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  • Anne

Le Platane



Étymologie :

  • PLATANE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1548 [éd.] (G. de Selve, Vies de Plut., p. 65 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. platanus «id.» qui est déjà à l'orig. d'autres formes sav. telles plaitoine, plantoine, ca 1150 (Le Conte de Floire et Blancheflor, éd. J. L. Leclanche, 1863 et 2024) platan, fin xii e-début xiiie s. (Flore et Blancheflor, I, éd. M. M. Pelan, 1671).


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique sur le platane.

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Botanique :

Lire la fiche extraite du site http://nature.jardin.free.fr/

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Histoires d'arbres :


Découvrez un magnifique épisode de la série d'Arte qui nous permet de découvrir des arbres individualisés et vénérés par les hommes : le platane de de l’île de Peilz, en Suisse, et le Geroplatanos, qui a donné son nom à un village du nord de la Grèce.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du platane: :


PLATANE - GÉNIE.

A Athènes le Portique était environné de longues avenues de superbes Platanes. Les Grecs rendaient à ces beaux arbres une sorte de culte. Ils les avaient consacrés aux bons génies et aux plaisirs de l'esprit.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Platane - Grandeur et Génie.

Cet arbre a un port majestueux et a une très grande durée.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


PLATANE - GÉNIE.

Tout homme habile reconnaît la sagesse et publie la gloire de de celui qui la trouve. Les hommes prudents manifestent leur sagesse dans leurs discours ; ils ont l'intelligence de la vérité et de la justice et ils répandent autour d'eux les sentences et les paraboles.

- Ecclésiastes : XVII, 28. -

Le platane chez les anciens étaient consacré aux génies. C'est après le cèdre l'arbre le plus vanté dans la mythologie. Selon Pline, il fut apporté de l'Asie, de là à l'ile de Diomède où il servit d'ornement au tombeau du héros. Pline dit encore que cet arbre peut durer un grand nombre de siècles et qu'il y en avait un de son temps, planté de la main d'Agamennon. Les Grecs avaient la plus grande vénération pour cet arbre ainsi que les Romains, qui le faisaient arroser avec du vin.

Pline nous a conservé l'histoire d'un fameux platane de Syrie, dont le tronc avait été creusé par le temps, et qui attirait tous les regards par sa prodigieuse grosseur. Cet arbre était planté auprès d'une source dont la fraicheur ajoutait aux charmes de son ombrage. Il offrait pour asile au voyageur une grotte de trente et quelques mètres, creusée dans le tronc. Sa cime ressemblait à une petite forêt, ses vastes rameaux couvraient la campagne d'une ombre immense ; afin que rien ne manquât à l'illusion, tout l'intérieur était garni d'un rang de pierres ponces, revêtues de mousse. Mucien, trois fois consul, et lieutenant en Syrie, mangea dans cette grotte avec dix-huit personnes et il y passa la nuit sur des lits formés des feuilles de l'arbre à l'abri de tous les vents, prêtant l'oreille au bruit de la pluie qui traversait le feuillage.

Virgile n'a pas oublié le platane dans le jardin de son vieillard Alicien. (VIRGILE, Géorgiques, livre 4.)


RÉFLEXION.

L'esprit saisit les rapports, le génie s'élance vers les résultats. (Le duc DE LÉVIS)

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Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Platane - Grandeur, Génie.

Ce bel arbre mérite en effet, par ses belles feuilles larges et découpées, par la durée de sa verdure qui se prolonge jusqu'aux premières gelées et qui résiste à la piqûre des insectes, par ses fruits vert doré et suspendus en grappes, enfin par l'odeur balsamique qu'il exhale, les éloges que le monde entier lui donne. Les adeptes de Bacchus prétendent que l'on peut boire impunément à l'ombre du platane, parce que la fraîcheur de ses feuilles préserve de toute ivresse.

Ces platanes riants, sous qui d'heureux buveurs

Du père des raisins célébraient les faveurs.

 

Selon le site http://www.lesarbres.fr :

  • Arbre de vie, la mythologie et la symbolique du platane commun sont rattachées au platane d'Orient.

