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  • Anne

Le Thym


Étymologie :

  • FARIGOULE, FÉRIGOULE, FRIGOULE, subst. fém.

Étymol. et Hist. I. 1528 férigole (Platine, De honneste volupté, f°36 r°ds Gdf. : le thym ou ferigole), attest. isolée ; à nouv. en 1838 farigoule (Ac. Compl. 1842 : vieux nom du Serpolet) et en 1869 férigoule (A. Daudet, Lettres de mon Moulin, éd. Fasquelle, p. 327 ds Burns, p. 27). II. 1548 frigole (Platine, Honneste volupté, p. 69 ds Roll. Flore t. 9, p. 26) ; 1600 frigoule (O. de Serres, Théâtre d'agric., V, 11, p. 411). I empr. au prov. ferigoulo, farigoulo « id. » (Mistral), a. prov. ferigola (1150, Commentarium magistri Bernardi provincialis super Tabulas Salerni ds Pansier t. 3, p. VIII), ferrigola (fin du xiiie s., Matfre Ermengaud, Breviari d'amor, éd. G. Azaïs, 7061, t. 1, p. 242) qui vient d'un b. lat. *fericula « [plante] sauvage » (du lat. ferus « sauvage »). Fericula est attesté au viie s. ds CGL t. 2, p. 328, 29 comme équivalent de θ η ρ α ́ φ ι ο ν « petit insecte ». Selon une autre hyp. (v. Bertoldi ds R. Ling. rom. t. 2, pp. 154-156), l'a. prov. fer(r)igola remonterait à un b. lat. ou lat. médiév. *ferricula, formé à partir du rad. du lat. ferrum « fer », sur le modèle de noms bot. comme auricula, lenticula, sanicula et représentant, de même que la forme attestée en b. lat. ferraria « sauge verveine ; épiaire » (André Bot., TLL s.v.), un essai de trad. du gr. σ ι δ η ρ ι ̃ τ ι ς qui désigne diverses plantes, dont quelques labiées comme la crapaudine, l'épiaire, le petit pin (Liddell-Scott, André Bot.). *Ferricula a très bien pu désigner le thym qui est aussi une labiée. II empr. au prov. frigoulo (1549, H. Solerius, Scholiae... ds Roll. Flore t. 9, p. 27).

  • SERPOLET, subst. masc.

Étymol. et Hist. Ca 1500 serpoullet (Jard. de Santé, I, 429 ds Gdf. Compl.) ; 1510-12 serpolet (J. Lemaire de Belges, Illustrations de Gaule, II, VIII ds Œuvres, éd. J. Steicher, t. 2, p. 82). Dér., à l'aide du suff. -et*, du m. fr. serpol « thym sauvage » (1387-91 Gaston Phébus, Chasse, éd. G. Tilander, 6, 48, p. 80), issu, prob. par l'intermédiaire de l'a. prov. (1er quart xiiie s. serpol Daude de Pradas, Dels auzels cassadors, éd. E. Monaci, 2297 et 2807 ; mil. xiiie s. [ms.] sarpol, Recettes méd., éd. Cl. Brunel ds Romania t. 83 1962, § 37, p. 151), du lat. serpullum « serpolet » (empr. au gr. ε ́ ρ π υ λ λ ο ν « id. », de ε ́ ρ π ε ι ν « se traîner péniblement », avec s- comme dans serpere « ramper » (gr. ε ́ ρ π ε ι ν)).

  • THYM, subst. masc.

Étymol. et Hist. xiiie s. tym (Simples Medecines, éd. P. Dorveaux, p. 80). Empr. au lat. thymum, lui-même empr. au gr. θ υ ́ μ ο ν, forme dorique de θ υ ́ μ ο ς « espèce de sarriette », et qui chez Pline a été utilisé pour désigner, en Gaule, le thym.


Lire également les définitions des noms farigoule, serpolet et thym pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Farigoule ; Serpolet.

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Selon Alain Christol, auteur d'un article intitulé '"Matris animula « serpolet »: médecine et folklore autour d’un phytonyme." (Pallas. Revue d'études antiques, 2017, no 103, pp. 219-227) :

[...] D’autre part il existe des variétés sauvages et des variétés cultivées, dont les différences, minimes au départ, ont pu s’accroître avec les efforts des herboristes. Le serpolet est souvent présenté comme une variété sauvage du thym domestique, d’où l’un de ses noms anglais, wild thyme. Il en résulte que, pour l’étude des noms du serpolet, il faut utiliser les informations transmises sur le serpolet, bien sûr, mais aussi sur le thym et la sarriette, voire l’origan.

