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  • Anne

Le Ricin




Étymologie :

  • RICIN, subst. masc.

Étymol. et Hist. a) 1548 ricin bot. (E. Fayard, Galen sur la faculté dez simples medicamans, 7, 17 ds Mél. J. Horrent, p. 11) ; b) 1775 huile de ricin pharm. (Valm. t. 5). Empr. au lat. ricinus de même sens.


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.




Symbolisme :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


RICIN, en sanscrit Eranda. — L'ample feuille de cette belle plante a été comparée dans l'Inde au large sein (peut-être pendant) d'une paysanne. « Der eranda hier, dessen Blâtter, durch die Ritzen des Zaunes gedrungen sind, zeigt den junuen Burschen gleichsam an : « hier im Hause wohnt « eine Bauersfrau, mit so vollem Busen. » (Weber, Saptaçataha von litila, 260.) Le professeur Weber ajoute ce qui suit : « Eranda, Ricinus communis, etc. Das tertium für den Vergleich des Verses liegt wohl darin, dass der Busen der im Hause wohnenden Frau ebenso alle Bande sprenge, wie die Bliitter des eranda sich durch jede Ritze hindurchzwângen ? » Dans Govardhana, 203, l'halz'kavadhÛ ou paysanne, gît et s'agite sur une feuille d'eranda.

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Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Le ricin représente l'aspect inintelligible de l'existence. Jonas, après avoir prêché à Ninive sur l'ordre de Dieu, devient triste et inquiet car il s'étonne de l'attitude de Dieu ; il a l'impression de vivre dans un monde privé de lois et de ce fait chaotique. Dieu fait croître un ricin, afin de donner de l'ombre à la tête de Jonas. La vue de ce ricin donne à Jonas une très grande joie. Dès le lendemain, à l'aurore, Dieu fait venir un ver ; celui-ci pique le ricin qui sèche aussitôt. Quand le soleil se lève, Dieu fait souffler d'orient un vent brûlant, Jonas tombe en défaillance. Puis Jonas s'irrite et déclare que la mort est préférable à la vie. D'où le dialogue entre Dieu et Jonas. Les réactions de Dieu sont imprévisibles. Ce dynamisme de Dieu qui comporte des alternances apparentes de décisions, de contrordres et de changements, se trouve encore exprimé dans Jérémie (18, 6-10). Ainsi tout est imprévisible, et l'homme souffre de cette insécurité, de cette absence de logique ou plutôt d'une logique dont il ne découvre pas les secrets. La poussée et la mort soudaines du pied de ricin en sont le symbole. L'incohérence des choses, l'absurdité des événements échappent à la logique humaine, mais peuvent relever d'une autre logique. L'aventure du pied de ricin invite l'homme à ne pas se fier à sa seule dialectique : il en existe une qui lui est supérieure."

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