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  • Anne

Le Chien


Étymologie :

  • CHIEN, CHIENNE, subst.

Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1100 chen zool. (Roland, éd. Bédier, 30) ; loc. a) 1re moitié xiiie s. entre chien et leu (Hugues Piaucele, D'Estourmi, 90 ds Fabliaux, éd. Barbazan et Méon, t. 4, p. 455) ; b) 1675, 4 déc. bon à jeter aux chiens (Ch. de Sévigné ds Lettres de Mme de Sévigné, éd. Monmerqué, t. 4, p. 261) ; c) 1690 s'accorder comme chien et chat (Fur.) ; d) 1694 venir comme un chien dans un jeu de quilles (Ac.) ; e) 1828-29 arg. je lui garde un chien de ma chienne (F. Vidocq, Mémoires de Vidocq, t. 3, p. 150) ; f) 1874 arg. des journalistes faire les chiens perdus, noyés (E. Boutmy, Les Typographes parisiens, p. 37) ; 1881 les chiens écrasés (L. Rigaud, Dict. de l'arg. mod., p. 94 ); 2. 1195-1200 péj. emploi adj. (Renart, 28563 ds T.-L. : Ja ne seré ore si chiens) ; 1223 id. subst. en parlant d'un homme (G. de Coincy, Mir. de Notre Dame, éd. F. Koenig, II, Mir. 12, 62) ; 1552 de chien expr. méprisante (Rabelais, IV, 64 ds Hug.) ; 1690 une vie de chien (Fur.) ; 1834 « personne âpre, dure en affaires » (Balzac, Eugénie Grandet, p. 233 : son oncle était un vieux chien qui lui avait filouté ses bijoux) ; 3. p. allus. au rôle de gardien et de surveillant, exercé par le chien 1768 arg. des lycées chien de cour « surveillant » (collège du Plessis, Paris ds Esn.) ; ca 1840 chien du commissaire « agent de commissariat qui invite les commerçants à balayer devant leur boutique » (Esn. ); 1858 chien de régiment (Larch., p. 450) ; 1881 chien du quartier « adjudant sous-officier » (L. Rigaud, loc. cit.); 4. 1866 avoir du chien « avoir de l'élégance, du brillant, de l'aplomb (d'une femme) » (É. Villars, Les Précieuses du jour, p. 12) ; 1866 « id. (d'une langue) » (Delvau) ; 5. 1838 piquer son chien « faire un somme » (La Journée du conscrit ds E. Titeux, Saint-Cyr et l'École spéc. milit. en France, p. 654). B. P. anal. 1. 1re moitié xiiie s. chien de mer « petit requin » (Hugues Piaucele, De sire Hain et de Dame Anieuse, 57 ds Fabliaux, éd. Barbazan et Méon, t. 3, p. 582) ; 2. av. 1577 astron. avant-chien (R. Belleau, Petites Inventions, Election de sa demeure [I, 81] ds Hug., s.v. avant-chien) ; 1690 grand chien (Fur.) ; 3. av. 1630 « pièce coudée d'une arme à feu qui vient frapper l'amorce pour l'enflammer » (D'Aub., Vie, XLI ds Littré) ; d'où 1866 dormir en chien de fusil (Delvau, p. 118) ; 4. 1704 diverses acceptions techn. (Trév.). Du lat. class. canis aux sens propre et fig. et comme terme péj. appliqué à une personne ; (TLL s.v., 258, 21 sqq.) ; B 1 canis marinus ; B 2, Canis désignant la Canicule.


Définition.

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Expressions populaires :


Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expressions populaires bien connues :


Recevoir comme un chien dans un jeu de quilles : C'est recevoir quelqu'un de très mauvaise grâce, car « un chien dans un jeu de quilles » est le superlatif de l'indésirable qui vient troubler la quiétude d'une réunion - l'importun absolu. On voit très bien comment la colère des joueurs se manifeste aux dépens du malheureux animal fauteur de trouble : par des coups de bâton, dans a civilisation du XVIe au XIXe siècle où les chiens errants, bâtards de tout poil et de grands vents abondaient dans chaque bourgade.

La locution se trouvait déjà bien implantée dans l'usage vers 1600, comme en témoigne la Comédie des Proverbes de Cramail en 1634 : « Je fais cas des hommes de qualité plus que d'une pomme pourrie et que d'un chien dans un jeu de quilles ».

La notion de mauvaise réception s'établit de bonne heure : Philibert le Roux note : « Quand quelqu'un vient mal à propos en quelque compagnie, on dit qu'il vient comme un chien dans un jeu de quilles. » (1752) Succès confirmé au XIXe siècle : « Là-dessus il m'a tourné les talons. Ma foi, je veux rendre le prisme matrimonial, et qui me reçoit comme un chien dans un jeu de quilles… » (Paul de Kock, Mon voisin Raymond, 1823).


