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  • Anne

Le Platane



Étymologie :

  • PLATANE, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1548 [éd.] (G. de Selve, Vies de Plut., p. 65 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat. platanus «id.» qui est déjà à l'orig. d'autres formes sav. telles plaitoine, plantoine, ca 1150 (Le Conte de Floire et Blancheflor, éd. J. L. Leclanche, 1863 et 2024) platan, fin xii e-début xiiie s. (Flore et Blancheflor, I, éd. M. M. Pelan, 1671).


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique sur le platane.

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Botanique :

Lire la fiche extraite du site http://nature.jardin.free.fr/

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Histoires d'arbres :


Découvrez un magnifique épisode de la série d'Arte qui nous permet de découvrir des arbres individualisés et vénérés par les hommes : le platane de de l’île de Peilz, en Suisse, et le Geroplatanos, qui a donné son nom à un village du nord de la Grèce.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du platane: :


PLATANE - GÉNIE.

A Athènes le Portique était environné de longues avenues de superbes Platanes. Les Grecs rendaient à ces beaux arbres une sorte de culte. Ils les avaient consacrés aux bons génies et aux plaisirs de l'esprit.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Platane - Grandeur et Génie.

Cet arbre a un port majestueux et a une très grande durée.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


PLATANE - GÉNIE.

Tout homme habile reconnaît la sagesse et publie la gloire de de celui qui la trouve. Les hommes prudents manifestent leur sagesse dans leurs discours ; ils ont l'intelligence de la vérité et de la justice et ils répandent autour d'eux les sentences et les paraboles.

- Ecclésiastes : XVII, 28. -

Le platane chez les anciens étaient consacré aux génies. C'est après le cèdre l'arbre le plus vanté dans la mythologie. Selon Pline, il fut apporté de l'Asie, de là à l'ile de Diomède où il servit d'ornement au tombeau du héros. Pline dit encore que cet arbre peut durer un grand nombre de siècles et qu'il y en avait un de son temps, planté de la main d'Agamennon. Les Grecs avaient la plus grande vénération pour cet arbre ainsi que les Romains, qui le faisaient arroser avec du vin.

Pline nous a conservé l'histoire d'un fameux platane de Syrie, dont le tronc avait été creusé par le temps, et qui attirait tous les regards par sa prodigieuse grosseur. Cet arbre était planté auprès d'une source dont la fraicheur ajoutait aux charmes de son ombrage. Il offrait pour asile au voyageur une grotte de trente et quelques mètres, creusée dans le tronc. Sa cime ressemblait à une petite forêt, ses vastes rameaux couvraient la campagne d'une ombre immense ; afin que rien ne manquât à l'illusion, tout l'intérieur était garni d'un rang de pierres ponces, revêtues de mousse. Mucien, trois fois consul, et lieutenant en Syrie, mangea dans cette grotte avec dix-huit personnes et il y passa la nuit sur des lits formés des feuilles de l'arbre à l'abri de tous les vents, prêtant l'oreille au bruit de la pluie qui traversait le feuillage.

Virgile n'a pas oublié le platane dans le jardin de son vieillard Alicien. (VIRGILE, Géorgiques, livre 4.)


RÉFLEXION.

L'esprit saisit les rapports, le génie s'élance vers les résultats. (Le duc DE LÉVIS)

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Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Platane - Grandeur, Génie.

Ce bel arbre mérite en effet, par ses belles feuilles larges et découpées, par la durée de sa verdure qui se prolonge jusqu'aux premières gelées et qui résiste à la piqûre des insectes, par ses fruits vert doré et suspendus en grappes, enfin par l'odeur balsamique qu'il exhale, les éloges que le monde entier lui donne. Les adeptes de Bacchus prétendent que l'on peut boire impunément à l'ombre du platane, parce que la fraîcheur de ses feuilles préserve de toute ivresse.

Ces platanes riants, sous qui d'heureux buveurs

Du père des raisins célébraient les faveurs.

 

Selon le site http://www.lesarbres.fr :

  • Arbre de vie, la mythologie et la symbolique du platane commun sont rattachées au platane d'Orient.

  • le Platane est associé à Gaïa (déesse mère de la Terre chez les Crétois et les Grecs) et à Tanit (déesse de la fertilité chez les Carthaginois), car sa feuille en forme de main est la manifestation de la présence divine. Dans la mythologie grecque, le platane est un symbole de la régénération (l'écorce se régénère, par plaques, comme la peau du serpent). Il servit à construire le cheval de Troie.

