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  • Anne

Le Basilic


Étymologie :

  • BASILIC, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1393 bot. bazeillecoq « plante odoriférante de la famille des labiées » (Le Mesnagier de Paris, éd. Pichon, II, p. 46 cité par Arveiller dans Mél. Franck, p. 11 : Ozeille, bazeillecoq soient semées en Janvier et Février) ; 1425 « id. » (O. de La Haye, Poème sur la grande peste de 1348, p. 154, cité par Delboulle : Basilic et seche mente) ; xve s. « id. » (Grant Herbier, n°355 dans Gdf. Compl. : Paracelle, c'est une herbe dont les feules ressemblent a feules de l'arbre ... Aucuns l'appellent herbe basilique pour ce qu'elle a vertu venimeuse) [cf. Basilic 2]. Empr. au b. lat. basilicum, lui-même empr. au gr. β α σ ι λ ι κ ο ́ ν littéralement « plante royale » (Aristote dans Bailly) ; fin ive-ve s. (Ps. Apulée, Herb. 54 pr. dans TLL s.v., 1768, 52 : prophetae papaver silvaticum basilicon persephonion appellant). D'apr. Arveiller, loc. cit., bazeillecoq serait peut-être une adaptation d'un type prov. *basilicó [cette forme n'est cependant pas attestée en a. prov.] d'apr. coq et ozeille, ce dernier mot figurant dans le passage cité.


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Ocimum basilicum L. ; Basilic aux sauces ; Basilic commun ; Grand basilic ; Herbe royale ; Oranger des savetiers ; Pesto ; Pistou ; Plante royale.

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Botanique :

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Utilisations traditionnelles :


Magdalena Koźluk, autrice de "Se nourrir et se soigner : jardin et médecine pratique aux XVIe et XVIIe siècles." (In : Seizième Siècle, N°8, 2012. Les textes scientifiques à la Renaissance. pp. 209-225 :


S’il existe un jardin « idéal » dans lequel on trouve les plantes recommandées par les régimes, il y a aussi un « jardin maudit » fait de plantes malfamées qu’il faut éviter dans son jardin comme sur la table de sa cuisine. Ce qui est intéressant dans la présentation de ces plantes, c’est la façon dont elles sont décrites, tant par les médecins que par les auteurs de manuels d’agriculture. Parfois on tente juste de prévenir le patient en signalant les effets nuisibles de la plante. [...] Et attention à la consommation de basilic ! Il est de « mauvais suc et n’est bon à l’estomac ny aux yeux » : il est d’autant plus dangereux que son odeur peut même engendrer « un scorpion dans le cerveau ».

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Spagyrie :


Voici la fiche proposée par Viviane Le Moullec dans Élixirs floraux de Viviane à faire soi-même (Éditions du Dauphin, 1997, 2020) :


Mot clef : Le protecteur du foyer et de l'intégrité spirituelle


Qui est le Basilic ? Il existe environ 150 variété de Basilic et même de superbes variétés à feuilles violettes presque noires qui sentent aussi bon que les variétés vertes.


Les deux variétés les plus connues ?

  • Celle à grandes feuilles vertes qui peut atteindre 70 cm (Ocimum basilicum)

  • Celle à toutes petites feuilles vertes qui ne dépasse pas 30 cm de haut (Ocimum minimum)

La manière la plus simple pour avoir un Basilic convenable est d'acheter un petit plant sur le marché et de l'installer, tout à son aise, dans un pot rempli de bonne terre. Lorsque la plante commence à fleurir, c'est le moment de préparer votre élixir avec les sommités fleuries.

Avec quoi réaliser votre élixir ? La solution qui a eu la préférence de plusieurs personnes est d'utiliser les sommités fleuries avec les petites feuilles vertes qui l'accompagnent (ou pourpres s'il s'agit d'une variété sombre).


Utilisation traditionnelle : Sa sphère d'action est triple : estomac, toux, vessie. Son action est de protéger l'organisme des substances dont la fraîcheur n'est pas absolue.


Aide alchimique :

  • La digestion s’améliore et les aphtes s'atténuent...

Mais surtout, le Basilic donne un très sérieux coup de main pour se défendre contre toute contamination (microbes, virus, radiations ou idées noires...). Si vous êtes de Provence, vous ne manquez sans doute pas (heureuse idée) de préparer le plus souvent possible la "soupe au pistou" (pistou étant le nom provençal du Basilic).

  • L'antipollution spirituelle

Le Basilic est le protecteur d'un territoire très particulier : votre foyer. Il vous aide donc à faire face à toutes sortes de pollutions qui, spirituellement, correspondent au fait qu'un territoire aussi précieux et personnel risque d'être sauvagement envahi par des intrus. Le cancer est une forme particulièrement nuisible d'intrus et dans ce domaine particulier, le Basilic forme un trio d'associés avec le Gui et le Houx dans la compréhension spitituelle de ce fléau moderne.

En tant que protecteur du territoire du foyer, le Basilic a une action un peu similaire à celle de l'Aubépine. Le Basilic protège le territoire personnelle en tant que lieu de rencontre avec les autres et particulièrement en tant que lieu privilégié du couple et de la famille. L'Aubépine, elle, protège le territoire personnel de l'individu.

On a donc intérêt à travailler d'abord avec l'Aubépine puis avec le basilic. Aborder tout de suite le Basilic, du moins si on a un problème du territoire ferait courir le risque de sacrifier ce qui appartient en propre à l'individu au profit du couple ou même du clan. C'est là un acte néfaste à terme. En effet, quelle véritable efficacité peut-on attendre de quelqu'un dont les forces vives personnelles ont été anéanties au profit des autres ?


Tradition : le Basilic (Tulsi), plante sacrée en Inde : Le Seigneur Basilic a rendu d'immenses services aux Indiens après la "Guerre des Dieux" relatée par le Mahâbhârata. Basilic n a empêché un bon nombre de mourir après leur irradiation par l'arme Pasupata, qui pulvérise jusqu'au noyau de la matière et qui produit un "rayonnement plus clair que mille soleils". Elle a aidé les hommes à reprendre pied après la guerre atomique. Quand les chairs se nécrosaient, quand les cheveux blanchissaient et que les os devenaient friables, Basilic a veillé sur les victimes de leur propre folie.

Certes, une personne sévèrement irradiée meurt rapidement, mais ce ne sont pas là les dégâts les lus graves. En effet, les radiations impriment, dans le mental, les "idées noires", formes psychiques de la matière carbonisée. Elles font même pire : encore un peu plus de radiations et la matière elle-même se décompose. Au niveau du mental, cela signifie "oubli", décomposition des souvenirs et du savoir...

Tulsi a empêché les hommes qui ont survécu à la Guerre des Dieux de sombrer dans le désespoir le plus noir et de se percevoir comme des choses et non plus comme des êtres spirituels.

Tulsi est aussi considéré comme le protecteur du foyer. En effet, en restaurant l'espoir que toute vie ne s'arrêtait pas avec l'irradiation, il a permis à des couples de se reformer et d'avoir des enfants. C'est pourquoi les Indiens sont tellement reconnaissants envers leur meilleur ami non-humain Tulsi. Il a aidé, et aide encore, l'homme à retrouver sa dignité et son intégrité spirituelle, à comprendre la source de son angoisse spirituelle et à se rétablir en tant que personne pouvant faire quelque chose pour elle-même.

Et, une fois le sentiment de sa dignité retrouvée, l'homme ou la femme peuvent se mettre à chercher un être aussi sérieux qu'elle ou lui pour former un couple de valeur afin de créer du bonheur et un nid dans lequel les enfants seront bienvenus et les grands-parents honorés comme il se doit.


Témoignage : (1996) Comment se tirer d'un gouffre noir

Témoignage d'Hélène : Hélène, qui travaillait dans un service de radiologie se sentait très fatiguée et comme secrètement rongée par une grande perte à la fois émotionnelle et spirituelle. Elle en était arrivée à ne plus vouloir de fleurs chez elle, tant elle se sentait écrasée, "sans espoir" et trop misérable pour profiter de leur beauté.

Un jour, elle se laissa entraîner par une amie à acheter trois petits plants de Basilic sur le marché, pour les replanter dans une jardinière sur son balcon. Elle passait tout son temps libre non loin de ses plantes préférées. Elle n'a pas voulu leur prendre la moindre feuille, bien qu'ils fussent devenus énormes. Elle les caressait comme un animal familier et se gorgeait de leur parfum.

A l'automne, les Basilics se sont fanés, mais elle sentait comme la présence du joyeux être Plante près d'elle

Un mois plus tard, elle recevait une offre d'emploi passionnante, en rapport vraiment avec ses capacités, alors qu'elle n'avait fait aucune démarche pour cela. Dès lors, sa vie a changé, Mais elle n'a jamais oublié l'être-plante qui l'a tirée du gouffre noir.

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) : le basilic répand "comme un parfum de chance".

