Blog

  • Anne

L'Aubépine




Étymologie :

  • AUBÉPIN, subst. masc.,

ÉTYMOL. ET HIST. − xiiie s. bot. albespin « aubépine » (Simon de Pouille, Richel. 368, f°150b ds Gdf. : Flor d'albespin); 1268 aubespin (Claris et Laris, éd. J. Alton, 10728 ds T.-L.) − 1866, Lar. 19e, aubépin. Qualifié de ,,vieux`` dep. Ac. 1694. Du lat. pop. *albispinus « aubépine », forme du lat. de Gaule calquée sur un composé gaul. (André Bot., p. 22), de albus spinus « id. » (Antid. Cambridge, 164, ibid.), le lat. spinus désignant le prunier sauvage (Virgile, Georg. 4, 145 ds Gaff.).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Crataegus ; Blanche épine ; Épine de mai ; Noble épine ; Buisson blanc ; Aubépin ; Bois de mai : tous ces noms dialectaux désignent indifféremment deux variétés d'aubépines présentes en Europe : l'Aubépine monogyne et l'Aubépine épineuse.

*



Botanique :


L'Aubépine épineuse se différencie de l'Aubépine monogyne par ses feuilles légèrement lobées à leur sommet, ses fleurs pourvues de deux ou trois styles et par ses fruits renfermant plusieurs noyaux.




Phytothérapie :


Florence Laporte, dans son article pour "Le Menhir", revue francophone de l'OBOD, de mai 2015, nous apprend que :


"Les parties utilisées sont l’écorce, les baies, les feuilles, mais surtout les fleurs à récolter en mai/juin en début de floraison.

En usage interne, c'est une plante antispasmodique, tranquillisante, tonicardiaque. Elle permet de régulariser la tension, de supprimer l'arythmie, la tachycardie, les angoisses et les insomnies. Elle est recommandée pour l'artériosclérose, l'angine de poitrine, les troubles nerveux, la mauvaise circulation du sang, l'hypo ou l'hypertension. Les infusions sont également bénéfiques pour les enfants angoissés qui ont du mal à se concentrer à l'école.


Utilisation :

Infusion de fleurs : 1 cuillère à café par tasse d'eau bouillante, à prendre 3 à 4 fois par jour. Les cures devront durer au moins 3 mois. En usage externe: elle est recommandée pour les peaux sèches, fragiles et dévitalisées, sous forme de lotion. Les fleurs d’aubépine ont un parfum d’amande, très subtil. Elles peuvent être dégustées dans une salade de fruits par exemple.

Les fruits de l'aubépine (cenelles) sont comestibles en confitures et compotes ; on dit qu’il est préférable d'attendre les premières gelées pour les ramasser pour qu’elles ne soient pas trop dures. Astuce : vous pouvez leur faire passer une nuit au congélateur pour obtenir le même effet, ce qui vous permettra de ne pas attendre les gelées et de faire vos récoltes avant que les oiseaux ne fassent la leur

L'élixir de fleurs d'aubépine est conseillé en cas de peine affective, de séparation ou de deuil, Les personnes qui font de l'accompagnement aux mourants y trouveront une aide précieuse.


Je considère vraiment l’aubépine comme l’arbre du cœur. Sur le plan physique, elle apaise les problèmes cardiaques ; sur le plan émotionnel, elle soulage nos peines de cœur affectives, et son énergie nous aide à nous recentrer au plus profond de nous-mêmes, dans notre cœur secret Elle nous appelle à transcender nos dualités pour retrouver la dimension de l’amour et de la paix.

Recette du vin d’aubépine : Cet apéritif, très commun en Vendée, est connu sous le nom d’ « épine ». Ingrédients :

  • 100 g de jeunes pousses d’aubépine

  • Un litre de bon vin rouge

  • 200 g de sucre

  • Un verre d’eau de vie

Préparation :

  1. Cuire les tiges et le vin pendant 10 minutes

  2. Faire un sirop froid avec le sucre et l’alcool

  3. A froid, mélanger les deux et laisser macérer deux semaines

  4. Filtrer et mettre en bouteilles."

*

*




Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012) :


"La religion chrétienne mentionne souvent l'aubépine sous laquelle la Vierge Marie se serait abritée une nuit, lors de la fuite en Égypte. Selon une tradition belge, le parfum des fleurs de l'arbuste aurait pour origine les langes de l'enfant Jésus que sa mère mit à sécher sur une aubépine. La couronne du Christ aurait été confectionnée d'autre part par les épines de la plante. Qui porte un morceau de rameau d'aubépine sur soi sera gai et chanceux. Sachez que la tradition juge le prélèvement de la plante effectué à jeun, plus efficace. Si le jeu est votre passion favorite, vérifiez si la tradition dit vrai et placez un rameau devant un calvaire dans l'espoir de gagner.

