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  • Anne

Mon amie la Rose



Étymologie

  • ROSE, subst. fém.

Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1140 « fleur du rosier » (Pélerinage Charlemagne, éd. G. Favati, 266) ; 2. 1360 rose d'outremer (Invent. d'Anjou, n°515 ds Gay t. 2) ; xive s. roses sauvages « églantines » (Moamin, éd. H. Tjerneld, IV, 33, 4) ; 1562 rose de Jericho (A. Du Pinet, Hist. du monde, t. 2, p. 334) ; 1660 rose d'Inde (Oudin Fr.-Esp.) ; 1803 rose de Noël (Boiste) ; 1823 rose du Japon « camélia » (ibid.) ; 1842 rose d'hiver (Ac. Compl.) ; 3. 1552 fig. un front de rose (Ronsard, Amours, éd. P. Laumonier, t. 4, p. 21) ; 1557 teint de rose (O. de Magny, Souspirs, éd. Courbet, p. 24) ; 1685 l'Aurore aux doigts de rose, cf. le gr. homérique η ̃ μ ο ς δ'η ̓ ρ ι γ ε ́ ν ε ι α φ α ́ ν η ρ ̔ ο δ ο δ α ́ κ τ υ λ ο ς (La Fontaine, Le Remède ds Contes, éd. G. Couton, p. 368) ; 4. 1228 eve rose (Jean Renart, Guillaume de Dole, éd. F. Lecoy, 4265) ; ca 1393 eaue rose (Ménagier, II, 252 ds T.-L.) ; ca 1480 eau de rose (Mist. Viel Testament, éd. J. de Rothschild, 40012) ; 1739 fig. (Voltaire, Lettre au pr. roy. de Pr., 1er juin ds Littré : c'est une pièce toute d'amour, toute distillée à l'eau rose des dames françaises) ; 5. 1694 bois de rose (Corneille) ; 1909 id. adj. « couleur » (La Mode illustrée, 28 nov., p. 576a ds Quem. DDL t. 16). B. 1. 1461 se baigner en roses « éprouver un vif plaisir » (Georges Chastellain, Chroniques ducs de Bourgogne, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 3, p. 154) ; 2. 1578 les roses de la vie « ses plaisirs, ses charmes » (Ronsard, Second livre des Sonnets pour Hélène, éd. M. Smith, p. 148) ; 3. 1626 cueillir la rose « prendre la virginité d'une fille » (Sorel, Francion, éd. E. Roy, t. 3, p. 179) ; 4. 1611 nulle rose sans épine (Cotgr.) ; 1651 il n'est point roze sans epine (Scarron, Virgile travesty, l. VI, p. 122) ; 5. 1640 c'est la plus belle rose de son chapeau « le plus grand honneur, le plus grand avantage » (Oudin Curiositez) ; 6. 1666 être sur un lit de roses (La Fontaine, Oraison de St Julien ds Contes, p. 82) ; 1844 être sur des roses (Balzac, Paysans, p. 98) ; 1961 envoyer qqn sur les roses « éconduire » (J. Cau, Pitié de Dieu, Paris, Gallimard, p. 28) ; 7. 1801 voir tout couleur de rose « tout considérer avec optimisme » (E. Despréaux, in Les Dîners du Vaudeville, n°47, thermidor an 9, p. 24 ds Quem. DDL t. 19). C. 1. 1380 « ornement en forme de la fleur » (Invent. de Charles V ds Havard 1890) ; id. rose d'or (ibid. ds Laborde) ; 2. 1634 rose « étoile à 32 divisions représentée sur une boussole, des cartes marines » (E. Cleirac, Explic. des termes de marine ds Jal) ; 1678 rose des vents (Guillet, 3e part.) ; 3. 1689 « marque ronde que le teinturier laisse au bout de l'étoffe » (Règlem. sur les manuf., Teinturiers en laine, art. 34 ds Littré) ; 4. 1690 « baie circulaire garnie de vitraux dans une église » (Fur.) ; 5. 1723 grande rose « linge damassé fabriqué en Flandre et en Normandie » (Savary t. 1, p. 546) ; 6. id. diamant en rose (ibid., p. 1694) ; 1740 diamant rose (Ac.) ; 1752 « diamant taillé par dessus en facettes et plat en dessous » (Trév. Suppl.) ; 7. 1736 rose du gouvernail « femelot des ferrures du gouvernail » (Aubin) ; 8. 1923 rose des sables (Lar. univ.). Empr. au lat. rosa « rose (fleur), rosier »

  • ROSE, adj. et subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1165 « qui a la couleur rouge clair » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 5531) ; 1852 rose thé (Gautier, Émaux, p. 53); 1909 rose saumon (La Mode illustrée, 3 oct., p. 457 ds Quem. DDL t. 16) ; 2. 1809 tout n'est pas rose (Les Méditations d'un hussard, xj-xij, ibid., t. 19) ; id. voir tout en rose (Brazier, in Le Chansonnier du vaudeville, V, p. 8, ibid.). Empl. adj. de rose sens n°1*.


