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  • Anne

Les Mousses


De leur nom scientifique, les bryophytes, ces plantes secrètes qui nous entourent, documentaire de Benoît Huc.



Étymologie :

  • MOUSSE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. a) Fin du xie s. molse « plante cryptogame dont les folioles tapissent les lieux où elle croît » (Raschi, Gl., éd. A. Darmesteter et D. S. Blondheim, t. 1, n°720) ; 1176-81 mosse (Chrétien de Troyes, Chevalier Lion, éd. M. Roques, 4650) ; 1er quart du xiiie s. fig. mousse (Reclus de Molliens, Charité, 122, 11 ds T.-L.) ; b) ca 1480 ne jamais cueillir mousse « ne jamais devenir riche » (Le Mistere du Viel Testament, éd. J. de Rothschild, t. 4, p. 403, 36382) ; 1611 pierre qui se remue n'accueille point de mousse « on ne s'enrichit pas en changeant souvent d'état, de pays » (Cotgr.) ; 1688 pierre qui roule n'amasse point de mousse (Miege) ; 1823 pierre qui roule n'amasse pas de mousse (Boiste) ; 1893 pierre qui roule n'amasse pas mousse (DG) ; 2. 1694 « moisissure qui vient sur la tête des vieilles carpes » (Ac.) ; 3. 1791 mousse aquatique (Valm.) ; 1810 mousse de Corse (Capuron, Nouv. dict. de méd.) ; 1814 mousse d'Islande (Nysten). De l'a. b. frq. mosa « mousse [plante] » (cf. m. néerl. mos, néerl. mos, all. Moos), latinisé en Gaule en mõssa (cf. mussula « petite mousse » chez Grégoire de Tours), cependant certaines formes (le judéo-fr. molse, l'a. prov. molsa (xiiie s.), Prades mulso et Saugues mursa, v. FEW t. 16, p. 569a) remontent au lat. mulsa « hydromel » (dér. de mel « miel », cf. mulsum (vinum) « vin mêlé de miel » qui aura été employé métaphoriquement pour désigner la plante, si bien qu'on peut admettre que les 2 étymol. sont à l'orig. du français.


Lire également la définition du nom mousse pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms :

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Botanique :


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Phytothérapie :


Selon Roland Desrosiers (1978) auteur d'un article intitulé "Notes sur l'usage de quelques plantes chez les Indiens Squamish (Colombie-Britannique)" (in Anthropologie et Sociétés, 1978, vol. 2, n°3, pp. 139-156) :

[...]

Mousse :

usage droit (qui ouvre la femme) :

  • serviette hygiénique, couche, literie ;

  • utilisée pour enlever l'humeur visqueuse du poisson qu'on va dépecer ;

usage dérivé (qui referme la femme) :

  • choix du sexe de l'enfant ;

  • on raconte que pour faire venir l'eulachon, un shaman utilisait une mousse contenant un mélange poudreux d'os d'eulachon, de saumon, de phoque, de canard et parfois, de la poussière de cèdre rouge pourri.

usage mythique :

  • en temps de famine, on se nourrissait d'une soupe faite des mousses imprégnées de l'humeur visqueuse du poisson (M1).

  • quatre frère vivaient alors que les animaux étaient humains. L'un d'eux, le cadet, se transformait en canot qu'utilisaient ses frères pour voyager. Après avoir rencontré Cerf et l'avoir jugé mauvais, ils lui donnèrent sa forme actuelle. Ils rencontrent ensuite un vieil homme qui pêchait en frottant son harpon sur le corps des saumons pour enlever l'humeur qu'il recueillait ensuite avec une mousse. Les frères lui prennent sa lance, y mettent des pointes et lui enseignent la pêche. L'homme refuse ces conseils, préférant sa méthode et l'humeur à la chair de poisson. Pour le punir, on le transforme en grue. Les frères repartent, abordent une rive. L'aîné finit par piéger Soleil qui révèle bientôt la demeure des poissons. Les frères y vont et obtiennent de leur chef du poisson pour le peuple affamé, etc. (M2).