La vengeance aux deux visages : Grâce aux épines de ses branches et à la dureté de son bois, l'aubépine symbole de force et de résistance, s'est vu attribuer un pouvoir défensif contre les forces du mal. La mythologie romaine corrobore cette croyance en mentionnant l'histoire de la nymphe Carna. Cette belle vierge se jouait de ses admirateurs en faisant semblant d'accepter leurs avances. Prétextant sa pudeur, elle les entraînait dans une grotte sombre où elle se cachait jusqu'au départ des éconduits abandonnant tout espoir. Or le dieu Janus, pourvu d'un deuxième visage l'arrière de sa tête, fut pris de désir en voyant la nymphe. Grâce à sa vision élargie, il déjoua facilement le piège de la belle qui se dissimulai dans son dos et la prit de force. En échange de sa virginité perdue, il fit don à Carna du pouvoir des gonds, lui permettant d'ouvrir et de fermer à sa guise toutes les portes, mais aussi d'une branche d'aubépine capable de refouler les influences néfastes du seuil des maisons. Un rameau fort utile puisqu'il lui permet plus tard d'empêcher les Striges, créatures suceuses de sang, de revenir tourmenter un nourrisson. En déposant simplement la branche bienfaitrice près de la porte de la chambre, la nymphe créa une frontière infranchissable pour les êtres démoniaques. S'appuyant sur cette légende, les Romains fixaient souvent un rameau d'aubépine au berceau ou au lit de leur enfant afin de les protéger des Striges.

En France, les paysans du Languedoc, accrochaient une telle branche sous le ventre de leurs bœufs afin qu'aucun sort ne puisse les atteindre. Les bergers du Berry et de Champagne portaient sur eux une amulette identique pour écarter les esprits malins. Le même rameau posé sur le seuil de sa maison remplissait une fonction identique.


Usage contrôlé : Le corps maritime vouait un si grand respect à l'aubépine qu'il refusait de l'utiliser pour des causes aussi communes que la construction d'un bateau. Selon les habitants de Guernesey, quiconque outrepassait cette règle ne pouvait que s'en prendre à lui-même si son navire subissait des dégâts ou coulait au fond de l'océan. La fixation d'une branche d'aubépine à la proue de son bateau de pêche était en revanche de bon augure et les Marseillais espéraient s'assurer ainsi de bonnes prises.


Malédictions : Pour les Gaëls, peuple celtique basé en Irlande et en Écosse vers la fin du 1er millénaire avant notre ère, l'aubépine était une plante sacrée qu'il ne fallait couper sous peine de connaître une année de malchance. Voilà pourquoi ils faisaient couper sous peine de connaître une année de malchance. Voilà pourquoi ils faisaient venir des travailleurs pauvres et éloignés pour tailler les haies où poussaient des aubépines. Dans le sud-est de la France, quiconque se piquait à cet arbuste devait s'abstenir de l'injurier ou de mettre un coup de pied rageur dans le buisson sans quoi un malheur bien pire adviendrait dans sa vie.


Paratonnerre végétal : Mentionnée dans la Bible comme ayant abrité la Vierge lors d'un orage, l'aubépine fut identifiée comme une protection naturelle contre la foudre. Ce phénomène météorologique, soit disant généré par le diable, n'oserait en outre toucher la plante qui ceignait jadis le front du Christ. Voilà pourquoi se réfugier sous une aubépine par temps orageux serait une sage décision.

Français et Wallons plantaient d'ailleurs cet arbuste près des habitations et faisaient entrer un rameau entre leur quatre murs pour profiter de ses vertus. Une branche coupée à jeun dans la matinée du 1er mai ou à la Saint-Jean serait plus efficiente. En vue de protéger leurs maisons et leurs étables de la foudre, les paroissien de Bourth, dans l'Eure, cueillaient des branches d'aubépine fleurie chaque lundi de Pentecôte, lors de la procession de la Sainte-Barbe. Invoquée par temps d'orage, cette sainte est décrite comme une vierge décapitée par son père au IIIe siècle. Aussitôt son crime accompli, l'assassin aurait péri foudroyé.


Passage interdit : Les Irlandais ont toujours éprouvé une affection particulière pour l'aubépine. Au XII et XIIIe siècles, un tel arbuste se développant isolément aux abords d'un ruisseau attestait à leur yeux de la présence de fées. Aujourd'hui, cette croyance qui s'est étendue à chaque aubépine du pays ne facilite pas la tâche à l'administration qui cherche à détruire certains pieds pour tracer de nouvelles routes.

Amour toujours : Les Grecs relièrent la blancheur printanière des fleurs d'aubépine à Hyménée, déesse présidant aux mariages. L'arbuste passait pour attirer la prospérité et le bonheur sur les nouveaux couples et était en conséquence abondamment présent lors des noces. Les épouses étaient couronnées de ses fleurs, des torches faites de son bois brûlaient sur l'autel du mariage et chaque invité portait un rameau de la plante durant le repas de noces. A Rome où on accordait à l'aubépine le pouvoir d'augmenter la fertilité, le nouvel époux accompagnait sa femme jusqu'à la chambre nuptiale en tenant à la main un rameau d'aubépine. Les grecs quant à eux voyaient dans l'aubépine le symbole des mariages heureux."

*

*




Symbolisme :


Selon Le Livre des superstitions, Mythes, croyances et légendes (Éditions Robert Laffont S.A.S., 1995, 2019) proposé par Éloïse Mozzani :


Utilisée comme porte-bonheur dès les temps les plus reculés, l'aubépine ou épine blanche assurait prospérité et fertilité aux nouveaux époux. Aux repas de noces à Athènes chaque convive en portait une branche, et à Rome le marié n'omettait pas d'en tenir un rameau en conduisant son épouse vers la chambre nuptiale. En même temps, l'aubépine avait la réputation de veiller à la bonne moralité des célibataires, dont elle se portait garante de la chasteté. Les mères désireuses de protéger la virginité de leurs filles plaçaient dans la chambre de ces dernières des bouquets d'aubépine tandis que "les femmes seules chassaient le désir, la tentation, en plaçant des fagots de ce bois tout autour de leur chambre, ou bien en glissaient sous leur lit". Les Romains en attachaient également sur les berceaux des nouveau-nés car l'aubépine, grâce à ses piquants, chasse les sorts en même temps que les maladies.

