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  • Anne

La Belle-de-Jour


Étymologie :

  • BELLE-DE-JOUR, subst. fém.

BOT. Nom vulgaire du convolvulus, dont les fleurs se referment le soir ou à l'humidité de l'air (cf. Chass. 1970). Synon. liseron tricolore, liset bleu :

Ce petit jardin, avec ses bordures de belles-de-jour et de corbeilles-d'argent, ses reines-marguerites qui semblent faites avec de la laine tricotée, c'est là que je voudrais vivre ! Claudel, L'Ours et la lune, 1919, 2, p. 603.

1re attest. 1762 (Ac.) ; composé de belle fém. de beau*, de* et jour*. − [bεldə ʒu:ʀ]. Au plur. des belles-de-jour. Ac. 1798 enregistre belle-de-jour ou hémérocale. − Fréq. abs. littér. : 4.

BBG. − Colonna (P.). Au jardin des plantes. Vie Lang 1952, p. 372.


Lire aussi les définitions de Belle-de-Jour afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Convolvulus tricolor ; Liseron du Portugal ; Liseron tricolore ;

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) nous livrent leur vision de cette petite fleur :


Automne - Septembre

BELLE DE JOUR, OU LISERON DE PORTUGAL. - COQUETTERIE.


Aux feux dont l'air étincelle

S'ouvre la belle de jour ;

Zéphyr la flatte de l'aile :

La friponne encore appelle

Les papillons d'alentour.

Coquettes, c'est votre emblème ;

Le grand jour, le bruit vous plait.

Briller est votre art suprême ;

Sans éclat, le plaisir même

Devient pour vous sans attrait.

Philippon de la Madeleine.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Belle-de-jour - Coquetterie.

Comme la coquette, elle ne s’épanouit qu’aux rayons d’un beau soleil ; au moindre mauvais temps, ses fleurs se referment.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments [attention, ça pique un peu quelquefois ! ] :


BELLE DE JOUR - COQUETTERIE.

La beauté d'une femme sans pudeur est comme un collier d'or au cou d'un animal immonde.

Proverbes. II, 22 .

Parmi les liserons admis dans nos jardins, le liseron tricolore vulgairement appelé Belle de jour, liseron du Portugal, y occupe le rang distingué que lui ont mérité la beauté, la belle forme et le nombre de ses fleurs, assez grandes, jaunes dans le fond, d'un beau bleu de ciel sur ses bords, blanches dans le reste de leur étendue, et quelquefois panachées ou tout à fait blanches. Elles se montrent dans l'été, et, si l'on a soin de couper la plante avant la chute des dernières fleurs, elle repousse et fleurit de nouveau jusqu'aux gelées . —On ne pouvait choisir une fleur plus élégante pour en faire le symbole de la coquetterie.


DE LA COQUETTERIE.

La coquetterie est un désir immodéré de plaire, et l'art que les femmes emploient pour contenter ce désir, c'est-à-dire l'emploi de toutes les petites manières dont elles se servent pour se rendre agréables à ceux qu'elles veulent enlacer de leurs filets, constitue la minauderie. - La minauderie n'est donc par elle-même ni un vice, ni un défaut, mais tout simplement la mise en action des moyens de plaire que la coquetterie inspire. Quant à la coquetterie, ce vice de la femme coquette, car c'en est un, elle naît ou de la manie que les femmes ont de se faire courtiser, ou d'un sentiment d'orgueil et de vanité plutôt que de libertinage.

La coquetterie chez la femme peut aller bien loin ; et que d'exemples ne pourrions-nous pas en citer ! Il est vrai que peu la poussent jusqu'à l'extrémité, mais malheureusement, pour un trop grand nombre, surtout dans nos cités, allumer, dans le cœur de l'homme, par des manières agaçantes, par des poses voluptueuses, une passion qu'on ne songe même pas à partager ; exciter en lui des désirs brûlants, et à l'aide de ce manège se faire rechercher et aimer par plusieurs à la fois, est un désir si vif, un besoin si impérieux, qu'elles en font leur seule et unique pensée ; c'est le seul plaisir qu'elles veuillent goûter. Qu'il soit satisfait, qu'elles puissent en tirer vanité aux yeux de leurs compagnes et du monde, voilà tout ce qu'elles envient.

