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  • Anne

Le Sapin





Étymologie :

  • SAPIN, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1165 « le bois de l'arbre » (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 18478) ; 2. ca 1179 « arbre à feuillage persistant » (Renart, éd. M. Roques, 771) ; 3. a) 1694 sentir le sapin « n'avoir plus longtemps à vivre » (Ac.) ; b) 1695 surtout de sapin « cercueil » (Regnard, Le Bal ds Œuvres, t. 2, p. 256 [éd. de 1830]) ; 1867 id. (Delvau) ; 4. 1723 « petite voiture, fiacre » (d'apr. Delesalle, Dict. arg.-fr. et fr.-arg., 1896). Du lat. sappinus « sorte de sapin », la forme anc. fr. sap (fin xie s., Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 2, p. 128), est issue d'un mot pré-lat. *sappus, qui a donné p. compos. avec le lat. pinus « pin » la forme sappinus (v. FEW t. 11, p. 216 ; REW, 7592).


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Symbolisme celte :


Selon le site http://www.notretemps.com/ :


"Le sapin, symbole de renouveau

La tradition du sapin s’est répandue progressivement au XVe siècle chez les protestants d’Allemagne et de Scandinavie. Les catholiques, eux, représentaient déjà la Nativité par une crèche. Avec son feuillage toujours vert, le conifère marque le triomphe du soleil sur l’hiver. Ses rameaux protégeaient la maison de la foudre et le bétail, des maladies. Les premières traces de vente de sapins à Noël ont été retrouvées en 1521, à Sélestat en Alsace.

Il faudra attendre 1738 pour qu’il trône à Versailles, sous l’impulsion de la Polonaise Marie Leszczynska. À partir de 1870, les émigrés d’Alsace-Lorraine transmettent leur tradition aux Français et, après 1945, il est offert en gage de paix entre États. Dès 1960, il fait son entrée dans la plupart des foyers. En 2014, 5,7 millions de sapins naturels ont été achetés par les ménages.

D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire se symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


"Dans l'esprit de nos ancêtres les Celtes et les Gaulois, cet arbre tenait un rôle quasi aussi important que le hêtre dont ils mettaient une bûche dans l'âtre, la nuit du solstice d'hiver, acte symbolique pour se protéger des foudres du ciel. Toutefois ils nommaient cette même nuit du 21 décembre "la nuit du sapin argenté". C'est la raison pour laquelle ils faisaient aussi souvent brûler une énorme bûche de sapin, voire même un sapin entier. Or ceux d'entre vous qui ont déjà vu un sapin brûler savent que les épines et la résine de cet arbre rendent sa combustion difficile et assez impressionnante.

Ainsi, en plus d'être associés aux notions d'immortalité et d'éternité, ces deux arbres furent récupérés pour fêter Noël : l'un étant présent dans nos assiettes, symboliquement s'entend, sous forme de bûche, l'autre jouant le rôle de l'arbre de Noël."

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Selon Terres Unsoeld, auteure de Chamanisme de la Lumière (Guy Trédaniel Éditeur, 2017), le Sapin est associé à :


Rite de passage : Naissance

Date de force : Solstice d'hiver

Étoile maîtresse : Véga.


Rite de passage : Naissance

Dans le Zodiaque des Arbres, si notre soleil, la lune ou notre date de Force est conjointe à 7° de Véga, alors nous avons choisi l'expérience de l'Initiation de la Naissance. C'est au moment où notre âme pénètre dans le corps que nous décidons ou refusons de naître. Cela se passe entre le moment de l'incarnation (au 5e mois de la grossesse) et la Naissance.

L'Arbre Maître associé à la Naissance est le Sapin. Il offre la douceur, la souplesse et de l'amour pour notre voyage. Il nous rappelle que la création est un acte divin. Du néant jaillit la Lumière et de la Lumière, vient la vie.

L’Étoile maîtresse est Véga qui brille comme notre boussole, elle nous maintient dans l'axe direct et vrai de notre chemin. La date de Force est le Solstice d'Hiver, quand le soleil se tient immobile dans le ciel, avant de recommencer sa course vers l'été.

Posez-vous la question : "Ai-je choisi de naître ?"

La Naissance est une initiation puissante. Il faut un grand acte de volonté pour venir au monde. Ce processus est un miracle. Le bébé est âgé de cinq mois dans le ventre de notre mère, quand son âme commence le processus d'incarnation. Guidée par le feu divin, elle entre dans le champ d'énergie de la mère. Notre présence éthérique active tous ses corps subtils. Nous scannons tous ses niveaux de conscience : causal (l'âme), mental, astral (émotionnel), énergétique (éthérique) et physique. Nous connaissons son histoire. Nous sentons ce que nous avons choisi. C'est l'Initiation du Sapin. On nous offre l'occasion de voir le présent de notre Naissance.

Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls. Nous avons des aides de tous les côtés. Un cercle d'anges et de fées veille sur nous. Un cercle de Lumière bleu ciel nous protège. L'énergie-Lumière du Sapin nous renforce. Elle aide la mère et l'enfant à s'harmoniser pour travailler ensemble dans l'acte sacré de la Naissance.

Nous réalisons que nous sommes aimés et que nous avons été choisis. Nous avons été choisis par le Feu Divin de notre âme avant de naître. Notre âme choisit d'atterrir dans le ventre de notre mère. Nous choisissons d'être nés dans le jardin sacré de la Mère Terre. Nous avons choisi de naître, bien, que la plupart d'entre nous ne s'en souviennent pas.


"Je me souviens ne pas vouloir naître. J'ai tenu aussi longtemps que possible. Ils ont dû faire une césarienne, car ils pensaient que le processus était trop lent. Toute ma vie, j'ai pensé que je ne voulais pas vivre.

Quand je suis arrivée à Tama-Do, je me suis aperçue que ce n'était pas le problème. Je voulais naître naturellement, quand c'était le moment ! Ce fut la césarienne qui me dérangea, pas la vie. J'ai toujours voulu vivre. Mais je voulais le faire à mes conditions.

Revisiter ma naissance avec le Sapin m'a aidée à lâcher prise.

J'ai compris que ma mère 'avait tout simplement pas un canal assez large pour permettre mon passage. Je peux voir maintenant que chacun a fait la meilleure chose possible. La césarienne m'a sauvé la vie." Betsy Jane.


"Je suis née prématurée. J'ai été dans un incubateur pendant deux mois et demi.

Il n'y avait pas de contact physique avec ma mère ou quelqu'un d'autre.

C'était juste moi, la Lumière dorée et un amour inconditionnel indescriptible qui m'enveloppait tout autour.

A travers le voyage Chamanique de la Lumière, on m'a rappelé que j'étais censée passer plus de temps avec le monde Invisible, avant d'être née.

Cela m'a aidée des années plus tard à voir qu'il n'y avait vraiment pas de séparation, ce qui souvent m'a mise au défi sur le plan physique.

Je vis dans les deux mondes." Larissa.


La Date de Force : Le Solstice d'Hiver

Le Solstice d'Hiver marque la nuit la plus longue de l'année. C'est le moment le plus calme, où le temps se fige et le soleil reste à la même place pendant trois jours. Nous prenons ce moment pour "voir à travers le voile"... saisir notre vérité. C'est le temps de raviver notre feu spirituel. Comme l'acte de création - du néant - vient la Lumière.

De toutes les célébrations, le Solstice d'hiver avec l'entrée du soleil en Capricorne, est le moment de croire et de célébrer la lumière. Les peuples du Nord appellent ce moment Alban Arthan, la Lumière d'Arthur. C'est le moment où nous voyageons au plus profond de nos racines - vers la terre des ancêtres - pour retrouver le Saint-Graal dans notre âme. Si le Solstice d'hiver est notre date de Force , dans son silence, nos cœurs se remplissent de poésie, d'harmonie et de musique).

L’Étoile Maîtresse : Véga

Dans l'Académie Tama-Do, nous relions le Solstice d'hiver à Véga, l'étoile du Nord. Véga nous guide - en devenant plus lumineuse que le soleil lui-même. Nous continuons notre chemin vers la Lumière. Et même à travers le royaume de la nuit au milieu de l'hiver, notre feu spirituel se lève - pour éclairer le chemin. Notre âme renaît - incarnée dans l'espace ciel et terre. Nous nous ouvrons à la pulsation de la nouvelle vie qui commence un jour après la plus longue nuit de l'année. Nos rêves suivent le soleil qui commence son voyage de retour vers l'horizon au nord de l'été.

Purification d'Hiver

Rassemblez des branches de sapin qui ont été offertes après une tempête trois jours avant la pleine lune précédant le Solstice d'hiver. (Merci de ne pas les couper, ramassez ce que vous trouvez sur le sol.)

Placez-les partout dans votre maison.

Décorez-les avec des symboles de Lumière.

Durant la pleine lune suivant le Solstice d'hiver,

Faites brûler quelques petites branches séchées.

Le filet de fumée qui monte de la flamme est l'âme du Sapin, offrant de purifier votre chemin vers la nouvelle année. Rendez grâce à son esprit généreux.

Sentez comme l'obscurité de l'hiver se transforme en Lumière.


[Correspondances] :

Naissance

Corps physique

Solstice d'hiver Véga

Nord.

