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  • Anne

La force nonchalante du Lion


L'affirmation tranquille de l'Animal de Pouvoir d'Ali : rien à ajouter !



Étymologie :

  • LION, LIONNE, subst.

Étymol. et Hist. I. A. 1. 1100 zool. (Roland, éd. J. Bédier, 2432) ; id. en la fosse des leons (ibid., 3105) ; 1121-34 fém. lëune (Philippe de Thaon, Bestiaire, éd. E. Walberg, 363) ; 2. 1100 p. compar. « le lion, symbole de la force » fiers cume lëuns (Roland, éd. J. Bédier, 1888) ; d'où 1609 « personne hardie, forte comme un lion » (Malherbe, Poésies, éd. L. Lalanne, I, 101, IV, 6) ; 3. ca 1135 « représentation du lion » escu a lïon (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 971) ; 1346 « sorte de monnaie » (Ord. II, 250 ds Gdf.) ; 1693 hérald. lion Belgique (Boileau, Ode sur la prise de Namur ds Littré) ; 1721 le lion de S. Marc (Trév. ) ; 1718 le partage du lion (Le Roux, p. 299) ; 1832 se faire la part du lion (Hugo, N.-D. Paris, p. 213) ; 4. 1836 « marque du génie » la griffe du lion (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, p. 300). B. P. anal. 1. 1119 « signe du zodiaque » (Philippe de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 1318) ; 1130 « constellation » (Paraphrase Cantique des Cantiques, 1 ds T.-L.) ; 2. zool. 1611 lion de mer (Cotgr.) ; 1690 lion marin (Fur.) ; 3. 1596 bot. dent de lion (Hulsius, Dict. françois-alemand d'apr. FEW t. 5, p. 256a) ; 1600 pied de lion (O. de Serres, Théâtre d'Agriculture, VI, 15 ds Hug.) ; 4. 1732 alchim. lion vert, lion rouge (Trév.); 5. 1831 mar. (Will.).

II. 1. 1830 « jeune femme à la mode » (Musset, L'Andalouse cité par Bonn., p. 86) ; 2. 1823 « jeune homme à la mode » (Gautier, Jeunes-Fr., p. 129 cité par Matoré et Greimas ds Fr. mod. t. 15, p. 136). I empr. au lat. leo « lion, constellation, plante ». II empr. à l'angl. lion (lui-même venu du fr.) attesté dep. le xviiies. au sens de « personne remarquable ou célèbre, personnalité à la mode » qui s'explique ainsi : l'usage de faire visiter la Tour de Londres où étaient exposés des lions dans une ménagerie fit prendre au mot lion le sens de « ce qui mérite d'être vu » dans des expr. comme to have seen the lions « avoir vu les lions » prenant au fig. le sens de « avoir vu ce qu'il est essentiel de voir, connaître la vie » (fin xvie s. ds NED ; cf. Brink-Wehrli, pp. 45-46, FEW t. 18, p. 80a)

Lire aussi la définition complète du nom pour amorcer les premières pistes d'interprétation symbolique.




Zoologie :


Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) : "Que ce soit le superbe animal rugissant de la MGM ou celui qui symbolise le Christ dans les Chroniques de Narnia, le lion inspire crainte et respect. Et méfions-nous de ses excréments, même si on leur reconnaît une grande valeur nutritive, surtout chez les nécrophages et autres charognards.

Description : Des segments assez gros, cylindriques, d'environ 10 cm de long, fuselés à une extrémité, comme les crottes de chat. Texture dense et humide, avec éventuellement des restes de repas, tels que sabot d'impala ou poils de zèbre. Pour cause de régime carnivore, ses excréments sont d'un brun sombre, voire noirs. S'ils sont blancs, cela signifie qu'il a mangé des os, riches en calcium.


T'as de beaux restes ! Comme les gros chats, le lion est un prédateur. S'il a trop mangé, il ne peut pas courir vite, ce qui explique pourquoi il bâcle parfois sa digestion et que ses excréments ont du fait même une valeur nutritive, qui fait le bonheur de certains nécrophages (hyène tachetée et vautour charognard) et autres animaux profiteurs de ce type de festin.


Quelle odeur ! Les crottes de lion peuvent se révéler très utiles. Ce qu'on appelle par exemple les "Galettes de dissuasion" (matière organique imbibée de merde liquide) peuvent être répandues d'une manière efficace sur les pelouses et plates-bandes pour éloigner les chats. Au Japon, on en asperge les voies ferrées pour éloigner les daims et les ratons laveurs qui aiment gambader sur les rails, provoquant ainsi des accidents. Voilà qui démontre bien que cette merde est aussi redoutable que le roi des animaux lui-même.


