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  • Anne

Dans la forêt éternelle, le brame du Cerf amoureux


Le premier Animal de Pouvoir de Margot et Tristan, fruits d'autres moments amoureux...



Étymologie :

  • CERF, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1100 (Chanson de Roland, éd. Bédier, v. 1874). Du lat. class. cervus « id. ».




Zoologie :

Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) : "Le cerf et sa famille ont beaucoup bercé nos lectures d'enfants : Bambi le faon, les jolies biches, et les cerfs à parure royale. Leurs excréments viennent donc assombrir un peu ce paysage idyllique, mais il faut savoir qu'ils jouent un rôle important dans la survie de l'espèce et l'entretien de son environnement. A noter : seul le mâle adulte porte des bois.

Description : La merde de cerf semble à priori assez banale. Comme celle du mouton et du lapin mais plus abondante, elle est constituée d'un agglomérat de petites billes, qui sentent l'herbe.


Ce que Bambi ne vous a pas dit : Juste après avoir mis bas, la biche à queue blanche délaisse son faon quelques heures pour aller chercher de la nourriture. Elle cache son petit, très vulnérable, dans des grandes herbes ou sous des buissons. Sachant que son odeur peut attirer les prédateurs, le faon se retient de déféquer jusqu'au retour de sa mère. Sitôt après "l'opération", la biche mange les crottes de son petit et urine pour camoufler l'odeur et le protéger lorsqu'elle aura de nouveau à le quitter.

Quand le faon atteint l'âge d'un mois, il n'a plus besoin d'être protégé par sa mère, car il est capable de s'enfuir en cas de danger.


Je sème à tout vent : Lorsque le cerf mange un fruit, si gros soit-il, sa digestion est complète, mais les graines contenues dans les plantes sont souvent trop petites pour subir la moindre transformation, et elles sont restituées intactes. Le cerf se déplace tout en ruminant sa nourriture, et du fait même les graines qu'il rejette sont dispersées loin de la plante-mère.

Opération-survie : Au XVIIe siècle, les Indiens Coahuiltecans (qui vivaient dans le Sud du Texas) étaient tellement pauvres qu'ils se résignaient à manger de la terre, du bois pourri, des vers, et, luxe suprême, des crottes de cerf !"

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Croyances populaires :


Selon Grażyna Mosio et Beata Skoczeń-Marchewka, auteurs de l'article "La symbolique des animaux dans la culture populaire polonaise, De l’étable à la forêt" (17. Mars 2009) :


"Actuellement, la connaissance des animaux sauvages est dans la plus grande partie du pays relativement faible. A titre d’argument, on les prétend peu utiles : “... quel en est le profit, puisqu’on ne peut pas les attraper” (Dzierzgwa 1981 : 104). Au passé les animaux tels que le cerf, l’ours ou le loup occupaient une place importante dans la culture populaire.

Le cerf – animal majestueux aux cornes branchues, associées aux rayons du soleil ou aux branches des arbres, rejetées tous les ans, était lié au soleil. Il symbolisait la virilité, la fécondité, et aussi l’abondance. D’où probablement les nombreuses figurines de cerfs rencontrées parmi celles d’autres animaux sur les nowe latka (nouvelles années) - forme de pain rituel préparé pour le Nouvel An. Dans la région des Kourpie un cercle avec des figurines d’animaux était suspendu dans le coin sacré, afin d’assurer les forces vitales, la fécondité, la santé. Émiettées, elles étaient jetées aux poules pour qu’elles soient de bonnes pondeuses et distribuées aux habitants de la maison pour les protéger des maladies (Kubiak, Kubiak 1981 : 31). Les petites figurines de cerfs placées avec les autres sur le pain rituel des noces - le korowaj, avaient la même signification. Dans la société paysanne traditionnelle, la noce imposait au jeune couple la responsabilité de créer une vie nouvelle, aussi bien dans le sens de la multiplication du genre humain, que dans la perspective de maintenir la fertilité des champs et le succès dans l’élevage (Kubiak, Kubiak 1981 : 75 et suiv.). Une prolongation inconsciente de la symbolique de la vitalité peut être trouvée dans les nombreux paysages représentant le cerf en rut, rencontrés si fréquemment dans les maisons encore aujourd’hui. Le cerf était lié à l’Arbre de la Vie, il était l’un des animaux cosmiques. Ceci trouve son reflet dans la forme des découpages populaires polonais. Tout comme l’oiseau, le cerf est l’animal le plus souvent représenté dans les découpages appelés leluja, ayant la forme d’un arbre ou d’une branche en fleurs. Une trace des anciennes associations aux divinités solaires peut être trouvée dans les récits et les légendes hagiographiques sur l’apparition d’une luminosité miraculeuse, d’une croix ou d’un ostensoir entre les cornes d’un cerf (Seweryn 1949 : 44). On croyait que la sauvagerie, la force vitale du cerf étaient les raisons pour lesquelles les cornes de cet animal pouvaient jouer un rôle protecteur contre les démons, et aussi être employées pour la production d’aphrodisiaques. Les cornes de cerf étaient aussi utilisées dans la médecine et les pratiques magiques.