[...] Par sa douceur, le sapin favorise la respiration et la circulation. Marchez près d'un sapin et sentez ses branches vous tendre la main. Sa légèreté d'être, nous élève vers le ciel. Le sapin aime les gens. C'est un Arbre de Lumière. Nous l'utilisons comme bûche de Noël. on le laissait brûler pendant les jours les plus sombres de l'année. Il purifie l'ancien et apporte le nouveau. Son bois tendre est utilisé pour les planchers des salles de danse, donnant des ressorts aux jambes des danseurs.

Le sapin a la force intérieure d'atteindre la Lumière. Sa verticalité nous soulève. Tenez-vous dans le Cercle sacré d'un bosquet de sapins et sentez la Lumière dorée émanant des étoiles. Sentez l'amour du Divin envers ses enfants.

Les elfes et les fées aiment le sapin. Son énergie est fluide et flexible, douce et affectueuse. Son aura donne le souffle aux nouvelles pensées et stimule la créativité. Nous nous sentons en vie ! Nous pouvons respirer ! Nous spiralons vers la Lumière.


Interprétation :

La carte du Sapin nous rappelle de croire au miracle de notre naissance. Il est temps de renouer avec le cercle des anges et des fées qui ont veillé sur nous depuis que nous sommes nés. Il est temps de recommencer. Nous nous ouvrons à l'amour du Sapin, sachant que nous avons été choisis et aimés dans la Lumière du Divin.


Mythologie et Magie :

A travers l'Europe du Nord, le sapin a toujours été l'arbre de la naissance. Les arbres à feuilles persistantes représentaient l'immortalité de l'âme. Le sapin protégeait le début de la vie. A la naissance, la mère et l'enfant étaient bénis avec une bougie de sapin, portée trois fois autour du lit - invoquant les anges et les fées de "veiller sur eux", 3 x 3 x 3". Pour Artémis, déesse de la lune et patronne de l'enfance, le sapin était sacré. C’était la déesse de la nature et de l'accouchement, et elle protégeait les filles jusqu'à leur mariage.

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Symbolisme onirique :


Selon Georges Romey, auteur du Dictionnaire de la Symbolique, le vocabulaire fondamental des rêves, Tome 1 : couleurs, minéraux, métaux, végétaux, animaux (Albin Michel, 1995),


Au terme de l'exploration des rêves dans lesquels apparaît le sapin, le chercheur se sent d'abord perplexe. Il est rare qu'au fil des investigations, les principaux axes de l'interprétation ne se dégagent pas progressivement aux yeux de l'observateur. En ce qui concerne le sapin nous avons dû augmenter de moitié le nombre de rêves constituant le champ d'analyse habituel sans que soit dissipée une sorte de sombre mystère entourant le symbole. Sombre est d'ailleurs, avec le mot noir, l'un des termes qui reviennent le plus fréquemment dans l'environnement onirique du sapin.

Pourquoi cette image, qui prend la seconde place parmi les arbres cités dans le rêve éveillé, qui surgit si spontanément dans les dessins d'enfants, tellement disponible aussi sous le regard des patients européens, pourquoi cette image s'entoure-t-elle d'un brouillard qui tend à la dérober aux efforts d'élucidation ? Pourquoi les auteurs qui font référence dans le domaine symbolique gardent-ils - exception faite de Gaston Bachelard - un silence presque total à propos du sapin ?

Les corrélations relevées autour du symbole ne manquent ni de force ni d'originalité. Elles sont, en outre, assez nombreuses mais déconcertantes et ce n'est qu'au terme d'une réflexion soutenue que l'on peut espérer atteindre une interprétation de synthèse. Si le palmier, arbre du sud, étend la touffe indolente de ses palmes sous le soleil de la plage ou celui du désert, le sapin, qui le suit à courte distance dans le classement par fréquence d'apparition, dresse sa verticalité offensive, triangulaire, dans les régions du nord. Le sapin du rêve est lié à la neige mais aussi, nous le montrerons, la terre labourée.Un sapin imaginaire vit avant tut par la cime. Si l'arbre est un symbole du psychisme ascensionnel, une image vivante de la verticalité ascendante, le sapin est le plus vertical de tous les arbres. Le patient bien installé dans la dynamique de son rêve accueille aisément l'image d'un sapin infini, d'un sapin dont la cime est en éternelle croissance.

Une vision de palmier incite à creuser le sable, à descendre dans les eaux maternelles. L'image du sapin paraît inviter à la conquête du ciel. En première analyse, le sapin semble l'illustration parfaite de la pensée de Gaston Bachelard sur les vertus du mouvement ascendant.