Certaines de ces croyances survécurent aux païens, d'autant plus que l'arbrisseau joue un rôle important dans la légende chrétienne : pour les uns, le célèbre "buisson ardent", où Dieu apparut à Moïse sur le monte Horeb, ne serait qu'une variété d'aubépine ; pour les autres, l'épine blanche, dont les fruits sont surnommés "poires à bon Dieu", a servi à tresser la couronne du Christ. Depuis, l'arbrisseau soupire et gémit tous les vendredis saints. On dit encore que la Vierge, pendant sa fuite en Égypte, s'est endormie dessous. Selon une tradition belge, la mère de Jésus, ayant étendu les langes de son fils sur l'épine blanche, a donné à ses fleurs leur parfum agréable. Inutile de dire qu'arracher un buisson d'aubépine porte malheur et dans le sud-est de la France, lorsqu'on se pique à ses branches, il ne faut pas offenser le "buisson blanc", considéré comme sacré et symbole d'innocence et de pureté.

Même la foudre respecte l'arbuste qui a touché le front du Christ, et l'épargne toujours. C'est à l'aubépine que s'adressaient les Gascons aux premiers coups de tonnerre :

La Vierge Marie

S'est endormie

Sous un aubépin

Depuis le soir jusqu'au matin.


C'est encore à elle que faisaient confiance les habitants des Ardennes qui, surpris par l'orage, en brandissaient une branche en disant :

Aubépine, mon bien,

Je te cueille et je te prends

Si je meurs en chemin

Sers-moi de sacrement.

Sinon, en placer dans sa main, sur son chapeau ou même se réfugier sous l'arbrisseau écarte également les mauvaises humeurs du ciel.

Autre superstition à rapprocher de la légende sainte : qui en dépose une branche devant un calvaire sera chanceux au jeu.

Son pouvoir contre les forces maléfiques, attesté par les Romains, lui fut reconnu aussi dans la France moderne et contemporaine, où l'on dit, comme en Languedoc, qu'attachée sous le ventre des bœufs, elle arrête les maléfices et empêche les animaux de s'emballer ; déposée dans les champs, elle les protège de l'enfer et des démons. En son temps, le Grimoire du pape Honorius la recommandait pour remédier à l'envoûtement d'un troupeau : il fallait percer le coeur d'un animal mort avec neuf piquants d'aubépine, en disant en premier : "Adibaga, Sabaoth, Adony, contraratout prisous prerunt fini unixis paracle gossum" et à la fin : "J'appelle ceux ou celles qu ont fait fabriquer le Missel Abel ; lâche, a-t-on mal fait que tu aies partout à nous venir trouver par mer ou par terre, tout partout, sans délai et sans dédit". On recommençait l'opération neuf jours de suite au bout desquels le cœur étant rôti sur de la braise ardente, le sorcier coupable se présentait ou mourait. En outre, on peut se débarrasser d'un vampire en lui transperçant le cœur d'une branche d'aubépine.

Ce qui n'empêche pas qu'elle fut également une plante chérie des sorcières au Moyen Âge : "Tout jardin de sorcière avait sa haie d'aubépine. Mais à l'approche des inquisiteurs, cette bordure révélatrice avait la faculté magique de se transformer en une innocente haie de ronces ou de groseilliers."

Les fées affectionnent particulièrement l'épine blanche et se rassemblent sous son feuillage. Dans de nombreuses régions, au printemps, on déposait, à l'intention de ces créatures, des couronnes d'aubépine sur les buissons dans l'espoir qu'elles remercient leurs bienfaiteurs par quelques bonnes actions. On dit aussi que "les jeunes filles qui ont entendu gémir l'enchanteur Merlin et qui l'ont consolé après s'être agenouillées auprès du buisson d'aubépine dans lequel la fée Viviane l'a autrefois enfermé se marieront quand elles le désireront".

Celle qui veut mettre fin à son célibat peut cueillir "neuf poires à bon Dieu" et, pendant l'office du dimanche, au moment de l'élévation, en faire tomber une à ses pieds : elle épousera le jeune homme qui, le neuvième dimanche, lui tendra de l'eau bénite.

Cueillie de préférence le 1er mai, et placée dans les étables ou dans le fumier, l'aubépine empêche les serpents de s'attaquer aux bêtes ; sa présence sur les taupinières en chasse les "habitantes". Elle empêche la viande de pourrir et le lait de cailler et permet à la vache traite à ses côtés de donner beaucoup de lait.

Selon une tradition marseillaise, planter un rameau d'aubépine à la proue du bateau garantit une bonne pêche. En Normandie, le conscrit qui s'était rendu devant l'arbrisseau avait toutes les chances de tirer un bon numéro.

Depuis l'Antiquité, l'épine blanche a conservé sa vertu amoureuse puisque, pendant des siècles, on en fabriqua des flambeaux éclairant les chambres nuptiales. Au temps de la chevalerie, le croisé à la veille de partir en Terre sainte offrait à la dame de ses pensées un rameau d'aubépine, lié à un ruban de velours rouge, comme gage d'espérance et de fidélité.

Dans de nombreuses régions françaises, pour guérir un enfant fiévreux, on le déposait devant une aubépine en fleur. Quelques prières ou offrandes (œufs, pièces de monnaie, du pain ou du sel) devaient accélérer la guérison. On peut aussi placer dans la bouche du malade un rameau qui sera brûlé dans la cheminée ou, plus simplement, mettre un bouquet d'aubépine dans sa chambre.