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Symbolisme :

Dans Les Structures anthropologiques de l'imaginaire, Gilbert Durand rappelle p. 110 la transformation d'Actéon en cerf par Artémis qu'il a surprise à sa toilette et p. 359 établit de nouveau un lien entre le cerf et la déesse lunaire puisque "la lune peut revêtir elle-même, par substitution du sens actif au sens passif, l'aspect animal : Artémis devient cerf ou ours, Hécate chien tricéphale, Isis la vache Hathor, Osiris le bœuf Apis et Cybèle la lionne."

Selon Ted Andrews, auteur de Le Langage secret des animaux, Pouvoirs magiques et spirituels des créatures des plus petites aux plus grandes (Édition originale, 1993 ; traduction française, Éditions Dervy, 2017), le Cerf répond aux caractéristiques suivantes :


Points clés : Gentillesse et innocence - Se laisser innocemment attirer vers de nouvelles aventures.

Cycle de puissance : Automne et printemps.


Le cerf a toujours capté l'imagination de l'humanité. Originaire de tous les continents, sauf l'Océanie, il appartient à l'une des plus prospères familles de mammifères. Les cervidés sont capables de s'adapter à toutes les sortes d'habitats. Le cerf de Virginie (également appelé biche des palétuviers ou, en anglais « cerf à queue blanche », white-tailed deer), le cerf mulet (ou cerf hémione, ou encore cerf à queue noire) et le renne (appelé caribou au Canada) sont trois des espèces de cervidés les plus communes du continent nord-américain L'élan (orignal, en Amérique du nord) et le wapiti appartiennent aussi à la famille des cervidés, mais ils sont traités séparément dans ce dictionnaire.

Chaque espèce possède ses caractéristiques particulières, tout en partageant certaines des qualités des cervidés en général. Le renne (caribou), par exemple, accomplit de longues migrations deux fois par an, ce qui reflète, pour ceux qui l'ont comme totem, le besoin d'en faire autant dans leur vie. Son rut commence à l'automne et au début de l'hiver et, de ce fiat, ce moment constitue leur période de puissance. Le cerf mulet est aussi un migrateur. Il ne suit jamais deux fois la même route. Cela fait partie de son mécanisme naturel de défense en le rendant moins prévisible pour les prédateurs. La plupart des informations de cette entrée se concentrent sur les cervidés en général et le cerf de Virginie en particulier.

Il existe plusieurs variantes quant à l'origine du mot « cerf », que ce soit en français ou en anglais (deer). Celles-ci fournissent des indices quant à d'éventuelles vies passées pour ceux qui ont un cervidé totem. En français, « cerf » vient d'une racine indo-européenne, ker, signifiant corne et qui a donné le mot « vache » dans plusieurs langues slaves, notamment. Le mot anglo-saxon deor (origine de deer) était un terme générique pour désigner les animaux et il était donc souvent utilisé simplement dans ce sens général, et non pour désigner les seuls cervidés. Dans les langues germaniques, le terme a pour racine tier, qui avait simplement pour sens « animal sauvage » (et même « animal », là encore dans un sens général, en allemand (moderne). Et on peut suivre sa trace jusqu'au sanscrit mriga qui signifiait aussi « animal sauvage ».