[...] Nous interprétons le choix du sexe de l'enfant par la mousse et le saule comme l'expression du désir de mener à terme la grossesse, "fermeture" qui contraste avec l' "ouverture" signifiée par l'avortement. Nous pensons que cette fonction dérivée est liée au rapport de ces plantes à la nourriture.

Cette fermeture dérivée en rappelle d'autres, droites, de la mousse avec les serviettes hygiéniques et les couches.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) nous livrent leur vision des mousses :


Hiver - Décembre

UN BRIN DE MOUSSE - AMOUR MATERNEL.


J.-J. Rousseau , si longtemps tourmenté par ses passions, et persécuté par celles des autres hommes, consola les dernières années de sa vie par l'étude de la nature ; il n'interrogeait, il n'aimait plus qu'elle, et son goût pour la botanique adoucissait tous ses maux et calmait toutes ses douleurs ; l'étude des mousses surtout avait des charmes pour lui. Ce sont elles, disait-il souvent, qui rendent à nos campagnes un air de jeunesse et de fraicheur ; elles embellissent la nature au moment où les fleurs ont disparu, et où leurs tiges flétries se confondent avec la poussière de nos champs. Effectivement c'est en hiver que les mousses offrent aux yeux du botaniste leur vert d'émeraude, leurs noces secrètes, et les charmants mystères des urnes et des amphores qui renferment leur postérité. Semblables à ces amis qui ne se rebutent ni du malheur, ni même de l'ingratitude, les mousses, bannies des champs cultivés, s'avancent vers les terrains arides et incultes, pour les couvrir de leur propre substance, qui se change peu à peu en une terre féconde ; elles s'étendent dans les marécages, et les transforment bientôt en utiles et riantes prairies. L'hiver, lorsque rien ne végète plus, ce sont elles qui se chargent de l'hydrogène et du carbone qui vicient l'air que nous respirons, pour nous le rendre chargé de l'oxygène qui l'épure ; l'été elles forment, à l'ombre des forêts, des gazons où le berger, l'amant et le poëte aiment également à se reposer ; les petits oiseaux en tapissent les nids qu'ils préparent à leurs naissantes familles ; et l'écureuil en construit sa demeure circulaire. Que dis-je ? Sans ces plantes, si méprisées des hommes, une partie de notre globe serait inhabitable.

Aux confins du monde, les Lapons couvrent de mousses les souterrains où, rassemblés en famille, ils bravent les plus longs hivers ; leurs nombreux troupeaux de rennes ne connaissent point d'autre nourriture ; cependant ils donnent à leurs maitres de délicieux laitages, une chair succulente et de chaudes fourrures : réunissant ainsi, pour le pauvre Lapon, tous les avantages que nous présentent séparément la vache, le cheval et la brebis. Les Lapons, réunis autour de vastes poêles, célèbrent, au bruit de leurs tambours magiques, les aurores boréales qui éclairent leurs longues nuits, les vertus de leurs pères ou leurs propres exploits, tandis que leurs femmes, assises auprès d'eux, réchauffent, dans des berceaux de mousses, leurs petits enfants enveloppés d'hermine.

Peuple fortuné, vous ignorez nos guerres, nos fêtes, nos procès et nos longues misères ! Chaque jour, dans votre heureuse ignorance, vous remerciez les dieux de vous avoir fait naître dans la plus belle des contrées, de vous avoir donné des mœurs pures, un air léger et des mousses parfumées (1) ! La nature, bienfaisante dans ces tristes climats, enveloppe de mousses tout ce qui végète et tout ce qui respire, comme d'une toison végétale propre à préserver des frimas ses enfants malheureux, et à les réchauffer sur son sein maternel.


Note : 1) Quelques espèces de mousses ont l'odeur de la vanille.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), les Mousses ont les caractéristiques suivantes :


Familles des sphagnacées, andréacées, phaxacées, bryacées, etc.

