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L'Hydre de Lerne




Étymologie :

  • HYDRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. a) ca 1250 myth. ydre (R. de Fournival, Bestiaire d'amour, éd. C. Segre, 67) ; b) 1762 fig. « petit polype d'eau douce » (Ch. Bonnet, Considérations sur les corps organisés, t. 1, XI, § 190) ; 2. 1562 « serpent d'eau » (A. du Pinet, L'histoire du monde de C. Pline Second, t. 1, livre 6, p. 225). 1 empr. du lat. class. hydra « hydre de Lerne », lui-même empr. du gr. υ ́ δ ρ α, de même sens (de υ ́ δ ω ρ « eau »). Linné a donné le nom d'hydre à des polypes d'eau douce à bras en forme de cornes dont les phénomènes de régénération lui évoquaient la fameuse hydre de Lerne (Cottez, p. 189) ; 2. du lat. hydrus (subst. masc.) « serpent d'eau » (gr. υ ́ δ ρ ο ς « id. »). Hydre est parfois masc. chez certains auteurs (Du Bellay, Ronsard v. Hug. ; La Fontaine, V. Hugo ds Littré) comme dans les lang. anc.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


Adolphe de Chesnel, auteur d'un Dictionnaire des superstitions, erreurs, préjugés, et traditions populaires... (J.-P. Migne Éditeur, 1856) évoque l'existence d'une autre hydre mythique que la célèbre Hydre de Lerne :


HYDRE DE VILLEDIEU-LES-ROCHERS. « L'église de Villedieu-les-Roches, dit Mile Amélie Bosquet dans sa Normandie merveilleuse, » est bâtie sur une élévation de rocs noirs et grisâtres ; un défoncement peu profond, large d'environ trente toises sur cent cinquante de longueur, part de l'église et s'allonge dans la direction de Coulonces et de Bailleul , bordé d'énormes masses granitiques qui élèvent en surplomb leurs têtes inégales. Tout près de ces rochers est une espèce de caverne dont l'entrée a été rétrécie par le travail du temps ou par la main des hommes. Suivant la légende, un serpent habitait cette caverne aux murailles de diamants et d'or. Il sortait de temps en temps pour aller se baigner dans un petit lac voisin, après quoi il parcourait la campagne à la recherche de sa proie. Lorsque la faim le pressait, il allait vite en besogne, car le monstre n'était rien moins qu'une hydre à plusieurs têtes. Les habitants de Villedieu et des pays environnants s'épuisaient en vaines lamentations ; cependant le désespoir leur inspira la découverte d'un moyen de salut. Ils imaginèrent de porter à l'entrée de la caverne une grande cuve pleine de lait, qu'ils avaient remplie à frais communs. Le monstre parut satisfait du régime anodin auquel on voulait le soumettre. La paix et la sécurité se rétablirent tout d'abord. Mais un jour, soit par oubli, soit par impuissance, les habitants de Villedieu manquèrent de procurer à leur hôte sa ration habituelle. Notre serpent, qui, depuis quelque temps, ne faisait point assez forte chair pour soutenir un long jeune, se mit en route, aiguillonné à la fois par la vengeance et par la faim. Un jeune homme s'étant remontré sur son passage, il le dévora !

Ce jeune homme, neveu du seigneur de Bailleul, était aussi chéri des vassaux que son oncle en était détesté. Cependant, le seigneur de Bailleul, malgré sa dureté bien connue, fut vivement affligé de la mort de son neveu ; il jura que le jour des représailles ne se ferait pas attendre.