L'aubépine soigne aussi bien les maux d'yeux, lorsque le patient prend la peine de lui adresser la conjuration suivante relevée dans les Vosges ! "Aubépine, Dieu te bénit par-dessus toute fleur et racine. Au nom de Dieu, fleur, je te commande, si tu es blanche, que tu déblanches ; si tu es rouge, que tu dérouges. Les trois personnes de la Sainte-Trinité te commandent de t'en aller." Suivront cinq Pater et cinq Ave à l'intention de la Sainte Trinité. En Belgique, deux feuilles d'aubépine posées en croix sur le nez en arrêtent les saignements.

Contre les aux de dents, il faut s'agenouiller à minuit au pied d'une aubépine, dire cinq Pater et cinq Ave, y attacher un ruban neuf et rentrer chez soi sans parler à quiconque (Seine-et-Marne). Selon un vieil usage, les paysans du Limousin jetaient dans le buisson d"épines blanches le linge qu'ils avaient appliqué sur une plaie, de temps à autre, "au hasard d'un défrichement ou par suite de toute autre circonstance, on découvr[ait] un petit paquet de linges soigneusement dissimulé dans le fourré d'une haie d'aubépine. [...] On ne d[evait] jamais toucher à ces chiffons maculés, sinon, d'après la croyance populaire, les plaies du malade, qui a recouvré la santé par ce moyen, ne tardaient pas à se rouvrir."

L'abondance des fruits de l'aubépine, que les enfants ne doivent pas manger au risque d'attraper des poux, présage, dans le Poitou, un hiver long.

En Angleterre, il ne faut jamais dormir dans une pièce où se trouve une branche d'aubépine fleurie ni en placer dans la maison d'un mort. Dans le Suffolk, certains disent qu'utiliser un balai fait que son bois "balayera" le chef de famille. L'histoire n'explique pas cette superstition, au contraire, car, jusqu'à Charles Ier, "on apportait en procession comme cadeau de Noël une branche de l'aubépine de Glastonbury, que l'on prétendait descendre en ligne droite de Joseph d'Arimathie". Joseph d'Arimathie, qui avait enseveli Jésus et dont une ville de Judée porte le nom, avait la veille de Noël, fait jaillir de son bâton planté dans le sol une aubépine en fleur. Depuis l'on disait que l'aubépine fleurissait la veille de Noël, fête que l'on reporta en 1753, à Quinton (Buckinghamshire), au 5 janvier, car le miracle de la floraison n'avait pas eu lieu.

La France eut aussi sa floraison exceptionnelle en 1572, dans l'ancien cimetière des Saints-Innocents où un pied d'aubépine fleurit le matin du 25 août, soit le lendemain de la Saint-Barthélémy, qui vit, sur ordre de Charles IX, le massacre des protestants : "Cet aubépinier fleurissant bien au-delà de la période habituelle était-il le signe muet mais visible d'un reproche envers le roi génocide, la blancheur de la floraison symbolisant l'innocence des pauvres victimes ?" Des siècles plus tôt avait eu lieu un autre prodige : à la mort de saint Martin, le 11 novembre 397, les buissons des bords de la Loire, au passage du convoi funéraire, se couvrirent d'aubépines, d'où le nom d' "Alba Via" (Voie Blanche) que prit ce chemin à Candes-Saint-Martin (Indre-et-Loire).

Les femmes kabyles désireuses de modifier le caractère de leur mari lui adressent l'invocation suivante : "Les hommes t'ont appelée aubépine ; moi, je t'appelle le "caïd qui commande" ; fais que mon mari ne me batte plus et change-le en âne à qui je ferai porter la paille."

*

*

D'après Nicole Parrot, auteure de Le Langage des fleurs (Éditions Flammarion, 2000) :


"Vous êtes délicat(e), élégant(e) et vous le savez. Mais, modeste et réservé(e), vous ignorez la puissance de votre charme. Alors sachez que je vous apporte la promesse d'un grand amour. Et le bonheur de l'attendre dans la sérénité". Ainsi parle l'aubépine à celle (ou celui) qui la reçoit, qui l'offre ou qui se l'offre. Et la petite fleur ajoute en confidence : "vous êtes trop jeune pour la passion, gardez-vous-en". Naïve et innocente en apparence, en réalité, la gentille fleurette connaît la vie et sait se défendre. Plantée au bord des chemins, elle élève une haie d'une piquante efficacité. Elle s'est posée sur la tête du Christ supplicié, une référence. Peut-être justement parce qu'elle est bien armée, elle préserve de la foudre, combat les maléfices et protège les nouveau-nés et les enfants malades.

Elle a reçu le plus vibrant hommage, peut-être, de l'histoire de la fleur dans la littérature. Marcel Proust qui, enfant, la découvrait avec ravissement au bord du chemin menant au jardin de son oncle a, des années durant et malgré sa douleur, tenté de percer son mystère. Celle qu'il appelait "la petite épine blanche" provoque de terribles crises chez les asthmatiques et, devenu adulte, l'auteur de La Recherche du temps perdu devait se contenter de contempler nos buissons "vêtus de leur robe de mariée" du fond d'une voiture, toutes vitres remontées. Chaque année depuis, le petit village d'Illiers, le Combray du Temps perdu voit, au début du mois de mai, arriver de fervents lecteurs de l'écrivain. Ils viennent revivre "la promenade des aubépines".