Voir aussi la définition détaillée du nom qui propose quelques éléments de symbolisme.

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Expressions populaires :

Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expression populaires bien connues :


A l'eau de rose : On ne croirait guère que l'expression à l'eau de rose si simple, si courante, si limpide, réservât des surprises au détective du langage... Tout le monde sait ce qu'est « un roman à l'eau de rose » - chacun en a lu : c'est un roman assez mièvre, déroulant une histoire d'amour gentillette, voire un peu niaise, où des sentiments conventionnels, mais toujours élevés, s'expriment dans un style convenu, plutôt fade, et généralement bourré de clichés. Ces jolis récits destinés aux jeunes filles rangées d'autrefois, ont du reste repris du poids dans la littérature contemporaine repris du poids dans la littérature contemporaine ; ils font le régal des jeunes filles dérangées d'aujourd'hui, de leurs père et mère, du cousin informaticien, de l'ex du grand-père et de ses petites nièces, de tous ceux et celles qui se recomposent un goût littéraire sûr - la collection Harlequin a pénétré chez les notaires et les académiciens.

Il est donc urgent de définir la tendance ; cette locution à l'eau de rose, avec sa fraîcheur de tonnelle, son parfum désuet de table de toilette marbrée, a de quoi retenir. Or, premier mystère, la lexicographie du XIXe siècle l'ignore totalement. Ni Littré, ni Larousse, ni Bescherelle, ni aucun des rapporteurs du langage familier ou "vert", ne la connaît. Au point que le Robert des locutions d'Alain Rey et S. Chantreau, de 1981, précise : « Avec cette forme et ce sens la locution est récente (fin XIXe siècle, sans doute). »

Entendons-nous ! Les dictionnaires connaissent « l'eau de rose », la substance, le liquide cosmétique, « distillat de rose », ou décoction de pétales de roses simplement filtrée - produit fort ancien, au Moyen Âge eve rose, puis eau rose jusqu'au XVIIIe siècle apparemment, eau de rose ensuite… Je veux parler de la métaphore, image de mollesse, d'indolence, découlant de cette eau-là. On la relève déjà chez Voltaire en 1759 sous la forme archaïque à l'eau de rose (in Wartburg) ; Stendhal parle encore dans son Journal (1813-1818), d'« artistes à l'eau rose ». Faudra-t-il donc vraiment attendre la fin du siècle romantique pour qu'elle se reformule de la manière que nous connaissons ?... Eh bien non ; la locution à l'eau de rose existait bel et bien dès la fin du XVIIe siècle, j'en apporte la preuve avec ce texte rare d'une comédie de Dumoncel, L'Intérieur des comités révolutionnaires, créée à Paris le 27 avril 1795. Un membre du tribunal y brocarde un citoyen modéré qui renâcle pour coiffer le fameux bonnet rouge :

« Aristide [avec ironie] : Monsieur Dufour n'est pas l'ami du signe de la liberté ?

Dufour : Non, depuis que vous en avez fait un signe de sang !

Aristide [avec ironie] : Nous ferons en faveur de Monsieur Dufour des révolutions à l'eau de rose. »

De plus, une investigation dans le Trésor de langue française (1979) fait paraître la locution sous la plume de Rodolphe Toepffer, dans les Nouvelles Genevoises en 1839 : « Leurs phrases précieuses et leurs sentiments à l'eau de rose. »

Mais alors intervient un second mystère : comment se fait-il qu'une expression pareille n'apparaisse pas dans l'énorme masse des écrits publiés au XIXe siècle, par les auteurs les plus fameux comme les plus effacés ?... Où est-elle passée entre-temps ? La seule hypothèse que je puisse émettre à la rigueur, est que la locution appartenait à un registre interlope - trop familière peut-être pour s'intégrer au langage officiel, Hugo, Flaubert, ou Littré, tout en n'étant pas suffisamment « peuple » pour figurer dans les œuvres et les lexiques d'argot… Son utilisation par le suisse Toepffer - un homme en dehors des modes et des courants dont Sainte-Beuve a dit : « Il s'est fait un mode d'expression libre, franc , pittoresque » - et son utilisation par les membres du tribunal révolutionnaire, d'évidents originaux,semble appuyer cette version des faits.

