Blog

  • Anne

La Pieuvre, reine des profondeurs


Documentaire sur l'intelligence incroyable de cet animal pourtant décrié.


Pour le 100e Tour de France et les 10 ans de l'Inventaire national du Patrimoine naturel (INPN), le Muséum national d'Histoire naturelle s’associe, du 29 juin au 21 juillet, à France Télévisions et au Tour de France :

http://inpn.mnhn.fr/accueil/films-especes


Étymologie :

  • PIEUVRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. 1866 (Hugo, Travaill. mer, p. 370) ; 2. 1866, 18 avr. «personne insatiable» (Événement ds Larch. 1872, p. 196). Mot normand (cf. puerve « poulpe ; femme méprisable », Dum. 1849 et Du Bois, Travers, Gloss. du pat. norm., Caen, A. Hardel, 1856), du lat. polypus «poulpe» (cf. FEW t. 9, p. 140a).

  • POULPE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1538 poupe « polype du nez » (Est.) ; 2. 1546 poulpre « mollusque » (Rabelais, Tiers Livre, éd. M. A. Screech, chap. XIII, 130) ; 1554 poulpe pourpe (Rondelet, Libri de piscibus marinis, p. 510). Empr. aux deux sens du lat. polypus (polype*), comme terme d'hist. nat. par l'intermédiaire du prov. pourpre/poupre.


Lire également la définition des noms pieuvre et poulpe pour repérer les premières pistes d'interprétation symbolique.

*

*




Zoologie :


Selon Frans de Waal, auteur de Sommes-nous trop "bêtes" pour comprendre l'intelligence des animaux (Édition originale 2016 ; traduction française : Éditions Les Liens qui Libèrent, 2016) :

« L'exemple final, qui élargit peut-être encore la définition de l'outil, concerne la pieuvre veinée des mers proches de l'Indonésie. Nous parlons ici d'un invertébré : un mollusque ! On l'a vu récolter des coques de noix de coco. Puisque les pieuvres sont le mets favori de nombreux prédateurs, le camouflage est un de leurs buts principaux dans la vie. Au départ, les coques de noix de coco n'ont pourtant aucun avantage, car il faut les transporter, ce qui ne fait qu'attirer une attention indésirable. Étendant ses bras en membres rigides, la pieuvre trottine sur le fond marin en tenant son trophée dans certains de ses autres bras. Marchant maladroitement vers un repaire sûr, elle pourra ensuite utiliser les coques pour se cacher dessous. Un mollusque qui ramasse des outils pour jouir d'une protection future, si simple soit-elle : que de chemin parcouru depuis le temps où l'on voyait dans la technique le trait qui définissait notre espèce !

[...]

Certains aquariums publics donnent à voir l'intelligence de la pieuvre en l'enfermant dans un bocal en verre dont on visse le couvercle. Tel un véritable Houdini, la pieuvre met moins d'une minute à saisir le couvercle de l'intérieur avec ses ventouses et à le dévisser pour s'échapper.

Mais, quand on donnait aux pieuvres des bocaux contenant une écrevisse vivante, elles n'en faisaient rien. C'était un mystère pour les scientifiques, car ce mets délicat était tout à fait visible, et il bougeait. Peut-être les pieuvres avaient-elles du mal à dévisser un couvercle de l'extérieur ? Encore une de nos erreurs humaines de jugement ! Les pieuvres ont une très bonne vue,mais elles se fient rarement à ce sens pour chasser. Elles utilisent surtout le toucher et les informations chimiques, et sans ces indices elles ne peuvent reconnaître une proie. Dès que l'extérieur du bocal a été couvert de mucus de hareng, qui lui donnait le goût du poisson, la pieuvre est entrée en action et l'a manipulé jusqu'à l'ouverture du couvercle. Elle a vite retiré et mangé l'écrevisse. Une fois ces talents développés, c'est devenu une opération de routine. […] La pieuvre a le cerveau le plus gros et le plus complexe de tous les invertébrés, mais ses capacités extraordinaires s'expliquent peut-être autrement. Ces animaux pensent littéralement « hors cadre » - hors de leur tête. Une pieuvre possède près de deux mille ventouses, chacune équipée de son propre ganglion d'un demi-million de neurones. Cela fait énormément de neurones, en plus des 65 millions que compte son cerveau. Et une chaîne de ganglions court aussi tout le long de ses bras. Son cerveau est en relation avec tous ces mini-cerveaux, qui sont également en contact entre eux. Au lieu d'avoir un centre de commandement unique, comme dans notre espèce, le système nerveux du céphalopode fonctionne plutôt comme Internet : le contrôle local est très important. Un bras coupé peut ramper tout seul, et même ramasser de la nourriture. De même, une crevette ou un petit crabe peut passer d'une ventouse à l'autre, comme sur une courroie de convoyage, en direction de la bouche. Lorsque ces animaux changent de couleur de peau pour se défendre, la décision vient sans doute du commandement central, mais il est possible que la peau joue aussi un rôle, puisque la peau des céphalopodes détecte probablement la lumière. Cela paraît presque incroyable : un organisme dont la peau voit et dont les huit bras pensent indépendamment !

