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  • Anne

Le Tabac



Étymologie :

  • TABAC, subst. masc.

Étymol. et Hist. [1555 cité comme mot indigène, à propos de Haïti Tabaco « instrument à deux tuyaux servant à fumer » (J. Poleur, trad. de Oviedo, Hist. nat. et gen. des Indes, Isles et Terre Ferme de la Grand Mer Oceane [trad. de l'esp.], fol. 71b ds König, p. 190)] 1. 1590 mot esp. cité Tabaco « plante solanée cultivée surtout pour ses feuilles qui sont fumées, prisées ou mâchées après préparation » (J. Th. de Bry, Brieve Hist. de Virginia, p. 16, ibid., p. 191) ; 1598 id. (R. Regnault Cauxois, trad. de J. de Acosta, Hist. nat. et mor. des Indes, tant Or. qu'Occ. [trad. de l'esp.], fol. 183b, ibid.) ; 1601-03 tabac (Champlain, Œuvres, Québec, 1870, t. 1, 1, p. 46, ibid.) ; 1603 id. (Id., Des Sauvages, fol. 9b, ibid. : quantité de Tabac (qui est une herbe dont ils prennent la fumée)) ; 2. 1629 désigne les feuilles de cette plante préparées pour être fumées (Saint-Amant, Sonnet ds Œuvres, éd. J. Bailbé, t. 1, XLIII, p. 280 : Non, je ne trouve point de difference De prendre du tabac, à vivre d'esperance, Car l'un n'est que fumée, et l'autre n'est que vent) ; spéc. pot à tabac, v. pot ; 1697 tabac d'Espagne « tabac de couleur roux clair » (J.-Fr. Regnard, Le Distrait, p. 197), d'où infra 4 et 5 ; 3. a) 1665 « lieu public où l'on se réunissait pour fumer et boire » (Arrêt du Parlement, 10 janv. ds DG) ; b) 1769 bureau à tabac « local où l'on vend du tabac » (J.-J. Rousseau, Les Confessions, VIII, éd. B. Gagnebin et M. Raymond, p. 381) ; 1794 bureau de tabac (Chamfort, Caract. et anecd., p. 161) ; 1887 p. ell. tabac (Zola, Terre, p. 54 : Tabac, chez Lengaigne [enseigne] ; 4. 1733 adj. « brun-roux, de la couleur du tabac » (Inv. après décès du chevalier Roze, éd. Arnaud d'Agnel ds B. du Comité des travaux hist. et sc., 1903, p. 477 : un autre habit estamine complect couleur tabac) ; 1790 tabac d'Espagne désigne une couleur roux clair (doc. ds L. Briollay, Ét. écon. sur le XVIIIe s., Les prix en 1790, p. 338) ; 5. 1791 zool. tabac d'Espagne désigne un papillon aux ailes d'un roux clair (Valm. t. 7, p. 619) ; 6. [1871 c'est le même tabac « c'est la même chose » (La Sociale ds France 1907)] 1888 le même tabac « la même chose » (d'apr. Esn.) ; 1901 id. (Bruant). Empr. à l'esp. tabaco, att. dep. la 1re moit. du xvie s. au sens 1 et au sens de « cigare » (Las Casas ds Fried. ; cf. aussi Oviedo y Valdes, trad. supra 1555, ibid.), lui-même empr. à l'arawak de Cuba et Haïti (König, pp. 190-195 ; FEW t. 20, pp. 79-80 ; v. en partic. les nombreux textes esp. anc. cités ds Fried. où tabaco est présenté comme un mot indigène). A remplacé pétun*.

  • PÉTUN, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1572 (J. Peletier du Mans, Savoye, III, p. 74 ds Gdf. Compl.). Mot de la lang. des indigènes du Brésil, cf. p. ex. la lettre du 23 juillet 1556 (ds Gaffarel, Hist. du Brésil fr., Paris, 1878, p. 379 : J'ay veu une herbe qu'ils [les sauvages] appellent petun), ainsi que les nombreuses attest. fournies par les textes fr., all., angl. et port. de la seconde moitié du xvie s. où le mot est cité comme mot indigène (v. Fried., König et Arv.). Empr. directement au tupi petyma, petyn, guarani pety et non pas, comme le suggèrent DG, EWFS2 et Bl.-W.1-5 (s.v. tabac), empr. par l'intermédiaire du port. petum. Pétun a été évincé dès le déb. du xviie s. par tabac* et ne survit plus que dans certains dial. de l'Ouest (norm., h. bret., manceau et ang.). V. FEW t. 20, pp. 75a-76a.


Lire aussi les définitions de tabac et pétun pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Nicotiana tabacum ; Grand tabac ; Herbe à l'ambassadeur ; Herbe à la reine ; Herbe à Nicot ; Herbe à tous les maux ; Herbe à tous maux ; Herbe de l'ambassadeur ; Herbe de Sainte-Croix ; Herbe de Tornabon ; Herbe du grand prieur ; Herbe sainte ; Jusquiame du Pérou ; Panacée américaine ; Panacée aromatique ; Le mot Pétun par lequel on désigna le Tabac au XVIIe siècle s'est longtemps conservé chez les paysans ; on le retrouve en breton sous la forme Butun ; Pontiane ; Tabac à larges feuilles ; Tabac de Floride ; Tabac mâle ; Tabac vrai ; Tornabonne ; Tréfoin ; Triffois ; Tuffre.

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Expressions populaires :


Claude Duneton, dans son best-seller La Puce à l'oreille (Éditions Balland, 2001) nous éclaire sur le sens d'expressions populaires bien connues :


Passer à tabac : La chose étant pour beaucoup de nos concitoyens entrée dans les mœurs, j'espère qu'on ne verra aucun inconvénient à ce que je classe l'expression « passer à tabac » au chapitre des us et coutumes.

C'est en 1560 que Jean Nicot, ambassadeur de France à Lisbonne, envoya à Catherine de Médicis une plane exotique que l'on croyait médicinale et que l'on appela d'abord « herbe à Nicot » ou « herbe à la Reine », puis du nom portugais pétun et dès la fin du XVIe siècle tabac, emprunté de l'espagnol tabacco,  « emprunté lui-même, dit Bloch & Wartburg, de la langue des Arouaks d'Haïti où tabacco ne signifie toutefois pas "tabac", mais désigne ou bien un tuyau recourbé servant à l'inhalation de la fumée de tabac ou bien une sorte de cigare fabriqué par ces sauvages. »

Avec plus de quatre cents ans de recul on peut trouver que le petit présent de Nicot n'était pas vraiment un cadeau, mais il eut du succès !

