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  • Anne

Le Piment de Cayenne



Étymologie :

  • PIMENT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. 1664 bot. (Tarif, 18 sept. ds Littré : poivre du brezil ou piment) ; 2. 1836 fig. « ce qui donne du piquant à quelque chose » (Balzac, Lys, p. 228). Empr. sém. à l'esp. pimiento « plante potagère des régions chaudes, cultivée pour ses fruits qui servent de condiment » (fin du xve s. ds Cor.-Pasc.), du b. lat. pigmentum « aromates, épices », lui-même issu du lat. class. pigmentum « matière colorante », v. pigment. On note également l'a. fr. piment « baume, épice odoriférante » (1121-34, Philippe de Thaon, Bestiaire, 484 ds T.-L. ; déjà pimenc « id. » à la fin du xe s., Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 349) et « boisson faite de vin, de miel et d'épices » (ca 1100, Roland, éd. J. Bédier, 2969) qui remonte au b. lat. pigmentum.


Lire également la définition du piment pour aborder la réflexion symbolique.

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Botanique :


Selon Jean-Marie Pelt, auteur d'un ouvrage intitulé Des Légumes (Éditions Fayard, 1993) :


Il y a pigment et piment ; les deux mots ont la même origine. Pigment signifie au sens propre « matière colorante » ; mais le mot avait au Moyen Âge le sens d'épice, d'aromate. Pierre le Vénérable interdit les pigments aux religieux dans les statuts qu'il élabora en 1132 pour l'ordre de Cluny ; il ne s'agit pas à l'époque de piments au sens moderne du terme, mais d'une boisson préparée anciennement avec du miel, des épices et du vin, et passablement « pimentée ».

Les recherches archéologiques menées en Amérique centrale ont permis de préciser que le piment était consommé au Mexique 7 000 ans avant notre ère. Les premières cultures dateraient de 5 000 ans avant Jésus-Christ, faisant ainsi de ce végétal l'un des premiers cultivés par l'homme sur le continent américain.

Il est découvert par Christophe Colomb dès son premier voyage, et décrit comme un poivre consommé par les indigènes. Le mot poivre était alors employé, car la recherche de cette épice était l'un des objectifs majeurs de l'expédition. Pierre Marty signale que Colomb avait rapporté en Espagne un poivre très piquant. Or, cette épice si précocement découverte devait se révéler être la seule grande épice du Nouveau Monde.

Bien que la botanique des Capsicum soit des plus complexes, on s'accorde à penser que les piments appartiennent à deux espèces principales : le Capsicum annum, ou gros piment, et le Capsicum frutescens, ou petit piment. Dans les deux cas, le fruit est une baie verte rougissant à maturité, peu charnue et renfermant de nombreuses graines ; celle de Capsicum frutescens est plus petite et d'un beau rouge corail.

Le gros piment serait originaire du Brésil, et on le cultive dans de nombreux pays, comme l'indiquent d'ailleurs ses différents noms : poivre d'Inde, poivre du Portugal, poivre de Guinée, poivre d'Espagne, etc. Le petit piment, ou piment de Cayenne, qui appartient à l'espèce Capsicum frutescens, est encore nommé « piment enragé » en raison de sa saveur âcre et très brûlante ; il est, au sens propre comme au sens figuré, « le piment du piment ». On le cultive dans les régions tropicales et subtropicales. Plus épice que légume, à la différence du gros piment ou poivron, il entre dans la composition des carys ou currys, et dans l'assaisonnement des couscous.

Au carrefour du légume, de l'épice et du médicament, le piment de Cayenne a de fortes propriétés rubéfiantes et révulsives. Il figure à ce titre dans plusieurs pharmacopées, tandis que les poivrons doux sont prioritairement à usage alimentaire.

