Blog

  • Anne

Le Lièvre


Étymologie :

  • LIÈVRE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1780 : Pur un sul levre vait tute jur cornant) ; 1155 (Wace, Brut, 4738 ds T.-L. : Quant vient en guerre e en estur, Si semble lievre de pöur) ; ca 1176 (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4500 : Malvés et coarz come lievres) ; 1316 (Geoffroy, Chron. métr., 692 ds T.-L. : ... a Mons em Pevre [Mons-en-Pevele] Où Flamenz füirent com lievre). 2. fig. a) ca 1200 (Poème moral, 338, ibid. : Cant il seit [li malz mïes] un riche home malement agrevet : « Or me vat bien », fait il, « un gras lievre ai trovet ». b) 1465 (G. Chastellain, Chron., éd. Kervyn de Lettenhove, t. 5, p. 276, 22 : vecy où git le lievre et le droit difficile du neud) ; 1663, 15 déc. lever un lièvre « être le premier à soulever une affaire » (Chapelain, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 2, p. 340 b). Du lat. lepus, leporis « lièvre ».


Lire aussi les définitions des noms lapin et lièvre afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Zoologie :


*


Croyances populaires :


Selon Ignace Mariétan, auteur d'un article intitulé "Légendes et erreurs se rapportant aux animaux" paru dans le Bulletin de la Murithienne, 1940, n°58, pp. 27-62 :


Contre la dysenterie on recommandait autrefois de tuer un Lièvre le Vendredi Saint et de faire des compresses avec son sang.

*




Symbolisme :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on peut lire que :


"Il faut penser à l'extrême importance du bestiaire lunaire dans cette tapisserie sous-jacente de la rêverie profonde, où se sont inscrits les archétypes du monde symbolique, pour comprendre la signification des innombrables lièvres et lapins, mystérieux, familiers et souvent inconvenants compagnons des clairs de lune de l'imaginaire. Ils hantent toutes nos mythologies, nos croyances, nos folklores. Jusque dans leurs contradictions tous se ressemblent, comme se ressemblent les images de la lune. Avec elle, lièvres et lapins sont liés à la vieille divinité Terre-Mère, au symbolisme des eaux fécondantes et régénératrices, de la végétation, du renouvellement perpétuel de la vie sous toutes ses formes. Ce monde est celui du grand mystère où la vie se refait à travers la mort.

L'esprit, qui n'est que diurne, s'y heurte, saisi à la fois d'envie et de crainte devant des créatures, qui prennent nécessairement pour lui des significations ambiguës.

Lièvres et lapins sont lunaires, parce qu'ils dorment le jour et gambadent la nuit, parce qu'ils savent, à l'instar de la lune, apparaître et disparaître avec le silence et l'efficacité des ombres, enfin parce qu'ils sont à tel point prolifiques que c'est leur nom que M. Larousse a choisi pour illustrer le sens de ce mot.

La lune en arrive à devenir parfois elle-même un lièvre. Ou du moins le lièvre est-il souvent considéré comme une cratophanie de la lune. Pour les Aztèques, les taches de l'astre provenaient d'un lapin qu'un dieu avait jeté à sa face, image dont la signification sexuelle est aisément perceptible. En Europe, en Asie, en Afrique, ces taches sont des lièvres ou lapins, ou bien un Grand Lapin, ainsi qu'il appert encore aujourd'hui dans la comptine :


J'ai vu dans la lune

trois petits lapins

qui mangeaient des prunes

en buvant du vin

tout plein.

Quand il n'est pas la lune elle-même, le lapin ou le lièvre est son complice ou son proche parent. Il ne peut être son époux, car il faudrait pour cela qu'ils possèdent une nature contraire ; mais il est son frère ou son amant, cas dans lequel leurs rapports ont quelque chose d'incestueux, c'est-à-dire de sacré gauche. Les années lapin du calendrier aztèque sont gouvernées par Vénus, frère aîné du soleil, qui comment l'adultère avec sa belle-sœur Lune. Pour les Maya-Quiché, ainsi qu'en témoigne le Popol-Vuh, la déesse Lune se trouvant en danger fut secourue et sauvée par un héros Lapin ; le Codex Borgia illustre cette croyance en rapprochant dans un même hiéroglyphe l'effigie d'un lapin de celle d'une jarre d'eau, qui représente l'astre proprement dit. En sauvant la Lune, le Lapin sauve le principe du renouvellement cyclique de la vie, qui gouverne également sur terre la continuité des espèces végétales, animales et humaines.

