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  • Anne

L'Aubépine




Étymologie :

  • AUBÉPIN, subst. masc.,

ÉTYMOL. ET HIST. − xiiie s. bot. albespin « aubépine » (Simon de Pouille, Richel. 368, f°150b ds Gdf. : Flor d'albespin) ; 1268 aubespin (Claris et Laris, éd. J. Alton, 10728 ds T.-L.) − 1866, Lar. 19e, aubépin. Qualifié de ,,vieux`` dep. Ac. 1694. Du lat. pop. *albispinus « aubépine », forme du lat. de Gaule calquée sur un composé gaul. (André Bot., p. 22), de albus spinus « id. » (Antid. Cambridge, 164, ibid.), le lat. spinus désignant le prunier sauvage (Virgile, Georg. 4, 145 ds Gaff.).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Crataegus ; Acinier ; Albépine ; Aubépin ; Blanche épine ; Bois de mai ; Buisson blanc ; Cénellier ; Épine blanche ; Épine de mai ; Noble épine : tous ces noms dialectaux désignent indifféremment deux variétés d'aubépines présentes en Europe : l'Aubépine monogyne et l'Aubépine épineuse.

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Botanique :

L'Aubépine épineuse se différencie de l'Aubépine monogyne par ses feuilles légèrement lobées à leur sommet, ses fleurs pourvues de deux ou trois styles et par ses fruits renfermant plusieurs noyaux.


Phytothérapie :


Florence Laporte, dans son article pour "Le Menhir", revue francophone de l'OBOD, de mai 2015, nous apprend que :

"Les parties utilisées sont l’écorce, les baies, les feuilles, mais surtout les fleurs à récolter en mai/juin en début de floraison.

En usage interne, c'est une plante antispasmodique, tranquillisante, tonicardiaque. Elle permet de régulariser la tension, de supprimer l'arythmie, la tachycardie, les angoisses et les insomnies. Elle est recommandée pour l'artériosclérose, l'angine de poitrine, les troubles nerveux, la mauvaise circulation du sang, l'hypo ou l'hypertension. Les infusions sont également bénéfiques pour les enfants angoissés qui ont du mal à se concentrer à l'école.


Utilisation :

Infusion de fleurs : 1 cuillère à café par tasse d'eau bouillante, à prendre 3 à 4 fois par jour. Les cures devront durer au moins 3 mois.

En usage externe : elle est recommandée pour les peaux sèches, fragiles et dévitalisées, sous forme de lotion. Les fleurs d’aubépine ont un parfum d’amande, très subtil. Elles peuvent être dégustées dans une salade de fruits par exemple.

Les fruits de l'aubépine (cenelles) sont comestibles en confitures et compotes ; on dit qu’il est préférable d'attendre les premières gelées pour les ramasser pour qu’elles ne soient pas trop dures.

Astuce : vous pouvez leur faire passer une nuit au congélateur pour obtenir le même effet, ce qui vous permettra de ne pas attendre les gelées et de faire vos récoltes avant que les oiseaux ne fassent la leur

L'élixir de fleurs d'aubépine est conseillé en cas de peine affective, de séparation ou de deuil, Les personnes qui font de l'accompagnement aux mourants y trouveront une aide précieuse.

Je considère vraiment l’aubépine comme l’arbre du cœur. Sur le plan physique, elle apaise les problèmes cardiaques ; sur le plan émotionnel, elle soulage nos peines de cœur affectives, et son énergie nous aide à nous recentrer au plus profond de nous-mêmes, dans notre cœur secret Elle nous appelle à transcender nos dualités pour retrouver la dimension de l’amour et de la paix.

Recette du vin d’aubépine : Cet apéritif, très commun en Vendée, est connu sous le nom d’ « épine ».


Ingrédients :

  • 100 g de jeunes pousses d’aubépine

  • Un litre de bon vin rouge

  • 200 g de sucre

  • Un verre d’eau de vie

Préparation :

  1. Cuire les tiges et le vin pendant 10 minutes

  2. Faire un sirop froid avec le sucre et l’alcool

  3. A froid, mélanger les deux et laisser macérer deux semaines

  4. Filtrer et mettre en bouteilles."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) :

"La religion chrétienne mentionne souvent l'aubépine sous laquelle la Vierge Marie se serait abritée une nuit, lors de la fuite en Égypte. Selon une tradition belge, le parfum des fleurs de l'arbuste aurait pour origine les langes de l'enfant Jésus que sa mère mit à sécher sur une aubépine. La couronne du Christ aurait été confectionnée d'autre part par les épines de la plante. Qui porte un morceau de rameau d'aubépine sur soi sera gai et chanceux. Sachez que la tradition juge le prélèvement de la plante effectué à jeun, plus efficace. Si le jeu est votre passion favorite, vérifiez si la tradition dit vrai et placez un rameau devant un calvaire dans l'espoir de gagner.


