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  • Anne

La Verveine




Étymologie :

  • VERVEINE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. xiie s. bot. (Gloss. de Tours, éd. L. Delisle ds Bibl. Éc. Chartes, 6e série, t. 5, 1869, p. 331 : verbena vel vervena, ro. vervaenna) ; 1259 jus de le vervainne (Remèdes pop. [ms. Cambrai 351, fol. 312 b], éd. A. Salmon ds Ét. rom. dédiées à G. Paris, 1891, p. 256) ; 2. a) 1826 infusion de verveine (Balzac, Physiol. mariage, p. 94) ; b) 1842 désigne le parfum (Banville, Cariat., p. 46) ; c) [1874, Gobineau, Pléiades, p. 74 : l'absorption de certaines plantes infusées ou distillées, ainsi que la verveine] 1904 désigne la liqueur (Nouv. Lar. ill.). Du lat. verbēnnae, plur. « rameaux de laurier, d'olivier, de myrte, de verveine, réunis en faisceau, en bouquet » (soit pour frapper un traité, soit pour purifier, soit pour faire une infusion, une décoction [Celse], André Bot., p. 327) ; verbēnnae est devenu *vervēnnae p. assim.

Lire également la définition du nom verveine pour amorcer la réflexion symbolique.


Botanique :


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Fleurs de Bach :

D'après Les Douze "Guérisseurs" et autres remèdes (1ère édition 1941, traduction française Centre Bach 2011) du Dr Edward Bach :

La fleur de verveine est préparée "Ceux qui ont des principes et des idées bien arrêtées, qu’ils assurent être justes et dont ils changent très rarement. Leur grand désir est de convertir tous ceux qui les entourent a` leur propre point de vue sur la vie. Ils ont une volonté forte et beaucoup de courage quand ils sont convaincus de ce qu’ils désirent enseigner. Malades, ils luttent longtemps encore alors que beaucoup auraient déjà renoncé à leurs fonctions."

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Selon Mechthild Scheffer, auteure du coffret de cartes Les Fleurs du Dr Bach, le chemin de l'harmonie psychique (1997, traduction française : Médicis-Entrelacs, 2001), la fleur de verveine est "la fleur de l'enthousiasme" qui nous guide dans le processus de transformation "du zélé missionnaire... au porte-drapeau".

Message de la carte :

Quelle est la vérité que je dois mieux comprendre ?

Tout être humain a le devoir de réaliser son propre plan de vie, ni plus, ni moins. Cela signifie qu'il faut savoir reconnaître ses propres limites et savoir respecter celles des autres, suivant le principe qu'" il y a beaucoup de chemins qui mènent à Rome".

Quelle est la décision qui pourra me reconnecter avec mon Guide intérieur ?

En toute première ligne, je suis responsable de moi-même. Avant de me lancer à fond dans une idée, je prends quelque distance, j'accepte la discussion et j'apprends beaucoup de la réaction de mes interlocuteurs.

Ces signes me permettent de voir que mon potentiel positif de Vervain s'accroît :

Même si je déborde d'enthousiasme pour une idée, je suis à même d'écouter et de tenir compte des conceptions et des réactions des autres. J'ai un contact plus authentique avec mes semblables et je suis plus détendu dans mes discussions.


État d'âme négatif : Autoritarisme - Exigence vis-à-vis des autres : On se surmène physiquement par excès de zèle pour une bonne cause ; on a un comportement missionnaire, voire fanatique.

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Selon le site http://lesouffledessimples.com/, la fleur de verveine pourrait s'exprimer ainsi :


L'accomplissement est ma justice. Ici esprit et matière on la même capacité à danser.

Tout ce qui vient au monde a la place qu'il mérite. Tout ce qui s'éteint a aussi sa place.

Chaque être mérite d'accomplir la tâche qui est attendue de lui. Celui qui dévie de cela n'est plus dans le présent, dans l'action Je donne à l'intellect le vide,

au sexe le plaisir de la création

au cœur la plénitude,

au corps la santé,

et à la conscience je donne le point du centre intérieur.

C'est ainsi que je suis libre, sans excès, dans le repos d'un rapport ouvert.


La Verveine officinale est une plante médicinale ancestrale douée d’innombrables vertus.