Fauve qui pue ! On raconte que des manifestants n'hésitent pas à asperger la police montée de merde de lion en semant la panique parmi les chevaux pour leur faire croire qu'un lion rôde dans les environs. Et les chevaux affolés de désarçonner leurs cavaliers."

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Dans le Hors-série deCausette (été 2018) intitulé « Histoires d'A...mours », Claudine Colozzi nous propose un petit "Kama-sutra des animaux" sous forme d'abécédaire :


E comme Étreinte :

Il n'y a pas de règle de durée en matière de coït. Chez le lion, les saillies durent une vingtaine de secondes, mais peuvent se renouveler jusqu'à cent fois en vingt-quatre heures. A l'opposé, le phasme de Floride, lui, joue les prolongations et peut rester collé sur le dos de sa partenaire pendant cinq mois. Le boulet !




Symbolisme :


L'abbé​ Louis Charbonneau-Lassay, auteur de Le Bestiaire du Christ (1ère Édition 1941 ; Éditions Albin Michel, 2006) consacre un long chapitre au symbolisme du lion, en particulier dans la Bible :


" Le lion marin et le manticore.

Le Roi. Voici le Roi ; le premier de ces quatre rois que l’Éternel fit paraître aux yeux éblouis d'Ézéchiel sur les bords du Chobar et que saint Jean reconnut en son éblouissante vision de Patmos, alors qu'ils chantaient devant le trône de l'Agneau dominateur en agitant leurs ailes de feu : le Lion, roi terrible des fauves, le Taureau, roi des victimes, l'Aigle, roi des airs et l'Homme, roi du monde.

Mais ce Lion des prophète d'Israël, si souverain qu'il fut, n'était pourtant qu'un serviteur, et c'est pourquoi, de concert avec l'Homme, l'Aigle et le Taureau, il acclamait, en des transes d'amour et d'adoration, Celui qui occupait le trône, tour à tour Agneau et Lion, que Jean vit monter sur le siège divin pour y ouvrir le Livre sept fois scellé.


I. Le Lion dans la symbolique des cultes préchrétiens

Autour de cette religion d'Israël sur laquelle planaient les voix formidables des prophètes et les reflets de leurs visions troublantes, bien des siècles avant que Jean eut reposé son front sur le Cœur du Messie et que l'Esprit fut en lui descendu, les paganismes d'Europe, d'Afrique et d'Asie avaient adopté l'image du Lion pour figurer, comme ils se les imaginaient, les divers attributs de la Divinité. Chez les Égyptiens, la déesse Sekhet portait noblement une tête léonine ; chez les Ammonites le soleil était adoré sous le nom de Camos, le Lion-soleil, et le royal animal, comme nous le verrons plus loin, avait en Syrie un caractère divin. Depuis des millénaires, le Thibet adore les Ka-gro-Mha, déesses à têtes de lionnes, comme la Sekhet d’Égypte, divinement belles, qui dansent toutes nues sur les cadavres des hommes et des animaux vaincus. Chez les Grecs, quatre lions enrênés enlevaient dans un impressionnant galop, ou tiraient majestueusement au pas le char de Cybèle, la Mère des Dieux, la "Bonne Déesse", image illusoire, mais image quand même, de la bonté divine qui donne à l'homme tous les biens que produit la terre.

En Perse, le lion était l'un des animaux sacrés du culte de Mithra. Les fêtes de ce dieu s'appelaient "Léontiques", et, souvent, sur les sculptures qui nous montrent Mithra sacrifiant le Taureau, le lion et le serpent sont couchés sous l'animal immolé. Les initiés du IVe ordre, dans les mystères mithriaques, se nommaient "lions" et "lionnes", et Mithra lui-même, "le Soleil Invincible", paraît avoir été parfois personnifié par un dieu léontocéphale, c'est-à-dire qui portait une tête de lion sur un corps humain. Encore, aujourd'hui, le Lion héraldique de l'Etat persan, qui brandit un glaive, porte, sur son dos, le soleil resplendissant.

Dans l'antique Assyrie, le dieu du courage guerrier était figuré par un léocentaure tiaré pourvu de quatre pattes de lion et de deux bras humains. Et chez nous, le "Lion de Belfort" de Bartholdi, n'est-il pas une des plus puissantes glorification du courage militaire ?

