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  • Anne

L'Arum





Étymologie :

  • ARUM, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1389 aronc (Chasse de Gast. Feb. Maz. 514, fo 45bds Gdf. : Se les chiens ont les jambes enflees pour le mal pais d'aroncs ou de ronses, si face comme j'ai dit dessus) ; 1545 arum (Guil. Gueroult, Hist. des Plantes, 52 ds R. Hist. litt. Fr., t. 2, p. 262) ; 1669 aron (Menestrier, Tr. des tourn., Des noms et des devises, p. 240 ds Gdf.). Empr. au lat. aron ou arum « gouet, pied de veau » (Pline, 8, 129 ds TLL s.v. aros, 630, 25) et « colocase » (Id., 24, 142, ibid., 630, 16), lui-même empr. au gr. τ ο ̀ α ́ ρ ο ν de même sens.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Botanique :


Lire la fiche Téla Botanica.

Selon Stefano Mancuso et Alessandra Viola auteurs de L'Intelligence des plantes (édition originale 2013 ; traduction française Albin Michel, 2018),


"De nombreuses autres espèces [que l'orchidée] pratiquent l'art de l'enjôlement aux dépens d'insectes malchanceux. C'est par exemple le cas de l'Arum palestinum, cousin oriental de l'Arum italicum qui, en Europe, pousse souvent le long des routes et des fossés. Cette plante a pour pollinisateur la drosophile, une mouche très commune qu'elle prend au piège en exhalant une odeur irrésistible pour elle, à savoir celle d'un fruit en fermentation. Attiré par ces effluves, l'insecte s'introduit tout joyeux dans l'inflorescence qui se referme derrière son passage et le garde prisonnier en général pour une nuit entière.

Lors de ses vaines tentatives d'évasion, il continuera de voler de marcher, de s'agiter dans tous les sens et de se couvrir ainsi de pollen. Lorsque l'inflorescence se rouvrira, il pourra enfin s'échapper mais n'ira le plus souvent pas bien loin. De nouveau attiré par une odeur irrésistible de fruit en fermentation, il ne tardera pas à se glisser à l'intérieur d'une autre fleur d'Arum qui, après l'avoir à son tour gardé prisonnier, lui prendra le pollen dont elle a besoin pour se reproduire.

La plante a donc obtenu ce qu'elle voulait par la tromperie, puisque la drosophile n'a rien obtenu en échange du transport du pollen. Les exemple d'attraction olfactive des insectes ne manquent d'ailleurs pas, dans le monde végétal.

Un des cas les plus curieux, et que l'on peut à juste titre qualifier de macroscopique, est celui de l'Arum titanum (Amorphophallus titanum), la plante qui produit la plus grande inflorescence du monde. Véritable vedette des jardins botaniques, où sa floraison attire chaque année une foule de curieux, elle a choisi en la mouche carnivore un pollinisateur efficace mais peu sympathique. Et pour l'attirer, elle reproduit à la perfection l'odeur qui lui est le plus agréable, c'est-à-dire celle d'un cadavre en putréfaction."

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Données pharmacologiques :


Selon le site toxiplantes :


Composition :

On note peu de présence d'acide oxalique ou de ses sels solubles. La teneur en oxalate soluble est de 0,4% dans les fruits verts et de 0,28% dans les fruits rouges. L'oxalate de calcium, cristallin insoluble le plus souvent, s'accumule sous forme de raphides (aiguilles très abondantes et reconnues comme rubéfiantes et très irritantes pour les muqueuses), ainsi que sous forme de druses ou du sable ou de grands cristaux prismatiques isolés. Remarque : les raphides acérées, munies à chaque extrémité de cannelures, se retrouvent par millions dans tous les organes et sont localisés parfois dans des cellules spécialisées. De plus, l'éjection rapide des raphides au niveau d'éléments anatomiques particuliers, appelés "biforines", facilitent la pénétration des principes toxiques comme une injection, engendrant à la fois une irritation mécanique et une perforation des muqueuses. Des laticifères existent également. Parmi les constituants chimiques, on a isolé des hétérosides cyanogènes, comme la triglochinine. Mais l'activité rubéfiante et toxique semble due à des principes irritants volatils, encore mal identifiés.


Symptômes :

Après l'absorption de parties de plante fraîche, on observe une inflammation, une brûlure et un œdème de la langue et des lèvres, pouvant aller jusqu'à la formation de vésicules. D'autres symptômes apparaissent tels que la soif, l'enrouement, des vomissements, des diarrhées sanglantes avec une hypersalivation et une mydriase. Si l'ingestion dépasse 15 baies, l'intoxication est grave : on observe alors une hypothermie, des troubles cardiaques, des convulsions, un coma s'installe et le décès survient. Par contact cutané, on note des réactions allergiques de type "dermite de contact", caractérisée par des œdèmes, des rougeurs et des irritations avec sensation de brûlure notamment au niveau oculaire, qui régressent spontanément en quelques heures à quelques jours.


Confusions : Le Calla des Marais, l'Arum d'Italie, chénopode bon-henri, épinards, ail aux ours à l'état jeune.


Anciens usages thérapeutiques :

Les racines et les feuilles ont été utilisées dans certaines toux, les douleurs rhumatismales, la détersion des ulcères, des plaies atoniques, scorbutiques ou scrofuleuses."