Pour beaucoup, le cerf est considéré comme l'animal le plus important jamais chassé. La chasse au cerf est ce qui déplace notre civilisation dans la Nature. Il existe quantité d'histoires et de mythes parlant de cerfs attirant par la ruse des chasseurs ou même des rois au plus profond des forêts. Là, ils se retrouvent complètement perdus et sont confrontés à diverses péripéties. Les récits du roi Arthur et de ses chevaliers de la Table ronde rapportent de semblables histoires. Un jour, par exemple, sire Gauvain suit un cerf blanc et fait plusieurs rencontres qui le précipitent dans autant d'aventures. La lecture de la Morte d'Arthur, de Thomas Malory, fournit bien d'autres exemples.

Le cerf est aussi une image religieuse centrale du bouddhisme. Bouddha est souvent représenté accompagné d'un cerf et sa légende prétend que a première fois qu'il prêcha, ce fut dans un parc à daims. Cette image réaffirme la signification du cerf en tant que représentation de l'innocence et du retour à la Nature.

Le cerf de Virginie ou cerf à queue blanche es le cervidé le plus commun aux Etats-Unis. L'un de ses traits les plus importants est la paire de bois que développe le mâle. Chez d'autres membres de la famille des cers (en l'occurrence le renne ou le caribou), tant le mâle que le femelle en a. Les bois sont des os et ils tombent chaque année. Ils poussent derrière les yeux et sont très protecteurs.

Chaque année, jusqu'à l'âge de cinq ans, les bois croissent et ont plus de cors (ramifications). Si vous rencontrez un cerf dans la nature, essayez de compter le nombre de ses cors. Contrairement à la croyance populaire, il ne vous donnera pas l'âge de l'animal, mais vous dira quelque chose de la signification que le cerf a pour vous. rappelez-vous que la numérologie peut toujours aider à définir l'essence des choses.

Les bois sont des symboles d'antenne, de connexion avec de plus hautes formes d'harmonisation. Les cerfs avec des bois peuvent donc être un signa vous invitant à prêter attention à vos pensées et perceptions intérieures, qui doivent être plus précises que vous ne le pensez.

Les bois tombent chaque année et chaque année, ils repoussent - plus grands et avec plus de cors, pendant cinq ans. Si un cerf est entré dans votre vie, cherchez de nouvelles perceptions et des degrés de perception qui doivent croître et s'étendre pendant les cinq années à venir. Cela peut indiquer que vous allez avoir des opportunités de stimuler de nouvelles croissances qui ne vont cesser d'augmenter doucement au cours des cinq années en question.

Les bois poussent derrière les yeux, ce qui évoque le symbolisme d'une perception supérieure. Quand ils tombent, ils sont mangés par les cerfs et les rongeurs qui les grignotent pour ingérer le calcium.

Un à deux jeunes niassent. A leur naissance, les faons ont une couleur qui les protège et les dissimule. Au cours des tout premiers jours, ils se déplacent difficilement et la mère les allaite souvent. C'est très significatif pour ceux qui es ont pour totems. De nombreuses sociétés soulignaient l'importance de rester avec le nouveau-né pendant un certain temps. Aucun visiteur - pas même des membres de la famille - en dehors du père n'était autorisé à avoir un contact avec le bébé. Même aujourd'hui, dans l'islam,, une mère qui allaite un enfant fait de celui-ci le sien - qu'il soit son enfant biologique ou non. Cette sorte d'attention et d'isolement protecteur permet à l'enfant de se lier plus fermement à sa famille et préserve le nouveau-né de toute influence extérieure subtile.

J'ai toujours été troublé par la vision de toutes ces jeunes mères avec des bébés d'à peine une semaine se promenant dans les rues et les magasins bondés. Je comprends le besoin de sortir, mais cela traduit un manque de compréhension des influences énergétiques subtiles du corps humain. Nos auras - ou champs d'énergie - sont électromagnétiques et des échanges d'énergie se produisent avec d'autres personnes ou lieux. Le type d'énergies auquel un bébé est exposé dans une rue peut avoir d'énormes effets. Personne n'a jamais vraiment besoin d'être exploré. Jusqu'à ce que l'énergie de l'enfant soit elle-même forte et solidement ancrée à la terre, il devrait être protégé des influences externes.