  • le Platane est associé à Gaïa (déesse mère de la Terre chez les Crétois et les Grecs) et à Tanit (déesse de la fertilité chez les Carthaginois), car sa feuille en forme de main est la manifestation de la présence divine. Dans la mythologie grecque, le platane est un symbole de la régénération (l'écorce se régénère, par plaques, comme la peau du serpent). Il servit à construire le cheval de Troie.

  • le caducée des médecins, attribut du dieu grec guérisseur Asclepios, est une baguette de platane ailée autour de laquelle s'enroulent deux serpents (en référence à la mue annuelle de son écorce semblable à celle de la peau de l'animal). Le médecin grec Hippocrate exerçait sous le platane du temple d'Asclepios situé sur l'île de Kos.

  • dans la tradition sikh, le sâdhu Baba Sri Chang planta un jour un tison en terre, d'où sortit un platane : « Si d'un tison on peut faire naître un arbre, alors d'un homme ordinaire on doit bien pouvoir faire jaillir le divin ».

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivrent un :


Message des arbres :

Nous venons du cœur de Dieu. Nous n'avons rien

à apprendre et beaucoup à offrir. Nous avons été ensemencés

sur la Terre pour le bien du règne humain et animal, incluant

les oiseaux et les insectes, et pour nourrir la planète elle-même,

physiquement, émotionnellement et spirituellement. Nous

diffusons l'amour et la guérison pour vous.


Les érables, les sycomores et les platanes : Ces arbres vous rappellent votre propre beauté intérieure. Ils sont très sensibles aux énergies qui les entourent. ls savent ce que vous ressentez. Ils absorbent les sentiments vulnérables de l'humanité, puis aident es gens à se sentir plus en sécurité. Ils nous soutiennent également de leur compréhension douce, ce qui nous permet de nous renforcer. Lorsque vous vous asseyez près d'un de ces arbres, vous commencer à vous sentir mieux.


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert-bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez-le et remerciez-le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez-les se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux ensachant que vous avez aidé les arbres.

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Arnaud Riou dans L’Oracle du peuple végétal (Guy Trédaniel Editeur, 2020) classe les végétaux en huit familles : les Maîtres, les Guérisseurs, les Révélateurs, les Enseignants, les Nourricières, les Artistes, les Bâtisseurs et les Chamans.


Les Bâtisseurs : le Hêtre, le Peuplier, le Sapin, le Baobab, le Séquoia, l’Acacia, le Platane. Ils peuplent, ils construisent, inspirent l’édification d’une société. Ils en sont le ciment.

[...]

Auprès de mon arbre,

Je vivais heureux,

J’aurais jamais dû m’éloigner de mon arbre

Auprès de mon arbre,

Je vivais heureux,

J’aurais jamais dû le quitter des yeux.


Les Bâtisseurs : Ils font partie du paysage. Ils donnent du relief, créent de la présence. Ils tiennent compagnie et nous ramènent à l’essence même du vivant. Ils abritent les oiseaux, les écureuils, les insectes. Sans eux, il n’y aurait pas de forêts, pas de bois. Les Platanes qui bordent les routes, le grand Chêne qu’on va enlacer, le Hêtre en haut duquel le merle fait son nid, les Sapins, les Baobabs, les Séquoias. Les arbres ont démontré leur intelligence. La science sait désormais ce qu’enseignent les chamans depuis des siècles : les arbres sont capables d’empathie, d’intelligence relationnelle, de solidarité et de mémoire émotionnelle. Ils ont une conscience du tout. Ils interviennent auprès de leurs congénères, ils protègent, alertent, sécurisent, harmonisent, bâtissent. Ils équilibrent et peuplent nos forêts. Ils font partie de notre paysage et méritent de gagner notre respect.

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Tes seules limites sont

celles de ton imagination.