Serpillus « serpolet » est un mot latin, malgré la graphie hellénisante serpyllus ; une explication plausible en ferait le diminutif d’un *serpulus « (thym) qui rampe », avec le suffixe d’agent -ulus (pour le sens, on comparera anglais creeping thyme). Thymus « thym » est emprunté au grec θύμoν (Eupolis, ve s. av. J.-C.) ou θύμoς (Dioscoride), qui désigne une variété de sarriette ou de thym, différente de celle qui pousse en Méditerranée occidentale (Bonet, 1993, p. 12).


Isidore de Séville donne deux notices étymologiques sur le thym et le serpolet :

(2) Timum appellatum quod flos eius odorem refert. (Isid. Etym. 17, 9, 12)

« Le thym doit son nom au fait que sa fleur dégage une odeur forte. »

3) Erpillos quod apud nos serpillus uocatur pro eo quod radices ipsius longe serpiant, eadem et matris animula propter quod menstrua moueat. (Isid. Etym. 17, 9, 51)

« La plante ἕρπυλλoν (« serpolet »), qui est appelée chez nous serpillus, doit son nom au fait que ses racines serpentent au loin ; la même (est appelée) aussi matris animula parce qu’elle facilite les menstrues. »

La première notice est inexplicable à l’intérieur du latin ; elle s’éclaire en grec où θύμoν « thym » est proche phonétiquement de θύω « brûler en offrande aux dieux », proximité renforcée par l’emploi ancien du thym dans les offrandes aux dieux. (Thymiama (gr. θυμίαμα) « encens, fumigation » est à l’origine d’all. Thymian « thym », slovaque tym (...))


« Pour Philochore d’Athènes (frg. 194) [...], c’est le ‘thym’ (thúmos) qui aurait fourni l’aliment des sacrifices les plus anciens… Pourquoi le ‘thym’, qui désigne en grec une espèce de sarriette [...] si ce n’est parce que son nom, thúmos, le désigne clairement comme l’espèce arbustive la plus apte à produire de la fumée (thumiân), principe et fondement de l’acte sacrificiel » (Détienne, 1972, p. 75).


Pour la seconde notice, la source d’Isidore est inconnue.


Le thym, l’énergie vitale et le sacrifice

Le double lien de θύμoς « thym » avec θύω « brûler en offrande » et θυμός « énergie vitale », implicite dans les notices d’Isidore, fait partie du savoir hérité chez les Modernes. On peut citer, à titre d’exemple, le botaniste suisse Gaspar Bauhin qui mentionne ces étymologies dans son tableau des plantes (Pinax Theatri Botanici) :

(7) Satureia : Θύμβρα forte ἀπὸ τοῦ θύειν ob fragrantiam dicitur ipsa satureia. At satureia aliis a saturando dicta quod cibis loco condimenti addatur. Alii a Satyris nomen traxisse putant eo quod coitus marcescentes stimulat. (Pinax, p. 218)

« Satureia : θύμβρα (peut-être du grec θύειν à cause de son parfum) est un nom de la sarriette. Mais pour d’autres le nom satureia est dérivé de saturare « rassasier » parce qu’on l’ajoute aux mets comme condiment. D’autres pensent qu’elle tire son nom des Satyres, du fait qu’elle stimule ceux qui manquent de tonus dans le coït. »

(8) Thymus : θύμoς ἀπὸ τοῦ θυμoῦ quod iis qui animi deliquium patiuntur adhibeatur ; alii ἀπὸ τῆς θυμ<ι>άσεως καὶ τῆς θυῆς deducunt, quod hoc veteres in sacris quae igne accenso fiebant primum usi sint. (Pinax, p. 219)

« Thymus vient de θυμός parce qu’il est administré à ceux qui souffrent d’un manque d’énergie ; d’autres le dérivent de θυμίασις « fumigation (sacrificielle) » et de θυή « offrande dans le feu » parce que les Anciens l’utilisèrent d’abord pour les rites qu’on accomplissait dans les flammes d’un feu. »

[...]

Mater comme femme – les vertus du thym

Isidore est un compilateur qui n’utilise pas des données de première main ; il est probable, vu l’étymologie qu’il donne, qu’il a trouvé matris animula dans l’œuvre d’un médecin. Mais l’absence d’autres attestations dans le corpus médical latin semble indiquer que l’origine de la lexie est à chercher plutôt dans une tradition populaire tardive, ignorée des mythographes mais recueillie par un médecin à qui elle semblait pertinente.

La première explication qui vient à l’esprit est de voir en mater un équivalent métonymique de matrix ; le thym serait l’animateur de la matrice, son θυμός. Si une telle métonymie n’est guère attestée, elle est en accord avec le rôle du thym en gynécologie9. Les médecins antiques évoquent les bienfaits des infusions de thym ou de serpolet comme tonifiant et régulateur des fonctions corporelles, en particulier pour les femmes :

[...]