Ce fut sans doute ce même symbolisme autant que le culte mithriaque, très en faveur dans les légions romaines d'Orient qui fit adopter par grand nombre d'entre elles l'image du lion comme insigne militaire : la IVe légion, Flavia ; la VIIe, Claudia ; la IXe, Augusta, la XIIIe, Gemina ; la XVIe, Flavia ; La XXIe, Gemina, portaient le lion comme marque distinctive.

Par ailleurs, le lion prête ses griffes au sphinx et son corps au griffon, donnant à ces mythes, en même temps qu'une part de sa nature, une part aussi des qualités qui s'attachaient à lui, royauté, puissance, vigilance, courage et justice.

Royauté et puissance ; et ce fut sans doute pourquoi, sur leur monnaies, Alexandre le Grand, et après lui Maximilien-Hercule, Probus, Gallien et autres souverains se casquèrent de la peau de la tête du lion.

Force et courage ; ce qui explique, en plus de l'influence mithriaque, son adoption comme insigne par les légions de Rome.

Justice ; car les Anciens disaient que le lion n'attaque sa proie que s'il est poussé par un impérieux besoin de nourriture, et que, même en ce cas, il ne se jette jamais sur l'adversaire tombé à terre avant le combat. On racontait aussi que le lion savait se montrer reconnaissant d'un bienfait reçu, au point que les humains pouvaient recevoir de lui d'utiles leçons de juste gratitude.

Le Moyen-âge ne rompit pas les liens qui rattachaient avant lui le lion à l'idée de la justice. De l'Italie jusqu'à la Loire, les juridictions ecclésiastiques siégeaient souvent aux parvis des églises, entre des lions de pierre qui encadraient le portail, et les jugements y étaient ainsi rendus, selon l'expression connue, inter leones et coram populo, entre les lions et devant le peuple assemblé. On voit encore un de ces parvis de justice, avec ses lions que le temps a mutilés, au grand portail de l'église Sainte-Radegonde de Poitiers. Les lions figurent encore au seuil de plusieurs anciennes églises de Rome, à Saint-Laurent-hors-les-Murs, aux Douze-Apôtres, à Saint-Laurent-in-Lucina, à Saint-Saba.

La conception qui rattache le lion à la vertu de justice s'appuya, dans la Symbolique chrétienne, sur la description que fait la Bible du trône de justice de Salomon, fait d'ivoire et d'or, et qui reposait sur six degrés que gardaient douze lions magnifiques.

Disons pourtant que malgré toutes les anciennes fictions qui faisaient au lion un piédestal de suffisant relief, sa fortune, dans la symbolique du Christ, fut moins brillante que celles, par exemple, du poisson, de l'agneau, du pélican, de l'ibis, de l'aigle. Ajoutons que la numismatique ancienne, reflet fidèle des paganismes d'alors, le montre aussi moins souvent sur les monnaies des souverains et des villes, que le cerf, le taureau, le cheval, le bélier, le poisson, l'aigle et l'oiseau qui sont aussi devenus, plus tard, des emblèmes de Jésus-Christ dans l'art et la littérature sacrés.


II. Le Lion, emblème de la résurrection et du Christ ressuscité


Dans son excellent ouvrage sur

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Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, dans le Dictionnaire des Symboles (1969, édition revue et corrigée 1982) :


"Puissant, souverain, symbole solaire et lumineux à l'extrême, le lion roi des animaux est chargé des qualités et défauts inhérents à son rang. S'il est l'incarnation même du Pouvoir, de la Sagesse, de la Justice, en revanche, l'excès de son orgueil et de son assurance en font le symbole du Père, du Maître, du Souverain, ébloui par sa propre puissance, aveuglé par sa propre lumière, et qui devient tyran, en se croyant protecteur. Il peut donc être admirable autant qu'insupportable : entre ces deux pôles oscillent ses nombreuses acceptions symboliques.

Krishna, dit la Gità, est le lion parmi les animaux ; le Bouddha est le lion des Shakya ; le Christ est le lion de Juda.


Ali, gendre de Mohammad, magnifié par les Chi'ites, est le lion d'Allah, raison pour laquelle le drapeau iranien est frappé d'un lion couronné. Le Pseudo-Denys l'Aréopagite explique pourquoi la théologie donne à certains anges l'aspect du lion : la forme du lion fait entendre l'autorité et la force invincible des saintes intelligences, cet effort souverain, véhément, indomptable pour imiter la majesté divine, et le secret tout divin qui est donné aux anges d'envelopper le mystère de Dieu d'une obscurité majestueuse, en dérobant saintement aux regards indiscrets les traces de leurs commerces avec la divinité, comme le lion qu'on dit effacer dans sa course l'empreinte de ses pas, quand il fuit devant le chasseur. Il renvoie à l'Apocalypse, où le premier des quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière qui entourent le trône céleste est dépeint sous l'apparence d'un lion, et à Ezéchiel (I, 4-15), où le char de Yahvé apparaît avec quatre animaux, semblables à des charbons de feu ardent qui ont chacun quatre faces dont une face de lion.