[…] Si l'on pouvait mettre « unique » au superlatif, la pieuvre serait l'espèce la plus unique de toutes. On ne peut la comparer à aucune autre – contrairement à notre espèce, qui dérive d'une longue lignée de vertébrés terrestres aux cerveaux et aux plans d'organisation corporelle structurellement similaires. Le cycle de vie des pieuvres est étrange. La plupart ne vient qu'un an ou deux ; c'est inhabituel pour un animal doté d'une telle capacité cérébrale. Elles grandissent vite, en s'efforçant de rester à distance des prédateurs, jusqu'au moment où elles ont une occasion de s'accoupler et de se reproduire, après quoi elles meurent. Elles cessent de s'alimenter, perdent du poids et entrent en sénescence. A propos de ce dernier stade, Aristote a observé : « Après la ponte […] elles deviennent insensibles, ne s'aperçoivent pas que le flot les soulève, et il est facile à un plongeur de les prendre à la main. »

Êtres solitaires à la vie brève, les pieuvres n'ont aucune organisation sociale à proprement parler. Étant donné leur biologie, elles n'ont aucune raison d'être attentives les unes aux autres, sauf comme rivales, partenaires sexuelles, prédatrices et proies. Il est sûr qu'elles n'ont ni ami ni conjoint. Rien n'indique qu'elles apprennent les unes des autres ou répandent des traditions comportementales, comme le font beaucoup de vertébrés, poissons compris. Par cette absence de lien social et de coopération, et pas leurs mœurs cannibales, les céphalopodes nous sont tout à fait étrangers.

[…] La pieuvre semble être le seul invertébré qui joue. Je dis semble, car le comportement de jeu est très difficile à définir, mais la pieuvre va plus loin que la simple manipulation et inspection des nouveaux objets. [...] Avec leur entonnoir, par exemple, les pieuvres lancent des jets d'eau sur ne bouteille en plastique qui flotte pour la balader d'un côté à l'autre de leur aquarium, ou pour se la faire renvoyer par le courant que reproduit le filtre à eau, comme si elles faisaient rebondir un ballon. Ces manipulations sans but précis et inlassablement répétées ont été interprétées comme des indices de jeu. […]

Roger Hanlon, scientifique du laboratoire de biologie marine de Woods Hole, dans le Massachusetts, a accumulé des vidéos sous-marines peu communes de pieuvres en action. Tout ce qu'on voit au départ, c'est une grosse touffe d'algues sur un rocher, mais, cachée au milieu, il y a une grande pieuvre, indiscernable de son environnement. Quand le plongeur approche et l’effraie, l'animal devient presque blanc, et l'on se rend compte qu'il représentait la moitié de la touffe d'algues. Il s'en va précipitamment en lançant un nuage d'encre noire : c'est sa deuxième ligne de défense. Il atterrit ensuite sur le fond marin et grossit énormément, écartant tous ses bras et tendant la peau entre eux comme une tente. Cette dilatation effrayante est sa troisième ligne de défense. [...] Enfin, il y a une championne du camouflage : la pieuvre mimétique, que l'on trouve au large des côtes indonésiennes. Cette espèce imite d'autres espèces. Elle agit comme un flet, adoptant la forme et la couleur de ce poisson, mais aussi sa nage caractéristique, ondulante, proche du plancher océanique. Elle peut imiter une douzaine d'organismes marins locaux, tels que la rascasse, les serpents de mer et la méduse. Nous ne savons pas exactement comment les pieuvres atteignent une capacité d'imitation aussi impressionnante. Il y a peut-être une part d'automatisme, mais il est probable qu'un apprentissage joue aussi – fondé sur l'observation d'autres créatures et l'adoption de leurs habitudes. »

