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  • Anne

Baobab, le roi des arbres




Étymologie :

  • BAOBAB, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. [1592 bahobab « fruit d'Afrique » (Prosper Alpino, De plantis Aegypti liber, Venise, ch. 27 dans R.-P. F.-J. Nicolas, Recherches sur la valeur sém. du mot Baobab dans Notes Africaines, juill. 1955, n°67, p. 77 : Bahobab est fructus magnitudine mali citri cucurbitae similis, intus semina nigra, dura, extremis in unum semiarcum quasi inclinantibus)] ; 1752 baobab (Trév.) − 1771, Trév. ; 2. p. ext. 1757 bahobab « arbre immense de l'Afrique occidentale, qui porte un fruit dit pain-de-singe » (Adanson, Hist. Nat. du Sénégal, etc., Corresp. de l'Ac. Roy. des Sc., p. 54 dans König, p. 28) ; 1775 baobab (Valmont de Bomare, Dict. raisonné universel d'hist. nat., Paris, Brunot, s.v. Pain-de-singe). Empr. à l'ar. bū ḥibab « fruit aux nombreuses graines », étymon. satisfaisant des points de vue morphologique (bahobab, translitération la plus anc.), sém. et géogr. (1re attest. localisée en Égypte), hyp. de R.-P. F.-J. Nicolas, loc. cit. et L.-F. Flutre (v. bbg.).


Autres noms : Le baobab est aussi appelé "l'arbre magique", "l'arbre pharmacien", "l'arbre de la vie", "l’arbre à palabres", "l’arbre à l’envers" ou encore "l'arbre sens dessus dessous".


Lire également la définition du nom baobab pour amorcer la réflexion symbolique.


Histoires d'arbres :

Un épisode de la série d'Arte est consacré à un baobab du Sénégal, vénéré à l'égal d'un Dieu.

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Symbolisme :

Selon le site http://www.tibahou.com :


"On se rencontre, on écoute le griot à l’ombre du baobab : "l’arbre à palabres" est un lieu central dans la vie sociale du village.

Il est un des emblèmes du Sénégal, où il est souvent présent sur les documents administratifs, les logos de sociétés…

Gardien de la vérité, il est utilisé comme "détecteur de mensonges" : lorsqu’une de vos paroles est remise en doute, jurez sous le baobab !

Le baobab est également au cœur de rituels concernant la naissance ou la mort.

Il existe des rituels autour du baobab pour faire venir la pluie ou encore pour qu’une femme qui n’arrive pas à avoir d’enfant tombe enceinte."

Dossier de synthèse de futura-sciences.

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Selon Sophie Ékoué, auteure de Sagesses africaines (Hachette, 2016), le baobab est le "gardien des secrets du monde" :


On raconte au Burkina Faso que Dieu, un jour de colère, lança un arbre sur la terre, cet arbre, c'est le baobab : ce que l'on voit est la racine de l'arbre, la tête est dans le sol !

C'est un arbre étrange car il ressemble à un vieux monsieur qui a l’œil sur tout, qui voit tout, sait tout, accepte et accuse tous les coups de la nature. Son tronc creusé, écorché, avec des trous béants, symbolise la souffrance des hommes.

Pour dire d'un homme qu'il est solide et plein de vécu et de sagesse, on l'appelle un baobab.

Situé au centre du village, il garde une fonction sociale d'arbre à palabres près duquel on aime se réunir pour régler les problèmes communautaires. Dressé entre ciel et terre, il protège les villages et rassure les habitants.

De par sa qualité, le baobab se rattache au symbolisme d'autres arbres sacralisés dans des cultures différentes : le chêne en Europe et au Moyen-Orient, le frêne en Europe du Nord, l'olivier des Grecs et des Romains, le sakaki (Cleyera japonica) des shintoïstes japonais, le sycomore des Égyptiens, le dialan (caïlcédrat) des Peul et des Mandingue, ou l'acacia des francs-maçons.

Le baobab est avec le lion l'un des deux symboles majeurs du Sénégal. Il figure que le sceau qui estampille les actes de l'administration publique de la République. La police sénégalaise l'utilise également dans sa signalétique de corps constitué.

Officiellement, la justification de sa représentation est liée d'une part aux utilisations multiples des différentes parties de sa structure et d'autre part sa fonction sociale d'arbre à palabres.