« De monstre à tyran la guerre s'allume vite , mais celle que projetait le baron de Bailleul, demandait quelques préparatifs indispensables. L'adroit seigneur commença l'attaque par une ruse bien calculée, c'est à-dire qu'il fit déposer deux moutons à l'entrée de la caverne, et, de plus, remplir la cuve, où s'abreuvait le dragon, d'eau-de-vie au lieu de lait. Celui-ci dévora les deux moutons, en se félicitant de ce que la leçon donnée aux habitants de Villedieu produisait de tels fruits ; puis, il s'endormit dans l'enivrement de son succès et de la cuve d'eau-de-vie qu'il avait vidée. Le moment était venu pour le seigneur de Bailleul d'assurer sa vengeance ; nouvel Hercule, il endosse son armure , plus solide qu'une peau de lion ; sa longue épée dans sa main vaut une massue. Il marche droit à la caverne, surprend le monstre endormi, et le frappe d'un coup si terrible qu'il lui enlève sa principale tête. Mais celui-ci se réveille assez formidable encore pour engager un combat à outrance : il aveugle son ennemi par les vomissements de flamme qu'il lui lance au visage, et le baron de Bailleul, tout intrépide qu'il est, recule épouvanté ! A peine est-il dehors, qu'un craquement effrayant se fait entendre, comme si la terre allait s'effondrer sous la fureur du reptile ; les roches de Villedieu éclatent de toutes parts et jonchent la plaine de projectiles énormes ; une lave ruisselante envahit le lac, puis, la commotion s'apaise, et le silence se rétablit sur cette scène de désastre. Le lendemain, les vassaux du seigneur de Bailleul s'approchèrent en tremblant de ce lieu désole : ils trouvèrent le corps du baron calciné dans son armure, et, plus heureux qu'ils n'auraient osé l'espérer, ils se virent délivrés à la fois des deux monstres qui les tyrannisaient le serpent et le baron.

M. Galeron, qui raconte aussi cette légende, en a diversifié certains détails d'après le récit des gens du pays. Voici une circonstance curieuse de cette nouvelle narration : Lorsque le sire de Bailleul se disposait à aller combattre le serpent, il se couvrit d'une armure de fer-blanc , ainsi que son cheval, et, bardé jusqu'aux dents, il s'avança vers la caverne si redoutée. Dans sa rencontre avec le dragon, le chevalier porta à son ennemi des coups assez sûrs pour que la perte de celui-ci devint certaine ; mais le monstre, dans excès de sa rage, vomit tant de flammes que le chevalier en fut suffoqué. Pour comble de malheur, son cheval, dans son effroi, étant venu à se retourner, les crins de sa queue, que l'on n'avait point mis à l'abri sous l'armure, comme le reste du corps, s'enflammèrent en un instant ; et l'animal, ainsi que celui qu'il portait, furent consumés entièrement.

« Le trou du serpent n'a plus une grande profondeur, mais on assure qu'autrefois il s'étendait à plusieurs lieues à l'entour. Le terrain même, à ce qu'on prétend, résonne encore sous les pas, en différents points de la campagne. On ne doute pas que la caverne ne s'avance de tous côtés , et l'on assure qu'elle recèle de grands trésors.

M. Galeron a donné aussi une interprétation particulière de cette légende : - Elle peut, dit-il, rappeler une lutte entre deux religions sur ce point.- Parmi les blocs de rochers, il en est un très éminent qui s'élève au-dessus de la demeure du serpent. D'autres fragments épars semblent les restes d'anciens dolmens brisés. Là, peut-être, étaient les monuments du culte de Teulatatés. A deux cents pas, sur le roc oppo é, s'élève l'église de Villedieu, dont le nom décèle une consécration chrétienne. Le serpent serait peut-être une image du culte profane ; la jeune fille que , suivant cette nouvelle tradition, on livrait à dévorer au dragon, serait un souvenir d'affreux sacrifices : le chevalier, un symbole du culte triomphant. »

 

Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on apprend que :


L'hydre est un "serpent à sept ou neuf têtes, qui repoussent à mesure qu'on les coupe ; souvent comparé aux deltas des grands fleuves, avec leurs multiples bras, leurs crues et leurs décrues. Elle figure les vices multiples (tant sous forme d'aspiration imaginativement exaltée que d'ambition banalement active)... Vivant dans le marais, l'hydre est plus spécialement caractérisée comme symbole des vices banals. Tant que le monstre vit, tant que la vanité n'est pas dominée, les têtes, symboles des vices, repoussent, même si, par une victoire passagère, on parvenait à couper l'une ou l'autre. Le sang de l'hydre est un poison : Héraclès y trempait ses flèches ; s'il se mêlait à l'eau des fleuves, les poissons devenaient impropres à la consommation. Ce qui confirme l'interprétation symbolique : tout ce qui touche aux vices ou en procède se corrompt et corrompt."

