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  • Anne

Le Thé


Étymologie :

  • THÉ, subst. masc.

Étymol. et Hist. A. 1. 1648 thé « plante d'origine chinoise introduite dans la pharmacopée » (G. Patin, Lettres, éd. P. Triaire, t. 1, p. 568) ; 1653 Tay « plante utilisée par les Chinois sous forme de boisson par infusion des feuilles » (P. de Rhodes, Divers voyages, p. 49 ds Arv., p. 472) ; 1657 le Tha, ou le Thé désignant la boisson (Le Favre, Lettre au Procureur de la Province de France, Paris, E. Martin, 1662, p. 9) ; 1680 cette boisson consommée par goût et pour ses vertus médicinales (Mme de Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 839) ; 1696 fleur de Thé, Thé impérial, thé voüi (Le Père L. Le Comte, Nouveaux mémoires sur l'état présent de la Chine, t. 1, pp. 462 et 463) ; 1704 Thé verd, Thé noir, Thé voui ou bouy, The rouge ou Thé Tartare (Trév.) ; 2. 1751 « repas, réunion ou réception où l'on sert du thé » (ici, en Angleterre) (Prévost, Lettres angloises, t. 1, 1re part., p. 79) ; 1757 prendre le thé (ici, en France) (Diderot, Le Fils naturel ds Œuvres compl., éd. J. Assézat, t. 7, p. 26) ; 1779 « réception mondaine où l'on sert du thé (en France) » (Mme de Genlis, Dangers du monde, I, 9 ds Théâtre à l'usage des jeunes personnes, t. 1, p. 423) ; 1920 thé dansant (Proust, Guermantes 1, p. 192) ; 3. 1844 « service à thé » (Le Moniteur de la mode, 20 févr., p. 106 ds Quem. DDL t. 16) ; cf. 1700 cabaret à thé (Ph. de Dangeau, Journal, t. 7, p. 74). B. P. ext. 1. 1751 « herbe utilisée à la manière du thé » Cassine ou thé de la mer du Sud (Encyclop. t. 2, p. 747a) ; ca 1770 « id. » thé de Suisse (J.-J. Rousseau, Confessions, V ds Œuvres compl., éd. B. Gagnebin et M. Raymond, t. 1, p. 177) ; 2. 1858 thé de foin (Chesn. t. 2) ; 3. 1872 thé de viande ou de bœuf (Littré). C. 1. a) 1821 p. anal. de parfum rose-thé (Observateur des modes, 4e année, 10 avr., n°20, p. 160 ; cf. Desportes, Rosetum gallicum ou énumération des espèces de roses, Le Mans, 1828 ds Roll. Flore t. 4, p. 259) ; 1861 rosier thé (Chevreul, Moyen déf. et nommer coul., p. 458) ; b) 1880 rose thé « de la couleur de la rose thé » (Zola, Nana, p. 234) ; cf. aussi Goncourt, Journal, 1869, p. 499 : ciel couleur de rose-thé ; et note 2 : jaune d'une rose thé ; 2. 1862 couleur thé (Hugo, loc. cit.) ; 1881 vert de thé (E. de Goncourt, Mais. artiste, t. 1, p. 205) ; 1885 thé « couleur de thé » (Hugo, Alpes et Pyr., p. 81). Empr., par l'intermédiaire des Hollandais, sous la forme the des textes en lat. (cf. Ph. Morisset, Praeside an The chinensium menti confert ? Thèse, Paris, 1648), au malais teh ou à la forme du sud de la Chine té corresp. au chinois tcha, cette forme té étant empl. par les Chinois d'Amoy qui apportaient le thé dans les régions bordant la mer de Chine méridionale (v. Arv., pp. 470-474, König 1939, p. 202, NED, s.v. tea et FEW t. 20, p. 111b). Le chinois tcha a donné des formes telles que ciaa et chia att. dès 1589 et 1603 (Arv., loc. cit.). Au sens A 2 thé est empr. à l'angl. dont la forme tea est att. dans cet empl. dep. 1738 (NED) sans désigner spécialement la prise de thé de fin d'après-midi telle qu'elle a été pratiquée par la suite (v. five o'clock étymol.), cet empl. a connu un tel succès pour désigner des réceptions en fr. que l'angl. a empr. le mot fr. thé pour désigner ce genre de réception, appelée normalement tea-party (1788 ds NED Suppl.2).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Camellia sinensis

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012),


"Contre les intrusions en tout genre et selon vos besoins, vous pourrez opter pour la méthode anglaise consistant à déposer des feuilles de thé devant sa maison pour repousser les mauvais esprits."