Basilic du Saint-Esprit : Selon une légende bulgare, Dieu désirait si fortement un enfant qu'il suivit les conseils du diable. Il s'endormit sur des branches de basilic et les fit porter dès le lendemain à la Vierge. A peine huma-t-elle leur parfum qu'elle tomba miraculeusement enceinte. Plus tard, lorsqu'elle dut fuir en Égypte avec son nouveau-né et son époux, elle se dissimula dans un champ pour échapper aux sbires du roi Hérode. La Vierge qui ne se doutait pas qu'un pan de sa robe dépassait de sa cachette fut sauvée par des feuilles de basilic qui se penchèrent pour masquer le bout de vêtement.


Basilic et tiroir-caisse : La puissance accordée au basilic était telle qu'on prêtait à une seule de ses feuilles avalée chaque jour le pouvoir d'écarter les forces du mal, les maladies et la stérilité. Les commerçants du pourtour de la Méditerranée orientale se pliaient chaque matin au même rituel en ouvrant leur magasin. Ils brûlaient du benjoin pour voir la clientèle affluer et les ventes augmenter. S'ils devaient traiter des affaires avec des Galiléens dans la journée, ils favorisaient leur sort en ajoutant à la plante une part égale de basilic et de cannelle. En Italie, les boutiquiers recouraient exclusivement au basilic : placé près de leur caisse, il favorisait les rentrées d'argent.


Le pour et le contre : Pour écarter les mauvais esprits de sa maison, on plongeait du basilic dans une fiole contenant de la rosée recueillie à l'aube de la Saint-Jean. Garder une feuille de la plante sur soi avait les mêmes vertus. Décrié par les Grecs d'antan pur transmettre les poux et les maladies, le basilic était a contrario pour les Perses une solution efficace pour ne pas attraper de névralgies durant une année. Le jour du Naurouz, correspondant au Nouvel An, chacun avalait quelques graines de la plante à cet effet.


Un avenir qui baigne : Les Roumains ajoutaient du basilic dans le premier bain de leur nouveau-né afin qu'il soit aussi aimable qu'aimé et respecté de tous, sa vie durant. Doté de pouvoirs fécondants et protecteurs par la tradition, le végétal fut considéré comme une plante bienfaitrice pour l'humanité.


Irrésistible basilic : Messieurs, si votre cœur souffre de ne point être aimé en retour, sachez que la superstition prête au basilic la capacité d'accomplir votre vœu le plus cher. Aucune demoiselle, même vertueuse, ne pourrait résister aux charmes d'un homme ayant écrasé des feuilles fraîches de basilic sur sa peau. Vous pouvez aussi, comme les Italiens d'antan, porter à votre oreille un brin de la plante. Son odeur attirera la sympathie des demoiselles à votre égard. Au moins leur curiosité. En Roumanie, le basilic servait à confectionner la couronne des mariées. Portée le jour de leurs noces, la plante conférait au couple à peine formé une longue vie ponctuée de bonheurs.


Touche pas au basilic : Le basilic passe aux yeux des Indiens comme une plante sacrée, il est notamment dédié au culte de Vishnou, divinité assurant la protection de l'univers. Personne ne s'aviserait en ce pays de malmener cette plante aromatique par crainte de devenir malchanceux et stérile."

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du basilic :


BASILIC - HAINE.

On représente quelquefois la pauvreté sous les traits d'une femme couverte de haillons, assise auprès d'une plante de Basilic. On dit communément que la haine a des yeux de Basilic, parce qu'on a donné ce nom à un animal fabuleux qui, selon les charlatans, tue d'un seul regard. Cependant Basilic est un nom dérivé du grec, qui veut dire royal et qui indique l'excellence de la plante embaumée qui porte ce nom.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Basilic - Pauvreté.

Le basilic est la plante aimée du pauvre artisan et presque la seule cultivée par lui. On représente la pauvreté sous les traits d’une femme couverte de haillons, ayant près d’elle un pot de basilic.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


BASILIC - PAUVRETÉ.

Si un de vos frères tombe dans la pauvreté, ne soyez point insensible, ne fermez pas votre main. La pauvreté du juste vaut mieux que l'opulence des pécheurs.

Deutéronome. XV, 7 ; Psaumes. XXXVI, 16.

Le basilic est une plante originaire des Indes orientales et de la Chine. On la cultive dans presque tous les jardins, où on peut la reconnaître aisément à l'odeur aromatique et suave qu'elle exhale. Ses fleurs sont petites, blanchâtres ou un peu rougeâtres et disposées en grappes simples et terminales ; la tige dans quelques espèces fortement ramifiées forme un petit buisson épais, touffu, d'un aspect assez agréable.

On sème le basilic depuis le mois de février jusqu'au commencement de juillet. Lorsqu'il est replanté, il faut l'arroser fréquemment et le garantir pendant quelques jours de l'impression du soleil, sur tout dans les pays chauds. Cette plante est très agréable dans les jardins des provinces méridionales, où la verdure est assez rare. On plante les pieds à vingt-cinq ou trente centimètres l'un de l'autre. On les taille sur les côtés et par-dessus ; alors ils poussent en même temps leurs rameaux, ils se touchent et forment un joli tapis de verdure. Pour que le basilic prospère il lui faut une bonne exposition et une terre substantielle.

Outre leur bonne odeur, les basilics ont encore des propriétés économiques et médicales qui les font rechercher. Leur saveur piquante, agréable et comme anisée les place au rang des épices ; on en fait usage dans la cuisine. Quelques personnes prennent l'infusion des feuilles comme du thé pour les maux de tête.


RÉFLEXIONS.

Ne regardez pas tant le pauvre qui reçoit votre aumône que Dieu qui s'en gage à vous la rendre ; ne considérez pas celui qui prend ce que vous lui donnez, mais plutôt celui qui s'en constitue votre débiteur.

(SAINT CHRYSOSTOME, Sermons.)

Le pauvre ressemble à un rameau maltraité par l'orage, qui s'élance cependant vers les cieux.

(SAINT EPHREM, Discours ascétiques.)

Les pauvres ! oh que ce sont de grands seigneurs au ciel !

(SAINT VINCENT DE PAUL, Maximes et conseils.)

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Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


BASILIC - PAUVRETÉ.

La pauvreté est souvent représentée sous la figure d'une pauvre femme ayant près d'elle un pot de basilic. Le basilic est une herbe odoriférante qu'on introduit quelquefois dans les ragoûts.

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Basilic - Pauvreté.

L'artisan est heureux d'orner sa fenêtre d'un pot de basilic ; chez les Anciens, quand on voulait symboliser la pauvreté on la représentait sous les traits d'une femme couverte de haillons, ayant les yeux fixés sur un pot de basilic.

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Le Dictionnaire Larousse en 2 volumes (1922) propose des pistes pour comprendre le langage emblématique des fleurs :

Nom Signification Couleur Langage emblématique

Basilic Haine, pauvreté Blanc Je me souviens de vos mépris.

 

Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


Le basilic est une "plante dont les feuilles sont censées enfermer des pouvoirs magiques (elle sont utilisées dans la préparation de l'eau vulnéraire rouge et dont les fleurs exhalent une odeur pénétrante. Les feuilles de basilic sont employées au Congo central pour conjurer les mauvais sorts et protéger contre les mauvais esprits. Elles sont propres à la guérison des cous, blessures et contusions."

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Basilic (Ocimum basilicum) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu

Divinité : Les Shaktis de Shiva

Pouvoirs : Amour ; Protection ; Exorcisme ; Viatique pour les défunts.

Utilisation rituelle : Aux Indes, son pays d'origine, la religion brahmanique associe cette plante au culte des Shaktis, c’est-à-dire les énergies génératrices de Shiva personnifiées en de nombreuses déesses. Les principales Shaktis se nomment Pàrvati, Prithivi, Oumà, Ambikà, Dourgà, etc. Beaucoup de familles hindoues, surtout au Bengale, cultivent avec amour un ou plusieurs Basilics sacrés. Chaque pied ne peut, en effet, servir de médiateur qu'avec une seule déesse. On aura donc autant de plantes que l'on souhaite avoir de Shaktis protectrices.

Cette herbe, chère aux femmes, joue un grand rôle dans la tradition populaire grecque et italienne. On lui attribue une double signification érotique et funéraire.

Peut-être rapporté par les soldats d'Alexandre, le Basilic était connu des Anciens qui l'associèrent vite - comme toutes les plantes aromatiques, d'ailleurs - à des rites de magie et de divination. Les Romains lui attribuaient des vertus apaisantes. Quand des amoureux se querellaient, on leur faisait manger de grandes salades de laitue, pistou et alysse odorant. Les magistrats tranchaient les litiges devant une potée de Basilic. Plusieurs auteurs latins citent la plante pour son caractère érotique.

En Calabre, les jeunes filles épinglent un petit bouquet de Basilic sur leur sein droit, ou bien elles le portent à la ceinture ; les femmes mariées s'en mettent quelques brins dans les cheveux.