Mot-clef : "Promesse d'une grande joie".

*

*

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes ( (Hachette Livre, 2000) :


"L'aubépine, ou littéralement, l'épine blanche, était couramment utilisée par nos ancêtres les Gaulois pour clamer les palpitations et combattre l'insomnie. En Grèce, sa blancheur immaculée en fit une représentation de l'amour pur, fidèle, sincère des futurs mariés, à qui l'on offrait des branches, des rameaux ou des bouquets d'aubépine. Plus tard, c'est pour consacrer la naissance d'un enfant que les Romains en paraient le berceau du nouveau-né. Enfin, les Chrétiens virent dans cet arbuste le symbole de la pureté qu'ils attribuaient au Christ et à la Vierge. Ainsi, l'aubépine eut toujours bonne réputation, des effets bénéfiques et protecteurs.

En rêver ou en voir inopinément est donc un signe de protection providentielle, de bienfait, de soulagement, de naissance ou de mariage heureux."

*

*

Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), décrit ainsi l'aubépine : "L'aubépine peut atteindre une hauteur de douze mètres ; ses petites baies rouges sont facilement identifiables.


Propriétés médicinales : Il s'agit d'un tonique cardiaque qui renforce le cœur et les vaisseaux sanguins ; une décoction aide à soulager la plupart des malaise cardiaques. Les propriétés astringentes des fleurs et des fruits de l'aubépine en font également un remède idéal dans le traitement des infections et des maux de gorge. Elles servent aussi dans les cas d'inflammation rénale.


Genre : Masculin.


Déités : Flore, Brigide.


Propriétés magiques : Fertilité, chasteté, assurance d'une bonne pêche, bonheur.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS

  • La propriété la plus importante de cette plante est d'assurer la fertilité. Les fleurs et les fruits de cet arbre sont souvent inclus dans les décorations et les bouquets de mariées, particulièrement lorsque le mariage a lieu au printemps.

  • Curieusement, les feuilles de l'aubépine, portées en sachet, assurent la chasteté ; au Moyen Âge, plusieurs confréries de moines et de religieuses portaient ce talisman.

OREILLER DE FERTILITÉ

La coutume nous vient de l'Italie. On y fabrique de petits oreillers replis des fleurs et de fruits séchés qu'on place sous les reins de la femme qui veut concevoir. En voici une version moderne, qui doit être faite au moment de la pleine lune.


Ce dont vous avez besoin :

  • trois chandelles : une rose, une rouge et une blanche

  • de l'encens de rose

  • un petit sachet de coton rose ou rouge

  • des boules d'ouate

  • de l'huile essentielle d'aubépine.

Rituel :

Faites brûler l'encens. Allumez les chandelles : commencez par la rose, qui symbolise l'amour pour votre conjointe, puis la rouge, qui représente la passion qui vous unit, et, finalement, la blanche, qui symbolise la nouvelle vie que vous désirez concevoir. Prenez quelques instants entre chaque chandelle pour vraiment ressentir toutes les phases : l'amour, la passion et la conception. Versez enfin une goutte ou deux d'huile sur chacune des boules d'ouate avant de les insérer dans votre oreiller.

Une fois cela fait, refermez l'oreiller et tenez-le au bout de vos bras, vers le ciel, en prononçant cette invocation aux déesses de la fertilité :

Je vous invoque, déesses de la fertilité,

Brigide, Déméter, Vénus, Aphrodite, Héra, Junon et

toutes les autres dont la tâche es d'aider la conception,

Je désire un enfant qui soit béni des dieux

Qui symbolise l'amour que je partage avec mon conjoint. Afin que notre union soit complète et fertile

J'en appelle à vous, déesses dont la puissance est éternelle,

Accordez-moi ce désir.


Portez ce sac autour de vos reins pour le reste de la soirée et, chaque fois que vous faites l'amour avec votre conjoint, placez-le sous vos reins."

*

*




Symbolisme celte :

Selon L'Oracle des druides, Comment utiliser les plantes magiques de la tradition druidique (1994, traduction française 2006) de Stephanie et Philip Carr-Gomm, l'aubépine fait partie de la carte des Gardiens au même titre que le bouleau et le sureau. Pour ces trois arbres, les mots clefs sont :


en "position droite : Immunité - Force - Longévité

en position inversée : Lenteur - Combinaison - Synergie.


Les gardiens sont trois arbres qui, ensemble, préservent la santé humaine et prolongent même la vie en fortifiant le système immunitaire, le cœur, le système circulatoire, le foie et les reins. Tous font partie de l'ogham de 18 arbres et 7 plantes formant le mystérieux alphabet des arbres, appelé parfois la "langue des druides".

La carte montre un bouleau poussant entre un sureau et une aubépine. Les trois arbres sont les gardiens du bassin sacré, dans lequel pousse la véronique cressonnée, appelée aussi pimprenelle aquatique. Selon Pline, elle pourrait être le mystérieux samolus révéré par les druides.

Sens en position droite. Si vous avez chois cette carte une situation ou une relation apparemment en difficulté peut être préservée et fortifiée en agissant. Parfois, s'il n'y a aucune chance de "remède rapide", un problème peut être lentement réglé au fil d'une période de temps par une série d'ajustements infimes. Les trois gardiens fortifient progressivement les principaux organes du corps. De même, si vous tentez de renforcer des aspects spécifiques d'une relation, avec le temps ce la affectera toutes ses facettes. Au lieu de vous concentrer sur les zones de faiblesse du couple, identifiez les bonnes connexions et fondez-vous sur elles. Les relations durables ont besoin d'un "système immunitaire" sain, capable de gérer les stress inévitables apparaissant entre deux individus.


