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  • Anne

Le Liseron



Étymologie :

  • LISERON, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1538 « plante herbacée à tige volubile » (Est., s.v. clematis et concilium ; 2. 1867 liseron épineux « salsepareille » (Littré). Dér. de lis*; suff. -eron (v. -on).

Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Convolvulus ; Baromètre des gueux ; Boyaux du diable ; Campanettes ; Capsulé ; Chemise de Notre-Dame ; Crémette ; Couriasse ; Grande vrillée ; Herbe aux cloches ; Herbe aux sonnettes ; Lach'ron ; Liaou ; Ligneul ; Liorne ; Lis des champs ; Lison ; Lisse ; Litrelle ; Manchette de la Vierge ; Manchettes de Notre-Dame ; Rampioule ; Riboulo ; Rouvion ; Traînasse ; Varvèle ; Vaucielle ; Véyette ; Voluble ; Vignolé ; Vitréole ; Volubile ; Vrillée ; Yeux rampants.

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Botanique :


Fiche de Convolvulus arvensis à consulter.

 

Description :

Le convolvulus tire son nom du latin convolvere (s'enrouler). Les fleurs sont grandes, bleues ou rosées avec un cercle blanc autour de la gorge jaune (il existe aussi des variétés jaunes, d'autres unicolores). Les belles-de-jour s'épanouissent de juin à septembre et restent fermées du soir au matin. Elles croissent à une vitesse foudroyante et plus d'un jardinier peste contre leurs interminables réseaux de racines, autrement nommés boyaux du Diable !

 







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Usages traditionnels :


Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :


En Dauphiné, d'après Villars, on a mangé aussi en potages ou apprêtées comme des épinards les feuilles du liseron des champs, Convolvulus arvensis [...] En Savoie, je ne l'ai jamais ouï dire ; mais les relations entre ces deux provinces limitrophes étaient trop fréquentes pour que l'on dédaignât dans l'une ce que l'on appréciait dans l'autre. Je fais pourtant des réserves pour le liseron et certains chénopodes.




Phytothérapie :


Dans Des hommes et des plantes (Éditions Opéra Mundi, 1970), son autobiographie, Maurice Mésségué évoque le savoir ancestral de son père qu'il a su faire perdurer après la mort prématurée de celui-ci :


Pour les intestins j'ai choisi le ravisant, l'humble Liseron blanc des haies. Il est bien trop modeste pour retenir l'attention, c'est pourtant un excellent purgatif. Mon père, avec sagesse, me défendait d'en mâchouiller les tiges lorsque j'étais enfant. J'ai fait de même pour mes fils.

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


D'après Marcellus Empiricus, médecin de Bordeaux (IVe siècle), on remédiait puissamment aux maladies inguinales en faisant avec du liseron sept nœuds, en nommant à chacun une veuve, et en les attachant sur le talon du pied du côté où se trouvait le mal.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme du liseron des champs :


LISERON DES CHAMPS - HUMILITÉ.

Plante qui rampe sur la terre, ou qui s'élève à l'aide d'un appui. Le père Rapin apostrophe ainsi cette fleur :

« Croissez, lis heureux ! doux essai de la nature dans son enfance ! chef- d'œuvre qui semblait annoncer de grands ouvrages ! »


CONVULVUS DE NUIT - NUIT.

Il y a plusieurs espèces de beaux liserons qui ne s'ouvrent que la nuit ; ils sont originaires des pays chauds.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Convolvulus - Nuit.

Cette plante ne fleurit que la nuit.


Liseron pourpre - Élévation fragile.

La croissance du liseron est rapide, sa tige peut atteindre la hauteur de dix mètres dans une année ; mais il tombe si on lui retire son appui, et meurt dans l’année même qui l’a vu naître.


Liseron des champs - Humilité.

Cette espèce fort jolie rampe presque toujours et se cache.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


LISERON DES CHAMPS - HUMILITÉ.