Cependant, le plus souvent, la plante est associée à la mort. Rappelons ce conte de Boccace où la belle Isabelle de Messine garde pieusement dans un pot de Basilic la tête tranchée de son amant assassiné...


Utilisation magique : C'est toujours du Basilic frais qui est employé ; cette herbe fait partie de celles qu'on ne peut pas conserver séchées : elle tombe très vite en poussière et perd toutes ses propriétés.

Une tige de pistou entre dans les sachets d'amour. Lorsque des relations passionnelles sont souhaitées, on peut brûler la plante fraîche et inhaler sa fumée ou, mieux encore, prendre une poignée de feuilles tendres et les écraser sur la peau, en insistant sur les pectoraux, le tour de ceinture, le bas-ventre. Jusqu'à la guerre de 1914-1918, dans les provinces autrichiennes qui allaient devenir la Yougoslavie (Croatie ; Slovénie ; Bosnie-Herzégovine), lorsqu'une jeune fille bien élevée, dont la conduite avait toujours donné satisfaction, tombait amoureuse d'un garçon peu recommandable, tout le village savait à quoi s'en tenir: il l'avait « eue au Pistou », évidemment !.

L'herbe est très utilisée à des fins de divination, surtout lorsqu'on souhaite connaître les augures d'une situation affective. On laisse tomber ensemble deux feuilles sur des cendres chaudes, encore parsemées de braise incandescente. Si elles restent l'une et l'autre là où elles sont tombées, s'enflamment rapidement et se fondent au reste de la cendre, c'est excellent : le mariage va se faire, et il a toutes les chances de réussir. Si la feuille de gauche se comporte comme il vient d'être dit, alors que celle de droite semble prise de convulsions, noircit sans s'enflammer, se fendille, craque, c'est l'homme qui résiste et ne veut pas se laisser mettre le fil à la patte. Il faut que la fille joue le grand jeu pour vaincre ses réticences. Si la feuille de droite s'enflamme comme de l'amadou pendant que celle de gauche se convulse et noircit, il y a un problème du côté de la demoiselle : ou le parti ne l'enthousiasme pas, ou elle aime quelqu'un d'autre. Si les deux feuilles se comportent l'une et l'autre comme deux diables plongés dans l'eau bénite, la sagesse commande de renoncer au projet : si l'on s'obstine à aller quand même devant M. le curé, l'union sera orageuse, on peut s'attendre à de fréquentes disputes et horions.

Comment savoir si ce jeune homme apparemment sympathique (peut-être un peu trop bon danseur) fera un mari sérieux et fidèle ? Rien de plus simple. Glissez un brin de Basilic dans le creux de sa main. Si c'est un « coureur de jupons », l'herbe desséchera en quelques secondes.

Alors que les boutiquiers levantins brûlent du benjoin dans leurs échoppes, beaucoup de commerçants italiens ont, pour les mêmes raisons, une potée de pistou à côté de la caisse : un peu d'engrais chaque semaine, Basilic superbe, négoce prospère.

Cette herbe renforce l'amitié. La nuit, de préférence quand l'ami(e) dort, massez-vous la région du cœur avec une poignée de Basilic écrasé. Les liens qui vous unissent à cette personne s'en trouveront resserrés.

Le Diable a son odeur en horreur. C'est pourquoi il est recommandé d'en ajouter quelques brins aux encens d'exorcisme. On en met aussi dans les bains purificateurs.

Pilé et caché sous une grosse pierre, il fera naître un scorpion, tandis que mâché et mis à sécher en plein soleil, ce sont des vers qui apparaîtront.

Tant qu'il fait jour, la plante éloigne les chèvres ; mais dès la nuit tombée, elle les fait danser.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani nous apprenons que :


Consacré en Inde, son pays d'origine, à Vishnu et à sa femme Lakshmi, il y est l'objet d'un culte quotidien et d'offrandes de fleurs et de riz. Dans l'Antiquité gréco-latine le basilic fut apparenté à la planète Mars et utilisé dans les cérémonies religieuses et les funérailles. Il symbolisait également le deuil en Crète. Parallèlement, la plante était réputée engendrer la sympathie et apaiser la colère, d'où la coutume qu'avaient les Romains de servir des salades de pistou aux amoureux qui se querellaient et celle des magistrats "qui tranchaient les litiges devant une potée de pistou".

Le basilic, grand protecteur du corps et remède absolu à la stérilité et aux douleurs de l'accouchement, est considéré comme béni depuis que ses brins cachèrent la Vierge et son enfant pourchassés par Hérode. Une fois ce danger écarté, la Vierge avait dit au basilic : "Dieu te sauve, tu fleuriras, et tu auras des graines." Il était particulièrement estimé des chrétiens des Indes car il apparut miraculeusement en fleur sur la tombe de saint François-Xavier (1506-1552), un des premiers membres de la compagnie de Jésus qui évangélisa l'Asie orientale et le Japon.

Bien que jadis les sorciers aient recouru au basilic pour provoquer des menstrues pestilentielles, cette plante a surtout des vertus positives, et notamment, celle de protéger des sortilèges. On peut glisser une feuille dans sa poche ou dans son portefeuille pour bénéficier de ses pouvoirs.

La tige de basilic est souvent une des composantes des amulettes d'amour. Se frotter la poitrine et le ventre de feuilles de pistou ou respirer la fumée que dégage la plante brûlée incite à la passion. "Jusqu'à la guerre de 1914-1918, dans les provinces autrichiennes qui allaient devenir la Yougoslavie (Croatie, Slovénie, Bosnie-Herzégovine), lorsqu'une jeune fille bien élevée, dont la conduite avait toujours donné satisfaction, tombait amoureuse d'un garçon eu recommandable, tout le village savait à quoi s'en tenir : il l'avait "eue au pistou", évidemment !"

En Provence, plus simplement, dix gouttes d'un mélange d'alcool à base de basilic, de raines de céleri, de racines de serpentaire, d'huile de cumin, et de sécrétions humaines constituent un philtre d'amour très efficace.

En jetant sur des braises rouges deux feuilles de basilic, on est fixé sur l'avenir d' "une relation sentimentale : le présage est excellent et le mariage placé sous les meilleurs auspices si elles s'enflamment rapidement sas bouger de place mais il vaut mieux rompre tout de suite si elles "se comportent l'une et l'autre comme deux diables plongés dans l'au bénite". Une des deux feuilles peut faire des siennes : la droite indiquera une certaine réticence de l'homme à un engagement, la gauche illustrera les hésitations de la jeune fille.

Pour savoir si un jeune homme fera un époux fidèle, "glissez un brin de basilic dans le creux de sa main. Si c'est un "coureur de jupons", l'herbe desséchera en quelques secondes."

Dans le domaine de l'amitié, se masser la nuit la région du cœur avec du basilic écrasé renforce les liens que l'on a avec une personne.

Les commerçants italiens placent souvent du pistou près de leur caisse : "Un peu d'engrais chaque semaine, basilic superbe, négoce prospère".

Pour que le basilic conserve toutes ses propriétés, sa cueillette doit obéir à un rite : seuls les hommes peuvent s'en approprier, en bannissant tout objet de fer et après s'être aspergé la main droite de l'eau de trois sources. Ils porteront de préférence des vêtements propres, devront éviter tout rapport avec une femme ayant ses règles, et diront sur le conseil d'un vieux manuscrit : "Basilic, je te prie, par la divinité suprême qui t'a fait naître, de guérir tous ces maux, de venir à notre secours en apportant les remèdes qu'avec confiance je te demande."

La politesse n'est pas toujours de mise : l'injurier et le maudire au moment des semailles lui assure une belle croissance.

Au Moyen Âge, on croyait que, pilé et mis sous une pierre, il engendrait un scorpion, tandis que mâché et placé au soleil, il donnait naissance à des vers. On dit par ailleurs que "tant qu'il fait jour, la plante éloigne les chèvres ; mais dès la nuit tombée, elle les fait danser".

Si le basilic est jugé plutôt bénéfique, n'en offrez cependant jamais : il est l'emblème de la haine à cause d'une ancienne tradition selon laquelle celui qui voulait signifier son hostilité à quelqu'un lui en offrait.

Dans la tradition persane, manger le jour du Naurouz de la semence du basilic blanc met à l'abri toute l'année des névralgies.

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Ocymum basilicum : Cet élixir équilibre la sexualité dans une relation de couple. Il élimine toute force antagoniste. Il est capable de détruire en vous les mécanismes de l'agression, de l'attachement et de la possession. Il aide les couples à prendre conscience de la source des conflits lorsqu'il y a des blocages pour diverses raisons. Sa force est toujours dirigée vers un problème et jamais contre une personne. Il peut aussi favoriser un entreprise ambitieuse, mais il est nécessaire de savoir écouter le conseil d'un sage. Mademoiselle Lenormand associait cette plante à limage de Phinée, roi de Thrace qui donnait des conseils aux Argonautes sur le début du chemin qui devait les conduire à la conquête de la Toison d'Or.