Mais comme cette pensée est une pensée coupable, comme la coquetterie, quelle que soit l'idée dominante qui anime la femme suppose un dérèglement moral, si ce n'est une dépravation honteuse, comme généralement on a dans la société une fort mauvaise idée des coquettes et cela, parce que, à quelques rares exceptions près, une jeune personne qui minaude court à sa perte, si elle n'est déjà perdue ; comme une fille coquette peut bien n'être pas criminelle, mais n'est jamais innocente ; comme enfin, chez quelques-unes la minauderie est l'expression mimique de la luxure, on ne saurait trop s'élever contre la coquetterie, dont le moindre mal est assurément quelque chose de bien grand.

La coquetterie est un des ornements et en même temps l'un des plus grands vices des femmes. Poison qu'elles jettent dans l'air et que respirent ceux qui les approchent ; poison qui produit au cerveau des vertiges et obscurcit la raison, qui souffle dans le cœur les ferments du désir, de l'amour malheureux ; il fait à lui seul plus de mal aux hommes, aux jeunes gens surtout, que toutes les impulsions de leur propre nature. Il est vrai que les hommes les plus dépravés éprouvent une sorte de répulsion pour les coquettes déhontées ; mais qui dira aux jeunes personnes les dangers qu'elles courent en entrant dans le monde, si elles s'attachent à la coquetterie, et la répulsion qu'elle fait éprouver ? Sera-ce les femmes âgées, dont l'expérience ou l'usage du monde a formé la raison ? Hélas ! les jeunes personnes écoutent peu les femmes qui ont cessé d'être coquettes, et celles qui conservent de la coquetterie en vieillissant seraient de bien mauvaises conseillères, puisqu'elles sont pires que les jeunes. Oui, une femme coquette ne se rend point justice sur la passion de plaire et sur l'opinion qu'elle a de sa beauté. Elle regarde le temps et les années comme quelque chose qui ride et enlaidit les autres femmes ; elle oublie du moins que l'âge est écrit sur le visage. La même parure qui a autrefois embelli sa jeunesse défigure enfin sa personne, éclaire les défauts de sa vieillesse. La mignardise et l'affectation l'accompagnent dans la douleur et dans la fièvre ; elle meurt parée et en rubans de couleur.

C'est à vous toutes, mères de famille , qu'est réservé le soin de corriger vos filles. Epiez avec soin leurs inclinations, et si vous découvrez en elles la moindre tendance à devenir coquettes, montrez leur ce vice dans toute sa nudité, afin qu'elles puissent le reconnaitre t le haïr. Dites-leur que c'est un très mauvais parti pour une femme que d'être coquette. Il est rare que celles de ce caractère allument de grandes passions, ce n'est pas à cause qu'elles sont légères, comme on le croit communément, mais parce que personne ne veut être dupe . Mais ce n'est pas assez et vous devez avant toutes choses leur inspirer l'amour de la chasteté, selon l'Évangile. Alors, n'en doutez pas, il leur sera facile de se retenir sur la pente glissante du précipice dans lequel leur réputation et leur vertu iraient s'engloutir.

RÉFLEXIONS.

La coquetterie est le fond de l'humeur des femmes. Mais toutes ne la mettent pas en pratique, parce que la coquetterie de quelques-unes est retenue par la crainte ou par la raison.

(LAROCHEFOUCAULT.)

De même que, dans l'homme, la prudence est la gardienne et le rempart des vertus et des bonnes meurs, de même, dans la femme, la pudeur et la chasteté nourrissent, soutiennent, protègent toutes les bonnes qualités.

(S. CYPRIEN, Traités.)

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Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


BELLE-DE-JOUR - COQUETTERIE.

Espèce de liseron d’un bleu céleste qui ne s'épanouit que pendant le jour. Rien n'est gracieux et poétique comme cette fleur. C'est l'amie de la mansarde dont elle encadre et égaie la fenêtre. Elle semble dire au papillon : Je suis belle, mon calice humide et frais appelle les baisers de la brise et du soleil ... Hâte-toi de m'aimer, car mon règne est de courte durée. Chaque soir, elle ferme ses feuilles fatiguées, et s'endort bercée par les rêves de la nuit, émue encore peut-être des souvenirs du jour. Les Latins l'appelaient convolvulus, de convolvere, ENTORTILLER, parce que toutes les espèces sont grimpantes, et s'en tortillent autour des treillages, appuis ou plantes qui les avoisinent.

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Belle de jour - Coquetterie.

De même qu'une coquette, sûre de sa fraîcheur et de ses attraits, ne craint pas d'affronter les regards du jour, ce n'est qu'aux rayons du soleil que le convolvulus belle de jour épanouit sa brillante corolle d'azur au cœur d'or. Mais quand vient l'ombre, il se ferme et laisse sa sœur la belle de nuit, plus modeste, mains non moins recherchée pour son parfum, jouir à son tour des éloges qu'elle mérite.