Un fin limier : La première phase de l'entreprise consiste donc à déterminer qui sera le héros de la journée,. Pour cela la « quête » est organisée dès la veille au soir afin de repérer les bêtes dignes d'intérêt. Elle est effectuée par les « valets de limiers » qui se livrent à un premier repérage dans les bois. Elle est reprise au petit matin par les piqueurs qui localisent alors avec précision les « enceintes » où se tiennent les bêtes, afin que le « maître d'équipage » puisse faire un choix définitif (On ne court qu'un seul animal par chasse, le même du matin au soir quelles que soient les péripéties.)

Le limier - de « liem », lien - est un chien en laisse. « Il ne doit pas être un chien comme les autres. Sa première qualité est d'être haut de nez, mais il doit également être obéissant et secret, c'est-à-dire ne donner de la voix, et encore de façon discrète, qu'à bon escient ». Mais c'est son maître qui, tel un Sioux, utilisant différents indices (traces au sol, branches froissées, etc.) détermine, sans l'avoir vu, la nature, l'emplacement, et même l'âge de l'animal à traquer. Le limier au bout de sa laisse lui sert pour ainsi dire de pifomètre avancé !


Un chien regarde bien un évêque : La pompe de l'Eglise d'autrefois, son sens de la hiérarchie, et l'éclat de ses tenues de parade ne sont plus à décrire. Lorsqu'un évêque de l'ancienne mode se déplaçait, il le faisait à l'égal d'un prince - d'autant qu'il appartenait lui-même très souvent à la plus haute noblesse de France. Le luxe éblouit - il est parfois malaisé de soutenir son éclat - et le respect dû aux grands obligeait la gent ordinaire à baisser les yeux devant un prélat. Sauf si l'on était un chien, bien sûr- et candidement familier comme lui. Le droit du chien n'a jamais été contesté : « Un chien aboie bien à la lune, et une chèvre regarde bien un ministre, et un chien un évêque, dont moult il s'esbahit », notait Beroalde de Verville dans Le Moyen de parvenir, vers 1610 (cité par P. Enckell, in DDL 38).

« On dit à un glorieux qui se fâche qu'on le regarde trop fixement : un chien regarde bien un évêque. » (Philippe Le Roux, 1752). On le dit encore en bien des circonstances, et même à certaines stars télévisuelles que le regard éberlué des bonnes gens irrite par leur insistance… Après tout, un chien regarde bien un présentateur vedette - qui a tout fait, du reste, pour être regardé !

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Zoologie :


Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) :


"Au début, l'homme a domestiqué les chiens pour se protéger des loups et autres animaux sauvages. Aujourd'hui, le chien est beaucoup plus peinard, il est devenu un toutou. Bien que les chiens vivent en communion avec leurs maîtres, leurs merdes ne sont pas bien tolérées pour autant, loin s'en faut. Surtout lorsque nous dérapons sur un de ces tas chauds et nauséabonds.

Description : Une merde de chien est formée de cylindres bruns, épais de 5 cm de long environ, déposés en segments ou, plus rarement, en serpentins. Le régime du chien étant riche en viande, ses excréments sont gorgés d'eau. L'odeur est parfois très forte.

Lorsque le trottoir a été souillé par leur chien, les propriétaires sont en principe censés nettoyer. Mais, hélas, malgré les menaces de la maréchaussée et de fortes amendes à la clef, nos trottoirs sont toujours aussi glissants.


Caca de toutou : La merde de chien est extrêmement nocive. Si nous la touchons, nous pouvons attraper de graves maladies. En outre, la pluie peut entraîner de nombreuses toxines qui contamineront les réserves d'eau. Les propriétaires de chiens ont donc intérêt à être vigilants et a toujours avoir sous la main un sac en plastique, afin d'y déposer la merde fumante de leur toutou. Et ceci tous les jours, par tous les temps, pendant au moins 15 ans !


Je peux pas te sentir ! Tous les propriétaires de chiens vous le diront, leurs toutous adorent se rouler dans les excréments de leurs congénères. Pour certains chiens, se rouler dans une merde de renard, de cheval, de chat, ou d'un autre chien, est un pur plaisir. Ceci vient peut-être des temps reculés où les chiens étaient obligés de chasser pour se nourrir. Afin de cacher leur propre odeur, ils se roulaient dans les excréments de l'animal qu'ils traquaient. Les temps changent, mais les comportements restent.


Mauvais goût : En 2006, des petits drapeaux à l'effigie du président Bush se sont retrouvés plantés dans des crottes de chien sur certains trottoirs aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne et même en France. Déjections présidentielles ?"