Aujourd’hui, on ne peut que s’étonner de la destitution qui la réduit au rôle insignifiant d’infusion apaisante, mais ne pas la confondre avec la Verveine odorante ou Verveine citronnelle.

Curieux destin pour cette petite plante, dédiée à l’Amour.

Elle pousse sur un sol perturbé, pierreux, où l'herbe a du mal à s'implanter.


Par son élixir :

Elle nous apprend que les grands idéaux s'atteignent sans stress ni précipitation. Verveine aide notre âme à rester liée avec les étoiles et à mieux connaître notre destin.

Verveine déploie la tolérance, la patience et l'ouverture d'esprit. Elle apprend que faire avec douceur, tranquillement, sans contrainte ni stress, est la voix du juste. Elle calme l'excès, l'enthousiasme exagéré, la rigidité dans les principes. Elle ouvre la conscience à employer plusieurs types d'énergie à l'intérieur de nous, et surtout celle du repos et de la retraite qui est une énergie active et efficace particulièrement constructive.

Mots-clefs : Enthousiasme – Simplicité – Liberté.

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012), la maxime associée à la verveine (Verbena officinalis) pourrait être : "Chance : la science infuse"


Une utilisation simple : Il suffirait de toucher un brin de verveine pour ressentir aussitôt un bonheur et un bien-être indicibles. Croyant aux vertus égayantes de la plante, les Romains aspergeaient d'ailleurs les salles de banquet avec de l'eau où avait baigné des verveines. Ne dit-on pas également qu'une telle plante placée dans sa bouche induirait des sentiments amoureux chez autrui ou qu'une tige de verveine, introduite chez soi, est capable de refouler à elle seule les valeurs ? Plus fou encore, frotter le plante contre sa peau ferait apparaître instantanément l'objet de tous nos désirs ! Moralité, on a tout à gagner à avoir de la verveine chez soi !

Un cadeau empoisonné... Certes la verveine assure de nombreux bienfaits à son propriétaire, mais ce n'est pas toujours sans risques ni terribles conséquences, loin s'en faut ! Prenons par exemple les dames blanches, ces êtres surnaturels apparaissant au milieu de la nuit et qui, dans les Cornouailles anglaises, offrent parfois une tige de verveine aux humains croisés sur leur chemin. La quantité de feuilles présentes sur le rameau renseignera les bénéficiaires sur le nombre d'années de bonheur et de succès que leur apportera la plante offerte. Le seul hic, c'est qu'une fois ce temps révolu, celui qui aura accepté ce don verra son âme appartenir au diable !

En Allemagne, une verveine géante n'apparaissant qu'une fois dan l'an fait rêver et frémir tout à la fois. Jugez donc ! Dans la nuit du 30 avril au 1er mai, cette plante surgit de la montagne de Brocksberg où sorciers et démons se réunissent pour débattre de son attribution. Celui qui, juste avant l'aube, parvient à arracher et à porter la lourde plante sur son dos, régnera en maître sur le monde. Faut-il encore qu'il parvienne sain et sauf jusque chez lui ! Il paraît que cette région regorge de dépouilles de malheureux ayant été" assassinés sur le chemin du retour...

Dopant naturel : Les vachers du canton de Fribourg avaient coutume de placer un rameau de verveine dans leur jarretière afin d'escalader sans peine les montagnes suisses. Il faut croire que cette réputation est parvenue à l'oreille des diablotins de Charente-Maritime puisqu'ils faisaient de même pour cheminer et danser pendant des heures sans s'épuiser ! Voila qui pourra inspirer les marathoniens car un brin de verveine déposé dans sa chaussure permettrait de ne pas ressentir la fatigue. Aucun risque d'être contrôlé positif !


De l'eau dans le gaz : La verveine est connue pour faire office d'entremetteuse amoureuse, son parfum serait par exemple un atout de séduction imparable. Pourtant, à de rares occasions il est vrai, cette plante pourrait engendrer des disputes de couple. Réduite en poudre et placée entre les deux protagonistes, elle serait source de disputes pouvant mener à une séparation. Celui qui reçoit une verveine cueillie à l'Assomption pourrait devenir maladivement jaloux..."