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Le Platane est un arbre doté d’une nature simple et stable. Il a bien équilibré sa relation à la terre et au ciel. Il est issu de familles modestes d’Asie et des Etats-Unis, mais on trouve aussi ses ancêtres en Perse. Le Platane a immigré en France il y a environ deux mille ans. Il voyage ici et là et est vraiment accueilli en Europe au moment de la Révolution française. Par sa nature conviviale et son tempérament prévisible et rassurant, il y est bien accueilli. Il offre dans un premier temps son bois pour le chauffage, avant d’être adopté dans les parcs et dans les allées. Ce grand arbre Bâtisseur est proche et s’entend bien avec ses frères l’Erable et le Hêtre, avec qui il partage beaucoup de points communs. Mais d’une nature conviviale, il s’entend avec presque tous les arbres du peuple végétal. Cet arbre, dont certains individus peuvent atteindre rapidement quarante mètres de hauteur et vivre jusqu’à mille ans, est proche du peuple humain et habitué à vivre en ville. Il est adapté au bitume comme à la pollution, qu’il réussit à assimiler. Dès lors qu’on le taille une fois par an et qu’on le protège des maladies qui le menacent – notamment depuis la Seconde Guerre mondiale, om un Champignon venu des Etats-Unis s’en est pris à son écorce -, le Platane ne posera pas de fragilité particulière. L’écorce du Platane est semblable à la peau du serpent, elle se détache en écailles. Ainsi, le Platane reconstruit sa peau au fur et à mesure qu’il la perd. Il est le symbole de la régénération et du recommencement. Son tronc est couleur crème. Ses grandes feuilles en forme de main présentent généralement cinq doigts, parfois de trois à sept. Ses feuilles sont réputées coriaces et imputrescibles. Le Platane est très en lien avec Gaïa, la déesse de la Terre, et avec Tanit, la déesse de la fertilité. Cet arbre Bâtisseur a prêté son bois à la construction du Cheval de Troie. Le Platane maintient des liens avec ses frères médecins, à qui il a prêté des baguettes pour confectionner le caducée autour duquel s’enroulent deux serpents dont la peau est semblable à son écorce. Ce caducée est devenu symbole de la médecine et de l’énergie vitale, la Kundalini qui monte le long de la colonne vertébrale en s’enroulant comme le font les serpents. Si le Platane est aussi populaire, c’est qu’il est convivial et offre une ombre qui séduit chacun. Hippocrate exerçait sous l’ombrage de ses grandes feuilles, Van Gogh s’en est inspiré. Le Platane se plaît et conquiert les places des villages de Provence, de Gaule et d’Espagne. Aujourd’hui, il fait partie du paysage et il n’est pas une cour d’école, une route nationale, un parc ou une place qui ne soit habitée par le Platane. Il offre son ombre aux terrasses des cafés et aux joueurs de pétanque. Il s’aventure dans les banlieues des grandes villes, là où ne vit aucun de ses frères. Le Platane fait partie du paysage. Il offre ses feuilles qui sont astringentes à la médecine, son bois pour le chauffage, autant que pour les constructions navales et la menuiserie générale. Toutefois, si son veinage fin, moiré et élégant donne de belles planches, le Platane au bois rigide n’est pas facile à travailler, car ce n’est pas sa vocation. C’est beaucoup en cagettes que le bois de cet arbre est transformé. Par sa proximité des hommes et sa capacité à vivre en ville, le Platane sert de bordures sur les routes comme il peuple les parcs et jardins des villes. Il en est ainsi du Platane, un bâtisseur sobre, simple, accessible et proche de notre quotidien. Certains vont trouver qu’il manque de personnalité, d’originalité ou d’exotisme. C’est justement sa personnalité que d’avoir su se rapprocher des villes pour nous offrir sa présence dans tant d’endroits où les autres arbres ne s’approchent pas.


Mots-clés : La stabilité – La confiance – La rigueur – L’urbanisme – L’architecture – La constance – L’humilité – L’accessibilité – L’intégration – La réussite – L’exil – Le don – Le sacerdoce – La gratitude – La pollution – Les poumons – L’écologie – La fin de vie.


