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  • Anne

Le Noyer



Étymologie :

  • NOYER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1150 « arbre qui produit des noix » peskiers ne periers ne noiers (Le conte de Floire et Blanchelor, éd. J. L. Leclanche, 2028) ; 1487 noyer (Vocab. lat.-fr., Genève, Loys Garbin) ; b) 1382-84 « bois de cet arbre utilisé en ébénisterie » un coffre de noier (Le Compte du Clos des Galées de Rouen, éd. Ch. Bréard, p. 17) ; 2. 1690 « nom donné à divers arbres de genres différents » noyer de Canada (Fur.). D'un lat. pop.*nucarius « noyer », dér. du lat. class. nux, v. noix.

  • NOIX, subst. fém.

Étymol. et Hist. I. 1. 1155 « fruit du noyer » (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 13594). 1536 cuisse de noix « un des quartiers de la noix dépouillée de sa coquille » (C. Stephanus, Seminarum ds Roll. Flore t. 4, p. 48) ; 1520 joüer aux noix (G. Michel, Trad. Suetone, II, 85, vods Hug.) ; 1845 marcher comme sur des noix (Besch.) ; 2. ca 1179 « nom donné aux fruits qui ont quelque ressemblance avec la noix » noiz de coudre (Renart, éd. M. Roques, Br. I, 119) ; xiiie s. nois vomike (Régime du Corps de Maître Aldebrandin de Sienne, 55, 21 ds T.-L.) ; 1610 noix de cocos (v. coco1) ; 3. 1901 à la noix « sans valeur » (Bruant, p. 220) ; 4. 1915 « personne stupide » (Benjamin, loc. cit.) ; 1916 vieille noix (Barbusse, Feu, p.116) ; id. face de noix (Id., ibid., p. 34) ; 5. 1931 « petite quantité » (Giono, loc. cit.). II. P. anal. 1. technol. a) ca 1195 « roue avec encoche qui, dans une arbalète, retenait la corde tendue » (Ambroise, Guerre sainte, 3721 ds T.-L.) ; b) 1690 « partie du ressort (des anciennes armes à feu) courbé en demi-cercle » (Fur.) ; c) 1752 « petite poulie d'un rouet à travers laquelle on fait passer l'axe du fuseau » (Trév.) ; d) 1812 menuis. (Mozin-Biber) ; e) 1840 « clef d'un robinet » (Ac. Compl. 1842) ; f) 1908 « charbon » (Ratel, Prépar. mécan. minerais, p. 535) ; 2. a) 1690 « partie du gigot de mouton » (Fur.) ; b) 1762 « petite glande qui se trouve dans une épaule de veau » (Ac.) ; c) 1861 noix de côtelette (Carnet, Le Cuisinier modèle, Paris, Lefèvre, p. 162). Du lat. nux « tout fruit à écale et à amande », « noix », « noyer ».


Lire aussi les définitions de noyer et de noix pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Juglans > Jovis glans ; Gland de Jupiter ;

Juglans regia : Nouerdier ; Anouyé ; Gaillier ; Goghier ; Calotié ; Cassotyé ; Nouss ; Piyon ; Nolier ; Nouyar ; Nouey ; Neujaoli ; Calongnié.

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Botanique :


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Fleurs de Bach :


D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :


La fleur de noyer est préparée pour "Pour ceux qui ont des idéaux et ambitions bien définis dans la vie et les réalisent, mais qui en de rares occasions sont tentés de se laisser détourner de leurs propres idées, de leurs buts et de leur travail par l’enthousiasme, les convictions ou les fortes opinions des autres. Le remède donne constance et protection contre les influences extérieures."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur de noyer est "la fleur de la re-naissance" qui nous guide dans le processus de transformation "de l'influençabilité... vers une décision inébranlable".


Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

L'on ne peut trouver son accomplissement intérieur qu'en réalisant son plan de vie personnel. Afin de grimper sur l'échelle de la vie et d'atteindre la marche suivante, il faut tout d'abord ôter totalement le pied de la marche précédente.


Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

Je me décide à accorder dans chaque situation de ma vie, la totale priorité à mon guide intérieur. Quand j'aurai reconnu une nouvelle décision comme juste, je poursuivrai sa réalisation pas à pas, en restant en cela fidèle à moi-même.


Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif de Walnut s'accroît :

Je suis à même de vivre des changements et de nouveaux départs dans la vie en toute ingénuité, me laisser déstabiliser par l'extérieur. J'ai gagné en fermeté intérieure, ma force de caractère s'en trouve accrue.


État d'âme négatif : Influençabilité : Au commencement d'une nouvelle phase d'évolution intérieure, ou lors d'un changement décisif dans ses habitudes d'existence, on se laisse influencer et on doute de sa décision.

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Selon le site http://lesouffledessimples.com/, le noyer pourrait s'exprimer ainsi :


Avec moi il n'y a aucune séparation, je suis partout, devant vous, derrière vous, à votre droite, à votre gauche, je suis l'arbre qui fait fleurir le changement : un être complet. Lorsqu'on arrive à moi, on me développe en soi, on se dissout dans une ardente présence. Celui qui m'accueille devient concave comme la coque d'une noix qui flotte sur l'eau, ouvert à l'univers, prêt à tout. Passions, révoltes, pensées ne font plus là obstacles à l'existence, le mouvement est entré dans la danse de la joie de la vie. Ici le corps accepte la mort car il déborde de vie, par cette paix le cœur apprend à aimer, et les pensées obéissent. Je suis tout entier dévoué à la fleur éphémère qui n'a de cesse de naître vers le possible de toutes réalisations.

Avec moi les rêves prennent forme.

Il venait probablement à l'origine de Perse (l'Iran moderne) et de l'Inde du Nord. Son nom latin lui donne de l'importance : regia comme dans royal et juglans comme pour "Jovis glans" ou noix de Jupiter. A l'âge d'or, il semble que les mortels mangeaient des glands et les dieux, des noix.


Par son élixir :

Edward Bach dit : "Ce remède, donne de la constance et protège des influences extérieures".

Le Noyer est lié aux passages et aux phases de développement. Cet élixir nous élève vers nos réalisations, accompagne nos phases de maturité et de changement. Son emploi permet un retour à une sensibilité stable et constructive. Le Noyer nous aide à faire le saut dans la vie : briser les vieilles croyances, pousser les limites et les restrictions. Il est l'ami des périodes d'évolution comme la dentition, la puberté, la ménopause, un changement de vie.


Mots-clefs : Ouverture – Équilibre – Puissance.

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Croyances populaires :


Paul Sébillot, auteur de Additions aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (Éditeur Lafolye, janv. 1892) relève des croyances liées aux cycles de la vie et de la nature :


A la Madeleine,

Les noix sont pleines.

A la Saint-Laurent,

On fouille dedans.



Symbolisme :


Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Noyer - Mauvais voisinage.

Ce bel arbre est originaire d'Asie. L'odeur pénétrante qui s'exhale de ses feuilles est malsaine si on la respire longtemps, et nuisible aux végétaux qui peuvent croitre dans son voisinage ou sous son ombrage. Aussi le plante-t-on sur les grandes routes, en avenue, près des clôtures.


Noyer avec des noix (Branches de) — Je serai sérieux.

On sait que les noix servaient autrefois aux jeux des enfants, comme chez nous les noyaux d’abricots. Aussi, à Rome, les jeunes époux, le jour de leur mariage, jetaient des noix au peuple pour annoncer que dès ce jour, ils devenaient sérieux et renonçaient aux jeux de l'enfance. Cette coutume existe encore dans plusieurs contrées du Midi, où l'épousée jette aux spectateurs des noix et des amandes.