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Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"L'admirable cérémonie du thé japonais ne relève pas seulement d'une esthétique, fût-elle la plus parfaite. La pureté du décor, des instruments et es gestes peuvent, certes, la faire apparaître comme une sorte de culte inégalé de la beauté. Mais la première cérémonie du thé, disent les Taoistes, est l'offrande de la coupe par Yin-hi à Lao-tseu, qui allait lui remettre le Tao-te king. Et le théier, disent les adeptes du Zen, est né des paupières de Bodhidharma, qu'il avait coupées et jetées au loin pour s'interdire la somnolence pendant la méditation. C'est pourquoi le thé est utilisé dans le même dessein par les moines : les tenir éveillés. Si la cérémonie du thé a toutes les apparences d'un rite communiel, qu'elle a probablement été - en vue, prétend-on, d'atténuer la rudesse des mœurs, de discipliner les passions, de surmonter les antagonismes guerriers, et d'établir la paix - sa caractéristique principale est la sobriété, le dépouillement de l'acte, qui vise au dépouillement de l'individualité. Comme dans tous les arts du Zen, le but à atteindre est que l'acte ne soit pas accompli par l'ego, mais par la nature propre ou par la vacuité. Le thé est finalement le symbole de l'Essence à laquelle participe le Soi ; mais cette participation n'est pas vacuité dans le sommeil ; elle est veille intense et active dans le silence contemplatif."

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Jacques Brosse dans La Magie des plantes (Éditions Hachette, 1979) consacre dans sa "Flore magique" un article au Thé :


Bodhidharma, prince du sud de l'Inde devenu moine, vint en Chine au VIe siècle de notre ère, afin d'y répandre la technique de méditation bouddhique que l'on a depuis appelé le zen. Il méditait lui-même devant un mur, immobile pendant des heures, mais lorsque ses premiers disciples chinois voulurent l'imiter, au bout de peu de temps, ils s'assoupirent. Ce que voyant, le patriarche s'arracha les paupières qui, tombées au sol, donnèrent tout aussitôt naissance à deux arbustes dont les feuilles infusées revigorèrent les disciples qui purent reprendre leurs exercices.

En fait, l'usage des feuilles de théier est de beaucoup antérieur à cette date. Il est mentionné dans le Chen Nong pen-t'sao qui, dans la rédaction parvenue jusqu'à nous, ne remonte peut-être pas au-delà du IIe siècle av. J.-C. ; mais il est attribué à l'empereur Chen Nong, le « roi des remèdes », lequel aurait testé les pouvoirs de 365 plantes et, en outre inventé les aiguilles d'acupuncture. Selon la légende, en 2737 av. J.-C., Chen Nong faisait bouillir de l'eau dans un cuveau, quand y tombèrent les feuilles d'un arbuste voisin emportées par le vent. Du cuveau s'éleva un parfum exquis qui ravit l'empereur. En buvant cette infusion, Chen Nong remarqua qu'elle était à la fois tonique et euphorisante.

Ce que recouvre la légende de Bodhidharma, c'est donc probablement l'utilisation particulière que firent du thé les moines bouddhistes, grâce auquel ils pouvaient rester frais, dispos et cependant paisibles au cours de leurs longues méditations. Toujours est-il que le thé se répandit de l’Inde en Chine, puis au Japon, comme le zen. Après bien des discussions à ce sujet, les recherches modernes donnent effectivement à l'Inde, et plus précisément à l'Assam, une priorité qui lui fut longtemps contestée par la Chine.