Le sapin appelle des associations maussades. Le froid, le loup, la boue, la saleté, le noir, le sombre environnent le sapin imaginaire. Certains scénarios se développent en totalité autour d'un sapin solitaire. Le rêve, alors, déploie toutes ses images par rapport à l'arbre sans que, pour autant, le sens en soit clairement accessible. d'autres séances évoquent une forêt de sapins, généralement sombre et dense. Les corrélations les plus spécifiques - voire les plus étranges - se retrouvent dans un cas comme dans l'autre.

Deux patientes vont fournir des séquences qui éclairent l'un des aspects les plus inattendus du symbole. marie-Thérèse, après un long silence, commence son rêve par ces mots : "C'est un sapin... très symétrique, très droit... il est sombre... il est vraiment comme un dessin d'enfant, pointu, les traits bien droits..." Le rêve se déroule ensuite pendant plus de vingt-cinq minutes sur des thèmes variés que rien ne paraît rattacher à l'image du sapin. Pourtant c'est sur cet arbre que le scénario va revenir, avec insistance, et s'achever. Le lecteur doit ici se rappeler que lorsqu'un scénario s'achève sur des symboles présentant des équivalences de sens avec les images par lesquelles il a commencé, cela signifie une action majeure de la dynamique d'évolution.

Marie-Thérèse vient de garder le silence de façon prolongée et reprend soudain la parole : "... Là, ça pourrait être une forêt de sapins, mais sous la neige quoi ! Et vue de loin. C'est bizarre... avec des branches couvertes de neige, ça prend la forme d'un troupeau de moutons... comme des dos de moutons... un troupeau de moutons en mouvement hein !... Et là, j'ai l'impression de les voir d'un peu plus près et c'est curieux : alors que d'habitude les moutons vont tous dans le même sens, là chacun cherche sa direction... et, maintenant, je vois un croisement, un point central avec quatre routes... non ! Pas de routes mais quatre directions... c'est pas une croix droite, mais le signe de la multiplication, de biais quoi, un X... et ça s'inscrit maintenant dans un cercle en mouvement, un chapelet de petits cailloux qui tournent autour, à toute vitesse..."

Avant d'aborder l'explication de pareilles images, il est préférable d'en rapprocher celles que propose la cinquième séance de Lise : "... J'ai vu quelque chose qui ressemblait à une pousse d'aubépine, mais, après, c'est devenu un sapin... j'ai l'impression qu'il y a seulement quatre branches, disposées comme une croix, ou plutôt un X... en fait ça se présente comme les ailes d'un moulin... et, maintenant, ce tronc s'allonge, s'allonge et les branches sont poussées vers le haut. Et vers le bas, aux deux tiers du tronc, il y a une sorte de couronne, très large, qui ceinture le tronc... comme une couronne de lierre avec plein de petites baies... y a du jaune, du rouge sur cette couronne-là... avec un gros bourrelet de mousse... le tronc s'est encore allongé... [...] Le sommet de l'arbre, où est la croix, s'étire encore... s'étire vers le haut... y a maintenant une étoile argentée qui se met au sommet... impression que ça s'étire... que ça s'étire indéfiniment... en fait ça devient une coupole de mosquée avec, au-dessus encore, une flèche... ah ! Je ne trouve pas le mot... cette flèche qui sert à indiquer la direction des vents... Ah ! Oui, la girouette... le mot girouette m'angoisse, enfin, m'inquiète... je crois que je m'arrête là..."

La ressemblance de ces extraits est d'autant plus troublante que Marie-Thérèse et Lise ne sont pas les seules à rassembler des images similaires. Quelle signification accorder à cet X associé au sapin ? Certes, le sapin type est probablement la variété communément appelée « sapin de croix », qui fournit la quasi-totalité des arbres de Noël et dont les branches, opposées deux à deux, se répartissent dans quatre directions horizontales de l'espace. On serait enclin, à partir de cette observation, à se laisser renvoyer à l'arbre-croix de la symbolique mystique. Un arbre qui s'étire indéfiniment vers le ciel et dont le sommet se pare d'une étoile peut-il se soustraire intégralement à cette interprétation ? Cependant, dans les exemples produits, comme dans plusieurs autres, il ne s'agit pas de la croix mais bien d'un X, Marie-Thérèse le désigne comme le signe de la multiplication, ce qui est un moyen de se faire comprendre, mais cette croix biaisée est en fait un signe de contradiction, de négation, de barrage, d'interdit. Il est symptomatique que parmi les termes associés au sapin, on observe les mots barrage, barrière, mur.