Mais je ne suis pas certain d'avoir découvert... le pot aux roses !


Découvrir le pot aux roses : Découvrir le pot aux roses - le secret, le mystère d'une affaire - est une façon de parler qui date au moins du XIIIe siècle où on la rencontre déjà bien établie dans un Dit de vérité :


Car je tanstost descouvreroi

Le pot aux roses.


Comme le remarque P. Giraud, « ces mystérieuses roses ont depuis longtemps exercé la sagacité des linguistes ». Certains ont formulé l'hypothèse d'un pot de fleurs ; le « pot aux roses ornant la fenêtre ou le balcon des belles, et sous lequel les galants plaçaient les billets doux qu'ils leur adressaient », propose M. Rat - un pot que, naturellement, le mari jaloux pouvait « découvrir ».

Plusieurs détails rendent cette proposition irrecevable étant donné l'ancienneté de la locution. D'abord, le « pot de fleurs » ne s'emploie que depuis le XVIIe siècle et le mot « découvrir » n'a pris le sens de « faire une découverte » que vers le XVIe siècle. Enfin, inconvénient majeur, les rosiers ne se cultivent pas en pots ! Du moins la rose actuelle, persistante, embellie, est une fleur relativement récente, qui s'est surtout développée avec les progrès de l'horticulture au début du XXe siècle. Les roses d'antan dérivaient directement de la simple églantine avec laquelle elles étaient plus ou moins confondues, comme en témoigne le vieux proverbe pessimiste : « Il n'est si belle rose qui ne devienne gratte-cul ! » C'était une fleur fragile, passagère, éclose à midi, fanée le soir, de tout temps le symbole de la fugacité de belles choses.

C'est à cause d'une observation botanique directe, et non par hyperbole, que les poètes se désolent de voir la rose fanée au soir de son éclosion :

Les roses overtes et lees (épanouies)

Sont en un jor toutes alees


dit le Roman de la Rose, plus tard Malherbe lançait sa fameuse lamentation :


Et rose elle a vécu ce que vient les roses,

L'espace d'un matin.


Autre supposition, le pot aux roses serait un « pot au rose », c'est-à-dire un « pot qui contient le rose dont les femmes se fardent » ; le découvrir serait alors découvrir l'artifice, le « secret de la toilette d'une femme ». La même objection reste valable quant au sens tardif du mot découvrir ; de surcroît « la locution est d'une époque où la prononciation maintient distincte l'opposition au rose / aux roses et le pluriel est solidement attesté ».

En fait les exemples montrent que le sens ancien de l'expression est non pas « trouver » une chose cachée, mais au contraire « découvrir » au sens de « dévoiler, révéler un secret » qui devait normalement être gardé par la personne qui le laisse échapper. C'est ainsi que l'emploie notamment Charles d'Orléans au XVe siècle :


De tes lèvres les portes closes

Penses de sagement garder ;

Que dehors n'eschappe parler

Qui descouvre le pot aux roses.


Comme le démontre judicieusement P. Guiraud, il s'agit donc de « découvrir », au sens tout à fait matériel d'« enlever le couvercle » d'un pot qui contient des roses. Le secret apparaît alors...

Malheureusement, en ce qui concerne la locution, c'est à partir de là que le mystère s'épaissit ! Pourquoi ces roses ans un pot ? A quel usage ? Et surtout pourquoi recèleraient-elles un secret ?... On peut penser très matériellement à « l'eau de rose », cet ancêtre des parfums, en grande faveur au Moyen Âge, que l'on obtenait par distillation de pétales de roses macérés. L'eau (de) rose était considérée comme un liquide particulièrement pur et précieux. La jeune fille du Guillaume de Dole, calomniée par le vilain sénéchal, pleure de bien jolies larmes :


Lermes plus cleres d'eve rose

li couroient aval le vis (visage).


Comme tout parfum elle s'évente et s'évapore si on laisse le pot découvert... L'odeur se répand dans la pièce et révèle le secret de son existence ?... Ce n'est pas particulièrement concluant.

