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  • Anne

La Menthe


Étymologie :

  • MENTHE, subst. fém.

Étymol. et Hist. Ca 1200 mente (Chevalier au Cygne, 387 ds The Old French Crusade Cycle, t. 1, p. 139). Du lat. ment(h)a qui, comme le gr. μ ι ́ ν θ η remonte à une lang. non indo-européenne (v. Ern.-Meillet et Chantraine) ; la forme menthe par réfection étymol. L'a. fr. avait également mentastre (lat. mentastrum, dér. de menta) «menthe sauvage», qui a subsisté dans les parlers provençaux, franco-provençaux et en Saintonge (v. FEW t. 6, 1, p. 731).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : On en connaît une quarantaine d'espèces. Les plus communes dans nos régions sont :

La Menthe à feuilles rondes (Mentha rotundifolia) : Bonhomme ; Balme ; Baume ; Jouanette ; Baume ; Herbe à la mort ; Manta ; Mante ; Mantebelle ; Menthe ronde ; Meûte ; Minte ; Minto ; Monte ; Mote.

La Menthe pouliot (Mentha pulegium) : Cane-puche ; Carpluche ; Chasse-puce ; Douve ; Fifi ; Gros Pouleil ; Herbe à poumons ; Herbe aux moustiques ; Herbe aux puces ; Herbe aux tiques ; Herbe ès puces ; Menthe d'or ; Menthe payaoue ; Menthe pouilleuse ; Pëleû ; Petit baume ; Pëyo ; Polliot royal ; Pouliot romain ; Pouyou ; Thym de Virginie ;

La Menthe verte (Mentha viridis) : Baume à salade ; Baume des jardins ; Baume vert ; Herbe au coq ; Herbe aux pyramides ; Herbe de cœur ; Menthe aiguë ; Menthe-coq ; Menthe de Notre-Dame ; Menthe grecque ; Menthe romaine ; Poulieul vert ; Thé-menthe ; Thé suisse ; Thymbrée.

La Menthe poivrée (Mentha piperata) : Cou de poivre ; Herbe anglaise ; Menthe bleue ; Menthe d'Angleterre ; Menthe glacée ; Menthe poivrade ; Menthe salée ; Ménto glacialo ; Minte-povr ; Pastille ; Pëvréta ; Thé à la pastille ;

La Menthe crispée (Mentha crispata) : Baume crespelu ; Herbe à la mort (cette dénomination vient de l'usage de brûler cette menthe dans les chambres mortuaires) ; Herbe des morts ; Menthe crépue ; Menthe crespée ; Menthe frisée ; Menthe ondoyante ; Menthe ridée ; Menthe velue ;

La Menthe des champs ou Menthe sauvage (Mentha arvensis) : Baume sauvage ; Baume bâtard ; Blant'chiou ; Chacougne ; Fausse Marjolaine ; Herbe à veaux ; Mencastre ; Mendracine ; Méndrass ; Mental ; Mentastre ; Menthe chevaline ; Menthe de Vénus ; Menthe nègre ; Salvinta ;

La Menthe sylvestre (Mentha longifolia) : Baume sylvestre ; Chacouy ; Faou ; Grâce de Dieu ; Menn' ; Menthe à longues feuilles ; Menthe des bois ; Simphydride ; Sisimbre ;

La Menthe aquatique (Mentha aquatica) : Balsamite ; Baume d'Ève ; Baume de rivière ; Baume rouge ; Crête de coq ; Herbe de Sainte-Marie ; Menthe d'eau ; Menthe de crapaud ; Menthe mouillée ; Menthe rouge ; Rigolet ; Riolé.

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Botanique :


Dans "Confusion lors de cueillettes de plantes médicinales." (In :Bulletin du Cercle vaudois de botanique., 2003, vol. 32, p. 17-22) André Dolivo relève une confusion fréquente qui concerne la Menthe :


Il est possible de préparer des infusions avec des feuilles de menthes indigènes, considérées comme stomachiques (Mentha arvensis, M. aquatica, M. longifolia, lamiacées), mais elles n'auront pas la saveur de celles qui ont été apprêtées avec des menthes cultivées (Mentha x piperita, M. spicata). BRUNETON (1993 pp. 433-436) donne la composition de quelques huiles essentielles de menthes. Il y a une grande variabilité due à de multiples facteurs. Une espèce utilisée autrefois, la menthe pouliot (Mentha pulegium) est même considérée comme toxique, mais elle est très rare en Suisse (LAUBER et WAGNER, 2000 p. 886).

 

Robert Castellana et Sophie Jama, auteurs de "Floriculture et parfumerie : les origines de l’acclimatation végétale sur la cote d’azur." (Issued by The Phoenix Project, 2012) nous apprennent les vertus de différentes menthes en lien avec la parfumerie :

On regroupe sous le terme générique de menthe de nombreuses espèces de plantes, comprenant en commun certains constituants aromatiques dont le menthol. La menthe est une antique herbe médicinale, qui entrait dans la composition de nombreuses préparations. Le genre Mentha compte, selon les classifications, entre 25 et 69 espèces qui s'hybrident facilement entre elles, ce qui crée une certaine confusion dans leur identification botanique.


*La menthe "crêpue" ou menthe verte : Les confiseurs et les parfumeurs utilisent depuis longtemps la menthe pour ses qualités aromatiques, et plus particulièrement la menthe dite "crêpue", pour la confection des eaux dentifrices, ou encore dans les glaces et les confiseries, notamment les bonbons, les chocolats, les chewing-gums, les pastilles, etc.


*La menthe poivrée : La variété de menthe dite poivrée fit l’objet de cultures importantes dans la région grassoise, surtout dans les vallées du Loup, de la Cagne et de la Siagne. La menthe poivrée dite noire et rouge, ou d'Angleterre vint remplacer à Grasse le plant autochtone. Toujours cultivé sur le versant italien, ce dernier reviendra dans la région sous le nom de Menthe du Piémont, et sera réhabilité pour la finesse de son essence. On dénombrait près d'une centaine d'hectares d'exploitations et une production allant jusqu'à 1 500 000 tonnes au début du XX° siècle. La menthe se récolte en juillet et en août, juste avant sa floraison, en fin d'après-midi.