  • le caducée des médecins, attribut du dieu grec guérisseur Asclepios, est une baguette de platane ailée autour de laquelle s'enroulent deux serpents (en référence à la mue annuelle de son écorce semblable à celle de la peau de l'animal). Le médecin grec Hippocrate exerçait sous le platane du temple d'Asclepios situé sur l'île de Kos.

  • dans la tradition sikh, le sâdhu Baba Sri Chang planta un jour un tison en terre, d'où sortit un platane : « Si d'un tison on peut faire naître un arbre, alors d'un homme ordinaire on doit bien pouvoir faire jaillir le divin ».

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivrent un :


Message des arbres :

Nous venons du cœur de Dieu. Nous n'avons rien

à apprendre et beaucoup à offrir. Nous avons été ensemencés

sur la Terre pour le bien du règne humain et animal, incluant

les oiseaux et les insectes, et pour nourrir la planète elle-même,

physiquement, émotionnellement et spirituellement. Nous

diffusons l'amour et la guérison pour vous.


Les érables, les sycomores et les platanes : Ces arbres vous rappellent votre propre beauté intérieure. Ils sont très sensibles aux énergies qui les entourent. ls savent ce que vous ressentez. Ils absorbent les sentiments vulnérables de l'humanité, puis aident es gens à se sentir plus en sécurité. Ils nous soutiennent également de leur compréhension douce, ce qui nous permet de nous renforcer. Lorsque vous vous asseyez près d'un de ces arbres, vous commencer à vous sentir mieux.


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert-bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez-le et remerciez-le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez-les se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux ensachant que vous avez aidé les arbres.

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


PLATANE (Platanus orientalis L.). — Arbre spécialement vénéré en Grèce, où Socrate jurait par le platane. On le croyait consacré au Génie. Les grands hommes d’Athènes se réunissaient pour converser sous les platanes ; c’était aussi le refuge ordinaire en cas de pluie. C’est pourquoi Thémistocle reprochait orgueilleusement aux Athéniens de le traiter comme les platanes, sous le feuillage desquels on se sauvait dès que la pluie tombait. Europe se trouvait, dit-on, sous un platane, lorsque le divin taureau l’enleva. Pausanias croyait avoir vu encore en Arcadie, le platane que le roi Ménélas y avait planté avant de partir pour Troie. D’après Théophraste, ce platane aurait été planté par le roi Agamemnon, auquel on attribue aussi le platane de la source Castalienne. C’est sur les branches d’un platane, près de la même source, que le prêtre Calchas fit un signe qui devait être le présage des dix années du siège. D’après Hérodote et Élien, Xerxès, en traversant la Lydie, se prit d’une telle passion pour un platane, qu’il en fit orner les branches de colliers et de bracelets en or.

En Grèce, quand les amoureux se séparent, ils échangent, en gage de fidélité réciproque, les moitiés d’une feuille de platane ; lorsqu’on se retrouve, chacun présente la sienne : il faut, en les rapprochant, reformer la feuille entière. (Cf., pour le jeu analogue des amoureux toscans, le mot Myrte). Pourtant, dans un chant de l’île de Crète, recueilli par Elpis Melaina (Kreta-Bienen, München, 1874), un amoureux considère la feuille de platane comme un symbole de mobilité : « Je croyais, dit-il, que tu aimais le cyprès toujours vert ; maintenant, au contraire, tu aimes un platane, qui perd vite ses feuilles. »

 

Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Éditions du Seuil, février 2017) de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


"Platanos et Elaté, qu'un deuil infini pour leurs frères, les Aloades, enracine en sapin et platane, à l'instar des sœurs-peupliers de Phaéton" font partie des héroïnes de la mythologie grecque qui se transforment en arbres."

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Littérature :


Les Voyageurs et le Platane


En été, vers l’heure de midi, deux voyageurs, fatigués par l’ardeur du soleil, ayant aperçu un platane, se réfugièrent sous ses branches et, s’étendant à son ombre, se reposèrent. Or, ayant levé les yeux vers le platane, ils se dirent l’un à l’autre : « Voilà un arbre qui est stérile et inutile à l’homme. » Le platane prenant la parole : « Ingrats, dit-il, au moment même où vous jouissez de ma bienfaisance, vous me traitez d’inutile et de stérile. »

Il en est ainsi chez les hommes : certains sont si malchanceux que, même en obligeant leurs voisins, ils ne peuvent faire croire à leur bienfaisance.