Il serait long et fastidieux d'établir la carte gastronomique mondiale des piments. Aux Antilles et en Amérique du Sud, ils composent la pimentade, un ragoût de poissons. Ils agrémentent aussi le riz et le poulet à la créole. Et que serait le couscous sans la harissa ? Les Italiens apprécient la caldo di pimento, et les Hongrois le goulash au paprika, nom local du piment. Il entre en Espagne dans les chorizos, saucissons très relevés. En Afrique, il améliore la saveur du manioc. Au Mexique, il entre dans les tortillas. Dans le monde anglo-saxon, il est l'un des composants de base de condiments complexes, les piccalillis ou pickles. Il entre aussi dans la composition des curries indiens ou anglais. La salade de Belzébuth mérite bien son nom, relevée qu'elle est de piments de Cayenne mélangés aux poivrons, haricots et amandes.

Les piments contiennent des principes colorants, des principes piquant et des principes alimentaires.

Les principes colorants sont cousins de ceux de la carotte et de la tomate. Le carotène, principal pigment de cette série chimique, est accompagné d'une série de dérivés : capsanthine et capsorubine (responsables de la teinte rouge feu des piments), zéaxanthine (qui colore aussi en orange les grains de maïs), cryptoxanthine... Certains de ces pigments sont des provitamines A ; en d'autres termes, l'organisme les transforme en vitamine A.

Les principes piquants sont pour l'essentiel la capsaicine, huile jaunâtre à la saveur brûlante. Le piment enragé peut en contenir jusqu'à 1% ; en revanche, le poivron doux en contient cent fois moins.

Les vitamines des piments sont les vitamines B1, B2 et C. La vitamine C y est si abondante que le Hongrois Szent Gyorgiy l'isola pour la première fois du paprika en 1933. Le poivron en contient jusqu'à 0,40% ; mais le piment enragé en contient beaucoup moins.

Si le poivron est à vocation essentiellement alimentaire, le piment enragé sert en revanche de médicament révulsif contre les rhumatismes, les lumbagos et les névralgies : on utilise les teintures ou extraits de piment, mais non la capsaicine elle-même, notamment trop irritante et agressive.

Mais il est des applications moins innocentes des piments : ainsi, certains poisons de flèches contiennent du piment enragé, car il favorise la diffusion rapide des toxines dans l'organisme. En revanche, contrairement à la légende, le piment n'est nullement aphrodisiaque.

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Drs Mathieu Pasquier et Fabrice Dami, Pr Bertrand Yersinnous mettent en garde contre les effets nocifs de certains fruits et légumes dans un article intitulé "Fruits et légumes : peuvent-ils être dangereux ?" (paru dans la Revue Médicale Suisse, 2013 ; 9 : 1483-7) :


Capsaïcine

Tout est-il bon dans le piquant du piment ?


Il n’est pas un être humain qui n’ait été exposé aux effets du piment ! Le piment rouge et ses frères et sœurs du genre capsicum sont consommés mondialement sous forme crue ou cuite, ou encore sous forme d’extraits largement utilisés dans l’industrie alimentaire. Toutes les espèces de piment et leurs extraits contiennent un alcaloïde commun, la capsaïcine, découverte en 1919. Populairement doué de toutes les qualités (revigorant, aphrodisiaque, antibactérien et antiparasitaire, parmi d’autres…) ou de tous les défauts (carcinogène, diarrhéique, induisant des hémorragies hémorroïdaires ou des douleurs à la défécation), ses effets pharmacologiques et toxicologiques avérés sont moins connus. Son action immédiate sur les muqueuses, voire sur la peau en cas de haute concentration, est connue de tous, par la sensation immédiate d’une brûlure intense, effet médié par l’action de la capsaïcine sur les terminaisons nerveuses des neurones afférents de type C. Il s’agit du même effet recherché dans l’usage des «sprays au poivre» comme arme de défense ou d’arme incapacitante par les forces de l’ordre. En cas de contact accidentel avec les yeux, une douleur intense et immédiate survient, accompagnée d’un blépharospasme et d’une anesthésie de la cornée, effets suivis d’une résolution usuellement complète après une heure. Au niveau digestif, peu d’effets ont été documentés, que ce soit sur la fonction gastrique ou intestinale, à l’exception d’un reflux gastroœsophagien lors de l’ingestion chronique d’extraits de piment. Consommés en grande quantité, les piments peuvent provoquer des crises hypertensives. Chez l’animal, outre la salivation et l’érythème cutané, l’administration orale de capsaïcine à haute dose produit des troubles moteurs, une bradypnée et une hypotension qui peut évoluer jusqu’au décès. La consommation chronique de piment est connue pour augmenter le métabolisme de base par un effet thermogénique sur le tissu adipeux, arguant pour une action «anti-obésité» de sa consommation. Sur le plan oncologique, l’effet carcinogène sur l’estomac et la vésicule biliaire a été suggéré par quelques études épidémiologiques contestées sur le plan méthodologique, alors qu’inversement, la capsaïcine dispose d’effets antimitotiques en laboratoire sur certaines lignées de cellules tumorales.