La vengeance aux deux visages : Grâce aux épines de ses branches et à la dureté de son bois, l'aubépine symbole de force et de résistance, s'est vu attribuer un pouvoir défensif contre les forces du mal. La mythologie romaine corrobore cette croyance en mentionnant l'histoire de la nymphe Carna. Cette belle vierge se jouait de ses admirateurs en faisant semblant d'accepter leurs avances. Prétextant sa pudeur, elle les entraînait dans une grotte sombre où elle se cachait jusqu'au départ des éconduits abandonnant tout espoir. Or le dieu Janus, pourvu d'un deuxième visage l'arrière de sa tête, fut pris de désir en voyant la nymphe. Grâce à sa vision élargie, il déjoua facilement le piège de la belle qui se dissimulai dans son dos et la prit de force. En échange de sa virginité perdue, il fit don à Carna du pouvoir des gonds, lui permettant d'ouvrir et de fermer à sa guise toutes les portes, mais aussi d'une branche d'aubépine capable de refouler les influences néfastes du seuil des maisons. Un rameau fort utile puisqu'il lui permet plus tard d'empêcher les Striges, créatures suceuses de sang, de revenir tourmenter un nourrisson. En déposant simplement la branche bienfaitrice près de la porte de la chambre, la nymphe créa une frontière infranchissable pour les êtres démoniaques. S'appuyant sur cette légende, les Romains fixaient souvent un rameau d'aubépine au berceau ou au lit de leur enfant afin de les protéger des Striges.

En France, les paysans du Languedoc, accrochaient une telle branche sous le ventre de leurs bœufs afin qu'aucun sort ne puisse les atteindre. Les bergers du Berry et de Champagne portaient sur eux une amulette identique pour écarter les esprits malins. Le même rameau posé sur le seuil de sa maison remplissait une fonction identique.


Usage contrôlé : Le corps maritime vouait un si grand respect à l'aubépine qu'il refusait de l'utiliser pour des causes aussi communes que la construction d'un bateau. Selon les habitants de Guernesey, quiconque outrepassait cette règle ne pouvait que s'en prendre à lui-même si son navire subissait des dégâts ou coulait au fond de l'océan. La fixation d'une branche d'aubépine à la proue de son bateau de pêche était en revanche de bon augure et les Marseillais espéraient s'assurer ainsi de bonnes prises.


Malédictions : Pour les Gaëls, peuple celtique basé en Irlande et en Écosse vers la fin du 1er millénaire avant notre ère, l'aubépine était une plante sacrée qu'il ne fallait couper sous peine de connaître une année de malchance. Voilà pourquoi ils faisaient couper sous peine de connaître une année de malchance. Voilà pourquoi ils faisaient venir des travailleurs pauvres et éloignés pour tailler les haies où poussaient des aubépines. Dans le sud-est de la France, quiconque se piquait à cet arbuste devait s'abstenir de l'injurier ou de mettre un coup de pied rageur dans le buisson sans quoi un malheur bien pire adviendrait dans sa vie.


Paratonnerre végétal : Mentionnée dans la Bible comme ayant abrité la Vierge lors d'un orage, l'aubépine fut identifiée comme une protection naturelle contre la foudre. Ce phénomène météorologique, soit disant généré par le diable, n'oserait en outre toucher la plante qui ceignait jadis le front du Christ. Voilà pourquoi se réfugier sous une aubépine par temps orageux serait une sage décision.

Français et Wallons plantaient d'ailleurs cet arbuste près des habitations et faisaient entrer un rameau entre leur quatre murs pour profiter de ses vertus. Une branche coupée à jeun dans la matinée du 1er mai ou à la Saint-Jean serait plus efficiente. En vue de protéger leurs maisons et leurs étables de la foudre, les paroissien de Bourth, dans l'Eure, cueillaient des branches d'aubépine fleurie chaque lundi de Pentecôte, lors de la procession de la Sainte-Barbe. Invoquée par temps d'orage, cette sainte est décrite comme une vierge décapitée par son père au IIIe siècle. Aussitôt son crime accompli, l'assassin aurait péri foudroyé.