« Il n'est rien d'égal au tabac ; c'est la passion des honnêtes gens ; et qui vit dans tabac n'est pas digne de vivre. » Fortes paroles ! On les doit, non comme on pourrait le croire à une agence de publicité en délire, mais à Molière, au début de son Dom Juan (1665). Il continue : « Ne voyez-vous pas bien dès qu'on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d'en donner à droite et à gauche, partout où l'on se trouve ? On n'attend même pas qu'on en demande, et l'on court au-devant du souhait des gens ; tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d'honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent ! »

En réalité cette étrange tirade ne prend quelque drôlerie que si l'on sait qu'elle est à double sens et qu'au XVIIe siècle donner du tabac voulait dire se battre !... « On est ravi d'en donner à droite et à gauche », oui… des coups de poing ! Il faut comprendre en effet que ce tabac que l'on offrait à son voisin ne se présentait pas alors sous forme de cigarette, mais d'une dose de tabac à priser tendue sur le dos de la main, jusque sous le nez de l'heureux bénéficiaire. Le geste fait à la fois l'image et la blague ; dans les deux cas on chatouille le nez du prochain ! Le sens a vécu jusqu'au XIXe siècle : « Si tu m'échauffes la bile je te foutrai du tabac pour la semaine », dit un furieux en 1833 - autrement dit, "tu auras ta ration" !

Cela dit, il n'est pas facile d'évaluer avec exactitude le croisement qui a dû se produire entre le tabac, « coups », et le verbe occitan tabasser, « frapper à coups redoublés », ainsi que son voisin tabustar, « secouer, molester », et le substantif tabust, « tapage, vacarme, querelle », etc. lequel est à l'origine de l'expression maritime un coup de tabac (dès 1864) ; un coup de mauvais temps, une tempête soudaine qui secoue et met à mal le bateau. Rabelais avait déjà emprunté ces occitanismes dans les « fagoteurs de tabus », déjà cité, et la dernière phrase du chapitre V de Gargantua ; « Ne m'en tabustez plus l'entendement. »

Que le coup de tabac des marins ait pu passer du vacarme de l'orage au « tonnerre » d'applaudissements qui salue « avec fracas » une représentation théâtrale particulièrement réussie, une pièce ou un acteur qui fait un tabac, c'est hautement probable, sinon à peu près certain. (Il faut remarquer que par ailleurs un grand nombre de termes techniques de la machinerie d'un théâtre sont directement empruntés au vocabulaire de la marine.)

Dans quelle mesure ces formes ont-elles influencé le glissement de « donner du tabac » à « passer à tabac » ? Si l'on a beaucoup prisé par le passé on a aussi beaucoup chiqué. La chique forme une boule qui gonfle la joue, comme un abcès, ou comme un gnon ! Victor Hugo notait lui-même : « Au XVIIe siècle, se battre, c'était "se donner du tabac" ; au XIXe, c'est "se chiquer la gueule". » Ces expressions sont certainement de la même farine (et si l'on songe qu'il s'agit de poudre à priser : du même tabac !).

Se chiquer est devenu plus tard « se chicorer ». Faut-il penser qu'outre le jeu de mots la couleur y est pour quelque chose ? Dans ce genre de violence les boursouflures font à la victime une tête « comme un chou-fleur » - à la couleur près évidemment, car un visage couvert d'ecchymoses prend en quelques heures une teinte brun roussâtre caractéristique… une couleur tabac ! Les Anglais ont chez eux la formule beaten black and blue, « battu en noir et bleu », pour évoquer ces ravages. Est-ce que passer quelqu'un à tabac, c'est aussi lui « en donner » à un tel point que sa peau en gardera le hâle ?...

Gaston Esnault signale effectivement en 1879, chez les voyous et les policiers (les uns ne vont pas sans les autres), l'alternative occasionnelle « passer au tabac ». En tout cas Le Père Peinard, déjà cité, signale en 1898 qu'au cours des manifestations les partisans de Déroulède « indiquaient à la flicaille alliée les bons bougres à sucrer et à passer à tabac ». Comme disent les linguistes, l'usage a prévalu !

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Botanique :


Nicolas Simon, dans une thèse intitulée Le poison dans l’histoire : crimes et empoisonnements par les végétaux et soutenue à la faculté de pharmacie de Nancy, (Sciences pharmaceutiques. 2003. ffhal-01732872f) nous rappelle l'histoire de la découverte du tabac par les Européens et la toxicité de la nicotine contenue dans le tabac :


Qui se souvient encore que, jusqu'au début du 20ème siècle, les extraits de tabac étaient largement utilisés dans l'agriculture comme pesticide, contre les insectes, les parasites et même les rats ?

C'est dire l'extrême toxicité de cette plante. D'ailleurs les centres anti-poisons le savent bien : lorsque de jeunes enfants ingèrent, à l'insu de leur entourage, du tabac qu'ils trouvent au fond des paquets de cigarettes ou dans les cendriers, tous les efforts pour les ranimer sont généralement vains.

Le tabac (Nicotiana tabacum) fait partie de la famille des solanaceae qui possède déjà, comme nous l'avons vu précédemment, une multitude d'espèces vénéneuses et non des moindres.

Christophe COLOMB fut le premier à découvrir le tabac chez les Indiens d'Amérique du Sud, sur l'île de Tobago. Ceux-ci le fumaient par la bouche ou par le nez sous forme d'un tube de feuilles roulées. Lors de son second voyage qui le conduit sur l'Amerigo Vespucci au large du Venezuela, il découvre les Indiens chiquant en mélangeant du tabac à de la chaux, et le mâchonnant longuement. Les premiers plants de tabac ont été rapportés par Fernando Hernandez de Toledo, médecin du roi Philippe II, qui l'avait chargé de rapporter des plantes nouvelles. Le père André Thévenet, de l'ordre religieux des Cordeliers, introduisit en 1556 le tabac en France. Mais l'Histoire attribua longtemps cette paternité à Jean Nicot, ambassadeur de France à Lisbonne, qui rapporta, en 1560, des feuilles de tabac râpées à la reine Catherine de Médicis en le décrivant comme une plante capable de calmer ses migraines. Ce qui valut au tabac ses premiers noms d' « herbe à la reine » ou « herbe à Nicot ».

Le tabac a gardé pendant longtemps des vertus médicinales; de folles utilisations, comme par exemple sous forme de lavements, provoquèrent de nombreux accidents. Et n'oublions pas l'usage du tabac comme abortif, qui a, là aussi, causé trop souvent de nombreuses intoxications mortelles. Progressivement le tabac devint une drogue diabolisée. C'est le cardinal Richelieu qui institua le premier impôt sur le tabac et Colbert en fit un monopole d'Etat.

