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  • Anne

La Belle-de-Nuit




Étymologie :

  • BELLE-DE-NUIT, subst. fém.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1680 bot. (Rich. : Belle de nuit. Plante qui porte des fleurs rouges, ou jaunes, qui s'ouvre et fleurit la nuit et se ferme le jour) ; 2. 1776 « prostituée » (P. de Mairobert, Anecd. sur Mme Dubarry dans Vocabula Amatoria, dict. frçs angl. 35 dans Quem. : La plupart de ces belles de nuit ne seraient pas présentables au grand jour) ; 3. 1845 ornith. (Besch. : Nom vulgaire de la rousserolle). Composé de belle, fém. de beau*, de et de nuit*.


Lire également la définition de la belle-de-nuit afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Faux-jalap, Mirabilis ; Nyctage.

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Symbolisme :


Selon Charles Joseph Chambet, auteur de l'ouvrage intitulé Emblèmes des fleurs, ou Parterre de Flore (Éditions Audin, 1833) :


Belle-de-nuit

Emblème : Fuir et redouter l'amour


Solitaire amante des nuits,

Pourquoi ces timides alarmes,

Quand ma muse, au jour que tu fuis,

S'apprête à révéler tes charmes !

Si, par pudeur, aux indiscrets

Tu caches ta fleur purpurine,

En nous dérobant tes attraits,

Permets du moins qu'on les devine.

Lorsque l'aube vient éveiller

Les brillantes filles de Flore

Seule tu sembles sommeiller

Et craindre l'éclat de l'Aurore.

Quand l'ombre efface leurs couleurs,

Tu reprends alors ta parure ;

Et de l'absence de tes sœurs

Tu viens consoler la Nature.

Const. Dubos.

Cette fleur redoute l'éclat de la lumière et la chaleur du jour : elle se ferme sur les neuf heures du matin, pour se rouvrir après le coucher du soleil, et jouir de la fraîcheur de la nuit.


Mot-clef : Timidité.

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Littérature :


La Belle-de-Nuit


Quand je m’endors et quand je rêve

La belle-de-nuit se relève.

Elle entre dans la maison

En escaladant le balcon,

Un rayon de lune la suit,

Belle-de-nuit, fleur de minuit.


Robert Desnos, "La Belle-de-Nuit" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

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