Ainsi qu'on le sait, la consommation du thé engendra, sous l'influence du zen, un véritable cérémonial, où l'esthétique extrêmement dépouillée du décor, des instruments et des gestes visait à concentrer l’attention des participants, en donnant toute sa noblesse à un acte aussi simple mais aussi riche que tout autre acte de notre vie quotidienne. La cérémonie du thé était au Japon un mode d'éducation et un exemple applicable en toutes circonstances.

Aussi les poètes chinois puis japonais n'ont-ils pas d'expressions trop fortes ni trop raffinées pour exalter les sublimes vertus des feuilles du théier, lesquelles procurent à ceux qui en absorbent l'essence avec toute la réceptivité désirable rien de moins que la communion avec le cosmos tout entier. Ces feuilles, déclare dans son Traité du Thé le poète chinois du VIIIe siècle Lieou You, doivent être « froissés comme les bottes de cuir d'un cavalier tartare ondulées tel le fanon d'un puissant taureau, s'épandre comme le brouillard qui monte d'un ravin, briller comme un lac caressé par le zéphyr, être tendres et onctueuses ainsi qu’une terre légère rafraîchie par une averse ». Dans la cérémonie du thé, tout en effet, jusqu'au plus infime détail, contribue à donner le sentiment d'une insurpassable perfection, depuis la pureté de l'eau utilisée jusqu'à la beauté ingénue de la coupe, œuvre d'art apparemment rustique mais de grand prix que l’on fait tourner longuement dans ses mains, en la contemplant avec recueillement, avant de s'abandonner à l'euphorie à la fois physique et mystique que procure la dégustation du thé.

Précisons ici que le thé de cérémonie ne ressemble nullement à celui que nous consommons d’ordinaire ; il s'agit d’une poudre fine et verte, battue dans l'eau bouillante avec un fouet en bambou, ce qui permet de comprendre que les poètes à son propos parlent d'« écume du jade liquide ». Quant au thé tibétain, qui est non seulement populaire, mais que l'on sert aux moines au cours des interminables cérémonies lamaïques, il se présente sous la forme de feuilles seulement séchées, mais comprimées en briques très dures. Préalablement bouilli et aussi foncé que du café noir, ce thé est servi dilué dans l'eau bouillante, additionné de soda et battu dans une baratte avec du beurre et du sel ; on le boit tiède.

Si, au XIIIe siècle au temps de l'empire mongol, la consommation du thé se répandit en Asie centrale, puis gagna les pays musulmans, ce n'est qu'au XVIe siècle que le thé fut apporté en Europe par les marchands portugais qui avaient alors le monopole des épices en Extrême-Orient En portugais, le thé se dit cha, de tchai « thé » en chinois. Toutefois, ce sont seulement leurs successeurs, les marchands hollandais, qui, au XVIIe siècle, en vulgarisèrent l'usage, ayant mis au point une manière particulièrement astucieuse de s'en procurer à bas prix : ils échangeaient en Chine une livre de sauge, remède alors fort apprécié, contre deux livres de thé. Le mot tee, emprunté à un dialecte sud-oriental de la Chine, fut d'abord hollandais avant de devenir le tea anglais. Puis, pour gagner encore davantage, la Compagnie des Indes orientales décida de cultiver elle-même le théier dans ses établissements de Java.