Les Mousses vivent dans les conditions les plus diverses : eaux courantes, eaux stagnantes ou marécageuses ; lieux secs, tels que toits, rochers, clochers ; terre humide ; écorce des arbres, etc. On en connaît plus de mille espèces...


Pouvoirs : : Argent ; Chance.


Utilisation magique : En règle générale, la Mousse sèche (vieilles pierres, lieux secs et ensoleillés) favorise les relations d'affaires, accords, contrats. La Mousse spongieuse (sous-bois humides, lieux sombres, gaves et ravins) favorise les relations sentimentales. Enfin les Mousses aquatiques attirent les héritages. On les fait sécher et on les met en sachets que l'on porte sur soi.

La Mousse est parfaite pour bourrer les poupées magiques.

La bonne fée que les Allemands appellent Moosweibchen (petite femme à la Mousse) est représentée toute couverte de Mousse spongieuse. Elle habite le creux des arbres, ou dans les sphaignes de la croyait-on, le mal était bel et bien expulsé, parfois avec pertes et fracas, et il ne restait plus qu'à donner un cordial au patient pour le voir se lever en réclamant une bonne soupe au lard.

Un sarment porté autour du cou en guise de collier empêche les insolations.

Si une déception sentimentale vous fait perdre le sommeil, bourrez votre oreiller avec des feuilles de Morelle ; vous ne tarderez pas à oublier l'infidèle.


Serpens que menja mauréla

Tot mantenen renovela

« Serpent qui mange la Morelle

Tout aussitôt se renouvelle. »

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D'après Le Livre des superstitions, mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont, S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :


"La mousse est associée au monde des nains, des elfes et des fées. Dans la tradition allemande, des bûcherons et des forestiers ont parfois aperçu des créatures minuscules toutes couvertes de mousse. Ce sont des enfants, des femmes ou des hommes, qui tous « ont l'air vieillot et le teint gris, à cause de l'humidité de leur séjour » ; ils se nourrissent de baies et redoutent plus que tout l'apparition du chasseur ailé et invisible qui les dévore volontiers. En Allemagne toujours, une fée appelée Moosweibchen (petite femme à la mousse), vêtue également de ce végétal, habite dans le tronc des arbres ou dans la mousse elle-même : « Ces fées des sous-bois font quelquefois des présents somptueux, surtout en vêtements, à leurs protégés. Elles filent la mousse avec laquelle elles confectionnent des tissus extraordinaires. »

La mousse sèche, familière des vieilles pierres ou des endroits ensoleillés, est une amulette précieuse en manière de relations d'affaires et de contrats, tandis que la mousse spongieuse qu'on trouve dans les lieux humides ou sombres protège les relations sentimentales. La mousse aquatique des rivières, marais ou lacs, une fois séchée, attire les héritages. Toutefois, aucune ne vaut la mousse grattée sur une tombe qui « est un talisman universel de premier choix ». En revanche, mieux vaut enlever celle qu pousse sur votre toit car elle porte malheur, disent les Anglo-Saxons.

Le diable et les sorciers détestent la mousse : celle qu'on prend à la première croix rencontrée protège les animaux des maléfices. Les Belges employaient pour des rites d'exorcisme « la mousse prise entre onze heures et minuit en pleine lune, à l'ombre d'un frêne, près d'un ruisseau et pendant que le coucou répétait trois fois son chant ».

D'un point de vue médicinal, la mousse des rochers, mouillée d'eau de pluie, est efficace pour les foulures bénignes. Pour soigner les contusions, les Bretons en ramassent sur les arbres. Mélangée à un blanc d’œuf, elle devient un cataplasme qu'il faut appliquer toute une nuit sur la partie malade. Enfin, qui met dans sa bouche de la mousse grattée sur la coque d'un bateau ne souffrira pas du mal de mer."