Pour une telle opération il est nécessaire de présenter un parafait contrôle de soi-même. Cette caractéristique est facilitée par le processus-hydrogène contenu dans la fleur de basilic. Ce processus agit directement sur le Moi et le met en état de conscience éveillée. Son parfum ans lequel on trouve un mélange d'estragol, d'eugènol et même de thymol (comme le thym), réveille les différentes faiblesses du Moi et canalise son action dans de justes proportions.

Cette essence fait une des grandes particularités de cette plante qui n'aime ni le climat tropical, ni les zones froides du globe. Elle préfère les zones médianes comme le pourtour de la Méditerranée par exemple, riche en éthers lumière et chaleur. Cette zone médiane s'apparente chez l'homme au système rythmique. Ainsi, on peut déjà conseiller son élixir pour les problèmes de nervosité, de spasmes, d'insomnie et de digestion.

Cette labiée présente des rameaux feuillés un peu plus larges que ses consœurs portant les noms de lavande et romarin. Ces rameaux feuillés s'achèvent par une floraison svelte, blanche et riche en nectar. Très pénétrante par son odeur, la variété isolée qui pousse au Congo, passe pour éloigner les mauvais esprits. En fait, son élixir purifie le thalamus, la chambre, en grec. La chambre nuptiale du Moi, pourrait-on dire. Rappelons que l'essence de cette plante, originaire de l'Inde, est considérée par la religion brahmane, comme l'essence divine des « trois épouses ». Trois épouses ? Trois sphères spécifiques sont purifiées avec cet élixir : le cervelet appelé encore le cerveau reptilien ; le début du tube digestif contrôlé par le chakra thyroïdien et la fin du tube digestif contrôlé par le chakra gonadique. En considérant que le cervelet est alimenté par le chakra frontal, l'élixir de Basilic interagit donc entre ces trois carrefours énergétiques du corps humain.

En conséquence, cet élixir est conseillé au niveau du premier chakra cité : contre l'épilepsie, le rhume de cerveau et les autres écoulements par le nez des sérosités. De plus agissant sur le lobe postérieur de la glande pituitaire, il facilite la sécrétion de l'ocytocine, hormone responsable de la stimulation des muscles lisses lors de l'accouplement, de la contraction de l'utérus lors de l'accouchement ; mais encore de la lactostimuline qui rend possible l'allaitement ; de la vasopressine (ADH), hormone importante contre le diabète insipide. Ici, encore, on n'oubliera pas de conseiller le basilic contre les orgelets et la perte d'odorat.

Son impact sur le chakra thyroïdien lui permet une chaude recommandation pour les aphtes buccaux, la toux, l'élimination des cathares, le vomissement. Enfin son incidence sur la partie inférieure du tube digestif lui autorise une bonne mention contre le météorisme, les vers intestinaux, la cystite, les problèmes de la sphère uro-génitale, l'hystérie, les spasmes de la région périnéale, les pertes blanches, la grossesse difficile, la stérilité.


Mots-clés : pensons à la basilique, ce temple érigé par les hommes pour honorer Dieu. Pensons à ce temple que Dieu le Père et Créateur de toutes choses nous a confié pour y enchâsser l'âme. Rendons propre cette maison de Dieu, là où réside une particule divine, un flamme apparentée au Moi individuel. Propreté obtenue avec l'élixir de Basilic. Songeons encore à une autre appellation du basilic : l'oranger des savetiers. La fleur d'oranger convient spécialement aux jeunes mariés pour éviter des excès, des irritations des muqueuses, des crises d'hystérie. Tout cela grâce à un arôme d'estragon citronné qui n'a d'affinités ni pour l'aqueux, ni pour le terreux, mais qui détient le feu, ferment à partir duquel toute vie est possible pour l'âme humaine qui s'incarne dans... une Toison d'Or.

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Dans le Petit Larousse des symboles (Éditions Larousse, 2006) établi sous la direction de Nanon Gardin et de Robert Olorenshaw, on apprend que :

Le nom de cette plante au parfum unique nous vient du mot grec basilikan qui signifie "royal". Les Égyptiens utilisent le basilic comme onguent dans l'embaumement du corps des pharaons, d'où l'association entre l'herbe et la royauté. Plus tard, en Italie, le basilic deviendra l'emblème de l'amour qui survit à la mort.

Pendant des siècles, les jeunes soupirants de la Péninsule ont arboré un brin de basilic pour annoncer leurs ambitions amoureuses et conjugales. Dans le Décaméron (nouvelle V), Boccace, le poète florentin, raconte l'histoire de Lisabetta, dont l'amant fut tué par son frère. Le mort lui parle dans un rêve pour lui indiquer l'endroit où il est enterré. Lisabetta découvre sa tête et la met dans un pot de basilic qu'elle arrose quotidiennement de ses larmes.

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Selon Micheline Lebarbier, auteure d'un article intitulé "Des plantes adjuvants du Destin, entre amour et rivalité, dans deux villages du Nord de la Roumanie" (Huitième séminaire annuel d'ethnobotanique du domaine européen du Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009) :


Le basilic (busuioc) notamment, qui est la « plante érotique par excellence » selon O. Bîrlea (1970, p. 83). Considéré comme une plante aphrodisiaque, il est supposé attirer l’amour et les amoureux. Nous avons vu qu’il présidait à la table des Destinées afin de rendre l’enfant beau, aimant et aimé. On lui accorde des vertus de fécondité. I. Evseev (1998, p. 63) rapporte que dans chaque maison où se trouvait une jeune fille, il devait exister un « basilic d’amour » (busuioc de dragoste). Le jour de la saint George (le 23 avril), avant le lever du soleil, la jeune fille devait le semer en se servant de sa bouche, et elle devait l’arroser, toujours en se servant de sa bouche et toujours, avant que le soleil ne se lève. Ce basilic devait la rendre belle et attirante, selon le dicton que « le basilic attire l’amour ». Lors des fêtes, la jeune fille devait porter une branche de ce « basilic d’amour » à sa ceinture et si elle était hardie, elle en glissait un brin dans la ceinture ou dans les cheveux du garçon qu’elle souhaitait séduire (ibid.).

Dans les trois villages de l’enquête, une autre pratique avait lieu à l’Épiphanie (Boboteazæ, le 5 janvier), toujours avec le basilic : les jeunes filles allaient mettre un bouquet de basilic dans la rivière. Elles l’attachaient à un bâton ou à une pierre en ayant soin que le bouquet soit immergé. Le lendemain matin, elles allaient voir si des glaçons avaient pris sur leur bouquet. De nombreux glaçons étaient signe de nombreux prétendants et d’un mari riche, l’inverse présageait peu de prétendants et une vie pauvre. Puis les jeunes filles se lavaient le visage avec l’eau provenant de la fonte des glaçons emprisonnés sur leur bouquet, car cette eau était censée purifier la jeune fille, attirer à elle les regards et tous les bienfaits. Une aïeule de Breb m’assura en octobre 2009 avoir effectué ce rituel en janvier de la même année avec sa petite-fille de seize ans et d’une jeune voisine du même âge.

Á Hoteni, toujours le jour de l’Épiphanie, le pope vient bénir les maisons en utilisant un bouquet de basilic comme goupillon. Les jeunes filles prenaient, il y a peu encore, une branche de ce basilic et le plaçaient sous leur oreiller afin de rêver de leur futur mari ou pour savoir si elles se marieraient dans l’année. Une interlocutrice de 38 ans avait, disait-elle, effectué ce rituel dans sa jeunesse. D’autres plantes sont également utilisées pour provoquer ces rêves.

Le basilic est avec la mandragore, la plante privilégiée des charmes amoureux, mais la mandragore a, comme nous le verrons, des propriétés ambivalentes ; tandis que le basilic assure essentiellement des « charmes amoureux positifs » (Golopentia, 2003, p. 202), afin de rendre la jeune fille belle et séduisante, ou pour restaurer l’amour et la beauté perdus à l’issue de charmes magiques hostiles. Considérées comme sacrées, ces deux plantes pouvaient se trouver l’une et l’autre auprès de l’icône et de l’eau bénite. Cependant, il est reconnu que le basilic est la plante de l’amour partagé, alors que la mandragore est celle de l’amour forcé. Plante de fécondité, le basilic a donné son nom à une danse, dansée le jour des noces. Le basilic décore d’ailleurs le sapin rituel des noces.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le basilic :


"Les feuilles de cette plante annuelle sont vertes ou violettes et elles poussent un peu partout, en plein soleil. C'est une herbe largement utilisée en cuisine en raison de son parfum puissant.


Propriétés médicinales : C'est un excellent antiseptique sur de petites coupures, abrasions ou piqûres d'insectes ; il entraîne une guérison rapide. Une infusion de cette plante est excellente pour calmer les nerfs irrités et un estomac nerveux. Ce type d'infusion est aussi recommandé dans les cas de douleurs rhumatismales.


Genre : Masculin.