« (Le thym), en décoction dans de l’eau réduite au tiers, est bon pour les retards des femmes ou si le fœtus est mort dans l’utérus. »

« Pris dans la nourriture [...] (le thym) provoque les menstrues chez les femmes, fait sortir les restes (de placenta) restés collés à l’utérus et même les fétus mort-nés. »

« Le thym pilé et bu avec du vin accélère l’accouchement. »


Les noms slaves du serpolet et du thym

Plus de 1000 ans après Isidore, la même plante est toujours désignée par la même lexie. Les langues slaves appellent le thym et/ou le serpolet « petite âme maternelle » : [...].

Sachant que l’imaginaire des locuteurs fonctionne indépendamment de l’origine historique des désignations, on peut poser la question : dans ces dénominations, que représente « mère » pour les locuteurs ? Les données suggèrent que trois interprétations étaient en concurrence :

  1. la mère est femme et reproductrice,

  2. la mère est mère de famille et éducatrice, entourée de ses enfants,

  3. la Mère est une divinité protectrice, Déesses Mères, Vierge Marie ou Bogorodica des Orthodoxes.

Jusqu’à l’époque moderne, la médecine populaire a utilisé le thym à des fins thérapeutiques ; dans son enquête sur les traditions médicales des campagnes polonaises, M. Hensłowa a noté le rôle important de la macierzanka (thymum serpyllum) dans la médecine des femmes ; elle est le remède de la matrice par excellence ; elle stimule les règles (macierzanka miesiące pobudza), ce qui rejoint la justification étymologique d’Isidore : propter quod menstrua moueat.


Voir suite de l'article dans la rubrique Symbolisme.

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Botanique :


Selon les recherches de Suzanne Amigues, auteure de « L'odyssée des aromates », (La pensée de midi, vol. 13, no. 3, 2004, pp. 53-59) :

[...] Du civet de lapin à la ratatouille et même aux figues sèches, le thym parfume tout en Provence et ailleurs dans l’ouest du bassin méditerranéen. Au-delà de la botte italienne, il disparaît, remplacé par le thym dit “en têtes” parce que ses rameaux durs, presque épineux, se terminent par des inflorescences globuleuses dont les bractées sont imbriquées comme les tuiles d’un toit. C’est une excellente plante mellifère, qui a valu sa réputation au miel de l’Hymette, la haute colline qui domine Athènes. A cet aromate plus puissant que délicat, on préférait dans la Grèce classique une espèce locale de serpolet, le “thym de Sibthorp” de son nom savant, que l’on cultivait en le faisant ramper sur la margelle d’un puits ou en le laissant retomber d’un muret en pierre sèche.




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Bienfaits thérapeutiques :


Dans leur mémoire de Master en Génie des procédés intitulé Etude rhéologique des formulations préparées à base de l’huile essentielle du Thymus Serpolet. (2018), Ousmane Sokona et Fouzia Khoualdia rappellent les vertus du thym pour les Anciens :


L'utilisation du thymus dans la vie humaine date depuis très longtemps, il était dédié à Vénus parce qu’il apportait de l'énergie vitale pour le corps. Aetius, est un célèbre médecin grec du Vème siècle, recommandait le thym pour les sciatiques, les douleurs des reins et de la vessie, la colite et les ballonnements, pour les mélancoliques et ceux qui un esprit troublé. Au XIème siècle, Hildegarde et Albert le mentionnent contre la lèpre, la paralysie et les maladies nerveuses.

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Symbolisme :


Roberte Hamayon a décrit différents rituels chamaniques dans lesquels le serpolet a des vertus purificatrices certaines :


Le rituel d'animation combine aux invocations des libations et un sacrifice animal. Puis viendra le lavement aqueux proprement dit : les neufs fils devront, d'un faisceau de branches de bouleau trempé dans l'eau de source bouillante aromatisée de serpolet et d'écorce d'épicéa, fustiger le dos nu du chaman, en lui faisant prêter serment de « se rendre, même à pied, chez tout pauvre qui viendrait le chercher, et de ne lui prendre en retour que ce qu'il peut donner, car il lui faut toujours compatir et se soucier des miséreux sans leur marchander son secours, et intercéder en leur faveur auprès des esprits vengeurs pour que ceux-ci les épargnent ; de se rendre, même à dos de taureau, chez tout riche qui l'appellerait, sans exiger non plus trop de sa part pour ses services » ; contraignante injonction en somme, d'être sans cesse à la complète disposition des autres...


(Conférence de Mme Roberte Hamayon. In : École pratique des hautes études, Section des sciences religieuses. Annuaire. Tome 85, 1976-1977. 1976. pp. 77-87).

Une collecte préalable auprès des membres du clan, si éloignés soient-ils, permet de réunir les ingrédients nécessaires : animaux sacrificiels5, alcool de lait6 et autres denrées, peaux de petits carnassiers, récipients. Le rite s’ouvre au matin dans la yourte d’un vieux, par une purification des accessoires rituels et des assistants (1).