Dieu dompte les superbes et fait grâce à ceux qui sont humbles. Courbez-vous donc sous le bras du Seigneur, afin qu'il vous élève quand il sera temps.

- 1 Pierre : V, 5,7, 6.

Le liseron des champs est une plante vivace que l'on rencontre très souvent dans les blés. Sa tige est très menue, rampante ou grimpante. Sa fleur est une corolle monopétale évasée comme un entonnoir ; elle est rose en dehors et blanche en dedans, exhalant une douce odeur d'héliotrope. Le calice se renferme sur la graine quand elle n'a plus qu'à mûrir. Que de soin la nature se donne pour garder de la graine de liseron, pour en tapisser le sol que nous dédaignons de fouler ! Elle fait tout pour celui qui la laisse triompher seule.

On a fait de cette plante l’emblème de l'humilité parce que ses tiges courtes sont couchées sur la terre et disparaissent sous les ronces et les chardons. Il faut une main amie pour produire au grand jour l'humble modestie.

RÉFLEXIONS.

Le vrai humble ne veut point paraître tel ; mais l'être. L'humilité est si délicate, qu'elle a peur de son ombre, et ne peut ouïr nommer son propre nom sans courir le risque de se perdre.

(ESPRIT DE SAINT FRANÇOIS DE SALES.)

Un vrai humble est aussi soigneux de cacher son humilité que toutes ses autres vertus, ou plutôt il est humble sans savoir qu'il l'est, et il ne le serait pas du moment qu'il se flatterait de l'être.

(BOURDALOUE, Pensées diverses.)

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Emma Faucon, autrice d'un ouvrage intitulé Le langage des fleurs. (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) rapporte les équivalences de l'Horloge de Flore :


Il est des fleurs qui s'ouvrent invariablement à la même heure ; les horticulteurs profitent de cette horloge naturelle pour régler leur temps, et les amoureux emploient ce moyen pour indiquer le moment où ils passeront sous les fenêtres de celle à qui ils offrent leurs vœux.


Quatre heures du matin = Le liseron des haies.

Huit heures du soir = Le liseron droit.

Dix heures du soir = Le liseron à fleurs pourpres.


L'autrice s'intéresse également aux caractéristiques des plantes qui permettent de définir un baromètre botanique :


Liseron (petit). — Quand le petit liseron referme ses cloches blanches, les bergers ramènent leurs troupeaux ; la pluie n'est pas éloignée.


Et enfin à leurs particularités symboliques :


Liseron - Humilité.

Plante fort jolie qui rampe presque toujours ; sa tige étant trop faible pour la soutenir, elle emprunte son appui à la terre.

Aimez le liseron, cette fleur qui s'attache

Au gazon de la tombe, à l'agreste rocher,

Triste et modeste fleur qui dans l'ombre se cache

Et frissonne au toucher ! MURGER.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), le Liseron (Convolvulus arvensis et Convulvus sepium) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin Planète : Saturne Élément : Eau.

Pouvoirs : Rêves prémonitoires ; Voyage astral.