 

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Dans la tradition grecque, le noyer est lié au don de prophétie. Un culte était rendu à Artémis Caryatis, qui fut aimée de Dionysos, douée de clairvoyance et changée en noyer, aux fruits féconds.

Quelques glossaires irlandais traduisent le nom d'Eithne, allégorie féminine de l'Irlande, par noix, assimilant l'anthroponyme au substantif eitne. L'étymologie est purement analogique sans valeur linguistique, mais elle fait penser à une conception analogue à celle de l’œuf cosmique ; l'Irlande est en effet un macrocosme en réduction. La noisette est aussi un fruit de science."

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Noix a des caractéristiques diverses selon l'arbre d'origine duquel elle provient :


Notre Noix d'Europe, celle que produit le noyer, va être étudiée quelques pages plus loin, dans la fiche concernant cet arbre. Théoriquement, on donne ce nom à un grand nombre de fruits, exotiques pour la plupart, qui ont une enveloppe ligneuse appelée coque ; toutefois, ce même nom commun a servi, à diverses époques, à désigner certains végétaux parfaitement étrangers au genre et que seules des corruptions du langage ont fait entrer dans cette classification. Nous présentons ici au lecteur tout ce qui, à un moment ou à un autre, a été baptisé Noix.

Utilisation magique : Dans leurs pays d'origine, à peu près toutes les variétés de Noix ont la réputation d'attirer la chance et de contribuer à la prospérité matérielle. On les porte sur soi comme talisman ; ou bien, broyées, elles entrent dans des charmes destinés aux vœux d'argent. Les graines que les sorciers utilisent pour ces préparations sont généralement grillées, car elles rancissent vite.


Noix d'acajou : semence de l'anacardier d'Indonésie et d'Amérique du Sud (Cassuvium pomiferum).

Noix d'arec : graine de l'aréquier des Indes (Areca cathecu) que l'on mêlait autrefois avec de la chaux d'huîtres et du bétel ; les hindous mâchaient constamment cette pâte devenue classique.

Noix de bancoul : baie globuleuse, contenant deux semences du bancoulier (Aleurites moluccarum).

Noix de banda : fruit du muscadier (Myristica fragrans).

Noix des Barbades : capsule à trois coques du médicinier cathartique (Iatropha curcas).

Noix de bécima : fruit résineux d'un arbre indéterminé (probablement mythique) de l'Inde, dont on retirait l'huile héroïque, souveraine, assurait-on, contre toutes les formes de peurs et d'angoisses.

Noix de ben : non improprement donné, tantôt au légume long du ben oléifère (Guilandina moringa), tantôt à ses curieuses semences à trois hélices.

Noix du Bengale : noyau fibreux du monbin à fruits jaunes (Spondias myrobolanus).

Noix à bijoux : la plus grosse Noix européenne connue, fruit du noyer de la variété dite Noyer de Jauge (voir ce nom plus loin).

Noix du Brésil : fruit comestible, et commercialisé, de la bertholétie élevée (Bertholetia excelsa).

Noix de canari : fruit d'un arbre résineux des Moluques (Canaris balsamiferum) ; on fait du pain avec l'amande.

Noix de Castor : fruit d'un arbre des rives du Sénégal que les anciens voyageurs n'ont pas su identifier ; aujourd'hui, l'arbre en question est sûrement répertorié par les botanistes, mais personne ne sait plus ce qu'était la « Noix de Castor »...

Noix de coco : enveloppe de l'amande des cocotiers. On donnait aussi ce nom, autrefois, à la semence coriace du knépier de la Jamaïque (Melicocca bijuga).

Noix de courbaril : aux Antilles, on donne ce nom aux semences fibreuses du cour baril diphylle (Hymenoea courbaril).

Noix de cypre : fruit dur et anguleux du cyprès (Cupressus sempervirens) ; on lui donne aussi le nom de Noix de Galbule.

Noix à diamans : variété d'agaric que Vaillant signale dans la forêt de Fontainebleau, et qui a une analogie avec l'Agaricus guttatus de Schoeffer.

Noix d'eau : fruit de la mâcre (Trapa natans).

Noix du frêne : espèce de bolet que l'on trouve généralement sous les frênes ; il a été décrit par Tournefort.

Noix de galle : excroissances formées par la piqûre d'un insecte sur diverses espèces de chênes ; les femmes allaient les toucher pour être enceintes.

Noix de girofle : fruit de l'arbre dont on retire la cannelle giroflée.

Noix de gouron : graine du sterculier à aiguillons (Sterculia acuminata) ; les Noirs du Soudan ont beaucoup utilisé cette Noix dans leurs rituels fétichistes.

Noix d'Inde : non donné par les anciens voyageurs à la Noix de coco et au fruit du cacaoyer (Theobroma cacao).

Noix de jauge : fruit énorme d'une variété de noyer ; cette Noix est grosse comme un œuf de dinde. Autrefois, les parfumeurs mettaient dans leur vitrine des demi-coques de ces Noix géantes, garnies de flacons, de menus cadeaux, de paires de gants, etc. Les bijoutiers faisaient la même chose au moment des fêtes. Souvent on décorait ces coquilles, ou bien on les passait à la dorure.

Noix de kola : autre nom de la Noix de gouron.

Noix de Madagascar : la grande et forte capsule coriace du ravenal (Ravenala madagascariensis).

Noix de Malabar : fruit du sterculier à feuilles entières (Sterculia balanghas).

Noix de marais : un des noms de l'acajou à pommes (Cassuvium pomiferum)

Noix de médecine : tantôt c'est le fruit du gratgal des Antilles (Randia aculeata) ; tantôt celui du médicinier d'Espagne (Iatropha multifida) ; tantôt la capsule hérissée du ricin (Ricinus communia).

Noix de mésange : fruit d'une variété de noyer dit Noyer mésange, ainsi nommé parce que la coque de ses Noix est si tendre que la mésange la perce aisément pour manger la pulpe.

Noix de métel : capsule hérissée de pointes de la stramoine velue (Datura metel) ; on appelle parfois ainsi, par extension, le fruit épineux, dit pomme endormante, du datura stramoine dont nous avons longuement parlé (Datura stramonium).

Noix des Moluques : le Croton moluccarum et le Strychnos nux vomica.

Noix muscade : semence chaude, huileuse et âcre du muscadier (Myristica fragrans), très employée autrefois en sorcellerie guérisseuse, et toujours bien connue comme épice culinaire.

Noix narcotique : on donnait ce nom à plusieurs fruits toxiques du Sud-Est asiatique, principalement à celui de la coque du Levant (Menispermum cocculus).

Noix pacanie : fruit du noyer pacanier.

Noix de para : fruit du laurier pichurin (Laurus pichurim) qui servait autrefois à aromatiser le chocolat d'Espagne.

Noix de pécan : fruit comestible du Carya illinoensis.

Noix pistache : expression impropre, mais courante autrefois, pour désigner le noyau du pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus) ; ce noyau osseux, monosperme, n'a aucune ressemblance avec les Noix proprement dites.

Noix de Saint-Gratien : fruit d'une variété de noisetier aveline (Corylus tubulosa) dont la noisette est oblongue et rouge.

Noix de serpent : fruit des nandhirobées et de l'ahouai du Brésil (Gerbera ahouai).

Noix de terre : fruit souterrain de l'arachide (Arachis hypogoea) ; on donne aussi ce nom aux racines tubéreuses du Bunium bulbocastanum.

