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  • Anne

Le Noyer



Étymologie :

  • NOYER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1150 « arbre qui produit des noix » peskiers ne periers ne noiers (Le conte de Floire et Blanchelor, éd. J. L. Leclanche, 2028) ; 1487 noyer (Vocab. lat.-fr., Genève, Loys Garbin) ; b) 1382-84 « bois de cet arbre utilisé en ébénisterie » un coffre de noier (Le Compte du Clos des Galées de Rouen, éd. Ch. Bréard, p. 17) ; 2. 1690 « nom donné à divers arbres de genres différents » noyer de Canada (Fur.). D'un lat. pop.*nucarius « noyer », dér. du lat. class. nux, v. noix.

  • NOIX, subst. fém.

Étymol. et Hist. I. 1. 1155 « fruit du noyer » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 13594). 1536 cuisse de noix « un des quartiers de la noix dépouillée de sa coquille » (C. Stephanus, Seminarum ds Roll. Flore t. 4, p. 48) ; 1520 joüer aux noix (G. Michel, Trad. Suetone, II, 85, vods Hug.) ; 1845 marcher comme sur des noix (Besch.) ; 2. ca 1179 « nom donné aux fruits qui ont quelque ressemblance avec la noix » noiz de coudre (Renart, éd. M. Roques, Br. I, 119) ; xiiie s. nois vomike (Régime du Corps de Maître Aldebrandin de Sienne, 55, 21 ds T.-L.) ; 1610 noix de cocos (v. coco1) ; 3. 1901 à la noix « sans valeur » (Bruant, p. 220) ; 4. 1915 « personne stupide » (Benjamin, loc. cit.) ; 1916 vieille noix (Barbusse, Feu, p.116) ; id. face de noix (Id., ibid., p. 34) ; 5. 1931 « petite quantité » (Giono, loc. cit.). II. P. anal. 1. technol. a) ca 1195 « roue avec encoche qui, dans une arbalète, retenait la corde tendue » (Ambroise, Guerre sainte, 3721 ds T.-L.) ; b) 1690 « partie du ressort (des anciennes armes à feu) courbé en demi-cercle » (Fur.) ; c) 1752 « petite poulie d'un rouet à travers laquelle on fait passer l'axe du fuseau » (Trév.) ; d) 1812 menuis. (Mozin-Biber) ; e) 1840 « clef d'un robinet » (Ac. Compl. 1842) ; f) 1908 « charbon » (Ratel, Prépar. mécan. minerais, p. 535) ; 2. a) 1690 « partie du gigot de mouton » (Fur.) ; b) 1762 « petite glande qui se trouve dans une épaule de veau » (Ac.) ; c) 1861 noix de côtelette (Carnet, Le Cuisinier modèle, Paris, Lefèvre, p. 162). Du lat. nux « tout fruit à écale et à amande », « noix », « noyer ».


Lire aussi les définitions de noyer et de noix pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Juglans > Jovis glans ; Gland de Jupiter ;




Botanique :


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Fleurs de Bach :


D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :


La fleur de noyer est préparée pour "Pour ceux qui ont des idéaux et ambitions bien définis dans la vie et les réalisent, mais qui en de rares occasions sont tentés de se laisser détourner de leurs propres idées, de leurs buts et de leur travail par l’enthousiasme, les convictions ou les fortes opinions des autres. Le remède donne constance et protection contre les influences extérieures."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur de noyer est "la fleur de la re-naissance" qui nous guide dans le processus de transformation "de l'influençabilité... vers une décision inébranlable".


Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

L'on ne peut trouver son accomplissement intérieur qu'en réalisant son plan de vie personnel. Afin de grimper sur l'échelle de la vie et d'atteindre la marche suivante, il faut tout d'abord ôter totalement le pied de la marche précédente.


Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

Je me décide à accorder dans chaque situation de ma vie, la totale priorité à mon guide intérieur. Quand j'aurai reconnu une nouvelle décision comme juste, je poursuivrai sa réalisation pas à pas, en restant en cela fidèle à moi-même.


Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif de Walnut s'accroît :

Je suis à même de vivre des changements et de nouveaux départs dans la vie en toute ingénuité, me laisser déstabiliser par l'extérieur. J'ai gagné en fermeté intérieure, ma force de caractère s'en trouve accrue.


État d'âme négatif : Influençabilité : Au commencement d'une nouvelle phase d'évolution intérieure, ou lors d'un changement décisif dans ses habitudes d'existence, on se laisse influencer et on doute de sa décision.

