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  • Anne

L'Aubépine




Étymologie :

  • AUBÉPIN, subst. masc.,

ÉTYMOL. ET HIST. − xiiie s. bot. albespin « aubépine » (Simon de Pouille, Richel. 368, f°150b ds Gdf. : Flor d'albespin) ; 1268 aubespin (Claris et Laris, éd. J. Alton, 10728 ds T.-L.) − 1866, Lar. 19e, aubépin. Qualifié de ,,vieux`` dep. Ac. 1694. Du lat. pop. *albispinus « aubépine », forme du lat. de Gaule calquée sur un composé gaul. (André Bot., p. 22), de albus spinus « id. » (Antid. Cambridge, 164, ibid.), le lat. spinus désignant le prunier sauvage (Virgile, Georg. 4, 145 ds Gaff.).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Crataegus ; Acinier ; Albépine ; Aubépin ; Blanche épine ; Bois de mai ; Buisson blanc ; Buisson de mai ; Cénellier ; Chaste épine ; Épine blanche ; Épine de mai ; Noble épine ; Sable épine.

Tous ces noms dialectaux désignent indifféremment deux variétés d'aubépines présentes en Europe : l'Aubépine monogyne et l'Aubépine épineuse.

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Botanique :

L'Aubépine épineuse se différencie de l'Aubépine monogyne par ses feuilles légèrement lobées à leur sommet, ses fleurs pourvues de deux ou trois styles et par ses fruits renfermant plusieurs noyaux.


Phytothérapie :


Florence Laporte, dans son article pour "Le Menhir", revue francophone de l'OBOD, de mai 2015, nous apprend que :

"Les parties utilisées sont l’écorce, les baies, les feuilles, mais surtout les fleurs à récolter en mai/juin en début de floraison.

En usage interne, c'est une plante antispasmodique, tranquillisante, tonicardiaque. Elle permet de régulariser la tension, de supprimer l'arythmie, la tachycardie, les angoisses et les insomnies. Elle est recommandée pour l'artériosclérose, l'angine de poitrine, les troubles nerveux, la mauvaise circulation du sang, l'hypo ou l'hypertension.

Les infusions sont également bénéfiques pour les enfants angoissés qui ont du mal à se concentrer à l'école.


Utilisations : Infusion de fleurs : 1 cuillère à café par tasse d'eau bouillante, à prendre 3 à 4 fois par jour. Les cures devront durer au moins 3 mois.

En usage externe : elle est recommandée pour les peaux sèches, fragiles et dévitalisées, sous forme de lotion.

Les fleurs d’aubépine ont un parfum d’amande, très subtil. Elles peuvent être dégustées dans une salade de fruits par exemple.

Les fruits de l'aubépine (cenelles) sont comestibles en confitures et compotes ; on dit qu’il est préférable d'attendre les premières gelées pour les ramasser pour qu’elles ne soient pas trop dures.

Astuce : vous pouvez leur faire passer une nuit au congélateur pour obtenir le même effet, ce qui vous permettra de ne pas attendre les gelées et de faire vos récoltes avant que les oiseaux ne fassent la leur

L'élixir de fleurs d'aubépine est conseillé en cas de peine affective, de séparation ou de deuil, Les personnes qui font de l'accompagnement aux mourants y trouveront une aide précieuse.

Je considère vraiment l’aubépine comme l’arbre du cœur. Sur le plan physique, elle apaise les problèmes cardiaques ; sur le plan émotionnel, elle soulage nos peines de cœur affectives, et son énergie nous aide à nous recentrer au plus profond de nous-mêmes, dans notre cœur secret Elle nous appelle à transcender nos dualités pour retrouver la dimension de l’amour et de la paix.

Recette du vin d’aubépine : Cet apéritif, très commun en Vendée, est connu sous le nom d’ « épine ».

Ingrédients :

  • 100 g de jeunes pousses d’aubépine

  • Un litre de bon vin rouge

  • 200 g de sucre

  • Un verre d’eau de vie

Préparation :

  1. Cuire les tiges et le vin pendant 10 minutes

  2. Faire un sirop froid avec le sucre et l’alcool

  3. A froid, mélanger les deux et laisser macérer deux semaines

  4. Filtrer et mettre en bouteilles."

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Spagyrie :


Voici la fiche proposée par Viviane Le Moullec dans Élixirs floraux de Viviane à faire soi-même (Éditions du Dauphin, 1997, 2020) :


Mot clef : L'amie du cœur et des douces émotions


Qui est l'Artichaut ? Ce buisson épineux forme souvent des haies défensives. Il existe une grande quantité d'Aubépines (Crataegus). Le travail d'alchimie a été mené avec un Crataegus monogyna breton, aux feuilles largement découpées. Mais rien n'empêche de le faire avec un Crataegus laevigata aux feuilles moins découpées.