1) Les accessoires sont fumigés à l’aide d’un morceau incandescent d’écorce d’épicea ; les assistants doivent, au sortir de la yourte, enjamber un feu aromatisé de serpolet ou de bruyère. À ce feu chaque maître de maison purifie la « part » xubi (alcool et récipients) qu’il apportera sur la montagne.


(Roberte Hamayon, Marchandage d’âmes entre vivants et morts.

Systèmes de pensée en Afrique noire, 1978, no 3, p. 151-179).

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Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, il y a deux entrées :


Une entrée Thym : Le thym, qui serait né des larmes de la belle Hélène, entrait dans les compositions d'embaumement des Égyptiens et des Étrusques. De leur côté, Grecs et Romains le brûlaient pour honorer leurs dieux. Ses propriétaires médicinales étaient connues des siècles avant notre ère : la plante apaisait les personnes atteintes de mélancolie ou d'affections démoniaques tandis que, selon Pline, s'allonger sur un matelas de thym calmait les crises épileptiques. Au Moyen Âge, Albert le Grand conseillait son emploi contre la lèpre, la paralysie et les lésions de la peau dues aux poux.

A la même époque, les femmes avaient coutume de brider sur l'écharpe des chevaliers une branche de thym surmontée d'une abeille, pour les rendre fidèles à l'engagement qu'ils avaient contracté auprès d'elles et pour les enjoindre à manifester autant de fougue et d'impétuosité que de douceur.

Dans le midi de la France, du thym placé en croix avec du romarin sur les portes le jour de la Saint-Jean éloigne sorciers et fées. Le diable en a également horreur d'autant qu'à la place du thym, il ne voit lui que des serpents menaçants.

En porter sur soi donne courage, dynamisme, résistance physique, esprit d'entreprise et créativité et procure la longévité. Les femmes, cependant, ne doivent pas en faire un usage excessif car elles « risquent d'être virilisées ». En revanche, un homme qui a une maîtresse au fort appétit sexuel à tout intérêt à mettre du thym dans l'endroit où se trouvent ses sous-vêtements et ses caleçons : « il ne manquera pas de porter ce longe chaque fois qu'il aura rendez-vous avec cette dame, il sera alors capable de lui rendre des hommages qui auraient comblé de bonheur Messaline en personne ».

Selon un usage de Calabre, boire une décoction de thym permet de voir « ce que les mortels ne voient habituellement pas ».

En Angleterre, où l'on croit que les fleurs de thym abritaient autrefois les âmes des morts, sentir l'odeur de la plante dans un endroit où il ne s'en trouve pas est le signe qu'un assassinat y a été jadis commis.


Et une entrée Serpolet : Celui qui a mangé du serpolet est à l'abri des animaux sauvages et venimeux ; cette herbe est en outre un remède aux morsures. On dit parfois qu'il ne faut pas demeurer trop longtemps au voisinage de cette plante car elle peut entraîner la folie (Franche-Comté).

Jeter du serpolet dans la tombe encore ouverte d'un mort empêche son âme de venir importuner les vivants : cette plante aurait le pouvoir de maintenir dans l'au-delà les âmes qui ne sont pas au paradis.

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Selon Marguerite Erroux-Morfin, auteure de l'article intitulé « Sombre chélidoine, glauque printemps », (ENiM 3, 2010, p. 43-51) :


Le thym et le serpolet appartiennent à la même famille, celle des Labiées. Ces deux plantes sont aromatiques et entrent dans la confection de couronnes. Dans les paysages de la mythologie grecque, c’est le serpolet qui est cité le plus souvent. Le glissement entre le serpolet et le thym est dû à un usage littéraire et justifié par une certaine ressemblance. Le serpolet semble ne pas être attesté en Égypte.

[...]

Nous nous proposons d’étudier chaque plante en suivant la progression donnée par le poète tout en montrant que le choix des plantes est adapté à la Basse-Égypte. Parmi les labiées, le thym y est présent, où deux espèces croissent principalement sur la côte méditerranéenne et les oasis du désert libyen, à savoir le T. bovei Benth. et T. capitatus L. Son nom, en égyptien, est connu, au Nouvel Empire, sous la forme ṯj.t (T. bovei), dans un contexte de poésie amoureuse où il entre dans la confection d’une couronne tressée. (1)

Dans les Bucoliques grecs, le Thymus serpyllum L. est aussi cité avec « le narcisse odorant, l’hyacinthe, les roses resplendissantes », pour décrire la prairie où Europe est enlevée, selon le récit fait par Moschos.