Déjà à cette époque il existait les pour et les anti tabac : le Sganarelle de Molière ne laisse aucun doute sur sa préférence lorsqu'il déclame : « C'est le plaisir des honnêtes gens, et qui vit sans tabac est indigne de vivre », alors que le pape Urbain VIII, en 1642, considérant la plante comme une invention satanique, interdit à tous, et en particulier aux ecclésiastiques, l'usage du tabac sous quelque forme que ce soit à l'intérieur des églises et ceci sous peine d'excommunication. En Russie, les tsars punissaient du knout* les fumeurs, les faisaient mutiler par ablation du nez et décapiter s'ils récidivaient.

Sous Louis XIV, le tabac commença à attiser la curiosité des empoisonneurs qui voulurent tester les vertus criminelles de cette plante relativement nouvelle. Vautier, artiste en poison, mélangeait du tabac aux philtres généralement employés à cette époque, c'est-à-dire à base de cantharide, d'arsenic et de sublimé. De même, les assassins pouvaient donner à leurs victimes du tabac en macération dans du vin ou en décoction aqueuse. L'effet était garanti.

Faiblement vénéneux dans son pays d'origine, le tabac l'est devenu énormément du fait de son acclimatation en Europe et en raison de l'extrême richesse en fertilisants des sols sur lesquels on le cultive, ceci ayant pour effet d'augmenter l'épaisseur des feuilles et ainsi la teneur en nicotine contenue dans celles-ci.


La nicotine : Cet alcaloïde du tabac a été isolé pour la première fois en 1809 par Louis Nicolas Vauquelin. Ce fut d'ailleurs un des premiers alcaloïdes à être scientifiquement identifié lors d'une affaire criminelle. C'est l'un des poisons les plus violents qui soit: une seule goutte de nicotine à l'état pur déposée sur la peau d'un homme peut suffire à le tuer. Cette substance est au moins aussi forte que l'acide cyanhydrique et 15 fois plus puissante que la conicine, l'alcaloïde de la grande ciguë. La teneur en nicotine des feuilles oscille entre 0.5 et 9% du poids sec (8% pour le tabac du Lot et seulement 2% pour le tabac de La Havane).

En 1850, en Belgique, une affaire d'empoisonnement criminel par la nicotine fit grand bruit. On accusa le comte Burty de la Bocarmé, gentilhomme de la région de Mons, d'avoir, en compagnie de sa femme, assassiné son beau-frère dans le seul but d'hériter de sa fortune. La victime, Gustave Fougnies, est décédée de mort violente; on ne savait rien des symptômes éprouvés dans le peu de temps qui a précédé la mort, simplement que l'homme a trépassé en moins de cinq minutes. La justice belge est convaincue qu'il y a eu crime mais il manque au dossier une pièce essentielle : le poison.

C'est le grand chimiste belge Stas qui fut commis expert pour déterminer s'il y avait bien un toxique impliqué dans cette histoire. La forte présomption d'empoisonnement qui pesait sur le comte était étayée par le fait que celui-ci a lui aussi été victime d'un malaise après sa rencontre avec son beau-frère (ce qui tendrait à montrer que le toxique est volatil), que le comte s'était intéressé aux plantes toxiques et à leur emploi, que, sous un faux nom, il était allé acquérir à Gand des connaissances de chimie et, surtout, qu'il effectuait dans une pièce de sa maison des expérimentations chimiques plus que mystérieuses.

L'assistant principal et unique du comte lors de ses expériences n'était autre que son très fidèle domestique. Celui-ci ne semblait pas être impliqué dans l'affaire et l'enquêteur décida de faire défiler sous le nez de l'employé diverses fioles de produits chimiques, en espérant qu'il en reconnaîtrait un.

Ce fut chose faite lorsque, ouvrant une fiole, le domestique s'exclama : « Voilà l'Eau de Cologne de Monsieur le Comte ... C'est ce qui m'a rendu malade! ». L'eau de toilette flairée était tout simplement de la nicotine. L'enquêteur y avait songé devant l'intérêt grandissant qui se manifestait pour les alcaloïdes, notamment pour ce principe actif du tabac isolé depuis peu.

Stas réussit à mettre en évidence la présence de nicotine dans les organes de la victime et dans les fragments de plancher ayant reçu ses vomissements. La culpabilité du comte était alors avérée et celui-ci n'échappa pas à la peine de mort.

Du même coup était démontrée l'action hautement toxique de la nicotine dont les propriétés physiques, chimiques et physiologiques sont très particulières: alcaloïde volatil à l'état de base, huileux, très caustique, elle agit d'abord en excitant, puis paralyse puissamment les ganglions du système nerveux autonome.

La nicotine a aussi pu servir pour des suicides tel que celui décrit dans l'ouvrage d'Ambroise Tardieu :


« Au mois de mai 1859, on rapporta à l'amphithéâtre d'anatomie de l'hôpital maritime de Cherbourg le corps d'un sous-officier du ler régiment d'infanterie de marine, qui avait été trouvé mort dans une des chambres de la caserne. Sans qu'on eût de renseignements positifs à ce sujet, quelques indices portaient à croire à un suicide. Le sieur N. était depuis quelques temps d'une tristesse profonde, on lui supposait des motifs de chagrin, et ses camarades avaient remarqué, sans y attacher d'importance, qu'il portait habituellement sur lui une petite fiole, sur l'usage de laquelle il refusait de s'expliquer. [... ] Une petite bouteille avait été retrouvée auprès de lui: elle contenait une dizaine de gouttes d'un liquide très fluide, jaunâtre, exhalant une forte odeur de souris ou de tabac. En supposant que la mort du sieur N. fût le résultat de l'ingestion volontaire du liquide contenu dans cette bouteille, il s'agissait évidemment d'un empoisonnement par la nicotine. »

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Croyances populaires :


Paul Sébillot, auteur de Additions aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne (Éditeur Lafolye, janv. 1892) relève des croyances liées aux cycles de la vie et de la nature :


236. - Pour étancher le sang, on met du tabac sur une peluche de genêt, et on l'applique sur la plaie ; on emploie aussi du cerfeuil et de la résine.

237. - Pour faire passer les dartres, celui qui a ce secret met de la cendre de tabac dans le creux de sa main, trempe son doigt dans sa salive, fait un cercle autour de la dartre et la frotte avec la cendre de tabac en disant :


Dartre je panse avant de déjeuner, Vous vous en irez,

Comme il est vrai

Que je dis la vérité.


Il faut que cette opération soit faite trois matins de suite ayant le lever du soleil, l'opérateur étant à jeun.

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Symbolisme :

Selon le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Les Indiens Tupinamba du Brésil accordaient au tabac diverses propriétés, en particulier celles d'éclaircir l'intelligence et de maintenir ceux qui en font usage gaillards et joyeux. Le magicien soufflant sur les guerriers de la fumée de tabac prononçait ces mots : Afin que vous surmontiez vos ennemis, recevez l'esprit de force. On disait aussi que la fumée soufflée sur un patient renforçait la puissance magique de son haleine. De semblables fumigations accompagnent toujours les rites d'initiation des Indiens d'Amazonie. Dans la même aire culturelle, du jus de tabac est projeté dans les yeux du candidat-chaman, pour donner à celui-ci le don de clairvoyance."