Lorsque le Platane vous apparaît dans le tirage : C’est pour vous parler d’intégration. C’est en ville qu’on voit le plus le Platane. Dans un environnement où peu d’arbres s’aventurent. Le Platane fait un effort d’adaptation. Il accepte d’être grillagé, que ses racines soient recouvertes de bitume. Il accepte de vivre sur les places des villages et dans les cours d’école, au milieu des bâtiments et à une grande proximité des humains et des gaz d’échappement. Bien sûr, il serait mieux en forêt au milieu de ses frères du peuple végétal, mais le Platane a un cœur généreux. C’est un Bâtisseur missionnaire, il est investi de son rôle, comme ont pu l’être les évangélistes chez les humains. Il sort de son confort pour transmettre à d’autres la lumière et la chaleur du peuple végétal. A la différence de l’humain, le Platane ne demande rien à personne. Il offre sa présence. Il est un trait d’union entre l’homme et l’arbre. Beaucoup de citadins ne vont jamais en forêt et sont coupés autant des arbres que du principe même du vivant. En vivant en ville, le Platane accepte d’être pollué, enfermé, parfois tagué. Lorsque ce grand Bâtisseur vous apparaît dans le tirage, c’est pour vous parler de votre mission et de votre élan. Vous sentez-vous parfois dans cette posture évangéliste ? Avez-vous l’impression de vouloir changer le monde, de vous sacrifier pour cela ? Est-ce confortable pour vous ? Le Platane vient parler de confort, du sens de l’adaptation et de la propension que vous pourriez avoir à vous suradapter, voire à vous sacrifier. Il peut aussi rendre hommage au don que vous faites de votre talent. Vous sentez-vous dédié à votre mission ? Le Platane vient vous apprendre qu’il est tant de façon d’inventer sa vie et de la vivre et que si notre chemin est unique, il n’en est pas moins exemplaire. Enfin, le Platane arrive à la fin de sa mission sur la Terre et est de plus en plus remplacé par d’autres arbres. Il vous signale dans le tirage qu’une ère s’achève et qu’une autre débute.


Signification renversée : Dans sa position renversée, le Platane peut vous interroger sur une suradaptation. Il peut vous alerter sur le fait que vous ne prenez pas assez soin de vous et de votre environnement. En ville, le Platane est lié à la pollution. Il reçoit les vibrations d’un environnement souvent pollué et toxique. Bien qu’il ait la capacité de transformer la gaz carbonique en oxygène, il peut arriver un moment où il étouffe. Le Platane vous demande alors si vous n’en faites pas trop. Peut-être vivez-vous dans un environnement pollué. Cela peut être la cigarette, les transports urbains ou l’environnement de votre maison. Dans sa position renversée, le Platane vous encourage vivement à faire le point sur votre environnement et changer ce qui a besoin de l’être.


Le Message du Platane : Je suis le Platane. Combien de fois t’es-tu approché de moi sans peut-être même me remarquer ou faire attention à ma présence ? Elle te semblait naturelle. Je suis un Bâtisseur. Je suis dédié à ma mission. Je ne compte plus les enfants dans les cours d’école qui, sans s’en rendre compte, me demandent de garder leur cartable qu’ils posent en vrac à mon pied. Combien d’amoureux ont entaillé mon écorce pour graver leurs initiales ? Combien ont passé le temps en grattant simplement les écailles de ma peau ? Je vais te livrer un secret. J’arrive au terme de ma mission sur la Terre. Bientôt je serai remplacé par d’autres arbres, car j’ai terminé mon temps avec vous. Je suis sujet de discorde dans les villes. Beaucoup s’interrogent s’ils doivent me couper ou me conserver, les uns parce que je suis malade, les autres qui sont gênés par mon ombrage. Il en est ainsi des hommes. Ils nous font venir en ville. Nous prenons sur nous des maladies que nous n’aurions pas en forêt, et ils décident de nous abattre. Je viens à toi pour t’interroger sur ta mission de vie. Peux-tu vérifier que tu n’en fais pas trop et que tu sais te ressourcer ? Prends le temps de vérifier ton environnement, ton décor et les personnes qui t’accompagnent. Aujourd’hui, je t’apparais pour une raison simple. Je viens te remercier de ce que tu fais pour les autres.