*

*

Dans son Atlas de zoologie poétique (Éditions Arthaud-Flammarion, 2018) Emmanuelle Pouydebat expose les caractéristiques de la pieuvre à anneaux bleus (Hapalochlaena maculosa), qu'elle appelle la "surdouée des fonds marins" :


Survivre dans l'eau... Tel est l'objectif des animaux aquatiques. Et il n'en est un qui n'a pas son pareil pour s'adapter au milieu marin. La pieuvre ou poulpe à anneaux bleus est un octopode (huit tentacules) benthique (des fonds marins) qui évolue dans les massifs coralliens où il se nourrit de crustacés, de mollusques et de petits poissons. Pour survivre à son milieu, il est parfaitement adapté, que ce soit pour respirer dans l'eau, se dé&placer, chasser et se protéger.

Pour respirer dans l'eau, la pieuvre possède des branchies, comme les poissons. En forme de plume, ils sont dissimulés dans n sac musculaire dont l'ouverture est située derrière les tentacules. L'eau y est aspirée et passe par les branchies qui capturent le dioxygène dissous. La pieuvre bénéficie alors de trois cœurs pour diffuser le dioxygène : deux cœurs qui propulsent le sang vers les branchies pour qu'il se charge en dioxygène, et un cœur dit systémique qui distribue le sang oxygéné au reste du corps. L'eau est quant à elle expulsée par un entonnoir mobile situé sous leur ventre. Lorsque cette expulsion est rapide, elle crée une force de propulsion très puissante, utile à la pieuvre pour fuir extrêmement rapidement un prédateur. Les déplacements plus précis se font par l'ondulation des nageoires aidée par des tentacules utiles pour ramper sur les fonds marins et attraper la nourriture que la pieuvre déchiquette à l'aide de son bec très dur et tranchant.

Mais c'est sans nul doute pour se protéger dans son milieu marin que cette pieuvre est la plus performante. Tout d'abord, grâce à ses millions de cellules pigmentaires (les chromatophores, la pieuvre à anneaux bleus est capable, comme beaucoup de céphalopodes, d'homochromie, c'est-à-dire de changer perpétuellement de couleur pour se dissimuler sur le substrat.

Certaines pieuvres se recouvrent même de coquillages pour se cacher et positionner leurs tentacules sur les branchies des certains prédateurs comme les requins pour les empêcher de respirer et s'évader ! Outre ces camouflages perfectionnés qui peuvent parfois s'apparenter à une reproduction de l'apparence d'autres espèces (certains céphalopodes se « déguisent » en Bernard l’ermite !), la pieuvre peut projeter une nuée d'encre noire en se propulsant afin de se dissimuler et d'avoir le temps de s'enfuir. Si cela ne leur suffit pas, la pieuvre à anneaux bleus peut mordre. Elle injecte alors un venin mortel d'origine salivaire, l'un des plus puissants du monde animal. Ce venin contient une neurotoxine, la tétrodotoxine, qui provoque la mort par détresse respiratoire en quelques minutes et peut tuer un humain. Autant dire que les anneaux bleus sont donc extrêmement dissuasifs... Pour survivre en milieu aquatique, les céphalopodes possèdent trois cœurs, des millions de neurones, un système sensoriel hors normes avec un odorat qui perçoit la pression de l'eau, un toucher démultiplié par des milliers de ventouses autonomes, une vision percevant la réfraction de la lumière sur une surface, mais également une capacité à vivre en cités. La mère mourant peu de temps après l'éclosion des œufs, la transmission des connaissances pourrait sembler impossible. Mais nous savons désormais que les céphalopodes mémorisent, apprennent, innovent, jouent et que, encore dans leurs œufs, ils cumulent déjà des informations sur le monde extérieur à travers la membrane !