En Afrique du Sud, a été institué depuis 2002 "The Order of the Baobab" (l'ordre du Baobab), récompensant les services rendus au pays par des individus ; le baobab a été choisi car il est le symbole de l'endurance, de la vitalité. Le baobab est un arbre bienfaisant, mais il peut aussi être regardé comme un symbole inquiétant et pas toujours bénéfique : à Madagascar, on dit que certains baobabs retiendraient des esprits maléfiques qu'ils libéreraient à la nuit tombée.

Symbole présent dans de nombreux mythes africains, il est associé aux mystères des génies, à la grandeur de l'Afrique, de sa culture et de sa pérennité."

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Contes et légendes :


Légende rapportée du Burkina-Faso par Chenobab :


On raconte que, dans un endroit loin de l'énigmatique Afrique, il y a longtemps, vivait une famille très pauvre de lapins dans laquelle le père lapin gagnait sa vie comme il pouvait pour donner à manger à sa famille. La vie était très difficile pour cette famille de lapins. Un jour, papa lapin fatigué de marcher dans le désert brûlant se coucha à l'ombre d'un grand arbre.

Le lapin assis dans l'ombre de l'arbre déplorait son sort. Il a commencé par maudire le soleil qui brûle , le sable, la pluie qui inonde le village et tout. Quand soudain, l'arbre se mit à lui parler avec une voix très douce.

- Ami Lapin, pourquoi vous plaignez-vous ?

- Oh, combien triste et malheureuse est ma vie. Si seulement je pouvais être un arbre comme vous ... Bien sûr ! Debout toute la journée, sans avoir à travailler, il suffit de vous dégourdir les feuilles et d'obtenir les aliments du soleil et la pluie. Alors que moi, je dois travailler très dur, je dois souffrir de la faim pour nourrir mes enfants ... Quelle est triste ma vie !

L'arbre lui répondit de sa voix mélodieuse :

- Vous savez, je ne suis qu’un baobab, et même si je n'ai jamais su parler aux animaux, cela me fait de la peine de vous entendre gémir ainsi !

Après ces mots, le lapin se leva et regarda l'arbre de haut en bas. Il n'avait pas remarqué que l'arbre était en fait un baobab.

- Excusez-moi Baobab, je vous promets que je ne me plaindrai jamais plus, il suffit de me laisser aller et continuer à travailler fort afin de ne pas pleurer pour ce que je suis .

- Attendez ami lapin, ne partez pas encore ...

Tout à coup, les branches du baobab s’écartèrent, le baobab poussa un soupir de joie et, après quelques secondes de silence, son cœur s'ouvrit lentement pour laisser apparaître des bijoux, des diamants, des pièces d'or, perles, rubis, pierres précieuses, des tissus précieux, etc . Le lapin fut très étonné de ce spectacle et le baobab de sa voix douce lui dit :

- Prenez ce que bon vous semble, aller, acceptez le peu d'aide que je vous offre de bon cœur mon bon ami.

Le lapin, très reconnaissant, prit dans ses mains ce qu’il pouvait et s'éloigna heureux après avoir remercié le baobab d'une telle démonstration de générosité. Arrivant à la maison, il raconta tout à sa famille et, qu’il pourrait enfin, changer leur mode de vie.

Papa Lapin avait maintenant une voiture de lapin pour aller au travail. Maman Lapine portait de beaux habits, et pouvait faire cuire un repas pour leurs enfants. Maintenant maman Lapine portait toujours son collier de perles de lapin aux réunions de ses amis, et ce fut lors d'une de ces réunions que Mme Hyène nota avec beaucoup d'envie les richesses de Mme Lapine. Mme Hyène, qui était très autoritaire, exigea de son mari qu’il aille lui acheter un collier de perles !

M. Hyène, était curieux de savoir comment le lapin avait acquis tant de richesses ; un jour, il s'approcha de lui et lui demanda ce qu'il avait fait. Eh bien, papa lapin, qui était d'un cœur noble, lui raconta tout ce qui s'était passé avec le baobab.

M. Hyène très excité, sans perdre une seconde, alla à l'endroit où était le baobab. Puis, il cria d'une voix forte:

- Ah. Pourquoi ma vie est-elle si misérable ? je suis si pauvre, et si malheureux !