Le cerf nous ramène à la sagesse primordiale de ces vieux enseignements. Il nous rappelle que nous devons établir une saine et solide connexion avec l'enfant avant de l'exposer à des tiers et à d'autres énergies étranges. Il nous rappelle aussi qu'il s'agit d'une tradition naturelle et idoine pour l'unité de la famille et la santé du petit. C'est l'intérêt de l'enfant qui est en jeu.

Après les premiers jours, le faon peut normalement se tenir debout et suivre sa mère. Les biches restent généralement avec lui pendant une année. Les mâles, en revanche, partent d'ordinaire au bout de quelques mois. Le père ne prend aucune part dans l'éducation des petits. C'est la fonction exclusive de la mère. Cette fois, il s'agit ici d'une invitation à revenir gentiment à l'unité et au rôle traditionnel de la famille. Si le cerf est apparu dans votre vie, cela peut indiquer que vous vous êtes trop éloigné du rôle qui serait le plus bénéfique pour vous à ce moment-là.

Les sens du cerf sont très affûtés. Sa vue lui permet de voir à grande distance. Il est particulièrement apte à discerner les contrastes et les contours dans une lumière faible. Son ouïe est elle aussi très fine. Tous ceux qui ont un cerf totem constateront une aptitude accrue à détecter les mouvements et apparitions les plus subtils. Ils commenceront à entendre ce qui n'est pas dit directement.

Quand un cerf se présente dans votre existence, c'est qu'il est temps de vous montrer gentil avec vous-même et les autres. Une nouvelle innocence ou une nouvelle fraîcheur d'esprit est sur le point de se réveiller ou de naitre. Vous allez vous laisser séduire, doucement mais sûrement, par de nouvelles aventures. Posez-vous alors des questions essentielles : Êtes-vous en train de forcer les choses et personnes de votre entourage ? Êtes-vous trop critique et indifférent envers vous-même ? Quand le cerf se montre, c'est qu'une occasion se présente d'exprimer un amour délicat qui vous ouvrira de nouvelles portes vers l'aventure.

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Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, dans le Dictionnaire des Symboles (1ère édition, 1969, édition revue et corrigée 1982), établissent une forme d'équivalence symbolique entre le cerf, le daim et la gazelle. Ils précisent que :

"Par sa haute ramure, qui se renouvelle périodiquement, le cerf est souvent comparé à l'arbre de vie. Il symbolise la fécondité, les rythmes de croissance, les renaissances. On retrouve ces valeurs aussi bien dans les ornements de baptistères chrétiens que dans les traditions musulmanes, altaïques, Maya, Pueblo, etc. Il est une image archaïque de la rénovation cyclique.

Les Indiens d'Amérique manifestent dans des danses et dans leurs cosmogonies ce lien du cerf et de l'arbre de vie : l'association qui unit étroitement le pin à l'espèce des cervidés (danses du Cerf autour d'un conifère érigé sur la Plaza) peut n'être en partie que simple imagerie forestière ; mais il n'est pas improbable que, beaucoup plus profondément, elle contienne le symbolisme qui associe le cerf non seulement à l'est et à l'aube, mais aussi aux débuts de la vie apparue à la création du monde... Dans plus d'une cosmogonie amérindienne c'est l'élan ou le daim qui fait surgir à l'existence, par ses abois, la vie créée, et parfois dans l'art indien l'arbre est représenté comme sortant des cornes fourchues de l'animal, comme dans la tradition européenne de la vision de saint Hubert.

L'effigie sacrée du Dieu Soleil des Hopis (Pueblos de l'Arizona) est taillée dans une peau de daim. Au XVIe siècle, chez les Indiens de Floride, lors de la célébration de la fête du Soleil, au printemps, un poteau était érigé au sommet duquel on élevait la peau d'un cerf arrachée à un animal capturé en cérémonie : auparavant on l'emplissait de végétaux pour lui donner forme et on la décorait de fruits et de plantes suspendus. Cette image était orientée vers le Soleil levant et la danse sen tenait autour d'elle accompagnée de prières pour une saison d'abondance. Une coutume analogue pour la fête du printemps est signalée chez les Timucua par W. Krickeberg.