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Dans Le Dieu perdu dans l'herbe : l'animisme, une philosophie africaine (Presses du Châtelet, 2015), le philosophe Gaston-Paul Effa raconte son initiation par une guérisseuse pygmée nommée Tala. Elle lui donne certaines recommandations :


"Ne te prive certes pas de manger, mais mange le moins possible car on mange toujours trop, et trop de nourriture, c'est comme les ombres de la mort qui couvrent les yeux d'un chien. Souviens-toi qu'un chien meurt toujours après avoir mangé, alors il remue la queue, couche ses deux oreilles et s'abandonne. Un homme qui mange de trop est comme un chien, capable de mordre son maître car son cerveau est cerné comme un éléphant par des phacochères. Si tu veux vivre longtemps, fais attention à ce que tu manges et surtout ne sois pas comme un chien ou comme un cochon, mange moins. L'esprit n'a pas besoin de grand-chose, il est une chair vivante qui peut vivre longtemps de ses réserves."

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Croyances populaires :

Selon Ignace Mariétan, auteur d'un article intitulé "Légendes et erreurs se rapportant aux animaux" paru dans le Bulletin de la Murithienne, 1940, n°58, pp. 27-62 :


Très peu de remarques sur le Chien : s'il aboie en regardant en l'air c'est pour le feu, s'il regarde à terre c'est pour la mort (Magnot).

Selon Grażyna Mosio et Beata Skoczeń-Marchewka, auteurs de l'article "La symbolique des animaux dans la culture populaire polonaise, De l’étable à la forêt" (17 Mars 2009) :


"Dans les sociétés paysannes traditionnelles le chien éveillait des sentiments ambivalents. Il était d’une part considéré comme un animal impur, lié au monde des esprits funestes, de l’autre il était le compagnon et le serviteur fidèle de l’homme. Possédant de nombreux traits propres au loup, il était lié au monde des divinités chtoniennes, liées à la mort. On remarquait ses rapports avec la lune et la nuit (Kolberg 1962b : 130). On voyait quelquefois en lui l’incarnation du diable même. La figure du chien, surtout du chien noir, pouvait cacher divers êtres démoniaques (Pełka 1987 : 54). On disait que le chien enragé était possédé d’un mauvais esprit (Kolberg 1962b : 130). Le chien jouait le rôle d’intermédiaire entre les humains et le “monde d’au-delà”. C’est pourquoi il pouvait reconnaître les mauvais esprits et par son comportement prévenir les humains de leur présence. On croyait qu’il pressent la venue de la mort. Il signalisait sa présence par son aboiement ou son hurlement, la gueule tournée vers la maison ou la terre (Karwicka 1979 : 172). Il aidait à prévoir le futur. Les femmes non mariées effectuant leurs présages matrimoniaux le veille de Noël, au Nouvel An ou à la Saint André, observaient son comportement. Elles croyaient que leur fiancé viendrait d’où elles entendaient son aboiement ce soir-là. Le présage de rester vieille fille était auguré par le fait de voir un chien dans son rêve la nuit de la Saint André (Kowalski 1998 : 448). Le chien était très utile dans la magie. En l’envoyant au-delà des limites du monde “humain”, il était possible de se libérer des forces impures, des maladies. Dans la région de Lublin, les mères baignaient les enfants malades dans de l’eau contenant des herbes, qu’elles versaient ensuite sur des chiens d’autrui, afin “qu’ils emportent la maladie en dehors de la maison” (Kolberg 1962b : 162). On croyait aussi qu’il avait le pouvoir de prévenir les maléfices. Une manière populaire pour les conjurer consistait à dire une formule utilisée jusqu’à nos jours - “que le sort passe sur le chien”, qu’on prononce après un événement heureux ou un éloge qui pourrait attirer une suite défavorable, le retournement du bonheur. On croyait aussi que le chien pouvait également avoir des fonctions thérapeutiques. La graisse de chien était un moyen extrêmement populaire pour soigner diverses maladies. Ajoutons d’ailleurs que la renommée de ce spécifique se maintient dans certains milieux jusqu’à nos jours ! Le christianisme a participé à la réhabilitation de l’image du chien. L’une des légendes populaires le présente avec le chat comme des bienfaiteurs de l’homme. C’est par pitié sur leur sort que Dieu aurait laissé des restes d’épis de blé lorsque fâché par les péchés des hommes il entreprit de détruire ses dons (Kolberg 1964a : 180)."

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Symbolisme :


Selon le Dictionnaire des symboles (1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Il n'est sans doute pas une mythologie qui n'ait associé le chien, Anubis, T'ien-k'uan, Cerbère, Xolotl, Garm, etc. à la mort, aux enfers, au monde du dessous, aux empires invisibles que régissent les divinités chtoniennes ou séléniques. Le symbole très complexe du chien est donc, à première vue, lié à la trilogie des éléments terre-eau-lune dont on connaît la signification occulte, femelle, tout à la fois végétative, sexuelle, divinatoire, fondamentale, tout aussi bien pour le concept d'inconscient que pour celui de subconscient.