Utilisation magique : Des graines de Liseron mêlées au duvet de votre oreiller joueront un double rôle pendant votre sommeil : leurs effluves ne laisseront pas passer les cauchemars (manifestation des forces négatives ; résurgence de peurs et d'angoisses archaïques ; expression semi-consciente de conflits intérieurs générateurs d'inhibitions et de blocages) ; elles faciliteront au contraire le passage à la conscience des rêves de bonheur, d'évolution (manifestation des forces positives ; images, souvent magnifiques, qui sont l'expression de la partie divine de l'être humain). Ces rêves positifs sont fortement chargés en énergies bénéfiques, même pour un sujet qui n'en comprend pas le sens caché. Mais leurs effets sur le psychisme sont beaucoup plus intenses et beaucoup plus immédiats quand le rêveur sait décoder le message symbolique que véhiculent de tels rêves. Les principes actifs de la graine de Liseron facilitent ce décodage. Expérimentez d'abord avec les graines seules. Il faut deux ou trois poignées par oreiller, que vous taperez ensuite dans tous les sens pour bien répartir les graines parmi le duvet. Retournez l'oreiller chaque soir et redonnez quelques tapes. Notez vos rêves au réveil. Certains sujets auront des rêves d'une extraordinaire richesse dès les premières nuits, d'autres, plus tendus ou plus inhibés, n'obtiendront pas tout de suite le résultat escompté. Ceux-là peuvent s'aider en prenant, avant de se coucher, une infusion de feuilles de Liseron. Après quoi ils dormiront sur l'oreiller traité, comme il est dit plus haut. De toute façon, il faut persévérer pendant plusieurs semaines. Ce sera le cas, par exemple, pour les personnes « qui ne rêvent jamais ». Ce qui est faux, bien entendu. Tout le monde rêve, même plusieurs fois par nuit. Simplement certains s'en souviennent et d'autres pas. La racine de Liseron (les « boyaux du diable » et la hantise des jardiniers : ces interminables nouilles blanches qui, dit-on, cheminent sous terre sur plusieurs kilomètres...) peut être brûlée sur des réchauds pour les voyages hors du corps physique.


Turhith végétal (Ipomoea turpethum)


Pouvoir : Désenvoûtement des animaux.

Partie toxique : La racine.


Les Anciens donnaient le nom de Turbiths à diverses substances, tant minérales que végétales. Le plus célèbre, cité dans maintes recettes, est le Turbith noir qui eut son heure de gloire au XIXe siècle sous l'appellation de mercure soluble de Hahnemann, d'après le père de l'homéopathie. Les alchimistes s'en étaient déjà beaucoup servis, et à leur suite les pharmacologues.

Le Turbith végétal est une variété de liseron. On extrait de sa racine un suc extrêmement virulent qui entrait autrefois dans la composition de l'eau-de-vie allemande. Les populations rurales en mettaient dans diverses « eaux bénites » destinées à désenvoûter le bétail.

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La volubilité du liseron : Le liseron des haies est une plante volubile, et « volubile » est un des plus beaux mots de la langue française, particulièrement dans son acception botanique : une plante volubile est une plante qui s'élève en s'enroulant. Vivre la volubilité est un rêve, à l'instar de l'arborescence ou du vol. Mais encore faudrait-il avoir un corps de serpent pour en ressentir toutes les voluptés ! L'enlacement en est un piètre succédané et la volubilité de la langue une sublimation. La qualité de volubilité du liseron des haies est également inscrite dans son nom de famille : Convolvulacées, et dans son ancien nom de genre : Convolvulus (du latin « convolvere » : s'enrouler). Eu égard aux deux bractées florales recouvrant son calice, le liseron des haies se nomme désormais Calystegia sepium (L.) R. Br. Le mot « liseron », quant à lui, est un dérivé de lis (ou lys), sûrement par analogie à la blancheur et à la forme des lis blancs, symboles de la pureté. Le liseron des haies, joliment appelé « Grande-Vrillée » ou « Manchette-de-la-Vierge », s'enroule de gauche à droite et développe ainsi une volubilité dextre (du latin « dexter » : qui est à droite, racine qui donna aussi « dextérité »). A l'inverse, le houblon, qui s'enroule de droite à gauche, est qualifié de plante volubile senestre (du latin « sinister » : qui est à gauche, et dont est issu le mot « sinistre ! »). Dieu soit loué pour les gauchers... les mentalités ont changé ! En juillet et en août, les haies de l'Indre sont tout enguirlandées des grosses fleurs blanches en entonnoir du Grand-liseron. Le petit liseron des champs, lui, à stigmates filiformes et à calice nu, pudibond... préfère courir les champs.

Contact Richard Bernaer

Pour compléter cet article : la symbolique de la spirale.