Le cerf est aussi l'annonciateur de la lumière, il guide vers la clarté du jour. Voici un extrait d'un chant des Indiens Pawnees en l'honneur de la lumière du jour : Nous appelons les enfants. Nous leur disons de s'éveiller... Nous disons aux enfants que tous les animaux sont éveillés. Ils sortent des gîtes où ils ont dormi. Le Cerf les conduit. Il vient du sous-bois où il demeure, menant ses petits vers la Lumière du Jour. Nos cœurs sont joyeux.

Dans d'autres traditions, cette valeur prendra toute son ampleur cosmique et spirituelle. Le cerf apparaîtra comme le médiateur entre le ciel et la terre, comme le symbole du soleil levant et qui monte vers son zénith. Un jour, une croix apparaîtra entre ses bois et il sera devenu l'image du Christ, le symbole du don mystique, de la révélation salvifique. Messager du divin, il appartient alors à cette chaîne de symboles que nous verrons maintes fois soudés ensemble ; l'arbre de vie, les cornes, la croix.

Le cerf est encore un symbole de vélocité, mais aussi de crainte. Animal consacré, dans l'Antiquité classique, à Diane (Artémis), la vierge chasseresse, il évoque de façon presque similaire les Jâtaka bouddhiques. Le cerf d'or n'y est autre que le Bodhisattva lui-même, sauvant les hommes du désespoir, apaisant leurs passions. Les gazelles de Bénarès (symboles du premier Sermon) sont aussi des cerfs : la force du cerf sauvage (Wang-tchou), c'est la puissance de l'Enseignement et de l'Ascèse du Maître, qui se répand avec la rapidité d'un coursier et n'est pas sans inspirer par ses difficultés une certaine crainte.

Le cerf d'or se retrouve dans les légendes cambodgiennes mais le caractère solaire de l'animal y apparaît sous un aspect maléfique. Comme c'est souvent le cas, l'animal solaire est mis en rapport avec la sécheresse ; il faut, pour obtenir la pluie, tuer le cerf, et c'est le but de la danse du trot, si populaire au Cambodge, dans la région d'Angkor notamment. On ajoute, en d'autres contrées, que la pénétration du cerf dans un village annonce l'incendie et oblige à quitter les lieux. La même idée du cerf néfaste et porteur de sécheresse est connue de la Chine antique. On notera avec intérêt qu'Origène fait du cerf l'ennemi et le pourchasseur de serpents (c'est-à-dire l'ennemi du mal, expressément le symbole du Christ) ; mais le serpent est l'animal de la terre et de l'eau, à quoi s'oppose l'animal du ciel et du feu. Le cerf est comme l'aigle, dévoreur de serpents, signe éminemment favorable, mais bipolaire, car il détruit par le feu, la sécheresse asphyxiant tout ce qui vit de l'eau.

Saint Jean de la Croix attribue aux cerfs et aux daims deux effets différents de l'appétit concupiscible, l'un de timidité, l'autre de hardiesse, fonction de l'attitude supposée de ces animaux en face de leurs désirs.

Les innombrables cerfs et biches en liberté, à Nara, au contraire, par leur totale absence de crainte, évoquent une sorte de retour à la pureté primordiale, qui comporte la familiarité avec les animaux. Le daim a la particularité de poser ses sabots de derrière dans l'empreinte des sabots de devant : ce qui symboliserait la manière dont on doit suivre la voie des Ancêtres ; on touche ici au symbolisme de la chasse.

Il existe encore d'autres significations, d'intérêt moindre, comme l'attribution par les Chinois au bois de cerf d'une vertu aphrodisiaque. Ce qui n'est pourtant pas indifférent, dans la mesure où cette drogue est censée nourrir le yang : nous nous approchons des techniques d'immortalité? On trouve aussi mention d'un symbole de longévité, mais surtout de prospérité, fondé sur les habituels calembours populaires, car lou signifie à la fois cerf et émoluments. Quand il est ainsi l'image de rémunération, il est généralement accompagné d'un pin (longévité) et d'une chauve-souris (bonheur).