Le baobab se mit à secouer ses branches doucement et lui répondit :

- Mon bon ami hyène, pourquoi vous plaignez-vous de votre sort ?

- A la vérité, je ne suis pas assez heureux comme il le devrait, si seulement je pouvais avoir autant de trésors que M. Lapin , ma vie serait différente. Soudain, les feuilles de baobab s’étirèrent avec un tendre soupir. M. Hyène était impatient, ne pouvait pas arrêter de bouger de gauche à droite. Puis, le cœur de l’arbre s’ouvrit pour faire apparaître ses nombreux trésors, et le baobab dit de sa voix calme: - Prenez ce que bon vous semble, aller, accepte le peu d'aide je vous donne cher monsieur Hyène.

M. Hyène, qui avait une intention bien différente de celle du lapin, en souhaitant s’approprier la totalité des trésors du baobab, se jeta sauvagement sur le baobab et, avec ses griffes acérées, a commencé à déchirer le cœur de l’arbre et à faire beaucoup de dégâts.

Ce fut très douloureux pour le baobab, qui poussa un long cri de douleur et de tristesse puis le cœur du baobab se referma et se cacha parmi les feuilles qui avaient pris un ton d’un vert très foncé. L'hyène qui ne put obtenir ce qu’il souhaitait et se mit à maudire l'arbre en déchirant son tronc, mais le tronc du baobab était devenu tellement rugueux que M. Hyène, très fatigué, se retourna et rentra chez lui sans aucune espèce de trésor.

La légende raconte que depuis lors, personne n'a jamais vu le cœur du baobab et qu'il ne peut plus être abordé par les animaux parce qu’une odeur repoussante émane de son tronc. On dit aussi que les hyènes errent toujours à travers le désert à la recherche de baobab pour obtenir les trésors cachés de cet arbre. Et ils disent aussi que le baobab est un peu comme les gens. Pourquoi est-il si difficile pour les gens d’ouvrir leur cœur ? Pourquoi est-il si difficile de montrer la richesse qui est à l'intérieur ?

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La légende sénégalaise du baobab de Toumbou-bâ

(http://www.senegalou.com)


Ce baobab est venu ici, transporté dans les airs d'un village nommé Balou qui existait autrefois sur la rive orientale du fleuve. Les ancêtres des habitants actuels reçurent l'ordre de suivre le baobab jusqu'à l'endroit où il s'arrêterait. Mamadou Monécata était alors le chef de clan. Mamadou Monécata s'arrêta avec ses gens à Toumbou-bâ où tomba et reprit racines le vrai baobab sacré. Il fonda ce village. A sa mort, on l'enterra sous l'arbre. On connaît l'endroit du tombeau, bien que l'on ignore la date d'existence de ce grand aïeul.Des abeilles avaient suivi, dans le tronc du baobab, mais à sa chute, elles sont parties vivre dans les rochers du marigot voisin. Il n'y a que les gens de Toumbou-bâ qui peuvent prendre ce miel.Celui qui égratigne l'écorce du baobab meurt dans l'année. Toute écorchure à l'écorce fait sortir du sang. Si l'on casse certains fruits (pains de singe), on y trouve des cheveux humains. Autrefois, quelqu'un voulut monter à l'arbre et y planta des échelons : il mourut sur le coup. On voit encore des traces de cet essai d’ascension. Une grosse branche cassée, tombée à terre et entièrement desséchée, donne encore fleurs et fruits, auxquels personne ne touche (il est exact qu'en décembre, elle avait encore des bourgeons).On ne peut ni frapper ni insulter qui cherche asile sous les branches ou dans les cavités du baobab. Au moment de la circoncision, jusqu'à la fin de l'accomplissement de la fête rituelle, il pleut sur le village et cependant c'est la saison sèche. Durant les tam-tams de circoncision, des serpents sortent du baobab et tournent au milieu du cercle des exécutants.Les femmes stériles viennent appuyer leurs mains contre l'arbre à l'endroit de la cavité en forme de niche. Elles font vœu de sacrifice au baobab, ou bien de donner son nom à leur enfant. Si elle n'exécutent pas leurs vœux assez vite, les enfants meurent.

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Littérature :


Bien sûr : Le Petit Prince (chapitre V) de Antoine de Saint-Exupéry !


Arts visuels :


Un monde de baobabs par Pascal Maître.


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