1) La variante hiéroglyphique ṯȝty se retrouve dans S. SAUNERON, Un traité égyptien d’ophiologie, BiGen 11, Le Caire, 1989, p. 100-101. Cette plante est utilisée comme « remède contre la vipère à cornes ». D’après les auteurs anciens comme Dioscoride et Pline l’Ancien, c’est le serpolet qui serait efficace contre les serpents. Il doit s’agir d’une médecine par magie sympathique. En effet, le serpolet émet des rameaux rampants au sol d’où son nom – serpullum, serpyllum. Le thym et le serpolet sont bien inscrits à la pharmacopée française pour leurs constituants principaux dont les propriétés sont antiseptiques, antispasmodiques, anthelminthiques et vulnéraires. Le serpolet n’existe pas en Égypte. Ces plantes peuvent aider à la cicatrisation de la plaie, à calmer la douleur d’une piqûre. Dans la médecine des Anciens, l’aspect de la plante rampante se transforme en propriété positive : l’antidote contre le venin des bêtes rampantes, serpent, scolopendre, scorpion. L’odeur du serpolet brûlé les met aussi en fuite, cf. PLINE l’ANCIEN, Histoire naturelle, XX, 245. Trancher pour déterminer de quel thym il s’agit est hors de notre propos, d’autant plus que les exemples sont peu nombreux dans les textes égyptiens. Dans tous les cas, c’est un Thymus. Il est à remarquer que les Berbères marocains utilisent eux aussi un terme générique pour toutes les labiées à odeur de thym, cf. J. BELLAKHDAR, La pharmacopée marocaine traditionnelle, Paris, 1997, p. 359.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Éditions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Thym (Thymus vulgaris) :


"Cette plante atteint une hauteur d'environ 30 centimètres ; elle est bien connue des jardiniers pour son odeur épicée et ses feuilles délicates.


Propriétés médicinales : Il s'agit d'une plante aux propriétés médicinales multiples ; la plus commune est, certes, son utilisation en extrait ou en infusion pour traiter les maux de gorge et les bronchites. Une infusion tiède peut aussi aider à soulager la diarrhée et la gastrite. Des bains, avec quelques gouttes d'huile de thym (ou quelques plantes fraîches), soulagent les douleurs arthritiques et rhumatismales.

Genre : Féminin.


Déités : Perséphone ; Vénus ; Morphée


Propriétés magiques : Guérison ; Purification ; Psychisme.


Applications :

BAIN MAGIQUE DU PRINTEMPS

  • Afin de mettre de côté tous les problèmes et les peines de votre passé et d'aller de l'avant, voici un bain magique qui vous aidera à vraiment renaître au printemps.

Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle mauve ou lilas

  • de l'encens de chèvrefeuille, de muguet ou de lilas

  • un bouquet de thym frais.

Rituel :

Faites couler un bain très chaud et placez votre bouquet de thym dans l'eau pendant que celle-ci coule. Allumez votre chandelle et votre encens, puis entrez dans votre bain et faites couler de l'eau entre vos mains tout en énumérant les peines et les problèmes de votre passé. Voyez-les couler avec l'eau pour disparaître et vous quitter. Détendez-vous pendant une dizaine de minutes, puis dites :


Perséphone, toi qui reviens des enfers à chaque printemps

Permets-moi de marcher à tes côtés d'un pas lent

Afin que mes troubles et mes peines me quittent

Qu'ils restent derrière moi et me libèrent de leur poids

Que je puisse goûter le renouveau de la vie

Perséphone, aide-moi.


Détendez-vous en imaginant que vous sortez de la noirceur après un long hiver et que le printemps fleurit partout autour de vous."

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Alain Christol, auteur d'un article intitulé '"Matris animula « serpolet »: médecine et folklore autour d’un phytonyme." (Pallas. Revue d'études antiques, 2017, n°103, pp. 219-227) part de l'étymologie pour retrouver une part du symbolisme antique de cette plante. Ainsi, à partir de l'appellation matris animula donnée par Isidore, il développe les hypothèses suivantes :


Mater comme mère de famille – une légende tchèque

Si les vertus médicales du thym sont bien connues dans les campagnes, les locuteurs semblent avoir interprété mateřídouška et ses équivalents dans un autre cadre, celui des légendes qui font naître les plantes des souffrances humaines ou du corps de défunts. Dans le recueil de contes tchèques recueillis et réécrits par Karel Jaromír Erben, le récit initial (Kytice « Bouquet ») explique pourquoi une plante est appelée mateřídouška « petite âme maternelle » :


« Une mère mourut et fut mise en terre. / Elle laissait des orphelins. Ils venaient chaque matin, / Cherchant leur mère chérie. La mère eut alors pitié de ses chers enfants, / Son âme (duše) revint et prit la forme d’une plante aux petites feuilles, / dont elle couvrit sa tombe.


Les enfants reconnurent leur mère au parfum (poznaly po dechu). Ils la reconnurent et se réjouirent. / Et l’humble plante qui les consolait ils l’appelèrent ‘petite âme maternelle’ (mateřídouškou nazvaly). » (Erben, 1901, p. 23, trad. A. C.)