Le Rituel du Platane : Aujourd’hui, le rituel du Platane est un rituel de gratitude. La prochaine fois que vous croiserez un Platane, approchez-vous de lui, posez-vous quelques secondes à ses côtés. Si vous le souhaitez, caressez sa peau, sentez comme il est vivant, posez votre paume sur son écorce, sentez son aura ou adossez-vous à sont tronc puissant. Concentrez-vous sur la gratitude. Remerciez ce grand Bâtisseur de s’être tant sacrifié pendant des siècles pour nous apporter sa présence, son oxygène et de nous relier au peuple végétal. Consacrez quelques minutes de la journée à la gratitude en reconnaissant combien le Platane est précieux. Si vous êtes concentré sur la gratitude, c’est tout votre cœur qui s’ouvre et partage ce moment précieux.

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


PLATANE (Platanus orientalis L.). — Arbre spécialement vénéré en Grèce, où Socrate jurait par le platane. On le croyait consacré au Génie. Les grands hommes d’Athènes se réunissaient pour converser sous les platanes ; c’était aussi le refuge ordinaire en cas de pluie. C’est pourquoi Thémistocle reprochait orgueilleusement aux Athéniens de le traiter comme les platanes, sous le feuillage desquels on se sauvait dès que la pluie tombait. Europe se trouvait, dit-on, sous un platane, lorsque le divin taureau l’enleva. Pausanias croyait avoir vu encore en Arcadie, le platane que le roi Ménélas y avait planté avant de partir pour Troie. D’après Théophraste, ce platane aurait été planté par le roi Agamemnon, auquel on attribue aussi le platane de la source Castalienne. C’est sur les branches d’un platane, près de la même source, que le prêtre Calchas fit un signe qui devait être le présage des dix années du siège. D’après Hérodote et Élien, Xerxès, en traversant la Lydie, se prit d’une telle passion pour un platane, qu’il en fit orner les branches de colliers et de bracelets en or.

En Grèce, quand les amoureux se séparent, ils échangent, en gage de fidélité réciproque, les moitiés d’une feuille de platane ; lorsqu’on se retrouve, chacun présente la sienne : il faut, en les rapprochant, reformer la feuille entière. (Cf., pour le jeu analogue des amoureux toscans, le mot Myrte). Pourtant, dans un chant de l’île de Crète, recueilli par Elpis Melaina (Kreta-Bienen, München, 1874), un amoureux considère la feuille de platane comme un symbole de mobilité : « Je croyais, dit-il, que tu aimais le cyprès toujours vert ; maintenant, au contraire, tu aimes un platane, qui perd vite ses feuilles. »

 

Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Éditions du Seuil, février 2017) de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


"Platanos et Elaté, qu'un deuil infini pour leurs frères, les Aloades, enracine en sapin et platane, à l'instar des sœurs-peupliers de Phaéton" font partie des héroïnes de la mythologie grecque qui se transforment en arbres."

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Littérature :


Les Voyageurs et le Platane


En été, vers l’heure de midi, deux voyageurs, fatigués par l’ardeur du soleil, ayant aperçu un platane, se réfugièrent sous ses branches et, s’étendant à son ombre, se reposèrent. Or, ayant levé les yeux vers le platane, ils se dirent l’un à l’autre : « Voilà un arbre qui est stérile et inutile à l’homme. » Le platane prenant la parole : « Ingrats, dit-il, au moment même où vous jouissez de ma bienfaisance, vous me traitez d’inutile et de stérile. »

Il en est ainsi chez les hommes : certains sont si malchanceux que, même en obligeant leurs voisins, ils ne peuvent faire croire à leur bienfaisance.


Ésope, (fin VIIè siècle - début VIe siècle av. J. C.) ; traduction par Émile Chambry, Fables

Société d’édition « Les Belles Lettres », 1927.

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Au platane

A André Fontainas.


Tu penches, grand Platane, et te proposes nu, Blanc comme un jeune Scythe, Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu Par la force du site.


Ombre retentissante en qui le même azur Qui t’emporte, s’apaise, La noire mère astreint ce pied natal et pur À qui la fange pèse.