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Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Tabac :


Un des spectacles qui étonnèrent le plus Christophe Colomb et ses compagnons, lorsque, après une éprouvante traversée, ils débarquèrent à Cuba, découvrant ainsi l'Amérique, fut celui des Indiens faisant sortir de leurs narines les volutes de fumée qu'ils tiraient de rouleaux de feuilles brunes allumés, tenus entre leurs lèvres. Comme ces indigènes paraissaient y trouver grand plaisir, les marins espagnols voulurent les imiter, mais ce goût de l'expérience leur valut d'être emprisonnés dès leur retour en Espagne, car il fallait assurément être sorcier pur réussir à souffler de la fumée par le nez.

L'usage du tabac était très répandu chez les Indiens d'Amérique. Ils lui attribuèrent des vertus calmantes et euphorisantes, propres à engendrer réflexion et rêveries ; l'usage du calumet de la paix par les Indiens des grandes plaines est, on le sait, devenu fameux depuis. Les biochimistes contemporains reconnaissent bien en effet le tabac comme un décompresseur du système nerveux végétatif.

Mais surtout le tabac, parfois d'ailleurs mélangé à des plantes véritablement hallucinogènes, jouait un rôle important dans la formation initiatique reçue par les apprentis chamanes, privés alors presque complètement de nourriture que l'on remplaçait par d'importantes quantités de tabac liquide. A la suite de ces ingestions répétées, le novice faisait son premier « voyage » dans l'autre monde, afin d'y rencontrer les esprits. Nous possédons de nombreux indices du fait que la désacralisation du tabac chez les Indiens est relativement récente et due essentiellement à l'influence européenne, mais que son usage initiatique était auparavant répandu sur tout le continent. Une des preuves les plus convaincantes à cet égard est l'enquête récemment effectuée par l'ethnologue américain Johannes Wilbert, spécialiste des Indiens d'Amérique du Sud, au sein de la tribu des Waraos du Vénézuela oriental, chez qui de gros cigares servent encore aujourd'hui des moyens de communication, avec les esprits.

Soixante-huit ans après la découverte de Colomb, Jean Nicot, ami de Ronsard et de Baïf, envoyé en ambassade à Lisbonne, en 1559-1561, y reçut en présent ne plante inconnue venue d'Amérique, qu'il cultiva pour l'ornementation, avant de s'apercevoir qu'elle possédait des vertus si remarquables qu'il en envoya des feuilles râpées à Catherine de Médicis, afin de la soulager des migraines qui l'accablaient. La reine en fut tellement satisfaite que "l'herbe à l'ambassadeur" connut la faveur de tous les courtisans. C'est alors que le botaniste Jacques Daléchamp lui attribua le nom que le tabac porte encore, Nicotinia tabacum ; tabacum, emprunté à l'espagnol, vient de la langue des Arouaks de Haïti ; il y désigne non le tabac lui-même, mais le tuyau qu'ils utilisaient pour fumer, ou le cigare qu'ils fabriquaient.

Appeler le tabac Nicotinia était frustrer son véritable découvreur qui ne manqua pas de pousser les hauts cris, en accusant d'imposture le « quidam qui n'avait pas fait le voyage ». Frère André Thevet, cordelier d"origine angoumoise, était , lui, allé jusqu'en Amérique et en avait rapporté les graines de cette plante. Il l'avait même cultivée avec succès chez lui, à son retour du Brésil, où l'avait conduit en 1555 l'expédition de Villegagnon, fondateur de la très éphémère colonie française, dont Thevet se fit le chroniqueur dans ses Singularitez de la France antarctique (1558), ouvrage qui fit beaucoup rêver à l'époque et où se trouve la première description des effets étranges provoqués par la fumigation de l'herbe que les Indiens « nomment en leur langue petun [...] Ils enveloppent, étant sèche, quelque quantité de cette herbe dans une feuille de palmier ; qui est fort grande, et la roulent comme de la longueur d'une chandelle, puis mettent le feu par un bout, et en reçoivent la fumée par le nez et la bouche. Elle est fort salubre, disent-ils, pour faire distiller et consumer les humeurs superflues du cerveau. Davantage, prise de cette façon, fait passer la faim et la soif pour quelques temps... ». Les premiers Européens qui se trouvaient alors dans ces parages, ajoute notre franciscain, « sont devenus merveilleusement friands de cette herbe et parfum : combien qu'au commencement l'usage n'en est pas sans danger, avant que l'on n'y soit accoutumé : car cette fumée cause sueurs et faiblesse, jusques à tomber en quelque syncope ; ce que j'ai expérimenté moi-même. » Nous savons qu'à la même époque les Aztèques aussi fumaient le cigare, feuille de tabac enroulée autour d'un roseau, mais, comme tous les Indiens, à des fins rituelles ou thérapeutiques.

Au XVIe siècle, en Europe, le tabac fut d'abord considéré comme une panacée. Olivier de Serres le classe en 1600 parmi les plantes médicinales, car sa fumée prise par la bouche « guérit les brûlures plaies et douleurs, vieille toux, mal de teste, mal de dents ». Mais surtout le tabac n'allait pas tarder à revenir une drogue dont la vogue s'étendit rapidement à toute l'Europe, malgré les résistances et les interdictions lancées bientôt par les pouvoirs publics qui réagirent parfois avec une extrême brutalité. C'est ainsi qu'en 1692, à Saint-Jacques-de-Compostelle, cinq moines furent emmurés vivants, pour avoir fumé pendant l'office, dans le chœur. En Russie, le tsar Fédor III Aleseïevitch, frère et prédécesseur de Pierre le Grand, ordonna de couper le nez, l'organe du péché, aux priseurs et, en cas de récidive, la tête. Plus radical encore, le shah de Perse à la même époque faisait empaler priseurs et fumeurs. Un peu partout, les adeptes de ce produit de l'enfer furent traité en criminels et dûment excommuniés à deux reprises par les papes Urbain VIII en 1628 et Innocent X en 1650. Quant à Jacques Ier, roi d'Angleterre, il ne se contenta pas de l'interdire, il composa contre le tabac un traité, le Misocapnos, où il le décrivit comme une herbe dégoûtante pour la santé, malfaisante pour le cerveau, ont les exhalaisons semblent sortir des antres infernaux. »

Pourtant, rien n'y fit. Dès l'époque de la guerre de Trente Ans, les soldats français avaient suivi l'exemple des militaires allemands qui fumaient la pipe. En 1660, Molière fait proclamer à son Sganarelle : « Il n’est rien d’égal au tabac : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre. » Selon Saint-Simon, les filles du roi elles-mêmes se servaient de pipes qu'elles envoyaient chercher au corps de garde des Suisses. Au XVIIIe siècle, on comptait à Paris 1 200 débits de tabac. On fumait, on chiquait, et surtout on prisait, on s'offrait des tabatières. Tout le monde en avait une dans sa poche, même les prélats et les abbés et c'est l'un d'eux, l'abbé de L'Atteignant, qui composa la si populaire chanson : J'ai du bon tabac dans ma tabatière. On fumait beaucoup la pipe en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, mais en France, on la considérait comme grossière. C'est pourquoi elle ne triompha qu'avec la Révolution et le brûle-gueule devint l'accessoire obligé du sans-culotte.