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Vertus médicinales :


J. Bouquet dans "L'art de conserver la santé, extrait du "Messager boiteux "." (In : Revue d'histoire de la pharmacie, 20ᵉ année, n°77, 1932. pp. 54-56) relève quelques extraits du Véritable Messager boiteux de Berne pour l'année 1817 :


DU POULIOT

Le jus de pouliot est sain.

Quand on le boit avec du vin,

Il bannit loin de vous l'humeur mélancolique.

Quiconque de la goûte éprouve le tourment,

Sur le membre affligé du moment qu'il l'applique

Reçoit un prompt soulagement.


DE LA MENTHE

La menthe est, pour les vers, un remède efficace.

Au ventre, en l'estomac, elle agite, et les chasse.

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Utilisations traditionnelles :


Magdalena Koźluk, autrice de "Se nourrir et se soigner : jardin et médecine pratique aux XVIe et XVIIe siècles." (In : Seizième Siècle, N°8, 2012. Les textes scientifiques à la Renaissance. pp. 209-225 rappelle la mauvaise réputation initiale de la menthe :


Parfois les descriptions de plantes de mauvaise réputation sont présentées sous forme d’anecdotes héritées de la littérature ancienne, par exemple celle qui décrit les effets de la menthe, appelée déjà par Oppien « maudite herbe ». Elle ôte, si l’on croit Jacques Ferrand, le « desir de Venus en faisant fondre et liquefier la semence de l’homme s’il en mange souvent ». L’idée remonte à une fabuleuse histoire, rapportée ainsi par Jacques Ferrand :


Menthe estoit jadis une belle Nymphe fille de Cocytus fleuve des enfenrs, cherie de Pluton, laquelle advertie que ce Dieu amoit avec passion Proserpine en bauté, et de luy faire la guerre, si Pluton la conduisoit en son Royaumne sousterrain : de quoy Cerés advertie, obtint de Juppiter que ceste Nymphe seroit metamorphosée en herbe de ce nom, avec ceste malediction d’estre à jamais inutile aux mysteres d’Amour.

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Croyances populaires :


Dans Le Folk-Lore de la France, tome troisième, la Faune et la Flore (E. Guilmoto Éditeur, 1906) Paul Sébillot recense nombre de légendes populaires :


Des herbes ont été bénies ou maudites en raison des actes que leur attribuent des traditions qui parfois leur accordent une sorte d'animisme. La Vierge fuyant ta colère d'Hérode dit à un laboureur qui semait du blé d'aller chercher sa famille pour le couper. Le paysan sourit d'abord, mais il se laissa persuader, et quand il revint avec les siens, le blé était mûr. Il le faucha, et la Vierge se cacha sous les herbes avec son enfant, en recommandant au paysan de ne pas la trahir. Les tiges de blé n'étaient pas assez longues, et l'on apercevait un pan de son manteau mais les branches des sauges et des basilics qui l'entouraient se penchèrent, s'entrelacèrent et formèrent un faisceau qui protégea Marie. A quelques pas se trouvait une touffe de menthe ; tout à coup Hérode survient avec ses cavaliers, et demande si l'on n'a pas vu une femme et un enfant. « Si, répondit le laboureur, mais c'était au moment des semailles. - Alors elle doit être bien loin » dit Hérode, et il s'élança à sa poursuite. Heureusement, il n'entendit pas un geai, et une menthe qui disaient : « Sota la garberota ! sous la gerbe. » Il La mère de Jésus dit à la menthe :

Tu els rnenta y mentivis

Floriras y no granaras.


Tu es menthe, et tu mentiras toujours; tu fleuriras, mais tu n'auras pas de graines. Puis s'adressant au basilic, elle lui dit :

Enfalgue, Deu te salvia,

Floriras y granaras.


Basilic, Dieu te sauve, tu fleuriras, et tu auras des graines. Depuis lors, il est la plante favorite des jeunes filles qui en accrochent un bouquet à leur corsage.

[...] Quand la menthe a cru, il ne la faut toucher avec ferrement aucun, autrement elle mourrait.

[...] Au XVIIe siècle, un théologien parle des femmes qui pulvérisent du pouillot sauvage, le jettent dans le boire ou le manger de ceux de qui elles veulent être aimées et le leur font prendre, se persuadant qu'il a une vertu attractive et qu'il peut porter le cœur et la volonté de ceux qui le prennent à aimer celles qui le leur présentent.

[...] En Béarn le fiévreux va découvrir le matin, au long des champs Une plante appelée rnendras (mentha). Lorsqu'il en a trouvé sept pieds, dépourvus tous de rejetons, il s'agenouille devant chacun d'eux, fait le signe de croix, jette sur la plante cinq, sept ou neuf miettes de pain, et cinq, ou neuf grains de sel et prononce ces paroles :


Adiu, que-t saludi. mendras,

Qu'ey la frèbê, lu nou l'has pas :

Aci que-t porti paa et sau.

Ta que-m goaresques lou me mau.


« Adieu, je te salue, mendra. – J'ai la fièvre, tu ne l'as pas. - Ici Je te porte du pain et du sel - Pour que tu guérisses mon mal ». Après avoir procédé sept fois à cette Cérémonie, il se hâte de rentrer et regagne son lit. La cure est renouvelée te lendemain et le surlendemain a pareille heure.

[...] La pratique qui suit suppose la croyance à l'animisme des végétaux. Naguère dans la région des Pyrénées, la mère, et à son défaut la nourrice de l'enfant malade, offrait à un pied de menthe, en l'invoquant pour la guérison, un pain couvert de sel. Cette cérémonie devait être répétée neuf fois ; la plante périssait, et l'enfant recouvrait la santé.

[...] En Berry, la chambre où gît le trépassé est jonchée de menthe, de sauge, de beaume et d'autres plantes odoriférantes que l'on désigne sous le nom d'herbes fortes ou herbes du mort.