Noix vomique : baie globuleuse, à écorce souvent testacée et friable, du vomiquier (Strychnos nux vomica). Poison extrêmement violent. On appelle aussi ces baies vénéneuses Noix de Saint-Ignace et Noix Igasur.

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Dans le même ouvrage, Scott Cunningham consacre également un article au Noyer (Juglans regia) :


Genre : Masculin

Planète : Soleil

Élément : Feu

Pouvoirs : Désir sexuel (avec la notion de luxure) ; ensorcellement.


« Se eune femme veult que son mari ou amy l'aime fort, elle doigt mettre eune fueille de gauguier [Noyer], cueillie la nuit Saint-Jehan tandis qu'on sonne nonne, en son souler du pied senestre, et sans faulte il l'amera moult merveilleusement. »


Utilisation rituelle : Il convient de faire une distinction entre les noix et le Noyer; la noix est le plus souvent considérée comme propice, favorable aux mariages, à la génération, et en général symbole d'abondance; le Noyer, au contraire, est craint comme un arbre sinistre, hanté avec prédilection par les sorcières.

Vers le milieu du XIX e siècle, une singulière pratique avait lieu à Gaillac, dans le Tarn : lorsque les mariés étaient agenouillés au pied de l'autel, les assistants faisaient pleuvoir sur leur dos une grêle de noix. Le premier qui se retournerait vers les agresseurs serait le plui jaloux dans le ménage.

Une non moins curieuse coutume s'est longtemps maintenue au Pays basque espagnol : quand on plantait un Noyer destiné à marquer la limite d'une propriété, on empoignait les petits enfants qui assistaient à l'opération et on leur administrait une magistrale fessée pour qu'ils en gardent le souvenir.

En Cornouailles, si les Noyers ne rapportent pas, on les gaule violemment quand ils sont en sève en les agonisant d'injures.

Dans l'Aubrac, pour que les Noyers aient une abondante récolte, on les secouait le Jeudi saint, au moment où les cloches sont sur le point de partir pour Rome.


Utilisation magique : En Flandre, le 29 septembre, à la Saint-Michel, les filles demandaient aux noix les augures pour leur mariage. On mêlait des noix évidées, mais soigneusement refermées, avec des noix pleines ; fermant les yeux, les jeunes filles en prenaient une au hasard. Celle qui en prenait une pleine ne tarderait pas à convoler, car c'est saint Michel qui donne les bons maris.

Si l'on place une noix sous la chaise d'une sorcière, elle ne pourra plus la quitter : une sorcière engagea une femme comme servante, à condition qu'elle renonce au signe de la croix, qu'elle ne nomme plus ni le Christ, ni la Vierge, ni aucune chose sacrée. La sorcière donna à la femme un onguent pour qu'elle puisse, à la quatrième heure de la nuit, oindre ses bras, ses jambes, sa poitrine, son ventre et son derrière, et une certaine poudre qu'elle devait souffier au cou de son mari pour qu'il s'endorme d'un sommeil profond. La femme se repentit d'avoir accepté le pacte infernal et protesta qu'elle voulait seulement plaisanter. La sorcière se fâcha et allait lui jeter un sort, lorsque la femme la poussa sur une chaise sous laquelle elle jeta promptement une noix. La femme invoqua alors à voix haute le Christ et la Vierge pendant que la sorcière se tordait dans les affres de l'agonie.

Au Tyrol, on croit que les côtes des sorcières sont en bois de Noyer.

A Madonna di Campiglio, dans le Trentin, quand des brouillards blanchâtres drapent les branches des Noyers au lever du jour, on dit que les sorcières sont venues y accrocher leurs culottes pour se rendre à l’orgie du Grand Bouc.

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :

"Cet arbre nous renvoie aux caryatides, ces statues de pierre représentant des femmes, des déesses le plus souvent, qui remplacent parfois les colonnes de certains temples pour en soutenir le toit.

En effet, selon la légende mythique grecque, Dionysos, le dieu de l'extase mystique - qui devint Bacchus, le dieu de la vigne et des fêtes orgiaques chez les Romains -, fut amoureux de Carya, une princesse de Laconie. Or elle avait deux sœurs qui, par jalousie, dénoncèrent ses amours coupables à leur père. Pour se venger d'elles, Dionysos les changea en statues de pierre. Cependant, Carya, qui aimait ses sœurs, mourut de chagrin. Alors, Dionysos métamorphosa le corps de Carya en noyer qui, en grec, se dit karwon, c'est-à-dire carya ou caryo, qui signifie "noix" mais aussi "noyau".

Mais le noyer fut aussi considéré par nos ancêtres comme un arbre divinatoire voué tantôt à Diane-Artémis, la déesse chasseresse, tantôt à Proserpine-Perséphone, la fille de Déméter enlevée par Hadès-Pluton - la déesse des Enfers -, un arbre inquiétant, donc, sous lequel il était toujours déconseillé de s'assoupir ou de s'endormir."

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Sylvie Verbois, auteure de Les arbres guérisseurs : Leurs symboles, leurs propriétés et leurs bienfaits (Éditions Eyrolles, 2018) transcrit le message que lui inspirent les arbres :


Mot-clé : Ôter l'armure.

Élément : Terre ; eau ; Feu ; Air ; Espace.

Émotion : Peur ; Mélancolie ; Colère ; Tristesse ; Joie.


Je viens vous aider à ôter cette armure de protection derrière laquelle vous avez muré votre âme et votre cœur. Je vous protège, j'écarte la foudre et les chagrins, j'attire à moi maladies et fièvres.

Ne jugez pas mon ombre mortelle, elle est fraîche, simplement. Venez dormir sous mon feuillage et vous aurez des rêves prémonitoires. Cessez de me jeter des pierres pour vous défendre de moi. De qui avez-vous si peur si ce n'est de vous ? Quittez les ténèbres de votre esprit, votre passé se doit de vous quitter, acceptez-le. Laissez enfin transparaître vos sentiments. Acceptez la vulnérabilité, la fragilité d'être triste, dans [...suite manquante sur le net].

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Symbolisme celte :


Selon Thierry Jolif, auteur de B. A.-BA Mythologie celtique (Éditions Pardès, 2000),


"Les noix, les glands et les noisettes sont traditionnellement considérés comme des fruits de connaissance et de sagesse. Dans Le Voyage de Cormac au Pays de la Promesse, il est dit que les neuf coudriers de Buan laissaient tomber leurs fruits dans une source où cinq saumons les saisissaient, puis jetaient les coquilles dans cinq ruisseaux dont le bruit était plus doux que toute mélodie.

Le saumon symbolise la connaissance, et la source qui se trouve dans l'Autre Monde est bien évidemment la source primordiale, la source de toute vie. Extraite du Dindshenchas métrique, cette strophe est sans aucun doute plus évocatrice qu'un long discours :


"Du suc des noix, ce n'est pas une chose vulgaire, furent faites les coquilles d'inspiration qui descendent à tout moment des ruisseaux au flot vert." (Traduction Christian-J Guyonwarc'h, in Les Druides, Ouest-France, 1986, chapitre troisième, II, 8, Le chêne, le sorbier et le coudrier ; L'if et le pommier, p. 152)."