On a un jeu fondé sur la famille de slave dŭxŭ « souffle », soit en tchèque dech « souffle », duch « esprit », duše « âme » ; l’exhalaison (dech) du serpolet est son parfum, fort et persistant. Serpolet et thym, comme la lavande dans les maisons françaises, étaient utilisés pour parfumer la literie et la désinfecter en chassant les parasites, donnant leur odeur aussi à celle qui s’en servait, la mère de famille. On peut alors se demander si les enfants n’ont pas reconnu leur mère au parfum qu’elle utilisait de son vivant. Ce qui expliquerait pourquoi ils font immédiatement le lien entre le parfum du serpolet et leur mère, point sur lequel le conte reste muet.

Le lien lexical entre « souffle, âme » et « arôme », rencontré pour latin animula et tchèque dech / duše, existe aussi en russe :

« En russe dialectal, dušica (‘petite âme’) désigne des plantes odorantes, en particulier l’origan » (Merkulova, 1967, p. 138).


On évoquera pour finir l’explication métaphorique que proposait Syreniusz (Symon Syreński), botaniste polonais du XVIe siècle : dans les maladies graves où l’âme pourrait quitter le corps, la macierzanka retient l’âme et (re)donne la vie, comme le ferait une mère.


Mater comme mère divine

Une troisième interprétation, qui ferait de mater la mère de Dieu, est attestée en Russie. Dans cette langue, à côté de tim’jan « thym » emprunté à l’allemand, il existe de nombreuses dénominations locales, dont des représentants du thème est-européen *kimbro-14. Une désignation relève plus particulièrement du champ lexical qui fait l’objet de cette étude, à savoir bogorodskaja trava, bogorodničnaja travka « herbe de la Mère de Dieu (Bogorodica) » :

« Parmi les herbes de la Mère de Dieu (Bogorodica) la première place est occupée, de toute évidence, par le ‘thym rampant’ (timi’jan polzučij) ou čabrec, Thymus serpyllum L » (Kolosova 2010, p. 98).


Bogorodskaja trava est probablement l’adaptation chrétienne d’un forme comparable à matris animula. Certains rites, inséparables des vertus thérapeutiques et magiques du thym, sont probablement des rites païens christianisés, comme le fait d’orner de thym ou de serpolet les icones de la mère de dieu le jour de la Dormition (Uspenie).


En Grèce, la plante nommée ἑλένιoν serait née des larmes versées par Hélène, abandonnée sur une île (...)

On utilisait aussi le pouvoir désinfectant du serpolet, perçu comme magique, dans la vie courante : lors d’un décès, on bénissait des herbes de la Bogorodica, qui servaient ensuite à purifier la maison16 ; on en faisait aussi des fumigations pour les vaches qui venaient de vêler, pour les pots à lait afin d’éviter que le lait ne tourne. Cette place de la plante dans le rituel a engendré un récit étiologique : le serpolet est né des larmes versées par Marie ; d’où le nom régional plakun :

« Plakun ‘thym’ est dérivé de plakat’ ‘pleurer’ : diverses plantes, dont le thym, seraient nées des larmes versées par la Vierge devant le corps de son fils » (Kolosova, 2010, p. 99).


V. Kolosova (ibid.) cite un poème où est posée la question : « Pourquoi la plante plakun estelle appelée la mère des plantes ? ». Une réponse est donnée : « Des larmes que la Mère a versé sur son fils est née la plante plakun, la mère des plantes. » La plante associée à la Mère devient la mère des plantes, cheminement sémantique qui pourrait éclairer l’anglais mother of thyme.


Mother of thyme – mother of herbs

On retrouve en effet la mère dans un nom anglais du serpolet, mother of thyme, attesté au xviie siècle :

Serpolet : m. running time, wild time, creeping time, mother of time, Puliall mountaine, Our Ladies Bedstraw (Cotgrave, 1611).


N. Culpeper, botaniste du XVIIe siècle, distingue le thym (common garden thyme) et le serpolet (wild thyme, mother of thyme). Les vertus médicales qu’il prête au thym sont celles que mentionnent les médecins antiques :


(Thyme) being a notable herb of Venus, provokes the terms, gives safe and speedy delivery to women in travail, and brings away the after-birth (Culpeper, 1880, p. 371).


Un autre nom de plante contient le nom de la mère, motherwort « agripaume (Leonurus cardiaca) », plante dont on pensait qu’elle pouvait apaiser les douleurs de l’enfantement, nouvel exemple des liens entre médecine et onomastique :

‘Mother of Thyme’ was probably derived from the use of the plant in uterine disorders, in the same way that ‘Motherwort’ (Leonurus cardiaca) has received its popular name for use in domestic medicine (Grieve, 1931, online).