Dans l'iconographie mythologique gréco-romaine, les cerfs sont attelés au char de la déesse Artémis (Diane), qui les dirige avec des rênes d'or. Sans doute doivent-ils ce privilège à leur agilité. Diane de Poitiers, souvent représentée en compagnie d'un cerf, avec une devise, qui pourrait être celle de la déesse chasseresse : quodcumque petit consquitur (elle obtient tout ce qu'elle désire).

Le cerf est souvent associé à la gazelle dans l'Ecriture Sainte. A propos de leur relation, Origène remarque que la gazelle possède un œil perçant et que le cerf est tueur de serpents et les fait sortir de leurs trous grâce au souffle de ses narines. Origène compare le Christ à une gazelle selon la theoria et à un cerf selon ses œuvres, la praxis (Homélie III sur le Cantique des Cantiques).

Chez les anciens Hébreux, le mot cerf 'ayyâl, dérive du terme 'ayil signifiant bélier ; le cerf est souvent considéré comme une sorte de grand bélier ou plutôt de bouc sauvage, d'où les diverses traductions de la Vulgate.

Le cerf symbolise la rapidité, les bonds. Quand il a soif et quand il cherche une compagne son appel rauque et sauvage apparaît irrésistible ; d'où sa comparaison avec le Christ appelant l'âme, et l'âme-épouse recherchant son époux. Le cerf symbolise aussi bien l'Époux divin, prompt et infatigable à la poursuite des âmes, ses épouses, que l'âme elle-même recherchant la source divine où se désaltérer.

Certaines œuvres d'art ont fait du cerf le symbole du tempérament mélancolique, en raison sans doute de son goût pour la solitude. On trouve parfois un cerf atteint d'une flèche, avec dans la bouche une herbe dont il attend la guérison. La légende nous laisse entendre que son mal est incurable, malum immedicabile. Il s'agit évidemment d'un mal d'amant, et la source est Ovide qui, dans ses Métamorphoses (I, 523), fait dire à Apollon, quand Daphné lui échappe : Malheur à moi, dont l'amour ne saurait être guéri par aucune herbe ).

Des écrivains et des artistes ont fait du cerf un symbole de prudence, parce qu'il fuit dans le sens du vent qui emporte son odeur, et qu'il reconnaît d'instinct les plantes médicinales. Symbole aussi d'ardeur sexuelle, il figure près du couple d'Aphrodite et d'Adonis, près de Suzanne au bain, épiée par les vieillards, etc. ; de l'ouïe parce que, les oreilles dressées, il ne peut être approché sans qu'il entende le bruit ; de la poésie lyrique, parce qu'il se trouve auprès de la muse Erato qu'il aime ; de la musique au point de se coucher pour l'écouter et parce que ses bois sont en forme de lyre.

Le cerf ailé peut signifier la promptitude dans l'action. Mais si l'on interprète l'image en fonction de la symbolique de l'aile, c'est toute la symbolique du cerf qui se trouve alors élevée au niveau de la spiritualité : la prudence du saint, l'ardeur à s'unir à Dieu, l'attention à la parole et au souffle de l'Esprit, la sensibilité à la présence de Dieu.

Souvent associé à la licorne, le cerf est le symbole du mercure philosophal. Une planche du chef-d'oeuvre de Lambsprinck (XIVème siècle), la pierre philosophale, nous montre les deux animaux face à face dans un sous-bois. Le poème accompagnant cette Troisième figure révèle que le cerf symbolise le Mercure (aspect masculin) et l'Esprit ; la licorne est le Soufre (aspect féminin) et l'âme, tandis que la forêt est le Sel et le corps."

Pour approfondir la question lire la thèse d'un ami de Pierre Bury.

