favorite de Mahomet. Celui-ci la suspectait d'infidélité et alla demander l'avis de l'archange Gabriel. A son retour, Aïcha l'accueillit avec une brassée de Roses rouges. Sur les instructions de l'archange, le prophète lui demanda de les jeter à la rivière, sachant que si elles changeaient de couleur, ses soupçons seraient confirmés. Or, les Roses, traîtresses, devinrent jaunes !

La Rose avait, à l'origine, cinq pétales. Cette fleur simple se rencontre toujours, aujourd'hui, sur les chemins, sur différentes espèces de rosiers sauvages ; par exemple, l'Eglantine, Rosa canina, rose, ou la Rose pimprenelle, blanche. La transformation de la Rose en fleur à pétales multiples est surtout due à la culture, mais l'origine de ce procédé est très ancien ; il pourrait dater de Confucius, qui, dit-on, possédait de nombreux ouvrages sur le rosier. L'évolution de la culture de la rose constitue un chapitre majeur de l'horticulture. Aujourd'hui, il existe plusieurs milliers d'espèces et de variétés de la fleur reine de l'Occident.


Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose

En sa belle jeunesse, en sa première fleur

Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,

Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :


La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,

Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :

Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,

Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :


Ainsi en ta première et jeune nouveauté,

Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,

La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.


Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,

Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,

Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.


Pierre de Ronsard (1524-1585), Sur la mort de Marie.

L'été brûlant a ses grasses moissons,

Le riche automne a ses treilles encloses,

L'hiver frileux son manteau de glaçons,

Mais le printemps a l'amour et les roses.


Gérard de Nerval (1808-1855), Caligula, 1er chant.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Dans l'Antiquité, la rose était associée à l'amour et à la volupté, particulièrement la rose rouge, plante de Vénus qui lui a donné