C'est le moment de se souvenir que l'arbre – nous le développons dans l’article consacré au palmier – symbolise la puissance de vie féminine et plus particulièrement dans sa forme maternelle. Dans les deux rêves d'où sont extraites les séquences qui précèdent, nombre de symboles représentant la mère viennent confirmer cette proposition. Toutes les patientes, en particulier, qui produisent ce type d'images, sont au début d'un cheminement qui aboutira à la réhabilitation de l'image maternelle. Dès lors, le côté sombre du sapin, son port rigide, le froid qui l'entoure, la boue dans laquelle patauge fréquemment le patient engagé dans la sapinière du rêve apparaissent comme autant d'indices d'une situation névrotique reliée à l'altération de la relation à l'image de la mère. Un sapin qui s'étire vers le ciel éloigne la pensée de son enracinement. De telles images, loin de témoigner d'un aspiration à la spiritualité, pourraient bien dénoncer le refus de reconnaître le sentiment de souffrance engendré par une relation conflictuelle à la racine maternelle.

Si ce sont les patientes qui déploient autour du sapin les structures oniriques les plus complexes, bien des inspirations masculines témoignent aussi, par des images simples et précises, de l'association du sapin et de la mère. Hervé commence ainsi son cinquième scénario : « Je vois un sapin qui se découpe sur un disque de lune... en superposition, il y a un masque, un visage superposé à l'image du sapin... ça me rappelle une photo que j'avais faite de ma mère, comme ça, en double impression... » Médecin, très attaché à la rationalité, Hervé, en ce début de cure, est aussi peu instruit que possible du sens des symboles. Cette expression spontanée n'en est que plus probante.

Une analyse qui s'orienterait à priori sur la verticalité n'aurait pas trop de peine à découvrir quelques images de sapins croissant en des altitudes rocheuses. Mais, en s'arrêtant sur de tels clichés, elle trahirait l'objectivité d'une recherche appuyée sur les faits. Ceux-ci proposent une abondance de sapins associés, non au sol pierreux de la montagne, mais bien au contraire à la terre riche, labourée, féconde. Le sillon fraîchement creusé, l'herbe grasse, sont bien plus fréquents dans ces rêves que l'aridité rocailleuse. Nous sommes tentés de traduire ces associations comme l'un des signes de la disposition du patient à vivre une relation nouvelle,positive, à l'image maternelle.

Un très beau rêve de Martine, trop long pour être rapporté, commence sur des visions de sapin très semblables à celles de Marie-Thérèse et de Lise. Près du sapin, Marine rencontre un vieux sage, un ermite, qui lui propose son aide. Au pied de l'arbre, la terre a été labourée et les sillons dessinent une étoile. Le vieux sage se place au centre de l'étoile, prend dans ses mains les pieds de Marine et la fait tourner autour de lui, très vite « comme si j'étais l'aiguille d'une boussole, cela doit me permettre de trouver la bonne direction ». Lorsque le vieux sage est apparu, Marine était enfermée dans une cage « comme une bête, sale, vêtue d'une vieille toile ». La bonne direction est indiquée par des hiéroglyphes tracés sur le sol et qui représentent une étoile protégée par deux croissants de lune, horizontaux, l'un s'offrant comme un berceau et l'autre comme le toit de ce berceau. Alors Marine se retrouve propre et purifiée. Lorsqu'on sait l'intensité du rôle d'un symbole tel que la lune en croissant dans la dynamique de rétablissement d'une relation positive à l'image maternelle, lorsqu'on voit des images équivalentes se multiplier dans les rêves où s'élève le sapin, on ne peut plus douter de l'intérêt de porter sur cet axe l'effort d'élucidation. D'autres visions de sapins dont la cime se balance, sur fond de lune et d'étoiles, avec régularité « comme un métronome » viennent renforcer, par la notion du rythmique, la résonance maternelle du symbole.

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Lorsque le sapin paraît dans le rêve, il y a donc lieu de soupçonner un état de profonde insatisfaction du rêveur dans son rapport à l'image maternelle. Les justifications intellectuelles déployées pour nier la souffrance ne font qu'alimenter le sentiment de culpabilité qui découle de cette situation. Les signes d'élévation spirituelle – même s'ils traduisent une recherche sincère – ne sont le plus souvent que des masques posés sur une erreur d'attitude. Une cime trop haute trahit la crainte de regarder l'état des racines, de reconnaître le besoin de vivre en contact avec la terre mère. L'étoile du devenir n'est pas toujours dan le ciel. C'est pourquoi Marine la trouve tracée par les sillons.

Lise s'inquiète avec raison, à la fin de son rêve, devant l'image de la girouette, « cette flèche qui indique la direction ». Un sapin a vocation d'indicateur. Comme la girouette au sommet du clocher de l'église il place le rêveur devant une énigme directionnelle. Il montre le chemin du ciel, la route de l'imprévisible devenir, mais, dans le même temps, il manifeste des signes d'interdiction. L'analyste sagace aidera le patient à comprendre qu'il n'y a pas d'authentique avancée spirituelle tant que ne sont pas effacées les altérations du rapport à l’image maternelle par la dissipation de la situation œdipienne. C'est le message du sapin.