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Symbolisme alimentaire :

Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :




Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


NOYER. — Il convient de faire une distinction mythologique entre la noix et le noyer : la noix est le plus souvent considérée comme propice, favorable aux mariages, à la génération, et symbole d’abondance ; le noyer, au contraire, est craint comme un arbre sinistre, hanté avec prédilection par les sorcières. Philon, dans sa Vie de Moyse (traduite en français par Pierre Bellier, Paris, 1588), compare la vertu difficile à atteindre avec la noix ; en parlant de la verge d’Aaron, il s’exprime ainsi : « Celle-là, comme une plante vertueuse, jeta miraculeusement de tous costez et fueilles et fruit, dont elle estoit si chargée et affaissée. qu’elle panchoit en terre. C’estoient noix, qui avoient une nature différente des autres fruits ; par ce qu’en plusieurs, comme raisin, olive, pommes, la semence et ce qui est bon à manger est tout un, estant enfermé au-dedans et garni à l’entour de double rempart, d’une escorce fort espesse, et d’une coquille de bois, qui nous représente la parfaite vertu ; car, comme en la noix, le commencement et la fin sont tout un, prenant la semence pour le commencement, et le fruit pour la fin ; aussi chasque vertu est commencement et fin : commencement, pour autant qu’elle n’est point produite d’autre puissance que d’elle-mesme, et fin parce que la vie de l’homme tend à elle naturellement. Outre cette raison-ci, on en allègue une autre, qui est bien plus claire : l’escorce de la noix est amère, et ce qui est dessouz tout à l’entour comme un rempart de bois, est rude et ferme ; de là, avient que le fruit, qui est environné de ses deux remparts, n’est pas aisé à avoir. Par cette figure doncques nous estoit donné à entendre que l’âme qui s’exerce en la vertu doit endurer peine et travail. » Nous avons déjà vu que la noisette porte bonheur ; il en est de même pour la noix à trois coutures. A Cianciana, en Sicile, on croit que la noix à trois nœuds préserve celui qui la porte dans ses poches de la foudre et de toute sorte de sorcellerie ; elle hâte les couches ; elle facilite la victoire ; elle emporte la fièvre. Le jeune marié romain jetait des noix sur son chemin, symbole évident de fécondité ; en Piémont on dit encore : Pan e nusvita da spus (pain et noix, c’est la vie des époux). En Sicile, à Modica, on répand des noix et du blé sur le passage des jeunes mariés. D’après Scaliger, on jetait des noix, chez les Romains, comme en Allemagne on casse des vieux pois : « ne nuptae clamor audiretur ». En Grèce, les jeunes époux distribuent des noix et des amandes aux assistants. En Roumanie, les assistants à la cérémonie du mariage répandent encore des noix. Dans les noces des paysans lettes, on distribue des noix et des pains d’épices. La noix donc, par elle-même, malgré le dire d’Arthemidorus Daldianus (De Somniorum Interpretatione, I, 75), lequel nous apprend que la noix vue en songe porte malheur, a aussi une signification propice (1) ; mais j’ai déjà eu plusieurs fois l’occasion de signaler la relation intime entre les mythes phalliques et les mythes funéraires. La noix est, en même temps, un symbole de la mort et un symbole de la régénération perpétuelle. Casser la noix a dû être une image du langage phallique. Le poète et critique Uhland, pour s’expliquer la forme d’hirondelle et celle d’une noix rapportée par un faucon, sous laquelle parfois est représentée la déesse Iduna, observe que la noix figure le noyau, le germe, d’où repousse au printemps tout le monde des plantes.

D’après une légende slave du déluge qui rappelle un peu le voyage d’Héraclès poussant, au retour des Hespérides, sa nacelle vers l’Orient (ce que le soleil fait chaque nuit en traversant l’océan mystérieux des ombres, ou en allant aux Enfers comme Orphée), les personnes vertueuses qui échappent au déluge et repeuplent le monde se sauvent dans une coquille de noix. La noix ici semble être un véritable symbole de régénération, le noyau auquel la vie nouvelle doit se rattacher. C’est pourquoi aussi, en Belgique, le 29 septembre, à la Saint-Michel, jour funéraire, les jeunes filles prennent leurs augures pour le mariage, par les noix : « Les filles mêlent des noix évidées, mais soigneusement refermées, avec des noix pleines ; puis, fermant les yeux, elles en prennent une au hasard. Celle qui en tire une pleine aura bientôt un mari ; car c’est saint Michel qui donne les bons maris. » (Cf. Coremans, l’Année de l’ancienne Belgique.) D’après M. Louis Maggiulli, à Muro Leccese, dans la terre d’Otrante, on attribue la plus grande importance à la noix à trois nœuds, dont j’ai déjà fait mention plus haut. « Les petites femmes, m’écrit-il, en portent toujours dans leurs poches, pour se garantir du mauvais œil ; elle est toute-puissante, surtout dans les maladies ; malheur adviendrait si on l’égarait ou si on la cassait pour en manger. La noix, et, sans doute, tout spécialement la noix à trois nœuds, est le Deus ex machina des contes populaires de cette partie de l’Italie. Il suffit d’en jeter une seule, pour faire paraître des plaines parsemées de rasoirs, des montagnes qui atteignent les étoiles, des mers sans bornes, etc. » Les Vénitiens aussi, affirment que la noix à trois nœuds, si on la garde sur soi, porte bonheur. Dans un conte populaire anglais, la mère de Tom Pouce place le jeune héros dans une coquille de noix, et le régale, pendant trois jours, auprès du feu, avec une noisette. Merveilleuse entre autres, d’après Bauhin, De Plantis a Divis Sanctisve nomen habentibus (Basileae, 1591), est la noix dite de Saint-Jean. Historia generalis plantarum, écrit-il, per insignem typographum Rouillum edita, lib. 3, c. 13, Tragus, lib. 3, c. 66, prodidit Vasoniae juglandem repertam esse, quae ante diem D. Ioanni sacrum, neque folia, neque nuces ostenderet, etc. Eiusmodi juglandes Ioannis Bauhinus, medicus perdoctus et rei herbariae peritissimus, circa Tigurum etiam se vidisse affirmat. Dalechampius, nuces quae, antea velut aridae ac mortuae, pridie D. Ioannis festum diem repertae, germinant et folia mittunt in agro Lugdunensi, perquam multas reperiri asserit ; eas vulgus appellat Noix de la S. Iehan. Audio reperiri in Burgundia eiusmodi juglandes. »

Non seulement la noisette, mais la noix aussi annonce parfois la richesse ; dans certains contes populaires, c’est d’une noix que l’on voit sortir la bonne fée qui file de l’or et des perles. Les Apomasaris Apotelesmata (Francfort, 1577, p. 263) nous apprennent que les noix vues en songe annoncent la richesse : « Si quis visus sibi fuerit arbore nuce quassata fructum ejus abstulisse, divitias cum labore ab homine parco consequetur quas alter ille recens adquisivit. Si nuces in quodam loco visus sibi fuerit invenisse, si quantum invenerit ignorat, aurum thesauri veteris, promodo somnii, reperiet. Sin modum cognitum habet, aurum proportione consequetur, cum tumultu. Si nucis lignum in venisse ac sustulisse visus sibi fuerit, rem utilem inveniet ex hereditate senis. » Dans la campagne de Bologne aussi, on fait le plus grand cas de la noix à trois coutures. Si l’on place l’une de ces noix sous la chaise d’une sorcière, elle ne pourra plus quitter la chaise et c’est, dit-on, le moyen infaillible pour découvrir les véritables sorcières. Mais on risque beaucoup, par cette expérience, que la sorcière ainsi découverte le plus souvent se venge et jette le mauvais œil sur l’auteur de ce jeu périlleux, de manière qu’il n’échappera point à la mort. Dans les environs de Bologne, certains paysans suspendent une noix à trois nœuds au cou de leurs enfants, dans l’espoir d’en éloigner le mauvais œil. D’après une légende judaïque, le fruit défendu du paradis terrestre était une noix. Dans le Werther, de Goethe, il est question de noyers plantés pour la naissance des enfants et d’un noyer que tout le village vénérait (2). Le médecin Levinio Lennio, au XVIe siècle, dans son livre Degli Occulti Miracoli, (Venise, 1560, p. 130), nous donnait ces renseignements curieux sur les effets différents produits par la noix muscade, selon qu’elle était portée par un homme ou par une femme, considérée comme impure : « La noce moscada essendo portata adosso da un huomo, non solamente conserva la sua virtù, ma cresce e diventa più sugosa. Et essendo tra queste di maggior pregio quella ch’è più grave e più sugosa e col pungerla gitta fuori le lagrime dell’ olio, non senza molta soavità d’odore, tutte queste virtù son conservate dal calore dell’uomo, anzi le fa più belle e più piene e più odorifere, massime essendo portate addosso da giovani sani e di buona complessione. La noce moscada essendo portata addosso dalla donna, diventa asciutta, leggera e s’intarla e piglia il color nero, e non solo fa questo, ma guasta l’herbe, corrompe i seminati, e macchia lo specchio dove ella si guarda. »