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Selon Jean Baucomont, auteur d'un article intitulé "Les formulettes d'incantation enfantine", paru dans la revue Arts et traditions populaires, 13e Année, No. 3/4 (Juillet-Décembre 1965), pp. 243-255 :


La tradition orale se perpétue dans le folklore de la vie enfantine. […] Une des catégories les plus curieuses de ces formulettes est celle des formulettes d'incantation.

L'incantation, nous disent les dictionnaires, signifie étymologiquement : un enchantement produit par l'emploi de paroles magiques pour opérer un charme, un sortilège. Le recours à l'incantation postule une attitude mentale inspirée par l'antique croyance au pouvoir du verbe, proféré dans certaines circonstances.

[…]

« L'incantation, dit Bergson, participe à la fois du commandement et de la prière. » On constate effectivement, que la plupart des formulettes d'incantation comportent à la fois une invocation propitiatoire : promesse d'offrande en cas de succès et une menace de sacrifice expiatoire, d'immolation en cas d'échec. Ce qui est proprement le caractère de l'opération magique traditionnelle.

[…]

Bonjour Monsieur le pied de menthe

Par le matin je me lamente

J'ai la fièvre, tu ne l'as pas

Et je t'apporte mon repas :

Du pain, du sel, du lait de chèvre,

Mais prends ma fièvre.

(Béarn)

Traduction de Tristan Derême.

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Symbolisme :


Louise Cortambert et Louis-Aimé. Martin, auteurs de Le langage des fleurs. (Société belge de librairie, 1842) évoquent rapidement le symbolisme de la menthe poivrée :

MENTHE POIVRÉE - CHALEUR DE SENTIMENT.

Minthes fut surprise par Proserpine dans les bras de son noir époux. La déesse, justement irritée, métamorphosa sa rivale en une plante qui semble renfermer dans sa double saveur le froid de la crainte et l'ardeur de l'amour ; cette plante, nous la cultivons sous le nom de Menthe poivrée, et nous lui devons les pastilles qui portent son nom.

 

Dans Les Fleurs naturelles : traité sur l'art de composer les couronnes, les parures, les bouquets, etc., de tous genres pour bals et soirées suivi du langage des fleurs (Auto-édition, Paris, 1847) Jules Lachaume établit les correspondances entre les fleurs et les sentiments humains :


Menthe poivrée - Chaleur de sentiment.

A cause de sa saveur piquante et brûlante.

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Dans son Traité du langage symbolique, emblématique et religieux des Fleurs (Paris, 1855), l'abbé Casimir Magnat propose une version catholique des équivalences symboliques entre plantes et sentiments :


MENTHE POIVRÉE – VERTU.

Tout ce qui blesse la vertu est odieux au Seigneur et ne saurait plaire à ceux qui le craignent. La vie de l'homme vertueux, quoique courte, est toujours bien remplie.

Ecclésiastes IV, 13. ; Sagesse : IV, 12.

La menthe poivrée est originaire d'Angleterre. On la cultive presque dans tous les jardins pour les usages économiques et médicinaux. Ses tiges sont droites, rameuses, hautes d'environ 1 mètre. Ses fleurs sont petites, purpurines, disposées en épis courts à l'extrémité de la tige et des rameaux.

Cette plante exhale une odeur aromatique très expansive, camphrée ; en sorte que si l'on brise le tissus des feuilles on croit respirer du camphre. Ces mêmes feuilles, lorsqu'on les mâche, impriment à la langue et au palais une chaleur vive bientôt suivie d'une sensation de fraîcheur qui frappe les parois de la bouche et persiste pendant plusieurs minutes.

L'huile volatile de cette plante sert à préparer ces pastilles parfumées qui portent son nom. Ces pastilles favorisent la digestion, dissipent les flatuosités, embaument, rafraichissent la bouche et calment la soif en se fondant. Dans les voyages, dans les longues courses, dans les parties de chasse, dans les grandes assemblées où l'on n'a pas toujours de l'eau sucrée à sa disposition, on ferait très bien de se munir de quelques pastilles de menthe.

RÉFLEXIONS.

La vertu est une habitude de vivre selon la raison ; et comme la raison est la principale partie de l'homme, il s'ensuit que la vertu est le plus grand bien qui puisse être en l'homme.

(BOSSUET, Sermons.)

Les petites vertus sont comme les violettes, qui se plaisent à la fraicheur de l'ombre, qui se nourrissent de la rosée, et qui, quoique de peu d'éclat, ne laissent pas de répandre une bonne odeur.

(Esprit de SAINT FRANÇOIS DE SALES.)

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Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


MENTHE - SAGESSE - VERTU.

Bernardin de Saint-Pierre prétend que la nature place la menthe dans les endroits humides, pour en purifier les exhalaisons. Il y a vingt espèces de menthe : la menthe rotondifoliée ; la menthe verte ; la menthe poivrée ; la menthe crépue ; la menthe cultivée ; la menthe cervinée , etc. , etc.

 

Emma Faucon, dans Le Langage des fleurs (Théodore Lefèvre Éditeur, 1860) s'inspire de ses prédécesseurs pour proposer le symbolisme des plantes qu'elle étudie :


Menthe poivrée - Chaleur de sentiment.

Herbe vivace de la famille des labiées, aux petites fleurs blanchâtres ou rougeâtres, fortement aromatiques ; elle s'emploie comme stomachique. L'huile essentielle qu'on en extrait sert à faire les pastilles de menthe. Elle doit son nom à Menthos, fille du Cocyte, qui fut changée en cette plante.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), les Menthes ont les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mercure

Élément : Air

Divinité : Mintha ou Mentha, nymphe du Cocyte qui fut aimée de Pluton et métamorphosée en Menthe par Cora-Perséphone.

Pouvoirs : Force ; Protection ; Paix ; Guérison.