Passage interdit : Les Irlandais ont toujours éprouvé une affection particulière pour l'aubépine. Au XII et XIIIe siècles, un tel arbuste se développant isolément aux abords d'un ruisseau attestait à leur yeux de la présence de fées. Aujourd'hui, cette croyance qui s'est étendue à chaque aubépine du pays ne facilite pas la tâche à l'administration qui cherche à détruire certains pieds pour tracer de nouvelles routes.


Amour toujours : Les Grecs relièrent la blancheur printanière des fleurs d'aubépine à Hyménée, déesse présidant aux mariages. L'arbuste passait pour attirer la prospérité et le bonheur sur les nouveaux couples et était en conséquence abondamment présent lors des noces. Les épouses étaient couronnées de ses fleurs, des torches faites de son bois brûlaient sur l'autel du mariage et chaque invité portait un rameau de la plante durant le repas de noces. A Rome où on accordait à l'aubépine le pouvoir d'augmenter la fertilité, le nouvel époux accompagnait sa femme jusqu'à la chambre nuptiale en tenant à la main un rameau d'aubépine. Les grecs quant à eux voyaient dans l'aubépine le symbole des mariages heureux."

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Symbolisme :


Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :

Utilisée comme porte-bonheur dès les temps les plus reculés, l'aubépine ou épine blanche assurait prospérité et fertilité aux nouveaux époux. Aux repas de noces à Athènes chaque convive en portait une branche, et à Rome le marié n'omettait pas d'en tenir un rameau en conduisant son épouse vers la chambre nuptiale. En même temps, l'aubépine avait la réputation de veiller à la bonne moralité des célibataires, dont elle se portait garante de la chasteté. Les mères désireuses de protéger la virginité de leurs filles plaçaient dans la chambre de ces dernières des bouquets d'aubépine tandis que "les femmes seules chassaient le désir, la tentation, en plaçant des fagots de ce bois tout autour de leur chambre, ou bien en glissaient sous leur lit". Les Romains en attachaient également sur les berceaux des nouveau-nés car l'aubépine, grâce à ses piquants, chasse les sorts en même temps que les maladies.

Certaines de ces croyances survécurent aux païens, d'autant plus que l'arbrisseau joue un rôle important dans la légende chrétienne : pour les uns, le célèbre "buisson ardent", où Dieu apparut à Moïse sur le monte Horeb, ne serait qu'une variété d'aubépine ; pour les autres, l'épine blanche, dont les fruits sont surnommés "poires à bon Dieu", a servi à tresser la couronne du Christ. Depuis, l'arbrisseau soupire et gémit tous les vendredis saints. On dit encore que la Vierge, pendant sa fuite en Égypte, s'est endormie dessous. Selon une tradition belge, la mère de Jésus, ayant étendu les langes de son fils sur l'épine blanche, a donné à ses fleurs leur parfum agréable. Inutile de dire qu'arracher un buisson d'aubépine porte malheur et dans le sud-est de la France, lorsqu'on se pique à ses branches, il ne faut pas offenser le "buisson blanc", considéré comme sacré et symbole d'innocence et de pureté.

Même la foudre respecte l'arbuste qui a touché le front du Christ, et l'épargne toujours. C'est à l'aubépine que s'adressaient les Gascons aux premiers coups de tonnerre :

La Vierge Marie

S'est endormie

Sous un aubépin

Depuis le soir jusqu'au matin.


C'est encore à elle que faisaient confiance les habitants des Ardennes qui, surpris par l'orage, en brandissaient une branche en disant :

Aubépine, mon bien,

Je te cueille et je te prends

Si je meurs en chemin

Sers-moi de sacrement.

Sinon, en placer dans sa main, sur son chapeau ou même se réfugier sous l'arbrisseau écarte également les mauvaises humeurs du ciel.

Autre superstition à rapprocher de la légende sainte : qui en dépose une branche devant un calvaire sera chanceux au jeu.