Pendant très longtemps, le tabac eut aussi ses défenseurs parmi les médecins, tandis que, dans le public, s'en répandait l'usage comme « masticatoire » afin « de faciliter l'écoulement de l'humeur salivaire déposée dans la masse du sang et des filtres glandulaires », puis comme « sternutatoire », censé dégager par l'éternuement les fameuses « humeurs peccantes ». Admis au Codex de 1748, le tabac était encore à cette époque considéré comme « l'herbe à tous les maux ». On l'employait en infusion comme purgatif et vermifuge, en fumigation contre l’asthme, la toux et les catarrhes bronchiques. Même les plus illustres docteurs, Van Swieten, Boerhave et Bartholin, au XVIIIe siècle, le préconisaient contre les rhumatismes et la goutte, les névralgies, l'épilepsie ou l'hydropisie. Au XIXe siècle, l’illustre Trousseau le recommandait pour éclaircir la vue. Mais sa plus curieuse utilisation était en fumigations dans le rectum, afin de rappeler à la vie les noyés. On avait même conçu, en vue de cette délicate opération, des appareils perfectionnés mais qui ressemblent de fort près à des soufflets de cuisine.

On ne fuma tout d'abord que la pipe et le cigare, l'usage de la cigarette, où le tabac réduit en brins est entouré de papier, est beaucoup plus récent. En France, il ne se répandit vraiment que lorsque la Régie française des tabacs présenta la cigarette en paquet, toute prête à la consommation Depuis lors, on n'a cessé de fumer dans le monde entier et de plus en plus. De nos jours, la consommation de tabac augmente de 3% par an, ce qui est énorme. Signalons au passage que l'extension de sa culture est au moins en partie responsable de la traite des Noirs ; en effet, si les colons employèrent d'abord la main d’œuvre caraïbe dans les premières plantations, qui furent établie dès 1634 à la Guadeloupe et à la Martinique, celle-ci ne tarda pas à succomber à l'alcool introduit par les Européens, ainsi qu'aux mauvais traitement que ceux-ci lui firent subir. Il fallut alors les remplacer par milliers sur les côtes de l'Afrique.

L'augmentation constante de la consommation du tabac dans le monde a entraîné une récente réaction, devenue en effet nécessaire. Depuis quelques années, on accuse le tabac de tous les méfaits : bronchite chronique, emphysème, artériosclérose, infarctus du myocarde, et surtout cancer des poumons. On est même parvenu à persuader les fumeurs qu'ils détruisaient non seulement leur santé, mais leur propre vie, dont ils raccourcissaient la durée normale, se rendant ainsi coupables d'une sorte de suicide déguisé. Il y a là sans doute quelque exagération. Considérer aujourd'hui le tabac comme un poison absolu, n'est-ce pas tomber dans un excès comparable à celui qui pendant des siècles le tint pour une panacée ? Le principal problème n'est-il pas que les fumeurs empestent l'air de ceux qui ne fument pas ?

Il est assurément certain que pour beaucoup fumer ne constitue pas un véritable plaisir, mais une habitude, un geste dont ils ne parviennent pas à se défaire ; de plus, toute désintoxication est incertaine, pénible, voire périlleuse. Tout cela correspond à la définition même des drogues. Cependant, cette drogue est exploitée par l'Etat, au même titre que l'alcool dont la consommation est somme toute bien plus dangereuse.

D'où vient donc cette fascination qui est arrivée à faire - ou plutôt à refaire - du tabac ce qu'il était à l'origine, une plante magique ? Que le lecteur se souvienne de sa première cigarette. Assurément, elle l'a fait tousser et éternuer, elle a failli l'étouffer, mais aussi elle lui a fait ressentir quelque chose qu'il n'avait jamais éprouvé auparavant, une sorte d'étourdissement, qui n'était point si désagréable et surtout, offerte par les « grands », fumée en cachette avec eux, elle a correspondu à une sorte d'épreuve initiatique - à la manière de celle qui était imposée chez les Indiens aux futurs chamanes, et ceci en un temps où précisément les initiations de l'adolescence ont disparu de nos moeurs. Seule le novice qui est parvenu à aspirer l'âcre fumée et à la rejeter par la bouche, ou, mieux encore, par le nez, en lui faisant dessiner dans l'air d'élégantes volutes bleuâtres et surtout ces « ronds » qui fascinent les adolescents, seul celui-là a vraiment acquis le statut viril. Les premières cigarettes accompagnent les fantasmes sexuels de la puberté, calment la culpabilité qui résulte de la masturbation ; les psychanalystes ajouteront même qu'elle dissipe l'angoisse de la castration, puisque, à peine une cigarette éteinte, on peut en allumer une autre, parfaitement rigide avec son extrémité rouge qui brasille. L'attrait inconsicent est d'autant moins résistible qu'à ce fantasme s'en allie un autre plus ancien, celui du sein maternel, auquel un jour il a bien fallu renoncer ; ce qu'exprime fort bien le mot de mégot, venu du verbe tourangeau « mégauder », qui signifie « sucer le lait d'une femme enceinte », ce fait qui, justement à ce moment-là fut pour la première fois refusé.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Tabac (Nicotiana tabacum) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu

Pouvoirs : : Guérison ; Divination ; Présages.


Chez les Abyssins, les prêtres ont répandu la légende que le Tabac avait pris naissance dans le tombeau d Arius, fameux hérésiarque du III e siècle. Ici nous touchons une série de mythes qui assignent une origine maudite à la plante : en Algérie, on raconte qu'une vipère ayant mordu Mahomet, le prophète suça la plaie et cracha à terre le venin ; de là naquit le Tabac, qui a à la fois l'amertume du venin de la vipère et la douceur de la salive du prophète Dans une vieille légende des Indiens des plaines, quatre bisons gigantesques ont apporté aux Indiens les plantes cultivées, et parmi elles le Tabac. Les Cussitaws, ancêtres des Creeks, après être sortis des entrailles de la terre, s'en allèrent vers l'est. Après avoir traversé plusieurs fleuves, ils aperçurent une montagne au haut de laquelle se trouvait un grand feu qui produisait en brûlant des sons mélodieux. Ils prirent un peu de ce feu et furent initiés à la connaissance des herbes magiques. De chacun des points de l'horizon leur arriva un feu de couleur différente. Ils ne voulurent garder que celui qui venait du nord, et se trouvait panaché de rouge et de jaune. Ils s'en servirent pour incendier un grand poteau qui se trouvait au sommet de la montagne.