Utilisation magique : Les diverses Menthes sont utilisées depuis l'Antiquité la plus reculée dans les potions et les mélanges destinés aux rituels de guérison et de purification. Les effluves dégagées par ces herbes fortement aromatiques s'opposent aux mauvaises ondes telluriques et favorisent au contraire les vibrations d'un niveau très élevé. En bouquet dans la chambre à coucher, la Menthe procure un sommeil paisible et réparateur ; une tige feuillue, cueillie à la tombée de la nuit et placée sous l'oreiller, peut provoquer des rêves prophétiques.

Au XIX siècle, aux États-Unis, les fermières du Middle-West mettaient à leurs enfants des bracelets de peppermint (Menthe poivrée anglaise) pour les garantir contre la rougeole.

Pour purifier un lieu ou un local suspect, voici une recette aussi ancienne qu'éprouvée : remplissez un seau d'eau salée avec du sel gemme (absolument pas de sel de mer !) et exposez cette eau salée pendant trois nuits consécutives aux rayons de la lune descendante. Fabriquez-vous une verge faite de trois brins de Menthe sauvage, deux brins de Menthe crispée, un brin de Menthe aquatique, un brin de romarin. Employez cette verge comme aspersoir et mouillez abondamment : il faut que le contenu du seau y passe. Ce lieu est alors radicalement débarrassé de toute influence négative.

Les Italiens semblent préférer la Menthe pouliot aux autres variétés. Les paysans piémontais affirment que quelques feuilles placées dans la chaussure droite permettent d'effectuer sans fatigue un long parcours à pied. D'une façon générale, des tiges de Menthe fraîche portées sur soi fortifient le corps ; les terrassiers en glissaient sous leur large ceinture de flanelle.

Dans le canton suisse du Tessin, les villageoises, lorsqu'elles rencontrent une touffe de Menthe sur leur chemin, en froissent une feuille entre leur doigts, puis, de la même main, elles font le signe de la croix : ainsi elles sont sûres que Jésus-Christ les assistera le jour de leur mort.

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Dans la mythologie, la menthe est la métamorphose de la nymphe Mintha, maîtresse d'Hadès, roi des Enfers, qui, parce qu'elle tentait de le reconquérir, fut tuée par son épouse légitime, Perséphone. Hadès lui accorda de devenir une plante odorante mais ordinaire : la menthe. Dans une autre version, Déméter, mère de Perséphone. Hadès lui accorda de devenir une plante odorante mais ordinaire : la menthe. Dans une autre version, Déméter, mère de Perséphone, la condamne à ne plus porter de fruits, d'où la double réputation de la menthe, qui est à la fois de caractère funéraire, considérée comme un "tue-l'amour" entraînant la stérilité et en même temps associée à la sexualité.

Pline, Hippocrate et Aristote croyaient qu'appliquée sur les organes sexuels d'une femme la menthe nuisait à la conception. En même temps, Dioscoride en faisait une plante aphrodisiaque et les soldats grecs ne devaient pas en mange tant elle était considérée comme un stimulant sexuel. Par ailleurs, les jeunes mariés en portaient des couronnes, tout comme les "étudiants" romains, car la menthe passait pour favoriser le travail intellectuel et réjouir l'âme.

Les druides, au cours des sacrifices, en brûlaient des feuilles pour éloigner les mauvais génies. Des siècles plus tard, en France, dans le Gard, un bouquet de menthe et de millepertuis cueilli la veille de la Saint-Jean était placé dans un endroit visible dan la maison pour en éloigner les sorciers.

Ses effluves, dit-on, "s'opposent aux mauvaises ondes telluriques et favorisent au contraire les vibrations d'un niveau très élevé". S'il s'agit de purifier un lieu où l'on suspecte des influences négatives, la recette suivante est paraît-il aussi "ancienne qu'éprouvée" : elle consiste à se munir d'un seau d'eau salée (avec du sel gemme) qui a été exposé trois nuits de suite aux rayons de la lune descendante ainsi que ces ingrédients : "une verge faite de trois brins de menthe sauvage, deux brins de menthe crispée, un brin de menthe aquatique, un brin de romarin. Employez cette verge comme aspersoir et mouiller abondamment : il faut que le contenu du seau y passe".

Avoir un bouquet de menthe près de son lit garantit un sommeil de qualité ; en avoir une tige cueillie la nuit sous son oreiller favoriser les rêves prémonitoires.

La plante, réputée pour ses vertus "toniques", fortifie le corps de qui en porte sur soi ; "les terrassiers en glissaient sous leur large ceinture de flanelle". Sa variété pouliot chasse la fatigue dès qu'elle est mise dans la chaussure droite.

En France, elle a la réputation de faire passer la fièvre, à condition de lui donner des offrandes. Il faut savoir également que si le made guérit, la plante, elle, meurt. selon une recette béarnaise, il faut arracher sept pieds de menthe sauvage, s'agenouiller et leur jeter cinq, sept ou neuf miettes de pain, autant de grains de sel, en disant : « Bonjour, je te salue Mendras, j'ai la fièvre et tu ne l'as pas ; je te porte du pain et du sel pour que tu guérisses mon mal. » L'opération est à répéter sept fois de suite. Dans les Pyrénées, on déposait du pain et du sel sur un seul pied de menthe, et cela trois jours de suite tandis qu'en Gascogne, le fiévreux offrait à la plante, outre le sel traditionnel, du poivre et du vin. Des cérémonies analogues servaient également à susciter la guérison des enfants malades. La cueillir avec les dents permet encore de remédier à une maladie de la rate. Aux États-Unis (Middle West), au siècle dernier, des bracelets de peppermint ou menthe poivrée protégeaient les enfants de la rougeole.

Les feuilles de menthe placées dans un lit en chassent les insectes (Poitou) ; en infusion, elles chassent les vents. La menthe rend furieux les taureaux qui en mangent (Indre-et-Loire).

Dans les Abruzzes italiennes comme dans le Tessin suisse, les femmes qui rencontrent sur leur chemin une touffe de menthe en froissent une feuille dans leur main, attendant de ce procédé que Jésus les assiste le jour de leur mort. En Sicile, les enfants mettaient de la menthe pouliot dans la crèche, croyant qu'à minuit, le jour de Noël, elle se mettait à fleurir.