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Ipomée ou Belle-de-Jour : Vous sentez le besoin de vous libérer de certaines habitudes, de certains médicaments de drogues, de somnifères ou de certains anxiolytiques par exemple ; ou encore de laxatifs. Vous avez un mode de vie déséquilibré, artificiel. vous aspirez à tout remettre en cause afin de reprendre des habitudes plus saines et plus proches de la nature. Vous décidez d'arrêter le café, la cigarette, l'alcool. Cette démarche n'est pas évidente car vous êtes devenu tellement dépendant. Vous ne voulez plus de béquille, de prothèse, de faux-fuyant. Vous décidez d'être sincère avec vous-même. Ipomée peut vous aider.

Cette plante de la famille des Convolvulacée est une liane à l'origine. Elle est devenue de plus en plus populaire au fur et à mesure que l'homme a commencé à s'auto-détruire inconsciemment. Comme son nom de famille l'indique cette plante agit sur votre élément air (élémentaire Mister Watson). Il se dégage déjà une forte vitalité dans sa racine qui fouille le sol en serpentant pour prélever les meilleurs sels minéraux. On comprend ici déjà que son élixir agit sur tout ce qui serpente dans le corps de l'homme et particulièrement sur les intestins et les dendrytes du cerveau.

Sitôt que sa pousse sort de terre, elle enlace étroitement de ses volutes, les autres végétaux comme si elle manquait de vigueur pour monter verticalement (encore un effet air). Cela vient aussi du fait qu'elle a transposé ses pouvoirs de fructification dans la région-racine : elle produit des tubercules comme les patates riches en amidon, grosses comme le poing. Pourtant il lui reste encore un peu de force pour produire à la surface une tige serpentiforme où se suspendent des feuilles en forme de coeur souvent dirigées vers le bas, ainsi que des fleurs qui ont la vie brève mai qui sont vite reproduites. Ainsi la forte vitalité de la racine se propage à travers toute cette plante volubile et atteint la région fleur. Cette facilité de communication entre ces deux pôles explique partiellement la bonne coordination entre le système nerveux central de l'homme et ses systèmes métabolique et rythmique.

Mais ce n'est pas tout pour expliquer les grandes vertus de la fleur. La clé de son action thérapeutique est son processus-mercure. Comme ce processus mercuriel s'allie parfaitement avec le soufre (voir les explication à mercure alchimique), la fleur transmet à traves l'élixir des forces au Moi et en échange, ce dernier fait cadeau à l'âme d'un emplâtre capable de cicatriser toutes ses plaies. L'association soufre-mercure produit des sulfures qui sont de puissants catalyseurs pouvant réaliser n'importe quelle synthèse chimique. Cette dernière favorise notamment les échanges liquidiens quand il y a stagnation au niveau des liquides cérébraux, de la vésicule biliaire, des articulations, des bronches, des reins, du système lymphatique, des intestins (quand la pression osmotique est insuffisante entre autre chose).

ici, on conseillera l'élixir d'Ipomée contre la viscosité mentale des rentiers, l'autisme, les otites, les oreillons, les bouchons de cérumen, les hépatites, les congestions de la vésicule biliaire, les rhumatismes articulaires dus à la stagnation des liquides organiques, la maladie de Paget, la diapédèse leucocytaire, toutes les atteintes de la lymphe, les adénites comprises.

L'effet mercure peut être rapproché des processus organiques s'accomplissant de part et d'autre du diaphragme. Comme l'on sait qu'il réalise parfaitement la synthèse entre les éléments air et eau, il cordonne l'axe poumon-gros intestin bien connu des acupuncteurs. L'air représente l'Homme-Poumon et l'eau représente l'Homme6Gros intestin. La mobilité constante des villosités intestinales, comparables à des gouttes d'eau, et la fluidité du milieu intestinal justifient ben cette façon de voir. En astrologie, cet axe représente l'axe très mercurien des signes des Gémeaux (le poumon) et de la Vierge (région anatomique de la Vierge). Ainsi l'élixir d'Ipomée va réaliser un soulagement ente ces deux organes souvent sous-tension. On l'indiquera ici pour la bronchite, le terrain tuberculinique, la colite, l'entérite, les cancers du poumon ou du colon. A ce sujet appelons que cancer en latin signifie carcer, incarcération, prison. Un autre élixir est peut-être nécessaire pour faire comprend à l'Homme-Poumon les raisons de l'immobilité de sa cage (thoracique) afin de sortir de la prison qu'il s'est construite inconsciemment. Cette thérapeutique mercurielle peut être aussi très profitable à l'enfant qui se situe ente 7 et 14 ans ; surtout si ce dernier tend à jouer trop longtemps avec les consoles des jeux électroniques. la construction de son mental nécessite plus de distraction.