Le Lapin - et plus souvent encore le Lièvre - devient ainsi un Héros Civilisateur, un Démiurge, ou un ancêtre mythique. Tel apparaît Menebuch, le Grand Lapin des Algonquins Ojibwa et des Sioux Winebago.

Possesseur du secret de la vie élémentaire, qui était déjà reconnu à cet animal dans la glyptique égyptienne (Enel, La Langue sacrée, Paris, 1932), il met ses connaissances au service de l'humanité : Menebuch apparut sur terre sous les traits d'un lièvre et permit à ses oncles et tantes, c'est-à-dire à l'espèce humaine, de vivre comme ils le font aujourd'hui. c'est à lui que remontent les arts manuels. Il combattit les monstres aquatiques des profondeurs ; après un déluge, il recréa la terre et, à son départ, la laissa dans son état actuel. C'est parce qu'il participe de l'inconnaissable, de l'inaccessible, sans cesser pour autant d'être un voisin, un familier de l'homme sur cette terre, que le lapin ou lièvre mythique est un intercesseur, un intermédiaire entre ce monde et les réalités transcendantes de l'autre. Il n'existe pas d'autre lien que Menebuch entre les hommes et l'invisible Grand Manitou, divinité suprême ouranienne qui constitue, tout comme Yahvé, une représentations du Père archétypal. Menebuch est donc un Héros-Fils, ce qui le rapproche du Christ selon Gilbert Durand : Pour les nègres d'Afrique et d'Amérique comme pour certains Indiens, la lune est lièvre, animal héros et martyr, dont l'ambiance symbolique est à rapprocher de l’agneau chrétien, animal doux et inoffensif, emblème du Messie lunaire, du fils, par opposition au guerrier conquérant et solitaire. Les Algonquins, après leur évangélisation, ont effectivement reconduit Menebuch sous la forme de Jésus-Christ. Radin voit ici l'expression archétypale du deuxième stade de la conception du Héros, après le Trickster ou joueur de tours, proche parent du Bateleur des Tarots, dont les motivations sont purement instinctives ou enfantines. Menebuch, précise Radin, est un animal faible, qui lutte cependant et est prêt à sacrifier son caractère enfantin à une évolution future.

La mythologie égyptienne renforce cette induction quand elle donne les apparences du lièvre au grand initié Osiris, qui est dépecé et jeté dans les eaux du Nil pour assurer la régénération périodique. Aujourd'hui encore, les paysans chi'ites d'Anatolie expliquent l'interdit alimentaire dont est frappé le lièvre, en disant que cet animal est la réincarnation d'Ali ; or ils considèrent Ali comme le véritable intercesseur entre Allah et les Croyants, auxquels ce saint héros a sacrifié ses deux fils ; ce que souligne en termes précis le distique ésotérique des derviches Bektachi : Mohammed est la chambre, Ali est le seuil. On peut encore citer en Inde la Sheshajâtaka, où le Bodhisattva apparaît sous la forme d'un lièvre pour se jeter en sacrifice dans le feu.

Le lièvre, qui, comme la lune, meurt pour renaître, est devenu de ce fait dans le Taoïsme, le préparateur de la drogue d'immortalité. On le représente au travail à l'ombre d'un figuier, broyant des simples dans un mortier. Les forgerons chinois utilisaient son fiel pour la fonte des lames d'acier : il était censé communiquer force et éternité à l'acier, pour ces mêmes raisons qui faisaient qu'en Birmanie on le considérait comme l'ancêtre de la dynastie lunaire.