La légende chrétienne a pourtant méprisé cette plante et a tenté d'expliquer pourquoi elle n'avait pas de graine : la Vierge et son fils, poursuivis par Hérode, se cachèrent sous du blé. Lorsque Hérode demanda à un paysan s'il les avait vus, ce dernier détourna les soupçons mais la menthe vendit la mèche, heureusement trop bas pour être entendue. La Vierge lui dit alors :  « Tu es menthe et tu mentiras toujours : tu fleuriras, mais tu n'auras pas de graines. »

Certaines sibylles conseillent aux jeunes filles qui veulent savoir qui sera leur époux de confectionner un gâteau avec de la menthe et quelques herbes aromatiques et de le manger le soir sans boire. Elles doivent se coucher en suspendant autour de leur cou un sachet contenant une fleur blanche, une fleur rouge, une fleur jaune. Au réveil, les curieuses tirent au sort une fleur. Si elle est blanche, elle prédit un jeune homme, rouge un homme mûr, jaune un veuf. Dans les environs de la Vienne, on soutient que celle qui boit de la tisane de menthe devient amoureuse.

En Océanie, un homme qui se frotte la main avec des feuilles de menthe puis touche la femme convoitée a toutes les chances de la conquérir.

Une femme qui a ses règles ne doit pas approcher de la menthe qui périrait de ce voisinage.

Dans la tradition anglaise, la menthe ne prospère que dans le jardin de celui qui est destiné à devenir riche.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi la Menthe (Mentha) : "Plante herbacée, très aromatique, qui croît dans les régions humides.


Propriétés médicinales : Il existe plusieurs variétés de menthe, mais elles partagent toutes les mêmes propriétés. Tout le monde connaît les vertus d'une infusion de menthe pour calmer les problèmes de digestion, particulièrement après un repas copieux. C'est une tisane très efficace pour soulager des nausées et des vomissements, mais c'est également un tonique pour l'estomac et tout le système digestif, ainsi qu'un remède efficace pour les brûlures d'estomac. D'autre part, c'est un clamant très doux qui peut aider à combattre l'insomnie, les maux de tête et le stress. Les feuilles peuvent aussi être utilisées sous forme de cataplasmes ou ajoutées à l'eau du bain pour soulager les démangeaisons de la peau.


Genre : Masculin.


Déités : Hécate.


Propriétés magiques : Argent - Voyage - Protection.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • Vous avez envie de voyager ? Faites brûler de la menthe : elle agira doublement en favorisant vos déplacements et en vous protégeant.

BOUTEILLE DES ESPRITS (pour attirer la prospérité et l'abondance dans sa vie)

Attendez la pleine lune pour effectuer ce sortilège.


Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle verte

  • de l'encens de vétiver

  • une bouteille verte, avec un goulot assez gros pour y insérez ds pièces de monnaie d'argent.

  • du miel liquide (n'importe quelle variété)

  • de la menthe séchée ou fraîche.

Rituel : Allumez votre chandelle et votre encens en disant :


Ma vie est pleine d'abondance et de prospérité

Je possède assez d'argent pour satisfaire tous mes besoins.


Mélangez vos herbes et le miel tout en imaginant l'argent et l'abondance dans votre vie, jusqu'à ce que le miel prenne une douce couleur verte. Versez alors le mélange dans la bouteille en disant :


Ô esprits de la nuit, j'ai besoin de votre aide

Pour mettre en mouvement la magie de ce charme

Venez à mon aide, je vous en supplie

Afin que l'abondance entre dans ma vie

Et que tout se passe comme un charme.


Scellez votre pot ou votre bouteille avec de la cire verte, puis remerciez les esprits gardiens de leur aide. Pour renforcer le charme, placez cette bouteille dans votre chambre à un endroit qui vous permettra de la voir en vous levant.

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Fabrice Fenouillère, dans Des Plantes et des hommes (Éditions Galéa, 2017) consacre un article à la Menthe :


Un Dieu des Enfers si romantique : Un peu de fraîcheur sur cette page pour parler d’une plante sauvage pouvant se vanter d’être au premier rang des arômes naturels utilisés par l’homme sur la planète. Des cigarettes jusqu’au dentifrice en passant par d’inévitables chewing-gums, elle est présente vraiment partout !


Son secret le plus précieux : les molécules de menthol qu’elle renferme et qui sont les seules capables d'aller chatouiller les récepteurs, sensibles au froid, de notre bouche et notre peau.

Un bol d’air revigorant qu’on peut aller chercher à la source, au cœur de notre nature insulaire, en se rapprochant par exemple des lieux humides où poussent quatre de nos menthes sauvages parmi les plus connues : celle à feuilles rondes, u minstratu, la menthe aquatique, u pedirossu, la menthe pouillot, u puleghju, ou encore, la plus rare et endémique menthe insulaire, a mintrastella.

Omelettes, tourtes et soupes de nos anciens les accommodaient toutes fort bien...

Mais avant de faire le bonheur de nos papilles, il a bien fallu que naisse la première menthe. Ce que nous révèle cette légende d’Hadès, dieu des Enfers, qui s’éprit un jour de la sublime nymphe Mintha. Une idylle qui rendit folle de jalousie Perséphone, compagne officielle du dieu. Seule solution pour ce dernier d’éviter à Mintha une fin atroce : la transformer en une plante dotée d’un parfum si prodigieux qu’il pourrait continuer à la sentir à ses côtés à tout jamais. Romantique finalement le dieu des Enfers !

En tout cas, la menthe fit rapidement tourner la tête aux premiers Grecs qui l’utilisèrent comme parfum de séduction. Les Romains, quant à eux, préféraient en aromatiser leurs vins. Un vin interdit aux femmes qui, s’il leur arrivait d’en consommer en cachette, mâchaient précisément des feuilles de menthe pour masquer leur haleine. Un tel écart de conduite était en effet passible de lapidation !