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Ogham :


Voir la fiche dédiée à l'Ogham Ailm.

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),


"Les Roumains plaçaient dans la cour des fiancées un sapin de la taille du futur marié puis chantaient et dansaient gaiement autour de l'arbre pour éloigner tout malheur sur le couple. [... On peut en effet considérer] le sapin pectiné (Abies alba) comme l'arbre à bonheur.


Un ange sur le toit : Sa verdeur persistante au milieu de l'hiver symbolise la vie éternelle. S'appuyant sur cette image bénéfique, les Chinois couchaient leurs enfants dans des berceaux en bois de sapin pour leur accorder une bonne santé. En Savoie, l'arbre passait pour protéger de la foudre et des sorciers. Les bergers et les bûcherons taillaient une partie d'un sapin à cinq rameaux en forme de main et l’accrochaient au-dessus de la porte de leur logis. Une coutume allemande vise encore aujourd'hui à fixer sur le toit des maisons nouvellement construites une couronne de verdure ou un sapin pour porter chance aux habitants. Jadis, le maître charpentier opérait ce rituel en attachant à la charpente un sapin décoré de rubans. Il disséminait quelques pièces et fruits secs sur le faite afin de favoriser l'abondance et la prospérité sur la maison puis souhaitait tout le bonheur du monde aux propriétaires en buvant à leur santé. Il jetait enfin son verre sur le sol ou dans le tas de fumier aussi délicatement que possible. Car si le récipient restait intact, les vœux exprimés en faveur des nouveaux propriétaires avaient toutes les chances de se réaliser.


C'est Noël et comme chaque année... Initialement décoré de pommes rouges et de bougies, le sapin symbolisait le renouveau, l'abondance et la lumière. Véritable porte-bonheur pour les Allemands, l'arbre placé dans la maison écartait la foudre tandis que les vêtements battus avec ses branches étaient immunisés contre les maladies. Avant de vous gaver de galette des rois, pensez à enlever votre sapin avant l’Épiphanie, sans quoi, un décès pourrait advenir au sein de votre famille.


Température augurale : Les Russes et Ukrainiens croyaient en l'existence du bannik, un lutin hargneux demeurant dans l'espace consacré au bain. Pour calmer son caractère lunatique et éviter qu'il ne sème des maladies dans ces lieux en créant des courants d'air froid, on lui offrait des branches de sapin, une savonnette et de l'eau. La veille de Noël, la gent féminine slave, munie de rameaux de l'arbre, se rendait dans ces cabines de bain. Si un souffle chaud caressait leur visage, l'année suivante leur serait favorable, mais si l'effleurement était froid, l'infortune serait leur pain quotidien...


Comme un parfum d'amour : Est-ce l'odeur agréablement parfumée ou la douceur de ses aiguilles qui inspirèrent certains peuples de l'Est à associer le sapin à l'amour ? Toujours est-il qu'en Allemagne, les nouveaux époux à la tête du cortège nuptial tenaient une branche de sapin ornée de bougies et qu'en certains endroits du pays, le jeune arbre était planté devant la demeure où se déroulait le mariage en signe de fécondité. On retrouve une tradition analogue en France où des arcs de triomphe façonnés avec des sapins étaient placés devant la porte des nouveaux époux."

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Mythes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le sapin pectiné (abies alba) promet un "Noël féerique".


Comment couper un sapin ? Jadis, quand approchait Noël, chaque montagnard parcourait les forêts afin de trouver un beau sapin sous lequel déposer les cadeaux de fin d'année. Soucieuses de la survie de l'arbre, certaines personnes préféraient le déraciner plutôt que de le scier. Ainsi pouvaient-elle lui donner une seconde chance en le replantant dans le jardin après les fêtes. Mais les Russes et les Allemands coupaient prudemment le tronc des sapins à leur base. Car selon une tradition commune à ces deux pays, la souche d'un tel arbre pouvait être habitée par un elfe. Extirper de terre les racines revenait à blesser l'être féerique et à partager sa souffrance et une grande faiblesse. On raconte qu'une paysanne, ignorant ce principe, commit l'irréparable. Après plusieurs jours de tourments, elle périt au même instant que l'elfe.

Le thème de l'arbre arraché à la terre est commun aux superstitions de plusieurs pays. Les folklores suisse et tyrolien représentent par exemple le Génie de la forêt avec un sapin déraciné dans sa main. Cette créature passe pour vivre dans les arbres de cette espèce, de préférence les plus âgés. Lorsqu'un bûcheron attaque un tronc "habité", elle gémit et supplie l'homme de laisser sa demeure debout.


