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  • Anne

La Sarriette



Étymologie :

  • SARRIETTE, SARIETTE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1350 sarriete (Texte méd., A 143 v oa, éd. Arveiller ds Romania t. 94, p. 175) ; 1667 sariette d'hyver (P. Morin, Remarques nécessaires pour la culture des fleurs, p. 76). Dimin. de l'a. fr. sadree (fin xie s., Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 2, p. 126) même sens, sarree « id. » (xiie s., Gloss. Tours, 3330 ds T.-L.), du lat. satureia « sarriette ».


Lire également la définition du nom sarriette pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Selon les recherches de Suzanne Amigues, auteure de « L'odyssée des aromates », (La pensée de midi, vol. 13, no. 3, 2004, pp. 53-59) :

La sarriette des jardins, venue chaque année de semis, était elle aussi estimée. Parmi ses congénères sauvages, il faut citer pour l’Ouest méditerranéen la sarriette des montagnes, ce sous-arbrisseau vivace à fleurs blanches et feuilles aromatiques qui fournit aux Provençaux le pèbre d’ail dans lequel on roule les petits fromages de chèvre. Elle est remplacée dans le monde égéen par une autre espèce plus décorative, avec ses feuilles vert foncé et ses fleurs d’un rose pourpre étagées le long de la tige, plus âcre aussi. Pour dire que l’on vous regarde de travers, le comique grec Aristophane a forgé l’expression “lancer des regards de quelqu’un qui a mangé de la sarriette” !











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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Dans l'Antiquité, où elle était consacrée aux satyres, la sarriette, réputée pour ses propriétés aphrodisiaques, était censée ranimer "le feu de l'amour". Cependant, en Grèce, les femmes enceintes qui touchaient à cette plante s'exposaient à faire une fausse couche.

De la sarriette fraîche sous son oreiller assure un excellent sommeil ; les enfants malingres ont tout intérêt à prendre des bains de cette plante. On dit aussi que els oiseaux de mer qui se blessent le bec en mangent pour se guérir.

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Littérature :

Dans Le Parme convient à Laviolette (Éditions Denoël, 2000), roman policier écrit par Pierre Magnan, on peut lire cette description olfactive de la sarriette :


"Il ne restait plus d'elle que cette timide senteur de sarriette qui est notre humble odeur de sainteté. L'écrasante humilité des gens de bien qui nous ont précédés règne encore dans la pierraille, en cet arôme qui hésite entre la suavité et l'amertume.

Il persiste au coin des âtres froids qu'on ne ranimera jamais plus, dans les bergeries où le troupeau l'a rapporté parmi ses défécations, et les défécations ont séché, sont tombées en poussière, alors l'arôme de la petite plante a resurgi souveraine, elle s'est entoilée parmi les voûtes des étables et ceux qui viennent là pour admirer la perfection des voussoirs se demandent quel est cet étrange parfum.

Il y a de la sarriette, très maigre, au pied de chaque oratoire de Lurs. Elle croît entre la calcaire du sol et le socle des stations. On ne sait pas de quoi elle peut bien se nourrir."

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