Si en France, le thé, mis à la mode par une thèse du chirurgien Cressé soutenue devant la faculté de médecine de Paris, eut dès 1659 ses adeptes, dont le cardinal Mazarin et plus tard Jean Racine, il ne put guère se répandre, son prix demeurant prohibitif. De plus, il fut d'abord employé principalement comme médicament et c'est encore ainsi qu'il apparaît dans un ouvrage médical du XVIIIe siècle : « L'infusion de thé, prise avec discrétion, est capable de détruire les mauvais levains des premières voies, de dissoudre ces matières visqueuses qui, se rencontrant dans l'estomac, corrompent et altèrent le chyle... Le thé n'est pas moins propre aux maladies du cerveau et de la poitrine qu'à celle du bas-ventre ; car il apaise la migraine, réveille les esprits, dissipe les vapeurs, les étourdissements et l'assoupissement, rétablit la mémoire, rend l'esprit plus libre et prévient l'apoplexie, la paralysie et le catarrhe. Il est utile aussi aux asthmatiques, aux phtisiques et aux pulmoniques, pris avec le lait. En un mot, il entretient dans le sang cette fluidité naturelle dans laquelle consiste la santé. » Or, au vocabulaire près, les médecins d'aujourd'hui ne nous disent pas autre chose. Ils reconnaissent d'expérience que le thé stimule le tonus psychique, dissipe les maux de tête, qu'il facilite et accélère la digestion. On a pu également constater que le thé agit sur le système cardio-respiratoire, combat activement l'athérosclérose et fait baisser le taux de cholestérol.

Cependant, la France s'en tint, comme les pays méditerranéens, au café, tandis que le thé conquit l'Angleterre et la Russie. Dans l'empire des tzars, le thé parvenait sous la forme de briquettes noirâtres, formes de feuilles pressées et fermentées, que transportaient depuis la Chine les caravanes qui traversaient les déserts de l'Asie centrale. en russe, le thé s'appelle tchai comme en chinois. En Angleterre, le thé venu par bateau - le premier envi direct, de 56 kg, parvint à Londres en 1669 - se présentait sous la forme de feuilles seulement séchées. Aussi pendant longtemps, les botanistes curent-ils qu'il s'agissait de deux espèces distinctes, alors que seul différait le mode de préparation. Au XVIIIe siècle le thé était devenu en Grande-Bretagne la boisson nationale. On sait qu'il joua un rôle historique de première importance dans la révolte qui souleva les colonies d'Amérique du Nord contre la mère patrie. Le 12 décembre 1773, à Boston, pour protester contre les taxes, des colons jetèrent à la mer une cargaison de thé de la Compagnie des Indes. Ce fut là le signal qui marqua le début de la guerre d’Indépendance.

Au XIXe siècle, le gouvernement anglais fit entreprendre de longues enquêtes en Inde et en Chine par des botanistes spécialisés, chargés d'en étudier la culture puis de la répandre partout où elle était possible Grâce à leurs travaux furent éclaircis les mystères qui, en Occident, entouraient jusqu'alors l'existence du théier. Ce bel arbrisseau très proche parente des camélias, atteint 1,5 à à 2 m de haut mais est généralement taillé court, de manière à faciliter la récolte des feuilles. On cueille celle-ci, qui sont persistantes, lorsqu'elles sont encore jeunes et duveteuses ; plus elles sont fines et plus leur qualité est appréciée, par exemple, le « pekoé » ou thé de la « cueillette céleste » est formé de jeunes bourgeons non encore épanouis. En fait, ces feuilles contiennent le taux le plus élevé de caféine, car c'est la caféine, et non sa compagne, la théophyline, qui est l'agent des vertus du thé. S'il est généralement mieux toléré que le café, c'est qu'il s'agit dan son cas d'une simple infusion, une tasse de thé contient de deux à quatre fois moins de caféine qu'une tasse de café de même contenance. De plus, dans le thé noir, les tannins que libère la fermentation atténuent beaucoup l'action de la caféine.

Et pourtant le thé peut devenir une drogue. Consommé vert, additionné de menthe et très sucré, le thé est en Afrique du Nord, par exemple, l'objet d'une véritable cérémonie que connaissent bien ceux qui y ont séjourné. Il y a souvent donné lieu à un usage abusif, le théisme qui a sévi surtout avant la dernière guerre, particulièrement en Tunisie, où l'achat de thé et de sucre consommait une part importante du budget des pauvres gens. Le théisme provoque de graves troubles nerveux : tremblements, vertiges, insomnie chronique, palpitations cardiaques, perturbations digestives, qui entraînent à la longue une dégradation de l'humeur et du caractère. Comme quoi, l'excès en tout... !