On conseillera encore cet élixir comme tonique pour le système nerveux et notamment pour le système sympathique qu'il délivre des opiacés et autres dopants, contre l'insomnie, les grincements de dents, els colères, les excès de bavardages, les états nocturnes agités, les sautes d'humeur (Uranus à l'ascendant).


Mots-clés : i (comme celui qui se tient droit comme l'homme) et pomée comme celui qui ne doit pas se paumer dans des complications mentales et destructives par toutes sortes de stimulants.


Belle-de-Jour : cette belle âme qi respire le naturel, visible à traves tous les pores de sa peau, son plus beau manteau et son plus beau symbole de sociabilité.

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Littérature :


Roman de Joseph Kessel, Belle-de-Jour, paru en 1928 et porté à l'écran par Luis Bunuel sous le même titre en 1967 et qui obtient le Lion d'or de Venise.

 

Dans le roman de Philippe Claudel, les Âmes grises (2003), dans lequel l'onomastique est loin d'être anodine, la victime est appelée Belle-de-Jour mais d'autres femmes portent des noms de fleurs :


Belle-de-Jour

  • p. 15 : « à l'époque, les trois filles Bourrache étaient des petits lys, mais avec une pointe de sang pur ; Aline et Rose // Belle

  • p. 163 : « … celles qui resplendissent de l'aube au crépuscule, épanouissant leurs corolles fines de liseron rose ou parme, et qui la nuit venue se ferment brutalement, comme si une main violente avait serré leurs pétales de velours, à les étouffer. […] Je l'ai arrêté d'un geste quand il s'apprêtait à dire à haute voix, dans la chambre obscure, le nom de cette fleur. Je ne voulais pas entendre ce nom. Je le savais trop. Il tapait dans la tête depuis deux jours, et tapait, et tapait. Le visage de la petite est revenu à moi, comme une gifle. »

  • p. 164 : "Par la suite, pendant des années, j'ai essayé de faire fleurir des belles-de-jour dans notre petit jardin. Je n'y suis jamais parvenu. Les graines restaient dans la terre, y pourrissaient avec obstination, refusaient de monter vers le ciel, de sortir de la sombre masse humide et collante. Seuls les chiendents et les chardons prospéraient, envahissant tout, s'élançant à des hauteurs invraisemblables, noyant de leurs corolles dangereuses les quelques mètres carrés. J'ai fini par les laisser gagner."

Clélis (femme de Destinat p. 45) :

  • p. 31 : « Elle se prénommait Clélis. Ce n'est pas banal, et c'est très joliment gravé dans le marbre rose de sa tombe. »

  • p. 239 : « Clélis de Vincey »

  • référence sonore au lys (lien avec Belle-de-Jour et Lysia) : p. 34 « Je crois qu'il l'aimait sa jeune fleur de serre chaude. »

  • référence littéraire à Clélie, roman précieux du XVIIe siècle, écrit par Madeleine de Scudéry = référence à un personnage raffiné, d'un autre siècle et à une histoire d'amour courtoise (cf la Carte du Tendre). « Clélie offre une représentation romanesque de la société précieuse et galante, dépeignant ses idéaux mondains, mais également « sa conception de l'art de vivre en société et de l'art d'aimer. » (Dictionnaire Mondial des Littératures) //

  • p. 45 : « Elle portait les habits d'un temps léger qui n'était plus. Au fil des ans, sa pâleur avait disparu et les vernis passés coloraient désormais ses joues d'une rose tiédeur. »

  • p. 240 : « C'était une morte d'un autre temps. Son habit, sa coiffure, son air, sa pose faisaient d'elle comme une pièce somptueuse et friable d'un musée perdu. »

Lysia : p. 53 « Elle avait un prénom, on le sut plus tard, dans lequel sommeillait une fleur, Lysia, et ce prénom lui seyait comme une tenue de bal. … Elle s'appelait de son nom de famille Verhareine. »

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Voir aussi Liseron ; Gloire du matin ; Belle-de-nuit ; Hémérocalle ;

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