La première fonction mythique du chien, universellement attestée, est celle de psychopompe, guide de l'homme dans la nuit de la mort, après avoir été son compagnon dans le jour de la vie. D'Anubis à Cerbère, par Thot, Hécate, Hermès, il a prêté son visage à tous les grands guides des âmes, à tous les jalons de notre histoire culturelle occidentale. Mais il y a des chiens dans l'univers entier, et dans toutes les cultures il reparaît avec des variantes qui ne font qu'enrichir ce symbolisme premier.

Les cynocéphales, si nombreux dans l'iconographie égyptienne, ont pour mission d'emprisonner ou de détruire les ennemis de la lumière et de garder les Portes des lieux sacrés.

Chez les Germains, un chien terrible, nommé Garm, garde l'entrée du Nifheim, royaume des morts, pays de glaces et de ténèbres.

Xolotl

Les anciens Mexicains élevaient des chiens destinés à accompagner et à guider les morts dans l'au-delà. On enterrait avec le cadavre un chien couleur de lion - c'est-à-dire de soleil - qui accompagnait le défunt comme Xolotl, le dieu-chien, avait accompagné le Soleil pendant son voyage sous la terre. Ou bien le chien était sacrifié sur la tombe de son maître pour l'aider, au terme de son long voyage, à franchir les neuf fleuves qui défendaient l'accès de la demeure éternelle des morts, Chocomemictlan, le neuvième ciel.

Aujourd'hui encore, au Guatemala, les Indiens Lacandon déposent aux quatre coins de leurs tombes quatre figurines de chien, faites de feuilles de palme.

La treizième et dernière constellation de l'ancien Zodiaque mexicain est la constellation du chien ; elle introduit aux idées de mort, de fin, de monde souterrain mais aussi d'initiation, de renouvellement, car, selon le vers de Nerval :

La treizième revient... c'est encore la première.

A l'antipode de la Méso-Amérique, cet exemple permet de mieux comprendre certains détails des rites funéraires des peuples chamaniques de Sibérie. Ainsi chez les Gold, le mort est toujours enseveli avec son chien. Ailleurs, chez un peuple de cavaliers, le cheval du mort est sacrifié, et sa chair distribuée aux chiens et aux oiseaux qui guideront le défunt vers les empires du ciel et des enfers.

En Perse et en Bactriane, on jetait aux chiens les morts, les vieillards et les malades. A Bombay, les Parsi installent un chien près du moribond; de façon que l'homme et l'animal se regardent dans les yeux. A la mort d'une femme en couches, on présente non pas un, mais deux chiens, car il faut assurer le voyage de deux âmes. Au pont mythique de Tschinavat, où les dieux impurs se disputent les $âmes, les justes sont guidés au paradis par les chiens qui gardent le pont à côté des dieux purs.

Mais le chien, auquel l'invisible est si familier, ne se contente pas de guider les morts. Il sert aussi d'intercesseur entre ce monde et l'autre, de truchement aux vivants pour interroger les morts et les divinités souterraines de leur pays.

Ainsi, chez les Bantous du Kasaï (cuvette congolaise), a-t-on observé une méthode de divination par hypnotisme dans laquelle le client du devin, relié à celui-ci par un fil, est descendu dans une fosse, où il entre en communication avec les esprits, grâce à la présence à ses côtés, pendant qu'il tombe en hypnose, d'un chien et d'une poule. Dans la même région, l'apparition d'un chien dans un songe avertit qu'une opération de sorcellerie est en cours quelque part. Enfin, et cet exemple est sans doute le plus frappant, les mêmes observateurs ont relevé la coutume suivante, pratiquée par les Bantous pour résoudre l'énigme posée par la mort mystérieuse d'un habitant du village : le chef pend à un arbre le chien du mort, revêtu d'une peau de léopard, destinée sans doute à développer ses dons dans un sens agressif. Le corps de l'animal ainsi sacrifié est ensuite partagé entre tous les habitants du village, qui sont tenus de le consommer, à l'exception de sa tête. Le chef garde celle-ci, qu'il interroge en ces termes, après l'avoir enduite de kaolin :


Toi, chien, et toi, léopard, regardez-bien !

Toi, chien, flaire de quel côté est venue la mort de cet homme.

Tu vois les âmes, tu vois les sorciers,

Ne te trompe pas quant au fauteur de la mort de cet homme !


Quelques temps après, un des villageois qui avait participé au partage tombe malade : le chien a désigné le coupable.

Le même don de clairvoyance, la familiarité du chien avec la mort et les forces invisibles de la nuit peuvent, à la limite, rendre cet animal suspect de sorcellerie. Le cas est signalé par Evans-Pritchard chez les Azandé du Soudan méridional où des jugements par ordalie ont fait attribuer à des chiens suspects la responsabilité de morts inexplicables.