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Pour Nicki Scully, auteure de Méditations de l'animal pouvoir, Voyages chamaniques avec les alliés esprits (1991 et 2001 pour l'édition originale ; Guy Trédaniel Éditeur, 2002),


"Ce voyage est une initiation, dédiée à la Déesse, car le Cerf sert la Déesse. Il est son époux, et il aide tous ceux qui travaillent avec elle. Il est l'énergie masculine positive, un puissant allié qui fournit une expérience exceptionnelle de ce que peut être la véritable énergie masculine. Cette initiation a pour effet de nourrir votre troisième chakra, le centre de votre pouvoir et volonté personnels.

Dans ce voyage, vous rencontrerez le visage changeant d'un cerf / homme, l'une des premières représentations du "Dieu Cornu", qui était l'époux de la Déesse. Le Cerf représente l'énergie masculine qui est en nous tous et qui nous aide à manifester ce dont nous avons besoin dans ce monde. Il est fréquemment considéré comme une source de fertilité et de pouvoir. L'arborescence de ses cornes peut aussi désigner l'association avec les esprits de la forêt.

Grâce au Cerf, vous ferez la connaissance des lignes de force. Ce sont les voies qui dorment le système des méridiens de notre planète, par lesquelles l'énergie passe dans le champ de la surface de la Terre. La plupart des lieux de pouvoir du monde se trouvent à l'intersection des lignes de force. Stonehenge en est un exemple évident, la Grande Pyramide aussi. Quand vous devenez conscient des lignes de force, vous obtenez la conscience de la polarité et des flux dans le système écologique, et vous pouvez aligner vos énergies personnelles pour travailler avec celles de la Terre. Vous pouvez voyager le long de ces lignes pour visiter n'importe quel centre de pouvoir de la planète.

Le système de grilles qui est créé à partir de lignes de force participe à l'intégrité de la Terre. L'un des dangers de la technologie industrielle, c'est que les extractions, les forages, créent des déséquilibres dans la grille, provoquant des altérations et des blocages dans les flux d'énergie de la Terre.

Quand vous voyagez avec le Cerf, vous avez l'occasion d'apporter équilibre et vitalité énergétique au système des méridiens de votre corps qui est un reflet du système des lignes de force de la Terre.


Le Voyage du Cerf fait partie des "Voyages d'éveil. Ces voyages éveillent votre potentiel pour une conscience étendue, ouvrent les portes pour laisser entrer une nouvelle compréhension dans votre conscience. Savourez ces moments, et continuez à pratiquer ces voyages comme des méditations, pour catalyser encore de l'action et de la croissance dans votre vie.

Voyage du Cerf

[Faites l'alchimie...]

Thoth se dresse dans la brume, un corbeau posé sur son épaule. L'oiseau vient se poser sur la vôtre, et vous sentez son poids et remarquez le noir luisant de ses plumes.

Un chemin sort de la brume qui s'ouvre devant vos pas. Vous le suivez, et vous tombez sur un portail rectangulaire. traversez-le, et descendez jusqu'à un cercle de grandes pierres. Certaines sont tombées et fendues, tandis que d'autres sont toujours dressées, mais très usées. Au centre du cercle, il y a une dalle plate avec un cercle dessiné dessus. Le corbeau quitte votre épaule et se pose sur une pierre. Il vous adresse un regard intense, sans ciller, et vous demande si vous êtes prêt, et désireux de recevoir cette initiation, qui sera pour l'interconnexion des grilles du monde, les lignes de force, et celles de votre corps, vos méridiens, ou lignes du chi.

Si votre cœur répond oui, détendez-vous et allongez-vous sur le dos, sur la pierre. (S'il répond non, revenez, et attendez pour faire ce voyage qu'il se sente en accord. Prenez le temps de parler à Thoth.) Le corbeau s'en va, aussi vous pouvez vous allonger sur le cercle. Vous sentez la présence de quelqu'un qui se tient derrière vous...

Il y a une légère pression, ou un léger contact, sur votre gorge, tandis qu'un morceau des bois du Cerf, de la forme d'un couteau, est posée en travers d'elle. Vous vous retrouvez en train de regarder le visage d'un homme compatissant. Il est un archétype de l'énergie masculine qui sert la Déesse. Tandis que vous scrutez son visage, celle-ci se métamorphose ; et vous cessez de voir l'homme incroyablement sage, savant et bon, pour regarder le visage primitif, impénétrable, animal, du Cerf.