Déités : Erzulie, Vishnu.


Propriétés magiques : Amour, exorcisme, richesse, protection.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • C'est une herbe sacrée en Inde, où elle est consacrée à Vishnu.

  • C'est aussi une herbe funéraire très prisée dans les pays de la Méditerranée. Dans les pays des Balkans, c'est une herbe appréciée parce qu'elle permet d'attirer l'amour vers soi ; on s'en sert également pour les rites initiatiques, car elle aide à la projection astrale.

  • Pour attirer la richesse vers vous, placez des feuilles de basilic dans vos poches ; vous pouvez aussi attirer l'argent en versant une ou deux gouttes de cette huile sur votre argent.

  • Au Moyen Âge, on parsemait le sol de feuilles de basilic : où se trouve cette plante, le mal ne peut apparaître.

  • Toujours au Moyen Âge, on croyait que les sorcières buvaient une tasse d'infusion de basilic avant de s'envoler pour le sabbat.

  • Offrir un plant de basilic à un ami qui emménage dans une nouvelle maison ou un nouvel appartement lui portera chance.

SORTILÈGE DE DIVINATION :

  • Pour découvrir si vous épouserez votre amoureux ou si vous vivrez une relation sérieuse avec lui, placez deux feuilles de basilic frais sur un charbon de bois ardent.

  • Si les feuilles se consument rapidement et deviennent des cendres, votre mariage ou votre relation sera harmonieuse et satisfaisante ; en revanche, si une des feuilles craque en mille morceaux en se consumant, cette relation ne durera pas."

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Alexandre Arnoux nous propose un Calendrier de Flore (Éditions Bernard Grasset, 2014) dans lequel, au mois de janvier, le basilic est associé à l'oranger :


Sur la fenêtre du rapetasseur de godasses, dominant la poix, le cuir, la sueur qui a imprégné les chaussures de fatigue, les résorbant, on respire l'haleine exquise du basilic, cette touffe de verdure et d'arome en boule. Ce pot, cette cassolette d'où monte un globe feuillu, d'une suavité corsée, orne, selon un vieil usage, l'échoppe des confrères de saint Crépin ; il leur rappelle que le monde parfois sent bon et leur apporte, à eux qui peinent dans les faubourgs fuligineux, parmi les empeignes, les semelles, les ligneuls, les dépouilles tannées du veau et de la vache, que le végétal existe et que la nature a des parfums enivrants, des épices pour les narines et les poumons. Usage quasi vénérable que l'orangerie des rois, qui les divertit de la cour et de ses intrigues, de la fétidité politique. C'est pourquoi le langage populaire appelle le basilic : orange des savetiers.

Certains professent que, pour croître vigoureusement et distiller sa suprême essence, sa consolation salubre, il exige qu'on le sème en le maltraitant, avec force injures et malédictions. Caprice étrange. Peut-être s'exerce-t-il ainsi, dès avant sa naissance, à lutter contre l'ignominie, les puanteurs, les exhalaisons sordides, à fortifier sa patience, à embaumer, en dépit du siècle, des ribouis entassés, à rayonner imperturbablement, soleil lui aussi, à sa manière verte, une lumière odorante, à chasser les miasmes de la boutique come l'Autre, son éminent colègeu d'or de l'Empyrée, pourfend les ténèbres de l'univers;

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Fabrice Fenouillère, dans Des Plantes et des hommes (Éditions Galéa, 2017) consacre un article au Basilic :


Il convient de l’avouer, la seule évocation de son nom suffit à imaginer de délicieux plats gorgés de soleil. Le basilic, une douceur végétale purement méditerranéenne pourrait-on croire, tant on a l’habitude de le voir accompagner avec goût, tomates, mozzarella et huile d’olive.

Il a dû pourtant en faire des voyages, en traverser des siècles, des monts et des mers pour arriver jusque dans nos assiettes !

Car partir à la recherche de son berceau, c’est rejoindre l’Asie du Sud où il a été élevé, il y a des milliers d’années, au rang de plante sacrée, offerte à Krishna et glissée entre les mains des défunts pour les protéger lors de leur ultime trajet vers l’au-delà.

Il y a 4000 ans, on le retrouve en Égypte où il se fait une place de choix à l’ombre des pyramides, les pharaons ordonnant de l’ajouter à la liste des précieuses plantes nécessaires à toute momification.

Quelques décennies encore et c’est en Grèce qu’il pointe le bout de ses feuilles en se parant d’un pouvoir tout à fait étrange : on murmure en effet à l’époque que des scorpions naitraient dans le cerveau de quiconque en respirerait l’odeur...

C’est enfin, à Rome, qu’il changera véritablement de statut. De végétal associé à la mort, le basilic se retrouvera ainsi lié à l’amour : en offrir secrètement une tige à sa bien-aimée, sera, en effet, lui promettre une fidélité éternelle.

Dès lors, il ne cessera de gagner des galons, et son nom, lui-même, signifiant « plante royale » symbolisera son nouvel état.

Au Moyen Âge, seuls les seigneurs auront ainsi le droit de le cueillir et les personnes de haut rang, de soigner leurs migraines grâce à sa tisane.

C’est d’ailleurs à la même époque que cette plante passe dans la catégorie enviée des aromatiques, jugée alors digne de figurer à la table des rois puis, des siècles plus tard, dans nos petits plats.

Légère indiscrétion pour finir : si certains pensent que les plantes sont plus belles et plus fortes quand on leur parle, une légende dit que le basilic, lui, pousse mieux s’il est injurié ! On ne s’inquiétera donc plus d’entendre un voisin maugréer sur son balcon ou dans son jardin. Non il ne s’énerve pas, il prend soin de son basilic !

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Dans Magie botanique, Huiles essentielles pour sortilèges et rituels de guérison (Édition originale 2018, traduction française Éditions Danaé, 2021), Amy Blackthorn affine notre connaissance du Basilic romain :


Famille botanique : Labiacées

Origines : Égypte ; Inde ; France ; États-Unis

Provenance de l'huile de la plante : Feuilles ; Tiges ; Fleurs

Évaporation : Note de tête

Description de la fragrance : Légère ; Épicée

Impacts du parfum : Combat la fatigue


Correspondances magiques :

Applications : Inhalation directe ; Diluée sur la peau

Élément : Feu

Jour : Mardi

Utilisations magiques : Amour (consacré à Aphrodite) ; Prospérité ; Exorcisme ; Protection ; Souvenirs

Planète : Mars

Signe astrologique : Scorpion

Cristaux suggérés : Marbre (régi par le Cancer) : aide à développer une pratique méditative profonde

Déités / Esprits : Vishnou, dieu hindou, qui préserve et protège l'univers ; Erzulie Freda, déesse vaudoue de l'Amour et des Femmes.


Avertissement : N'utilisez pas le Basilic si vous êtes épileptique.


Traditions d'herboristes : Cela fait au moins cinq mille ans que l'on connaît le basilic dans les disciplines de la cuisine, de la magie et de la médecine ; son périple a commencé en Inde d'où il s'est répandu vers l'ouest jusqu'à la Méditerranée. L'une des histoires les plus puissantes en relation avec l'amour et le Basilic provient du Décaméron de Boccace. L'histoire raconte qu'Isabetta, la jeune sœur de trois riches frères, tomba amoureuse d'un homme nommé Lorenzo, travaillant au service de sa famille. Elle commença à passer du temps avec Lorenzo et leur amour grandit. Quand les frères d'Isabetta découvrirent qu'elle avait des sentiments pour un homme de classe sociale inférieure, ils emmenèrent Lorenzo dans les bois et le tuèrent. Quand les frères revinrent, ils dirent à Isabetta que Lorenzo était parti pour affaires. Bien que triste, elle comprit et alla se coucher. Cette nuit-là, le fantôme de Lorenzo apparu à Isabetta et lui dit à quel endroit elle pourrait trouver son corps. Le cœur brisé, Isabetta s'enfuit dans les bois pour déterrer son corps, armée d'un simple petit couteau.

Quand elle trouva le corps de son bien-aimé, enterré là où le fantôme le lui avait dit, elle fut inconsolable. Elle était partie si rapidement qu'elle n'avait aucun moyen de récupérer le corps pour lui donner des funérailles appropriées. Dans son chagrin, Isabetta coupa la tête de Lorenzo avec son couteau. Elle la rapporta sous le couvert de l'obscurité jusqu'à la demeure familiale, l'enterra dans un pot où poussait du Basilic et pleura tout son chagrin. On dit qu'elle pleura tant et tant que ses larmes furent utilisées pour arroser le Basilic et le maintenir en vie. malheureusement, ses frères découvrirent son macabre secret ; ils le prirent et l'emmenèrent loin de la ville de façon à ce qu'il n'y ait plus aucune preuve de leur mauvaise action. La pauvre Isabetta en mourut de chagrin. depuis ce jour, le Basilic est réputé pour adoucir le chagrin et soutenir ceux qui sont dans la peine.