Enfin, si de nos jours c’est bien la médecine douce qui redécouvre les pouvoirs de la menthe sur notre santé, notre verte sauvage pourrait rendre des services encore plus grands à l’Humanité : son essence naturelle, répandue sur les mares, permettrait en effet de tuer près de 90% des larves de moustiques fraichement pondues.

De quoi endiguer les épidémies de malaria faisant encore des milliers de morts dans le monde, plus efficacement que n’importe quel insecticide chimique ! Une simple petite plante sauvage pouvant sauver des milliers de vie : à méditer...

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes. A la fin de son ouvrage, il l'auteur présente divers guérisseurs avec l'esprit des plantes qu'il a eu la chance de rencontrer. Ainsi en est-il de Grand-maman Bertha Grove dont il retranscrit les paroles :


Bertha : [...] Il y a des tas de façons d'aider les gens, des tas et tas de façons. Parfois, on met le remède sur le patient et on le souffle dedans. C'est très bien aussi dans le cas de la menthe.

Eliot : Que voulez-vous dire par "on le souffle dedans" ?

Bertha : Ce que je fais, c'est que je les trempe (la sauge ou la menthe) quatre fois dans l'eau courante, et je demande à la Création, aux Quatre directions et à Terre-Mère. Avant de les mettre dans l'eau, il faut demander de l'aide à Grand-Mère Eau. Il faut demander à tout ce qui existe d'aider cette Grand-Mère Sauge. Cette sauge femelle est elle aussi une Grand-Mère, vraiment très jolie. On la pose simplement sur le patient et on la souffle dedans."

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Selon Claire Tiberghien, auteure de Équilibre et méditation par les plantes, 30 plantes à découvrir (Éditions Jouvence, 2016), la Menthe poivrée est intéressante de plusieurs façons :

Élément : Bois


De son nom latin Mentha x piperita, la Menthe poivrée fait partie de la famille des lamiacées. Elle nous donne l'inspiration.

La Menthe poivrée est efficace dans les problèmes de digestion, les nausées, les vomissements, les douleurs d'estomac et d'intestin, les intoxications gastro-intestinales, l'aérophagie et les ballonnements. Elle est antispasmodique.

En application externe, l'huile essentielle de Menthe poivrée agit sur les douleurs d'origine nerveuse, les maux de tête, les migraines et les névralgies faciales. Par voie interne, elle doit être utilisée avec précaution.

Sur le plan psychique : La Menthe poivrée stimule et rafraîchit, comme un bain frais durant les chaleurs estivales. Elle aiguise l'attention et éclaircit la pensée. On la conseille notamment en cas de difficultés scolaires, car elle accroît la motivation, développe les capacités de concentration et renforce la mémoire. La Menthe poivrée rend plus vivant et plus gai. Elle apporte de la constance et de l'endurance.


Grâce à la Menthe poivrée, je peux affirmer :

  • Je fais confiance à l'amour comme essence de la nature.

  • La vie est pleine de légèreté et de joie.

  • Je suis en contact avec la force de la terre sous mes pieds.

  • J'occupe mon espace, je suis enraciné et libre.

  • Je ressens ma force intérieure et j'en prends soin.

  • Je reconnais et vis la magie de l'instant.

  • Je me libère des chaînes du passé.

  • Je prends ma place avec plaisir et me réalise pleinement.

La méditation de la Menthe poivrée : La lumière de l'été rayonne et vous apprécierez la fraîcheur qui se dégage du sol humide. Vous vous sentez soudainement vivifié, stimulé par un parfum puissant qui s'épanouit dans l'air environnant. Un parterre de menthe? La force de l'eau se retrouve dans le vert profond de ses feuilles, alors que ses délicates fleurs mauves s'élancent vers le soleil et la lumière. Vous pensez aux événements de votre vie qui vous envahissent, vous alourdissent. Respirez toute la puissance de la menthe et ressentez votre cœur s'apaiser. Votre respiration crée un mouvement dans votre corps. Elle transporte une sorte de chaleur rafraîchissante qui dissout vos blocages. Vos pensées sont allégées. Une nouvelle énergie circule en vous. Elle nourrit votre motivation, votre joie de réaliser ce qui est important pour vous.

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Fabrice Fenouillère, dans Des Plantes et des hommes (Éditions Galéa, 2017) consacre un article à la Menthe :

Un dieu des Enfers si romantique

Un peu de fraîcheur sur cette page pour parler d’une plante sauvage pouvant se vanter d’être au premier rang des arômes naturels utilisés par l’homme sur la planète. Des cigarettes jusqu’au dentifrice en passant par d’inévitables chewing-gums, elle est présente vraiment partout !


Son secret le plus précieux : les molécules de menthol qu’elle renferme et qui sont les seules capables




Symbolisme celte :


Selon Philip et Stephanie Carr-Gomm auteurs de L'Oracle druidique des plantes, Comment travailler avec la flore magique de la Tradition (édition originale 1994 ; traduction française, 2006) les mots clefs associés à cette plante sont :


en "position droite : Clarté - Concentration - Renouvellement.

en position inversée : Confusion - Esprit lent - Manque de concentration.


La menthe est une plante aromatique pérenne atteignant 120 cm de hauteur, poussant dans tout l'hémisphère nord et en Australie. On connaît quelque 25 espèces et plus de 600 variétés. La menthe aquatique (Mentha aquatica) est indigène à la Grande-Bretagne et s'épanouit dans les marécages et autres terrains humides.

La carte montre la menthe d'eau en fleur poussant à côté du Sweet Track - une route néolithique en bois, vieille de 6000 ans, qui traverse sur presque 2 km le marais imbibé d'eau des environs d'Avalon, région appelée maintenant Somerset Levels, près de Glastonbury. A proximité de la menthe poussent des joncs. Au loin se profile le Tor.


Sens en position droite. La menthe était traditionnellement utilisée pour améliorer la concentration et la digestion. Aujourd'hui, nous avons souvent besoin de traiter quantité d'informations, et notre concentration est mise à l'épreuve par des milliers de distractions. Le choix de cette carte signale que vous entrez dans une période où vous devez vous concentrer avec application sur votre travail ou sur ce qui arrive actuellement dans votre vie.