Les coutumes sibériennes recoupent ici également les coutumes africaines : dans leurs banquets funéraires les Teleoutes offrent aux chiens la part du mort, après avoir prononcé ces paroles :


Quand tu vivais, tu mangeais toi-même ;

Maintenant que tu es mort, c'est ton âme qui mange !

Banyowski a d'autre part décrit un habit de chaman fait de peaux de chien tannées, ce qui montre le pouvoir divinatoire accordé à cet animal. On le retrouve en Afrique occidentale, sur l'ancienne Côte des Esclaves. Bernard Maupoil rapporte comment un de ses informateurs, à Porto-Novo, lui confia que, pour renforcer le pouvoir de son chapelet divinatoire, il l'avait enfoui sous terre pendant quelques jours, dans le ventre d'un chien expressément sacrifié.

Chez les Iroquois, le chien est également un messager intercesseur : chaque année, lors des fêtes du nouvel an, leur tradition voulait que l'on sacrifiât un chien blanc : ce sacrifice formait le centre de la fête. Le chien était en effet un messager qui hâtait d'aller au ciel porter les prières des hommes.

Si le chien visite les enfers, bien souvent aussi il en est le gardien ou il prête son visage à leurs maîtres ; outre ceux que nous avons déjà cités, on en pourrait donner d'innombrables exemples. Dans la mythologie grecque Hécate, divinité des ténèbres, pouvait prendre la forme, soit d'une jument, soit d'un chien ; elle hantait les carrefours suivie d'une meute infernale. De même les chamans de l'Altaï lorsqu’il content leurs voyages orphiques, précisent-ils qu'ils se sont heurtés à des chiens aux portes de la demeure du maître des enfers. Le dixième jour du calendrier divinatoire des Aztèques est le jour du chien ; son patron est le dieu des enfers, et c'est au dixième ciel que résident les divinités nocturnes.

L'association du chien, des divinités chtoniennes et du sacrifice humain ressort clairement d'un mythe péruvien pré-incaïque rapporté dans sa chronique - qui date des premiers temps de la conquête espagnole - par le père de Avila. Selon ce mythe, l'installation des temps nouveaux (correspondant probablement aux débuts mythiques du cycle agraire) est marquée par le triomphe de la divinité ouranienne, maîtresse des eaux et du feu du ciel, sur la divinité chtonienne, maîtresse du feu intérieur de la terre. Ayant acculé son rival dans une haute vallée andine, et l'ayant ainsi réduit à l'impuissance, le dieu céleste décide que pour s'être nourri de chair humaine, il se nourrirait dès lors de viande de chien ; c'est la raison pour laquelle, conclut le père de Avila les Yuncas, adorateurs de la divinité déchue, mangent aujourd'hui encore la chair du chien.

Psychopompe comme Hermès, le chien possède à l'occasion des vertus médicinales ; il figure, dans la mythologie grecque, parmi les attributs d'Asclépios, l'Esculape des Latins, héros et dieu de la médecine.

Enfin sa connaissance de l'au-delà comme de l'en-deçà de la vie humaine fait que le chien est souvent présenté comme un héros civilisateur, le plus souvent maître ou conquérant du feu, et également comme ancêtre mythique, ce qui enrichit son symbolisme d'une signification sexuelle.

Ainsi les Bambara le comparent à la verge ; par euphémisme, ils emploient même le mot chien pour la désigner. Selon Zahan, cette association proviendrait de l'analogie qu'ils établissent entre la colère de la verge - l’érection - devant la vulve, et l'aboiement du chien devant l'étranger ; elle proviendrait aussi de la gloutonnerie sexuelle de l'homme, dont l'avidité dans ce domaine n'a d'équivalent que la faim canine.

Des mythes turco-mongols font état de femmes fécondées par la lumière ; ils précisent souvent que celle-ci, après avoir visité la femme, la quitte sous la forme d'un chien jaune ; ce qui n'est pas sans rappeler le chien couleur de lion, éminemment solaire, des Aztèques.

Chiens et loups sont d'autre part à l'origine de plusieurs dynasties turques et mongoles, ce qui va dans le même sens que les mythes amérindiens et les confirme. Ainsi les Dené, d'Amérique septentrionale, attribuent l'origine de l'homme aux relations secrètes d'une femme et d'un chien. Xolotl, le dieu-chien a, dit la tradition aztèque, volé aux enfers les ossements dont les dieux devaient tirer la nouvelle race humaine.

Ancêtre mythique, le chien se distingue souvent dans les taches de la lune, ce qui fait qu'à l'instar des autres animaux lunaires, tels que le lapin, le renard, etc. Il est souvent considéré comme un ancêtre et un héros quelque peu libidineux. En Mélanésie, il est l'ancêtre d'une des quatre classes de la société étudiées par Malinowski. La louve romaine est à rapprocher des innombrables autres canidés, héros civilisateurs, toujours liés à l'instauration du cycle agraire.