D’après tous les renseignements qui précèdent, il est évident que la croyance populaire a le plus souvent attribué une signification propice à la noix. Même dans le cas où la noix annonce au prétendant le refus de la femme, cet usage doit avoir une origine phallique (3). Mais l’arbre qui produit le fruit défendu, le fruit phallique est un arbre sinistre et funéraire. Le noyer est devenu en Europe, et spécialement en Italie, l’arbre maudit par excellence. Les anciens croyaient aussi que le noyer était cher à Proserpine et à tous les dieux de l’enfer. En Allemagne aussi, le nover ténébreux est opposé au chêne lumineux. A Rome, on prétend que l’église Santa Maria del Popolo a été bâtie par ordre de Paschal II, dans l’endroit où s’élevait auparavant un noyer, autour duquel des milliers de diables dansaient la nuit. Baronius parle d’un noyer qui existait encore de son temps à Constantinople, sur lequel on remarquait encore des traces du sang versé par le martyr Acathius, qui avait subi son supplice sur cet arbre. Près de Pescia, dans la Valdinievole, en Toscane, le professeur J. B. Giuliani a entendu parler d’un noyer où les sorcières vont dormir. Le peuple de l’endroit dit : le streghe vogliono i noci (les sorcières aiment les noyers).

Je ne sais pas en vertu de quelle croyance populaire, dans le moyen âge, on avait adopté la feuille de noyer pour les investitures : « Hoc donum cum folio nucis recepit » (Tabular. S. Hilarii Pictav., Du Cange (4). Serait-ce, comme la verveine, un indice des confins de la propriété ? L’huile de la noix, cependant, est sacrée. Près de Pont, dans le Canavais, en Piémont, les femmes du peuple assistent à la messe de Noël, avec des petites lampes à l’huile de noix, que l’on doit éteindre à la fin de la messe ; on garde soigneusement l’huile qui reste, pour se garantir des maux d’yeux. En Sicile, on lie le tronc du noyer, pour que l’arbre donne des fruits ; dans la terre d’Otrante, on tailla de l’écorce du noyer, dans la nuit de la Saint-Paul (25 janvier), pour s’assurer une bonne récolte de noix. On a trouvé un usage pareil dans le Frioul. A Bologne aussi, l’on pense que les sorcières se réunissent sous les noyers, spécialement dans la nuit de la Saint-Jean. Mais, entre tous les noyers, le plus célèbre, le plus maudit est, à coup sûr, le noyer dit de Bénévent.

J’ai demandé à un ami, le professeur Francesco Dellerba, qui habitait Bénévent, des renseignements sur l’existence de cet arbre des sorcières. Voici ce qu’il me répondit : « Je ne crois pas que dans la ville même de Bénévent existe encore quelque croyance superstitieuse qui se rapporte au noyer. J’ai questionné plusieurs fois les habitants du pays sur l’arbre des sorcières et sur le nom de Sabbat donné au fleuve qui traverse la ville ; ils en savaient autant que moi. On répétait parfois le vieux récit du bossu Lambert, auquel les sorcières avec des scies de beurre, enlevèrent du dos sa bosse, pour la lui attacher sur la poitrine. Mais, en général, les habitants du pays évitent ce sujet de conversation ; les peuples voisins, au contraire, aiment encore à s’amuser aux frais des habitants de la ville, et ils ne manquent jamais de qualifier de sorcière toute femme vieille et laide qu’ils rencontrent dans la ville de Bénévent. » Tous les renseignements que l’on peut désirer sur le noyer maudit de Bénévent, on les trouvera dans un petit livre du médecin Pierre Piperno, du XVIIe siècle, intitulé précisément : De Nuce Maga Beneventana (Naples, 1635). J’en tirerai les passages essentiels :

Une sorcière engage une femme « ad ludos Nucis Beneventanae », sous forme de « lauta convivia, venereaque gaudia » à condition qu’elle renonce au signe de la croix, qu’elle ne nomme plus ni le Christ, ni la Vierge, ni aucune chose sacrée.

La sorcière donne à la femme un onguent pour qu’elle puisse, à la quatrième heure de la nuit, oindre ses bras, ses jambes, sa poitrine, son bas ventre et son derrière, et une certaine poudre qu’elle doit souffler au cou du mari, pour qu’il s’endorme d’un sommeil profond. La femme se repent d’avoir accepté ce pacte infernal, et proteste qu’elle voulait seulement plaisanter ; la sorcière se fâche et couvre son corps d’une lèpre hideuse. La pauvre femme accourt chez le médecin Piperno, l’auteur même du livre, « dubitans de aliquo maleficio », qui déclare l’avoir soignée par la médecine, mais surtout par l’aide de Dieu. « Curata fuit lepra ratione divina et medica ; inter haec persuasi offerenda vota ac preces S. Januario nostro Episcopo et concivi, impulsus miraculis leprae qua corripiebantur qui lascive dormitabant in suo cubiculo, in quo natus est Sanctus Beneventi. Tum dicendam orationem Leprosi (Matt., 8 ; Marc, I) : « Domine si velis, potes me mundare » ; quae, cum medicis etiam auxiliis fuit curata, tamen post annum expiravit eodem tempore. » L’histoire plaisante de Lambert est aussi rapportée in extenso par le docteur Piperno, qui avait l’air de la prendre au sérieux : La veille de Corpus Domini, « humida lucente Luna », Lambert, à deux milles de la ville, dans la plaine « prope flumen Sabbati », remarqua une foule d’hommes et de femmes qui sautaient et chantaient : « Vive le jeudi et le vendredi ! » Croyant qu’il s’agissait de moissonneurs et de moissonneuses, il s’approcha et chanta à son tour : « Vive le sabbat et le dimanche ! » Cette familiarité amusa beaucoup la compagnie ; il fut attiré dans leur cercle, et précisément sous un grand noyer, où des tables, remplies des meilleurs mets, étaient préparées ; Lambert fut le premier à s’asseoir, et aussitôt, le diable « a tergo, vi et arte indicibili, intenso sed momentaneo dolore miraque celeritate, montem illum morbosum, dislocatis spondilibus, super humeros adequans, ad pectus extulit. » Lambert stupéfié s’écria : « Oh Jésus et sainte Marie ! » A ce cri, toutes les tables, les lumières, la compagnie, disparurent ; Lambert toucha son dos et s’aperçut qu’il n’avait plus de bosse ; mais la bosse lui était passée par devant. Lambert arrive chez lui avec le chant du coq ; sa femme, en lui cherchant sa bosse et en ne la trouvant point, a de la peine à le reconnaître ; et les créanciers d’Altavilla, en voyant qu’il n’était plus bossu, ne reconnaissent plus en lui leur débiteur et le laissent en repos. — Ce conte plaisant est évidemment fondé sur le jeu des ombres ; la bosse par derrière est l’ombre du soir, la bosse en avant, l’ombre du matin. La scie de beurre, qui tranche la bosse, est l’aube. A la pointe du jour, les dieux paraissent ; en nommant Dieu, les démons se dispersent.