Sens en position inversée. Les plantes agissent parfois mieux quand elles sont administrées en tant que remède et parfois en association avec leurs semblables. Si vous avez choisi cette carte, on fait appel à vous pour travailler dans un groupe. Votre indépendance est menacée, mais il se peut que la synergie générée en équipe soit plus efficace que le travail solitaire.

La carte suggère par ailleurs que vous devez avoir confiance dans vos capacités et vus fier à la vie afin de ralentir et de ne pas accepter n'importe quelle offre. Nous nous précipitons souvent à travers la vie, anxieux à l'idée que si nous nous arrêtons nul ne voudra de nous. C'est généralement faux. En ralentissant ou en faisant une pause, nous donnons à la vie une chance de nous indiquer de nouvelles directions.

*

Toniques et fortifiants

Les trois gardiens agissent d'une certaine façon comme la famille archétypale, avec le sureau comme mère, l'aubépine comme père et le bouleau comme le jeune enfant apportant fraîcheur et renouvellement. Chaque arbre offre des dons extraordinaires.

Le sureau pousse en Grand-Bretagne depuis des millions d'années. Vers 400 av. J. C., Hippocrate dit qu'il est son "remède pour la poitrine". Il est associé à la vieille femme et jadis il était autant révéré que craint. Lié à la mort et l à la sorcellerie malfaisante, mais également avec la protection contre l'éclair et les sorcières, ces associations contradictoires se font l'écho de la nature de l'arbre, dont l'écorce et les feuilles sont toxiques, mais dont les fleurs et les baies ont de puissantes propriétés curatives et fortifiantes. Les baies et les inflorescences du sureau servent à la préparation d'un excellent tonique et vin. Ses capitules sont utilisés en encens. Boire régulièrement du jus de baies de sureau stimule le système immunitaire, atténue le stress, aide à maintenir une circulation saine, entretient la santé cardiaque et prévient le durcissement des artères.

L'aubépine, qui fleurit en mai, à Beltaine, chargeant les haies de fleurs, est aussi appelée noble-épine. Ses baies rouge sang sont si bonnes pour le cœur et le système circulatoire que l'arbre a parfois été appelée "le père du cœur". Le druidisme et la tradition populaire associent l'aubépine au monde des fées et de la sexualité. Elle est devenu l'un des arbres les plus importants pour la phytothérapie. Les feuilles, les fleurs et les baies contiennent des antioxydants qui protègent les tissus cardiaques. Les préparations à base d'aubépine fortifient par ailleurs les pulsations du cœur et abaissent la pression sanguine. Prises quotidiennement en tisane elles protégeront le cœur et la circulation.

Le bouleau a été l'un des premiers arbres à coloniser la Grande-Bretagne lors de la fonte des glaces. Il est associé au druidisme pour la purification, la naissance et les nouveaux commencements. Les badines en bouleau étaient utilisées sur les mécréants - et dans les saunas scandinaves - pour éliminer les impuretés. Les berceaux étaient traditionnellement façonnés en bouleau. L'effet purifiant de cet arbre attirant est également physiologique. Les feuilles, la sève et l'huile extraite de son écorce ont des utilisations médicales. La sève, en plus de faire un bon vin, est un tonique au printemps et en automne - améliorant surtout le métabolisme des protéines et l'élimination des déchets hépatiques et rénaux. Les herboriste anciens prescrivaient du bouleau pour les rhumatismes et les calculs rénaux. On a découvert actuellement que les composantes du bouleau sont efficaces pour le traitement du cancer et du VIH. Prises régulièrement en tisane, les feuilles et l'écore prolongent apparemment la vie."

*

*




Mythes et légendes :

Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des Fées et des autres esprits de la nature (Éditions Plume de Carotte, 2014), l'aubépine est l'arbre des fées.

"Propriété privée : Sous le feuillage vert des aubépines, entre les grappes de fleurs blanches parfumées, derrière le rempart des branches épineuses, résident fréquemment des fées. Leur présence ne fait aucun doute si trois arbustes de cette espèce ses sont regroupées pour former un cercle au pied d'une colline. Une épine blanche (aubépine) solitaire croissant près d'un ruisseau est également un indice fiable. Pour les amoureux du Petit Peuple ayant toujours rêvé de voir des fées, sachez que l'entrée de leur domaine se trouverait sous les souches de ces arbustes. C'est d'ailleurs par une telle cavité que l'on entrait dans la demeure souterraine des demoiselles vosgiennes de Landaville. La ribambelle d'étoiles colorées suspendues au plafond et les multiples miroirs réfléchissant la lumière donnaient l'illusion d'être directement exposé aux rayons du soleil.

Cette vision enchanteresse ne doit pourtant pas vous faire oublier la prudence car certaines fées interpréteraient tout passage près de leur aubépine comme une intrusion impardonnable. Un récit du XVIIIe siècle rapporte qu'une jeune Irlandaise prénommée Anna aurait ainsi été enlevée dans les airs sous les yeux impuissants de ses amies.

Sachez qu'il est particulièrement dangereux d'approcher de tels arbustes enchantés lors des soirées précédant le 1er mai, le 24 juin qui correspond au solstice d'été et le 1er novembre durant lequel les Celtes célébraient le passage d'une année à l'autre. Les êtres surnaturels sont particulièrement actifs ces nuits-là et les fées se réunissent en grand nombre au pied des nobles épines.