Mais c'est le plus souvent sous les traits du héros pyrogène que le chien apparaît dans ces traditions, l'étincelle de feu précédant l'étincelle de vie, ou se confondant bien souvent avec elle. Ainsi, pour les Chilouk du Nil blanc et toute la région du Haut-Nil, le chien a-t-il volé le feu au serpent, à l'arc-en-ciel, aux divinités célestes ou au Grand esprit pour le rapporter au bout de sa queue. En courant vers le foyer, il aurait enflammé sa queue et, hurlant de douleur, il aurait communiqué le feu à la brousse, où les hommes n'eurent plus qu'à le saisir. Chez les Fali du Nord-Cameroun, il est associé au singe noir, avatar du forgeron voleur de feu et, pour leurs voisins les Prodovko, il a apporté aux hommes leurs deux richesses les plus précieuses : le feu et le mil. C'est encore le chien, pour les Ibo, Ijo et autres populations du Biafra, qui a donné le feu du ciel pour le donner aux hommes. En Amérique du Sud, Canis vetulus n'est pas le conquérant du feu, mais son premier propriétaire ; les héros jumeaux, sous forme d'escargot et de poisson, le lui dérobent. En Amérique du Nord, l'analogie symbolique feu-acte sexuel, se précise en d'autres mythes présentant le chien comme héros pyrogène ; ainsi pour les Sia et les Navajo du Nouveau-Mexique, pour les Karok, les Gallinomero, les Achomawi, les Maidu de Californie, le coyote, grand héros de la prairie, invente le feu par friction, ou bien le vole et l'apporte dans ses oreilles, ou encore organise la course de relais, grâce à laquelle les hommes le ravissent aux dieux.

Des mythes océaniens vont nous préciser davantage sa signification sexuelle, toujours liée à la conquête du feu. En Nouvelle-Guinée, plusieurs peuplades pensent que le chien a volé le feu à son premier possesseur, le rat - il s'agit donc du feu chtonien. Pour les Motu-Motu et les Ozokaiva de Papouasie, il est bien certain que le chien est le maître du feu puisqu'il dort toujours auprès de lui et gronde si l'on veut l'en chasser. Mais c'est un mythe de Nouvelle-Bretagne, également rapporté par Frazer, qui illustre de la façon la plus frappante l'association chien-feu-sexualité. En ce temps-là, nous dit-il, les membres d'une société secrète masculine étaient seuls à connaître le secret du feu par frottement. Un chien les observa et rapporta sa découverte aux femmes de la façon suivante :il peignit sa queue aux couleurs de cette société d'hommes et vint en frotter un morceau de bois, sur lequel était assise une femme jusqu'à ce que le feu en jaillisse ; alors la femme se mit à pleurer et dit au chien : Tu m'as déshonorée, maintenant tu dois m'épouser.

Pour les Marut du nord de Bornéo, le chien est à la fois ancêtre mythique et héros civilisateur : premier enfant des amours incestueuses d'un homme et de sa sœur, uniques rescapés du déluge, il enseigne à la nouvelle humanité toutes les techniques nouvelles dont celle du feu. C'est, encore une fois, l'origine du cycle agraire qui est ainsi expliquée. pour leurs voisins les Dayak, au lendemain du déluge, le chien révèle à une femme le secret du feu en frottant une liane de sa queue. Enfin, dans un mythe des îles Carolines, le feu est remis à une femme par le dieu du Tonnerre, qui lui apparaît sous forme de chien. Ce dernier exemple montre clairement l'oscillation du symbole entre les domaines chtonien et ouranien, ce qui nous ramène aux Méso-Américains. Pour les Maya, le chien guide le soleil dans sa course souterraine, comme nous l'avons vu, et représente donc le soleil noir ; pour les Aztèques, il est la synthèse, le symbole même du feu

Dans le domaine celtique, le chien est associé au monde des guerriers. Contrairement à ce qui se passe chez les Gréco-Romains, le chien est, chez les Celtes, l'objet de comparaisons ou de métaphores flatteuses. Le plus grand héros, Cùchulainn, est le chien de Culann et nous savons que tous les Celtes, aussi bien les insulaires que continentaux, ont eu des chiens dressés pour le combat et la chasse. Comparer un héros à un chien était faire honneur, rendre hommage à sa valeur guerrière. toute idée péjorative est absente. Il n'y a pas, semble-t-il, de chien infernal analogue à Cerbère. Le chien maléfique n'existe que dans le folklore, probablement sous l'influence du christianisme : en Bretagne le chien noir des monts d'Arrée représente les damnés. Le héros irlandais Cùchulainn avait pour principal interdit alimentaire la viande de chien ; et, pour le condamner à mourir, les sorcières, qu'il rencontre en allant au combat, lui en offrent et l'obligent à en manger.