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Surnommée "herbe de Vénus", "herbe aux sorciers", "herbe sacrée", "herbe à tous les maux", ou "guérit-tout", la verveine est, avec la mandragore, une des plantes les plus puissantes en magie. Les Anciens la vénéraient particulièrement : ils s'ne servaient pour balayer les autels de Jupiter, et pour frapper "les textes de lois, ainsi que les contrats pour bien montrer qu'il n'émanaient pas seulement de la puissance temporelle, mais que les dieux veillaient aussi à leur bonne application". C'est en outre avec une infusion de cette plante que les druides, après l'avoir récoltée selon un rituel mystérieux, lavaient leurs autels avant les sacrifices. Chez les Germains, les prêtresses s'en couronnaient ainsi que les prêtres gaulois chargés de prédire l'avenir, et recouraient à la divination par la verveine ou botanomancie.

Les Romains s'en offraient des bouquets au nouvel an pour porter bonheur, arrosaient les salles de banquet d'eau dans laquelle trempait de la verveine pour égayer l'assemblée. Au Moyen Âge, Albert le Grand conseillait toujours, pour « donner de la joie et du divertissement à une compagnie dans un repas », d'arroser le lieu des réjouissances avec du vin dans lequel avaient infusé quatre feuilles de verveine. De plus, rien qu'en la touchant, elle devait procurer bien-être et bonne humeur.

La verveine est surtout une « plante d'amour », connue dans le monde gallo-romain pour ranimer la flamme et, à ce titre, dédiée à Vénus. Les recettes pour se faire aimer sont très nombreuses. Certaines exigent une mise en scène, comme celle-ci du XVIIe siècle :

Le premier vendredi de la nouvelle lune, il faut avoir un couteau neuf et aller cueillir une verveine. Il faut se mettre à genoux, la face tournée vers le soleil levant et, coupant la dite herbe avec le couteau, dire : « Sana isquina safos : je te cueille, herbe puissante, afin que tu me serves à ce que je voudray. » Puis vous vous lèverez sans regarder derrière vous. Etant dans votre chambre, vous la ferez sécher et pulvérisez et vous ferez avaler cette poudre à la personne.


Pour faire naître chez autrui de tendres sentiments, on peut également se contenter de se frotter les mains du jus de la plante et de toucher celui ou celle dont on veut se faire aimer. « Ce secret a été souvent éprouvé », soutient Albert le Grand, qui voit l'explication dans le fait que « son sac fait beaucoup de sperme ». En outre, la plante qui rend amoureux « procure le savoir-faire aux jeux d'Eros » : il suffit, paraît-il, de se pendre au cou un sachet contenant trois graines de verveine pour briller par ses prouesses. Il est vrai que son seul parfum est déjà en lui-même considéré comme un philtre d'amour très puissant, bien que l'on soutienne en Bretagne qu'en avoir constamment sur soi rend chaste. D'ailleurs, on croyait au XVIIe siècle que placer de la verveine en poudre entre deux amoureux provoquait une dispute et les séparait. Celle qui a été cueillie le jour de l'Assomption ou la veille de la Saint-Jean, à midi pile, rend jalouse la personne à qui on la donne.

Sa racine, attachée autour du cou, soigne les écrouelles, les ulcères et l'incontinence. Se rouler dans un champ de verveine était un remède du XVIe et XVIIe siècle contre la lèpre. Récoltée lorsque le soleil est dans le signe du Bélier, et mélangée à de la graine de pivoine, la verveine prévient les crises épileptiques. En emplâtre, elle est très efficace contre les hémorroïdes ; en poudre, elle guérit, par application, une morsure de serpent, la prudence recommandant d'ailleurs pour se protéger des reptiles d'ne porter un peu sur soi. Contre une hernie, il suffit d'en cueillir et de la brûler le jour de la Saint-Jean ; contre les maladies de peau, de la récolte humide de rosée (Roussillon), et contre les maux de reins, de l'arracher une nuit de mai et de pleine lune en marchant à reculons (Morvan).

On dit dans la Vienne qu'uriner sur de la verveine porte bonheur ; les Landais, de leur côté, urinaient sur la plante neuf jours de suite, après y avoir déposé du pain et de l'ail, pour faire passer la fièvre. La verveine fait venir le lait aux chèvres, ainsi qu'aux femmes qui en porteront trois branches récoltées en récitant le Pater noster et l'Ave Maria.