La relation entre le Basilic et l'amour devint si forte que les jeunes hommes mettaient des brins de Basilic sur leur chapeau s'ils souhaitaient se marier. On considérait également que les feuilles de basilic étaient un test plausible de virginité, de fidélité et de camaraderie.

Quand vous rendez visite à des amis dans une nouvelle maison, apportez-leur un plant de basilic dans un pot ; cela leur assurera que leur maison sera remplie d'amour, de prospérité et de sécurité.

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Maïa Toll, auteure de L'Herbier du chaman, 36 cartes divinatoires, A la rencontre de la magie des plantes (Édition originale 2020 ; Édition française : Larousse, 2021) nous révèle les pouvoirs du Basilic sacré (Ocimum sanctum) :


Mot-clef : Vous êtes un être sacré


En Asie du Sud, la tradition est de mettre un pot de Basilic sacré, ou tulsi, devant l'entrée de la maison. Cette plante éminemment sacre, considérée tour à tour comme une divinité protectrice du foyer et une manifestation de la déesse Lakshmi, apporte le paradis sur terre. Son odeur épicée vous convie à prendre conscience de l'invisible, de l'esprit qui va et vient. La Basilic sacré dit : « Vous gagnez en force quand vous laissez l'espoir vous aider à vous adapter aux vicissitudes de la vie quotidienne. »

Si vous vous liez d'amitié avec le Basilic sacré, il vous enverra un autre message : votre esprit circule à travers votre forme matérielle, ce qui permet à votre âme d'être nourrie par vos cinq sens. N'hésitez pas à porter un collier de graines de tulsi autour du cou pour vous rappeler que votre esprit réside chez vous et que vous êtes sacrée.


Rituel : Rentrez chez vous

Le Basilic sacré vous demande de rentrer chez vous. Souvent, nous cherchons le sacré à l'extérieur et traitons notre corps, notre savoir et notre esprit comme des morceaux d'épave flottant sur le cours d'eau de la vie. Le Basilic sacré sait que revenir à vous-même, vous habiter, ne se fait pas du jour au lendemain, mais réclame une pratique régulière. Sa présence vous répète sans cesse : « Rentrez chez vous. »

  • Plantez du Basilic sacré dans un pot devant l'entrée de votre maison pour ne jamais oublier d'apporter des bienfaits au monde et, à votre retour, de prendre le temps de penser à vous et de vous nourrir.

  • Vous n'avez pas de place pour une plante en pot ? Pas de souci ! Accrochez une photo ou un dessin du Basilic sacré près de l'entrée.

  • Portez un collier de graines de tulsi qui effleure votre peau ; il vous rappellera gentiment sa présence à chaque fois que vous entrez et sortez de chez vous. Apportez du sacré dans le monde extérieur, puis dans votre monde intérieur à votre retour. rentrez chez vous, encore et encore.

Réflexion : Et si vous étiez sacrée ?

Le tulsi vous dit : « Et si vous étiez sacrée telle que vous êtes ? Et si vous n'aviez pas besoin d'être plus "spirituelle", plus gentille, plus je-ne-sais-quoi ? »

Et si vous acceptiez de vous reconnaître telle que vous êtes déjà - un être sacré ?

Comment cette pensée vous transformerait-elle et changerait-elle l'image que vous donnez au monde ?


« Notre peur la plus profonde n'est pas de ne pas être à la hauteur. Notre peur l plu profonde est que nous soyons puissants au-delà de toute mesure. C'est notre lumière, et non nos ténèbres, qui nous effraie le plus.... Vous rabaisser ne rend pas service au monde. »

(Marianne Williamson, Un retour à l'amour)

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


Cet aliment représente une "affection pleine de sollicitude". La gentillesse avec laquelle on s'approche soi-même (et les autres). Il fait penser à quelqu'un qui se tient à l'entière disposition d'autrui ; comme un laquais, une femme de chambre, un maître d'hôtel ou un garçon de café. Celui qui est toujours et immédiatement prêt à servir un autre. "Qu'est-ce que ce sera, Monsieur ?" Il fait ceci automatiquement, sans hésitation. Cela fait partie intégrante de son personnage. Mais l'être lui-même, derrière cette attitude de serviabilité automatique ou cristallisée en habitude, est difficile à trouver. Ceci, du moins, est le caractère du Basilic.

Nous pourrions comparer le caractère du Basilic à la sœur dans une maison de soins qui veut tout agencer comme il convient et le plus proprement possible, conformément à des règles strictes, pour les patients présents ; elle fait de son mieux, elle fait son devoir ; c'est quelqu'un qui accomplit ce qu'il sait devoir faire pour répondre à la demande et aux lois, non seulement de la vie, mais aussi des règlements et principes en vigueur. elle est tout entière vouée au service, que ce soit au sein d'une confession religieuse ou à l'intérieur d'un système, d'un organisme, d'une structure.

Le Basilic s'acquitte de ses devoirs, soigne, dispense du baume, guérit et élève les sentiments avec tout l'amour, le dévouement et la sollicitude nécessaires. Il a de la patience, se tient toujours prêt à aider les autres, à les assister là où c'est nécessaire. Il ne répond jamais non lorsqu'on demande une main secourable, au contraire, il sent automatiquement quand et où sa présence est requise. Il veille à ce que tout soit pur, propre, nickel et soigné, en temps voulu. Il est habité de nobles intentions, qui d'ailleurs, fondamentalement, sont ce qui le stimulent à agir comme il le fait. Le Basilic ne soigne pas seulement le corps, mais aussi l'esprit. Il y a dans son intervention une sorte de silence, de sécurité, de confiance, de certitude. Auprès de lui, les personnes qu'il soigne se sentent en de bonnes mains, en sécurité, plus tranquilles.

L'être humain qui a envie de Basilic a horreur des tiraillements. Au fond, il aspire à une profonde paix intérieure et a besoin de calme. Il se sent quelquefois ténébreux et impur intérieurement, et veut se sortir de là. Il veut être libre, peut-être se laisse-t-il parfois un peu gagner par la panique parce qu'il s'est niché dans un espace insuffisamment lumineux pour lui, un espace où il se sent comme pris dans un enchevêtrement. Il veut se purifier, se nettoyer de tous ces embrouillaminis qui obscurcissent sa tête et son âme. Il porte au lus profond de lui le désir de pouvoir respirer plus librement, de se frayer un chemin vers une liberté totale et absolue : là où l'attend un océan infini de Vie dans la liberté et la joie. Il se peut que quelquefois il n'ait pas bien pris soin de lui-même, qu'au contraire il se soit tiré lui-même vers le bas et se sente incapable de se libérer du nœud qui l'emprisonne. Il est temps d'en sortir maintenant : il faut procéder à un grand nettoyage, épurer, soigner le corps et l'âme, trouver un peu de calme intérieur et de patience. "Et tout s'arrangera", dit le Basilic.

Celui qui a envie de Basilic se rabaisse parfois quelque peu, surtout lorsqu'il s'agit de regarder ses propres valeurs : il est possible qu'il se trouve un peu "misérable" (un peu négligé, débraillé ou malpropre dans un cas extrême), pars soigné de sa personne, et qu'il doive d'urgence s'occuper de lui-même. Il fera bien de se prodiguer l'amour et la sollicitude nécessaires, comme le Basilic le lui demande. Il a horreur des ingérences, mais enfin, raison de plus pour prendre soin de lui-même.

Cependant, cette personne ne peut s'opposer à sa propre réceptivité et à ce que les autres souhaitent lui offrir en "cadeau". Elle ne peut refuser sèchement ce qui s'offre à elle de beau et de précieux sur son chemin. Celui qui aime beaucoup le goût du Basilic aspire à la cessation d'une sorte de lutte ou de guerre, il a du mal avec les échanges verbaux, surtout lorsque ceux-ci reflètent son conflit (nœud) intérieur non résolu. Il devra dès lors se rendre compte qu'il lui faut résoudre la lutte EN lui-même, pour enfin, une fois pour toutes, s'estimer lui-même à sa juste valeur, prendre soin de lui-même corps et âme et cesser de se négliger ou de s'avachir sur quelque plan que ce soit. Il peut pleinement reconnaître sa valeur et s'octroyer à lui-même ce dont il a besoin.

Les sombres nuages s'éloignent lorsqu'un te être se remet lui-même en honneur, lorsqu'il adopte à nouveau une attitude pleine d'amour et généreuse envers lui-même (et par conséquent aussi envers les autres), comme le Basilic le demande.

Celui qui a envie de Basilic a besoin d'épuration et d'élimination, de jeter et d'abandonner tout ce qui ne concorde pas avec sa personnalité ; il a besoin d'une structure ouverte et claire et de lécher ses vieilles blessures, afin de parvenir à une vision totale, à un rétablissement complet, et enfin à un état purifié de l' "être", dans le Bonheur. Qu'il parvienne donc au plus profond de lui-même à une solution solide, fondamentale et irrévocable... magnifique !