« Non seulement on a prétendu que ces poulpes pouvaient entraîner des navires, mais un certain Olaüs Magnus parle d'un céphalopode, long d'un mille, qui ressemblait plutôt à une île qu'à un animal. On raconte aussi que l'évêque de Nidros dressa un jour un autel sur un rocher immense. Sa messe finie, le rocher se mit en marche et retourna à la mer. Le rocher était un poulpe. » (Jules Verne)

*

*




Croyances populaires :


Jean-Jacques Barloy, dans un article intitulé "Rumeurs sur des animaux mystérieux." In : Communications, 52, 1990. Rumeurs et légendes contemporaines. pp. 197-218 rapporte des anecdotes relatives à des couleuvres géantes :

Des pieuvres colossales.

Les rapports sur des pieuvres de forte taille qui habiteraient le littoral provençal et la Côte d'Azur ne manquent pas. Comme les poulpes recherchent les secteurs rocheux, ce serait assez normal : d'ailleurs, les témoignages se poursuivent sur les côtes italiennes et grecques.

Ainsi, au milieu du siècle dernier, une pieuvre de 25 kilos et de près de 5 mètres d'envergure est capturée à Nice. En 1911, dans la rade de Toulon, un scaphandrier est attaqué par un poulpe, qui l'enlace. L'homme parvient à tirer la sonnette d'alarme et il est ramené inanimé à la surface. L'animal est tué : il avait environ 8 mètres d'envergure pour un poids de 60 kilos.

Vers 1920, un spécimen de 18 kilos et de 3,50 mètres d'envergure est tué par un scaphandrier dans la baie de Villefranche-sur-Mer.

En août 1936, un jeune Anglais de 13 ans est attaqué par une pieuvre au cours d'une plongée aux îles de Lérins. L'animal commence à l'enlacer. Un compagnon, plus âgé, vient à son secours et tue le mollusque, dont la taille n'est pas précisée.

A Nice encore, un tentacule long de 20 mètres aurait été découvert vers 1970, lors de la construction d'un immeuble. Une telle taille paraît cependant peu vraisemblable.

Ces dernières années, il était toujours question, dans les environs de Toulon, de deux rochers entre lesquels vivrait une redoutable pieuvre géante. L'histoire se raconte dans la région depuis plusieurs décennies.

Un témoignage plus précis m'a été rapporté par deux plongeurs chevronnés, Éric Colletta et Jocelyn Delétang. Au cours de plongées près des îles de Lérins, voici sept ou huit ans, ils ont pu observer une pieuvre géante de 6 à 8 mètres d'envergure. Celle-ci se tenait dans un ancien décor de cinéma installé sous un phare. Parfois ses tentacules pendaient, d'autres fois ils étaient repliés.

*



*




Symbolisme :

Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"La pieuvre, animal informe et tentaculaire est une représentation significative des monstres qui symbolisent habituellement les esprits infernaux, voire l'enfer lui-même.

Le poulpe se retrouve dans l'ornementation de l'Europe du Nord, du monde celte et de la Grèce, ce qui pourrait expliquer une origine hyperboréenne. Il correspond au signe zodiacal du Cancer, et s'oppose au dauphin. Cette assimilation n'est pas sans rapport avec l'aspect infernal de l'animal, le solstice d'été étant la porte des enfers."

*

*

D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group 2006 ; traduction française : Éditions Véga, 2006) :


Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Régénération ; Camouflage ; Excentricité ; Dextérité manuelle ; Variabilité ; Métamorphose.


En tant que gardien ou protecteur.

Garde en utilisant un écran de fumée ; Protège en s'éloignant rapidement du danger.


En tant que guérisseur

Rétablit grâce à la créativité ; Soigne le syndrome du tunnel carpien.


En tant qu'oracle ou augure

Diversifiez vos atouts ; Soyez plus adaptable.


Mythes et contes

Kanaloa est le dieu hawaïen de l'Autre Monde, qui a pris la forme d'une pieuvre. Il est censé enseigner la magie.


