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  • Anne

La Belle-de-Jour


Étymologie :

  • BELLE-DE-JOUR, subst. fém.

BOT. Nom vulgaire du convolvulus, dont les fleurs se referment le soir ou à l'humidité de l'air (cf. Chass. 1970). Synon. liseron tricolore, liset bleu :

Ce petit jardin, avec ses bordures de belles-de-jour et de corbeilles-d'argent, ses reines-marguerites qui semblent faites avec de la laine tricotée, c'est là que je voudrais vivre ! Claudel, L'Ours et la lune, 1919, 2, p. 603.

1re attest. 1762 (Ac.) ; composé de belle fém. de beau*, de* et jour*. − [bεldə ʒu:ʀ]. Au plur. des belles-de-jour. Ac. 1798 enregistre belle-de-jour ou hémérocale. − Fréq. abs. littér. : 4.

BBG. − Colonna (P.). Au jardin des plantes. Vie Lang 1952, p. 372.

  • HÉMÉROCALLE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1573 hemerocallis (Commentaires de Matthiolus sur Dioscoride, traduits par A. du Pinet, Lyon, p. 332 b) ; 1628 plur. hemerocalles (Malherbe, Poésies, éd. J. Lavaud, CXXVI, t. 2, p. 288, 34). Empr. au lat. hemerocalles de même sens, transcription du gr. η ̔ μ ε ρ ο κ α λ λ ε ́ ς; v. aussi André Bot.


Lire aussi les définitions de Belle-de-Jour et Hémérocalle.

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Symbolisme :


Se reporter également à la fiche sur le liseron.

D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"L'hémérocalle, ou Belle-de-jour, est un symbole de beauté fugitive, en raison tout à la fois de la splendeur et de la faible durée de sa floraison. En Chine, sous le nom de huan, elle a la propriété de chasser les soucis."

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Littérature :


Roman de Joseph Kessel, Belle-de-Jour, paru en 1928 et porté à l'écran par Luis Bunuel sous le même titre en 1967 et qui obtient le Lion d'or de Venise.

Dans le roman de Philippe Claudel, les Âmes grises (2003), dans lequel l'onomastique est loin d'être anodine, la victime est appelée Belle-de-Jour mais d'autres femmes portent des noms de fleurs :


Belle-de-Jour

  • p. 15 : « à l'époque, les trois filles Bourrache étaient des petits lys, mais avec une pointe de sang pur ; Aline et Rose // Belle

  • p. 163 : « … celles qui resplendissent de l'aube au crépuscule, épanouissant leurs corolles fines de liseron rose ou parme, et qui la nuit venue se ferment brutalement, comme si une main violente avait serré leurs pétales de velours, à les étouffer. […] Je l'ai arrêté d'un geste quand il s'apprêtait à dire à haute voix, dans la chambre obscure, le nom de cette fleur. Je ne voulais pas entendre ce nom. Je le savais trop. Il tapait dans la tête depuis deux jours, et tapait, et tapait. Le visage de la petite est revenu à moi, comme une gifle. »

  • p. 164 : "Par la suite, pendant des années, j'ai essayé de faire fleurir des belles-de-jour dans notre petit jardin. Je n'y suis jamais parvenu. Les graines restaient dans la terre, y pourrissaient avec obstination, refusaient de monter vers le ciel, de sortir de la sombre masse humide et collante. Seuls les chiendents et les chardons prospéraient, envahissant tout, s'élançant à des hauteurs invraisemblables, noyant de leurs corolles dangereuses les quelques mètres carrés. J'ai fini par les laisser gagner."

Clélis (femme de Destinat p. 45) :

  • p. 31 : « Elle se prénommait Clélis. Ce n'est pas banal, et c'est très joliment gravé dans le marbre rose de sa tombe. »

  • p. 239 : « Clélis de Vincey »

  • référence sonore au lys (lien avec Belle-de-Jour et Lysia) : p. 34 « Je crois qu'il l'aimait sa jeune fleur de serre chaude. »

  • référence littéraire à Clélie, roman précieux du XVIIe siècle, écrit par Madeleine de Scudéry = référence à un personnage raffiné, d'un autre siècle et à une histoire d'amour courtoise (cf la Carte du Tendre). « Clélie offre une représentation romanesque de la société précieuse et galante, dépeignant ses idéaux mondains, mais également « sa conception de l'art de vivre en société et de l'art d'aimer. » (Dictionnaire Mondial des Littératures) //

  • p. 45 : « Elle portait les habits d'un temps léger qui n'était plus. Au fil des ans, sa pâleur avait disparu et les vernis passés coloraient désormais ses joues d'une rose tiédeur. »

  • p. 240 : « C'était une morte d'un autre temps. Son habit, sa coiffure, son air, sa pose faisaient d'elle comme une pièce somptueuse et friable d'un musée perdu. »

Lysia

  • p. 53 « Elle avait un prénom, on le sut plus tard, dans lequel sommeillait une fleur, Lysia, et ce prénom lui seyait comme une tenue de bal. … Elle s'appelait de son nom de famille Verhareine. »

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