Son pouvoir contre les forces maléfiques, attesté par les Romains, lui fut reconnu aussi dans la France moderne et contemporaine, où l'on dit, comme en Languedoc, qu'attachée sous le ventre des bœufs, elle arrête les maléfices et empêche les animaux de s'emballer ; déposée dans les champs, elle les protège de l'enfer et des démons. En son temps, le Grimoire du pape Honorius la recommandait pour remédier à l'envoûtement d'un troupeau : il fallait percer le cœur d'un animal mort avec neuf piquants d'aubépine, en disant en premier : "Adibaga, Sabaoth, Adony, contraratout prisous prerunt fini unixis paracle gossum" et à la fin : "J'appelle ceux ou celles qu ont fait fabriquer le Missel Abel ; lâche, a-t-on mal fait que tu aies partout à nous venir trouver par mer ou par terre, tout partout, sans délai et sans dédit". On recommençait l'opération neuf jours de suite au bout desquels le cœur étant rôti sur de la braise ardente, le sorcier coupable se présentait ou mourait. En outre, on peut se débarrasser d'un vampire en lui transperçant le cœur d'une branche d'aubépine.

Ce qui n'empêche pas qu'elle fut également une plante chérie des sorcières au Moyen Âge : "Tout jardin de sorcière avait sa haie d'aubépine. Mais à l'approche des inquisiteurs, cette bordure révélatrice avait la faculté magique de se transformer en une innocente haie de ronces ou de groseilliers."

Les fées affectionnent particulièrement l'épine blanche et se rassemblent sous son feuillage. Dans de nombreuses régions, au printemps, on déposait, à l'intention de ces créatures, des couronnes d'aubépine sur les buissons dans l'espoir qu'elles remercient leurs bienfaiteurs par quelques bonnes actions. On dit aussi que "les jeunes filles qui ont entendu gémir l'enchanteur Merlin et qui l'ont consolé après s'être agenouillées auprès du buisson d'aubépine dans lequel la fée Viviane l'a autrefois enfermé se marieront quand elles le désireront".

Celle qui veut mettre fin à son célibat peut cueillir "neuf poires à bon Dieu" et, pendant l'office du dimanche, au moment de l'élévation, en faire tomber une à ses pieds : elle épousera le jeune homme qui, le neuvième dimanche, lui tendra de l'eau bénite.

Cueillie de préférence le 1er mai, et placée dans les étables ou dans le fumier, l'aubépine empêche les serpents de s'attaquer aux bêtes ; sa présence sur les taupinières en chasse les "habitantes". Elle empêche la viande de pourrir et le lait de cailler et permet à la vache traite à ses côtés de donner beaucoup de lait.

Selon une tradition marseillaise, planter un rameau d'aubépine à la proue du bateau garantit une bonne pêche. En Normandie, le conscrit qui s'était rendu devant l'arbrisseau avait toutes les chances de tirer un bon numéro.

Depuis l'Antiquité, l'épine blanche a conservé sa vertu amoureuse puisque, pendant des siècles, on en fabriqua des flambeaux éclairant les chambres nuptiales. Au temps de la chevalerie, le croisé à la veille de partir en Terre sainte offrait à la dame de ses pensées un rameau d'aubépine, lié à un ruban de velours rouge, comme gage d'espérance et de fidélité.

Dans de nombreuses régions françaises, pour guérir un enfant fiévreux, on le déposait devant une aubépine en fleur. Quelques prières ou offrandes (œufs, pièces de monnaie, du pain ou du sel) devaient accélérer la guérison. On peut aussi placer dans la bouche du malade un rameau qui sera brûlé dans la cheminée ou, plus simplement, mettre un bouquet d'aubépine dans sa chambre.

L'aubépine soigne aussi bien les maux d'yeux, lorsque le patient prend la peine de lui adresser la conjuration suivante relevée dans les Vosges ! "Aubépine, Dieu te bénit par-dessus toute fleur et racine. Au nom de Dieu, fleur, je te commande, si tu es blanche, que tu déblanches ; si tu es rouge, que tu dérouges. Les trois personnes de la Sainte-Trinité te commandent de t'en aller." Suivront cinq Pater et cinq Ave à l'intention de la Sainte Trinité. En Belgique, deux feuilles d'aubépine posées en croix sur le nez en arrêtent les saignements.

Contre les maux de dents, il faut s'agenouiller à minuit au pied d'une aubépine, dire cinq Pater et cinq Ave, y attacher un ruban neuf et rentrer chez soi sans parler à quiconque (Seine-et-Marne). Selon un vieil usage, les paysans du Limousin jetaient dans le buisson d"épines blanches le linge qu'ils avaient appliqué sur une plaie, de temps à autre, "au hasard d'un défrichement ou par suite de toute autre circonstance, on découvr[ait] un petit paquet de linges soigneusement dissimulé dans le fourré d'une haie d'aubépine. [...] On ne d[evait] jamais toucher à ces chiffons maculés, sinon, d'après la croyance populaire, les plaies du malade, qui a recouvré la santé par ce moyen, ne tardaient pas à se rouvrir."