Ce poteau était le premier calumet. Et l'herbe Tabago, en fumant, leur révéla les Grands Secrets.


Utilisation rituelle : Une tradition chez les corsaires hollandais voulait que les canonniers prennent une pipe neuve à chaque combat naval et qu'ils l'allument avec l'étoupe qui mettait à feu la pièce qu'ils servaient. Si la victoire revenait aux « gueux de mer », les marins gravaient sur le fourneau les noms des navires ennemis coulés ou gravement endommagés. En cas de défaite, ils brisaient la pipe en deux et jetaient les morceaux à la mer.

En Hainaut, c'était avec un tuyau de pipe chauffé à blanc que l'on aveuglait les pinsons.

Dans les Côtes-du-Nord, l'usage voulait qu'un fermier qui agrandissait ses bâtiments, au moment où il posait la première pierre, devait y déposer un paquet de Tabac en guise d'offrande.

Dans plusieurs provinces, les galants qui allaient « voir les filles », pendant qu'elles étaient de garde à la ferme durant les offices du dimanche, essayaient d'entrer sous prétexte d'allumer leur pipe au feu de la cuisinière ; si la requête était accordée, cela signifiait que la fille était prête à accorder ses faveurs au garçon.

En Saintonge, le marié ne devait pas fumer le jour de la noce ; le Tabac n'engendre que des nuages, et ceux de la cigarette ou de la pipe étaient de mauvais augures pour l'avenir du ménage.

En Ecosse, pendant qu'on veillait un mort, l'usage était de mettre à la disposition de ceux qui venaient participer des pipes neuves et du Tabac en abondance ; c'est pour cela qu'on appelait la veillée mortuaire la « nuit au Tabac ».


Utilisation magique : Dans les Ardennes belges, on déposait des pipes bien culottées dans les champs de pommes de terre, croyant que leur présence éloignait les sangliers.

Dans l'ancienne marine, briser sa pipe à bord était perçu comme le présage d'un malheur imminent.

Chez les Kalmouks, si quelqu'un allume sa pipe avec du papier, c'est un présage de mort.

Beaucoup de pêcheurs américains croient qu'on attire le poisson en jetant dans la rivière une poignée de Tabac à pipe ou à chiquer.

Toujours aux Etats-Unis : si quelqu'un est affligé de terreurs nocturnes, il faut qu'il aille jeter un paquet de Tabac dans un trou d'eau, près d'une cascade. Pour que les terreurs disparaissent, il n'aura qu'à se baigner chaque soir dans cette eau, à la tombée de la nuit.

Certains magiciens disent que le Tabac est un substitut alchimique du soufre.

Parmi les punitions infligées au capitaine fantôme du Hollandais volant figure la privation de Tabac : pour toute chique, il doit mâcher du fer.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Appelé « herbe sainte » lorsqu'il fut ramené d'Amérique au XVIe siècle, le tabac a toutefois, dans diverses légendes, une origine maudite : outre-Atlantique, on prétend que le diable, lors de la découverte du continent américain, a créé le tabac pour placer les chrétiens sous sa dépendance. En Europe de l'Est (Galicie, Lituanie et Bosnie), la plante poussa sur le corps de Judas. En Russie, où son usage entraîna les protestations de l'Église ,elle serait sortie « d'une impudique » ; on raconte que, sous le roi Anepsius, une religieuse, appelée Jézavel, tentée par le démon, avait cédé à l'attrait de la chair et donné naissance à une fille ; Dieu envoya alors sur Terre un ange chargé de fendre la terre pour y engloutir la pécheresse ; mais « le Satan avait puisé d'elle le liquide de l'infamie dont il a arrosé la terre sur son cadavre. Il a poussé une herbe que les païens, suivant l'ordre de Satan, déplantèrent et nommèrent le tabac ». Dans un autre récit russe, très populaire également, une jeune fille s'était livrée à un acte contre nature avec son chien et avait accouché d'un chiot. Son père la tua et l'enterra : sur le lieu de son tombeau, du tabac poussa. Les Russes, qui en offraient aux génies, démons et autres esprits de la forêt, surnommèrent la plante « herbe du diable », considérant la fumée qui s'en dégage « comme une figure du diable lui-même, lequel après avoir pas" dans un endroit y laisse des traces, c'est-à-dire de la fumée et une mauvaise odeur ».

Aux Antilles (île Saint-Vincent), le tabac passait pour le fruit défendu du paradis terrestre. Selon un récit algérien, Mahomet, s'étant fait mordre par une vipère, suça la plaie et cracha le venin : à l'endroit où tomba sa salive naquit la plante.

Certains attribuent au tabac le pouvoir d'éloigner les esprits maléfiques et les serpents. Ses feuilles bouillies font disparaître, par application, boutons et éruptions dermatologiques. Lorsqu'elles sont trempées dans de l'huile, on leur prête même des pouvoirs pour les cancers. Tenues dans la main et dans le noir, les feuilles facilitent la concentration, mais, mises dans un verre, elles enivrent. Se rincer la bouche avec du jus de tabac volé vient à bout des maux de dents (Gascogne) ; du jus de tabac qui à été cuit at auquel on ajoute du genêt peut servir d'onguent contre la gale (Languedoc). En Sicile, on plaçait du tabac sur le nombril des enfants ayant des vers ; au Luxembourg, certains maîtres d'école mettaient du tabac à priser sur les blessures des enfants. Priser du tabac, dit-on encore, soulage une migraine.

Une pipe contenant du tabac de Virginie mélangé à de la poudre de crapaud et de la mélasse est un vrai somnifère. Les Américains conseillent à ceux qui souffrent de terreurs nocturnes de jeter un paquet de tabac dans un trou d'eau près d'une cascade et de se baigner dans cette eau, à la tombée de la nuit. Selon une croyance des pêcheurs américains, jeter dans la rivière du tabac à pipe ou à chiquer attire le poisson. Dans le Dauphiné, du tabac à priser jeté dans la baratte empêche la crème de devenir du beurre.

Selon une coutume des Côtes-d'Armor, le fermier qui construisait un nouveau bâtiment déposait du tabac lorsqu'il posait la première pierre en guise d'offrande. En Saintonge, le marié ne devrait pas fumer le jour de son mariage car la fumée d'une cigarette ou d'une pipe place la vie conjugale sous de mauvais auspices.

