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  • Anne

Le Giroflier


Étymologie :

  • GIROFLIER, subst. masc.

Giroflier, subst. masc. attest. a) 1372 [éd. 1528 d'apr. Gdf. Compl.] giroffier prob. « giroflée » (J. Corbichon, Propr. des choses ds Delb. Rec. ds DG), b) 1542 giroflier « plante qui produit le girofle » (Du Pinet, Pline, XI, 7 ds Gdf. Compl.) ; a de giroflée*, b de girofle, suff. -ier*. − Fréq. abs. littér. : 21.

  • GIROFLE, subst. masc.

Étymol. et Hist. xiie s. (Gloss. de Tours, 330 ds T.-L. : gariofilum : gerofle) ; 1165 girofle (G. d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1354) ; 1225-30 clos de girofle (G. de Lorris, Rose, éd. F. Lecoy, 1340). Du lat. caryophyllum (-on) « giroflier, clou de girofle » (transcr. du gr. χ α ρ υ ο ́ φ υ λ λ ο ν « clou de girofle », qui était peut-être une adaptation d'un terme exotique, v. Chantraine, s.v. χ α ́ ρ υ ο ν), également attesté sous la forme gariofilum (vie s. Plinius Valerianus, trad. de Alex. de Tralles ds André Bot.), gariofolum (CGL t. 3, 558, 75 ds TLL, s.v.) ; le développement phon. irrég. du mot peut s'expliquer par le fait que ce terme, avec l'épice qu'il désignait, s'est très largement répandu à travers les pays par l'intermédiaire des marchands.


Lire également les définitions de girofle et giroflier pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Syzygium aromaticum ; Caryophyllus aromaticus L. ; Eugenia aromatica (L.) ; Antofle ; Géroflier ; Girofle.

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Botanique :


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Symbolisme :


Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Clou de Girofle :


Si le poivre est une baie, la cannelle une écorce, le gingembre une racine, le clou de girofle est un bouton de fleur qui, séché, a la forme d'un clou, et le giroflier « le plus beau, le plus élégant, le plus précieux de trous les arbres connus », affirme l'Allemand Everard Rumph, lequel, mot à Amboine en 1702 après y avoir vécu pendant près de cinquante ans., fut le premier botaniste européen à en donner une description complète.

Le giroflier, arbre toujours vert de 10 à 15 m de haut, de port pyramidal et au tronc lisse d'un beau gris clair, ressemble à un myrte géant. Ses feuilles, percées de fines ponctuations correspondant à des glandes productrices d'huile aromatique, embaument les nuits chaudes des tropiques, où il est cultivé de temps immémorial. On cueille les boutons floraux avant que ne s'ouvrent les pétales ; ils forment une tête ronde de couleur rosée que l'on sèche simplement au soleil ou devant un feu, c'est alors qu'ils prennent la teinte brun rouge que nous leur connaissons.

Mais tout cela, on ne le sut pas avant que les Portugais aient découvert les Moluques au XVIe siècle ; et pourtant les clous de girofle parvenaient déjà en Europe dès la fin de l'Antiquité. L'on n'est pas sûr que les Grecs et les Romains les aient connus, le caryophyllon, dont les Phéniciens faisaient commerce en Méditerranée, n'étant peut-être pas la girofle. Le mot grec karuophullon (de karuon « noix » et phullon « feuille ») ne fut appliqué au clou de girofle de manière certaine qu'au VIIe siècle de notre ère. Chose curieuse, c'est de cette espèce exotique que la giroflée, plante cependant européenne, reçut son nom, « pour ce qu'elle a odeur semblable au clou de girofle ». De même, si notre œillet des fleuristes porte le nom botanique de Dianthus caryophyllus, c'est non seulement à cause de son odeur agréablement poivrée, mais aussi en raison de la forme de son bouton floral ; en italien, l’œillet se dit garofano.

Pendant tout le Moyen Âge, le clou de girofle fut très employé comme médicament. Sainte Hildegarde de Bingen, abbesse bénédictine qui vécut en Allemagne au XIIe siècle et fut aussi l'un des grands phytothérapeutes de son temps, recommande le clou de girofle contre les maux de tête, la surdité et l'hydropisie. Lors des épidémies de peste qui ravagèrent l’Europe à la fin de l'époque médiévale, on l'utilisa avec succès pour se préserver de la contagion. Aussi, beaucoup plus tard, le girofle entra-t-il dans la fameuse préparation connue sous le nom de « vinaigre des quatre voleurs », car la recette en fut arrachée à quatre malandrins. Lors de la terrible épidémie de peste de Toulouse qui, de 1628 à 1631, fit dans cette ville plus de 50 000 victimes, quatre truands en profitèrent pour détrousser les pestiférés. Lorsqu'ils furent enfin arrêtés, les capitouls leur promirent la vie sauve, à condition qu'ils révèlent le secret de leur extraordinaire immunité ; ce qu'ils firent, moyennant quoi ils furent pendus au lieu d'être brûlés vifs.Les chimistes modernes qui ont isolé l’eugénol, principe actif du clou de girofle, ont confirmé qu'il s'agissait en effet d'un antiseptique particulièrement puissant. C'est aussi, comme le découvrit, semble-t-il, Ambroise Paré au XVIe siècle un analgésique dentaire, très utilisé encore de nos jours, comme le savent bien les patients des dentistes.