L'abondance des fruits de l'aubépine, que les enfants ne doivent pas manger au risque d'attraper des poux, présage, dans le Poitou, un hiver long.

En Angleterre, il ne faut jamais dormir dans une pièce où se trouve une branche d'aubépine fleurie ni en placer dans la maison d'un mort. Dans le Suffolk, certains disent qu'utiliser un balai fait que son bois "balayera" le chef de famille. L'histoire n'explique pas cette superstition, au contraire, car, jusqu'à Charles Ier, "on apportait en procession comme cadeau de Noël une branche de l'aubépine de Glastonbury, que l'on prétendait descendre en ligne droite de Joseph d'Arimathie". Joseph d'Arimathie, qui avait enseveli Jésus et dont une ville de Judée porte le nom, avait la veille de Noël, fait jaillir de son bâton planté dans le sol une aubépine en fleur. Depuis l'on disait que l'aubépine fleurissait la veille de Noël, fête que l'on reporta en 1753, à Quinton (Buckinghamshire), au 5 janvier, car le miracle de la floraison n'avait pas eu lieu.

La France eut aussi sa floraison exceptionnelle en 1572, dans l'ancien cimetière des Saints-Innocents où un pied d'aubépine fleurit le matin du 25 août, soit le lendemain de la Saint-Barthélémy, qui vit, sur ordre de Charles IX, le massacre des protestants : "Cet aubépinier fleurissant bien au-delà de la période habituelle était-il le signe muet mais visible d'un reproche envers le roi génocide, la blancheur de la floraison symbolisant l'innocence des pauvres victimes ?" Des siècles plus tôt avait eu lieu un autre prodige : à la mort de saint Martin, le 11 novembre 397, les buissons des bords de la Loire, au passage du convoi funéraire, se couvrirent d'aubépines, d'où le nom d' "Alba Via" (Voie Blanche) que prit ce chemin à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire).

Les femmes kabyles désireuses de modifier le caractère de leur mari lui adressent l'invocation suivante : "Les hommes t'ont appelée aubépine ; moi, je t'appelle le "caïd qui commande" ; fais que mon mari ne me batte plus et change-le en âne à qui je ferai porter la paille."

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Roger Tanguy-Derrien, auteur de Rudolph Steiner et Edward Bach sur les traces du savoir druidique... (L'Alpha L'Oméga Éditions, 1998) s'inspire du savoir ancestral pour "récapituler de la manière la plus musclée les informations sur les élixirs" :


Crataegus oxycantha : Son élixir adoucit la douleur occasionnée par une séparation, par un chagrin d'amour, un deuil. Il aide à surmonter le stress intense qui pèse sur le coeur mental. Car le coeur se nourrit de sang mais aussi de sentiments. Associé au Cœur de Marie, il émancipe et vous rend une liberté intérieure, facilitant ainsi la transition de la possession à la dépossession, de la dépendance à l'indépendance. Associé à l'élixir de Clématite, il contribue au lâcher prise, à détendre le muscle le plus important du corps humain. Déjà à l'époque des Croisades, le chevalier qui partait pour la Terre Sainte, offrait à sa dame un rameau d'aubépine lié d'un ruban incarnat, signe qu'il vivra en espérance et que le long éloignement ne fera rien pour durcir les sentiments qui les unissent. Il faut dire que cet arbuste au bois très dur et aux branches épineuses se débat comme un forcené pour éviter un complet durcissement qui semble le guetter. Durant les mois d'hiver, il semble retenir une formidable vitalité qui se manifeste dès les premiers réchauffements du printemps. Comme l'Amandier il peut commencer à produire ses premières fleurs malgré les gelées matinales car il possède des traces d'acide cyanhydrique. Il raffole de cet air imprégné par les premiers rayons réchauffants de la planète. Il exprime sa joie immense par une floraison généreuse qui le fait ressembler à un buisson en feu. Mais pas n'importe quel feu ! Un feu blanc comme de la neige. On pourrait ajouter de la neige carbonique tant il semble être débordé par une passion, par une inflammation contenue par la pureté de la couleur blanche. Cette blancheur immaculée a nourri bien des légendes : celle du buisson ardent de Moïse qui serait le Crataegus Pyracantha, son cousin germain. Celle aussi de la couronne du Christ sur la croix qui était soi-disant une branche tressée d'aubépine. Ne fait-on pas encore ici allusion à la Passion de Christ pour l'amour universel ?