De plus, la verveine, qui donne de la puissance aux bergers, rend les lutteurs vigoureux et évite la fatigue, met à l'abri des mauvaises rencontres lorsqu'elle est placée dans les chaussures. En Suisse, placée dans une jarretière, elle permettait d'« escalader facilement les montagnes ». Les enfants qui en porteront seront bien élevés, éveillés, fais et aimeront les sciences. Pour ceux qui veulent dormir profondément et sans cauchemar, il leur faut placer près de leur lit quelques feuilles fraîches de la plante.

Un pied de verveine sauvage que l'on aura cueilli à midi pile en récitant cinq Pater et cinq Ave puis mis aussitôt en pot porte bonheur aux habitants d'une maison ou d'un appartement (en Espagne, a verveine porte-bonheur se récolte le jour de la Saint-Jean). En cas de querelle avec une personne, s'agenouiller devant cette plante et formuler une prière, suffit à se réconcilier, à moins qu'on ne préfère partager une tisane de verveine, procédé convenant parfaitement aux amoureux fâchés. La verveine était déjà emblème de la paix chez les Latins, où les ambassadeurs appelés verbenarii (de Verbena officinalis, le nom savant de cette plante) en portaient une branche à la main ; elle symbolisait également la propriété agricole, d'où la croyance que « celui qui possédait un brin de gazon avec de la verveine devenait invulnérable ». Plantée dans une terre ou une vigne, elle assure d'excellents récoltes, même si Albert le Grand soutenait qu'elle engendrait des vers dont le seul contact faisait mourir les hommes. En haute Bretagne, on mettait un brin de verveine dans les branches des pommiers pour qu'ils donnent beaucoup de fruits et on en frottait la volaille pour la vendre à bon prix. Dans un colombier, elle attire tous les pigeons des environs. Elle préserve même une maison des voleurs (à Bayeux) et, cueillie à la Saint-Jean, détourne le tonnerre (Normandie).

En aspergeant les maisons infectées par une maladie avec de la verveine trempée dans de l'eau lustrale, ou en en accrochant une branche à la porte, de préférence en forme de croix, on chasse les mauvais esprits. Les chasseurs qui attribuaient à un mauvais sort leur déveine frottaient de cette plante leur fusil.

On affirme en Cornouailles (Angleterre) que les dames blanches (sortes de fées) tendent aux personnes rencontrées un brin de l' « herbe sacrée » : « Si l'on accepte ce talisman, on sera dote d'autant d'années de puissance et de joie que la branche a de feuilles ; mais au bout de ce temps, l'âme de celui qui aura conclu le marché appartiendra au diable. » En Allemagne, pendant la nuit du 30 avril au 1er mai (nuit de Walpurgis), sorciers et démons, réunis sur la montagne du Brocksberg (massif du Harz), se disputaient la possession d' « une verveine gigantesque qui sortait de terre uniquement cette nuit-là et rendait Prince de ce monde celui qui réussissait à s'enfuit en la portant sur son dos, car elle pesait aussi lourd qu'un chêne de cinq ans ».

Pour savoir si une personne a quelque chance de survivre à une maladie, il faut se rendre à son chevet, de la verveine dans la main, et questionner le malade sur son état. S'il paraît confiant, sa guérison est assurée mais s'il gémit sur son sort, le pire est à redouter. Le sorcier guérisseur, de son côté, pour identifier le mal d'un patient, laissait macérer dans du vinaigre trois branches de verveine cueillie à la lune descendante. Au bout de trois jours, « au lever du jour, il reconnaît, à la manière dont les feuilles sont entrelacés, de quelle maladie son client est atteint ».

La récolte de cette plante magique, effectuée de préférence un mardi, un jeudi ou un vendredi du mois de mai à l'« heure de Vénus », s'accompagne de certaines prescriptions, Pline, en son temps, conseillait une nuit sans lune, car nul ne devait assister à ce qui était considéré comme un péché. On disait aussi de ne pas regarder la racine de la verveine en raison de ses émanations dangereuses et si, comme nous l'avons vu plus haut, certains s'en approchaient à reculons, c'était pour surprendre les démons désireux de faire échouer l'opération. Pour écarter les mauvaises influences, un certain nombre d'invocations étaient en usage, ainsi que des conjurations ordonnant à la plante de conserver ses vertus, comme la suivante : « Je t'ordonne, au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit, par les soixante-douze noms mystiques de Dieu et par les quatre évangélistes, les quatre anges, de n'envoyer aucune de tes vertus dans la terre. Sois toujours mienne et en mon pouvoir, avec les vertus avec lesquelles Dieu l'a créée. » Certains manuscrits conseillent en outre de déposer la plante sur un autel et de faire dire pour elle une ou neuf messes selon la version.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi la Verveine (Verbena) : "Il s'agit d'une plante vivace que l'on retrouve en Amérique du Nord et en Europe à l'état sauvage.

