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  • Anne

Le Pêcher




Étymologie :

  • PÊCHER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1150 peskiers (Conte de Floire et Blancheflor, éd. J.-L. Leclanche, 2026) ; fin xive s. pescher (Roques t. 2, n°9123) ; 2. 1316 fleur de pêcher «nuance de rose» (L. Douet-D'Arcq, Comptes de l'argenterie des rois de France, p. 5 : pour 2 aunes de [drap] fleur de peschier). Dér. de pêche1*; suff. -ier* (normalement réduit à -er après une palatale). Cf. déjà le lat. médiév. persicarius (viiie s., Capitulare de villis ds André Bot.).

  • PÊCHE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. [Fin xie s. persches [?] «fruit du pêcher» (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, n°798)] ca 1180 pesches (Vie de St Gilles, éd. G. Paris et A. Bos, 1925) ; 1903 pêches Melba (v. Melba) ; 2. a) 1803 «d'un rose pâle» (Théophile, Monsieur Botte, comédie, p. 41 ds Roll. Flore t. 5, p. 287 : un habit rose pêche) ; 1846 (Baudel., loc. cit. : une lumière rose ou couleur de pêche) ; 1909 (La Mode illustrée, 30 mai, 257a ds Quem. DDL t. 16 : nuance pêche) ; b) 1849 p. anal. d'aspect (Gabriel, La Belle Cauchoise, comédie ds Roll. Flore t. 5, p. 288 : ses joues ont le duvet de la pêche) ; 1877 (Zola, Assommoir, p. 709 : une peau veloutée de pêche) ; 1884 (Id., Coquill. M. Chabre, p. 248 : teint de pêche) ; 3. arg. a) 1866 déposer une pêche «déféquer» (Delvau) ; b) 1878 «tête» (Rigaud, Dict. jargon paris. : Épiler la pêche (se faire). Se faire raser) ; 1938 se fendre la pêche «rire, s'amuser» (Céline, Bagatelles pour un massacre, p. 102 ds Cellard-Rey 1980) ; c) 1900 «coup, gifle» (Nouguier, Notes manuscr. Dict. Delesalle, p. 207 : détacher une pêche : envoyer un coup de poing) ; d) 1960 avoir la pêche «avoir le moral» (ds Esn., prob. d'apr. le suivant) ; 1961 (P. Roche, L'Arg. de l'École de l'air ds Vie Lang., p. 176 : avoir la pêche [...] «posséder un moral de fer»). Du b. lat. persica «pêche» (vie s., Dioscoride en lat. ds André Bot. ; cf. aussi la forme pessica, ive-ve s. (?) Appendix Probi ds Walde-Hofm. et André Bot.), neutre plur. pris comme fém. sing. de persicum (ier s., Pline), issu p. ell. de malum persicum proprement «fruit de Perse» (ier s., Celse ds OLD), ainsi nommé en raison de sa provenance. Les noms du pêcher en lat. étaient persica arbor proprement «arbre de Perse» (Pline), persicus (ier s., Columelle), persica malus (ve s., Macrobe). Au sens 1, les pêches Melba ont été ainsi nommées en 1893 par le cuisinier fr. G. A. Escoffier, en l'honneur de la cantatrice australienne Nellie Melba (Ac. Gastr. 1962 ; Encyclop. brit., s.v. Escoffier).


Lire également les définitions de pêche et pêcher du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :

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Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles, (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Le pêcher en fleur est en raison de sa floraison précoce, un symbole du printemps. La Chine en fait simultanément, et pour la même raison de renouvellement et de fécondité, un emblème du mariage. Les fêtes célébrées au Japon en l'honneur des fleurs de pêcher (Momo) semblent y ajouter la double notion de pureté et de fidélité : la fleur de pêcher symbolise la virginité.

Le fruit se rattache en revanche au mythe d'Izanagi qui, grâce à lui, se protégea du tonnerre. Il possède un rôle de protection contre les influences mauvaises, une valeur d'exorcisme, qu'on retrouve très nettement en Chine. L'exorcisme est pratiqué à l'aide d'u bâton de pêcher, peut-être parce que Yi-l'Archer fut tué par un tel bâton, lequel est une arme royale. Au nouvel an, des figurines en bois de pêcher sont placées au-dessus des portes pour éliminer les influences perverses.