Cette légende est encore vivace en Normandie où l'on prétend que la foudre, œuvre du diable, ne frappe jamais cet arbuste divin. En Bretagne, on vénère le rouge-gorge car il est dit qu'en cassant avec son bec une épine de la couronne de Jésus, un peu de sang lui a taché la poitrine. On conseillera cet élixir pour la couperose, l'hémorragie, l'angiome, les tâches d'envie sur la peau et toutes autres affections de la cellule. Il atténue l'effet de sangsue dune tumeur et induit même à sa rémission. Dans le mot oxyacantha on retrouve le mot oxy car il oxygène la cellule interrompant une éventuelle atrophie cellulaire et une précancérose.

Pour lutter contre ce durcissement sa fleur est équipée de flavones, de pectine, de lactones (acide oléanique), d'aesculine, de sistostérine, de triméthyline, de glucose, de manganèse. Les lactones collaborent à assurer la liaison rythmique entre l'Homme Émotionnel et l'Homme Vitalité. Ils éliminent facilement les substances résiduelles. La triméthyline régule les protéines qui sont la matière première de la cellule. L'excédent étant détruit, la tumeur éventuelle ne peut plus accumuler cette matière qui favorise son extension. Le manganèse contrôle étroitement : les systèmes nerveux et hormonaux, la formation de l'urée et autres déchets métaboliques ; l'oxygénation cellulaire (il agit directement sur l'acétylcholine, l'adénylcyclase, les triphosphatases).

Les flavones et la pectine interviennent sur l'organisation des liquides. Cet élixir active donc la diurèse (facilitant par là le rayonnement rénal), régularise la tension et répare efficacement un processus qui tend vers la pleurésie.

Ainsi, cet élixir met en place un plan de défense pour éviter toute dégradation cellulaire et tout desséchement au niveau du cœur qui est, ne l'oublions pas, le logis de l'âme et des sentiments. Donc, cet important remède cardiaque et psychotonique soigne en même temps la formule sanguine, le système circulatoire, les séquelles d'infarctus, l'insuffisance cardiaque, l'algie précordiale, la tachycardie, les vertiges, les manifestations qui découlent de la ménopause, les pertes blanches, Gurudas ne le juge pas cependant efficace dans les cas de leucémie et de cancer de l'os.

La vénération de cet arbre s'explique par sa générosité pour son abondante floraison qui attire les coléoptères, les oiseaux, les mouches. Même l'œil de Marcel Proust se laisse séduire quand il écrit : « La haie d'aubépines formait comme une suite de chapelles qui disparaissaient sous la jonchée de leurs fleurs amoncelées en reposoirs ». Il ne présente aucun poison dans toute sa constitution. Le seul inconvénient est l'odeur de poisson que dégage la fleur, à cause de la triméthyline. Un arrière goût peut-être de ces poissons christiques ?


Mots-clés : on attribue à et arbuste les autres appellations suivantes : le bois de Marie (cette dernière a toujours été glorifiée durant tout le mois de mai, période où l'arbuste s'enflamme de sa couleur immaculée). Ou encore l'épine blanche, l'épine de cette chose invisible mais ô combien fragile qu'est l'âme. Marie est l'anagramme d'aimer et il faut un cœur pour aimer. On pourrait encore longtemps épiloguer et on retournerait toujours autour des mêmes mots : cœur, âme, aimer éternellement... car le blanc restera toujours la couleur de l'éternité. Pensez à ces cinq pétales blancs qui servent à confectionner cet élixir. Pensez à ce pentagramme qui, quoi qu'on en dise, sera toujours martien et l'ami de tous les muscles et spécialement du cœur qui est le plus complexe de tout le système musculaire;

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D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Vous êtes délicat(e), élégant(e) et vous le savez. Mais, modeste et réservé(e), vous ignorez la puissance de votre charme. Alors sachez que je vous apporte la promesse d'un grand amour. Et le bonheur de l'attendre dans la sérénité". Ainsi parle l'aubépine à celle (ou celui) qui la reçoit, qui l'offre ou qui se l'offre. Et la petite fleur ajoute en confidence : "vous êtes trop jeune pour la passion, gardez-vous-en". Naïve et innocente en apparence, en réalité, la gentille fleurette connaît la vie et sait se défendre. Plantée au bord des chemins, elle élève une haie d'une piquante efficacité. Elle s'est posée sur la tête du Christ supplicié, une référence. Peut-être justement parce qu'elle est bien armée, elle préserve de la foudre, combat les maléfices et protège les nouveau-nés et les enfants malades.