Le blason d'Açoka (mort en 232 av. J.C.), le roi bouddhiste qui reconquit l'Inde sur les Grecs et les Perses et la réunifia, potait l'effigie de trois lions adossés, surmontant un socle en forme de troue, avec la devise : c'est la vérité qui triomphe. Telles sont, aujourd'hui encore, les armoiries de l'Inde. Ces trois lions, étant donné la ferveur bouddhique du roi, pourraient symboliser la Tripitaka, les Trois corbeilles, recueil canonique des enseignements du Bouddha, aussi bien que le Triratna, le Triple Joyau ; Bouddha (le Fondateur ou l’Éveillé), Dharma (la Loi), Samgha (la Communauté).

Symbole de justice, il est à ce titre garant du pouvoir, matériel ou spirituel. Aussi sert-il de monture ou de trône à de nombreuses divinités, de même qu'il orne aussi bien le trône de Salomon que celui des rois de France ou des évêques médiévaux. Il est aussi le symbole du Christ-Juge et du Christ-Docteur, dont il porte le livre ou le rouleau. On sait qu’il est, dans la même perspective, l'emblème de l'évangéliste Saint Marc. Le lion de Juda dont il est question tout au long de l'Ecriture, depuis Genèse (49, 8) se lève en la personne du Christ. C'est lui, dit l'Apocalypse (5, 5), qui a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. plus précisément, dans l'iconographie médiévale, la tête et la partie antérieure du lion correspondent à la nature divine du Christ, la partie postérieure - qui fait contraste par sa relative faiblesse - à la nature humaine.

Il sert aussi de trône au Bouddha, et à Kubjîka, aspect de Devî.

Il est la puissance de la shakti, de l'énergie divine. Il est la forme de l'avâtara Nara-simba (homme-lion), la force et le courage, le destructeur du mal et de l'ignorance. Souveraineté, mais aussi puissance du Dharma, le lion correspond à Vairocana, suprême Bouddha central, et encore à Manjushrî, le porteur de la connaissance. Le Bouddha rugit du rugissement du lion - comme le Brihaspati védique : Quand il enseigne le Dharma à une assemblée, c'est en effet son rugissement de lion (Anguttaranikâya, 5, 32). Ce qui traduit la puissance de la loi, son pouvoir d'ébranlement et d'éveil, sa propagation dans l'espace et le temps.

L'iconographie hindoue fait également mention de la lionne shardûla, manifestation du Verbe, qui traduit l'aspect redoutable de la Mâyâ, la puissance de manifestation.

Ce rôle du lion, plein de superbe, ne change guère, d'Europe en Afrique. Les Bambaras, frappés par sa force sereine, en ont fait une allégorie du Savoir divin, et un grade, dans la hiérarchie sociale traditionnelle, qui n'a pour supérieur que celui des prêtres-savants.

Cependant les défauts de cette force tranquille lorsqu'elle en vient à ne plus pouvoir se remettre en question, n'ont échappé ni à la sagesse populaire, ni aux mystiques et philosophes. Ainsi, avec la libération féminine de notre époque, le lion superbe et généreux est devenu le macho phallocrate, qui ne sait pas, ou feint de ne pas savoir, que sa puissance est toute relative. Ce qui n'est pas sans rappeler les observations de saint Jean de la Croix sur l'impétuosité de l'appétit irascible du lion, symbole d'une volonté impérieuse et de la force incontrôlée : par quoi on rejoint le lion ventru, symbole d'avidité aveugle, sur lequel Shiva pose le pied. Du lion, symbole du Christ, cet aveuglement mène tout droit au lion-symbole de l'Antéchrist, également attesté dans les Écritures. L'analyse en fera parfois le symbole d'une pulsion sociale pervertie : la tendance à dominer en despote, à imposer brutalement son autorité et sa force. Mais le rugissement profond du lion e sa gueule grande ouverte font appel à un tout autre symbolisme, non plus solaire et lumineux, mais sombre et chtonien. Le lion, dans cette inquiétante vision, s'apparente aux autres divinités infernales qui happent le jour au crépuscule et le rejettent à l'aube, tel le crocodile de maintes mythologies. Ainsi en allait-il de l’Égypte où les lions étaient souvent représentés par couple dos à dos : chacun d'eux regardait l'horizon opposé, l'un à l'est, l'autre à l'ouest. Ils en vinrent à symboliser les deux horizons et la course du soleil d'une extrémité à l'autre de la terre. Surveillant ainsi l'écoulement du jour, ils représentaient Hier et Demain. Et puisque le voyage infernal du soleil le menait de la gueule du Lion d'Occident à celle du Lion d'Orient, d'où il renaissait au matin, ils devinrent l'agent fondamental du rajeunissement de l'astre. D'une façon plus générale, ils symbolisèrent ce rajeunissement de vigueur, qu'assure l'alternance de la nuit et du jour, de l'effort et du repos.

