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  • Anne

Le Peuplier


Étymologie :

  • PEUPLIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1275-80 poplier (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 13194) ; xve s. [ms.] poeplier (Evrart de Conty, Probl. d'Arist., B.N. 210, f°255a) ; 1548 peuplier (Melin de Sainct-Gelays, Œuvres, éd. P. Blanchemain, t. 1, p. 162). Dér., à l'aide du suff. -ier* (p. anal. avec les termes désignant des arbres fruitiers), de pople, peuple « peuplier » att. seulement mil. xve s. (Vente des biens de Jacques Cœur, Arch. KK 328, f°271 v°ds Gdf.) mais prob. antérieur (issu du lat. populus « id. ») qui a subsisté dans les parlers régionaux, v. FEW t. 9, pp. 181-182.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Sur le site Futurasciences, on apprend que "Pando" est âgé de 80 000 ans et serait ainsi le plus vieil arbre du monde :


"Signifiant « je m'étends » en latin, Pando serait le plus grand et le plus vieil organisme végétal au monde. Il aurait la forme d'une colonie clonale de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides). Située dans l'Utah, aux États-Unis, cette forêt de 43 hectares se compose de 47.000 arbres génétiquement identiques et reliés à un seul et même système racinaire. Si chaque pousse vit environ 130 ans, le système pourrait se régénérer ainsi depuis 80.000 ans. Preuve que l'union fait la force, et parfois, la longévité.

Photographie : Cette colonie Pando de peupliers faux-trembles (Populus tremuloides), située à l'ouest des États-Unis, dans l'Utah, est considérée comme l'organisme vivant le plus lourd et le plus âgé de la Planète, avec un poids estimé à 6.000 tonnes et un âge de 80.000 ans.


© J. Zapell, Wikimedia Commons, DP

Dans Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), Jean-Marie Pelt évoque les différents modes de communication chez les animaux et chez les plantes :


Bref, la communication chimique entre plantes au moyen d'un gaz interposé serait un mécanisme fondamental de la régulation de la prédation dans la nature. Ce que nos deux chercheurs ont démontré par des expériences pertinentes.

L'expérimentation est menée sur de jeunes peupliers âgés de 2 à 4 mois et hauts de 30 à 40 cm dont Baldwin et Schultz déchirent deux des vingt feuilles qu'ils possèdent chacun en moyenne ; la teneur en tanins des feuilles non blessées double dans les 50 heures qui suivent la déchirure, pour revenir à peu près à la normale 100 heures plus tard. Or, cette même teneur en tanins augmente aussi de près de 60% dans les feuilles des arbres de la même enceinte qui n'ont subi aucune agression. Tout se passe donc comme si les arbres blessés avaient « averti » leurs congénères des dommages qu'ils avaient subis. Même conclusion chez David Rhoades qui conclut ses recherches publiées en 1983 par une exclamation en ferme de supposition : « Les résultats obtenus peuvent être dus à des substances phéromonales transportées par voie aérienne ! »

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Phytothérapie traditionnelle :


Selon Roland Desrosiers (1978) auteur d'un article intitulé "Notes sur l'usage de quelques plantes chez les Indiens Squamish (Colombie-Britannique)" (in Anthropologie et Sociétés, 1978, vol. 2, n°3, pp. 139-156), il existe une parenté fonctionnelle entre l'aulne et le peuplier :


[...] Peuplier (populus trichocarpa, Long.)

  • [usage] droit [(qui ouvre la femme)] : l'écorce interne est mâchée et mangée fraîche au printemps ; l'écorce donne une teinture brune.

  • [usage] dérivé [(qui referme la femme)] : des graines, mélangées à de l'eau, donnent une lotion capillaire rendant les cheveux très longs et épais ; brûler l'écorce cause un fort vent.

Commentaire

  • Sur le plan droit, les plantes ont des fonctions comparables, servant de ou étant liées à la nourriture et donnant une teinture.

  • Au niveau dérivé, la comparaison est plus délicate. On dira que l'aulne s'intéresse à l'intérieur du corps, le peuplier à son extérieur et cela de manière symétrique et inverse : l'aulne relativement sèche évite d'enlaidir alors que le peuplier relativement humide rend plus beau ; le premier, humide, purifie le sang ; le second, sec, cause un fort vent (purifie l'air ?). Brûler l'écorce du peuplier dégage beaucoup de fumée ce qui rend ce fort vent bien agréable.

  • Le thème de la naissance est le lien de l'aulne au circuit des algues. Ses bourgeons protègent les parents de jumeaux, personnages auxquels on attribue certains pouvoirs dont celui de causer le vent. Voilà qui nous renvoie au peuplier.