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Selon le site http://lesouffledessimples.com/, le noyer pourrait s'exprimer ainsi :


Avec moi il n'y a aucune séparation, je suis partout, devant vous, derrière vous, à votre droite, à votre gauche, je suis l'arbre qui fait fleurir le changement : un être complet.

Lorsqu'on arrive à moi, on me développe en soi, on se dissout dans une ardente présence.

Celui qui m'accueille devient concave comme la coque d'une noix qui flotte sur l'eau, ouvert à l'univers, prêt à tout.

Passions, révoltes, pensées ne font plus là obstacles à l'existence, le mouvement est entré dans la danse de la joie de la vie.

Ici le corps accepte la mort car il déborde de vie, par cette paix le cœur apprend à aimer, et les pensées obéissent.

Je suis tout entier dévoué à la fleur éphémère qui n'a de cesse de naître vers le possible de toutes réalisations.

Avec moi les rêves prennent forme.

Il venait probablement à l'origine de Perse (l'Iran moderne) et de l'Inde du Nord.

Son nom latin lui donne de l'importance : regia comme dans royal et juglans comme pour "Jovis glans" ou noix de Jupiter.

A l'âge d'or, il semble que les mortels mangeaient des glands et les dieux, des noix.


Par son élixir :

Ed Bach dit : "Ce remède, donne de la constance et protège des influences extérieures".

Le Noyer est lié aux passages et aux phases de développement. Cet élixir nous élève vers nos réalisations, accompagne nos phases de maturité et de changement.

Son emploi permet un retour à une sensibilité stable et constructive.

Le Noyer nous aide à faire le saut dans la vie : briser les vieilles croyances, pousser les limites et les restrictions. Il est l'ami des périodes d'évolution comme la dentition, la puberté, la ménopause, un changement de vie.


Mots-clefs : Ouverture – Équilibre – Puissance.

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Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Dans la tradition grecque, le noyer est lié au don de prophétie. Un culte était rendu à Artémis Caryatis, qui fut aimée de Dionysos, douée de clairvoyance et changée en noyer, aux fruits féconds.

Quelques glossaires irlandais traduisent le nom d'Eithne, allégorie féminine de l'Irlande, par noix, assimilant l'anthroponyme au substantif eitne. L'étymologie est purement analogique sans valeur linguistique, mais elle fait penser à une conception analogue à celle de l’œuf cosmique ; l'Irlande est en effet un macrocosme en réduction. La noisette est aussi un fruit de science."

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


"Cet arbre nous renvoie aux caryatides, ces statues de pierre représentant des femmes, des déesses le plus souvent, qui remplacent parfois les colonnes de certains temples pour en soutenir le toit.

En effet, selon la légende mythique grecque, Dionysos, le dieu de l'extase mystique - qui devint Bacchus, le dieu de la vigne et des fêtes orgiaques chez les Romains -, fut amoureux de Carya, une princesse de Laconie. Or elle avait deux sœurs qui, par jalousie, dénoncèrent ses amours coupables à leur père. Pour se venger d'elles, Dionysos les changea en statues de pierre. Cependant, Carya, qui aimait ses sœurs, mourut de chagrin. Alors, Dionysos métamorphosa le corps de Carya en noyer qui, en grec, se dit karwon, c'est-à-dire carya ou caryo, qui signifie "noix" mais aussi "noyau".

Mais le noyer fut aussi considéré par nos ancêtres comme un arbre divinatoire voué tantôt à Diane-Artémis, la déesse chasseresse, tantôt à Proserpine-Perséphone, la fille de Déméter enlevée par Hadès-Pluton - la déesse des Enfers -, un arbre inquiétant, donc, sous lequel il était toujours déconseillé de s'assoupir ou de s'endormir."

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Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits (Éditions Eyrolles, 2018) transcrit le message que lui inspirent les arbres :


Mot-clé : Ôter l'armure.

Élément : Terre ; eau ; Feu ; Air ; Espace.

Émotion : Peur ; Mélancolie ; Colère ; Tristesse ; Joie.


Je viens vous aider à ôter cette armure de protection derrière laquelle vous avez muré votre âme et votre cœur. Je vous protège, j'écarte la foudre et les chagrins, j'attire à moi maladies et fièvres.

Ne jugez pas mon ombre mortelle, elle est fraîche, simplement. Venez dormir sous mon feuillage et vous aurez des rêves prémonitoires. Cessez de me jeter des pierres pour vous défendre de moi. De qui avez-vous si peur si ce n'est de vous ? Quittez les ténèbres de votre esprit, votre passé se doit de vous quitter, acceptez-le. Laissez enfin transparaître vos sentiments. Acceptez la vulnérabilité, la fragilité d'être triste, dans [...suite manquante sur le net].