L'ambivalence symbolique du lièvre apparaît souvent en des images ou des croyances qui imbriquent si bien les deux aspects - faste et néfaste, gauche et droit - de son symbole, qu'il est difficile de les isoler. Ainsi, on dit en Chine que la hase conçoit en regardant la lune et, selon le texte d'Yan Tcho-Keng-lou : les jeunes filles se conduisent presque toujours comme des lapines qui regardent la lune ; d'où cette croyance chinoise que, si une femme enceinte reçoit les rayons lunaires, son enfant naîtra avec un bec de lièvre. Nous touchons ici à la signification sexuelle diffuse et multiple qui unit lune, lapins et lièvres. Au Cambodge, l'accouplement ou la multiplication des lièvres était censé faire tomber les pluies fertilisantes, qui proviennent également de la lune, étant yin. Pour les paysans aztèques ce n'est pas un dieu-lapin mais les quatre cents lapins, quatre cents exprimant l'idée même de surnombre, c'est-à-dire d'abondance inépuisable, qui protègent les moissons. Mais ces familières petites divinités agraires étaient aussi les maîtres de la paresse et de l'ivrognerie, toutes deux habitudes que combattait très sévèrement le rigide code civil mexicain. La même ambivalence symbolique se retrouve dans la signification augurale des années-lapin du calendrier : elles peuvent être indifféremment bonnes ou mauvaises car le lapin saute d'un côté et de l'autre.

Tout ce qui est liée aux idées d'abondance, d'exubérance, de multiplication des êtres et des biens porte aussi en soi des germes d'incontinence, de gaspillage, de luxure, de démesure. Aussi l'esprit, à un moment donné de l'histoire des civilisations, s'insurge-t-il contre les symboles de la vie élémentaire qu'il voudrait contrôler ou endiguer. Il craint en effet que ces forces, naturellement agissantes et positives dans l'enfance de l'homme et du monde, ne détruisent ensuite ce qui se fera grâce à elles. A ce que l'on pourrait nommer l'âge de raison [vision évidemment obsolète] les peuples s'élèvent contre les religions animistes. Elles frappent alors le lièvre d'un tabou. Dans le Deutéronome et le Lévitique, il est stigmatisé et interdit comme l'impur.

Les Celtes d'Irlande et de Bretagne, sans aller si loin, l'élevaient pour leur plaisir, mais ne consommaient pas sa chair, mentionne César. [Attention, le tabou peut être au contraire signe de vénération de l'animal]. Des interdits semblables sont attestés chez les Baltes, dans toute l'Asie et jusqu'en Chine. Si l'on repense à Menebuch et à Trickster, on peut alors imaginer que le lièvre est symboliquement associé à la puberté, qui n'a plus les excuses de l'enfance, mais en produit les premiers fruits. Singes et renards, dans le bestiaire sélénique, sont les plus proches voisins des lièvres et lapins. Tous sont les compagnons d'Hécate qui nourrit la jeunesse, mais hante les carrefours, et finalement invente la sorcellerie."

*

*

D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Hachette Livre, 2000) :


"Lièvre ou furet dans nos rêves comme dans nos comptines, il court, il court, il prolifère, il se démultiplie. Nous savons tous qu'il est agile et très rapide. Nos ancêtres firent de lui un animal lunaire, tout simplement par ce que le jour il se terre, mais à la nuit tombée il adore gambader dans les bois, les champs et les prairies. Ainsi, les Chinois, qui ont choisi cet animal pour figurer le quatrième signe de leur zodiaque, croient que la Lune est habitée par un lièvre de jade occupé à broyer des ingrédients dans un bol pour préparer un élixir d'immortalité. Si Neil Armstrong n'a pas vu ce lièvre légendaire et mythique lorsqu'il a fait "un petit pas pour l'homme, mais un grand pas pour l'humanité", comme chacun sait - grand pas qui, d'ailleurs, jusqu'à aujourd'hui n'a pas servi à grand-chose - , c'est tout simplement parce qu'il n'était pas chinois.

En Chine toujours, on attribue au lièvre les qualités de lucidité, de clairvoyance, parce que cet animal, pourvu de longues oreilles et de pattes plus hautes et plus puissantes que celles du lapin, son congénère, naît avec les yeux ouverts. Ayant la réputation non usurpée d'être particulièrement fécond, il fut un symbole d'abondance, d'opulence, de richesses, mais aussi de gaspillage ; et il fut souvent choisi pour figurer un individu peu recommandable, aux mœurs dissolues, aux instincts débridés. Toutefois, ici, nous nous devons de souligner une nuance qui, de notre point de vue, a son importance : c'est plus souvent le lapin, aux oreilles courtes, qui est associé à la luxure dans l'esprit de nos ancêtres, tandis que le lièvre, quant à lui, l'est à la course, à la vitesse, à la rapidité.