  • Le peuplier peut être associé aux fougères de manière détournée : cet arbre qui atteint cinquante mètres, est, par sa taille, candidat aux racines de fougères arborescentes que destine à un gros arbre une jeune fille à ses premières règles.

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Symbolisme :


Si l'on en croit Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"D'après les légendes grecques, le peuplier était consacré à Héraclès. Lorsque le héros descendit aux Enfers, il se fit une couronne de rameaux de peuplier. Le côté des feuilles tourné vers lui resta clair, le côté tourné vers l'extérieur prit la couleur sombre de la fumée. De là vient la double couleur de ses feuilles et c'est sur cette différence qu'est fondée la symbolique du peuplier. Il signifie la dualité de tout être. Observation amusante : cet arbre, qui pousse sur les terrains humides, sert aujourd'hui à fabriquer les allumettes, eau et feu.

Les Héliades, sœurs de Phaéton, qui avaient confié sans autorisation à leur frère la conduite du char solaire furent transformées en peupliers. Une Hespéride également, fut changée en peuplier, pour avoir perdu les pommes du Jardin sacré. Le bois de peuplier blanc était le seul dont il fût permis de se servir, lors des sacrifices offerts à Zeus. Hadès transforma Leucé en peuplier, qu'il plaça à l'entrée des Enfers, pour garder auprès de lui cette mortelle qu'il aimait.

Cet arbre apparaît également lié aux Enfers, la douleur et au sacrifice, ainsi qu'aux larmes. Arbre funéraire, il symbolise les forces régressives de la nature, le souvenir plus que l'espérance, la temps passé plus que l'avenir des renaissances."

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Peuplier noir (Populus nigra) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mercure

Élément : Air

Pouvoir : Oracle.


Utilisation magique : Jusqu'au XVIII e siècle, cet arbre fut un oracle très important pour les filles. Elles prenaient une petite branche de Peuplier noir qu'elles enveloppaient le soir dans leur bas. Elles en faisaient un paquet qu'elles nouaient avec un ruban rouge. Elles plaçaient ce paquet sous leur chevet, se frottaient les tempes avec du sang de huppe et récitaient, après s'être mises au lit toutes nues, l'oraison suivante : « Kirios clementissime qui Abraham servo tuo dedisti uxorem Saram : et filio ejus obedientissimo, per admirabile signum indicasti Rebeccam uxorem : indica mihi ancillae tuae quem sim nuptura virum, per ministerium tuarum spiritum Balideth, Assaïbi, Abumalith. Amen. »

Le matin, au réveil, il fallait se souvenir des rêves venus pendant la nuit. Si aucune figure d'homme ne s'était manifestée, il fallait recommencer pendant la nuit des trois vendredi suivants. Si alors aucune apparition n'avait eu lieu, la fille devait renoncer à l'espoir de se marier ; si au contraire un garçon s'était montré, on devait le considérer comme le futur époux.

Les veuves pouvaient recourir à l'expérience aussi bien que les jeunes filles ; seulement, au lieu de se coucher comme celles-ci du côté du chevet, elles devaient le faire du côté du pied du lit, en y transportant leur traversin.

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"Il fut un arbre funéraire, et ce depuis la plus haute Antiquité, puisque des coiffures réalisées à partir de feuilles de peuplier furent retrouves dans des tombes royales de la civilisation mésopotamiennes, datant de la fin du IVe millénaire avant notre ère. En Grèce également, il était en relation avec le royaume des morts. Ainsi Héraklès, lors de son Douzième et dernier Travail, quand il descendit aux Enfers pour capturer Cerbère, se fit une couronne de feuilles de rameaux de peuplier, symbolisant une immortalité obtenue après avoir été initié aux mystères d'Eleusis. Est-ce pour la même raison que ces personnages royaux, il y a cinq mille ans, furent ensevelis coiffés d'une couronne de rameaux de peuplier ? C'est possible. Toujours est-il que, plus près de nous, au Moyen Âge, à cet arbre furent associés les souvenirs, la nostalgie, les regrets et les remords, les sentiments coupables, le sacrifice et l'expiation. Il est vrai qu'il peut vivre jusqu'à 300 ans et est censé avoir une certaine mémoire, qualité qui manque cruellement aux hommes qui, souvent, ont bien du mal à tirer les leçons ou enseignements de leurs peines, de leurs fautes, de leurs erreurs passées..."

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des arbres :

Nous venons du cœur de Dieu. Nous n'avons rien

à apprendre et beaucoup à offrir. Nous avons été ensemencés

sur la Terre pour le bien du règne humain et animal, incluant

les oiseaux et les insectes, et pour nourrir la planète elle-même,

physiquement, émotionnellement et spirituellement. Nous

diffusons l'amour et la guérison pour vous.