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Dans L'Oracle des Esprits de la Nature (Éditions Exergue, 2015), Loan Miège nous propose une carte intitulée "Hydre", à laquelle elle fait correspondre le petit texte suivant :


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« Ne t'arrête pas, passe ton chemin, regarde devant toi et trace ! »

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Créature étrange et immortelle, l'hydre prend l'image d'un serpent à plusieurs têtes dans la mythologie grecque antique. Elle est réputée pour semer la terreur, dévaster tout sur son passage et avoir une haleine empoisonnée dissuadant quiconque de l'approcher. Cette description la met au rang des monstres à éviter. Au milieu de la forêt se trouve une grotte où vit un de ces spécimens. Son émanation vibratoire est, en effet, très désagréable. A son contact, nous nous sentons soudainement épuisés et une vague de froid nous envahit. Nous n'avons qu'une envie : fuir, et vite ! L'hydre satisfait pleinement son rôle de gardienne en repoussant tout intrus.

A propos du message : Au fil des âges, l'humain s'est affirmé et s'est installé partout où il le souhaitait. Il s'est imposé en prenant de moins en moins en compte ce qui l'entourait. Il s'est mis à se comporter en despote détaché des lois de l'Univers. L'hydre, quant à elle, est au service de Gaïa. Son message nous met en garde. Il existe sur Terre des forces invisibles qui, tôt ou tard, « remettent de l'ordre ». Certains lieux ne sont pas dédiés aux activités humaines. Il n'y a là aucun jugement, simplement le constat que notre planète est bien faite et qu'une juste place est prévue pour chaque chose. D'un point de vue personnel, cela indique que nous sommes face à une situation toxique et qu'il est préférable de ne pas nous y embourber. Nous n'avons rien à faire là-dedans, écoutons notre ressenti et fuyons !


Pratique : L'hydre nous aide à percevoir ce qui est juste ou non pour nous. Nous sommes à la croisée des chemins et amenés à faire un choix. Prenons du papier et un stylo. Posons-nous un instant. Le temps est venu de faire le point. Écrivons tout ce qui se présente à nous : les situations, les personnes impliquées, les aspects positifs et négatifs... Soyons aussi précis que possible ! A partir de ces éléments, établissons plusieurs chemins distincts envisageables. Munissons-nous d'autant de feuilles qu'il y a de chemins. Et sur chacune d'elles, inscrivons-en un, ainsi que tout ce qui le concerne. La suite de l'exercice nous demande d'être debout avec de l'espace autour de nous. Visualisons-nous à la croisée des chemins. Ils partent dans toutes les directions. Nous sommes au centre avec nos feuilles. Déposons chacune d'elles au sol sur le chemin qui lui correspond. Toujours au centre, fermons les yeux et faisons le calme en nous. Nous allons commencer. Ouvrons les yeux et choisissons une feuille spontanément. Lisons ce que nous y avons écrit. Faisons un premier pas sur ce chemin. Observons ce que cela génère en nous, en termes de sensations, d'émotions, de pensées, etc. Nous expérimentons ce que serait cette décision dans notre vie. Avançons encore et notons tout ce qui émerge. Et si cela ne vient pas facilement, interrogeons notre être : « Est-ce agréable ou désagréable ? Y a-t-il du regret, de la tristesse, de la colère, de la joie, de la paix... ? Que se passe-t-il lorsque je suis sur ce chemin ? ». Quand la réponse est claire, revenons au centre, fermons les yeux, faisons une pause et passons à un autre chemin. Testons-les tous ainsi. N'hésitons pas à demander à l'hydre de nous épauler, afin que les réponses soient nettes et en accord avec les lois de l'Univers. Lorsque tous les chemins ont été parcourus, revenons une dernière fois au centre. Lisons nos notes et tirons-en les enseignements qui en découlent. Avec l'intention, nettoyons les traces de nos chemins éphémères. Remercions.


Mot-clé : Fuir.

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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), l'Hydre de Lerne est défini par les caractéristiques suivantes :


Traits : L'Hydre, également appelée "hydre de Lerne" dans la mythologie grecque, était un serpent de mer à neuf têtes (celle du milieu était immortelle et venimeuse, et son souffle était empoisonné). Elle gardait l'entrée du monde souterrain. Dans les douze travaux d'Hercule, sa deuxième tâche fut d'aller détruire l'Hydre. Chaque fois qu'Hercule coupait une de ses têtes, l'Hydre ne tardait pas à en faire pousser deux autres à sa place. Il a finalement réussi à vaincre l'Hydre avec l'aide de son neveu, Iolaos.