Ésope, (fin VIIè siècle - début VIe siècle av. J. C.) ; traduction par Émile Chambry, Fables

Société d’édition « Les Belles Lettres », 1927.

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Au platane

A André Fontainas.


Tu penches, grand Platane, et te proposes nu, Blanc comme un jeune Scythe, Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu Par la force du site.


Ombre retentissante en qui le même azur Qui t’emporte, s’apaise, La noire mère astreint ce pied natal et pur À qui la fange pèse.


De ton front voyageur les vents ne veulent pas; La terre tendre et sombre, Ô Platane, jamais ne laissera d’un pas S’émerveiller ton ombre !


Ce front n’aura d´accès qu´aux degrés lumineux Où la sève l’exalte ; Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les nœuds De l’éternelle halte !


Pressens autour de toi d´autres vivants liés Par l’hydre vénérable ; Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers, De l’yeuse à l’érable,


Qui, par les morts saisis, les pieds échevelés Dans la confuse cendre, Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés, Le cours léger descendre.


Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé, De quatre jeunes femmes, Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé, Vêtus en vain de rames.


Ils vivent séparés, ils pleurent confondus Dans une seule absence, Et leurs membres d´argent sont vainement fendus À leur douce naissance.


Quand l’âme lentement qu’ils expirent le soir Vers l’Aphrodite monte, La vierge doit dans l’ombre, en silence, s’asseoir, Toute chaude de honte.


Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir À ce tendre présage Qu’une présente chair tourne vers l’avenir Par un jeune visage. . .


Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux, Toi qui dans l’or les plonges, Toi qui formes au jour le fantôme des maux Que le sommeil fait songes,


Haute profusion de feuilles, trouble fier Quand l’âpre tramontane Sonne, au comble de l’or, l’azur du jeune hiver Sur tes harpes, Platane,


Ose gémir!. . . Il faut, ô souple chair du bois, Te tordre, te détordre, Te plaindre sans rompre, et rendre aux vents la voix Qu’ils cherchent en désordre !


Flagelle-toi!. . . Parais l’impatient martyr Qui soi-même s’écorche, Et dispute à la flamme impuissante à partir Ses retours vers la torche !


Afin que l’hymne monte aux oiseaux qui naîtront, Et que le pur de l’âme Fasse frémir d’espoir les feuillages d’un tronc Qui rêve de la flamme,


Je t’ai choisi, puissant personnage d’un parc, Ivre de ton tangage, Puisque le ciel t’exerce, et te presse, ô grand arc, De lui rendre un langage !


Ô qu’amoureusement des Dryades rival, Le seul poète puisse Flatter ton corps poli comme il fait du Cheval L’ambitieuse cuisse !. . .


-Non, dit l’arbre. Il dit : Non ! par l’étincellement De sa tête superbe, Que la tempête traite universellement Comme elle fait une herbe !


Paul Valéry, "Au platane" in Charmes, 1931.

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Dans Un Grison d'Arcadie (Éditions Denoël, 1999), Pierre Magnan raconte l'histoire de Pierrot, un jeune adolescent de condition misérable qui s'évade grâce à son amour des livres mais qui reste attaché à son métier de balayeur municipal :


" - Seulement, répéta-t-il, à tes moments perdus, il faudra que tu viennes un peu me balayer les feuilles sous mon platane. C'est une chose que ma femme de ménage rechigne à faire et comme dans ma cour il ne fait pas de vent, elles s'entassent.

Je me mis à trembler de convoitise satisfaite. En se faisant rémunérer de la sorte, c'était un cadeau encore que me faisait le Bébé. L'arbre de sa cour, comblant les fins fonds de la vaste entrée cochère qui donnait sur la rue d'Aubette, faisait une telle ombre que la nuit s'installait pour tout l'été dès que ses feuilles étaient déployées. L'hiver son squelette vigoureux s'entrelaçait de telle sorte à la lumière que la pénombre verte y régnait stagnante. c'était un arbre, à lui tout seul, qui couvrait cent mètres carrés de territoire, ayant comblé l'espace entre les corps de logis du couvent primitif, débordant par-dessus le mur d'un verger de curé. Il avait posé, à genoux sur le faîte, une énorme branche à torsades qui jouait, par son poids, aux castagnettes avec les moellons délités de ce mur qu'elle ruinait patiemment.

Au-delà de ce platane faramineux au tronc blafard, lisse et opulent de toute part comme le corps astral d'une femme céleste, se cachait la porte à deux battants qui ne s'ouvrait jamais car le Bébé et ses pratiques passaient toujours par la boutique. "

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