Un poète local, cité par Piperno, faisant un jeu de mots sur noce et nocere, conclut que le diable ne peut pas nuire aux habitants de la ville de Bénévent, précisément à cause de leur noyer :


De la famosa Noce il chiaro grido

Negli estremi paesi e nei vicini

È sparso si, che l’abitante infido

Dicesi possessor de’ suoi confini ;

Quindi i popoli tristi, oppresso il nido

Del gran Plutone e de’ suoi cittadini.

Per cotal noce, han privilegio tale

Che nuocer non li puô schiera infernale.


D’après Piperno, le noyer de Bénévent « fere tote anno viridibus frondibus videbatur, fructusque suos abondantes piramidali figura, quatrangularibus lineis emittebat ; a multis, non sine superstitione, affectabantur ; vetulaeque exterae magni emere solebant, putantes esse contra terriculamenta nocturna, puerorum umbras, ad epilepticos motus gestas ; nec non ad concipiendum masculinam prolem, retentis intra matricem nucleis. » Auprès du fleuve Sabbat, où s’élevait le noyer « sub infansto sydere plantata, ac a tenebrarum principe electa ad ruinam animarum », le patricien Octave Bilotta de Bénévent fit placer cette inscription :


OB LOCUM

IAM SUPERSTITIOSA NUCE ET MALEFICUS

INFAMM

STYGIORUM ALITUM STRYGUMQUE NIDUM

A DIVO BARBATO EPISCOPO BENEVENTANO

EXTINCTO SERPENTE LUSTRATUM ET EXPIATUM

ET OB SUPERSTITIONEM DEINDE REGERMINANTEM

DEI MUNERE ET EJUSDEM PRAESULIS BENEFICIO

TANDEM UNA CUM NUCE RADICITUS EXTIRPATAM

ANTISTITI OPTIME DE PATRIA MERITO

SEMPITERNAE MEMORIAE MONUMENTUM

OCTAVIUS BILOCTA P.


On indiquait aussi un endroit sur le rivage du fleuve, dit ripa delle janare (rivage des sorcières), où celles-ci s’ébattaient dans l’eau : « Imo, ajoute Piperno, in media nocte S. Pauli vel S. Joannis, quande steriles ibant in eo loco ad coeundum, concipiebant. » Ces sorcières enfantent des sorcières supérieures, arcijanaras, « quae privilegio, extra citationem, de die et nocte possunt venire ad nucem cum suis Ludovicis luxuriando, nemine vidente. » Dans un procès de sorcellerie, une prétendue sorcière avoua avoir choisi Bénévent pour sa demeure, après y avoir remarqué « viridem nucem cum pulchris fontibus ». D’après la légende de saint Barbatus, le patron de la ville de Bénévent, — au temps du duc Romuald, il y avait dans cette ville un prêtre nommé Barbatus doué du pouvoir de chasser les démons par ses prières. Dans ce temps, les habitants adoraient déjà un noyer, sur lequel on voyait l’image d’une vipère, « et in eadem arbore suspendentes corium sumach (sovatto), celerius equitabant, calcaribus cruentantes equos ut unus alterum posset praeire ; atque in eorum cursu, retroversis manibus, jaculabantur, jaculatoque, particulam modicam ex eo comedebant et superstitiose accipiebant. » L’empereur Constance vient mettre le siège devant Bénévent ; les citoyens se désespèrent, Barbatus les gourmande ; il leur persuade que Dieu veut les punir ainsi pour leurs péchés et leur idolâtrie, et les engage, ainsi que Romuald, à se convertir au christianisme : les citoyens l’écoutent ; Barbatus est créé évêque de la ville. « Tunc Barbatus, creatus Episc., ordinata publica rogatione, ad contaminatissimam arborem se contulit, repenteque suis manibus securim accipiens eam a radicibus incidit, et defossam humo desuper terrae congeriem fecit, ut quis nec inditium de ea postea valuerit reperire ; e radice tamen squamosus et famosus horrendusque se extulit serpens Diabolus, cujus visu omnes aufugerunt, quem Sanctus per aquae benedictae aspersionem mactavit et evanuit. » Mais le diable fit en sorte qu’au lieu et place de l’ancien noyer, un autre apparût tout aussi élevé et tout aussi vert, pour les réunions démoniaques, rendu visible par une force magique.

Piperno ajoute : « Est vero in descripto loco alia nux alta, lata et cava in qua tres possuut abscondi homines, saepeque sub hac reperta ossa, ossiculaque carne recenter nudata, ceu signa lamiarum conviviorum, ita ut multi suspicati sunt hanc fortasse pro illa antiqua electam ac destinatam his temporibus a tenebrarum Principe. » Mais Piperno lui-même observe que déjà au siècle précédent le noyer n’existait plus, et que seulement les sorcières avaient le privilège de le voir : « Etsi interrogata Violanta in processu Curiae quodam Illustris. D. Card. Columnae, f. m. 1519, mense Junii, strigum de Terra Pontecorvi, quod falsum dicebat de nuce Beneventano viridi cum frondibus, cum in dicto loco nunc non sit aliqua nux (eo tempore aberant), respondit id nescire, sed bene viderat nucem virentem amplam et frondosam prope fluvium, et forte hoc est ex potentia diaboli, cum ipsa videbat, palpabatque. »

Piperno nous offre encore quelques autres détails intéressants sur ce noyer prodigieux : « Ad Nucem Beneventi transferri in nocte Veneris (puta ad spernendum diem Passionis D. M. J. Chr.) eorum catenae ; et est haec congregatio caput aliarum ; possunt quoque de die praestigiose sub nuce, vel alio loco, libidines suo arbitrio ac cupiditate exercere ; sicut evenisse cuidam D. Benedicto, ignito pro sua Armellina, refert Picus et Pindarus narrat. — Sed ad nucem non omnes striges voluntarie venire quaeunt, nisi conscriptae ; aliae autem obtenta licentia, vel publicato edicto, aut citatione pro solemni die a suis Magistrellis. Arcilamiae vero, sine venia et citatione, priviegium habent suo velle adire, ut passa est Violanta. — Veniunt ad nucem lamiae citatae prius a Magistrello, et sunt illae quae abjurarunt Deum creatorem, etc. » Chaque sorcière a un amant « unum particularem daemonem dictum amorosum Ludovicum » ; elles arrivent « ad ludos nucis ; praeire primo solent lasciviae choreae, sonus, tripudia, etc. » Suit une description minutieuse d’un sabbat de sorcières, avec tous ses excès, que je passe, puisque le noyer n’y a plus d’autre importance que celle d’un arbre immense et mystérieux, qui abrite tous les scandales diaboliques.