Propriétés médicinales : La propriété la plus répandue de cette plante st son effet de tranquillisant naturel lorsque prise en infusion. Ceci dit, c'est aussi un excellent remède dans les cas de fièvre et de congestion de la gorge. Prise froide, cette infusion est un tonique.


Genre : Féminin.

Déités : Vénus ; Isis ; Osiris ; Junon.


Propriétés magiques : Protection ; Purification ; Guérison ; Paix.


Application : L'encens de cette plante a toujours servi pour les rituels de purification et de protection.

RITUEL POUR TROUVER LA PAIX AVEC UN ENNEMI :

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle blanche

  • de l'encens d'oliban

  • une pincée de verveine séchée

  • une enveloppe blanche

  • une photographie de la personne (ou son nom inscrit sur une feuille de papier)

Rituel :

Vous pouvez pratiquez cette invocation au moment de la pleine lune, quel que soit le jour.

Allumez votre chandelle et votre encens, puis passez la photo (ou le papier) au-dessus de la fumée d'encens en répétant trois fois les mots suivants :

Ennemi, ennemi, transforme-toi en ami

Que toute discorde disparaisse entre nous

Ennemi, ennemi, transforme-toi en ami

Que le vent de l'amitié passe entre nous.


Placez la photo (ou la feuille) dans l'enveloppe, ajoutez-y la verveine, cachetez l'enveloppe et oubliez-la au fond d'un tiroir."

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Symbolique celte :

Selon Philip et Stephanie Carr-Gomm dans L'Oracle druidique des plantes, Travailler avec la flore magique de la Tradition (édition originale 1994 ; traduction française, 2006), les mots clefs associés à cette plante sont :

en "position droite : Réconciliation - Awen - Magie

en position inversée : Conflit - Obstacles - Quête d'amour.

La verveine vit dans la plupart des régions de l'Europe, de l'Afrique du Nord et de l'Asie. Plante pérenne atteignant 80 cm de hauteur, on la voit généralement sur le bord des chemins et dans les collines. Ses petites fleurs inodores vont du rosâtre au lilas pâle, portées par des tiges feuillues au mois de mai. Les feuilles ont in goût amer, astringent.

La carte montre une plante en fleur, un rayon de miel posé en offrande à côté d'elle. Des baies magiques de sorbier pendent de l'arbre qui la surplombe, et on voit au loin n lièvre qui a laissé ses traces près de la verveine.


Sens en position droite. Si vous pouvez imprégner votre vie d'un sentiment de magie, vous avez de la chance : la tristesse et les obstacles apparents semblent s'éloigner de vous comme s'ils n'étaient pas les bienvenus. Un cycle bénéfique est mis en mouvement, si bien que nos bonnes intentions et actes suscitent des actions positives de la part d'autres personnes, ce qui, à son tour, améliore notre vie. Les druides font des offrandes de miel ou de lait aux plantes qu'ils ramassent. Cet acte rituel véhicule la gratitude et le désir de ne pas prendre de la Terre sans lui donner quelque chose en retour. Si vous avez tiré cette carte, vous entamez un tel cycle de par vos propres actes de bonté. Jadis, on croyait que la verveine favorisait le règlement des disputes - cette carte annonce qu'on fait appel à vous pour résoudre un conflit ou réconcilier deux positions opposées. De plus, elle peut suggérer que vous serez inspiré dans votre vie créative (l'inspiration est appelée awen par le druidisme). La créativité, comme tout ce qui existe dans la nature, est cyclique, et il se peut que vous entamiez un nouveau cycle d'épanouissement créatif.