Pierre Guiraud aborde la même voie, mais en orientant son hypothèse sur la fabrication de l'essence de roses : « La Grande Encyclopédie en décrit longuement la distillation dans une "vessie" ou cornue qui était une "sorte de marras de la panse duquel sort un tuyau, etc. Ce récipient dont les parfumeurs ont autrefois fait mystère, peut servir commodément aux distillations des huiles essentielles un peu précieuses". »

« On voit l'intérêt de cette citation et de la phrase que j'en souligne ; le mystère est peut-être imaginaire et dérive tout simplement de notre expression, mais il n'est pas interdit cependant de voir dans le pot aux roses la cornue des parfumeurs. »

« Par ailleurs, Littré et le Larousse du XIXe siècle définissent rose comme un terme d'alchimie, la rose minérale étant une poudre résultant de la sublimation de l'or et du mercure. Je n'ai pu nulle part retrouver la trace de cette opération, mais elle fait songer à la pierre philosophale, qui est le symbole même du secret et du mystère. Notre pot aux roses pourrait donc bien être la cornue des alchimistes.

Nous nous garderons, ajoute P. Guiraud, de défendre ces hypothèses, nous ne les donnons au contraire que pour mieux montrer comment l'imagination se laisse entrainer sur la pente étymologique. »

Il est vrai que l'on ne voit pas clairement comment ces cornues, contrairement à un « pot » ordinaire, pourraient être « découvertes ». En revanche ces indications renvoient pertinemment à l'idée de secret attachée depuis toujours à la rose. L'expression latine sub rosa, « sous la rose » qui signifie « en grand secret », est employée un peu partout dans les langues européennes. L'origine de cette locution est elle-même obscure. La légende veut que Cupidon ait donné une rose à Harpocrates, le dieu du Silence, pour lui demander de ne pas trahir les amours de Vénus. La rose en serait devenue le symbole du secret. Autrefois on sculptait une rose au plafond des salles de banquets pour rappeler aux hôtes que les confidences échangées à la faveur des libations n'étaient pas destinées à courir les rues... Au XVIe siècle on prit également l'habitude de graver une rose sur les confessionnaux !

La rose bien gardée, symbole de l'amour et du mystère qui l'envelope, constitue précisément l'argument du célèbre Roman de la Rose Le poète est amoureux d'une rose ou plutôt d'un bouton vermeil, qui embaume le jardin d'Amour. mais les rosiers sont entourés d'une haie « fete d'espines mout poignant », et gardés par des figures allégoriques celles que Danger, Honte, Peur… Devant la hardiesses de l'amoureux qui a osé prendre un baiser. Jalousie fait construire une puissante forteresse pour protéger les rosiers. Il ne reste au poète qu'à se lamenter de ne plus voir la rose « qui est entre les murs enclose ».


Et quant du bessier me recors (je me souviens)

qui me mist une odor au cors

assez plus douce que de basme,

par un pot que je ne me pasme,

qu'encor ai ge au cuer enclose

la douce savor de la rose.


Ces tours d'horizon replacent certes le pot aux roses dans un contexte auquel il n'a probablement pas échappé à l'époque où il s'est formé, sans pour autant éclairer son origine de façon déterminante. Il y a quelque ironie à penser que cette expression gardera sans doute éternellement son secret !

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Botanique :


Robert Castellana et Sophie Jama, auteurs de "Floriculture et parfumerie : les origines de l’acclimatation végétale sur la cote d’azur." (Issued by The Phoenix Project, 2012) nous apprennent les vertus de la Rose de mai (Rosa centifolia) en lien avec la parfumerie :


Connues depuis l'Antiquité pour la finesse de leurs senteurs, ces essences orientales constituent l'âme de la plupart des compositions parfumées modernes.

L'origine du rosier aux cent feuilles demeure l'objet de discussions. Souvent présentée comme une variété méditerranéenne, elle est plutôt considérée de nos jours comme un rosier hybride, créé par des sélectionneurs néerlandais entre le XVIIe et le XIXe siècle, voire même dès la fin du XVI° siècle. A cette époque, on recensait en Hollande quelques 200 variétés de cet hybride, dont au moins une vingtaine existerait encore. La dénomination Rosa centifolia remonte à Linné en 1753. Parmi les variétés dont elle serait issue, on mentionne notamment Rosa damascena, une rose orientale bien connue pour ses qualités odoriférantes et encore largement cultivée en Bulgarie et en Turquie. Les parfumeurs azuréens comprirent très tôt le riche potentiel aromatique de cette variété de rose, qui demeure un modèle en matière de parfum. La rose de mai est plantée dans des sols frais, en décembre-janvier et commence à produire dès l’année qui suit. On taille alors les pieds pour leur donner une forme d’arceaux. La partie chaude du terrain était généralement réservée au jasmin, et l’on pratiquait souvent des cultures maraichères entre les lignes. Les fleurs sont récoltées dans un tablier spécialement destiné à cet usage, dès 2/3 heures le matin, et éventuellement aussi le soir