Un renouvellement inattendu se manifestera dans une relation ou un projet et, pour en profiter, vous devez être attentif. Tout comme la vibration et la clarté sont éphémères, de même les occasions pour une nouvelle vie et croissance seront ratées si vous êtes inattentif. Réfléchissez, par ailleurs, aux moyens d'initier le renouvellement ou d'attendre son arrivée.


Sens en position inversée. La clarté est une qualité subtile., qui mérite d'être appréciée. Si vous avez choisi cette carte, la clarté a disparu et vous devez tenter de la faire revenir dans votre vie. Rappelez-vous le sentiment éprouvé quand, enfant, vous vous éveilliez un jour ensoleillé, vous vous passiez de l'eau froide sur le visage et vous sentiez votre esprit merveilleusement vivant. Demandez-vous ce que vous devez faire pour retrouver ce sentiment, et voyez si vous en êtes capable. Le monde végétal vous aidera à retrouver cette impression de clarté et de renouvellement que vous cherchez - promenade dans la nature, communication avec les arbres et les plantes, consommation d'aliments appropriés, prise des bons remèdes.

La carte signifie par ailleurs une perte temporaire de concentration. Le moment est peut-être venu d'explorer vos objectifs, de découvrir ce que vous voulez vraiment dans la vie et d'établir vos priorités comme il convient.

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Une plante pour stimuler le mental

Comme beaucoup des plantes utilisées par les druides de jadis, la menthe était très révérée dans le monde ancien. Des guirlandes de menthe poivrée ont été découvertes dans les tombes égyptiennes datant de 1200 à 600 av. J.C. Les Grecs anciens la plaçaient auprès des morts et s'en servaient aussi pour préparer la boisson sacrée des mystères d’Éleusis, comportant en plus de l'avoine et de l'eau. Les Arabes boivent du thé à la menthe depuis des siècles.

Les Grecs parsemaient de menthe le plancher des temples, comme le faisaient les Hébreux dans les synagogues et, plus tard, les Chrétiens dans les églises. En Italie, la menthe était appelée "herbe de sainte-Marie" et était éparpillée sur le sol lors des processions religieuses. En Angleterre, on l'appelait souvent barbiche, ramassée traditionnellement à l'aube de la saint-Jean et gardée jusqu'à Noël.

Les Grecs l'ajoutaient au bain, en parsemaient leur lit et s'en servaient comme parfum. Les Romains l'utilisaient pour aromatiser le vin et les sauces et la tenaient pour un symbole d'hospitalité. Le nom "menthe" vient soit de la nymphe grecque Minthe, transformée en plante aromatique par l'épouse jalouse de son amant Hadès, soit du latin mente, pensée, car la plante était censée stimuler les pouvoirs du mental. Pline conseillait de porter une couronne de menthe pour favoriser la concentration et, de même que Dioscoride, la voyait comme un remède pour bon nombre de maladies.

Les herboristes médiévaux avaient continué à prescrire la menthe pour une diversité de problèmes, dont affections digestives et gastriques, maux de tête et menstruation excessive. Les Grecs anciens et les Chinois utilisaient la menthe pour atténuer les douleurs articulaires. Les scientifiques ont découvert la base physiologique de ses propriétés analgésiques qui, selon eux, bénéficiera à des millions de personnes affligées d'une douleur chronique ne réagissant pas aux antalgiques conventionnels, comme la morphine, dont les personnes souffrant d'arthrite, affectées par des dommages nerveux ou des blessures spinales dues aux accidents graves.

Le druide moderne offre de la menthe et des reines-de-prés lors des funéraires. Il la met dans le bain ou la tient près de lui pour aiguiser ses sens et aider sa concentration, ou la prendre en tisane lorsqu'il souffre d'indigestion.

"La saveur ou l'arôme de la menthe aquatique réjouit le cœur de l'homme."

John Gerard, 1633"

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Symbolisme alimentaire :


Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


La Menthe (les pastilles à la menthe) : La Menthe symbolise le bonheur énorme de vivre son propre être sur la Terre, comme un humain libre, sans fardeaux, sans limitations, sans soucis. La conscience devient plus douce et plus large ; l'âme s'emplit de gratitude et de joie. On se rend compte de ceci : "JE peux 'être' en tant qu'être humain ; je peux respirer librement, à pleins poumons." On a le sentiment d'être obligé à la vie, on éprouve une vive reconnaissance. On ressent presque du repentir et du regret d'avoir commis des fautes et d'avoir fait preuve d'ingratitude dans le passé. la sphère de la Menthe ouvre et détend ; elle procure à l'être humain la sensation de flotter dans un océan de relaxation délicieuse. Il est tellement "heureux" de vivre. Il se sent fort, comme UN GRAND "JE SUIS", plein d'optimisme et de confiance. Il sent comme les énergies pétillantes se concentrent joyeusement dans la matière de son corps et de ses tissus ; cela lui fait du bien ; il sent comme la Vie chatouille agréablement sa peau et il en jouit pleinement ! Il envisage la vie avec courage. L'horizon devient lumineux et ouvert.

Heureusement que la sphère de la Menthe supporte une "bourrade" dans l'estomac ; lorsqu'un autre veut atteindre cette personne, cela ne lui réussira pas vraiment. C'est parce que Monsieur menthe se sait solidement protégé en lui-même ; il ne considère pas comme une menace ce qui se trouve hors de lui, loin de là : il rayonne de foi, de force et d'énergie, et par conséquent il tient automatiquement à distance "l'ennemi", ou ceux qui lui veulent du mal.