A quelle conclusion arriverons-nous maintenant, après tous ces renseignements ? Les mythes phalliques et les mythes démoniaques se touchent ; le Serpent enveloppe l’arbre phallique ; autour du noyer, l’arbre phallique, nous devons voir le diable. L’œuvre du diable s’accomplit la nuit ; pendant la nuit le héros solaire descend aux enfers ; la nuit est l’arbre ténébreux, le sombre noyer qui abrite la danse infernale. Mais pourquoi précisément est-on allé choisir le noyer de Bénévent, tandis que les noyers de Bénévent ont été en tous les temps pareils à tous les autres ? Cette croyance n’a pu tirer son origine que d’une équivoque. Le noyer étant l’arbre ténébreux, l’arbre maudit, l’arbre diabolique, on a pensé que le plus sinistre entre tous devait être celui qui pousse sur le rivage d’un fleuve appelé Sabatus, et puisqu’un fleuve de ce nom passe près de Bénévent, on a envoyé les sorcières danser leur sabbat près de Bénévent.


Notes : 1) 7 En contradiction avec cet usage romain est l’usage français des Landes, dont parle Chéruel (Histoire des institutions, mœurs et coutumes de la France) : « Dans les landes, le prétendant, accompagné de deux amis, se présente chez la jeune fille ; on passe la nuit à boire, à manger et à raconter des histoires plus ou moins merveilleuses. Au point du jour, la jeune fille sert le dessert. S’il y a un plat de noix, c’est le signe que la demande est rejetée. » Je trouve, en outre, dans l’History of Nepal, publiée par Wright (Cambridge), qu’au Nepal aussi on refuse le mari par une noix : « Every Newar-girl, while a child, is married to a bél-fruit, which, after the ceremony is thrown into some sacred river. When she arrives at puberty a husband is selected for her, but should the marriage prove unpleasant, she can divorce herself by the simple process of placing a betel-nut under her husbands sillow and walking off. »

2) En Sicile, au contraire, on croit que celui qui plante un noyer devra périr dès que le tronc de l’arbre deviendra aussi gros que sa tête.

3) Pline (XV, 22), en parlant des nuces juglandes, « nuptialium Fescenniorum comités », ajoute que la forme de ces fruits explique leur office nuptial : « Honor his naturae peculiaris, gemino protectis operimento, pulvinati primum calycis, mox lignei putaminis ; quae causa cas nuptiis fecit religiosas, tot modis foetu munito ; quod est verosimilius quam quia cadendo tripudium sonivium faciant. »

4) Dans la terre d’Otrante, on emploie la feuille de noyer pour guérir les poireaux. Il suffit, dit-on, de placer sous une pierre autant de feuilles que l’on a de poireaux, et la guérison est certaine.

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Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le noyer propose de belles "coquilles garnies".


Utilité partagée : Là où les marécages et vasières abondent, là où les eaux mortes ont rongé la terre pour établir leurs tanières, seules les coassements de grenouilles et de crapauds osent troubler le silence. Insouciants, les chasseurs et promeneurs entrant dans cet environnement nauséabond se croient seuls au monde alors que des dizaines d'yeux guettent leur moindre faux pas.... Cachés au milieu des roseaux et des phragmites, des esprits noyeurs font discrètement tourner dans l'air leur "grenouille". La simplicité de cet instrument sonore, une baguette reliée par une crin de cheval à une demi-coque de noix couverte d'un morceau de parchemin, cache pourtant une efficacité redoutable. Grâce à cet objet, les créatures meurtrières cherchant à attirer les passants dans les eaux fétides, communiquent entre elles et augmentent leurs chances de voir leur sombre projet se réaliser...

Si l'emploi des coques de noix peut nous desservir, il peut également se révéler bénéfique si nous en contrôlons l'usage. Lorsque les fées enlèvent nos chérubins pour les échanger avec leur propre enfant, les coquilles de noix peuvent ainsi nous venir en aide.On raconte qu'un petit Poitevin âgé de trois ans qui ne marchait ni ne parlait, fut soupçonné d'être un fadet, le petit d'une enchanteresse. Sur les conseils d'une proche voisine, la mère lésée plaça devant la cheminée un grand nombre de coques et munit chacune d'une brindille en guise de cuillère. Quand le petit être couché dans le berceau avisa la chose, il ne put s'empêcher de s'exclamer : "J'ai plus de cent ans passés et je n'ai jamais vu tant de petits pots au feu avec leurs petites cuillères." Ainsi confondu, il dut se résoudre à quitter la maison.


Pas touche : Dans les vergers et bois de noyers, des esprits féeriques veillent à ce que les enfants impatients ne viennent subtiliser les fruits aux coques charnues avant leur maturité. Les petits Anglais du Yorkshire peuvent ainsi rencontrer Chummilk Peg, un être féminin vêtu d'habits médiévaux et qui passe son temps à fumer la pipe avec nonchalance. Dans les pays nordiques, son homologue masculin, Melch Dick, remplit la même fonction. tous deux punissent les garnements en leur donnant des crampes d'estomac, et des ballonnements. Bien que paresseux, âgés et souffrant d'arthrite, ces êtres peuvent faire preuve d'un acharnement incroyable pour pourchasser les enfants volant les noix. En France, les fées qui raffolent des noix vertes préfèrent donner des aphtes aux enfants leur ayant dérobé leurs biens.

Mais comme rien n'est jamais simple avec le Petit Peuple, une superstition stipule que le fait de manger ces fruits mûrs peut apporter de pires malheurs ! Les noix serviraient en effet de refuge à de minuscules bonhommes malfaisants. Une fois avalés avec le fruit, ils s'emparent de l'esprit du consommateur pour le contraindre à de mauvaises actions. Quant à jeter n'importe où vos coquilles de noix, n'y pensez même pas ! On dit que les sorcières les récupéreraient pour mieux vous transmettre des maladies...


Un présent exclusif : Chez les fées, les coques de noix font souvent office de petits lits, d'embarcations voguant sur les eaux ou de mignonnes boîtes à couture d'où elles extirpent des fils d'or et des perles. Ces bonnes dames fileuses peuvent aussi surgir de ces fruits. Ces derniers sont également des cadeaux de choix qu'elles offrent uniquement aux jeunes hommes bien élevés et serviables. Sur simple demande, ces coquilles peuvent se transformer en bateau, en coffre rempli d'or et en toute autre merveille souhaitée.


Pommade ophtalmique : Voici une ancienne recette grâce à laquelle vous pourrez voir les fées. Dans un mortier, mélangez une cuillerée à soupe d'huile de noix, du sel, une poignée de fleurs de primevère, trois boutons de rose trémière, trois autres de souci, trois chatons de noisetier, un peu de thym sauvage et de l'herbe ramassée à l'intérieur d'un cercle de fées. Broyez le tout et déversez cet onguent dans un verre rincé à l'eau de rose laissez reposer au soleil pendant trois jours. Il suffit de déposer un peu de cette huile au-dessus de vos sourcils pour voir les bonnes dames.


Nymphe éternelle : Dans la mythologie, les rencontres entre divinités et êtres féeriques sont relativement fréquentes. Tel est le cas de l'histoire d'amour entre Bacchus et Carya, nymphe et fille cadette du roi Dion. Les deux sœurs de cette dernière, rongées par un immense sentiment de jalousie, dénoncèrent cette passion à leur père. Mais lorsque le dieu grec apprit la délation dont il avait fait l'objet, il fut pris de fureur et métamorphosa les deux commères en rochers. Hélas, Carya décéda subitement, on suppose que la tristesse l'emporta dans l'autre monde. Fou de douleur, Bacchus changea sa dulcinée en noyer.