Souvent, le pêcher - et la pêche - sont des symboles d'immortalité. Le pêcher de la Siwang mou, la Royale Mère de l'Ouest, produit tous les trois mille ans des pêches qui confèrent l'immortalité. Les Immortels se nourrissent de fleurs de pêcher (et de prunier) ou, comme Koyeou, des pêches du Mont Souei. La sève du pêcher, rapporte le Pao-p'ou tseu, rend le corps lumineux. La pêche apporte mille printemps, assure l'iconographie populaire.

Les légendes des sociétés secrètes chinoises reprennent symboliquement le thème historique du Serment du Jardin des Pêchers. Or certaines versions en font un Jardin d'Immortalité, sorte d'Eden de la nouvelle naissance, ce qui identifie le pêcher à L'Arbre de Vie du Paradis terrestre, aboutissement ici du voyage initiatique.

On ajoutera que la vue des fleurs de pêcher fut la cause de l'Illumination du moine Ling-yun, c'est-à-dire qu'elle produisit spontanément son retour au centre, à l'état édénique.

D'après le Livre des monts et des mers, petit ouvrage de géographie mythologique, composé vers le IIIe siècle avant notre ère, il y avait un pêcher colossal, avec un tronc de 3000 lis de tour (environ 1500 mètres), dans les branches duquel s'ouvrait La Porte des Revenants. Les gardiens de cette porte étaient chargés de saisir les revenants malfaisant et de les donner en pâture aux tigres, car les tigres ne se repaissent que d'individus tarés. C'est le fameux empereur Houang-Ti, qui eut l'idée de ne plus utiliser de gardiens, mais de suspendre tout simplement leur effigie en bois de pêcher sur les portes. C'est également en bois de pêcher que l'on fabrique les pinceaux de divination, le Ki-Pi, sorte de fourche laquée de rouge dont les mouvements, en dessinant les caractères, rendent l'oracle."

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Dans Le Livre des Fleurs (Librairie philosophique J. Vrin, 1989), Georges Ohsawa (Nyoiti Sakurazawa) tente d'initier les Occidentaux à la subtilité de l'art des fleurs.


Au Japon, "Chaque fête populaire est en même temps une fête de fleur. Au nouvel an, c'est le pin et le prunier qui sont à l'honneur. Au mois de mars ce sont les fleurs de pêcher, symboles de la virginité. Alors les jeunes filles disposent leurs poupées sur une ou plusieurs étagères décorées de branches fleuries.

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D'après​ Le Livre des symboles, réflexions sur des images archétypales (2010) dirigé par Ami Ronnberg et Kathleen Martin, avec le concours des auteurs de ARAS,


"Une vierge de jade tient un plateau chargé de succulentes pêches roses préparées pour la déesse. Celle qui s'apprête à déguster ces fruits extraordinaires est Xiwangmu, la reine-mère d'Occident. Ils ont mis 3 000 ans à mûrir, car ce sont des pêches d'immortalité (Little). Maintenant qu'elles ont été cueillies, Xiwangmu invite les autres dieux taoïstes à une fête où ils pourront manger les fruits de cette récolte miraculeuse (Eberhard).


Le pêcher de Xiwangmu pousse dans le jardin de son palais situé dans le paradis chinois du Mont Kunlun (Little). Faisant trois mille lieues d'envergure, ses branches enchevêtrées grimpent jusqu'au ciel et servent d'échelle aux dieux pour aller et venir entre la terre et les cieux. Outre le fait d'être protégé par des gardiens divins, le bois du pêcher contient du ling, la force spirituelle, et protège donc des mauvais esprits (Birelle, Leach).

Le symbolisme de la pêche est varié, conjuguant le sensuel et l'ésotérique, l'humain et le divin. En apparence et en goût, la pêche suggère une abondance juteuse à la fois naturelle et sacrée. Fleurissant au début du printemps, le pêcher annonce avec certitude la régénération de la nature. Tant en Occident qu'en Orient, la pêche, avec ses formes rondes et son sillon, est associée depuis longtemps au sexe féminin et au principe féminin de fécondité et de renouveau (Stevens). Ne dit-on pas des femmes qui ont bonne mine et une peau saine qu'elles ont "un teint de pêche" ? Le Printemps de la fleur de pêcher Deux mythes, l'un chinois l'autre japonais, établissent poétiquement le rapprochement entre la pêche et le renouveau de la vie. Le premier, , parle d'une profonde grotte au fond de laquelle on accède à un monde enchanté au-delà de la vie mortelle (Eberhard). Dans le second, Le Petit Garçon pêche, un couple sans enfant trouve une grosse pêche flottant dans un ruisseau. En la fendant, ils découvrent à l'intérieur un minuscule garçon, Momotar, ou "garçon-pêche". En grandissant, celui-ci devient un héros et récupère un trésor volé par une bande de démons (Pigott).

