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  • Anne

Le Ricin



Étymologie :

  • RICIN, subst. masc.

Étymol. et Hist. a) 1548 ricin bot. (E. Fayard, Galen sur la faculté dez simples medicamans, 7, 17 ds Mél. J. Horrent, p. 11) ; b) 1775 huile de ricin pharm. (Valm. t. 5). Empr. au lat. ricinus de même sens.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Dans Les Langages secrets de la nature (Éditions Fayard, 1996), Jean-Marie Pelt s'intéresse à la communication chez les animaux et chez les plantes, et en particulier à la toxicité des poisons qu'ils produisent :


Ceux-ci [les végétaux] forment un groupe si vaste qu'on se gardera de prétendre en dresser un inventaire complet. Citons au premier chef l'une des plus redoutables de leurs toxines : celle du ricin, cet arbuste décoratif tropical à feuilles de platane ou d'érable et aux graines magnifiquement tigrées et moirées. Il est aisé de s'en procurer et l'on dispose ainsi d'un des poisons les plus faciles à obtenir : cinq graines pour un enfant, vingt pour un adulte représentent la dose mortelle. Dieu merci, la nature, bonne mère, leur a conféré un goût assez désagréable pour décourager les petits d'y toucher. La toxine du ricin, l'une des plus dangereuses qui soient, a par ailleurs l'heureuse idée de ne pas passer dans l'huile lorsqu'on procède à son extraction à son extraction des graines ; elle se concentre dans le tourteau, dès lors toxique, allergisant et incomestible, tout au moins en l'état.




Symbolisme :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882) :


RICIN, en sanscrit Eranda. — L'ample feuille de cette belle plante a été comparée dans l'Inde au large sein (peut-être pendant) d'une paysanne. « Der eranda hier, dessen Blâtter, durch die Ritzen des Zaunes gedrungen sind, zeigt den junuen Burschen gleichsam an : « hier im Hause wohnt « eine Bauersfrau, mit so vollem Busen. » (Weber, Saptaçataha von litila, 260.) Le professeur Weber ajoute ce qui suit : « Eranda, Ricinus communis, etc. Das tertium für den Vergleich des Verses liegt wohl darin, dass der Busen der im Hause wohnenden Frau ebenso alle Bande sprenge, wie die Bliitter des eranda sich durch jede Ritze hindurchzwângen ? » Dans Govardhana, 203, l'halz'kavadhÛ ou paysanne, gît et s'agite sur une feuille d'eranda.

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Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) :


"Le ricin représente l'aspect inintelligible de l'existence. Jonas, après avoir prêché à Ninive sur l'ordre de Dieu, devient triste et inquiet car il s'étonne de l'attitude de Dieu ; il a l'impression de vivre dans un monde privé de lois et de ce fait chaotique. Dieu fait croître un ricin, afin de donner de l'ombre à la tête de Jonas. La vue de ce ricin donne à Jonas une très grande joie. Dès le lendemain, à l'aurore, Dieu fait venir un ver ; celui-ci pique le ricin qui sèche aussitôt. Quand le soleil se lève, Dieu fait souffler d'orient un vent brûlant, Jonas tombe en défaillance. Puis Jonas s'irrite et déclare que la mort est préférable à la vie. D'où le dialogue entre Dieu et Jonas. Les réactions de Dieu sont imprévisibles. Ce dynamisme de Dieu qui comporte des alternances apparentes de décisions, de contrordres et de changements, se trouve encore exprimé dans Jérémie (18, 6-10). Ainsi tout est imprévisible, et l'homme souffre de cette insécurité, de cette absence de logique ou plutôt d'une logique dont il ne découvre pas les secrets. La poussée et la mort soudaines du pied de ricin en sont le symbole. L'incohérence des choses, l'absurdité des événements échappent à la logique humaine, mais peuvent relever d'une autre logique. L'aventure du pied de ricin invite l'homme à ne pas se fier à sa seule dialectique : il en existe une qui lui est supérieure."

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