Pendant une veillée funèbre, les Écossais mettent traditionnellement des pipes neuves et du tabac à disposition de tous, d'où le nom de « nuit au tabac ». On retrouve cet usage chez les Indiens d'Amérique du Nord qui jettent, en guise d'hommage au mort, du tabac sur sa tombe. Sur tout le continent américain, les Indiens se servaient de la plante, surnommée « herbe sacrée », pour communiquer avec le monde invisible et consulter les divinités. C'est en ce sens qu'il faut comprendre l'usage « du calumet de la paix » des Peaux-Rouges : « Il scelle alliance ou traité par la présence divine qu'il invite à présider la célébration par l'envoi de fumée vers le zénith ». Les Indiens du Canada prétendent même que les dieux prennent plaisir à fumer tandis que ceux de Patagonie soufflent la fumée dans les branches de leur arbre sacré, dans la croyance que cela leur porte bonheur ainsi qu'aux chevaux. Chez les Tumimamba (Brésil), pour qui le tabac procure gaieté, vivacité et intelligence, les magiciens dirigent la fumée du tabac vers les guerriers en disant : « Afin que vous surmontiez vos ennemis, recevez l'esprit de force. » En Amazonie, le jus de tabac, jeté dans les yeux, donne le don de divination.

Pour les Amérindiens de Chiapa (sud-est du Mexique), fumer guérit les rhumes, les difficultés respiratoires et la toux ; en Haïti, la fumée de tabac administrée à un malade était un remède souverain : « Quand elle l'avait complètement intoxiquée, la guérison était effectuée en grande partie. En revenant à lui, il racontait mille histoires, qu'il avait assisté à l'assemblée des dieux et d'autres visions. »

Un homme porte chance à un autre en lui demandant du tabac mais refuser de donner du tabac à chiquer est maléfique. On s'attire les libéralités de la bonne fortune en conservant de la cendre dans un dé en argent.

Lorsque le tabac d'une pipe allumée se redresse, c'est le signe qu'il va pleuvoir.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Tabac (Nicotiana) :


"POISON ; C'est une plante attrayante dont les fleurs possèdent un parfum agréable. Il en existe plusieurs espèces, dont certaines sont cultivées strictement pour leur valeur ornementale.


Propriétés médicinales : Comme c'est un poison, aucune propriété médicale ne lui est reconnue. Son usage est nocif pour la santé et fumer du tabac crée une dépendance physique.


Genre : Masculin.


Déités : Les déités amérindiennes.


Propriétés magiques : Purification - Guérison.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Avant d'effectuer des rites chamaniques pour obtenir des visions, les participants buvaient souvent des infusions de tabac afin de susciter des rêves et des visions prophétiques.

  • Les Amérindiens de l'Amérique du Sud fument le tabac afin de converser avec les esprits.

  • On l'offre aussi avant de voyager sur une rivière afin d'apaiser les dieux et d'assurer que le voyage se passera sans histoire.

  • Le tabac brûlé en encens purifie tout environnement des vibrations négatives.

RITUEL POUR ARRÊTER LES MÉDISANCES

  • Vous pouvez pratiquer cette invocation au cours du cycle décroissant de la lune.

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle noire

  • de l'encens de myrrhe

  • un morceau de papier

  • une pincée de tabac

Rituel : Commencez par inscrire le nom de la personne ou des personnes qui médisent de vous sur un papier blanc que vous saupoudrez de tabac. Placez le tout dans une enveloppe. Allumez ensuite votre chandelle et votre encens, puis passez l'enveloppe au-dessus de la fumée en disant :


[Nom de la personne], il est temps de te taire

Plus que temps de reposer ta langue de vipère

Cesse de médire et de répandre des mensonges

Que tes paroles malicieuses demeurent dans tes songes.


Répétez sept fois. Traditionnellement, cette enveloppe était enterrée dans un cimetière, ce qui symbolisait le silence éternel. Mais vous pouvez vous contenter de l'enterrer dans vote jardin ou, mieux encore, de la faire brûler."

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes et fait part du respect que l'on doit avoir pour les plantes sacrées :


"Du fait de leur grande popularité, il y a deux plantes sacrées méritant ici une mention particulière : la marijuana et le tabac. [...] Beaucoup de gens ont une relation avec le tabac, mais très peu reconnaissent et respectent son caractère sacré. Ces temps-ci, il est craint et condamné comme poisons, et le nombre de décès et de maladies de fumeurs semble conforter cette vision. Mais le tabac, comme toutes les plantes sacrées, ne devient destructeur que lorsqu'il n'est pas respecté. Les statistiques ne démontrent pas la malveillance de cette plante, elles démontrent seulement qu'elle est massivement maltraitée. Pourtant, cette plante qui est source de dangers et de maladies dans le monde moderne est source de protection et de guérison dans le monde autochtone. Le tabac a été introduit dans les Amériques, et je n'ai jamais vu sur ces continents un seul lieu où il n'ait pas une place essentielle dans les pratiques spirituelles autochtones. Il aide les gens à entendre avec l'oreille du cœur, et c'est pourquoi il est une aide spéciale pur la prière, et la source de nombreux bien faits. Dans la plupart des cultures, le tabac ne nécessite pas de conditions compliquées pour être correctement utilisé, mais il nécessite une gratitude et un respect sans faille. Un cadre rituel minimal est bon pour faire en sorte que don utilisateur reste focalisé et clair avec ses intentions."

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Mythes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées et des autres esprits de la nature (Éditions Plume de carotte, 2014), le tabac est une véritable "poudre à offrir".


La peste soit du tabac : Au fin fond d'une forêt canadienne, habitaient voilà fort longtemps un couple et ses deux enfants. La petite famille vivait heureuse jusqu'au jour où une épidémie de peste frappa leur village. Impuissant, l'homme assista au décès successif des siens. Après une période de profond abattement, il se ressaisit et voulut mettre du sens à sa vie en se montrant utile aux autres. Plusieurs années passèrent ainsi et le grand-père, comme on l'appelait désormais, était devenu un sage aimé et reconnu de tous. Un beau jour, alors qu'il était assis près du lac, il avisa dans le ciel de nombreux oiseaux étranges venant des collines bleues. L'un d'eux tomba soudain à terre, une flèche en plein cœur alors que nul habitant n'avait tiré. Y voyant quelque maléfice, les hommes se tinrent à distance mais le grand-père, qui ne craignait pas la mort, s'approcha pour apporter son aide à l'animal. C'est alors qu'un éclair jaillit du ciel et foudroya la bête, ne laissant plus que des cendres... Le vieil homme écarta les résidus noirs avec un bâton pour essayer de comprendre ce mystère quand il découvrit un minuscule bonhomme. Celui-ci se présenta comme appartenant au Petit Peuple vivant dans les collines bleues. Il lui offrit des graines à planter en lui promettant que s'il fumait ces feuilles séchées, il trouverait le temps moins long et verrait apparaître les visages de ces chers disparus dans les volutes de fumée. Voilà comment les Indiens ont découvert le tabac.