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Plante lunaire : « La fleur du Grand Liseron, écrit R. Frederick dans son livre L'Influence de la Lune sur les cultures, qui est très sensible, se ferme à la moindre averse, demeure ouverte au rayonnement lunaire. Il oriente parfois sa fleur en entonnoir pour que la lumière de la lune baigne parfaitement le fond des corolles. La floraison s'en trouve prolongée. »


Le liseron et l'effet Kervran : L'effet Kervran ou autrement dit la transmutation ou fusion froide est observée partout dans la nature : Lorsqu'une terre est fortement carencée, elle va favoriser la pousse de certaines plantes qui vont transmuter les élément présents en éléments nécessaires pour un rééquilibrage de celle-ci. Les « mauvaises herbes » signalent ainsi par leur présence une ou des carences minérales et métalliques d’éléments de la terre de culture. Ce processus d’équilibre fonctionnerait par l’apport des éléments chimiques de la plante sous la forme d’humus. Cette restitution à la terre étant trop longue (une année), on peut alors la remplacer immédiatement par une formule très rapprochée de celle de la plante et cela donne d’étonnants résultats : mauvaises herbes qui repoussent plus après le désherbage et rendement considérablement augmenté pour la culture suivante qui est exempte de maladies et de parasites. L’apparition des liserons : particulièrement difficiles à faire disparaître. L’analyse chimique du liseron permet de découvrir une énorme teneur en bore, donc une carence du terrain en bore. Le liseron synthétiserait le bore à partir d’autres éléments encore en abondance dans le terrain et l’apporterait en fumure à ce même terrain une fois composté. Il suffira pour s’en débarrasser de procéder à un arrosage ou à un épandage sur le terrain, après l’avoir labouré ou désherbé grossièrement, d’une solution d’acide borique.

Quant'EAUm

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A lire : page très intéressante sur la symbolique du liseron en Égypte ancienne.

 

D'après cette autre page :

"[En langage des fleurs], symbole de passivité, le liseron rose promet : « je m'attacherai à vous » et le bleu prend patience : « j'attendrai des jours plus favorables ». Il se lamente parfois : « pourquoi me faire souffrir ? ». Belle-de-jour en raison de sa beauté éphémère, cette fleur est une femme qui se refuse encore, non sans coquetterie. Mais à l'occasion, elle fait preuve de caractère : « vos assiduités m'importunent ! ».

 

Selon Éloïse Mozzani, auteure du Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, S.A.S., 1995 et 2019) :


"Jadis, dit la légende, la fleur du liseron des champs était entièrement blanche jusqu'au jour où la Vierge et son fils, égarés dans une région où ne poussaient que ces plantes, cherchèrent à se désaltérer : « Vint à passer un roulier avec une voiture chargée de vin. La Sainte Vierge demanda à en boire un peu, ce à quoi le roulier consentit mais en demandant dans quelle coupe elle pourrait boire. Marie prit un liseron blanc et y but à longs traits. L'Enfant Jésus fit de même. C'est depuis ce temps que le liseron des champs a sa couleur teintée de rose. » Il est également surnommé « couronne de Notre-Dame » du fait d'une croyance selon laquelle ses tiges auraient servi à tresser la première couronne de la Vierge. Le liseron des haies, quant à lui, prit le nom de « chemise de Notre-Dame » car Dieu utilisa la corolle de ses fleurs pour coudre la chemise que portait Marie en descendant du ciel sur la terre, ou encore de « manchettes de Notre-Dame » (ou de la Vierge) à cause « de la forme campanulée de ses belles grandes fleurs dans lesquelles le peuple a vu l'image des manchettes de la Sainte Vierge. On ne s'étonnera guère que, placé sous de tels auspices, le liseron soit le symbole de l'humilité. Mêlées au duvet d'un oreiller, ses graines protègent des cauchemars et facilitent « le passage à la conscience des rêves de bonheur, d'évolution (manifestation des forces positives ; images, souvent magnifiques, qui sont l'expression de la partie divine de l'être humain). Ces rêves positifs sont fortement chargés en énergies bénéfiques, même pour un sujet qui n'en comprend pas le sens caché. Mais leurs effets sur le psychisme sont beaucoup plus intenses et beaucoup plus immédiats quand le rêveur sait décoder le message symbolique que véhiculent de tels rêves. Les principes actifs de la graine de liseron facilitent ce décodage. » Retournez des trompettes de liseron au pied d'un arbre, vous aurez de la pluie, affirment les Américains.