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


D'après une légende japonaise, le théier est né des paupières du moine bouddhiste indien Bodhidharma, qu'il avait coupées et jetées pour ne pas somnoler pendant la méditation : sur la terre imbibée de leur sang naquit la plante dont l'infusion qui remédie au sommeil est notamment utilisée par les moines pour se tenir éveillé.

Plante solaire, le théier est associé à la fortune et au courage ; brûler des feuilles de thé procure la richesse. Le thé peut en outre entrer dans la composition des charmes destinés aux vœux de prospérité ou encore dans la confection d'amulettes procurant force et intrépidité. Outre-Manche, répandre des feuilles devant une maison éloigne les mauvais esprits "Worcestershire) tandis que les neuf dernières gouttes qui restent dans la théière passent pour guérir le mal de cœur. Il fut un temps où on prétendait qu'une tasse de thé soignait efficacement une morsure de vipère.

Une feuille de thé qui flotte à la surface de la boisson annonce l'arrivée d'un visiteur (homme si la tige est dure, femme si elle est tendre, personne grande ou petite selon la taille de la feuille). On peut la poser sur le dos de la main gauche et frapper cette dernière de la main droite, en sachant que le nombre de coups nécessaires avant qu'elle tombe équivaut aux jours qui séparent de la visite. certains procèdent de même pour savoir dans combien d'années ils se marieront ; d'autres font l'opération avec deux brins de thé apparus à la surface d'une tasse : s'ils restent sur le dos de la main gauche ou adhèrent ensemble à l'autre main, on peut être assuré de la fidélité du bien-aimé alors qu'en cas contraire il faut redouter une infidélité. Tout comme le marc de café sert à la divination, on peut "lire" l'avenir dans une tasse de thé ; une fois vidée du breuvage, on la tourne trois fois dans la main gauche et en sens inverse d'une aiguille d'une montre : si le résidu de thé est sur un côté, c'est bon signe, mais, si le fond est noir de feuilles, il faut s'attendre à quelques infortunes. Des feuilles qui forment un cœur annoncent une joie ; deux cœurs promettent un mariage au consultant.

L'apparition de bulles à la surface de la tasse présage des baisers ou de l'argent, notamment par héritage ; certains remuent le thé pour obtenir des bulles qui indiquent la quantité d'argent qu'on recevra par héritage.

Agiter une théière ou remuer le thé avant de servir porte malheur ; le faire dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ou dans la tasse d'un autre entraîne une querelle. Mettre le lait dans le thé avant le sucre place sous de mauvais auspices les relations sentimentales et suppriment toute chance de mariage pour les jeunes filles. L'homme qui met du sucre dans sa tasse avant d'y verser la boisson montre son désintérêt pour la sexualité.

Celle qui, dans la maison d'une autre, verse le thé après l'hôtesse risque de tomber enceinte ; si deux femmes se servent en même temps de l'infusion provenant de la même théière, une d'elles ou un membre de sa famille aura un enfant dans l'année et, si elles saisissent en même temps le pot, une des deux aura des jumeaux roux dans l'année. Selon une croyance britannique, un homme qui sert du thé à une femme lui fera un enfant et, dans le nord de l'Angleterre, une jeune fille ne pourra résister à celui qui lui versera plus d'une tasse. Les Russes prétendent qu'il ne faut pas rincer une tasse avant de resservir le thé sinon le buveur n'amassera jamais d'argent et dépensera toutes ses économies (symbolisées par le résidu laissé au fond de la tasse).

Verser l'eau dans la théière en oubliant d'y mettre le thé est signe de malchance. Faire un thé plus léger que d'habitude présage qu'un ami va se détourner de vous alors que, trop fort, il prédit une nouvelle amitié. Renverser une cuillère de thé pendant qu'on le prépare est un bon présage pour la maîtresse de maison, mais jeter des feuilles de thé porte malheur et entraîne la pauvreté.

Faire tomber ou casser une théière attire les ennuis ; oublier de mettre son couvercle annonce l'arrivée d'un étranger ou d'un ami mais peut également être signe de malchance. En Chine, boire le thé directement par le bec de la théière prédispose à avoir des enfants avec des bouches en forme de bec.

