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  • Anne

Le Gingembre




Étymologie :

  • GINGEMBRE, subst. masc.

Étymol. et Hist. Fin xie s. judéo-fr. jenjevre (Raschi, Gl. éd. A. Darmesteter et D.S. Blondheim, t. 1, p. 83) ; 1174-76 gingibre (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, 3919 ds T.-L.) ; début xive s. [date du ms.] gingenbre (Blancandin, éd. F. P. Sweetser, 2591). Du lat. zingiberi, -is et zingiber (transcr. du gr. ζ ι γ γ ι ́ β ε ρ ι ς « gingembre », prob. d'orig. orientale), b. lat. gingiber, v. Ern.-Meillet et André Bot. ; le développement phonét. irrég. peut s'expliquer de manière analogue à celui de girofle*.


Lire également la définition du nom gingembre pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :

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Phytothérapie :


Selon Hildegarde de Bingen, auteure de Physica, Le livre des subtilités des créatures divines, les plantes, les éléments, les pierres, les métaux, les arbres, les poissons, les animaux et les oiseaux (édition originale 1151-1158 ; Édition Jérôme Millon, Grenoble, 2011),


"Le gingembre est tout à fait chaud et se diffuse facilement. Un homme en bonne santé et gras n'a pas intérêt à en manger, car il le rend stupide, ignorant, tiède et lascif. Mais si on est sec et déjà bien affaibli, réduire du gingembre en poudre et en prendre un peu à jeun dilué dans une boisson ; on peut en même temps en manger avec du pain ; on améliorera ainsi son état. Mais aussitôt que l'on ira mieux, il ne faut plus en manger, de peur d'en subir quelque dommage. Si on a les yeux irrités et purulents, réduire du gingembre en poudre, liez cette poudre dans un linge et plonger dans le vin jusqu'à ce que celui-ci devienne acide : le soir, au coucher, frotter le tour des yeux et des paupières avec ce vin ; s'il en pénètre un peu dans l’œil, il ne provoquera pas de mal ; et ainsi, on fera disparaître irritation et purulence.

[Ed. Tant que l'on conserve la vision, on peut soigner ses yeux de cette façon ; mais une fois qu'on a perdu la vision, on ne peut plus leur faire du bien de cette manière. Si la vue se couvre de brouillard, prendre du suc de rue et d'hysope en quantités égales, y ajouter trois fois autant de vin préparé comme il est dit ci-dessus, verser dans un pot de bronze pour en conserver les vertus : le soir, au coucher, en frotter le tour des yeux et des paupières ; et si le liquide touche un peu l'intérieur, il ne fera pas de mal ; répéter souvent, et le brouillard se dissipera.

Si on souffre de constipation, réduire du gingembre en poudre et mélanger cette poudre avec un peu de suc d'orcanette ; ajouter de la farine de fèves pour en faire de petites galettes et les faire cuire dans un four où l'on vient d'achever une cuisson. Manger souvent de ces petites galettes, à jeun ou non ; cela diminue l'aigreur d'estomac et réconforte. De même, si on a quelques maux d'estomac, réduire en poudre une mesure de gingembre, deux de galanga, et une demie de zédoaire ; mettre cette poudre dans du vin et boire après le dîner, ainsi que le soir au coucher ; répéter souvent, et l'état de l'estomac s'améliorera.]

Et si on a des éruptions sur le corps, mettre de cette même poudre dans un nouet et plonger dans le vinaigre, ajouter un peu de vin, si on en a, pour que l'ensemble ne soit pas trop acide, frotter la peau, là où se trouvent les éruptions, avec le nouet et sa poudre : on sera ainsi guéri.

[Ed. Si on souffre de fics, prendre une mesure de gingembre et un peu plus de cinnamome, réduite en poudre. Prendre de la sauge, un peu moins que de gingembre, et du fenouil, un peu plus que de sauge, ainsi que de la tanaisie, un peu plus que de sauge ; piler dans un mortier pour en extraire le suc, et passer dans un linge. Ensuite, faire cuire un peu de miel dans du vin, et y ajouter un peu de poivre blanc, ou, si on n'en a pas, un peu de cannelle ; mélanger la poudre et le suc. Prendre ensuite de la lentille d'eau et deux fois autant de tormentille, de la moutarde sauvage, autant que de tormentille, mais qu'il y en ait moins que de lentille d'eau ; piler dans un mortier pour extraire le suc, mettre dans un petit filtre, verser par-dessus le miel et le vin pour obtenir une boisson claire. Si on souffre du mal évoqué plus haut, prendre à jeun une gorgée de cette boisson, et autant le soir au coucher. Faire cela jusqu'à guérison. Si on veut fabriquer et prendre des purgatifs, réduire en poudre une part de gingembre, une demi part de réglisse et une troisième part faite de zédoaire autant que la noix d'un scribe peut en contenir dans sa fente, avec autant de la poudre susdite : en faire une toute petite boulette ou une toute petite galette ; la couper en quatre et faire sécher au soleil, en mars ou en avril, car en ces mois les rayons du soleil sont tempérés, ni trop frais ni trop chauds, et apportent donc beaucoup de santé. Et si, au cours de ces deux mois, on ne peut se procurer de lait de saponaire, et d'autant de gingembre ; peser la poudre obtenue ; prendre le même poids de sucre. Tout cela devra peser à peu près le poids de trente pièces. Prendre ensuite de la très pure eau de farine, la contenance d'une demi tête de plume et du lait de saponaire, reporter l'opération en mai : on fera alors la petite galette pour la faire sécher au soleil de mai : conserver jusqu'en temps utile. Et quand on veut prendre un purger, avaler à jeun le quart d'une des galettes susdites. Et si l'estomac est si chargé et si lourd qu'il ne ressent pas l'effet de cette médecine, prendre la moitié des trois quarts qui restent en humectant encore l'ensemble avec du lait de saponaire : faire sécher au soleil et prendre à jeun. Mais si on est soi-même froid, il faut se réchauffer avant de prendre ce remède. Après l'avoir pris, il faut se reposer un peu en restant éveillé sur un lit, puis se lever et se promener de long en large, en veillant à ne pas prendre froid. Après soulagement, manger du pain de froment, non pas sec, mais trempé dans du lait bouilli ; puis du poulet, de la viande de porc, et d'autres viandes douces. Mais éviter le pain lourd, la viande de bœuf, le poisson, les aliments lourds et les rôtis, s'abstenir de fromage, de légumes crus et de fruits. Boire du vin, mais modérément, et éviter l'eau. Éviter la lumière du soleil, et continuer ainsi pendant trois jours.]