Dans L'effet guérisseur de l'arbre (2016), Clemens G. Arvay nous interroge :


"Saviez-vous que le parfum envoûtant et sucré de la rose a un lien avec votre passé ? Le parfum d'indole de la rose se trouve dans l'utérus. Là, le parfum a été créé par nos propres déchets dans le liquide amniotique et la substance est entrée en contact avec nous pare notre bouche et nos muqueuses. L'indole en fait ne sent pas la rose, mais les fruits trop mûrs, et c'est en se combinant avec d'autres parfums qu'il sent la rose. Mais nous le reconnaissons inconsciemment. La rose nous rappelle donc, de manière inconsciente, le temps que nous avons passé dans le ventre de notre mère. C'est pour cela que nous associons cette odeur avec la chaleur et la tendresse, l'amour et le soin."

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Phytothérapie :


Dans Des hommes et des plantes (Éditions Opéra Mundi, 1970), son autobiographie, Maurice Mésségué évoque le savoir ancestral de son père sur lequel il a construit ses connaissances :


Cet homme [Konrad Adenauer] commençait à me plaire. Avec une seule phrase, il m'a gagné tout à fait.

- Aimez-vous les roses ?

- Je les adore. Je ne peux pas vivre sans elles et je souffre beaucoup quand je coupe une fleur. Je préfère les rouges, sentimentalement, parce qu'elles sont le symbole de la passion. La légende prétend qu'autrefois la rose était blanche. Au banquet des dieux, Cupidon voltigeant autour de Vénus renversa d'un coup d'aile une amphore de vin qui teignit les roses en rouge ; d'autres disent qu'il se piqua à une épine et que son sang teinta la rose qu'il offrit alors à Vénus...

- Ach ! ces Français, ils ne sont jamais sérieux ! Ils mêlent toujours le sentiment à tout !...

- Et les Gascons encore plus, Monsieur le Président. Je crois les roses rouges meilleures que les autres, plus efficaces pour soigner.

- Vos raisons ?

- La rose rouge de Provins est la seule qui soit utilisée en « médecine par les plantes » depuis qu'elle fut, dit-on, rapportée des croisades par Thibaud de Champagne. Elle est plus forte, plus riche en tanin.

- Peut-être, mais les roses pâles et les roses jaunes ont des propriétés laxatives que la vôtre n'a pas... Je vais, pourtant, vous faire une concession. Au XVIIIe siècle, en Allemagne, le Docteur Kruger, en utilisant de la « conserve » de rose rouge, s'est guérie d'une phtisie. J'ajoute qu'il a complété son traitement avec de la tisane d'orge. Et vous, vous utilisez vos roses pour quoi ?

- Les troubles de l'intestin, les leucorrhées, les hémorragies, les migraines d'origine ophtalmique, et surtout pour la toux. C'est un excellent expectorant.

- Je préfère les roses jaunes, elles sont aussi efficaces. Je n'en sers beaucoup. Je tousse facilement et elles sont plus douces que les rouges.

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Huile essentielle :


Dans L'Aromathérapie spirituelle, Christine Salvador nous apprend que :


L'huile essentielle de rose est certainement la première huile essentielle que l'on ait extraite d'une fleur. L'on rapporte que l'huile essentielle de rose aurait été distillée pour la première fois par Avicenne, le grand médecin l'aurait fabriquée par hasard au cours d'une de ses expérimentations, dès le Xè siècle.

Son parfum est créateur d'inspiration, elle est la rose du poète.

Et rose elle a vécu ce que vivent les roses... Soit 40 millions d'années, à en croire certains fossiles du tertiaire. La rose en sa beauté pourrait bien avoir précédé l'homme sur terre, comme pour se préparer à la passion qu'il lui porte, les soins dont il l'entoure, l'inlassable dialogue qu'il a avec elle. La rose est universellement chérie en ses innombrabl