Sens en position inversée. La verveine, sacrée pour Vénus, est associée depuis l'Antiquité à l'amour magique. Tirer cette carte dit que vous êtes en quête d'amour. Une manière d'approcher cette quête universelle est de chercher cette qualité en vous plutôt qu'à l'extérieur. Si vous arrivez à vous ouvrir à la magie inhérente de la vie et à recevoir l'inspiration satisfaisant votre potentiel créatif, vous êtes plus susceptible d'attirer l'amour dans votre vie - que ce soit sous la forme d'un partenaire ou des amis positifs qui apprécient votre créativité et pensent comme vous.


Le nom de la verveine vient du celte ferfaenawen, "éloigner une pierre", référence à la croyance ancienne qu'elle aide à expulser les calculs rénaux. Sur un plan symbolique, il se peut que cette carte signale votre besoin de dépasser le conflit ou les obstacles qui entravent le bon fonctionnement de votre vie. En encourageant l'awen la force magique de l'inspiration qui, pour les druides, est omniprésente, les circonstances de votre vie commenceront à changer et à favoriser l'expression de votre amour et de votre créativité, au lieu de l'entraver. Ce faisant, vous constaterez également que des situations tendues ou conflictuelles commencent à s'apaiser, permettent la médiation ou même la réconciliation.

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La plante du sorcier

Jadis, la verveine était tenue pour si sacrée et portait une foule de noms reflétant la considération qui lui était accordée : plante de l'enchanteur, herbe sacrée, plante du sorcier. Sur l'île de Man, on l'appelait tout simplement Yn Lus, l'herbe ou Yn Ard Lus, l'herbe du chef. Ceux qui la cueillaient dans le Lancashire, devaient réciter un charme : "Sanctifié par toi, verveine, si tu pousses dans la terre."

L'Histoire naturelle de Pline l'Ancien mentionne la verveine parmi les quatre simples utilisés par les druides anciens. les trois autres étant le gui, le selago (probablement le lycopode sélagine) et une plante qu'il appelle samolus, qui pourrait être un samole aquatique, une pimprenelle aquatique, une fleur de Pâques ou un mouron d'eau. Selon Pline, les druides cueillaient la verveine juste avant la floraison, à la Lune noire, au lever de Sirius. Elle devait être coupée avec une faucille et tenue seulement de la main gauche, après avoir fait une offrande de miel à la terre. On la considérait comme une panacée. En Gaule, la verveine était utilisée pour la divination et la prophétie.

Les druides modernes pensent que la verveine stimule la circulation de l'inspiration (awen) puisque, selon le poème La Chair de Taliesin, c'était l'un des ingrédients du chaudron de Ceridwen. Le poème, découvert dans un manuscrit du XIIIè siècle, a été indiscutablement inspiré par un texte plus ancien. Les autres ingrédients énumérés sont 'écume de mer, les baies de sorbier, la ficaire et probablement le sisymbre sagesse.

Une infusion de feuilles peut être versée dans le bain ou bue pour favoriser l'inspiration créative. les bottes de verveine peuvent décorer l'autel ou balayer rituellement votre espace sacré."

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Marc-Louis Questin, dans La Tradition Magique des Celtes (1993, réed. 2016), nous apprend que :


"Les Gaulois considéraient la verbena comme une herbe sainte. Selon Pline, ils l'employaient pour tirer les sorts et prédire l'avenir". Marcellus ne lui connaît d'autre emploi que les maux d'yeux. Apulée la recommandait mâchée à jeun, pour calmer la douleur dentaire. Dans le Nord de la France, on la nommait encore récemment "l'herbe à la double vue" et on la considérait comme favorisant l'exaltation, l'extase et le sommeil. En Bretagne, où on l'appelait "louzaouenn ar groaz", l'herbe de la Croix, elle passait pour défendre celui qui la portait contre tout maléfice. Les Druides lui accordaient la propriété de guérir toutes les maladies, de détruire les maléfices, d'inspirer la gaieté... Elle était en grande vénération chez les Anciens qui se couronnaient de Verveine et en ornaient leurs temples.

D'elle devaient aussi se munir ceux qui s'en allaient chercher des trésors sous les menhirs de Plouhinec quand ils allaient boire à la rivière d'Etel.

Selon un propos recueilli par Jules Gros en Tregor, la verveine servait à faire un onguent "da denna ar gwad blanset" pour extraire le sang meurtri. On en fait également des emplâtres pour les rhumatismes, les lumbagos, les sciatiques, les maux de tête, en prenant soin auparavant de la mettre à bouillir dans du vinaigre.