Il a tout pour plaire : Fumer est pour les chamans un moyen de communiquer avec les esprits des plantes et d'apprendre leurs secrets par l'intermédiaire de visions. Cet acte permet également de chasser les mauvais esprits.


Un mur de fumée : Dans la commune alsacienne d'Oberlag, un lutin domestique avait pris l"habitude de se joindre à la veillée qu'organisaient chaque soir ses maîtres. Mais la fumée qui s'échappait de la pipe de ce kobold plongeait systématiquement la pièce dans un épais brouillard... En Alsace [toujours], le Schatsmannala se sert exclusivement d'une pipe taillée dans du bois de sapin.

Offrandes bienvenues : Rencontrer le Leprechaun irlandais peut être à double tranchant. Si vous avez la chance de l'apercevoir en premier, il se montrera tout à fait charmant et, entre autres largesses, vous fera goûter sa bière exquise. Mais si cet être vous voit de prime abord, les choses se compliquent... Il peut vous métamorphoser à sa guise ou vous téléporter dans n'importe quel lieu de sa convenance. Pour l'amadouer, nous vous conseillons vivement de lui offrir une pincée de tabac à priser dont il est grand amateur. D'ailleurs, il ne se sépare jamais de sa dudeen, une pipe nauséabonde, coincée derrière le ruban de son chapeau.

De nombreux lutins sont aussi sous l'addiction au tabac. Citons par exemple les Goguelins qui profitent de l'endormissement des marins pour leur dérober leurs herbes à chiquer ou les Cluricaunes qui apprécient autant la bière que le tabac. Terminons enfin avec le Domovoï et les Nisses, des serviteurs féeriques qui restent fidèles aux habitants leur offrant du tabac.


Du côté des Amériques : Les Amérindiens offraient du tabac au génie de la rivière pour s'attirer ses bonnes grâces. Robert Louis Stevenson, l'auteur L'ïle au trésor, laissait à ses Brownies, esprits familiers, quelques pincées de tabac à priser."

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Mythes et légendes :

D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


TABAC. — On l’appela herbe sainte, lorsqu’on l’apporta de l’Amérique. « Dans les pampas de la Patagonie, écrit Girard de Rialle, le célèbre Darwin vit l’arbre sacré de Wallitchou. Cet arbre s’élève, dit-il, sur un monticule au milieu de la plaine, et dès que les Indiens l’aperçoivent au loin, ils le saluent par de grands cris. Les branches en étaient couvertes de fils auxquels pendaient des offrandes consistant en cigares, en pain, en viande, en pièces d’étoffes. Les pauvres, qui ne peuvent mieux, y attachent un fil de leur poncho ; dans une fissure de l’arbre, on verse de l’eau-de-vie de grains et de l’infusion de maté : en fumant, on souffle la fumée de tabac vers les branches ; on sacrifie tout à l’entour des chevaux, dont les ossements demeurent sur le sol. Les Indiens croient ainsi porter bonheur à eux-mêmes et à leurs chevaux. » A Modica, en Sicile, pour chasser les vers du corps des petits enfants, on place du tabac sur leur ombilic. Mais, dans la Petite-Russie, le tabac passe pour une plante maudite ; les Raskolniks l’appellent herbe du diable. On offre du tabac aux lieschi « génies, esprits, démons de la forêt ». Jusqu’au temps de Pierre le Grand, il était défendu de priser du tabac ; aux transgresseurs, on coupait le nez. Dans la Petite-Russie, on raconte cette légende : Les Tchumaches rencontrèrent jadis une femme idolâtre dans une pose indécente qui les attirait. La chasteté des Tchumaches courait un grand danger. Dieu parut et leur ordonna de mettre à mort la séductrice. Les Tchumaches obéirent et ensevelirent la femme idolâtre. Le mari de cette femme planta une branche sur son tombeau ; la branche devint une plante aux larges feuilles. Les Tchumaches, passant par-là, remarquèrent que l’idolâtre détachait des feuilles et en remplissait sa pipe. Ils l’imitèrent, et y prennent un tel plaisir, qu’ils ne cessent de fumer, jusqu’au jour où, après la fumée, le feu viendra consumer ces impies. La plante qui donne de la fumée a été considérée comme une figure du diable lui-même, lequel, après avoir passé dans un endroit, y laisse des traces, c’est-à-dire de la fumée et une mauvaise odeur.

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Littérature :


Sganarelle, tenant une tabatière.


Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre. Non seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu’on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde, et comme on est ravi d’en donner à droite et à gauche, partout où l’on se trouve ? On n’attend pas même qu’on en demande, et l’on court au-devant du souhait des gens ; tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d’honneur et de vertu à tous ceux qui en prennent. Mais c’est assez de cette matière.


Molière, Don Juan ou Le festin de pierre, Acte I, scène 1, 1665.

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Manuel Vasquez Montalban dans la nouvelle "Assassinat à Prado del rey" (Édition originale, 1987 ; Christian Bourgois Éditeur, 1994) évoque lui aussi le tabac :


Mais il ne put s'empêcher de s'éventer machinalement le nez quand Carvalho alluma un Cerdan "Gable".

- Excusez-moi. C'était un mouvement réflexe. La fumée ne me gêne pas mais ma femme a adhéré à la ligue anti-tabac et si je n'exprime pas mon désaccord devant un fumeur en m'aérant le nez, elle me fait une scène. Et ce tic m'est resté.

Impossible d'apprécier un cigare en présence d'une personne qui déteste le tabac. Le fumeur souffre, mais l'âme du cigare ne souffre pas moins ; elle essaie de se suicider en s'éteignant subitement et à plusieurs reprises, puis en accélérant la sécrétion de nicotine, espérant une asphyxie rapide. Carvalho abandonna le cadavre du cigare dans le cendrier - dix centimètres du meilleur tabac dominicain victimes de leur propre souffrance et du mépris d'autrui è et prêta l'oreille aux élucubrations de Cifuentes.

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Nicolas Simon, dans une thèse intitulée Le poison dans l’histoire : crimes et empoisonnements par les végétaux et soutenue à la faculté de pharmacie de Nancy, (Sciences pharmaceutiques. 2003. ffhal-01732872f) analyse l'emploi des poisons dans l'œuvre d'Agatha Christie :


La célèbre romancière britannique, ayant été infirmière pendant la première guerre mondiale, était une experte dans la connaissance des substances pouvant s'avérer extrêmement délétères pour l'homme.

[...] La nicotine, elle aussi, est présente dans le roman Drame en trois actes où elle sert trois fois pour trois meurtres différents (dissimulée dans un cocktail, dans du Porto et dans du chocolat)

 


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