De ton front voyageur les vents ne veulent pas; La terre tendre et sombre, Ô Platane, jamais ne laissera d’un pas S’émerveiller ton ombre !


Ce front n’aura d´accès qu´aux degrés lumineux Où la sève l’exalte ; Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les nœuds De l’éternelle halte !


Pressens autour de toi d´autres vivants liés Par l’hydre vénérable ; Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers, De l’yeuse à l’érable,


Qui, par les morts saisis, les pieds échevelés Dans la confuse cendre, Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés, Le cours léger descendre.


Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé, De quatre jeunes femmes, Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé, Vêtus en vain de rames.


Ils vivent séparés, ils pleurent confondus Dans une seule absence, Et leurs membres d´argent sont vainement fendus À leur douce naissance.


Quand l’âme lentement qu’ils expirent le soir Vers l’Aphrodite monte, La vierge doit dans l’ombre, en silence, s’asseoir, Toute chaude de honte.


Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir À ce tendre présage Qu’une présente chair tourne vers l’avenir Par un jeune visage. . .


Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux, Toi qui dans l’or les plonges, Toi qui formes au jour le fantôme des maux Que le sommeil fait songes,


Haute profusion de feuilles, trouble fier Quand l’âpre tramontane Sonne, au comble de l’or, l’azur du jeune hiver Sur tes harpes, Platane,


Ose gémir!. . . Il faut, ô souple chair du bois, Te tordre, te détordre, Te plaindre sans rompre, et rendre aux vents la voix Qu’ils cherchent en désordre !


Flagelle-toi!. . . Parais l’impatient martyr Qui soi-même s’écorche, Et dispute à la flamme impuissante à partir Ses retours vers la torche !


Afin que l’hymne monte aux oiseaux qui naîtront, Et que le pur de l’âme Fasse frémir d’espoir les feuillages d’un tronc Qui rêve de la flamme,


Je t’ai choisi, puissant personnage d’un parc, Ivre de ton tangage, Puisque le ciel t’exerce, et te presse, ô grand arc, De lui rendre un langage !


Ô qu’amoureusement des Dryades rival, Le seul poète puisse Flatter ton corps poli comme il fait du Cheval L’ambitieuse cuisse !. . .


-Non, dit l’arbre. Il dit : Non ! par l’étincellement De sa tête superbe, Que la tempête traite universellement Comme elle fait une herbe !


Paul Valéry, "Au platane" in Charmes, 1931.

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Dans Un Grison d'Arcadie (Éditions Denoël, 1999), Pierre Magnan raconte l'histoire de Pierrot, un jeune adolescent de condition misérable qui s'évade grâce à son amour des livres mais qui reste attaché à son métier de balayeur municipal :


" - Seulement, répéta-t-il, à tes moments perdus, il faudra que tu viennes un peu me balayer les feuilles sous mon platane. C'est une chose que ma femme de ménage rechigne à faire et comme dans ma cour il ne fait pas de vent, elles s'entassent.

Je me mis à trembler de convoitise satisfaite. En se faisant rémunérer de la sorte, c'était un cadeau encore que me faisait le Bébé. L'arbre de sa cour, comblant les fins fonds de la vaste entrée cochère qui donnait sur la rue d'Aubette, faisait une telle ombre que la nuit s'installait pour tout l'été dès que ses feuilles étaient déployées. L'hiver son squelette vigoureux s'entrelaçait de telle sorte à la lumière que la pénombre verte y régnait stagnante. c'était un arbre, à lui tout seul, qui couvrait cent mètres carrés de territoire, ayant comblé l'espace entre les corps de logis du couvent primitif, débordant par-dessus le mur d'un verger de curé. Il avait posé, à genoux sur le faîte, une énorme branche à torsades qui jouait, par son poids, aux castagnettes avec les moellons délités de ce mur qu'elle ruinait patiemment.

Au-delà de ce platane faramineux au tronc blafard, lisse et opulent de toute part comme le corps astral d'une femme céleste, se cachait la porte à deux battants qui ne s'ouvrait jamais car le Bébé et ses pratiques passaient toujours par la boutique. "

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