Certains aspects de la symbolique du chien que nous venons de décrire, symbole de puissance sexuelle et donc de pérennité, séducteur, incontinent - débordant de vitalité comme la nature à son renouveau, ou fruit d'une liaison interdite, font apparaître le chien comme la face diurne d'un symbole. il convient d'en observer également la face nocturne. La plus probante illustration en est l'interdit implacable dont souffre cet animal dans les sociétés musulmanes.

L'Islam fait du chien l'image de ce que la création comporte de plus vil. Selon Shabestarî, s'attacher au monde, c'est s'identifier au chien mangeur de cadavres ; le chien est le symbole de l'avidité, de la gloutonnerie ; la coexistence du chien et de l'ange est impossible. Selon les traditions de l'Islam, cependant, le chien possède cinquante-deux caractéristiques, dont la moitié sont saintes, et l'autre moitié sataniques. Ainsi, il veille, est patient, ne mord pas son maître. Par ailleurs, il aboie contre les scribes, etc. Sa fidélité est louée : Si un homme n'a pas de frères, les chiens sont ses frères. Le cœur d'un chien ressemble au cœur de son maître.

Les chiens sont aussi considérés comme impurs. Les Jnûn apparaissent souvent sous la forme de chiens noirs. L'aboiement des chiens près d'une maison est un présage de mort. La chair est utilisée comme remède (contre la stérilité, contre les mauvais sorts, etc.). A Tanger, la chair d'un chiot ou d'un chaton est mangée comme antidote contre la sorcellerie. A la différence des autres chiens, le lévrier est considéré non comme impur, mais comme doué de baraka. Il protège contre le mauvais œil. Les Musulmans de Syrie croient que les anges n'entrent jamais dans une maison où se trouve un chien. Selon une tradition du Prophète, celui-ci a déclaré qu'un récipient dans lequel un chien a bu doit être lavé sept fois, la première fois avec de la terre. On dit qu'il défendait de tuer des chiens, sauf les chiens noirs ayant deux taches blanches au-dessus des yeux, cette sorte de chien étant le diable. Tuer un chien rend impur ; on dit que c'est aussi mal que de tuer sept hommes ; on croit que le chien a sept vies. Le chien qui gardait les Sept Dormants dans leur caverne (Coran, 18) est mentionné sur les amulettes.

Cependant les Musulmans établissent une distinction entre le chien vulgaire et le lévrier, dont la noblesse d'allure fait un animal pur. L'envoyé de Dante, le veltro, est un lévrier, animal qu'on retrouve chez Dürer, et qu'on a pu identifier au Précurseur du second avènement christique. Le chien crachant le feu est l'emblème de saint Dominique, dont les moines étaient nommés Dominicanes (chiens du Seigneur), ceux qui protègent la Maison par la voix ou les hérauts de la parole de Dieu. Le symbolisme du chien, en Extrême-Orient est essentiellement ambivalent : bénéfique, car le chien est le proche compagnon de l'homme et le gardien vigilant de la demeure ; maléfique, car, apparenté au loup et au chacal, il apparaît comme un animal impur et méprisable. Ces aspects ne correspondent à aucune limitation géographique, mais sont également répandus.

Un sens très voisin se révèle au Tibet, où le chien est le signe de l'appétit sensuel, de la sexualité, en même temps que de la jalousie. Celui qui vit comme un chien, enseigne le Bouddha, à la dissolution du corps, après la mort, il ira avec les chines (Majihima-nik âya, 387).

Au Japon, le chien jouit très généralement d'une considération favorable : compagnon fidèle, son effigie protège les enfants et facilite le travail des femmes en couches. En Chine, il accompagne non moins fidèlement les Immortels, jusque dans leur apothéose : le Grand Vénérable, apparu au mont T'ai-che sous l'empereur Wou des Han, tenait en laisse un chien jaune ; le chien de Han-tseu devint rouge comme le chien céleste, il lui poussa des ailes et il obtint l'immortalité ; l'alchimiste Wei-Po-yang s'éleva au ciel en compagnie de son chien. Le chien est l'ancêtre et l'emblème de certaines peuplades, peut-être des Chinois eux-mêmes, puisque P'an-kou pourrait avoir été un chien.

Le Chien céleste (T'ien-k'uan) est orage et météore : il fait le bruit du tonnerre et la lueur de l'éclair ; il est rouge comme le feu. Certes, il est l'adversaire du hibou démoniaque, mais aussi l'annonciateur de la guerre. Pour se protéger du hibou, on fait toutefois aboyer les chiens en leur tirant l'oreille. Selon certaines traditions anciennes, les Chinois se représentent aussi le chaos sous les traits d'un énorme chien à longs poils. Il a des yeux, mais ne voit pas ; des oreilles, mais n'entend pas ; il n'a pas les cinq viscères, mais il vit.