Le traitement symptomatique de la douleur induite par le contact du piment avec les muqueuses ne repose que sur l’attente de la résolution des symptômes survenant généralement dans les minutes suivant l’exposition, voire sur la prescription d’un anesthésique topique au niveau des conjonctives.

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Les piments doux (comme le paprika ou '"piment de Hongrie") et les piments dit "enragés" (de Cayenne ou chillies), sont utilisés traditionnellement dans les charmes d'amour. En Hongrie, les femmes tressaient en  forme de croix des tiges de la paprika : suspendues au-dessus du lit, ces croix assuraient la fidélité de leur conjoint. Au Mexique, on brûle des piments rouges "chillies" pour les "retours d'affection" et on en répand les cendres à un endroit où l'on est sûr que la personne que l'on veut s'attacher va marcher.

Dans toute l'Amérique centrale, les piments forts (de Cayenne et chillies) servent dans des rites d'envoûtement.

Selon une croyance mauricienne, du piment rouge placé sur la façade d'une maison refoule le mauvais œil.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Poivre de Cayenne (Capsicum frutescens) :


"Il s'agit d'une plante vivace tropicale qui peut atteindre un mètre et dont les fruits broyés donnent le poivre de Cayenne.


Propriétés médicinales : En poudre et en capsule, le poivre de Cayenne est utilisé comme stimulant ; il aide aussi à accroître la résistance au rhume et à la grippe. En infusion, il peut soulager les crampes abdominales. Comme c'est un excitant, on s'en sert pour activer la circulation et pour soulager les douleurs arthritiques et rhumatismales.


Genre : Masculin.


Déités : Mars ; Thor ; Zeus et toutes les déités de la guerre.


Propriétés magiques : Fidélité ; Mauvais sort.


Applications : SORTILÈGE ET SUPERSTITION

Si vous soupçonnez votre conjoint de "regarder ailleurs", procurez-vous deux piments frais ; nouez-les en croix avec un ruban rose et placez-les sous votre lit.


BOUTEILLE POUR CONJURER LE MAUVAIS SORT

Ce dont vous avez besoin :

  • deux chandelles, une noire et une blanche

  • de l'encens de sang-de-dragon

  • une bouteille

  • des épingles, des aiguilles, des clous, des lames de rasoir (en quantité suffisante pour remplir votre bouteille ; tous ces objets peuvent être usagés)

  • du poivre noir (moulu ou en grains)

  • du poivre de Cayenne

  • un bouchon de liège (pour boucher votre bouteille)

  • de la cire noire pour sceller la bouteille (un bout de chandelle noire fait l'affaire)

Rituel :

Allumez vos deux chandelles, faites brûler l'encens, puis remplissez votre bouteille en mettant un à un les objets comme les aiguilles, les épingles, etc. Mélangez ensuite le poivre noir et le poivre de Cayenne, et videz le mélange dans votre bouteille par-dessus les objets qui s'y trouvent déjà. Imaginez que chacun de ces objets attire vers lui le mauvais sort et les influences négatives qui vous troublent. Bouchez la bouteille et scellez-la soigneusement avec la cire de chandelle noire. Placez-la ensuite bien en évidence et, chaque fois que vous la regardez, visualisez les énergies négatives convergeant vers elle. Cette bouteille attirera à elle toutes les énergies négatives de votre maison et les emprisonnera."

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