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Symbolisme :


Dans L'Encyclopédie des symboles dirigée par Michel Cazenave :


"lrum "aussi appelé vouet ; en botanique Arum maculatum). Cette plante bulbeuse, dont les fleurs présentent une forme phallique frappante, était autrefois communément appelée "pine xe curé". Son bulbe était utilisé pour combattre l'engorgement et les maux d'estomac. Malgré la forme de ses fleurs, elle symbolisait au Moyen Âge la Vierge Marie, probablement en raison de son nom proche d'Aaron. On a également dit à propos de sa fleur qu'elle "se dresse vers le ciel tel un lys". On pensait que son tubercule aidait à combattre la mélancolie et "incitait" les sécrétions nuisibles du corps à s'échapper".

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Symbolisme celte :


D'après Philip et Stephanie Carr-Gomm dans L'Oracle druidique des plantes, les mots clefs associés à la plante sont :

en "position droite : Union - Créativité - Harmonie

en position inversée : Disharmonie - Toxicité - Incapacité à se connecter.


Le pied-de-veau pousse en abondance en Grande-Bretagne dans des endroits ombragés - particulièrement dans les haies et les bois. Ses grandes feuilles luisantes sont parmi les premières à apparaître au printemps. Ses fleurs émergent d'une feuille en forme de cornet, une spathe, tachetée de noir et contenant un pédoncule appelé spadice, portant des fleurs mâles et femelles. En automne, les fleurs se fanent )à mesure que se forment des baies vertes toxiques, qui en mûrissant prennent une couleur rouge vif.


La carte montre un pied-de-veau au printemps. Les grandes feuilles luisantes présentent les éclaboussures noires caractéristiques et le spadice émerge avec élégance du calice de sa spathe. A côté pousse l'oseille sauvage, contenant la même toxine que le pied-de-veau, mais en moindre quantité. Un coucou se penche en avant sur un saule proche et on voit au loin les pierres de Men-An-Tol de Cornouailles, traditionnellement associées à la fertilité et à la guérison.


Sens en position droite Le pied-de-veau présente une spathe et un limbe unis. Sur un certain plan, cela symbolise l'union de l'homme et de la femme. Sur un plan plus subtil, l'objectif du druide et de tous les chercheurs spirituels est l'union des aspects masculin et féminin de la psyché, parfois désignée par le terme "mariage mystique" ou "noces alchimiques". Tirer cette carte suggère une époque d'harmonie et d'union étroite avec la personne que vous aimez ou signale que le moment est favorable pour l'intégration future des deux aspects de votre nature. Le mariage du masculin et du féminin est souvent vu comme le reflet de l'union des deux forces primales d'où émerge toute la création. Ce peut être une époque de grande créativité et fertilité pour vous. Comme le personnage androgyne de la lame du Tarot "Le Monde", le pied-de-veau a des fleurs mâles et femelles. Les pouvoirs et les talents des deux sexes sont à votre disposition pour approfondir votre quête spirituelle et améliorer votre capacité créative.


Sens en position inversée. En cas de disharmonie, rien ne semble aller comme vous voulez. Si vous ne pouvez pas vous connecter à votre partenaire, à vos amis ou à vos collègues, vous ne serez ni créatif ni heureux - si favorables que soient les circonstances externes. Le choix de cette carte signale une période où la communication harmonieuse s'avère malaisée. Bien qu'il soit important de faire des efforts vers la connexion et l'union, ces objectifs sont parfois difficiles, même impossibles à atteindre, si des paroles envenimées ou des sentiments nuisibles ont été exprimés. L'organisme peut tolérer certaines doses de poison, parfois à effet curatif. Au-delà, l'effet est mortel. A chaque fois que vous rencontrez un moment de disharmonie, rappelez-vous que toute la vie est cyclique et qu'une période d'harmonie arrivera assurément tôt ou tard.

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La racine de vipère de Beltaine


L'idée symbolisée par le pied-de-veau est dépeinte par les pierres de Men-An-Tol de Cornouailles. Là, les bâtisseurs pré- ou proto-druidiques ont créé un symbole manifeste des deux principes, masculin et féminin. L'association des pierres avec la fertilité et la guérison était telle que jadis les enfants tuberculeux étaient passés trois fois à travers le trou,nus. Les adultes souffrant d'écrouelles ou de problèmes du dos le faisaient neuf fois. L'axe de la rangée de pierres est orienté selon les quatre fêtes celtes célébrées par les druides : le lever du soleil à Beltaine et à Lugnasad dans une direction, le coucher du soleil à Imbolc et Samain, dans l'autre.

La fête de Beltaine est particulièrement associée au pied-de-veau, qui fleurit à cette époque et symbolise l'union de l'homme et de la femme - principale caractéristique de cette fête du printemps. Actuellement, Beltaine est célébré comme le 1er mai les danses traditionnelles autour du mai rappellent le spadice vertical du pied-de-veau. Dans les îles Britanniques, cette plante a plus de 90 noms différents, la plupart évoquant les associations sexuelles liées à sa forme.

Bien qu'au-dessus du sol la plante soit toxique, ses tubercules - traités correctement - donnent un amidon utilisé pour les vêtements et dans les cosmétiques. Cuits, ils remplaçaient l'arrow-root et étaient vendus sous le nom d' "arrow-root de Portland". Le fait qu'une plante toxique peut s'avérer nutritive et utile souligne bien l'un des enseignements du druidisme - en tant que phénomène naturel, le poison a sa place dans le schéma des choses. Les druides étaient jadis appelés "serpents" ou "vipères", et le pied-de-veau a probablement reçu le nom de "racine de vipère" en raison de la conviction de Dioscoride qu'il guérissait les morsures de serpent - cet auteur le nomme Drakontaia Mikre, "petit dragon".

Le pied-de-veau est utilisé par les druides modernes pour rappeler les qualités associées à Beltaine : fertilité, harmonie de l'homme et de la femme, fierté pour la beauté de la sexualité."

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