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Symbolisme onirique :


Selon Georges Romey, auteur du Dictionnaire de la Symbolique, le vocabulaire fondamental des rêves, Tome 1 : couleurs, minéraux, métaux, végétaux, animaux (Albin Michel, 1995),


"L'explorateur de l'imaginaire rassemblera en vain des matériaux de plus en plus nombreux dans l'espoir de découvrir une relation évidente entre la mousse et l'une des facettes habituelles de la problématique. D'un rêve à l'autre, la mousse apparaîtra mêlée à des thèmes très variés et cette investigation restera déconcertante tant que l'on n'aura pas admis que le symbole n'appartient pas au groupe des images à décoder mais à celui des signes de pure dynamique.

La mousse, dans l'imaginaire, renvoie le rêveur aux racines de son être, aussi loin que possible des échafaudages du raisonnement logique. Une mousse est un berceau d'images. Elle est une sorte de sanctuaire païen, de source de vie primitive, elle suggère un fourmillement de vie lilliputienne que même un pied nu hésite à fouler. La mousse est silence, humidité, odeurs premières, reflet, grouillement, magie. Une rêverie emportée sr un tapis de mousse régresse jusqu'aux couches les plus profondes d'une mentalité animiste où se confondent le religieux, le magique et le sacré. Un rêveur qui rencontre la mousse n'a plus à se demander s'il a réussi à se libérer du contrôle mental. Il est entré sur le territoire de la fée. Il n'y a pas de différence entre l'imagination qui sourd de la mousse chez un patient à l'orée du troisième millénaire et celle qui anima les êtres vivants aux premiers jours du monde.

La mousse renvoie au nid, au berceau, à la mère, à l'origine, à la vie, à l'anima ! c'est peut-être le symbole le plus expressif de la nature féminine de la vie, de la vie sortie de l'humide.

Présente dans plus de 3% des rêves, la mousse entraîne des corrélations nombreuses dont 75% se rapportent à des images naturelles tells que l'arbre, la cascade, le rocher, l'étang, la source. La famille de symboles qui regroupe le plus grand nombre d'associations avec la mousse est celle des animaux mais particulièrement des insectes. Le papillon, la libellule, mais aussi l'araignée, le ver, la grenouille, la chauve-souris, la pieuvre sont là pour attester de la proximité d'une force de vie grouillante, mystérieuse et quelque peu dangereuse. L'ombre de la mère castratrice se confond souvent avec celle qui environne les pierres moussues.

La mousse du rêve s'apparente explicitement au velours, au reflet, à tout ce qui évoque une lumière réfléchie. Elle est à la fois quête et crainte de la lumière. Bien des scénarios incitent à penser que la lumière reflétée par la mousse reproduit celle du soleil renvoyée par la lune. Cette observation ouvre une voie de traduction de la mousse qui rejoindrait la très classique constellation œdipienne. Il est certain que les symboles maternels, la biche, la lune, la Vierge à l'Enfant, la source, la tortue et bien d'autres, abondent dans les séances où verdoie la mousse. Un psychisme qui produit l'image de la mousse est le plus souvent au seuil dune phase de métamorphose. la mousse ramène l'imagination au primordial, à la source, à l'origine, pour favoriser une symbolique de renaissance.