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Astrologie :

Selon Pierre Manoury dans Les plantes sorcières, Traité de phytothérapie traditionnelle, le liseron est une plante dominée par Mercure et qui subit l'influence secondaire de Vénus.

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Spagyrie :

Voici la fiche proposée par Viviane Le Moullec dans Élixirs floraux de Viviane à faire soi-même (Éditions du Dauphin, 1997, 2020) pour le Liseron (Calystegia arvensis) :


Mot clef : Pour se purifier quand le temps presse


Qui est le Liseron ? Désespoir des jardiniers, le liseron trouve toujours le moyen de repousser. Comme dit le proverbe : "Quand on lui ferme la porte, il entre par la fenêtre". Mais il est bien gracieux avec ses feuilles en fer de lance et ses fleurs en calices roses ou blancs, ou roses rayés de blanc.

Nous avons utilisé "Calystegia arvensis". Les autres variétés du Liseron peuvent être aussi utilisées : les gros roses (Calystegia pulchra), les gros blancs (Calystegia silvatica). En revanche, Calysgtegia soldanella (Liseron de mer), aux feuilles arrondies, n'a pas été testé.


Avec quoi réaliser votre élixir ? Utilisez les corolles blanches ou roses du Liseron.


Utilisation traditionnelle : Remarquable purgatif, le Liseron est à réserver plutôt pour des actions isolées que pour soigner une constipation rebelle. Pour cette dernière, il vaut mieux commencer par restaurer la joie de vivre avec de la mélisse, renforcer le tonus avec de la Menthe, procéder à un bon ménage interne avec le Genêt à balais...


Aide alchimique : Le Liseron aide à se purifier profondément quand il devient urgent de se nettoyer, quand on sent que les choses vont bientôt changer et qu'il conviendrait d'être un peu plus prêt qu'on ne l'est.

La paresse étant un défaut communément répandu, on peut se faire avantageusement aider par le Liseron qui, lui, sait s'accrocher et même se cramponner pour survivre...

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Mythes et Légendes :

Le liseron évoque la légende grecque d'une fille qui reçut dans le cœur une flèche au lieu de l'oiseau qui lui apportait des nouvelles de son amant, et que les dieux apitoyés changèrent en fleur. C'est bien connu, tout le monde rêve, et plusieurs heures par nuit. Mais voilà : certains ne s'en souviennent pas ; d'autres accumulent d'affreux cauchemars. Des graines de liseron arrangeront bientôt cela ! Mêlez-en donc au duvet de cet oreiller, puis secouez-le bien afin de répartir les graines (chaque soir, vous retournerez votre oreiller et lui prodiguerez quelques claques). Ces liserons vous protègent désormais des mauvais rêves (en Chine, les belles-de-jour écartent tout souci). Quant aux autres songes, notez-les dès le réveil : les graines vous faciliteront cet effort et vous serez surpris de constater au bout de quelques semaines que vous vous rappelez maintenant très bien de vos rêves, voire que vous vous amusez à les décrypter à l'aide de votre fertile imagination !

http://www.chantony.fr/langage_des_fleurs/liseron.htm

 

Une jeune fille et son amant avaient un oiseau comme messager. La jeune fille reçut dans le cœur une flèche destinée à l’oiseau. Vénus que l’amour des jeunes gens attendrissait, changeât la jeune fille en liseron et le jeune homme, qui ne pouvait survivre à son amour, en crocus

 

La Vierge, un jour, se promenait avec son divin Fils.