De même, en Extrême-Orient le lion, animal purement emblématique, a de profondes affinités avec le dragon, auquel il lui arrive de s'identifier. Il joue un rôle de protection contre les influences malfaisantes. Des danses du lion (Shishima) ont lieu au Japon le 1er janvier et certains jours de fête. Elles se déroulent devant les sanctuaires shintoïstes au travers des rues et jusque dans les maisons particulières. Des musiciens accompagnent les danseurs. Ceux-ci portent un masque en forme de lion. Un homme porte le masque et deux ou trois autres figurent le corps sous un drap. La tête du lion est rouge. Ce lion est censé chasser les démons et apporter la santé et la prospérité aux familles, aux villages, aux communes.

Comme on le voit la vision de cauchemar ci-dessus esquissée finit par être exorcisée, et le symbolisme chtonien retourné, l'image de mort devenant gage du renouveau, donc de vie. C'est ce que l'on observe aussi dans d'autres aires culturelles où le lion dévorant périodiquement le taureau exprime depuis des millénaires la dualité antagoniste fondamentale du jour et de la nuit, de l'été et de l'hiver. Il en viendra à symboliser, non seulement le retour du soleil et le rajeunissement des énergies cosmiques et biologiques, mais les renaissances elles-mêmes. Des tombeaux chrétiens seront ornés de lions. A lui seul, le lion est un symbole de résurrection."

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Pour Gilbert Durand dans Les Structures anthropologiques de l'imaginaire,


"Le lion, et quelquefois le tigre et le jaguar, remplit dans les civilisations tropicales et équatoriales à peu près la même fonction que le loup. On rapproche l'étymologie de leo, deslei, "déchirer", qu'on retrouve dans leslizam, "fendre" du vieil allemand. Associé dans le zodiaque au soleil brûlant et à la mort, il passe pour dévorer ses petits, il est la monture de Durga, il entre dans la composition de la fameuse image du Sphynx. Mais c'est dans [...] l'"Upanishad de l'homme-Lion (sinah signifiant lion) que le roi des animaux est assimilé à la toute-puissance terrible de Vishnou : "Vishnou le Terrible, le Tout Puissant, l'immense, flamboie dans toutes les directions, gloire soit à l'homme-lion effroyable". Le Dieu Vishnou est le dieu des avatars, le zodiaque étant appelé "disque de Vishnou", c'est-à-dire le soleil mesureur du temps. La racine du mot sinha n'est pas, d'autre part, sans rappeler la lune sin, horloge et calendrier par excellence. Le lion est donc lui aussi un animal terrible, apparenté au Kronos astral. Krappe nous signale de nombreuses légendes, chez les Hons comme chez les Boshimans, dans lesquelles le soleil plus ou moins léonin dévore la lune." (p. 93)

[...] On voit donc déjà l'ambivalence de l'astre dévorant-dévoré venir se cristalliser dans l'agression thériomorphe du lion ou de l'animal dévorant. Le soleil est à la fois lion, et dévoré par le lion. [...] Cet animal dévorant le soleil, ce soleil dévorant et ténébreux nous semble être proche parent du Kronos grec, symbole de l'instabilité du temps destructeur, prototype de tous les ogres du folklore européen.

Lire aussi la canalisation de Caroline Leroux qui communique avec les devas des animaux et transmet ici le message du Peuple des Lions.

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Selon Nicki Scully, Méditations de l'animal pouvoir, Voyages chamaniques avec les alliés esprits (éditions originales 1991, 2001 ; traduction française : Guy Trédaniel Éditeur 2002),


"La Lionne représente l'assurance, la confiance en soi. Elle est le symbole de l'action, de l'autorité, de la force divine et du courage. Dans l'Egypte ancienne, Sekhmet, la déesse guerrière à tête de lionne, régnait en gardienne et protectrice zélée de Maat, déesse de la vérité et de la justice. Sa rage, quand elle est courroucée, est quasiment intarissable, mais elle est un allié exceptionnel, capable d'une incommensurable compassion.