Elle a reçu le plus vibrant hommage, peut-être, de l'histoire de la fleur dans la littérature. Marcel Proust qui, enfant, la découvrait avec ravissement au bord du chemin menant au jardin de son oncle a, des années durant et malgré sa douleur, tenté de percer son mystère. Celle qu'il appelait "la petite épine blanche" provoque de terribles crises chez les asthmatiques et, devenu adulte, l'auteur de La Recherche du temps perdu devait se contenter de contempler nos buissons "vêtus de leur robe de mariée" du fond d'une voiture, toutes vitres remontées. Chaque année depuis, le petit village d'Illiers, le Combray du Temps perdu voit, au début du mois de mai, arriver de fervents lecteurs de l'écrivain. Ils viennent revivre "la promenade des aubépines".

Mot-clef : "Promesse d'une grande joie".

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"L'aubépine, ou littéralement, l'épine blanche, était couramment utilisée par nos ancêtres les Gaulois pour clamer les palpitations et combattre l'insomnie. En Grèce, sa blancheur immaculée en fit une représentation de l'amour pur, fidèle, sincère des futurs mariés, à qui l'on offrait des branches, des rameaux ou des bouquets d'aubépine. Plus tard, c'est pour consacrer la naissance d'un enfant que les Romains en paraient le berceau du nouveau-né. Enfin, les Chrétiens virent dans cet arbuste le symbole de la pureté qu'ils attribuaient au Christ et à la Vierge. Ainsi, l'aubépine eut toujours bonne réputation, des effets bénéfiques et protecteurs.

En rêver ou en voir inopinément est donc un signe de protection providentielle, de bienfait, de soulagement, de naissance ou de mariage heureux."

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Diana Cooper, auteure du Guide des archanges dans le monde animal (édition originale 2007 ; traduction française : Éditions Contre-dires, 2018) nous délivre un :


Message des arbres :

Nous venons du cœur de Dieu. Nous n'avons rien

à apprendre et beaucoup à offrir. Nous avons été ensemencés

sur la Terre pour le bien du règne humain et animal, incluant

les oiseaux et les insectes, et pour nourrir la planète elle-même,

physiquement, émotionnellement et spirituellement. Nous

diffusons l'amour et la guérison pour vous.


Les aubépines

Ce ne sont peut-être pas les plus beaux arbres ils portent des épines et sont souvent en broussailles, mais je les aime.

Ce sont des vaillants protecteurs : S'ils poussent autour de votre maison, ils vous protégeront ainsi que votre maison. Lorsqu'ils forment des haies, ils protègent les animaux et l'espace qu'ils entourent. Quand vous vous accordez à ces arbres, vous ressentez leur amour, ainsi que leur force et leur valeur.


VISUALISATION POUR AIDER LES ARBRES

  1. Aménagez un espace où vous pourrez vous détendre sans être dérangé.

  2. Faites appel à l'archange Purlimiek, l'ange de la nature, et sentez sa belle énergie vert-bleu.

  3. Permettez à n'importe quel arbre d'apparaître dans votre esprit.

  4. Bénissez-le et remerciez-le d'être venu vers vous.

  5. Demandez au rayon doré du Christ de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  6. Demandez au feu lilas de la Source de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  7. Demandez à l'énergie protectrice bleu foncé de l'archange Michaël de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  8. Demandez à la lumière aigue-marine de la sagesse féminine divine de l'ange Marie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  9. Demandez à la lumière argentée de l'archange Sandalphon de l'équilibre et de l'harmonie de se déverser dans l'arbre et de se répandre à travers ses racines.

  10. Prenez un moment pour invoquer toutes les énergies qui vous attirent et voyez-les se déverser dans l'arbre.

  11. Imaginez les couleurs qui s'écoulent d'une racine à l'autre en connectant le réseau d'arbres et en dynamisant les lignes ley.

  12. Ouvrez les yeux ensachant que vous avez aidé les arbres.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), décrit ainsi l'aubépine : "L'aubépine peut atteindre une hauteur de douze mètres ; ses petites baies rouges sont facilement identifiables.