Des aiguilles pour défense : Il est des êtres de féerie qui, par leurs taquineries et agaceries perpétuelles, peuvent briser la quiétude d'une maisonnée. Pour chasser ces importuns, les Russes leur demandaient de comptabiliser le nombre exact d'aiguilles de sapin accumulées en un grand tas pour l'occasion. cette tâche longue et fastidieuse décourageait les êtres qui se promettaient de ne jamais remettre les pieds dans cette demeure où l'on manquait cruellement de sens de l'humour... Les Slaves doivent aussi essayer de composer avec le Bannik, un lutin passant tout son temps dans les maisons de bains. Manquer de respect à cet être revient, entre autres calamités, à s'exposer à des maladies provoquées par des courants d'air. Pour amadouer cet esprit, les humains lui offrent du savon accompagné de branches de sapin.

En France, le folkloriste Paul Sébillot révèle une méthode utilisée jadis en Savoie pour repousser les êtres malfaisants. La première étape est la plus difficile : trouver une branche de sapin dont la forme terminale évoque une main aux doigts écartés. Il faut alors enlever son écorce puis la tailler de manière à peaufiner la ressemblance. L'oeuvre peut alors être fixée au toit de la maison ou au-dessus de la porte, les "doigts" tendus vers le ciel pour arrêter les mauvais esprits. Force est de reconnaître que l'on se donnait bien moins de mal pour protéger le bétail. une simple branche de sapin était accrochée à la porte des granges mais les paysans garantissaient son efficacité.

En Alsace, le lac de Bölchen regorge d'étranges créatures telles qu'une gigantesque truite portant sur son dos un sapin. dans l'Ain et le Jura, les Sauvageons sont des esprits des bois qui se jettent d'une branche à l'autre pour perturber les bûcherons sciant les sapins.


Esprit perspicace : Il y a bien longtemps, un alchimiste taoïste légendaire du nom de Lu Tong-pin se rendit près d'un temple sans que nul homme rencontré sur son chemin le reconnaisse. Alors qu'il en éprouvait quelque chagrin, il vit un petit vieillard descendre de la cime d'un sapin voisin pour s'approcher de lui. La créature se présenta comme le génie de l'arbre et exprima son honneur à accueillir un personnage si important. Rasséréné, l'homme composa un quatrain pour lui témoigner sa reconnaissance.


Toujours accepter les cadeaux des fées : Dans une forêt de la Haute-Saône située au sommet du massif de la Planche-des-Belles-Filles, vivent douze fées fort aimables qui avaient jadis l'habitude d'assister aux veillées des villageois. quand les douze coups de minuit sonnaient au clocher de l'église, ces dames prenaient congé de leurs hôtes et rejoignaient les bois, refusant d'être accompagnées.

Or, une nuit, un jeune homme rongé par la curiosité suivit ces mystérieuses femmes pour découvrir leur demeure. ce qu'il vit le laissa pantois. Après s'être mutuellement souhaité une bonne nuit, chacune se glissant dans un tronc de sapin pour y dormir. Mais il n'est jamais prudent d'outrepasser la volonté des fées. Trois jours plus tard, lorsque le fureteur grimpa sur la cime d'un autre sapin pour y récolter de la poix, il fit une chute fatale...

A l'opposé et comme en témoigne l'histoire suivante, toute personne ayant un cœur pur et simple n'a rien à craindre de ces enchanteresses. Avisant un jour le cortège d'une noce, les douze fées firent don de rameaux de sapin à la mariée ainsi qu'à ses demoiselles d'honneur. Ces dernières regardèrent avec dédain les branchages avant de les jeter à terre. Seule l'épousée, touchée par la présence de ces créatures à son mariage, garda son cadeau. Le lendemain matin, quelle ne fut pas sa surprise de constater que celui-ci était devenu d'or. Apprenant cette transformation, ces compagnes revinrent sur leurs pas de la veille mais aucune ne put retrouver les fameuses branches abandonnées....

Observez bien la ramure des sapins durant les quatre semaines précédant le 25 décembre, vous aurez peut-être la chance de voir des branches en or ! Ces anomalies bienvenues apparaissent lorsque les fées de Noël, spécialisées dans la distribution des cadeaux, frôlent en plein vol la ramure des arbres. Une maladresse qui fait bien des heureux !


Illusion et confusion : C'est en Scandinavie, au cœur de la nature sauvage, que vivent les trolls, une race de géants primitifs. L'illustrateur norvégien Theodor Kittelsen a souvent représenté ces personnages de légende auxquels il était attaché. Celui qui nous intéresse plus particulièrement ici est le troll des montagnes dont le corps est recouvert d'une forêt d'épicéas, donnant l'illusion d'une colline boisée. On associe communément l'épicéa au sapin alors qu'il s'agit d'une espèce différente.