Le 11 mai, où l'on célébrait jadis le mois de mai en Irlande et le 11 novembre, autrefois consacré aux morts, ne sont guère plus favorables. Les Lunantishees, gardiens des aubépines et des prunelliers, apportent en effet le malheur aux humains qui osent ne serait-ce que frôler ces arbustes durant ces deux jours.

On avait autrefois coutume de déposer des offrandes au pied des aubépines pour les fées.


Expropriations dommageables : Puisque les fées ont fait des blanches épines leur refuge, il paraît plus judicieux de ne pas contrarier ces créatures en dégradant ces végétaux. En Irlande, pas où la croyance en la présence des fées dans les aubépines est pourtant très forte, deux frères du nom de Bergin arrachèrent de tels arbustes sur leur propriété. Peu de temps après, kl'in des hommes fut frappée de folie et ne retrouva jamais la raison. Plus tard, c'est un fermier inconscient qui répéta le même erreur. La sanction ne fut pas longue à venir : ses bêtes périrent, bientôt suivies par ses propres enfants... On ne détruit pas les arbres des fées impunément. Forts de ce précepte, des Irlandais de Kiltimagh mirent en garde le bûcheron commandité en 1920. pour abattre deux nobles épines dans un champ où devait être construit un hôpital. Non superstitieux, l'homme ne tint pas compte des avertissements et décéda le lendemain d'une crise cardiaque... Un autre cas s'est produit à la fin du XXe siècle. Contre l'avis des ouvriers, le directeur de l'entreprise automobile DeLorean déracina un arbuste abritant des fées afin d'y construire une usine. On attribua sa ruine ultérieure à ce sacrilège.

De nombreux Irlandais s'opposent encore aujourd'hui à la destruction d'aubépines visant à agrandit des voies de communication ou à réaliser de nouvelles routes. L'administration n'a lors pas d'autre choix que de détourner les tracés initialement prévus ou de laisser au beau milieu de la chaussée l'arbre vénéré, comme il a été fait pour l'aubépine située près du monastère de Seir Kieran.

Lorsqu'en 1999, le folkloriste irlandais Eddie Lenihan apprit qu'une épine de mai allait être rasée pour construire une autoroute, il alerta la presse. Il mit l’administration en garde contre les fées qui chercheraient pour être sûr à se venger en provoquant es accidents. Une vague populaire de protestations se joignit aux siennes et l'on promit dès lors d'épargner l'arbre en question.

Amers présages : Dans l’Écosse du XIIIe siècle, vivait Thomas d'Erceldoune, également connu sous le surnom de Thomas Le Rimeur. Ce barde était célèbre pour ses poésies mais surtout pour ses prédictions dont on attribuait la responsabilité aux fées. Selon la tradition, ce personnage était un jour allongé près d'un ruisseau, sus l'ombre d'un buisson blanc quand il vit apparaître une magnifique femme chevauchant un coursier blanc. Croyant voir a Vierge Marie, il s'agenouilla aussitôt pour lui rendre hommage. Mais comme il l'apprit, devant lui se tenait en réalité la reine des fées. Elle l'emporta dans le royaume enchanté de son peuple où il acquit le don de prophétie. Sept années plus tard, il obtint la permission de partir rejoindre les siens en promettant notamment de ne jamais faire de mal à un arbre.

Il avait l'habitude d'énoncer ses prédictions sous la noble épine d'Eildon et recommandait à la foule d'en prendre soin pour assurer sa propre prospérité. "Tant que l'aubépine fleurira, chacun son champ gardera", se plaisait-il à dire. La notoriété de cette prédiction traversa les siècles et on attribua un soin particulier au végétal sacralisé. Hélas, une tempête renversa le vénérable arbre en 1814. On eut beau verser du whisky sur les racines du végétal, ce dernier finit par périr. Il faut croire que les enchanteresses déçues se vengèrent car les habitants connurent dès lors d'importants déboires financiers...

Un cœur en prison : Dans la forêt de Brocéliande, il est un buisson d'aubépine sans âge d'où s'échappent parfois des plaintes. Les jeunes filles qui s'agenouillent au pied de la plante pour se montrer consolantes sont promises à se marier au cours de l'année. Cette croyance trouve son origine dans l'histoire romanesque de la fée Viviane et de l'enchanteur Merlin. Éperdument amoureux de sa belle, le magicien lui enseigna tous ses secrets, y compris la façon d'enfermer un homme sans recourir à des chaînes ou des murs. Viviane, craignant de perdre son aimé, préféra enchaîner à jamais l'enchanteur dans une aubépine.


Un mal pour un bien : En Bretagne, le Bugul-noz est décrit comme un personnage nocturne portant un long manteau blanc et un grand chapeau à bords larges. Certains assurent que cet être était à l'origine humain. il fut condamné à son sort pour avoir été un mauvais chrétien durant sept ou neuf ans ou pis : pour avoir commis un assassinat... Une bonne âme peut délivrer cette créature de sa destinée en la piquant avec une épine d'aubépine.

Cadeau parfumé : Au printemps, les jeunes filles avaient coutume de tresser des couronnes d'épine de mai et de les déposer sur des buissons. Elles pensaient que le soir venu, les fées viendraient danser autour des végétaux pour humer le doux parfum des fleurs blanches. Et qu'en guise de remerciements les Bonnes Dames les récompenseraient d'une façon ou d'une autre.