Talents : Énergie abondante ; Formidable ; Persévérance ; Protection ; Régénération ; Acharné ; Résilience ; Résout les problèmes ; Force ; Réussite après échec ; Survie ; Point de vue original et unique.


Défis : Agressif ; Féroce ; Toxique ; Violent.


Élément : Eau.


Couleurs primaires : Noir ; Brun ; Vert ; Rouge.


Apparitions : Lorsque l'Hydre apparaît, cela signifie que vous devez regarder les situations avec un nouveau point de vue. L'Hydre a neuf têtes, c'est-à-dire neuf points de vue différent. Lorsque vous analysez une situation sous de multiples perspectives et points de vue possibles, vous pouvez la voir de façon inédite. Ce qui autrefois vous semblait déconcertant peut soudain vous apparaître clair. L'Hydre protège l'entrée du monde souterrain, ce qui signifie que vous êtes également quelqu'un de protecteur par nature. Vous pouvez être féroce dans votre façon de protéger ceux dont vous prenez soin ou de défendre les causes dans lesquelles vous êtes impliqué. L'Hydre vous encourage à être souple, sans rigidité, exactement comme son cou s'est adapté dans la bataille contre Hercule. Si vous êtes trop strict et ne bougez pas du tout, vous risquez de rencontrer davantage de difficultés dans votre vie que si vous vous laissiez évoluer en suivant le cours des choses. L'Hydre signale que vous êtes un survivant, quelqu'un qui peut se régénérer et disposer d'une énergie abondante dans son existence. Les personnes et les situations ne vous laissent en général pas trop longtemps abattu. Vous avez la faculté de rebondir rapidement, parce que vous les voyez en comprenant différents points de vue.


Aide : Il vous faut contrôler votre caractère. L'Hydre était d'une agressivité très violente, c'était un redoutable adversaire qui ne cessait d'attaquer. C'est là un avertissement pour vous : restez calme et contrôlez votre caractère pour ne pas avoir à affronter les répercussions négatives provoquées par vos actes. L'Hydre pouvait se régénérer à un rythme très rapide. Cela veut dire que, si vous traversez un moment difficile dans lequel vous faites l'expérience de difficultés, vus serez capable de résoudre la situation très vite et avec efficacité pour vous en sortir. Lors de sa bataille avec l'Hydre, Hercule n'a jamais abandonné mais il a continué à se battre pour arriver à son but. Au début, il a échoué, mais il a poursuivi en acceptant l'aide de Iolaos, et c'est ainsi qu'il a vaincu l'Hydre. Cela signifie que, même si vous avez pu vivre des échecs dans votre vie, vous réussirez dans ce que vous vous êtes disposé à mener à bien. Il n'y a rien de mal à accepter l'aide d'un autre sur votre chemin ; donc, ne laissez pas la fierté vous retenir d'accueillir l'aide qui vous est offerte.


Fréquence : L'énergie de l'Hydre bouge rapidement dans toutes les directions. Elle donne la sensation qu'elle fait des ondulations brusques tout autour de vous. Elle st très chaude et vous brûle si elle vous touche. Sa sonorité ressemble à un rugissement très profond qui résonne dans l'espace.


Imaginez...

Vous êtes en train d'explorer un lac de la Grèce antique lorsque soudain des têtes de serpent commencent à sortir de l'eau. Il y en a neuf, et vous vous rendez compte que vous êtes au royaume de l'Hydre. Alors, vous vous cachez derrière un arbre, en espérant qu'elle ne vous a pas vu. Elle sort de l'eau, se secoue comme un chien, puis se dirige vers un champ. Là elle s'allonge et se prélasse au soleil. Ses têtes se relaient pour se reposer, pendant que d'autres restent à guetter. Vous changez de position, et cela fait craquer une branche sous vos pieds. Les têtes se tournent dans votre direction et la bête se lève. Vous enfouissez votre tête entre vos genoux pour vous faire aussi petit que possible. Voilà que vous sentez son souffle brûlant sur votre dos. Elle vous tapote doucement le dos du bout de l'une de ses têtes et vous roulez par terre, toujours en position de fœtus. Cela ne l'intéresse pas, alors elle repart vers le lac. Vous entendez e bruit des éclaboussures quand elle rentre dans l'eau. Vous regardez à vos pieds et vous découvrez là une petite fleur jaune fraîchement cueillie, un cadeau de l'Hydre.

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Voir aussi : Hydre ;


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