Des invités de fin d'année : A chaque Noël, les Suédois placent des représentations de lutins au pied de leur sapin ou les accrochent aux branches pour le décorer. ces petits bonhommes représentent les Tomtes, des êtres bénéfiques qui vivent sous la maison. Ils sont chargés de veiller sur les hommes et le bétail, et apportent les cadeaux de Noël.


Les sapins isolés passent pour être habités par des êtres féeriques. Voilà pourquoi ils sont particulièrement respectés. Les récoltes généreuses se morilles sont peut-être un de leurs cadeaux."

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Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Éditions du Seuil, février 2017) de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


"Platanos et Elaté, qu'un deuil infini pour leurs frères, les Aloades, enracine en sapin et platane, à l'instar des sœurs-peupliers de Phaéton" font partie des héroïnes de la mythologie grecques qui se transforment en arbres.

Paul Berret, dans Sous le signe des Dauphins, Contes et légendes du Dauphiné (Éditions des Régionalismes, 2008/2010) fait part de son admiration pour cet arbre montagnard :


"Je ne me suis jamais assis à l'ombre des hautes futaies de nos altitudes alpestres sans éprouver un sentiment de quiétude et de religiosité. Dans l'air paisible des cimes, ces sapins majestueux, forts de la puissante sève qui les gonfle, de cet or résineux qui conserve et guérit, communiquent à l'âme quelque chose de leur certitude et de leur sérénité.

L'on comprend que jadis des hommes qu'avaient meurtris les aventures d'une vie tumultueuse soient venus chercher dans ces forêts l'oubli du passé et l'apaisement de leurs souffrances morales. Que de Chartreuses se sont bâties dans ces lointains au cœur des sapinières et des hêtraies géantes de la montagne ! Que de fois ces arbres millénaires ont vu passer à leur pied les robes de bure blanche des Chartreux ou des Chartreuses priant Dieu dans le silence.


Et dans un autre conte, il en montre un autre aspect : "Il y a là [région qui s'étend dans la Drôme de Puy-Saint-Martin à Montségur] un plateau tragique, insoupçonné de ceux qui, le long du Rhône, cheminent sur les routes claires des rives ensoleillées, invisible pour ceux qui à l'ouest, s'attardent aux délices de fraîcheur du Saou ou du Diois ; plateau désolé où le chemin se prolonge à travers des bois de sapins épineux et rêches, des sapins rétractés, tordus en tous sens par le mistral, arbres minuscules aux formes étranges et fantastiques, pareils à autant de nains sournois et laids postés sur le bord de la route pour jeter maléfice au passant. Ça et là, dans cette forêt de gnomes, apparaissent des villages abandonnés, clochers sans cloches aux abat-sons démantelés où s'engouffre en sifflant la bise, maisons écroulées ou pans de murs encore debout laissant voir le vide des fenêtres excavées comme des orbites de spectre."

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Littérature :


Les sapins


Les sapins en bonnets pointus De longues robes revêtus Comme des astrologues Saluent leurs frères abattus Les bateaux qui sur le Rhin voguent


Dans les sept arts endoctrinés Par les vieux sapins leurs aînés Qui sont de grands poètes Ils se savent prédestinés


A briller plus que des planètes A briller doucement changés En étoiles et enneigés Aux Noëls bienheureuses Fêtes des sapins ensongés Aux longues branches langoureuses


Les sapins beaux musiciens Chantent des noëls anciens Au vent des soirs d' automne Ou bien graves magiciens Incantent le ciel quand il tonne


Des rangées de blancs chérubins Remplacent l'hiver les sapins Et balancent leurs ailes L' été ce sont de grands rabbins Ou bien de vieilles demoiselles


Sapins médecins divagants Ils vont offrant leurs bons onguents Quand la montagne accouche De temps en temps sous l'ouragan Un vieux sapin geint et se couche


Apollinaire, "Les Sapins" in Alcools, 1913.

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Christian Bobin évoque ainsi les sapins dans son ouvrage intitulé La Grande Vie (Éditions Gallimard, 2014) :


Les portes du temps le lendemain se rouvrent à nouveau. Cette fois, c'est dans la forêt, quand les sapins s'avancent à ma rencontre : ils sont noirs, sévères et insomniaques. Ils jettent une cape verte sur les épaules de Dieu.

Ce que j'appelle réfléchir : je dévisse ma tête, je la mets sur une étagère et je sors faire une promenade. A mon retour, la tête s'est allumée. La promenade dure une heure ou un an.

Les sapins, les grands sapins, est-ce qu'ils lisent le journal ?

Leur saisie intuitive du sens de la vie m'impressionne comme ces gens qui retiennent en eux une énorme lumière qu'ils ne connaissent pas et que parfois – le temps pour une porte de bâiller – ils donnent.

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