Cette distinction est à prendre en compte dans un rêve. Selon qu'un lapin - un tas de petits lapins le plus souvent - ou un lièvre apparaît dans un songe, son interprétation sera différente. En effet, on pourrait dire que le ou les lapins présents dans un rêve révèlent une espèce de débordement de ce que les psychanalystes nomment la libido. Le lapin annonce toujours une prolifération quelconque des fantasmes, des idées, des émotions, des angoisses, etc. Tandis que le lièvre est en relation avec le dynamisme, l'agilité, les réflexes du mental, l'intelligence instinctive qui sait très exactement ce qui doit être fait et le fait au bon moment."

*

*

Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007, traduction française, Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des lapins et des lièvres :

Même si vous avez l'impression que vous

êtes insignifiant, il se peut que vous ayez une mission

d'âme d'une grande importance. Travailler avec les

autres peut faire apparaître la magie.


Malgré leur ressemblance, les lièvres viennent de Sirius alors que les lapins viennent d'Orion. Les lièvres portent des connaissances très anciennes sur la Terre dans la géométrie sacrée de leur plan. Comme beaucoup d'animaux, ils sont là pour apprendre et enseigner l'amour, la survie et la confiance dans un corps physique. Leur mission est de transmettre dans le sol et à chaque créature et personnes qu'ils rencontrent la connaissance qu'ils possèdent sur l'ancienne Terre.

Ils sont liés à l'archange Uriel, l'archange responsable du plexus solaire, qui les aide à prendre confiance en eux-mêmes afin qu'ils puissent s'assumer pleinement. Quand ils pourront le faire et qu'ils afficheront un plexus solaire doré, et que l'humanité atteindra le même niveau, ils pourront introduire la sagesse ancienne et la répandre. Il m'est arrivé de voir deux lièvres dans un jardin, qui se tenaient fiers et immobiles. Ils n'ont pas dansé et ne se sont pas chamaillés comme je l'espérais, mais je considère néanmoins comme un cadeau le fait qu'ils soient venus dans mon jardin et qu'ils se soient connectés énergétiquement avec moi. Nous nous sommes regardés pendant quelque temps, puis ils ont disparu sans faire de bruit.

*

*

Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011), le lièvre appartient à la famille de la Sagesse intérieure, au même titre que l'hippopotame, le chien, l'aigle, l'ours polaire, le cheval, le coyote, le papillon, la chouette, la salamandre, le saumon, le phoque, le paon, la grue, le tigre, le bœuf et la pieuvre.


Sagesse intérieure

Invoquer un esprit animal, c'est éveiller de nouvelles perceptions. Tout phénomène naturel, y compris l'animal, est intrinsèquement mystérieux. L'indicible que recèle toute forme de vie nous ramène aux questions fondamentales sur l'existence. Comment et pourquoi s'est formé le cosmos ? Pourquoi les choses existent-elles plutôt que le néant (comme s'interrogent souvent les philosophes) ? La méditation peut nous apporter une conscience silencieuse des vérités qui se cachent derrière ces énigmes. Lorsque nous plongeons nos yeux dans ceux d'une autre créature, nous sommes confrontés à de profonds mystères, dont l'animal est l"incarnation vivante.

Ce chapitre présente les animaux susceptibles de nous guider vers de nouveaux indices et une acuité nouvelle. Si nous sommes prêts à nous ouvrir et à écouter, nous pouvons gagner en maturité spirituelle et avancer dans notre voyage intérieur.

[...]

Avec leurs grandes et larges oreilles à bout noir, en forme de tunnel et légèrement plus grandes que leur tête, les lièvres sont dotés d'une grande qualité d'écoute et familiers des notes de la création. Ils sont capables d'analyser les sons avec une précision d'horloger et de déterminer leurs sens exacts.

