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Le Jonc




Étymologie :

Étymol. et Hist. 1. 1165-70 bot. (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 2308) ; 2. a) 1631 « bague qui est partout de même grosseur » (Les La Trémoille t. 4, p. 54) ; b) 1790 arg. « or » (Rat du Châtelet, p. 14). Du lat. juncus « jonc, tige semblable à un jonc ».


Lire également la définition du nom jonc afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Suivant une légende des environs de Bruxelles, la Sainte famille, au moment de la fuite en Egypte, s'étant réfugiée dans un fossé, le bout pointu d'un jonc vint effleurer l'œil du petit Jésus qui dormait. Il se réveilla et se mit à pleurer ; la Vierge maudit la plante malencontreuse, et depuis la pointe de son épi est noircie et brûlée.

[...] Dans les Vosges on détruit le chancre en faisant avec de la moelle de jonc une croix à trois croisillons, qui, après avoir été plongée dans de l'eau bénite pendant quelques secondes, est déposée sur la langue du malade, et devra y rester jusqu'à ce que la personne qui l'y aura mise ait eu le temps de réciter trois Pater et trois Ave en l'honneur des trois personnes de la Trinité.

[...] On rencontre en Morvan un exemple intéressant de la guérison à distance quand un enfant a le croup, on remplit un chapeau avec des joues, on fait une ronde et à la fin de chaque ronde on crache dedans.

[...] En Haute-Bretagne, lorsque la moelle du gros jonc de marais dépouillée de son écorce a été coupée à la longueur de sept à huit centimètres, et pourvue d'un clou, on l'enfonce dans l'eau en mettant en haut la partie où est le clou ; celle-ci plus pesante lui fait faire une sorte de culbute.

[...] On désigne en Ille-et-Vilaine sous le nom de chèvre l'assemblage de plusieurs joncs qui sont attachés soit à une chaise, soit à la ceinture d'une personne, et sur lequel on tire comme s'il s'agissait de traire une chèvre, c'est de là que vient le nom ; cela produit un bruit qui s'il est peu varié, ne laisse pas que d'avoir une certaine harmonie. Dans nombre de paya de Bretagne on « tire les chèvres » à la Saint-Jean : on pose sur un trépied un bassin de cuivre dans le fond duquel on met une clé, et qu'on arrose avec du vinaigre ; on tend dessus des joncs qu'on fait raidir comme les cordes d'un instrument de musique, et on passe les mains dessus avec un mouvement de va et vient analogue à celui de la personne qui trait les chèvres ; vibration ne tarde pas à se transmettre au bassin et à produire un son qui a quelque analogie avec celui de la vielle et qui s'entend de très loin ; cet usage existait en Vendée au milieu du XIXe siècle. A Lesneven un jonc est placé entre les dents de deux personnes et est ainsi tendu comme une corde à violon ; une troisième passe dessus une baguette de coudrier et lui fait rendre des sons.

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Symbolisme :


Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


JONC - SOUMISSION - DOCILITÉ.

Le jonc croît dans les endroits marécageux. Plusieurs espèces servent à faire des nattes, des liens, des cannes. - On dit vulgairement, souple comme un jonc.


Le jonc pliant, sur ces appuis nouveaux,

Doit enchaîner leurs flexibles rameaux. (PARNY)


Il existe d'innombrables espèces de jonc .

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Suivant une légende des environ de Bruxelles, la pointe de l'épi du jonc est noircie et brûlée par ce que la Vierge l'a maudit. En effet, pendant la fuite en Egypte, le bout d'un jonc effleura le petit Jésus qui dormait, caché dans un fossé avec sa sainte mère. L'enfant pleura, courant ainsi le risque d'attirer l'attention des poursuivants.

La couronne du Christ, que l'empereur Baudouin II de Jérusalem offrit à Saint Louis en 1238, et conservée à la Sainte-Chapelle (aujourd'hui dans l'enceinte du Palais de justice de Paris), fut composée de "jonc tressé sur laquelle les épines étaient censées être fixées".

Le jonc porte bonheur et a de nombreuses propriétés médicinales, surtout si sa pointe est verte. Caton, en son temps, le recommandait déjà en cas de luxation : il suffisait de passer la plante sur a partie douloureuse "en proférant une formule d'incantation". En Provence et en Languedoc, le jonc frotté sur une verrue puis jeté derrière soi la fait disparaître une fois qu'il est complètement desséché. Contre le chancre, dans les Vosges, on pose sur la langue du malade de la moelle de jonc imbibée d'eau bénite juste le temps de réciter trois Pater et trois Ave en l'honneur de la Sainte Trinité. Dans le Morvan, on remplit un chapeau de joncs dans lequel on crache à la fin d'une ronde. Cette guérison à distance permet de soigner un enfant atteint du croup. Dans certaines régions d'Angleterre, trois joncs provenant d'un ruisseau et passés dans la bouche d'un enfant le guérissent du muguet, à condition de les jeter dans l'eau ensuite : le courant est censé emporter les plantes en même temps que le mal. La tradition catalane veut qu'un enfant souffrant soit passé à travers un jonc fendu en deux, à minuit pile de la Saint-Jean, "par deux personnes qui s'appellent Jean et Marie". En Allemagne, ceux qui président à cette pratique doivent s'appeler Jean.