Les pêches ne sont pas uniquement des fruits magiques et la nourriture des Immortels, elles touchent également les vies ordinaires. Shou-Lo, un vieillard barbu représenté sortant d'une pêche, est le dieu chinois de la longévité. Cette promesse est célébrée par une soupe spéciale consommée en Chine le premier jour de l'an (Leach).

On raconte que lorsqu'une âme mange un fruit du pêcher sacré, elle jouit de trois mille ans de bonne santé. Mais chaque fois que nous mordons dans la chair juteuse d'une pêche, nous n'avons pas besoin de jardin divin ni d'entrevoir l'éternité. Tandis que nous perçons sa surface duveteuse et que notre palais est envahi par sa riche saveur sucrée, nous sommes de plain pied dans le présent et goûtons à notre propre petit paradis."


Anne Birrell, Mythes chinois, trad. V. Thierry Scully, Paris, 2005 /

Wolfram Eberhard, A Dictionnary of Chinese Symbols, Londres et NY, 1986 /

Maria Leach (ed.), Funk & Wagnall Standard Dictionnary of Folklore, Mythology and Legend, NY, 1949 /

Stephen Little et Shawn Eichman, Taosim and the Arts of China, Berkeley, 2000 /

Juliet Pigott, Japanese Mythology, Londres et NY, 1969 /

Anthony Stevens, Ariadne's Clue : A Guide to the Symbols of Humankind, Princeton, 1998.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Pêcher (Prunus persica) : "C'est un arbre que l'on cultive un peu partout dans le monde pour ses fruits splendides et d'un goût délectable.


Propriétés médicinales : Les feuilles de cet arbre, prises en infusion, accroîtront le flot urinaire. cette infusion a aussi un effet calmant sur le stress et la nervosité. Prises en décoction, ses feuilles agissent comme un expectorant utilisé dans les cas de bronchites chroniques et de congestion pulmonaire.

Une infusion des feuilles est également recommandée pour enrayer les nausées et les vomissements qui surviennent au cours d'une grossesse. Petite précaution : attention, une trop grande utilisation de cette plante en tisane pourrait avoir des effets purgatifs.


Genre : Féminin.


Déités : Aphrodite ; Vénus ; Perséphone.


Propriétés magiques : Amour ; Fertilité ; Santé ; Concrétisation de ses rêves


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • La tradition veut que les pêches provoquent le sentiment amoureux chez ceux et celles qui en mangent.

  • En Asie, on utilise les branches de cet arbre pour chasser les mauvais esprits et on suspend un noyau de pêche au cou des enfants afin d'éloigner le mauvais sort.

RITUEL POUR CONCRÉTISER UN RÊVE OU UN SOUHAIT

Ce sortilège doit être pratiqué pendant sept jours consécutifs, durant le cycle croissant de la lune (idéalement, vous pouvez l'achever le soir de la pleine lune). Chaque soir, vous devez vous concentrer sur le même rêve ou le même souhait.


Ce dont vous avez besoin :

- sept chandelles de couleur pêche

- de l'encens de pêche

- sept noyaux de pêche séchés

- un pot de verre

- un morceau de papier de couleur pêche


Rituel :

Allumez votre chandelle (une nouvelle chaque soir) et votre encens, puis inscrivez votre souhait sur le morceau de papier et glissez-le dans le pot de verre. Placez-y ensuite un noyau de pêche en disant :


Perséphone, j'invoque ton aide

Voici mon désir, fais qu'il se réalise

Je te prie de m'accorder cette faveur

Je t'honore et invoque ta présence


Répétez ce rituel pendant sept soirs ; ajoutez un nouveau noyau chaque fois. A la fin, scellez le pot avec de la cire couleur pêche et allez l'enterrer pour que votre souhait se réalise."

Viens à mon aide sans tarder.

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