A suivre

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Mythes et légendes :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


MENTHE. — Les Français l’appellent menthe de Nostre Dame, les Allemands Unser Frauen Müntz, Pietro De Crescenzi, herba sanctœ Mariœ. Dans la Naturale et generale Historia dell’Indie Occidentali (Ramuio) on lit : « L’herba buona, che in alcune parti chiamano herba santa, e in molte altre menta. » Dans les Allégories d’Azz Eddin, traduites par Garcin de Tassy, la menthe semble jouer, au contraire, un assez vilain rôle. Le basilic en parle ainsi au jasmin : « Tu auras peut-être entendu dire qu’il existe un délateur (la menthe) parmi les êtres de mon espèce ; mais, je t’en prie, ne lui fais pas de reproches ; il ne répand que sa propre odeur ; il ne divulgue qu’un secret qui le regarde ; il ne dévoile enfin que ce qu’il peut découvrir. » Quelle allusion peut contenir cette allégorie ? Est-il possible que la vieille équivoque latine entre les mots mentha et mentula se soit répétée dans une langue orientale ? Quant à la première, elle est certaine, et les poètes pornographiques italiens en ont bien abusé. Il faut sans doute encore songer à cette équivoque, pour comprendre l’origine de la superstition sicilienne de Caltavuturo, dans la province de Palerme ; on y croit que si la femme dans ses mois s’approche de la menthe, la plante périra ; autrefois, au lieu de menta, on entendait probablement mentula : d’où la croyance qui, autrement, serait inintelligible.

La mentha rotundifolia L., la mentha Sylvestris L., le sisymbrium des anciens servaient à faire des couronnes pour les jeunes mariées : Corona Veneris. Le professeur Saraceni m’écrit de Chieti dans les Abruzzes, à propos de la menthe : « Gli innamorati se ne regalano le ciocche per ricordo ; si dice :


Ecce la menta

Se si ama di cuore non rallenta. »


Ici, le mot ne me semble avoir aucun sens érotique ; l’usage précité dérive plutôt d’une ressemblance fortuite entre menta et rammentare, c’est-à-dire, se souvenir. Je ne saurais dire à quoi tient cette autre superstition des Abruzzes : Les femmes de la campagne, en rencontrant sur leur chemin la petite menthe (mentuccia), doivent en froisser une feuille entre leurs doigts pour être sûres que Jésus-Christ les assistera le jour de leur mort ; c’est pourquoi elles disent :


Chi scontra la mintuccia e non l’addora (odora)

Non vede Gesù Cristo quando muore. (Cf. Myrte.)


Tel est le nombre des vertus que le peuple attribue à la menthe, que Walafridus Strabo, dans son Hortulus, déclarait hyperboliquement que leur nombre est infini :


Sed si qui vires, species et nomina Menthae

Ad plenum memorare potest, sciat ille, necesse est,

Aut quot Erythreo volitent in gurgite pisces,

Lemnius aut altum quot in aera Mulciber ire

Scintillas vastis videat fornacibus Aetnae.


Apulée, De Virtutibus Herbarum, indique le rite qu’il faut suivre pour cueillir la menthe : « Herba mentha contrita et imposita ulcéra siccat. Lege eam mense Augusto, mane primo priusquam sol exeat, mundus, ad omnia sic dicens : Te precor, herba hedyosmos, per eum qui nasci te jussit, venias ad me hilaris cum tuis virtutibus et effectu tuo, et ea mihi praestes quae fide a te posco » ; et, pour cueillir le mentastrum : « Herbam mentastrum tolle mundus, in linteolo mundo habeto, et quando in pane cocto granum frumenti integrum inveneris, simul cum herba ponito, et preceris septem stellas, id est, Solem, Lunam, Martem, Mercurium, Jovem, Venerem, Saturnum, et sub pulvino pone, ut tibi per quietem ostendant in cujus stellae tutela sis. » Ovide raconte que Myntha était une nymphe aimée de Pluton, que Proserpine, par jalousie, aurait changée en menthe :


Femineos artus in olentes vertere menthas

Persephonæ licuit.

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Selon les recherches de Suzanne Amigues, auteure de « L'odyssée des aromates », (La pensée de midi, vol. 13, no. 3, 2004, pp. 53-59) :


On [En Grèce] ne dédaignait pas les menthes, dont une petite espèce présente chez nous aussi dans les fossés humides, la menthe pouliot, a même un prestigieux passé mythologique. Quand la déesse Déméter arriva à Éleusis, où elle devait fonder les célèbres Mystères, elle refusa la coupe de vin qui lui était offerte au palais où elle était accueillie et exigea la mixture destinée à devenir la boisson rituelle des initiés : de la farine d’orge légèrement grillée diluée dans de l’eau additionnée de menthe pouliot. Hygiénique et économique, c’était dans l’usage courant la boisson des paysans un peu rustres et des femmes à qui leur mari interdisait le vin, de crainte de les voir devenir “biberonnes”.

 

Tony Goupil, dans un article intitulé "Croyances phytoreligieuses et phytomythologiques : plantes des dieux et herbes mythologiques" (Revue électronique annuelle de la Société botanique du Centre-Ouest - Evaxiana n°3 - 2016), cherche à déterminer les plantes associées par leur dénomination aux divinités antiques :


[...] La menthe, voilà une plante qui est connue de tous et dont les vertus et utilités sont universellement reconnues. Pourtant beaucoup oublient que le nom de « menthe » est intimement lié à l’univers du mythe. En effet, menthe est la francisation de Mentha, ce dernier étant le nom d’une nymphe aimée de Pluton et transformée en plante par Proserpine, qui était jalouse d’elle. La menthe était aussi appelée en grec Hediosmos à cause de sa bonne odeur. La menthe sauvage est aussi liée à Vénus puisque les Anciens la nommaient venerea. La menthe est une plante de Vénus car, selon Ovide dans les Fastes, les courtisanes la consacraient à la déesse de l’amour : « Vénus protège le trafic de celles qui se sont vouées à toutes les voluptés […] Donnez à votre souveraine la menthe qu’elle recherche, avec le myrte qui lui est consacré ». Dans le Songe de Poliphile, célèbre fiction de la Renaissance, Colonna nous raconte cette anecdote de la métamorphose de Menthe en plante : « Je voyais Menthe, la brûlante, transmuée en plante aromatique par la mère de Proserpine ; je voyais la malheureuse Smilax, portant la fleur en laquelle elle fut changée pour l’amour de Crocus son bien-aimé. ».

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