Une mauvaise réputation : Plusieurs traditions d'Europe s'accordent à dire que les noyers attirent souvent des êtres malfaisants. C'est particulièrement vrai à Benvento où les Janara, sorcières napolitaines, se réunissaient aux XIIe et XIIIe siècles près d'un noyer poussant aux portes de la ville pour y mener leur sabbat. Au cours de leur assemblée nocturne, ces maléfiques frappaient la peau d'un vieux bouc fixé aux branches de l'arbre tout en psalmodiant des formules magiques inintelligibles pour le commun des mortels.

En Arménie, ce ne sont pas les sorcières mais les Kaches qui affectionnent cette essence. Ces créatures, qui résident aussi bien en montagne que dans les vallées, aiment s'allonger à l'ombre des noyers. De peur d'attirer ces êtres versatiles et inquiétants, certaines personnes n'osaient pas planter de noyer sur leur terrain.


Talisman : Et si on tombe sur une noix dont la coque présente trois parois, on la garde : de tels fruits sont rares et passent pour être des talismans exceptionnels contre les esprit maléfiques."

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Tony Goupil, dans un article intitulé "Croyances phytoreligieuses et phytomythologiques : plantes des dieux et herbes mythologiques" (Revue électronique annuelle de la Société botanique du Centre-Ouest - Evaxiana n°3 - 2016), cherche à déterminer les plantes associées par leur dénomination aux divinités antiques :


On retrouve enfin le mot Jovis dans Jovis glans pour désigner le noyer ou la noix. D’ailleurs le nom latin du noyer se trouve être Juglans, l’exacte fusion des termes Jovis et glans. On retrouve d’ailleurs cette allusion dans la dénomination grecque du noyer (δίος βαλανος = Dios balanos).

 

Dans Arbres filles et garçons fleurs, Métamorphoses érotiques dans les mythes grecs (Editions du Seuil, février 2017, de Françoise Frontisi-Ducroux, on peut lire que :


"Karya, fille d'un roi de Laconie, aimée de Dionysos, fut métamorphosée en noyer, tandis que ses deux sœurs furent pétrifiées (Servius, Commentaires aux Bucoliques, 8, 29). Événement dont les causes restent obscures, en dehors de l'explication de l'origine du noyer, qui en grec porte son nom, karya, accompagnée de la création d'un culte à Artémis."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) : avec le noyer "on nage dans le bonheur".


Le noyer porte-bonheur : En décortiquant une noix, vous avez pu remarquer comme les deux parties de la coque sont soudées et paraissent parfois inséparables. Gageant que ce symbole d'union protégerait leurs amours, les Picards du XIXe siècle plantaient un noyer l'année de leurs noces. Les Anglais souffrant d'affection partageaient quant à eux une noix avec l'être convoité pour obtenir son amour. D'une manière plus globale, le noyer porte bonheur aux habitants qui ont placé à leur porte une ramille ou une croix de ses feuilles, avant l'aube de la Saint Jean.


Gris-gris exceptionnels : Rares sont les noix dont la coque est formée de trois parois. Cette curiosité a valu à ces fruits d'être considérés comme de précieux porte-bonheur en Italie comme en France. Glissée dans une poche, cette noix écarterait la foudre, les maléfices, les maladies et assurerait à son porteur de belles réussites. Attention toutefois à ne pas perdre ce fruit ni à le manger par inadvertance sous peine de grands malheurs.

Tout aussi recherchés étaient les "Saint-Esprit" des noix à trois coques. Ressemblant à un clou, ces éléments sont situés au bout des deux fausses cloisons membraneuses divisant les cerneaux de noix.

Pour les noix classiques, on parle communément de "clou de Bon Dieu", non sans lien avec la croix de Jésus qui était en bois de noyer à en croire les Belges. Ces derniers attachaient néanmoins bien plus de valeur aux "clous" des noix à trois parois. Placer ce "Saint-Esprit" sous son talon gauche ou sa chaussure attirerait en effet chance et argent.


Double peine : "Faire une sieste sous un noyer, vous n'y pensez pas ! Se réveiller avec un mal de têt ou une pneumonie, très peu pour moi.." Les idées reçues ont la vie dure, surtout si elles comportent un zeste de vérité. C'est le cas pour les exhalaisons du noyer qui, selon une croyance encore commune, pourraient indisposer toute personne restant longtemps près de l'arbre. Il est vrai que toutes les parties du noyer contiennent une substance chimique toxique - le juglon - qui empêche certains végétaux de se développer à sa proximité.

Notons toutefois que cette substance est essentiellement présente dans les noyers noirs et les noyers cendrés et elle reste infime chez les noyers communs (dits aussi noyers blancs). D'autre part, les émanations de juglon émises directement par l'arbre ne sont pas nocives pour l'homme.

Venons-en à la deuxième accusée : l'ombre du noyer sous laquelle la tradition déconseille de faire la sieste. Ce ne sont pas les exhalaisons qui sont ici montrées du doigt mais le feuillage touffu de l'arbre procurant une ombre "fraîche". Tout paysan trempé de sueur après avoir travaillé risquait, à raison, de prendre froid par l'écart de température offert par l'ombrage.

Pour ne pas attraper de fièvre, de pneumonie ou de pleurésie, les Français ayant sommeillé sous un noyer lui jetait une pierre ou brisait une de ses branches avant de s'en aller...."

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Littérature :

Le Noyer


Un noyer qui se trouvait au bord d’une route et que les passants frappaient à coups de pierres, se disait en soupirant : « Malheureux que je suis de m’attirer tous les ans des insultes et des douleurs ! »

Cette fable vise les gens qui ne retirent que des désagréments de leurs propres biens.


Ésope, (fin VIIè siècle - début VIe siècle av. J. C.) ; traduction par Émile Chambry, Fables

Société d’édition « Les Belles Lettres », 1927.

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Dans le roman policier Le Parme convient à Laviolette (Éditions Denoël, 2000) de Pierre Magnan, on apprend que :


"La Varzelle était au flanc de Bardonnanche, le pays des noyers. Bordant les champs et bornant les biens, parfois surplombant les chemins vicinaux, il y en avait au moins soixante qui s'étalaient, avec des troncs bien droits et sans nœuds jusqu'à dix mètres de hauteur On n'a jamais entendu dire que le propriétaire de soixante noyers à tronc lisse fût mort pauvre en ces parages."

 

Dans le roman policier Dans les Bois éternels (Éditions Viviane Hamy, 2006), Fred Vargas place le commissaire Adamsberg en face de son rival Veyrenc, sorti tout droit d'une des vallées de son enfance :


"Il revissa son stylo, l'accrocha dans sa poche intérieure et ferma les yeux. Quinze ans jour pour jour qu'il s'était endormi sous l'ombre interdite du noyer. Quinze ans de dur travail que nul ne lui arracherait. Au réveil, il avait soigné son allergie à la sève de l'arbre et puis, avec le temps, il avait apprivoisé les terreurs, grimpé jusqu'à l'amont des tourments pour juguler les turbulences. Quinze ans d'efforts pour transformer un jeune gars au torse creux, cachant sa chevelure, en un corps robuste et une âme solide. Quinze ans d'énergie pour ne plus voltiger en écervelé vulnérable dans le monde des femmes, qui l'avait laissé repu de sensations et saturé de complications. En se redressant sous ce noyer, il s'était mis en grève comme un ouvrier harassé, amorçant une retraite précoce. S'éloigner des crêtes dangereuses, mêler de l'eau au vin des sentiments, diluer, doser, briser la compulsion des désirs. Il se débrouillait bien, à son idée, loin des embrouilles et des chaos, au plus près de quelques idéale sérénité. Relations inoffensives et passagères, nage rythée vers son objectif, labeur, lecture et versification, état presque parfait."

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