Propriétés médicinales : Il s'agit d'un tonique cardiaque qui renforce le cœur et les vaisseaux sanguins ; une décoction aide à soulager la plupart des malaises cardiaques. Les propriétés astringentes des fleurs et des fruits de l'aubépine en font également un remède idéal dans le traitement des infections et des maux de gorge. Elles servent aussi dans les cas d'inflammation rénale.

Genre : Masculin.

Déités : Flore, Brigide.

Propriétés magiques : Fertilité, chasteté, assurance d'une bonne pêche, bonheur.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • La propriété la plus importante de cette plante est d'assurer la fertilité. Les fleurs et les fruits de cet arbre sont souvent inclus dans les décorations et les bouquets de mariées, particulièrement lorsque le mariage a lieu au printemps.

  • Curieusement, les feuilles de l'aubépine, portées en sachet, assurent la chasteté ; au Moyen Âge, plusieurs confréries de moines et de religieuses portaient ce talisman.

OREILLER DE FERTILITÉ

La coutume nous vient de l'Italie. On y fabrique de petits oreillers replis des fleurs et de fruits séchés qu'on place sous les reins de la femme qui veut concevoir. En voici une version moderne, qui doit être faite au moment de la pleine lune.


Ce dont vous avez besoin :

  • trois chandelles : une rose, une rouge et une blanche

  • de l'encens de rose

  • un petit sachet de coton rose ou rouge

  • des boules d'ouate

  • de l'huile essentielle d'aubépine.

Rituel :

Faites brûler l'encens. Allumez les chandelles : commencez par la rose, qui symbolise l'amour pour votre conjointe, puis la rouge, qui représente la passion qui vous unit, et, finalement, la blanche, qui symbolise la nouvelle vie que vous désirez concevoir. Prenez quelques instants entre chaque chandelle pour vraiment ressentir toutes les phases : l'amour, la passion et la conception. Versez enfin une goutte ou deux d'huile sur chacune des boules d'ouate avant de les insérer dans votre oreiller.

Une fois cela fait, refermez l'oreiller et tenez-le au bout de vos bras, vers le ciel, en prononçant cette invocation aux déesses de la fertilité :

Je vous invoque, déesses de la fertilité,

Brigide, Déméter, Vénus, Aphrodite, Héra, Junon et

toutes les autres dont la tâche es d'aider la conception,

Je désire un enfant qui soit béni des dieux

Qui symbolise l'amour que je partage avec mon conjoint.

Afin que notre union soit complète et fertile

J'en appelle à vous, déesses dont la puissance est éternelle,

Accordez-moi ce désir.


Portez ce sac autour de vos reins pour le reste de la soirée et, chaque fois que vous faites l'amour avec votre conjoint, placez-le sous vos reins."

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Selon Claire Tiberghien, auteure de Équilibre et méditation par les plantes, 30 plantes à découvrir (Éditions Jouvence, 2016), l'aubépine est intéressante sur de nombreux plans :


Élément : Feu.


De son nom latin Crataegus laevigata et Crataegus monogyna, l'aubépine fait partie de la famille des Rosacées. Elle représente la chaleur du cœur.

Ses fleurs calment les nerfs, apaisent l'agitation du cœur tout en le tonifiant, et améliorent la circulation du sang dans les vaisseaux. L'aubépine régule la tension artérielle et a un effet antispasmodique. on l'utilise contre les troubles de la ménopause, les palpitations, les bouffées de chaleur et l'insomnie.


Sur le plan psychique :

L'aubépine porte un message d'amour. Elle nous aide à écouter nos propres sentiments. Elle ouvre notre cœur, l'encourageant à ressentir l'amour et à l'exprimer. Elle nous conduit à oublier la peur et renforce notre sentiment de sécurité. Elle nous apprend à gérer nos déceptions et nos vieilles blessures, et à regarder les événements avec les yeux de l'amour. Un cœur ouvert est sensible à l'intuition. Il permet une bonne vision des choses, ce qui favorise de nouvelles perspectives. La tisane de l'aubépine guérit les chagrins, dont les chagrins d'amour.


Grâce à l'aubépine, je peux affirmer :

  • Le cœur est au centre du corps. Sa chaleur nourrit l'esprit et l'âme.

  • Ma force créatrice se retrouve dans mes actions.

  • Je dis oui à la vie et à l'amour.