À date plus ancienne, dans une formule magique contre le poison (vieil anglais du IXe siècle), le plantain est appelé « mère des herbes », peut-être en raison de son importance dans la pharmacopée antique :

Ond þu, wegbrade, wyrta modor... (Nine Herbs Charms, v. 7)

« And, you, Waybread (Plantain), mother of herbs... »

Il y a eu convergence entre un calque de matris animula, *mother’s thymethyme vaut à la fois θύμoς et θυμός, et une épithète « mère de plantes », qui souligne l’importance d’une plante, peut-être dans ses liens avec une Mère divine, comme en Russie.

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Fabrice Fenouillère, dans Des Plantes et des hommes (Éditions Galéa, 2017) consacre un article au Thym :


Un baron à la guerre de Troie

Plante rampante, amoureuse des terrains secs et dégageant une étonnante odeur de cumin, le thym est un aromatique pétri de qualités et sait de plus nous offrir une version de son espèce typiquement nustrale : le thym corse, qu’on ne retrouve à l’état sauvage, que dans notre île, aux Baléares, en Algérie et en Sardaigne...


Plutôt rare donc, celui-ci appartient pourtant à la grande famille des Thymus, comptant plus de 300 cousins et cousines à travers la planète et dont le plus lointain ancêtre serait né, selon la légende, suite à un enlèvement.

Sans doute l’enlèvement le plus célèbre de l’histoire, d’ailleurs : celui de la belle Hélène, fille de Zeus et épouse du roi de Sparte. C’est un certain Pàris, prince troyen, qui fit prisonnière celle que l’on considérait alors comme la plus belle femme au monde et qui déclencha par ce rapt, la fameuse guerre de Troie.

Des larmes d’Hélène, reine captive sombrant dans le désespoir, naquit ainsi le tout premier bouquet de thym, qui deviendra l’herbe parfumée des dieux...

Dès lors, l’homme ne cessera de s’en servir pour honorer les puissants, lui permettant d’accompagner les momies égyptiennes dans leur dernier voyage, d’être mêlé aux onguents des étrusques, d’embaumer les temples grecs, de parfumer le bain des soldats romains et même, un peu plus tard, d’orner l’écharpe des chevaliers combattant en tournois ou d’honorer la boutonnière des notables souhaitant éviter les mauvaises odeurs et les microbes véhiculés par le petit peuple...

Notable justement, le thym Corse semble l’être, si l’on s’en tient à son nom insulaire, l’erba barona, littéralement « l’herbe à baron ». Pourtant chez notre hôte du maquis, point de personnalité à particule.

Il faut, en effet, voir dans cette appellation une référence au baron de bœuf ou d’agneau, un morceau de viande comprenant la selle et deux gigots, autrefois fréquemment cuisiné en compagnie de cet aromatique.

Enfin, n’oublions pas que s’il sait flatter nos papilles, le thym sait tout autant prendre soin de notre santé. Les petites molécules actives qu’il contient, le thymol et le carvacrol, sont en effet capables de soulager la toux, les digestions difficiles ou la mauvaise circulation sanguine, d’atténuer les rides trop prononcées et d’apaiser le mal dû à des caries...

Un grand seigneur finalement ce baron !

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Symbolisme alimentaire :

Pour Christiane Beerlandt, auteure de La Symbolique des aliments, la corne d'abondance (Éditions Beerlandt Publications, 2005, 2014), nos choix alimentaires reflètent notre état psychique :


Le Thym représente la « femme-homme » vigoureuse et solide qui est fière de sa force et des muscles de ses bras, et dont le torse et ses glandes, ainsi que les muqueuses, bouillonnent de vitalité, d'énergie et de fécondité. il y a une présence abondante de forces fertiles, et surtout de ce qu'on appelle à présent des énergies créatrices féminines. C'est une source potentielle. Tout comme les pis de la vache, la sphère du Thym offre une grande production ; elle lâche prise avec facilité. Elle fait en sorte que la vie reste « féconde » ; elle est continuellement prête à produire et à tout garder en condition parfaite durant les périodes de repos, lorsqu'il n'y a pas de production proprement dite. Elle entretient le dynamisme de la vie d'une manière souple. L'être humain reste toujours ouvert au nouveau et il abandonne aussitôt l'inutilisable. Dans la sphère du Thym, l'être humain garde ses poumons largment ouverts ; il respire à pleins poumons, les remplissant joyeusement d'air, et il est fier de pouvoir occuper SON espace à lui, en tant qu'être humain !

Celui qui aime l'odeur et le goût du Thym montre ainsi qu'il veut produire, qu'il veut à tout moment se sentir utile, actif et heureux dans ses actes Créateurs féconds, et grâce à eux. Cet humain veut participer à la vie ; il veut vraiment se mettre au centre de la vie ! Il se sent bien en agissant, en réalisant, en donnant libre cours aux forces vitales qui veulent le parcourir, d'une façon généreuse, souple et juteuse. La sphère du Thym prend part à la vie d'une manière enthousiaste, généreuse et cordiale !