Si la pieuvre est votre animal de pouvoir

Vous êtes timide parmi des gens que vous ne connaissez pas, mais confiant en territoire familier - voisinage, maison ou bureau. Vous êtes intelligent et capable de traiter indirectement avec les autres. A une soirée, vous arrivez à pratiquement vous fondre dans le décor. Les amis seront incapables de se souvenir de vos vêtements. Ils se rappelleront cependant que vous vous habillez de façon excentrique. Votre instabilité irrite les collègues de travail qui se basent sur vous. Vous pouvez prétendre être puissant, mais vos proches connaissent votre vulnérabilité émotionnelle et physique et vous protègent. Votre dextérité manuelle est exceptionnelle. Homme, vous avez du mal à vous abstenir des "jeux de mains".


Demandez à la pieuvre de vous aider

  • à remettre sur pied vos affaires après une perte ;

  • à admettre et à accepter votre vulnérabilité.

Accéder au pouvoir de la pieuvre en

  • lisant Jules Verne, Vingt mille lieues sous les mers ;

  • essayant des déguisements.

La pieuvre évite les prédateurs soit en nageant à reculons, soit en lançant un nuage d'encre imitant sa silhouette et lui servant de leurre. Quelles méthodes créatives pouvez-vous utiliser pour éviter les confrontations dommageables dans les affaires et la vie quotidienne ?


Élément Eau."

*

*

Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011), la pieuvre appartient à la famille de la Sagesse intérieure, au même titre que l'hippopotame, le chien, l'aigle, l'ours polaire, le cheval, le coyote, le papillon, la chouette, la salamandre, le saumon, le phoque, le paon, la grue, le tigre, le lièvre et le bœuf.


"Sagesse intérieure

Invoquer un esprit animal, c'est éveiller de nouvelles perceptions. tout phénomène naturel, y compris l'animal, est intrinsèquement mystérieux. L'indicible que recèle toute forme de vie nous ramène aux questions fondamentales sur l'existence. Comment et pourquoi s'est formé le cosmos ? Pourquoi les choses existent-elles plutôt que le néant (comme s'interrogent souvent les philosophes) ? La méditation peut nous apporter une conscience silencieuse des vérités qui se cachent derrière ces énigmes. Lorsque nous plongeons nos yeux dans ceux d'une autre créature, nous sommes confrontés à de profonds mystères, dont l'animal est l'incarnation vivante.

Ce chapitre présente les animaux susceptibles de nous guider vers de nouveaux indices et une acuité nouvelle. Si nous sommes prêts à nous ouvrir et à écouter, nous pouvons gagner en maturité spirituelle et avancer dans notre voyage intérieur. [...]

Autrefois, la pieuvre était fréquemment considérée comme un monstre des mers géant. Beaucoup d’œuvres d'art illustrent une grande goélette, toutes voiles dehors, écrasée par les rouleaux et prisonnière des tentacules d'une énorme pieuvre, poussant les marins à se jeter dans la mer écumante. Il existe cependant d'autres concepts, plus positifs, attachés à l'animal. Jadis, la pieuvre symbolisait aussi le centre du flot de la création. Elle possède huit appendices, tout comme la déesse hindoue Lakshmi a huit bras, le huit étant un chiffre spirituel synonyme d'équilibre, d’harmonie et de justice, de réalisation et d'achèvement.

L'animal est pourvu d'une large tête convexe en forme de cuillère, avec de grands yeux complexes, et sa tête est prolongée par huit membres. A l'aide de ces jambes, la pieuvre se propulse le long du fond marin sableux, chacune de ses tentacules présentant deux rangées de ventouses. Dotée d'un grand cerveau, elle est hautement intelligente et polyvalente. Elle peut en outre administrer des morsures empoisonnées. La pieuvre à anneaux bleus d'Australie, de la taille d'un œuf, peut même tuer un homme d'une seule morsure ; sans soin médical immédiat, la respiration s'arrête et le cœur lâche. La pieuvre peut changer de couleur et se fondre dans n'importe quel environnement et même disparaître dans un grand nuage d'encre lorsqu'elle ses sent sérieusement menacée.