Le peuplier

Le peuplier, qui orne tant de routes et agit comme brise-vent, nous enseigne à être fiables, dignes de confiance et stables. Lorsque nous assimilons ces qualités, les gens nous font automatiquement confiance et dépendent de nous.


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert-bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez-le et remerciez-le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez-les se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux ensachant que vous avez aidé les arbres.

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Selon Annie Pazzogna, auteure de Totem, Animaux, arbres et pierres, mes frères, Enseignement des Indiens des Plaines, (Le Mercure Dauphinois, 2008, 2012, 2015), le peuplier (Populus sargentii) est nommé par les Indiens des Plaines Canya'hu.


"C'est en regardant ses feuilles que les Lakota ont eu l'idée de leur habitation, le tipi, dit une légende. Ces mêmes feuilles, qui vibrant en constance, font que Skan le Mouvement l'habite et lui confère sa nature sacrée.

Cette variété est appelée arbre à coton car au printemps, les chatons développent une bourre blanche qui vole en tous sens.

Peuplier devenant un arbre conséquent, il a besoin d'un sol humide, profond, où ses racines pourront se développer à leur aise.

Lorsqu'on sectionne ses rameaux aux bourrelets, la moelle apparaît sous forme d'une étoile à cinq branches : la manifestation centrale de la Lumière et l'homme réalisé.

Il n'est guère étonnant que les Lakota l'aient choisi pour symboliser leur Arbre de Vie, car il est le cœur, l'émotion, l'archétype de toute connaissance spirituelle.

La Danse du Soleil s'effectue afin d'aider un être à guérir, en remerciements, pour la Terre Mère... Lorsque sa demande avec la Pipe est acceptée par un homme spirituel, le Danseur s'engage à Danser quatre ou sept années de suite. Sa vie devra alors être droite.

Après le choix de l'Arbre par les hommes spirituels, une vieille femme apporte la nourriture traditionnelle qu'elle dépose à son pied : viande séchée, baies, maïs et eau. Puis une vierge donne symboliquement les quatre premiers coups de hache. Chaque danseur frappera alors le colosse jusqu'à ce qu'il soit prêt à s'effondrer. C'est le chef de guerre qui taillera les branches basses pour dégager sa forme en Y.

L'arbre fourchu symboliserait la dissension existant entre les hommes : divisés mais cependant unis car les deux côtés sont semblables, l'un étant le reflet de l'autre. Les polarités négative et positive forment l'unité. La brassée de Merisier placée en travers de la fourche incarnera la nourriture aussi bien physique que spirituelle qui réunira le peuple.

Tous élèvent alors, sur des pièces de bois et à bout de bras, le végétal jusqu'à l'aire de Danse parfois distante de plusieurs kilomètres. Les Danseurs / porteurs s'arrêteront quatre fois sans que l'arbre ne touche le sol. Les branches et les feuilles qui tombent, lors du parcours, sont ramassées par les suivants. Skan les rendant mouvantes, elles sont censées être protection contre les agissements de Femme Biche, Anogite.

L'aire est délimitée par le "harbour" où le peuple se tiendra. L'entrée s'effectue par la porte Est. Cette porte, celle de l'Esprit sera close pour les vivants qui ne Dansent pas, après la mise en place de l'Arbre. C'est en suivant la marche du Soleil qu'un tour complet est effectué.

L'Arbre couché au sol, les silhouettes en cuir cru de l'Homme et de Bison, qui, créées en même temps font partie du même peuple, sont disposées dans les branches. Les Danseurs, parfois plus de trois cents, accrochent leurs offrandes, longs pans de tissus multicolores : les robes enfermant du tabac pour les Esprits, des tobacco ties et la corde.

Le trou qui réceptionnera Canya'hu est profond de plus d'une hauteur d'homme ; il reçoit la nourriture traditionnelle avant que tous les Danseurs, à l'aide des cordes redressent le géant. Il vacille, frémit, se stabilise. Enfin, il est l'Arbre de Vie.

Sur le tronc, quatre cent cinq tobacco ties sont enroulés. Il représentent les esprits invisibles ou les Êtres Pierre qui aident les humains de toutes nations. Parfois les sachets de tabac sont fixés sur des bâtonnets peints en rouge et entourent l'aire.

A l'aube du premier jour, les Danseurs, vêtus de leurs pagnes aux couleurs de la vie et d'arc-en-ciel, chevilles, poignets ceints de bracelets et coiffés d'une couronne de sauge où deux plumes d'Aigle sont fi