Avec quoi réaliser votre élixir ? Utilisez les délicates fleurs dont l'arbre se couvre au printemps, comme d'un nuage vaporeux et parfumé.


Utilisation traditionnelle : Cette plante assure un sommeil paisible et calme les palpitations cardiaques dues à une trop grande émotivité. Elle calme aussi l'impatience de ceux qui n'arrivent pas à tenir en place.


Aide alchimique :

  • L'Aubépine joue un double rôle : Elle protège des indésirables le territoire spirituel de chacun. Elle aide à abattre les barrières inutiles et... facilite le "voyage astral".

  • Le respect du territoire : L'Aubépine vous aide à vous défendre contre toute intrusion intempestive dans votre territoire. Et, en contrepartie... à ne pas empiéter sur celui d'autrui, par inadvertance ou par négligence. Beaucoup de personnes sont inconsciemment influencées par l'idée fausse qu'il ne devrait pas y avoir de territoire personnel. Ceci explique les horreurs que sont les "bureaux paysagers" dans les entreprises. Pourtant, même les chiens ont droit à un territoire... mais pas les hommes ?

Pour retrouver du discernement et un espace personnel, il est bon de se faire aider par l'Aubépine, afin de faire respecter son territoire et sa propre personne. Cela peut éviter une maladie de cœur, contrepartie physique du fait que le cœur spirituel a été ignoré. La perte du territoire personnel, physique et spirituel, est devenue une situation tellement ordinaire que la plupart des gens pensent que c'est normal. En temps de guerre, les atrocités ne paraissent-elles pas "normales" ? La France est le pays où l'on consomme le plus de tranquillisants au monde par habitant. Ce n'est pas une victoire, c'est simplement le glas du territoire personnel, le physique comme le spirituel.

Pour éviter ce piège - et tout le monde est susceptible d'y tomber dans un environnement aussi dangereux qu'une mégalopole - ayez recours à notre amie Aubépine. Elle vous aider à préserver l'intimité de votre cœur, la personnalité de vos pensées... et à trouver le courage de défendre votre territoire physique, si petit soit-il.

Une aide pour retrouver la confiance dans la vie

Enfin, une des spécialités de l'Aubépine est de faciliter le "voyage astral" ou sortie du corps physique. Phénomène plus fréquent qu'on se l'imagine : on ne s'en souvient en général que sous forme d'un rêve de vol ou d'une persistante sensation de planer. L'intérêt du phénomène est de prendre du recul par rapport à sa vie de tous les jours, d'avoir moins peur de la mort et plus confiance dans ce qui vient après la vie.

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) :

"La religion chrétienne mentionne souvent l'aubépine sous laquelle la Vierge Marie se serait abritée une nuit, lors de la fuite en Égypte. Selon une tradition belge, le parfum des fleurs de l'arbuste aurait pour origine les langes de l'enfant Jésus que sa mère mit à sécher sur une aubépine. La couronne du Christ aurait été confectionnée d'autre part par les épines de la plante. Qui porte un morceau de rameau d'aubépine sur soi sera gai et chanceux. Sachez que la tradition juge le prélèvement de la plante effectué à jeun, plus efficace. Si le jeu est votre passion favorite, vérifiez si la tradition dit vrai et placez un rameau devant un calvaire dans l'espoir de gagner.


La vengeance aux deux visages : Grâce aux épines de ses branches et à la dureté de son bois, l'aubépine symbole de force et de résistance, s'est vu attribuer un pouvoir défensif contre les forces du mal. La mythologie romaine corrobore cette croyance en mentionnant l'histoire de la nymphe Carna. Cette belle vierge se jouait de ses admirateurs en faisant semblant d'accepter leurs avances. Prétextant sa pudeur, elle les entraînait dans une grotte sombre où elle se cachait jusqu'au départ des éconduits abandonnant tout espoir. Or le dieu Janus, pourvu d'un deuxième visage l'arrière de sa tête, fut pris de désir en voyant la nymphe. Grâce à sa vision élargie, il déjoua facilement le piège de la belle qui se dissimulai dans son dos et la prit de force. En échange de sa virginité perdue, il fit don à Carna du pouvoir des gonds, lui permettant d'ouvrir et de fermer à sa guise toutes les portes, mais aussi d'une branche d'aubépine capable de refouler les influences néfastes du seuil des maisons. Un rameau fort utile puisqu'il lui permet plus tard d'empêcher les Striges, créatures suceuses de sang, de revenir tourmenter un nourrisson. En déposant simplement la branche bienfaitrice près de la porte de la chambre, la nymphe créa une frontière infranchissable pour les êtres démoniaques. S'appuyant sur cette légende, les Romains fixaient souvent un rameau d'aubépine au berceau ou au lit de leur enfant afin de les protéger des Striges.