Autre symbole typiquement chinois, celui des chiens de paille (cf Tao-te king, chapitre 5). L'usage rituel de ces figurines, suggère M. Kaltenmark, peut être d'origine chamanique ; ce sont, écrit Wieger, des filtres à maléfices qu'on détruit après usage. Le symbole utilisé par Tchouang-tseu repose précisément sur l'existence passagère de l'objet qu'on jette, piétine et brûle lorsqu'il a fait son office (ch. 14). Doit être rejeté ce qui a cessé d'être utile, en conclut-il, sous peine de devenir néfaste. Lao-tseu en fait le symbole du caractère éphémère des choses de ce monde, auxquelles le sage renonce à s'attacher. D'après Tchouang-tseu, dans Le Destin du ciel : les chiens de paille étaient avant l'offrande gardés dans des coffres enveloppés de belle toile. Après l'offrande au mort, ils étaient brûlés, car si on les avait fait resservir une autre fois, chaque membre de la famille du défunt aurait été tourmenté de cauchemars.

L'Asie centrale, elle, présente des mythes que l'on pourrait qualifier d'intermédiaires, les missing links par lesquels on peut comprendre comment le chien deviendra peu à peu l'impur, le maudit, marqué d'une tache originelle, ineffaçable.

Pour certains Tatars, Dieu, à la création, confia l'homme à la garde du chien, pour qu'il le préservât des approches du diable. Mais le chien se laissa soudoyer par l'ennemi et devint de ce fait le responsable de la chute de l'homme. Pour les Yakoutes, ce sont ses images que Dieu avait confiées à la garde du chien ; et celui-ci laissa le démon les souiller ; en punition, Dieu lui donna sa forme actuelle. Plusieurs variantes reprennent ce même thème chez les riverains de la Volga apparentés aux Finnois. Toutes ont cet important détail en commun : le chien, primitivement nu, reçoit sa toison du diable en payement de sa trahison. Ainsi sa trahison est matérialisée par son poil ; elle en fait par ce truchement, peu à peu, l'animal impur, l'intouchable ; plus encore, elle entraîne l'arrivée chez les hommes des maladies, des saletés internes, qui sont, comme le poil du chien, issues de la salive du diable ; et c'est ainsi que le chien devient responsable de la mort, conséquence finalement de ces calamités, de ces salissures et salivures. Les Bouriates, eux, disent que Dieu a maudit le chien parjure en ces termes :


Tu souffriras toujours de la faim, tu rongeras des os, et tu mangeras les restes de la nourriture des hommes, qui te roueront de coups.


A ce point extrême de son aspect néfaste, le symbole du chien rejoint ici celui du bouc émissaire.

Uno Harva voit dans ces mythes asiatiques une trace du dualisme iranien et rappelle à ce propos qu'un chien, l'animal d'Azura Mazda, a joué un rôle prépondérant dans l’ancienne religion persane, en chassant les mauvais esprits : c'est à nouveau le basculement du symbole dan le mythe. Selon l'expression de Jean-Paul Roux, on peut dire que cette dualité propre au symbole du chien, dans la pensée des peuples d'Asie, pour lesquels il est à la fois esprit protecteur et bénéfique, et support de la malédiction divine, fait de lui par excellence l'ange déchu.

En résumé, le chien recouvre un symbole aux aspects antagonistes, entre lesquels toutes les cultures n'ont pas tranché. Mais il est frappant, à cet égard, de rappeler que, pour les Alchimistes et philosophes, le chien dévoré par le loup représente la purification de l'or par l'antimoine, avant-dernière étape du grand-oeuvre. Or, que sont ici le chien et le loup, sinon les deux aspects du symbole en question, qui trouve sans doute, dans cette image ésotérique, sa résolution en même temps que sa plus haute signification : chien et loup à la fois, le sage - ou le saint - se purifie en se dévorant, c'est-à-dire en se sacrifiant en lui-même, pour accéder enfin à l'étape ultime de sa conquête spirituelle.

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D'après Les Cartes médecine, Découvrir son animal-totem (édition revue 1999, trad. française 2000) de Jamie Sams et David Carson,


"Tous les Indiens du Sud-Ouest et des Plaines avaient des chiens. Ces nobles animaux lançaient le cri d’alarme devant un danger imminent. Ils aidaient aussi à la chasse et gardaient leurs maîtres au chaud pendant les longues soirées d’hiver. Puisqu’il existe plusieurs espèces de chiens, les premiers chiens des Indiens étaient habituellement à demi sauvages. Toutefois, l’état sauvage ne les détournait pas de la fidélité innée à leurs maîtres.