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Symbolisme celte :


Selon Thierry Jolif, auteur de B. A.-BA Mythologie celtique (Éditions Pardès, 2000),


"Les noix, les glands et les noisettes sont traditionnellement considérés comme des fruits de connaissance et de sagesse. Dans Le Voyage de Cormac au Pays de la Promesse, il est dit que les neuf coudriers de Buan laissaient tomber leurs fruits dans une source où cinq saumons les saisissaient, puis jetaient les coquilles dans cinq ruisseaux dont le bruit était plus doux que toute mélodie.

Le saumon symbolise la connaissance, et la source qui se trouve dans l'Autre Monde est bien évidemment la source primordiale, la source de toute vie. Extraite du Dindshenchas métrique, cette strophe est sans aucun doute plus évocatrice qu'un long discours :


"Du suc des noix, ce n'est pas une chose vulgaire, furent faites les coquilles d'inspiration qui descendent à tout moment des ruisseaux au flot vert." (Traduction Christian-J Guyonwarc'h, in Les Druides, Ouest-France, 1986, chapitre troisième, II, 8, Le chêne, le sorbier et le coudrier ; L'if et le pommier, p. 152)."

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Mythes et légendes :


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Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le noyer propose de belles "coquilles garnies".


Utilité partagée : Là où les marécages et vasières abondent, là où les eaux mortes ont rongé la terre pour établir leurs tanières, seules les coassements de grenouilles et de crapauds osent troubler le silence. Insouciants, les chasseurs et promeneurs entrant dans cet environnement nauséabond se croient seuls au monde alors que des dizaines d'yeux guettent leur moindre faux pas.... Cachés au milieu des roseaux et des phragmites, des esprits noyeurs font discrètement tourner dans l'air leur "grenouille". La simplicité de cet instrument sonore, une baguette reliée par une crin de cheval à une demi-coque de noix couverte d'un morceau de parchemin, cache pourtant une efficacité redoutable. Grâce à cet objet, les créatures meurtrières cherchant à attirer les passants dans les eaux fétides, communiquent entre elles et augmentent leurs chances de voir leur sombre projet se réaliser...

Si l'emploi des coques de noix peut nous desservir, il peut également se révéler bénéfique si nous en contrôlons l'usage. Lorsque les fées enlèvent nos chérubins pour les échanger avec leur propre enfant, les coquilles de noix peuvent ainsi nous venir en aide.On raconte qu'un petit Poitevin âgé de trois ans qui ne marchait ni ne parlait, fut soupçonné d'être un fadet, le petit d'une enchanteresse. Sur les conseils d'une proche voisine, la mère lésée plaça devant la cheminée un grand nombre de coques et munit chacune d'une brindille en guise de cuillère. Quand le petit être couché dans le berceau avisa la chose, il ne put s'empêcher de s'exclamer : "J'ai plus de cent ans passés et je n'ai jamais vu tant de petits pots au feu avec leurs petites cuillères." Ainsi confondu, il dut se résoudre à quitter la maison.


Pas touche : Dans les vergers et bois de noyers, des esprits féeriques veillent à ce que les enfants impatients ne viennent subtiliser les fruits aux coques charnues avant leur maturité. Les petits Anglais du Yorkshire peuvent ainsi rencontrer Chummilk Peg, un être féminin vêtu d'habits médiévaux et qui passe son temps à fumer la pipe avec nonchalance. Dans les pays nordiques, son homologue masculin, Melch Dick, remplit la même fonction. tous deux punissent les garnements en leur donnant des crampes d'estomac, et des ballonnements. Bien que paresseux, âgés et souffrant d'arthrite, ces êtres peuvent faire preuve d'un acharnement incroyable pour pourchasser les enfants volant les noix. En France, les fées qui raffolent des noix vertes préfèrent donner des aphtes aux enfants leur ayant dérobé leurs biens.

Mais comme rien n'est jamais simple avec le Petit Peuple, une superstition stipule que le fait de manger ces fruits mûrs peut apporter de pires malheurs ! Les noix serviraient en effet de refuge à de minuscules bonhommes malfaisants. Une fois avalés avec le fruit, ils s'emparent de l'esprit du consommateur pour le contraindre à de mauvaises actions. Quant à jeter n'importe où vos coquilles de noix, n'y pensez même pas ! On dit que les sorcières les récupéreraient pour mieux vous transmettre des maladies...


Un présent exclusif : Chez les fées, les coques de noix font souvent office de petits lits, d'embarcations voguant sur les eaux ou de mignonnes boîtes à couture d'où elles extirpent des fils d'or et des perles. Ces bonnes dames fileuses peuvent aussi surgir de ces fruits. Ces derniers sont également des cadeaux de choix qu'elles offrent uniquement aux jeunes hommes bien élevés et serviables. Sur simple demande, ces coquilles peuvent se transformer en bateau, en coffre rempli d'or et en toute autre merveille souhaitée.