En France, les paysans du Languedoc, accrochaient une telle branche sous le ventre de leurs bœufs afin qu'aucun sort ne puisse les atteindre. Les bergers du Berry et de Champagne portaient sur eux une amulette identique pour écarter les esprits malins. Le même rameau posé sur le seuil de sa maison remplissait une fonction identique.


Usage contrôlé : Le corps maritime vouait un si grand respect à l'aubépine qu'il refusait de l'utiliser pour des causes aussi communes que la construction d'un bateau. Selon les habitants de Guernesey, quiconque outrepassait cette règle ne pouvait que s'en prendre à lui-même si son navire subissait des dégâts ou coulait au fond de l'océan. La fixation d'une branche d'aubépine à la proue de son bateau de pêche était en revanche de bon augure et les Marseillais espéraient s'assurer ainsi de bonnes prises.


Malédictions : Pour les Gaëls, peuple celtique basé en Irlande et en Écosse vers la fin du 1er millénaire avant notre ère, l'aubépine était une plante sacrée qu'il ne fallait couper sous peine de connaître une année de malchance. Voilà pourquoi ils faisaient couper sous peine de connaître une année de malchance. Voilà pourquoi ils faisaient venir des travailleurs pauvres et éloignés pour tailler les haies où poussaient des aubépines. Dans le sud-est de la France, quiconque se piquait à cet arbuste devait s'abstenir de l'injurier ou de mettre un coup de pied rageur dans le buisson sans quoi un malheur bien pire adviendrait dans sa vie.


Paratonnerre végétal : Mentionnée dans la Bible comme ayant abrité la Vierge lors d'un orage, l'aubépine fut identifiée comme une protection naturelle contre la foudre. Ce phénomène météorologique, soit disant généré par le diable, n'oserait en outre toucher la plante qui ceignait jadis le front du Christ. Voilà pourquoi se réfugier sous une aubépine par temps orageux serait une sage décision.

Français et Wallons plantaient d'ailleurs cet arbuste près des habitations et faisaient entrer un rameau entre leur quatre murs pour profiter de ses vertus. Une branche coupée à jeun dans la matinée du 1er mai ou à la Saint-Jean serait plus efficiente. En vue de protéger leurs maisons et leurs étables de la foudre, les paroissien de Bourth, dans l'Eure, cueillaient des branches d'aubépine fleurie chaque lundi de Pentecôte, lors de la procession de la Sainte-Barbe. Invoquée par temps d'orage, cette sainte est décrite comme une vierge décapitée par son père au IIIe siècle. Aussitôt son crime accompli, l'assassin aurait péri foudroyé.

Passage interdit : Les Irlandais ont toujours éprouvé une affection particulière pour l'aubépine. Au XII et XIIIe siècles, un tel arbuste se développant isolément aux abords d'un ruisseau attestait à leur yeux de la présence de fées. Aujourd'hui, cette croyance qui s'est étendue à chaque aubépine du pays ne facilite pas la tâche à l'administration qui cherche à détruire certains pieds pour tracer de nouvelles routes.


Amour toujours : Les Grecs relièrent la blancheur printanière des fleurs d'aubépine à Hyménée, déesse présidant aux mariages. L'arbuste passait pour attirer la prospérité et le bonheur sur les nouveaux couples et était en conséquence abondamment présent lors des noces. Les épouses étaient couronnées de ses fleurs, des torches faites de son bois brûlaient sur l'autel du mariage et chaque invité portait un rameau de la plante durant le repas de noces. A Rome où on accordait à l'aubépine le pouvoir d'augmenter la fertilité, le nouvel époux accompagnait sa femme jusqu'à la chambre nuptiale en tenant à la main un rameau d'aubépine. Les grecs quant à eux voyaient dans l'aubépine le symbole des mariages heureux."