Celui qui aime cette sphère du Thym veillera à ne pas trop orienter ses désirs vers ce qui est "extérieur " à lui ; il peut donner son corps à lui-même, il peut enfanter des fruits, mais il ne s'accrochera pas à ses fruits ni n'en fera dépendre son existence. Ce qui compte avant tout, c'est l'ÊTRE, le fait d'être présent de façon créatrice. Quant aux fruits qui en résultent, il faut immédiatement lâcher prise avec eux et les laisser aller avec amour. Ce n'est que de cette façon-là que cet humain peut devenir heureux ; sinon il fait dépendre son bonheur de la présence ou pas de ses "enfants" ou de ses fruits. Il tombe alors facilement dans des lamentations, dans le sentiment d'être victime, ce qui risque d'avoir pour conséquence que ses muscles et ses os se mettent à s'affliger et à "s'acidifier".

La sphère du Thym exhorte l'être humain à respirer librement, à dégager ses poumons, à ne pas s'étouffer soi-même en "retenant" des choses ou des êtres, en voulant les "conserver", en nourrissant des convoitises ; elle l'incite à ouvrir toute grande sa poitrine et à s'imprégner de la vie d'une façon réceptive et joyeuse.

La sphère du Thym est très riche en énergies créatrices ; elles peuvent soit être utilisées de façon créative, soit - chez celui qui est axé exagérément sur ses organes sexuels - rester bloquées au niveau de la convoitise, des passions sexuelles et du pur assouvissement. Pour celui qui aime l'odeur du Thym, il est important de comprendre qu'il doit se réaliser, qu'il ne doit pas "stocker" ses énergies dans la frustration, mas au contraire qu'il peut leur donner libre cours, tout en les plaçant sous sa direction Consciente, féconde et créatrice ! Il s'accomplira à divers niveaux : à partir du Cœur, et non pas à partir des convoitises. Chez l'humain frustré qui ne parvient pas à utiliser les énergies créatrices de façon constructive, il est possible que des passions sexuelles et d'autres phénomènes compulsifs émergent : l'être humain les considérera comme des signes qui montrent la nécessité de créer, d'être vraiment fécond.

Il devra "lâcher-prise" et ne rien "saisir" afin de laisser passer la vie ; il ne devra pas se fixera avidement, avec convoitise, à une chose ou à une personne, comme une sangsue. Il doit manier ses énergies fertiles en les mettant au service de la vie, et non pas au service d'une autodestruction progressive, causée par le fait qu'il ne cesse de s'accrocher avec avidité aux choses et aux êtres extérieurs à lui.

Celui qui a envie de Thym a besoin - de par sa riche Potentialité - d'être pleinement conscient de sa puissante Autonomie et d'avoir le sentiment suivant : "J'apporte ma pierre à l'édifice d'une façon belle, pure et intègre. Le courant de la vie peut parcourir mon être sans entraves et il appartient à moi de donner sa forme à la création, d'une façon délicieuse et sincère."

L'être humain ne retient plus rien... il lâche prise tout le temps... ; il ne "remplit" pas sa vie avec toutes sortes de choses, mais il laisse tout couler aisément entre ses mains, dans son corps entier. Il ne bloque pas le courant de la vie 'ses reins restent "libres") ; il ne tâche aucunement de retenir en lui quoi que ce soit, mais il s'ouvre sans cesse au nouveau qui peut entrer. Les ganglions lymphatiques et les autres glandes se mettent à la disposition de la vie qui coule. L'être humain ne se coince plus soi-même à aucun égard !

La sphère du Thym ne "saisit" pas les autres ou les choses, elle n'exige rien ; il est vrai qu'elle désire beaucoup, ce qui fait que de l'eau et des liquides sont rassemblés abondamment, mais ils sont aussitôt évacués... du moins si l'humain laisse passer, s'il lâche prise... Dans la sphère du Thym, l'être humain jouit de la Vie et de ses saveurs ; il jouit de son corps, qui est en même temps un canal nécessaire à lui, l'Homme créateur, un canal qui lui permet de donner sa forme à sa vie d'une façon féconde. Le fait de jouir n'est pas en premier lieu lié à un "objet", mais il s'agit du fait d'Être sur terre, dans son corps, avec joie ; l'être humain, doté d'une richesse de sentiments, d'une expérience consciente de tout ce qu'il perçoit par les sens, d'une conscience intense de son existence en tant qu'être conscient... prend GOÛT à la vie elle-même !

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Littérature :


Yves Paccalet, dans son magnifique "Journal de nature" intitulé L'Odeur du soleil dans l'herbe (Éditions Robert Laffont S. A., 1992) évoque aussi le thym :

7 janvier

(Saint-Martin-de-Peille)


Nuages sous les nuages, moutons du bord du monde, tapis d'honneur pour mes pieds d'ange aptère : les touffes de thym gris pourvoient subtilement les chimies de mon nez. [...]

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