Pommade ophtalmique : Voici une ancienne recette grâce à laquelle vous pourrez voir les fées. Dans un mortier, mélangez une cuillerée à soupe d'huile de noix, du sel, une poignée de fleurs de primevère, trois boutons de rose trémière, trois autres de souci, trois chatons de noisetier, un peu de thym sauvage et de l'herbe ramassée à l'intérieur d'un cercle de fées. Broyez le tout et déversez cet onguent dans un verre rincé à l'eau de rose laissez reposer au soleil pendant trois jours. Il suffit de déposer un peu de cette huile au-dessus de vos sourcils pour voir les bonnes dames.


Nymphe éternelle : Dans la mythologie, les rencontres entre divinités et êtres féeriques sont relativement fréquentes. Tel est le cas de l'histoire d'amour entre Bacchus et Carya, nymphe et fille cadette du roi Dion. Les deux sœurs de cette dernière, rongées par un immense sentiment de jalousie, dénoncèrent cette passion à leur père. Mais lorsque le dieu grec apprit la délation dont il avait fait l'objet, il fut pris de fureur et métamorphosa les deux commères en rochers. Hélas, Carya décéda subitement, on suppose que la tristesse l'emporta dans l'autre monde. Fou de douleur, Bacchus changea sa dulcinée en noyer.


Une mauvaise réputation : Plusieurs traditions d'Europe s'accordent à dire que les noyers attirent souvent des êtres malfaisants. C'est particulièrement vrai à Benvento où les Janara, sorcières napolitaines, se réunissaient aux XIIe et XIIIe siècles près d'un noyer poussant aux portes de la ville pour y mener leur sabbat. Au cours de leur assemblée nocturne, ces maléfiques frappaient la peau d'un vieux bouc fixé aux branches de l'arbre tout en psalmodiant des formules magiques inintelligibles pour le commun des mortels.

En Arménie, ce ne sont pas les sorcières mais les Kaches qui affectionnent cette essence. Ces créatures, qui résident aussi bien en montagne que dans les vallées, aiment s'allonger à l'ombre des noyers. De peur d'attirer ces êtres versatiles et inquiétants, certaines personnes n'osaient pas planter de noyer sur leur terrain.


Talisman : Et si on tombe sur une noix dont la coque présente trois parois, on la garde : de tels fruits sont rares et passent pour être des talismans exceptionnels contre les esprit maléfiques."

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Tony Goupil, dans un article intitulé "Croyances phytoreligieuses et phytomythologiques : plantes des dieux et herbes mythologiques" (Revue électronique annuelle de la Société botanique du Centre-Ouest - Evaxiana n°3 - 2016), cherche à déterminer les plantes associées par leur dénomination aux divinités antiques :


On retrouve enfin le mot Jovis dans Jovis glans pour désigner le noyer ou la noix. D’ailleurs le nom latin du noyer se trouve être Juglans, l’exacte fusion des termes Jovis et glans. On retrouve d’ailleurs cette allusion dans la dénomination grecque du noyer (δίος βαλανος = Dios balanos).

Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Editions du Seuil, février 2017, de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


"Karya, fille d'un roi de Laconie, aimée de Dionysos, fut métamorphosée en noyer, tandis que ses deux sœurs furent pétrifiées (Servius, Commentaires aux Bucoliques, 8, 29). Événement dont les causes restent obscures, en dehors de l'explication de l'origine du noyer, qui en grec porte son nom, karya, accompagnée de la création d'un culte à Artémis."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) : avec le noyer "on nage dans le bonheur".


Le noyer porte-bonheur : En décortiquant une noix, vous avez pu remarquer comme les deux parties de la coque sont soudées et paraissent parfois inséparables. Gageant que ce symbole d'union protégerait leurs amours, les Picards du XIXe siècle plantaient un noyer l'année de leurs noces. Les Anglais souffrant d'affection partageaient quant à eux une noix avec l'être convoité pour obtenir son amour. D'une manière plus globale, le noyer porte bonheur aux habitants qui ont placé à leur porte une ramille ou une croix de ses feuilles, avant l'aube de la Saint Jean.


Gris-gris exceptionnels : Rares sont les noix dont la coque est formée de trois parois. Cette curiosité a valu à ces fruits d'être considérés comme de précieux porte-bonheur en Italie comme en France. Glissée dans une poche, cette noix écarterait la foudre, les maléfices, les maladies et assurerait à son porteur de belles réussites. Attention toutefois à ne pas perdre ce fruit ni à le manger par inadvertance sous peine de grands malheurs.