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Symbolisme alimentaire :

Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


Le Thé dit : « Tire toujours, à chaque moment, le maximum des choses : ne passe pas trop vite à côté ; ne t'en éloigne pas trop vite ; ne lâche pas prise avant que tu en aies extrait tout ce qui est "bon", pour ensuite n'éliminer que "l'ivraie", l'inutilisable. Assimile bien, rumine lorsque c'est nécessaire, tire un maximum de tut ce qui est utile dans les choses : qu'il s'agisse d'expériences dans la vie, de matière à enseignement, d'événements ou de nourriture. De cette façon, il est impossible que quelque chose d'important échappe à ton attention ; en plus, tu évites ainsi de devoir encore une fois t'en occuper après. Il vaut mieux considérer les choses "avec calme et en profondeur" que de les effleurer plusieurs fois, en vitesse et superficiellement. »

Pour pouvoir réaliser cela, il est nécessaire que l'être humain respecte certaines règles, comme celles qui se rapportent à "prendre du repos et prendre son temps". Ne précipite pas les choses, prends tranquillement ton temps pour tout intégrer, pour tout assimiler, pour tout laisser agir, pour tout digérer. Repose-toi quand tu dois te reposer ; passe dynamiquement à l'action quand tu sens que tu dois travailler. Réfléchis calmement avant d'agir et médite encore une fois sur les choses après que tu as agir. Fais en sorte que cela te rapporte le maximum ; tu peux en tirer des leçons.

Cela est comparable à l'être humain qui, s'il veut tirer de ses substances nutritives tout ce dont il a besoin, ne doit pas manger de façon nerveuse et agitée, en se précipitant. respecte ton rythme, dit le Thé, respecte le rythme que ta nature réclame. Il peut être "rapide", mais pas nerveux. Cela n'a aucun sens de forcer quoi que ce soit.

Dans une seconde phase la sphère du Thé écarte tout ce qui est inutilisable. « Évacue immédiatement tout ce dont tu n'as plus besoin dans ta vie, qu'il s'agisse e certaines pensées, de certains souvenirs qui ne cessent de peser comme une brique sur ton estomac, ou d'un quelconque fardeau matériel. N'entasse rien de ce qui est inutile. Ne laisse pas tournoyer tes pensées autour de certaines choses que tu ferais mieux d'abandonner entièrement. Ne te gonfle pas toi-même, arrête de tourner en rond avec tes pensées. Ne surcharge pas ton corps de tes pensées, de tes émotions, de ton inquiétude et de tes angoisses. Laisse ta tête se détendre et mettre tranquillement de l'ordre dans les choses ; ensuite tu pourras lâcher prise, balayer tout ce qui est inutile et ne plus y prêter attention ! »

Le Thé représente la cordialité, la générosité. Celui qui a une grande envie de Thé peut être généreux envers lui-même en premier lieu ; il est évident qu'il agira de même envers les autres. Il peut s'accorder à insérer en temps utile des moments de répit et de récréation. Il a besoin de temps en temps de simplement se retrouver, dans le calme et dans la détente. Lorsqu'il sent que "maintenant ça suffit" - dans quelque domaine que ce soit-, il doit pouvoir arrêter. S'il ne le fait pas, son système nerveux protestera. Il ne doit jamais dépasser ses limites, il doit écouter son rythme intérieur.

Il lui faut le temps pour digérer certaines choses ; il ne doit à aucun égard s'accabler d'une "surdose". Il a besoin d'une certaine "mesure", d'une certaine régularité, d'un certain équilibre... travailler - se reposer ; d'une part s'imprégner des choses en s'ouvrant et en s'engageant de façon active et d'autre part les assimiler, les digérer ; action - détente. Agir... méditer.