La nature du Basilic peut être qualifiée d'amicale et de joviale ; il lui est naturel de donner un coup de main aux autres, de ne pas maugréer, de ne jamais se plaindre et... de toujours amener la clarté et l'ouverture dans l’existence de quelqu'un. Comme de larges couloirs ouverts et lumineux, grandioses d'amplitude et de pureté. Le passage libéré pour l'être humain qui sait s'occuper de lui-même. C'est là ce que cette herbe aromatique demande : la gentillesse, dans un respect absolu, pour son propre je, son propre corps. Et un savoir que stout s'arrangera, si seulement l'être humain prend soin de lui avec le tendre dévouement qu'il mérite, quand bien même il ne s'en rend pas toujours compte.

La bonne humeur, l'obligeance, la purification, la serviabilité vis-à-vis des autres dans un total désintéressement, le fait de prendre soin de soi-même et de son entourage de façon optimale : autant de concepts qui caractérisent le propre du Basilic. L'être humain devra ici prendre conscience du fait que c'est dans le silence de son Essence divine intérieure qu'il trouvera le calme le plus profond, que le baume le plus doux peut se former dans ses propres pensées et émotions, dans son propre cœur. Alors seulement, il pourra partager cet état d'être pur avec d'autres, dans une ambiance cordiale. Une vieille douleur a peut-être été lavée pour de bon, des cicatrices ont disparu. Il débute une nouvelle journée, le soleil matinal pénètre dans cette maison... il prend maintenant appui sur ses propres jambes, comme quelqu'un qui s'est vu renaître, et a opté pour un recommencement pur et beau. Virginal, réceptif à la beauté, il ne refuse pas la pureté qui se révèle sur son chemin.

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


BASILIC (Ocimum ; Cf. tulasî). — Cette herbe, chère aux femmes, joue un grand rôle dans la tradition populaire grecque et italienne ; on lui attribue une double signification érotique et funéraire. Pline nous apprend que, lorsqu’il s’agissait de féconder les cavales et les ânesses, on leur donnait à manger du basilic. Le professeur Saraceni m’écrit de Chieti (Italie méridionale) : « Toutes nos jeunes filles cueillent une touffe de basilic, et la placent sur leur sein, ou à leur ceinture (probablement comme un emblème de chasteté, de virginité ; les femmes mariées attachent le basilic à la tête). On croit aussi que l’odeur du basilic engendre la sympathie, d’où provient son nom : Bacia-nicola, c’est-à-dire, baise-moi, Nicolas (1). Il est donc fort rare qu’un jeune paysan aille faire visite à sa bien-aimée sans porter sur l’oreille un brin de basilic ; mais, ils ont soin de ne pas le donner, parce que ce serait une preuve de mépris. » En Toscane, on appelle le basilic amorino. Je rappellerai, à ce propos, le rôle que l’on attribue au basilic dans le vingt-deuxième conte de Gentile Sermini, conteur siennois du XVe siècle. Un pot de basilic que la jeune femme ôte de sa fenêtre avertit son amoureux qu’il peut monter. Gentile Sermini en tire cette conséquence que le basilic est un entremetteur (fa da mezzano). Cependant, le plus souvent, le basilic a une signification sinistre. Les anciens Grecs pensaient que, lorsque l’on semait le basilic, l’on devait accompagner cet acte par des injures, sans quoi il n’aurait pas bien poussé ; d’où s’explique le proverbe semer le basilic, équivalent de médire. Dans l’île de Crête, le basilic est un symbole de deuil, quoiqu’il se trouve sur toutes les fenêtres dans les maisons de campagne. Nous lisons, dans un chant populaire crétois recueilli par Mme Schwartz (Elpis Melaina) : « Basilic ! herbe de deuil, fleuris sur ma petite fenêtre ; moi aussi je vais me coucher dans la douleur, et je m’endors en pleurant. » Je suis donc très tenté d’attribuer une origine hellénique au conte de Boccace, où il est question d’Isabetta de Messine, à laquelle ses frères enlèvent le pot de basilic, sous lequel elle gardait la tête de son amant, que les frères d’Isabetta avaient tué. Sur ce sujet, au XIVe siècle, fut composée une chanson populaire, qui fait partie d’un manuscrit de la bibliothèque Laurenziana (2) . Elle commence ainsi :


Questo fu lo malo cristiano

Che mi furò la resta

Del bassilico mio selemontano.

Cresciut’ era in gran podesta,

Ed io lo mi chiantai colla mia mano.

Fu lo giorno della festa.

Chi guasta l’ altrui cose è villania,

E grandissimo il peccato,

Ed io, la meschinetta ch’ i’ m’ avia

Una resta seminata,

Tant’ era bella, all’ ombra mi dormia,

Dalla gente invidïata ;

Fummi furata e davanti alla porta, etc.


L’allure, ainsi que le ton de cette chanson et du conte du Decamerone, est entièrement populaire et légendaire, et nous fait remonter à quelque événement plus ancien que le XIVe siècle, quoiqu’il soit probable que quelque événement analogue, arrivé à Messine du temps de Boccace, ait localisé la légende. On a été assez frappé de la grande ressemblance que présentent souvent entre eux les contes siciliens et une certaine série de contes russes ; mais tout étonnement doit cesser, si l’on pense seulement que la provenance d’un très grand nombre de contes russes et siciliens est commune, c’est-à-dire essentiellement byzantine. C’est en Grèce qu’il faudrait donc, à mon avis, chercher la clef mythologique du conte sicilien d’Isabetta dont l’amoureux se transforme en basilic (probablement par l’équivoque entre le nom de cette herbe et le petit basilic, le petit prince), ainsi que du conte russe qui se rapporte au Basilek « le bluet » (cf. le mot Bluet). D’après les Apomasaris Apotelesmata (Francfort, 1577, p. 269), si l’on voit en songe le basilic, c’est de mauvais augure : « Si quis visus fuerit ab alio accepisse ocimum, sive basilicum, sollicitudinem et aerumnam inveniet, pro accepti ocimi copia. Quod si notus est qui dedit, per ipsummet aut alium ei similem adfligetur ; sin autem, per inimicum. Si ocimum sevisse visus sibi fuerit, idque succrevisse, sollicitudinem inveniet ac torturam cum miseria. Si videre visus fuerit in loco praediove suo magnam ocimi copiam succrevisse, hoc ad domesticorum ipsius ploratum et adflictionem referatur ; quod si et ipse sumpsit ab eis ocimum, particeps doloris erit ; sin autem, dolor ad ipsos dumtaxat pertinebit. » On trouvera au mot Tulasî une plus longue description de l’ocimum sanctum de l’Inde, et ses rapports légendaires avec le bluet ; je remarque cependant ici que l’ocimum, cultivé et vénéré par le peuple du Malabar sous le nom de collò, rappelait déjà à notre missionnaire Sebastiani, du XVIIe siècle, notre basilic sauvage. « Collò, dit-il, est une herbe qui ressemble au basilic sauvage, dédiée à Ganavedi (Ganeça) ; ils le gardent dans une toute petite chapelle (pagodino) découverte, au-devant de leurs maisons, ainsi que nous plantons des croix devant les églises. » Dans le même siècle, un autre voyageur italien, le père Vincenzo Maria da Santa Caterina, compare l’herbe collò avec le basilic, qu’il appelle gentile, c’est-à-dire au basilic de nos jardins : « Presque tous, spécialement les habitants du nord (du Dekhan), adorent une herbe semblable à notre Basilico gentile, ayant cependant une odeur plus aiguë. Ils l’appellent collò ; chacun, devant sa maison, élève un petit autel, entouré d’un mur de la hauteur d’un demi-bras, au milieu duquel on place des petits piliers (3). Ils ont grand soin de cette herbe ; devant elle, ils murmurent plusieurs fois par jour leurs prières, en se prosternant souvent, en chantant, en dansant, en l’arrosant avec de l’eau. Sur les rivages des fleuves où ils vont se baigner, à l’entrée des temples, on en voit une grande quantité ; ils croient en effet que les dieux aiment particulièrement cette herbe, et que le dieu Ganavedi y demeure continuellement. Lorsqu’ils voyagent, à défaut de cette plante, ils la dessinent sur le terrain, avec sa racine ; voilà comment s’explique qu’au bord de la mer, on remarque si souvent de pareilles figures tracées sur le sable. »


Notes : 1) Il est possible qu’une pareille dénomination soit née en Italie par la confusion entre les mots basilico et basinico.

2) Cf. Rubieri, Storia della poesia popolare italiana, Florence, 1877. Le mot chiantai, au lieu piantai, trahit l’origine sicilienne de la chanson.

3) On connaît la forme et la signification phallique de ces piliers. L’herbe qui les entoure est censée détruire toute mauvaise influence contraire à la fécondation. C’est pourquoi, dans l’Inde, ces petits autels sont particulièrement soignés par les femmes. L’un des noms indiens du basilic est bhútaghní, proprement, celle qui tue les monstres.

[...]

