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Le Jonc





Étymologie :

Étymol. et Hist. 1. 1165-70 bot. (Chr. de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 2308) ; 2. a) 1631 « bague qui est partout de même grosseur » (Les La Trémoille t. 4, p. 54) ; b) 1790 arg. « or » (Rat du Châtelet, p. 14). Du lat. juncus « jonc, tige semblable à un jonc ».


Lire également la définition du nom jonc afin d'amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Suivant une légende des environ de Bruxelles, la pointe de l'épi du jonc est noircie et brûlée par ce que la Vierge l'a maudit. En effet, pendant la fuite en Egypte, le bout d'un jonc effleura le petit Jésus qui dormait, caché dans un fossé avec sa sainte mère. L'enfant pleura, courant ainsi le risque d'attirer l'attention des poursuivants.

La couronne du Christ, que l'empereur Baudouin II de Jérusalem offrit à Saint Louis en 1238, et conservée à la Sainte-Chapelle (aujourd'hui dans l'enceinte du Palais de justice de Paris), fut composée de "jonc tressé sur laquelle les épines étaient censées être fixées".

Le jonc porte bonheur et a de nombreuses propriétés médicinales, surtout si sa pointe est verte. Caton, en son temps, le recommandait déjà en cas de luxation : il suffisait de passer la plante sur a partie douloureuse "en proférant une formule d'incantation". En Provence et en Languedoc, le jonc frotté sur une verrue puis jeté derrière soi la fait disparaître une fois qu'il est complètement desséché. Contre le chancre, dans les Vosges, on pose sur la langue du malade de la moelle de jonc imbibée d'eau bénite juste le temps de réciter trois Pater et trois Ave en l'honneur de la Sainte Trinité. Dans le Morvan, on remplit un chapeau de joncs dans lequel on crache à la fin d'une ronde. Cette guérison à distance permet de soigner un enfant atteint du croup. Dans certaines régions d'Angleterre, trois joncs provenant d'un ruisseau et passés dans la bouche d'un enfant le guérissent du muguet, à condition de les jeter dans l'eau ensuite : le courant est censé emporter les plantes en même temps que le mal. La tradition catalane veut qu'un enfant souffrant soit passé à travers un jonc fendu en deux, à minuit pile de la Saint-Jean, "par deux personnes qui s'appellent Jean et Marie". En Allemagne, ceux qui président à cette pratique doivent s'appeler Jean.

Du jonc disposé de chaque côté des ouvertures d'une maison, portes et fenêtres, le cinquième jour de la cinquième lune, chasse le mal. En Irlande, où ils brunissent depuis que saint Patrick les a maudits, on ramasse les joncs la veille de la Sainte-Brigitte (31 janvier), pour en faire de petites croix appelées "croix de Sainte-Brigitte" : ces croix, bénies à l'église et placées sur les maisons, sur le toit des étables ou sur les lits, portent chance et protègent hommes et bêtes.

A Liège (Belgique), les jeunes filles, à l'aube du 1er mai, "lient le jonc" : ce moyen augural consiste à prendre trois tiges et à les orner chacune d'un fil de couleur différente : le fil noir signifie le célibat, le rouge un amant inconnu, le vert "l'objet des voeux secrets". Le brin qui grandit le plus vite délivre l'oracle.

Dans la Chine antique, la fumée se dégageant du jonc consumé avait une vertu purificatrice.

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