Tout aussi recherchés étaient les "Saint-Esprit" des noix à trois coques. Ressemblant à un clou, ces éléments sont situés au bout des deux fausses cloisons membraneuses divisant les cerneaux de noix.

Pour les noix classiques, on parle communément de "clou de Bon Dieu", non sans lien avec la croix de Jésus qui était en bois de noyer à en croire les Belges. Ces derniers attachaient néanmoins bien plus de valeur aux "clous" des noix à trois parois. Placer ce "Saint-Esprit" sous son talon gauche ou sa chaussure attirerait en effet chance et argent.


Double peine : "Faire une sieste sous un noyer, vous n'y pensez pas ! Se réveiller avec un mal de têt ou une pneumonie, très peu pour moi.." Les idées reçues ont la vie dure, surtout si elles comportent un zeste de vérité. C'est le cas pour les exhalaisons du noyer qui, selon une croyance encore commune, pourraient indisposer toute personne restant longtemps près de l'arbre. Il est vrai que toutes les parties du noyer contiennent une substance chimique toxique - le juglon - qui empêche certains végétaux de se développer à sa proximité.

Notons toutefois que cette substance est essentiellement présente dans les noyers noirs et les noyers cendrés et elle reste infime chez les noyers communs (dits aussi noyers blancs). D'autre part, les émanations de juglon émises directement par l'arbre ne sont pas nocives pour l'homme.

Venons-en à la deuxième accusée : l'ombre du noyer sous laquelle la tradition déconseille de faire la sieste. Ce ne sont pas les exhalaisons qui sont ici montrées du doigt mais le feuillage touffu de l'arbre procurant une ombre "fraîche". Tout paysan trempé de sueur après avoir travaillé risquait, à raison, de prendre froid par l'écart de température offert par l'ombrage.

Pour ne pas attraper de fièvre, de pneumonie ou de pleurésie, les Français ayant sommeillé sous un noyer lui jetait une pierre ou brisait une de ses branches avant de s'en aller...."

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Littérature :

Le Noyer


Un noyer qui se trouvait au bord d’une route et que les passants frappaient à coups de pierres, se disait en soupirant : « Malheureux que je suis de m’attirer tous les ans des insultes et des douleurs ! »

Cette fable vise les gens qui ne retirent que des désagréments de leurs propres biens.


Ésope, (fin VIIè siècle - début VIe siècle av. J. C.) ; traduction par Émile Chambry, Fables

Société d’édition « Les Belles Lettres », 1927.

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Dans le roman policier Le Parme convient à Laviolette (Éditions Denoël, 2000) de Pierre Magnan, on apprend que :


"La Varzelle était au flanc de Bardonnanche, le pays des noyers. Bordant les champs et bornant les biens, parfois surplombant les chemins vicinaux, il y en avait au moins soixante qui s'étalaient, avec des troncs bien droits et sans nœuds jusqu'à dix mètres de hauteur On n'a jamais entendu dire que le propriétaire de soixante noyers à tronc lisse fût mort pauvre en ces parages."

Dans le roman policier Dans les Bois éternels (Éditions Viviane Hamy, 2006), Fred Vargas place le commissaire Adamsberg en face de son rival Veyrenc, sorti tout droit d'une des vallées de son enfance :


"Il revissa son stylo, l'accrocha dans sa poche intérieure et ferma les yeux. Quinze ans jour pour jour qu'il s'était endormi sous l'ombre interdite du noyer. Quinze ans de dur travail que nul ne lui arracherait. Au réveil, il avait soigné son allergie à la sève de l'arbre et puis, avec le temps, il avait apprivoisé les terreurs, grimpé jusqu'à l'amont des tourments pour juguler les turbulences. Quinze ans d'efforts pour transformer un jeune gars au torse creux, cachant sa chevelure, en un corps robuste et une âme solide. Quinze ans d'énergie pour ne plus voltiger en écervelé vulnérable dans le monde des femmes, qui l'avait laissé repu de sensations et saturé de complications. En se redressant sous ce noyer, il s'était mis en grève comme un ouvrier harassé, amorçant une retraite précoce. S'éloigner des crêtes dangereuses, mêler de l'eau au vin des sentiments, diluer, doser, briser la compulsion des désirs. Il se débrouillait bien, à son idée, loin des embrouilles et des chaos, au plus près de quelques idéale sérénité. Relations inoffensives et passagères, nage rythée vers son objectif, labeur, lecture et versification, état presque parfait."

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