On confond souvent lièvres et lapins, mais la fourrure du lièvre est plus rousse et il présente de très longues et "retentissantes " pattes arrière ainsi qu'une queue noire - même si les deux espèces partagent de nombreux traits communs. Le lièvre sait exactement quand fuir pour échapper au danger et se mettre à l'abri ; il se tient toujours prêt à déguerpir. Il pense et agir rapidement, bondissant et détalant au moindre signe de danger.

Animal ingénieux, il utilise son discernement, employant de fins stratagèmes pour échapper aux prédateurs et les mener sur de fausses pistes. Il court par exemple en ligne droite, se cache puis revient par où il est venu, laissant des traces confuses de son passage. Il se déplace aussi par sauts à angle droit avant de retrouver son chemin initial, désorientant le chasseur.

Trois lièvres reliés dans un cercle forment un motif que l'on trouve dans les sites sacrés d'Extrême-Orient et de Moyen-Orient, ainsi qu'en Europe. L'animal est alors associé à la fertilité et au cycle lunaire. Il est intéressant de notre que de nombreuses cultures, y compris celles de l'Inde , de la Chine, du Japon et du Mexique, voient un lièvre dans les taches sombres de la lune, suggérant par là qu'il a toujours été considéré comme mystique.

Doué d'une perception aiguë, le lièvre capte chaque vibration sonore et rassemble les indices, dépassant les distorsions pour atteindre le fondement. Si cet animal ultra-sensitif est votre totem, vous entendrez l'appel subtil qui motive vos avancées personnelles, et y répondrez.


Mot-clé : Oreilles au ciel.

Le Lièvre sur la Lune

Qui est attiré par la lune ferait bien de choisir le lièvre pour animal spirituel, ou le lapin s'il préfère. Ces deux créatures sont légendairement prolifiques ; de plus, elles apparaissent et disparaissent telles des ombres, comme la lune elle-même. Eostra, déesse germanique de la fertilité, vivait sur la lune et possédait un lièvre qui, au moment de sa fête du printemps, pondait des œufs, symboles du renouvellement de la vie ; c'est l'origine des œufs et du lapin de Pâques (en anglais easter, venant d'Eostra).

Dans une légende chinoise, une fille nommée Chang'e se retrouva bloquée sur la lune après avoir volé une pilule qui conférait l'immortalité. Découvrant qu'elle pouvait voler, elle s'élança vers la lune, poursuivie par son mari, Houyi, un immortel exilé, rappelé à la terre par des vents puissants. Une fois arrivée sur la lune, elle toussa et recracha cette pilule, puis demanda au lièvre qui vivait là de lui en fabriquer une deuxième à l'aide d'un mortier et d'un pilon, afin qu'elle puisse retourner vers son mari. Le lièvre est toujours là-haut, occupé à la tâche. Le mari se fit construire un palais dans le soleil (yang) et Chang'e un palais sur la lune (yin). Chaque mois, Houyi rend visite à Chang'e et la lune brille, pleine d'une beauté particulière."

A lire : un article intéressant que je n'ai pas jugé utile de couper :

Le Lièvre aux quatre points cardinaux
.pd
Download PD • 252KB

de Guy Lachenaud, « Les avatars d’un animal énigmatique : le lièvre aux quatre points cardinaux et de siècle en siècle. » (In : Bulletin de l'Association Guillaume Budé, n°2, 2014. pp. 76-93) :

*

*

Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Lièvre est défini par les caractéristiques suivantes :


Traits : Le Lièvre symbolise l'indépendance, la survie et la rapidité. C'est un signe d'abondance, de fertilité et de chance. Bien qu'ils aient l'air de se ressembler, le lièvre est une espèce complètement différente du lapin. Le lièvre naît les yeux grands ouverts, il est tout couvert de fourrure, il a des marques noires sur les oreilles, et il est capable de prendre soin de lui dans l'heure qui suit sa naissance. Il est aussi gros que le lapin, avec des oreilles plus grandes, ses pattes avant sont plus longues et plus fines, ses pattes arrière plus musclées et ses pieds plus larges. Le lièvre court à des vitesses qui lui font atteindre trente-sept fois la longueur de son corps en une seconde. Il est plus rapide que le guépard ! Il a également une alimentation différente de celle du l