Mais, par sa saveur et aussi par son action stimulante sur toutes les glandes digestives, ce qui excite l'appétit et rend la digestion plus facile, le clou de girofle est également un condiment de choix qui relève le goût des bouillons et des ragoûts. On le pique dans les oignons que l'on met dans les marinades, dans la gousse d'ail dont on farcit la « souris » du gigot. Enfin, le clou de girofle entre dans la préparation de plusieurs liqueurs.

Bien que fort employé, le girofle demeura pendant des siècles une denrée extrêmement chère, car les Portugais qui, au XVIe siècle, en découvrirent la patrie, non seulement s'assurèrent le monopole de sa production, mais, afin d'être sûrs de le conserver, détruisirent systématiquement toutes les plantations qu'ils ne pouvaient étroitement surveiller. Les Hollandais, qui prirent leur succession au début du XVIIe siècle, ne procédèrent pas autrement. Ils employèrent à cet effet toutes sortes de roses, allant jusqu'à acheter les feuilles inutilisables des girofliers qui de ce fait périssaient ; ou, quand ils ne pouvaient le faire à meilleur prix, indemnisant les souverains locaux qui consentaient à détruire leurs plantations - à moins que, devant leur résistance, ils relancent des expéditions armées afin de les brûler. De plus, pour maintenir au plus haut les cours, les Hollandais détruisaient des récoltes entières d"épices une fois parvenues dans leur pays. En 1760, le botaniste français Valmont de Bonare vit ainsi consumer par le feu à Amsterdam des ballots d'épices dont il évalua la valeur à huit millions de livres, et, ajoute-t-il, « on devait en brûler autant le lendemain. Les pieds des spectateurs baignaient dans l'huile essentielle de ces substances ».

Un homme seul osa combattre cet odieux privilège, le lyonnais Pierre Poivre. Trompant, au risque de sa vie, la vigilance des Hollandais, il réussit à dérober 70 pieds de giroflier qu'il introduisit en 1770 à l'Île de France (l'actuelle île Maurice) et à l'île Bourbon (la Réunion). C'est à partir de ses deux colonies françaises que le giroflier se répandit dans beaucoup d'autres pays tropicaux, dont Zanzibar et Pemba, deux îles de la cote orientale de l'Afrique, qui produisent aujourd'hui près de 90 pour 100 de la consommation mondiale des clous de girofle.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Giroflier (Eugenia aromatica ou Caryophyllus aromaticus) a les caractéristiques suivantes :

Genre : Masculin

Planète : Jupiter

Élément : Feu

Pouvoirs : Protection ; Exorcisme ; Désir sexuel ; Gains matériels.


Utilisation magique : Brûlés seuls, ou en mélange, sur un réchaud en fonte, les « clous de girofle » émettent des vibrations de haut niveau ; on fait ces fumigations pour purifier un lieu, pour en expulser les dernières races hostiles ou négatives après un rituel d'exorcisme.

Au Moyen-Orient, en Asie, il existe d'innombrables recettes de parfums à brûler, dans lesquels entre la girofle, conçus pour attirer la chance, l'argent.

Si l'on dit du mal de vous, répandez la nuit une décoction de clous de girofle (mêlez-y aussi les cendres des clous que vous avez brûlés en rituels) devant la maison de celle ou de celui que vous soupçonnez d'être le « corbeau ». Rentrez chez vous en passant par l'embranchement de quatre chemins où est élevé un calvaire. S'il n'y a rien ni personne sur ce calvaire, vous avez fait erreur : le calomniateur n'est pas celui que vous croyez. Mais si le hibou est perché sur l'une des branches du calvaire, vous avez vu juste, et votre entreprise va vite porter ses fruits ; non seulement les bruits malveillants vont cesser, mais il se pourrait bien que vous appreniez la mort, ou au moins l'état grave, de leur auteur.

Portés sur soi, ou utilisés pour aromatiser un bain, les clous de girofle attirent l'attention, et le désir, du sexe opposé.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le giroflier (Syzygium armaticum) :


"Ce petit conifère pousse dans les régions tropicales ; ses fruits odoriférants possèdent une huile volatile aux propriétés médicinales reconnues et utilisées encore de nos jours.