Il vous aide à vous relever et vous montre à nouveau le cercle. Toutes les pierres sont maintenant dressées. Prenez le temps de faire l'expérience des flux d'énergie dans votre propre corps... [Pause] Regardez au-delà des pierres et sentez l'énergie vibrer le long des lignes, guérissant la terre et les gens... [Pause]

Le Cerf vous bénit pour votre engagement et vous emmène dans un autre voyage, parcourant les lignes de force jusqu'à un certain lieu de pouvoir. Ce peut être un temple ou une configuration naturelle spéciale. Vous entreprenez profondément ce voyage, qui est en vous-même, où vous voyez le reflet des méridiens de la Terre dans votre propre corps. Le corbeau est avec vous et le Cerf... [Longue pause]

Thoth vous rejoint quand le moment est venu. Discutez de votre expérience avec lui avant de revenir dans votre corps... [Veillez à vous enraciner et à vous centrer...]

Mot clef : Initiation aux lignes de force."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


C'est un animal mythique que l'on honorait surtout dans l'Antiquité, mais aussi au Moyen Âge, à une époque où pénétrer dans l'univers de la forêt, croiser ou chasser le cerf étaient encore de vraies aventures.

Aujourd'hui, il est toujours aussi rare de voir un cerf dans une forêt ou de l'entendre bramer, pour de tout autres raisons, hélas. Il n'en reste pas moins un animal mythique solaire assimilé à l'Arbre de Vie, le compagnon des dieux ou l'initiateur des hommes.

Symbole de puissance, de force spirituelle et de richesse matérielle, il apparaît dans un rêve comme un guide vous apportant une bonne nouvelle, un message, vous faisant l'annonce d'une naissance, d'une révélation, d'une prise de conscience, de l'irruption dans votre vie d'un être ou d'un événement exceptionnel."

D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group, 2006, traduction française Éditions Véga, 2006) :


"Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Innocence ; Féminité ; Gentillesse ; Séduction ; Amour ; Compassion ; Altruisme.


En tant que gardien ou protecteur

Protège à travers l'invisibilité ; Garde les nouveaux-nés.


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En tant que guérisseur

Conseille des environnements paisibles ; Encourage le renouvellement physique.


En tant qu'oracle ou augure

Fiez-vous à vos instincts ; Laissez aller à la colère et l'hostilité.


Mythes et contes

Bouddha a donné son premier enseignement au Parc aux cerfs de Sarnath (Inde). Nombre de cultures anciennes identifiaient le cerf à la renaissance, car ses bois tombent pour repousser ensuite. Les Japonais tenaient le cerf pour un intermédiaire entre les humains et les dieux.

Si le cerf est votre animal de pouvoir

Vous êtes extrêmement sensible, vous notez chez les gens et dans l'environnement des changements très subtils invisibles pour les autres. Dans une relation, vous entendez les non-dits. La nature et la campagne vous plaisent plus que la vie citadine. Lorsque vous êtes confronté à un défi, vous vous fiez vos instincts et décidez rapidement de l'action appropriée. Par moments, vous utilisez la séduction et l'apparence pour atteindre vos objectifs. A nos meilleurs moments, vous vous reposez sur l'amour et la compassion.


Demandez au cerf de vous aider :

  • à avoir des manières et des mouvements gracieux et aimables ;

  • à confirmer votre nature sensible et le besoin de sensibilité dans les relations ;

  • à appliquer le pouvoir de l'amour au règlement des problèmes à la maison, au travail et dans la communauté.

Accéder au pouvoir du cerf en :

  • écoutant attentivement les conversations avec les amis et la famille ;

  • décorant votre maison dans des teintes naturelles et neutres.

Le cerf tend à se nourrir à l'aube et au crépuscule à la lisière des bois, où il se fond le mieux dans le paysage. Il voit extrêmement bien dans un faible éclairage. Lorsqu'une situation est compliquée, faites appel à lui pour "voir" la vérité.


Élément Terre."

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