PAVITRA (l’herbe purificatrice ; cf. dûrvâ, tulasî). — L’un des noms indiens de l’ocimum sanctum. L’une des cérémonies domestiques indiennes s’appelait pavitrâropana ; la famille se recueillait, et invoquait la divinité en entourant chacun de ses doigts avec l’herbe purificatrice.

[...]

TULASI. — Le nom indien de l’Ocimum sanctum (cf. Basilic et Chicorée), très vénéré dans l’Inde, comme la verveine chez les Romains. Mais la tulasî avait une signification plus profonde, un emploi plus fréquent et un culte plus assidu. Je possède un tout petit livre, imprimé dans l’Inde, intitulé Tulasíkavacam, composé de deux parties, dont l’une de vingt strophes, intitulée proprement Tulasíkavacam (la tulasî amulette), est tirée du Tulasímâhâtmya du Brahmânda Purâna, l’autre, de quinze strophes, est un hymne en l’honneur de la tulasî, attribué à un certain Pundaríka, nom donné aussi à un fils de la déesse Laksmî, avec laquelle l’herbe tulasî est si souvent identifiée, ainsi qu’avec la femme de Çiva. On invoque la tulasî pour protéger toutes les parties du corps, pour la vie et pour la mort, et dans plusieurs actes de la vie, mais surtout en sa qualité de putradah putra kâñkshínâm (qui donne des enfants à ceux qui désirent des enfants). Tous les dieux s’intéressent à cette herbe, comme à une espèce d’amrita réservée aux hommes pieux ; elle est surtout chère à Vishnu et Lakshmî, d’où ses noms sanscrits de Haripriyâ ou Vishnupriyá et de Lakshmípriyâ. Nârada même, le sage divin, a chanté les louanges de cette plante immortelle, qui contient en elle toutes les perfections, qui éloigne tous les maux, qui purifie et qui guide au paradis céleste ceux qui la cultivent.

Sous le mystère de cette herbe, créée, dit-on, avec l’ambroisie, se cache sans doute le dieu créateur lui-même. Parmi ses noms, on peut encore citer les suivants : subhagâ (propice), surabhî (parfumée), bahupattrî (aux feuilles nombreuses), bhûtaghnî (qui détruit les esprits, les démons), Lakshmí, Gaurí, Tridaçamangarí, Devatandulí, etc. Le culte de l’herbe tulasî est aussi vivement recommandé dans la dernière partie du Padmapurâna, consacré à Vishnu ; mais elle n’est pas moins adorée, peut-être, par les sectaires de Çiva ; Krishna, l’incarnation si populaire du dieu Vishnu, a aussi adopté cette herbe pour son culte ; de là ses noms de Krishnâ et Krishnatulasí. Sitâ, la personnification épique de la déesse Laksmî, se transforme, d’après le Râmâyana, en tulasî, d’où le nom de Sítâhvayâ donné à l’herbe. « Der Salagramakiefel, écrit Bastian (Der Mensch in der Geschichte, III, 192), wird auf die Toolsipflanze « tulasî » gelegt, worin die Asche Brindas der treuen Frau Jalandsaras verwandelt ist. » Dans le Bengale, le dieu domestique est parfois la pierre phallique Çalagrama, parfois la plante tulasî. A propos de l’origine céleste de l’amrita et du culte de la durvâ (cf.) appelée amitânamâ, M. Sénart, dans son Essai sur la légende de Buddha, observe : « Jusque dans le moderne hindouisme, le culte de la tulasî, consacrée à Vishnu, n’a point d’autre origine ; les feuilles en guérissent toutes sortes de maladies et chassent le venin des serpents ; le vase suspendu pendant le mois de Vaicâkha au-dessus de la plante, et où l’eau s’écoule goutte à goutte, figure encore aux yeux sa parenté avec l’amrita du nuage. » Les adorateurs de Vishnu portent un collier en bois de tulasî, et un rosaire, fait avec des semences de tulasî ou de lotus. Les Vishnu dûtas ou messagers de Vishnu, portent aussi des rosaires de tulasîmanî ou « perles de tulasî ».

J’ai dit plus haut que la tulasî ouvre le chemin du ciel aux hommes pieux ; c’est pourquoi, lorsqu’un Indien se meurt, on place sur sa poitrine une feuille de tulasî ; lorsqu’il est mort, on lave la tête du mort avec de l’eau dans laquelle on a plongé, pendant que le prêtre priait, des semences de lin et des feuilles de tulasî. D’après le Kriyâyogasaras (XXIII), en plantant et en cultivant religieusement la tulasî, on obtient le privilège de monter au palais de Vishnu, entouré de dix millions de parents. C’est de bon augure pour une maison, si on la bâtit dans un endroit où la tulasî pousse bien. Vishnu rendrait malheureux pour toute sa vie et pour l’éternité l’impie qui, par mauvaise volonté, voire même aussi l’imprudent qui, par mégarde, arracherait l’herbe tulâsi ; point de bonheur, point de salut, point d’enfants pour lui. On ne peut en cueillir que dans une bonne et pieuse intention, et surtout pour le culte de Vishnu, ou de Krishna, en lui adressant cette prière : « Mère Tulasî, toi qui apportes la joie au cœur de Govindas, je te cueille pour le culte de Nârayana. Sans toi, bienheureuse, toute œuvre est stérile ; c’est pourquoi je te cueille, déesse Tulasi ; sois-moi propice. Comme je te cueille avec soin, sois miséricordieuse pour moi, ô Tulasi, mère du monde ; je t’en prie ! » On devait bien prendre garde de ne secouer aucune branche de cette herbe, pendant qu’on la cueillait, de peur de la casser ; on dit que le cœur de Vishnu, l’époux de la tulasî, tremble, se tourmente et s’irrite, lorsque l’on casse une petite branche de la tulasî, son épouse. Le petit livre indien mentionné au commencement de cet article s’adresse de même à la tulasî, comme à une véritable déesse : « Tulasî Çrî, — Sakhi, Çubhe, Pâpahârini, Punyade, Namas te, Nâradanute, Nârâyanamanahpriye ! » (Tulasî est la déesse Çri — O bien-aimée, ô belle, ô destructrice des méchants, ô purificatrice, honneur à toi, ô louée par Nârada, ô chère au cœur de Vishnu !) Et plus loin : « Tulasiçrîmahâdevinamah pankagadhârini » (A Tulasî, à la déesse Çri, à la grande déesse, honneur, ô toi qui porte la fleur de lotus). » On prie ensuite la déesse Tulasî de protéger la tête (çiras), le front (phâlam), la vue (driças), le nez (grâhnam, en sa qualité de sugandhâ ou parfumée), le visage (mukham, en sa qualité de sumukhî « au beau visage »), la langue, le cou, les épaules, la taille (madhyam, en sa qualité de punyadâ), etc. Chaque partie du corps, de la tête jusqu’aux pieds, est l’objet d’une invocation spéciale à la déesse Tulasî.

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Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Des herbes ont été bénies ou maudites en raison des actes que leur attribuent des traditions qui parfois leur accordent une sorte d'animisme. La Vierge fuyant ta colère d'Hérode dit à un laboureur qui semait du blé d'aller chercher sa famille pour le couper. Le paysan sourit d'abord, mais il se laissa persuader, et quand il revint avec les siens, le blé était mûr. Il le faucha, et la Vierge se cacha sous les herbes avec son enfant, en recommandant au paysan de ne pas la trahir. Les tiges de blé n'étaient pas assez longues, et l'on apercevait un pan de son manteau mais les branches des sauges et des basilics qui l'entouraient se penchèrent, s'entrelacèrent et formèrent un faisceau qui protégea Marie. A quelques pas se trouvait une touffe de menthe ; tout à coup Hérode survient avec ses cavaliers, et demande si l'on n'a pas vu une femme et un enfant. « Si, répondit le laboureur, mais c'était au moment des semailles. - Alors elle doit être bien loin » dit Hérode, et il s'élança à sa poursuite. Heureusement, il n'entendit pas un geai, et une menthe qui disaient : « Sota la garberota ! sous la gerbe. » Il La mère de Jésus dit à la menthe :

Tu els rnenta y mentivis

Floriras y no granaras.


Tu es menthe, et tu mentiras toujours; tu fleuriras, mais tu n'auras pas de graines. Puis s'adressant au basilic, elle lui dit :

Enfalgue, Deu te salvia,

Floriras y granaras.


Basilic, Dieu te sauve, tu fleuriras, et tu auras des graines. Depuis lors, il est la plante favorite des jeunes filles qui en accrochent un bouquet à leur corsage. [...]

La superstition d'après laquelle il est bon de jurer au moment où l'on cofie des semences à la terre, n'est peut-être qu'une survivance des conjurations religieuses usitées autrefois au XVIe siècle. elle s'appliquait à deux plantes : L'on dit chose admirable du basilic qu'il croît plus haut et plus beau s'il est semé avec malédictions et injures; il en est de même de la rue et du cumin.

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