A travers champs et bois ils allaient, devisant. L'heure passant, la Vierge voulut revenir, mais hélas !à travers l'entrelacs des chemins elle se perdit. Était-ce par ce champs parsemé de chardons qu'il fallait revenir, ou fallait-il passer à travers cette plaine brûlante ? - J'ai soif, dit doucement l'enfant Jésus. Alors, venant d'un chemin creux, apparut un Samaritain. La Vierge Marie se hâta vers lui pour lui demander sa route. Du doigt, l'homme indiqua le plus court chemin. - J'ai soif, redit la petite voix divine. Lors, le bon Samaritain offrit une outre pleine de vin. Mais dans quoi le verser ? Trottinant, l'enfant s'en fut cueillir aux bords de la haie deux liserons immaculés que l'homme emplit jusqu'aux bords. Depuis les liserons sont teintés de rose, gardant ainsi la trace du vin qui désaltéra le couple divin.


Version plus étoffée.

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Littérature :


Le Liseron de François Coppée.

 

"[...] L'écriture : pour certains la distraction horrible. Pour nous, le liseron de sang prisé à même le rocher, liseron élevé au-dessus d'une vie enfin jointe, liseron non invoqué en preuve.

La parole écrite s'installe dans l'avènement des jours comptés, sur une ardoise du hasard. Elle ne témoigne pas avant le poudrement, mais répond. Entre deux vapeurs humidifiantes."


René Char, Chants de la Balandrane, 1977.

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Régine Detambel consacre un ouvrage à Colette. Comme une flore, comme un zoo (Éditions Stock, 1997) dans lequel elle s'intéresse aux métaphores botaniques et zoologiques :


Fraîche comme un Liseron

« Et puis, brusquement, il disparaît pendant trois semaines, reparaît vidé, pâle et rose comme un liseron, fébrile, ne parle plus, répond à peine. » La Retraite sentimentale


On dit, un peu partout, « frais comme un gardon, comme un épinard, comme un liseron. » A la proverbiale fraîcheur de liseron, Colette recourra dès Claudine à l'école : « La chérie, enrobe de toile bise, coiffée d'un grand chapeau simplet sous lequel elle est plus fraîche qu'un liseron (petite rosse d’Aimée !) excite l’admiration de trois commis voyageurs... » Dans La Retraite sentimentale, le liseron perdra son éclat de dicton : « Marcel [...] disparaît pendant trois semaines, reparaît vidé, pâle et rose comme un liseron, fébrile, ne parle plus, répond, à peine. » Au liseron, qui est la fraîcheur même, Colette n’hésite pas à donner la fièvre. Quoi qu’il en soit, c’est une fleur fragile et vite fatiguée.

Le volubilis est un liseron d'une espèce ornementale, à grandes fleurs colorées. Sa tige, volubile, s'enroule en spirale, tige frêle qui ne peut s'élever qu'en s’enroulant autour d'un support : « C'est une chose extraordinaire qu'une créature aussi faible que moi, aussi penchante vers tout appui moral et physique, se trouve seule, on ne sait comment, sans en périr aussitôt, comme un volubilis désenlacé. » Volubilis signifie « qui tourne aisément.» On lit, dans Le Blé en herbe : « A trois cents mètre de là, sur le pré de mer, Lisette en blanc tournait comme un volubilis blanc, et ses petits bras bruns gesticulaient... »

Le volubilis met en évidence le velouté et la transparence d'une peau noble, délicate et superbe. Claudine montrera ce croquis de son amante : « Je sais qu’elle est riche mais “jamais, jamais assez”, dit-elle passionnément, que sa mère, viennoise, lui a donné de beaux cheveux, une peau de volubilis blanc (je cite) et le nom de Rézi. » Dans Claudine à Paris, Marcel, le fils de Renaud, est « mince et léger dans un smoking, les cheveux d'un blond de lune, sa peau translucide se veloute aux lumières comme un intérieur de volubilis. »

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Voir aussi : Belle-de-Jour ; Ipomée ;


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