Du jonc disposé de chaque côté des ouvertures d'une maison, portes et fenêtres, le cinquième jour de la cinquième lune, chasse le mal. En Irlande, où ils brunissent depuis que saint Patrick les a maudits, on ramasse les joncs la veille de la Sainte-Brigitte (31 janvier), pour en faire de petites croix appelées "croix de Sainte-Brigitte" : ces croix, bénies à l'église et placées sur les maisons, sur le toit des étables ou sur les lits, portent chance et protègent hommes et bêtes.

A Liège (Belgique), les jeunes filles, à l'aube du 1er mai, "lient le jonc" : ce moyen augural consiste à prendre trois tiges et à les orner chacune d'un fil de couleur différente : le fil noir signifie le célibat, le rouge un amant inconnu, le vert "l'objet des vœux secrets". Le brin qui grandit le plus vite délivre l'oracle.

Dans la Chine antique, la fumée se dégageant du jonc consumé avait une vertu purificatrice.

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Acore calamus : Vous vivez l'angoisse extrême, le stress, la frayeur. Vous faites de l'hyperacidité, de la gastrite. L'insomnie vous guette ou vous a déjà peut-être gagné. C'est alors que vous avez commencé les anxiolytiques qui ne vous quittent plus.

Votre organisme est trop liquéfié. C'est-à-dire que votre système émotionnel (l'âme en l'occurrence) a supplanté les forces du Moi qui s'atrophient progressivement. Cela date peut-être de votre enfance ? Vos parents vous ont fait suivre peut-être un traitement pour lutter contre le rachitisme alors qu'en contrepartie ils étaient très restrictifs à votre égard.

Dans ce cas, l'élixir d'Acore peut quelque chose pour vous. Sa fleur contient un processus complexe pour ses substances camphrées, mucilagineuses, taniques, amères liées aux essences subtiles. Les tanins et les essences vont cicatriser les blessures de l'âme. Les amers vont lui donner de l'appétit pour entreprendre. Pour cela la reconnaissance de la suprématie du Moi va s'effectuer automatiquement. Surtout que les tanins sont présents pour ressouder et apporter la cohésion parfaite de ces deux corps. Les mucilages et les amers interviennent pour dissoudre l'amertume des mauvais jours et faire en sorte que toutes les glandes se remettent à secréter leur nectar de santé faisant disparaître tout état inflammatoire au niveau des cavités buccales et stomacales.

L'Acore naît d'un rhizome qui pousse dans les terrains humides et marécageux. Dans un premier temps, il en jaillit des feuilles en forme de lames d'épées, linéaires, légèrement ondulées sur les bords. Ici nous reconnaissons déjà sa signature aérienne, l'espace préféré de l'âme. Ensuite sa hampe florale monte avec une facilité déconcertante vers cet azur privilégié car il bénéficie de la lumière réfléchie par la surface des eaux. La fleur est donc largement imprégnée par les processus caloriques dont raffole le Moi humain. Ces processus caloriques se raffermissent dans un milieu aqueux et permettent la genèse correcte des os et des formes corporelles. Les Américains conseillent cet élixir contre ls schizophrénie et pour développer la discrétion (possible influence avec les inflammations buccales). Les Tibétains rejoignent Sainte Hildegarde de Bingen : son odeur éloigne les mauvais esprits.


Mots-clés : avec l'élixir d'Acore, réalisez des accords harmonieux avec vos trois corps et mélodieux avec les vibrations issues du cosmos.

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


NAPATECUTLI. — Nom du dieu mexicain qui fait pousser les joncs et les roseaux. « Dicen (écrit Bern. de Sahagun, Historia Universal de las cosas de Nueva España) que este es el que inventó el arte de hacer esteras, y por eso lo adoran por Dios los de este oficio que hacen esteras, que aman pétales. » On lui sacrifiait des victimes humaines ; la victime, habillée à l’instar du dieu, allait, une branche de saule à la main et avec un vase plein d’eau, bénissant la foule. On le considérait comme une espèce de Jupiter Pluvius : « Tiene, dit le même auteur, una rodela a manera de ninfa, que es una yerba de agua, ancha como un plato grande, y en la mano derecha tiene un baculo florido ; las flores son de papel. »

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