Être en présence de Sekhmet, comme déesse ou lionne, c'est ressentir le pouvoir et la force de celle qui voit et agit avec un discernement et une intelligence absolus. Son essence fière contribue à établir le bien-être partout où elle va. Ce n'est pas Sekhmet, mais la Lionne africaine qui apparaît dans le voyage suivant du Chaudron. Si vous voulez rencontrer Sekhmet, vous devez travailler d'une manière différente. Après vous être mis à l'aise avec la Lionne, vous pouvez demander à Thoth de vous emmener en Égypte pour rencontrer Sekhmet à son temple.

La Lionne africaine incarne les mêmes attributs que Sekhmet et apporte de nombreux présents dans le Chaudron. Les lions sont les incontestables monarques des créatures sauvages en Afrique. Leur peau est portée par les populations tribales quand elles dansent, pour avoir du courage et de la ruse pour la chasse et la guerre. Ce voyage du Chaudron est une chasse pour la connaissance et l'expérimentation des éléments,, une étude d'un intérêt vital pour quiconque essaie de comprendre la nature de la réalité. Les Occidentaux considèrent communément la terre, l'eau, le feu et l'air comme les quatre éléments.

La compréhension de ces éléments peut être très utile pour la modulation de sa santé physique et des caractéristiques comportementales, car lorsqu'ils sont en équilibre dans votre corps et votre mental, toutes les choses sont en ordre et fonctionnement harmonieusement. Trop ou trop peu d'un élément bouleversera les fonctions corporelles ou changera les modèles de comportement.

Le voyage du Chaudron avec la lionne vous conduit aux élémentaux, les esprits des règnes de la Terre, de l'Eau, du Feu et de l'Air. Vous voyagez à ces règnes dans un voyage sans fin, dans lequel la Lionne vous aide dans votre chasse, car lorsque vous allez dans des règnes élémentaux, il est utile d'être accompagné d'un chasseur expérimenté. Tandis que vous regardez dans les yeux de la Lionne, ou que vous êtes en sa compagnie, vous pouvez voyager en sécurité à l'un des règnes élémentaux. Sa vision attentive et son jugement profond vous aideront à voir quel est l'aspect le plus bénéfique, personnellement, du règne. Par exemple, si vous allez au royaume du Feu, la claire vision de la Lionne et son habileté de traqueuse vous mèneront à l'expérience du feu, pendant laquelle vous pouvez supporter la chaleur tandis qu'elle consume la faiblesse pour vous amener à reconnaître votre courage inhérent.

Les hôtes intelligents des règnes élémentaux apparaîtront toujours comme des entités distinctes, créatures de la nature de l'élément spécifique que vous explorez. Dans le règne de la Terre, vous pouvez travailler avec des gnomes, des elfes et des êtres de la Terre. Dans l'eau vous pouvez trouver des ondines et ou des esprits de l'Eau. Dans le Feu, les esprits sont souvent des salamandres, et dans l'Air, vous rencontrez des fées ou des sylphes.

Quand vous partez dans cette expédition de chasse avec la Lionne, vous choisissez l'élément que vous voulez explorer. Son intelligence cherche le meilleur avantage, en sorte que vous puissiez découvrir ce qui arrive pour vous dans le règne concerné. La Lionne est une chasseresse opportuniste, et vous êtes protégé dans chaque règne par ses qualités constantes de férocité, de courage inébranlable et de force.

Il y a de nombreux types de nourriture disponibles au cours de votre voyage avec la Lionne. Parfois, elle boit de l'eau, ou mange un petit ou un gros animal. Parfois, les lions jouent entre eux ou avec les lionceaux, et ils aiment jouer avec leur nourriture. C'est ainsi que les voyages se passent - pas seulement à manger, mais aussi à s'amuser et assouvir sa curiosité.

Choisissez l'élément que vous projetez de visiter avant de partir en voyage, et utilisez la direction qui est donnée pour franchir sa porte. Le lieu d'entrée et de sortie à ces règnes est un portail qui a les caractéristiques générales des éléments.


[Le voyage de la Lionne comme celui du Faucon, du Cèdre, du Dauphin, du Coyote, du Geai bleu et du Chacal fait partie des] Voyages d'Exploration. Dans cette section, vous pouvez avancer et jouer. Si vous êtes devenu un voyageur intrépide, vous pouvez découvrir une connaissance très profonde au sujet de vous-même et de la création dans laquelle vous pouvez exprimer la vie et la conscience.