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Symbolisme :


Dans Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani, on apprend que :


Cette plante est associée aux vœux de richesse répandre du gingembre en poudre dans ses poches ou sur des pièces de monnaie attire l'argent. pour obtenir le même effet, on peut se contenter de planter ses racines : le charme fonctionnera si elles poussent convenablement.

La plante peut servir en outre aux rites d'amour et aux opérations magiques visant à obtenir le succès.

"Dans le Pacifique, les habitants de l'île Dobu font un grand usage de gingembre dans leurs cérémonies magiques. Ils le mâchent puis le recrachent sur la partie malade qu'ils veulent soigner ; le gingembre mâché et recraché de la même manière, mais dans la direction d'une tempête qui arrive de la mer, a la réputation de l'arrêter".

Selon une superstition de l'île Maurice, une femmme encceinte qui sème du gingembre donnera naissance à un enfant doté de six ou de huit doigts à chaque main !

Le rhizome d'une variété de gingembre des forêts d'Annam, appelée le "Ngäi Cop" ou "Nägi" du tigre, "confère à ceux qui en font usage un pouvoir absolu sur les tigres rencontrés : ceux-ci, au lieu d'attaquer, apporteraient leur aide à l'occasion et serviraient, au besoin de monture". la plante magique permettrait également de se métamorpjhoser en ce fauve.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Gingembre (Zingeber officinalis) :


"Plante vivace originaire d'Asie. La partie importante de cette plante est la racine. Les fleurs sont stériles ; c'est donc par la racine que la plante se propage.


Propriétés médicinales : Prise en infusion chaude, la racine de gingembre peut causer une forte sudation, appropriée pour chasser les fièvres et nettoyer tous les systèmes du corps. Cette infusion est aussi conseillée das les cas de suppression des règles. Prise au début d'un rhume, elle en atténue considérablement les effets.


Genre : Masculin.


Déités : Daikoku - Enki.


Propriétés magiques : Amour - Succès - pouvoir.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • Manger des morceaux de gingembre confit ou vinaigré à la japonaise pendant un rituel ou lorsque vous faites un sortilège lui confère plus de pouvoir ; c'est aussi une façon d'accroître votre pouvoir magique personnel.

  • Les charmes et les sortilèges sont accrus lorsqu'on y ajoute quelques morceaux de gingembre.

  • Pour attirer l'argent, plantez une racine de gingembre dans un pot et faites-la germer ; à mesure que la plante grandira, vos ressources financières s'accroîtront aussi.

  • Placez de la racine de gingembre en poudre dans votre porte-monnaie afin d'attirer l'argent vers vous.

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes :


"Le dernier jour du cours, après que les participants se furent soignés les uns les autres, je me suis approché de lui. "Tout le monde a été soigné maintenant, sauf moi, dis-je. Je voudrais que vous me soigniez.

- Oui naturellement, je serais heureux de vous soigner", répondit-il.

Je lui dis alors : "Je voulais que vous me chantiez mon remède."

Le docteur rougit, regarda ses pieds, et balbutia quelque chose d'incohérent. Levant les yeux vers moi, il vit que j'étais déterminé. Il acquiesça donc, et je m'allongeai sur la table de soins pour qu'il puisse me poser des questions et prendre mes pouls. Après cette procédure, il disparut dans la pièce voisine avec les autres élèves afin de discuter quelle plante devait être chantée. Quelques minutes après ils réapparurent. Il saisit mont tambour et se mit à jouer un rythme lent, bondissant, et commença un chant répétitif étrangement beau. C'était quelque chose de complètement rassurant. Je sentais le chant entrer dans ma poitrine. Des larmes me vinrent aux yeux. Le Dr Milner accéléra le rythme, ce qui me mit de bonne humeur, et je me mis à sourire. Il arrêta de chanter et contrôla mes pouls, puis tous les élèves s retirèrent de nouveau dans la pièce voisine pour se concerter.

Quand ils revinrent, il joua du tambour et chanta comme avant, mais cette fois l'effet fut plus profond, plus intérieure. J'ai fermé les yeux, et soudain j'ai perdu conscience de tout ce qui m'entourait. Je me suis retrouvé dans les bois, assis sur un sol de forêt couvert de gingembre sauvage. Le chant du gingembre sortait de la bouche de ses fleurs pourpres, m'offrant ses trésors : les feuilles en forme de cœurs, la richesse du sol, le vent soupirant dans les branches gracieuses des érables, et d'autres bénédictions indicibles.

Gil s'arrêta de chanter et je suis retournée ans la salle de classe. "Gingembre sauvage, dis-je, Asarum canadense." Il acquiesça et contrôla mes pouls, bien qu'il sache déjà quel splendide traitement avait été administré. Je me levai et le serrai dans mes bras pour exprimer ma gratitude. Son visage était rouge, ses yeux pleins de larmes, et visiblement il tremblait."

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