Le quatrième rêve de Gildas offre un bon exemple de cette observation : "il y a une grande cheminée de pierre... il n'y a pas de feu... j'entre sous le manteau et... je rentre dedans en m'accrochant aux aspérités de la pierre... tout en haut, j'aperçois la lumière du jour... je continue... je grimpe... arrivé à une certaine hauteur, il y a une bifurcation horizontale... c'est une sorte de boyau... je m'y introduis... à mesure de mon avancée, le boyau se rétrécit... j'ai de plus en plus de difficultés pour avancer... je m'arrête un peu, je regarde autour de moi... il fait très sombre... il n'y a rien pour m'éclairer.... je continue, en rampant maintenant dans le boyau qui monte en pente douce.... il continue à rétrécir... mes épaules frottent sur les côtés... il y a de l'humidité qui suinte.... y a une mousse verte qui tapisse les parois et qui dégage une lueur phosphorescente... j'avance et le boyau devient de plus en plus lumineux... le boyau s'agrandit, tout à coup et je suis dans une grotte éclairée avec une lumière de provenance inconnue... maintenant, il y a un cours d'eau qui coule, un cours d'eau de forme bizarre, avec de la mousse sur les côtés... je remonte ce cours d'eau, vers l'amont... et je suis arrivé dans un autre boyau étroit... ici, les parois sont chaudes... j'avance... j'avance vers plus de lumière..." De telles images de naissance associées à la mousse confirment la connotation maternelle du symbole. Une autre image, celle du nid tapissé de mousse, va dans le même sens. La dernière phrase de Gildas, "j'avance vers plus de lumière", revient dans plusieurs des rêves pris en référence. Que d'élans convergent pour produire cette déclaration ! Derrière elle il y a le désir d'accéder à pus de lucidité, à des prises de conscience déterminantes, mais, aussi, le besoin de se dégager de la ténèbre maternelle, enveloppante, d'atteindre l'état d'adulte autonome et souvent encore l'ambition indistincte de pouvoir lever les yeux vers le père sans être ébloui par une lumière surévaluée.

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Aller au-delà dans l'interprétation de la mousse serait accepter un risque important d'erreur. Il est utile de préciser, cependant, que la mousse du rêve n'est pas toujours ce revêtement vert qui habille les sous-bois d'hiver. Elle est, dans un cas sur quatre environ, expressive d'un univers cotonneux, que le patient assimile à de la ouate ou à un nuage. Elle conserve dans cette situation sa signification de quête de lucidité et de promesse de transformation. Se fondre dans le nuage, c'est accepter d'aller vers son imprévisible, c'est se confier aux forces intuitives et instinctives qui peuvent sauver un psychisme égaré dans le labyrinthe de la pensée.

Un tapis de mousse, c'est un peuple de lutins et de farfadets qui ne demandent qu'à aider ceux qui savent reconnaître leur reine. Celle-ci peut prendre les traits de Blanche-neige, de la fée ou de la Vierge Marie. Eux savent bien qu'il s'agit toujours d'une personnification de l'invisible anima.

Autour de la mousse, l'imaginaire joue avec les plus belles forces de l'âme et les plus obscures aspirations à la magie ! Le praticien qui reçoit ces images s'efforcera de démêler leurs subtiles ambiguïtés, mais il peut être certain d'avoir, dans la mousse, un agent très actif de la dynamique psychique."

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


MOUSSE. — La bonne fée que les Allemands appellent Moosweibchen (petite femme à la mousse), est représentée toute couverte de mousse. Elle vit dans le creux des arbres de la forêt, ou sur la mousse elle-même. Ces fées font quelquefois des présents superbes, surtout en habits, à leurs protégés. Elles filent avec la mousse, et en font des tissus splendides. (Cf. Mannhardt, Baumkultus der Germanen, I, 74 et suiv.)

Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), les mousses sont une "résidence humide".


Un peuple indécelable : Au cœur des mousses dodues et feutrées, où les gouttelettes de rosée se plaisent à glisser, vivent de minuscules créatures. Les bûcherons travaillant dans le département du Nord peuvent ainsi entrevoir de manière fugitive des femmes de mousse. Mais en Allemagne, des enfants et adultes des deux sexes ont été déjà aperçus aux abords de ces plantes. Leur corps est revenu de mousses et leurs cheveux ressemblent aux lichens se développant sur les branches. Leur visage au teint grisâtre est prématurément marqué par l'âge. L'humidité de leur lieu de vie en serait la cause. D'autres êtres se parent également de mousse mais mieux vaut ne jamais les rencontrer ! Citons par exemple le Père malfait qui hante le