Terre

Tandis que vous traversez le veld (les herbages) pour aller dans la Terre, le paysage devient plus dense. Vous traversez une région de végétation épaisse qui se termine soudain, en un lieu où la Terre et les rochers s'unissent, dans une éminence accidentée qui est brisée par des falaises et des abîmes. Votre Lionne sait où elle va et vous conduit à une crevasse étroite qui entre directement dans la Terre...

Une fois que vous êtes dans le règne de la Terre, vous pouvez être présenté aux entités de la Terre comme les nains, les elfes, les trolls, les gnomes, etc. Ils sont les gardiens du règne minéral et des trésors de la Terre. Vous pouvez apprendre ici la guérison physique et les attributs des éléments. Le peuple de la Terre est enraciné et d'orientation physique. Conservateur, stable, constructif, organisé, déterminé, et solide - tels sont les qualificatifs qui conviennent à ce qui ressortit à la Terre.

Eau

Les entités aquatiques, ondines et esprits de l'eau, se trouvent autant autour de l'eau que dedans. La porte de ce règne peut être un cours d'eau, un lac, une vaste étendue aquatique, une cascade... Le voyage dans le règne de l'Eau peut se faire dans les étangs, sur le rivage, ou dans les profondeurs du monde des sentiments, des émotions, des rêves, ou de l'imagination. L'eau est le monde qui reflète, révélant les besoins, les désirs et les illusions. Voyagez avec votre Lionne, pour trouver un miroir clair, sacré, et plongez dans le règne de l'Eau. Explorez les émotions, la conscience psychique, l'intuition, et la compassion. Le peuple aquatique tend à être nourrissant, sensible, et, parfois, cachottier.

Feu

Un volcan ou un autre lieu igné fera entrer dans le règne du Feu, ou votre Lionne peut sauter à travers les flammes vives, vacillantes. Remarquez l'impression que donne l'élément : la chaleur, la rapidité, la fascination. On peut trouver le Feu dans les bois ou les champs. Ses habitants ressemblent à des elfes ou des fées, mais ils sont flamboyants, vibrants. Ou bien vous pouvez rencontrer une salamandre.

Dans le feu, vous pouvez développer la passion et le pouvoir créateur de votre volonté. C'est le règne de l'esprit. Le peuple igné a tendance à être courageux et agressif, et trop de feu peut donner libre cours à la colère, la rage, ou même la violence. En travaillant avec un élément qui est en déséquilibre, vous pouvez apprendre à le ramener à l'équilibre.

Air

On parvient au monde de l'Air en grimpant à de grandes hauteurs, avec de vastes perspectives, même jusqu'au ciel ou aux nuages. L'entrée peut être un saut au-dessus d'un grand gouffre, altérant votre perspective spatiale. Vous pouvez rencontrer des fées, des sylphes ailés, ou des entités volantes comme le Phénix ou l'Aigle. Dans le monde de l'Air, vous apprenez des choses dans le domaine de la communication et des idées, et vous pouvez obtenir de l'information au sujet du mental et de l'humeur. Le chant et la poésie sont souvent inspirés ici, car c'est l'élément des Muses. Le peuple aérien a tendance à être idéaliste, intellectuel, allègre, abstrait, et amusant, et l'Air est le monde à visiter pour "éclairer" ou élargir votre conscience.


Dans chacun des règnes, l'attention de la Lionne localisera une entité qui peut vous attendre, vous approcher, ou vous saluer. Il est important, quand vous voyagez dans les règnes élémentaux, de tenir bon. Être avec la Lionne fournit une force et une protection supplémentaires. Si votre raison d'être là est spécifique, dites-le à l'entité, et elle vous mènera à votre but. Autrement, laissez l'être élémental vous conduire à n'importe quelle information ou expérience appropriées.

Chaque fois que vous irez à un domaine, vous aurez une expérience spécifique pour vos besoins et désirs, et vous serez ramené par votre guide lionne au lieu de repos du veld.

Le voyage avec des félins majestueux apporte de la compréhension. Chaque fois que vous referez ce voyage, ce sera différent.

Voyage de la Lionne

[Reportez-vous aux éléments ci-dessus, et choisissez le règne élémental que vous préférez explorer. Allez à Thoth à travers l'alchimie du Chaudron.]