L'infusion de verveine est un remède excellent pour les maux d'yeux. Faites bouillir ses feuilles dans du vinaigre, deux poignées de verveine pour un litre de vinaigre : mettez- un linge à tremper et appliquez-le comme une compresse sur les côtés, les reins ou le front quand vous avez des maux de tête. La Verveine broyée avec du sel et appliquée sur les coupures arrête le sang. Pour guérir les fistules et les ulcérations, écrasez bien finement des feuilles de verveine ; mélangez-les avec une cuillerée de farine de seigle et deux blancs d’œufs. Mettez ce mélange sur la blessure ; renouvelez souvent cette application et vous guérirez. Les ovates, pour chasser les mauvais esprits, aspergeaient les habitations d'eau lustrale où trempait une branche de Verveine. De l'Île de Sein, on venait autrefois sur le continent cueillir la Verveine à la pointe de Lervily en Esquibien. Plante sacrée de la Gaule, son nom vient du celte ferfaen. Les guérisseurs et les sorciers gaulois la faisaient entrer dans diverses compositions et dans les philtres d'amour. On lui reconnaissait d'innombrables vertus : guérir l'épilepsie, les fièvres et les angines, soigner les contusions, les maladies de peau. Les Grecs et les Latins tenaient cette Verveine, consacrée à Vénus, en très haute estime pour son pouvoir bénéfique.

A la fois apéritive et digestive, elle excite l'estomac à sécréter et lutte ainsi contre les vertiges, les migraines, les somnolences provenant d'une mauvaise digestion. Elle est tonique, antispasmodique (utile contre la nervosité, la toux, l'insomnie, les angoisses). Elle nettoie l'organisme et fait tomber la fièvre, resserre les tissus et prépare la guérison des plaies ou des infections.

[Ajout de La Médecine druidique (1990 nouvelle édition identique 1997) du même auteur] : Elle est indiquée contre les maladies du foie (jaunisse), de la rate (congestion) et des reins (diurétique), les affections fébriles, la faiblesse générale, les règles douloureuses et irrégulières.

En décoction légère : 50 g de plante séchée pour un litre d'eau ; tremper à froid pendant dix à quinze minutes ; chauffer et faire bouillir seulement quelques secondes ; laisser infuser dix minutes, 3 ou 4 tasses par jour.

La même décoction, en un peu plus corsée, peut s'appliquer en compresses pour nettoyer et cicatriser les plaies et les ulcères ; elle est indiquée en gargarismes contre les maux de gorge ; badigeonnée sur le front et les tempes, elle calme les maux de tête.

Cataplasmes de verveine : prendre deux grosses poignées de plante fraîche écrasée que l'on fera bouillir seulement quelques secondes dans le minimum de vinaigre de vin. Appliqués le plus chaud possible, ces cataplasmes sont couramment utilisés à la campagne en cas de lumbago et de points de côté douloureux."

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Mythologie :


Tony Goupil, dans un article intitulé "Croyances phytoreligieuses et phytomythologiques : plantes des dieux et herbes mythologiques" (Revue électronique annuelle de la Société botanique du Centre-Ouest - Evaxiana n°3 - 2016), cherche à déterminer les plantes associées par leur dénomination aux divinités antiques :


La verveine (Verbana officinalis), herbe sacrée qui était censée chasser le démon, possède de nombreux noms gréco-latins et se trouve associée à plusieurs divinités. On l’a nommée tour à tour Herculanea (la verveine fait partie des « herbes d’Héraclès » au même titre que l’achillée millefeuille ou la scrofulaire), Persephonion. On la nomme encore « sang de Mercure » ou « larmes de Junon ». John Gérard, célèbre botaniste anglais de la Renaissance, mentionne ces noms dans son Histoire des plantes (je cite ses propos « Juno’s teares », « Mercuries moist Bloud »). L’allusion au sang de Mercure est probablement due à ses propriétés vulnéraires et emménagogues.

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Littérature :


La Marjolaine et le Verveine


La marjolaine et la verveine

La marjoveine et la verlaine

La verjolaine et la marveine

Chez Catherine ma marraine

On fait son lit de marjolaine

Et de verveine.

Robert Desnos, "La marjolaine et la Verveine" in Chantefables et chantefleurs, 1951.

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