Le caractère du Thé est pareil à celui d'une Dame raisonnable qui règle tout, qui veille à ce que tout reste en équilibre, à ce que par exemple une personne ne soit pas avantagée au détriment d'une autre, à ce qu'on n'exagère ni dans l'un sens ni dans l'autre. Elle veut faire le bien d'une manière qui est égale pour tous. Elle est équitable parce qu'elle a trouvé en elle(même l'Équilibre, avec une sagesse tranquille. Elle ose faire entendre un coup de sifflet quand quelque chose n'est pas en ordre, quand on dépasse certaines limites ! Lorsque l'être humain n'est pas vraiment équitable, lorsqu'il dépasse certaines bornes ou lorsqu'il exagère dans un certain domaine, alors Madame Thé tire la sonnette d'alarme pour prévenir et pour rappeler à l'ordre ! Elle aime les structures claires, quoiqu'elle ne soit pas aussi extrême que ce plan que le grain de Riz.

Celui qui a envie de Thé se perd parfois trop dans des détails et dans des phénomènes accessoires ; il fera bien de se conduire lui-même vers les voies principales de la vie et de ne pas trop en dévier ! Pour ne pas gaspiller de l'énergie, pour ne pas avoir la tête lourde de soucis, il est nécessaire qu'il poursuive son chemin de façon équilibrée. Il a besoin de toujours marcher au milieu de la route, de façon à ne pas pencher ni trop à gauche, ni trop à droite.

Il veillera à ne pas tomber dans des extrêmes : la pensée et la rumination ou la nervosité et l'émotionnel, l'activité exagérée ou l'oisiveté paresseuse, l'enthousiasme extatique ou l'indolence apathique. Il a besoin de se conduire par la main de façon Magistrale et de s'avertir de ne jamais trop dévier de l'Allée Centrale ! S'il lâche le pilier médian solide qui est en lui, il risque de "dérailler" dans un sens ou dans un autre. Il devra respecter son système nerveux. il a un grand besoin de STABILITÉ intérieure. Il apprendra à sentir et à écouter sa Base intérieure solide.

Il sera fort comme le fer s'il tient toujours le Milieu et s'il ne se porte pas vers le bord de l'un ou l'autre gouffre, s'il se laisse guider par le Patron Sage qui est en lui !

Cela signifie qu'il ne doit pas s'éloigner e lui-même en suivant un autre, qu'il doit en toutes circonstances rester "lui-même", de sorte qu'il ne dévie pas trop de sa propre Voie Principale. Son système nerveux réclame la présence u JE dans la solide Échine centrale, sans qu'il ne fourvoie dans un imbroglio d'occupations fiévreuses, dans lequel il risque e s'abandonner à la folie de ses nerfs les plus petits. Il devra toujours se sentir relié à sa Base intérieure ; il ne doit pas se jeter avec un élan vertigineux dans une situation en risquant de perdre tout contrôle de soi. Il a besoin de relâche, de trouver la tranquillité... afin de digérer les choses qu'il a vues, dont il a fait l'expérience (ou au sens propre, qu'il a mangées). Il doit pouvoir mettre de l'ordre dans ses idées, sans s'énerver à des détails ; il devra toujours considérer en lui-même les "choses principales" et éliminer les détails inutiles. Il ne doit rien laisser "fermenter" dans sa tête ; il ne doit pas se mettre martel en tête ! Il faut qu'il apprenne à tout digérer, à tout assimiler, sans se laisser aveugler par des choses moins importantes sur lesquelles il se focalise. Pour voir, pour comprendre, pour digérer et pour méditer sereinement les Choses Principales, il faut de la maîtrise, une vue d'ensemble claire, une vision exacte des choses, et de la confiance.

Une grande envie de Thé exprime qu'il faut travailler au système de communication à l'intérieur du JE : l'être humain s'efforcera de faire collaborer en harmonie les différents facteurs de son être. Il faut qu'il "pèse" calmement les choses, qu'il y réfléchisse mûrement et qu'il laisse coopérer les sentiments et le rationnel en leur permettant de marcher la main dans la main.

Il ne trouvera le calme que lorsqu'il sera parvenu à cet état harmonieux en lui-même.

A suivre

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Voir aussi l'article sur le Camélia.


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