Thoth vous emmène dans le veld africain, où vivent les Lions. Là, à côté de la rivière ou de la mare, vous verrez des Lions se prélasser au soleil de l'après-midi. La chaleur de la journée est accablante, presque oppressante, tandis que vous vous adaptez plus clairement à l'espace des Lions. Le calme est seulement brisé par les queues qui se balancent pour tenir les insectes à l'écart.

L'un des Lions vous regarde dans les yeux. En le regardant à votre tour dans les yeux, saluez la Lionne. De tout votre cœur, demandez l'information et l'expérience dont vous avez besoin, et la Lionne vous emmènera à la chasse. Vous pouvez distinguer quel règne élémental vous souhaitez explorer et exprimer tout dessein spécifique que vous avez.

La Lionne vous invite à venir dans son corps, mais vous maintenez votre propre conscience séparée... Tandis qu'elle traverse le veld d'un trot léger, sentez le pouvoir de ses mouvements, le rythme de ses muscles, tandis qu'ils la font aller de l'avant, avec légèreté et rapidité. Ses sens sont pleinement en éveil, mais elle semble ne pas s'intéresser aux troupeaux d'animaux que vous croisez, bien que quelques-uns d'entre eux s'écartent et courent non loin d'elle. Soyez attentif au paysage. Elle sent le vent et connaît instinctivement sa direction. Elle s'arrête un moment et émet un grondement. Remarquez où, dans votre corps, le son vibre... La Lionne vous emmène dans un terrain plus haut à la recherche d'une entrée appropriée dans l'élément de votre choix...

Une fois que vous êtes entré dans ce royaume, gardez votre identité individuelle. Vous êtes conduit à l'être élémental approprié, et vous recevez l'expérience qui satisfera votre faim de connaissance... [Longue pause]

Quand votre expérience du royaume élémental de votre choix est achevée, la Lionne vous ramène dans son corps pour le voyage de retour, par le chemin par lequel vous êtes venu... Elle vous emmène au veld, où la troupe de Lions continue de se reposer près du trou d'eau.

Regardez dans les yeux de la Lionne jusqu'à ce que vous soyez en paix avec cette créature puissante. Vous vous sentez satisfaits et pleins, et vous pouvez souhaiter vous rouler par terre avec cette alliée, et faire une petite sieste tandis que vous digérez votre repas d'informations ou d'expériences, comme le font d'ordinaire les Lions après leur chasse...

Au bout d'un moment, Thoth refera son apparition. Racontez-lui votre expérience...

[Thoth vous aidera à rentrer dans votre corps...]


Mot-clef : Règnes élémentaux."

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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group 2006 ; traduction française : Éditions Véga, 2006) :


Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Assurance ; Autorité ; Coopération ; Fierté ; Imagination ; Pouvoir.


En tant que gardien ou protecteur

Défend les bâtiments et les institutions importantes ; Protège la famille.


En tant que guérisseur

Équilibre les éléments (feu, eau, terre, air) dans votre corps ; Guérit grâce à la chaleur et à la lumière du soleil.


En tant qu'oracle ou augure

Fait entrer la discipline dans votre vie ; Vous êtes votre propre auteur.


Mythes et contes

Bouddha est représenté assis sur un lotus soutenu par huit lions. Sekhmet, la déesse égyptienne, est dotée d'une tête de lionne ornée du disque solaire.

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Si le lion est votre animal de pouvoir

Très famille, vous êtes un parent indulgent et aimant. Homme, vous ne gagnez peut-être pas beaucoup, mais êtes très protecteur. Peut-être êtes-vous père au foyer. Votre famille se sent en grande sécurité en votre présence. Femme, apparemment vous occupez un emploi de grande autorité. Aucun de vous n'aime les confrontations et les évitera à tout prix. Menacé, vous terrifierez toutefois l'adversaire. Malgré le personnage imposant et puissant que vous jouez, vous préférez compter sur le mental discipliné en tant que secret suprême de la réussite. A cette fin, vous intensifiez votre concentration grâce à la méditation, aux affirmations et aux visualisations.

Demandez au lion de vous aider :

  • à valider le pouvoir et l'énergie féminine ;

  • à devenir fort en disciplinant les pulsions négatives ;

  • à être un parent plus attentif et aimant.

Accéder au pouvoir du lion en :

  • étudiant le signe astrologique du Lion ;

  • explorant la méditation ou les arts martiaux.

La Force, lame du Tarot, représente une femme maîtrisant un lion, démontrant que la force intérieure est plus considérable que le pouvoir physique brut. Vous êtes-vous jamais basé sur votre force intérieure plutôt que sur la colère et l'agressivité pour gérer un problème difficile ?

Élément Terre."

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