Propriétés médicinales : L'utilisation la plus courante de l'huile de clou de girofle est pour soulager les maux de dents et de gencives ; toutefois, c'est aussi un excellent antiseptique. Quelques gouttes ajoutées à de l'eau font cesser les vomissements.


Genre : Masculin.


Déités : Aphrodite - Dionysos - Éros.


Propriétés magiques : Protection - Exorcisme - Argent - Amour.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Les effets des rituels pour chasser les influences négatives ou néfastes sont accrus avec cette plante.

  • Si vous manquez d'argent, il est approprié de garder quelques clous dans votre porte-monnaie et dans vos poches pour attirer à vous de petites sommes.

  • Dans certains pays d'Asie, on lui accorde aussi des propriétés aphrodisiaques.

RITUEL POUR SE DÉBARRASSER DES PERSONNES IMPORTUNES

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle rouge ;

  • de l'encens de clou de girofle ;

  • une feuille de papier blanc ;

  • un crayon ;

  • quelques gouttes de vinaigre

Rituel :

Vous pratiquerez ce rituel durant la phase décroissante de la lune.

Allumez votre chandelle et votre encens, puis inscrivez le nom de la ou des personnes qui vous importunent. Passez ensuite le papier au-dessus de la fumée en répétant trois fois :


Il est temps pour vous de quitter

Cessez vos efforts de m'embarrasser

Je ne veux rien de plus que la paix

Le calme et la tranquillité à jamais.


Versez quelques gouttes de vinaigre sur le papier et laissez-le se consumer à la flamme de la chandelle.

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :




Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


CINNAMOME. — Cette plante orientale a donné lieu à plusieurs légendes. Ibn Batuta, qui prétendait nous rapporter ce qu’il avait observé lui-même, ne faisait, en somme, que répéter naïvement, au sujet du cinnamome, les récits fabuleux qu’on lui avait probablement débités dans la vallée du Gange : « Les arbres, écrit Ibn Batuta, qui produisent les clous de girofle, poussent jusqu’à un âge avancé et à une taille très grande. Dans le pays des infidèles, ils sont plus nombreux que dans celui des mahométans, et ils s’y trouvent en telle profusion, qu’on ne les regarde même plus comme une propriété. Ce qu’on apporte dans notre pays provient du bois (c’est-à-dire des branches) ; ce que notre peuple appelle fleur de girofle provient de ces fleurs qui tombent et qui ressemblent aux fleurs d’oranger. Le fruit de girofle est la muscade, que nous appelons noix douce. La fleur qui se forme sur elle est le macis. » — A Delhi aussi, les mahométans pensent que le cinnamome est l’écorce, le girofle la fleur, la muscade le fruit du même arbre. On raconte que les anciens prêtres arabes avaient seuls l’office de cueillir le cinnamome ; le plus vénérable d’entre eux devait ensuite le partager, en réservant la première gerbe au soleil, après le partage, on laissait au soleil le soin d’allumer le feu, sur lequel le grand prêtre allait s’offrir en sacrifice. Dans l’Histoire des Plantes de Théophraste, nous lisons que le cinnamome poussait dans les vallées hantées par des serpents venimeux, ce qui obligeait les habitants qui s’y rendaient pour le cueillir, à se bander les mains et les pieds. Aussitôt cueilli, on le partageait en trois parties, dont l’une était réservée au soleil qui, tout embrasé, venait, de suite, l’emporter spontanément. D’après Hérodote, on cueillait le cinnamome dans le nid même du phœnix, personnification bien connue du soleil qui se lève à l’orient. Tout ceci peut suffire à nous convaincre que le cinnamome anciennement était considéré comme une planté solaire, que les Grecs cherchaient en Arabie, les Arabes dans l’Inde, les Indiens aux Moluques, ainsi que l’on cherchait toujours plus loin, sans jamais le rejoindre, l’oiseau solaire, l’oiseau oriental, le phœnix, le soleil. On prétend qu’Alexandre le Grand, étant sur mer, s’aperçut, au parfum du cinnamome, qu’il approchait de l’Arabie : « Omnia falsa, corrige gravement Pline, siquidem cinnamomum, idemque cinnamum, nascitur in Aethiopia, Troglodytis connubio permixta. » Mais cette Éthiopie avec les Troglodytes nous fait songer non pas à l’Éthiopie africaine, mais à l’Inde, et aux noirs Troglodytes du Dekhan. — L’empereur Vespasien fut le premier qui apporta à Rome des couronnes de cinnamome, pour les placer dans les temples du Capitole et de la Paix.

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