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Symbolisme :


Selon Pierre Zaccone, auteur de Nouveau langage des fleurs avec la nomenclature des sentiments dont chaque fleur est le symbole et leur emploi pour l'expression des pensées (Éditeur L. Hachette, 1856) :


AUBEPINE - DOUX ESPOIR .

Arbrisseau épineux du genre néflier, qui est propre à former des haies, des clôtures, et qui produit de petites fleurs blanches d'une odeur très agréable, disposées par bouquets ou corymbes .

C'est au mois de mai que l'aubépine se pare de ses fleurs les plus éclatantes ; elle annonce l'été, après avoir embaumé l'haleine du printemps. C'est la fleur aimée de tous ... le rossignol la connaît aussi, et c'est dans ses branches touffues et discrètes, qu'il va d'ordinaire ca cher le fruit de ses amours. - Les Romains accordaient à l'aubépine le pouvoir de combattre les maléfices. Aux jours des hyménées, ils en formaient d'élégants faisceaux ; ils en attachaient encore auprès du berceau des nouveau-nés.

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Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Aubépine (Crataegus oxacantha) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Masculin

Planète : Mars

Élément : Feu

Divinité : Athéna ; Minerve ; Hyménée ; La nymphe Cardea

Pouvoirs : Fertilité ; Chasteté ; Bonheur conjugal.


Utilisation rituelle : Diodore de Sicile rapporte que les Troglodytes passaient la tête de leurs morts entre les jambes et les liaient dans cette position avec des branches d'Aubépine.

C'était de bois d'Aubépine qu'étaient faits les flambeaux qu'à Rome un jeune homme libre, ayant ses deux parents en vie, portait devant la jeune épouse pour guider ses pas vers la chambre nuptiale.

Une coutume subsista à Bordeaux jusqu'aux environs de 1870 : pour couronner le mois de Mai, on suspendait d'immenses couronnes d'Aubépine au-dessus des rues. On les illuminait le soir avec des verres de diverses couleurs, et les Bordelais envahissaient les boulevards ainsi décorés pour y danser rondes et farandoles.

On prétend que le lendemain de la Saint-Barthélemy, on vit une Aubépine fleurie au cimetière des Innocents. Ce phénomène (floraison hors saison) fut diversement interprété par les deux partis ennemis.


Utilisation magique : Pendant de longs siècles, cet arbrisseau a eu la réputation d'accroître la fertilité. C'est pourquoi il jouait un grand rôle dans les noces antiques. Les chants nuptiaux, dits chants d'hyménée, vantaient les vertus de l'Aubépine.

Il peut donc sembler paradoxal que le même arbrisseau ait eu aussi la fonction de conserver la chasteté et de prolonger le célibat. Cet apparent paradoxe ne surprendra pas ceux qui connaissent la passion pour l'ordre et la discipline qu'avait le monde gréco-romain. Les déesses gardiennes de la cité, du foyer, protectrices des femmes et de la famille, étaient des divinités austères qui ne plaisantaient pas avec la morale et les bonnes mœurs. Il est donc logique que l'Aubépine, garante de la fertilité du couple et de la bonne entente des époux, ait aussi surveillé la conduite des célibataires des vierges et des veuves non remariées. Les mères qui avaient des filles en âge de « fréquenter » disposaient des bouquets d'Aubépine dans la chambre des demoiselles.

Les femmes seules chassaient le désir, la tentation, en plaçant des fagots de ce bois tout autour de leur chambre, ou bien elles en glissaient sous leur lit.

Les pêcheurs phocéens plantaient un rameau d'Aubépine à la proue de leur barque pour s'assurer de bonnes prises.

Placée dans un berceau, elle joue le même rôle qu'une branche d'arbousier : l'enfant est protégé contre la maladie et les mauvaises influences.

L'Aubépine est l'arbuste sacré des fées. Elle fait partie des trois «arbres féeriques» que révéraient les anciens Bretons : chêne, frêne, Aubépine. Là où ces trois arbres croissent ensemble, disaient-ils, on est sûr d'assister, au crépuscule, à des manifestations surnaturelles.

La passion qu'avaient les sorcières du Moyen Age pour cet arbrisseau est peut-être une réminiscence de cette ancienne croyance celte. Tout jardin de sorcière avait sa haie d'Aubépines. Mais, à l'approche des inquisiteurs, cette bordure révélatrice avait la faculté magique de se transformer en une innocente haie de ronces ou de groseilliers.

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