Pour apporter le bonheur aux mariées grecques et les protéger des esprits malfaisants, on leur offrait des rameaux d'aubépine.


Qui va là ? Les fées ne sont pas les seules créatures à fréquenter la blanche épine, les sorcières sot aussi légion. Dans le folklore celtique et germanique, les Hags, souvent décrites comme de vieilles femmes régissant les saisons, hantent régulièrement ces arbustes épineux. Dans l'ancien saxon, le mot hag servait également à désigner les fruits de l'arbuste, c'est dire le rapprochement qui était fait entre ces êtres et la plante.

Comme vous pourrez le constater par vous-même, ce parallèle était tout à fait justifié. Si vos pas vous mènent une nuit de pleine lune dans un pré de Guernesey, postez-vous discrètement près de remarquables et grandes aubépines aux branches nouées par l'âge. Vous ne tarderez pas à apercevoir des lièvres, chats et autres bêtes se regrouper à l'ombre de ces arbustes pour y mener de folles sarabandes. Précisons pour les non-avertis que les sorcières ont la capacité de changer d'apparence autant qu'il leur plaît et que la métamorphose en animal est un de leurs passe-temps préférés. Une fois ces êtres partis, n'oubliez pas de prélever un rameau d'aubépine. La plante portée sur soi ou accrochée à la porte de la maison ou encore au-dessus d'un berceau, serait un moyen efficace de se protéger des sorcières comme des mauvaises fées. Car on l'oublie trop souvent mais ces dernières peuvent se montrer cruelles. L'enlèvement des jeunes enfants fait ainsi partie de leurs méfaits. Pour libérer les petits enfermés au sein de collines enchantées, les Anglais incendiaient les aubépines poussant sur ces mêmes talus. Quand on connaît le fort attachement des enchanteresses à ces arbustes et leur caractère vengeur, on ne peut que trembler pour les profanateurs. mais la perte d'un enfant incite souvent les parents à réaliser des actes inconsidérés, comment s'en étonner ?

Une sale habitude : Les fermiers de Franche-Comté étaient persuadés que la Vouivre, un monstrueux serpent ailé, pondait des œufs dans leur tas de fumier. Pour les empêcher d'éclore, ils plantaient une branche d'aubépine dans le monticule tout en regrettant que cette créature n'ait pas l'idée d'y déposer plutôt le joyau posé sur sa tête, tel un troisième œil.


Comme une odeur de pourriture : Selon une superstition anglaise toujours d'actualité, le fait de déposer des fleurs d'aubépine dans sa maison entraînerait un accident, une maladie grave ou un décès et pour une fois, les fées n'ont rien à se reprocher ! On accuse en effet le parfum de la plante de sentir la mort... Il est vrai que la ptomaïne, substance résultant de la putréfaction, dégage étrangement l'odeur de l'aubépine."

*

*




Littérature :


L'Aubépine :


Simone, tes mains douces ont des égratignures, Ta pleures, et moi je veux rire de l’aventure.


L’Aubépine défend son coeur et ses épaules, Elle a promis sa chair à des baisers plus beaux.


Elle a mis son grand voile de songe et de prière, Car elle communie avec toute la terre ;


Elle communie avec le soleil du matin : Quand la ruche réveillée rêve de trèfle et de thym,


Avec les oiseaux bleus, les abeilles et les mouches, Avec, les gros bourdons qui sont tout en velours,


Avec les scarabées, les guêpes, les frelons blonds, Avec les libellules, avec les papillons


Et tout ce qui a des ailes, avec les pollens Qui dansent comme des pensées dans l’air et se promènent ;


Elle communie avec le soleil de midi, Avec les nues, avec le vent, avec la pluie


Et tout ce qui passe, avec le soleil du soir Rouge comme une rose et clair comme un miroir,


Avec la lune qui rit et avec la rosée, Avec le Cygne, avec la Lyre, avec la Voie lactée ;


Elle a le front si blanc et son âme est si pure Qu’elle s’adore elle-même en toute la nature.


Rémy de Gourmont, "L'Aubépine" in Simone, poème champêtre.

*

*

L’Églantine, l’Aubépine et la Glycine


Églantine, aubépine,

Rouge, rouge, rouge et blanc.

Glycine,

L’oiseau vole en chantant.

Églantine, aubépine,

Bouge, bouge, bouge et vlan !

Glycine,

L’oiseau vole en chantant.

Et vlan, vlan, vlan !


Robert Desnos, "L’Églantine, l’Aubépine et la Glycine" in Chantefables et Chantefleurs, 1952.

*

*

Selon Lucia Baroncini, auteure d'une communication intitulée "De l’aubépine et d’autres fleurs : les plantes de la poésie française médiévale" (rendue publique lors du Huitième séminaire annuel d'ethnobotanique du domaine européen du Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, les 22 et 23 octobre 2009) :


Pourquoi l’aubépine était une des fleurs de l’amour ? La précision botanique de Pascoli n’est pas à évoquer en parlant du Moyen Âge. À cette époque, nommer un élément de la Création au lieu d’un autre était un choix bien pondéré, qui était inscrit dans un système complexe de symbologie enraciné surtout dans la culture religieuse.

Selon Susan Eberly, spécialiste de littérature anglo-saxonne, le green hawthorne (aubépine verte) qui fleurit dans les jardins de la poésie anglaise du Moyen Âge est une allégorie de l’arbor cupiditatis, c’est à dire du plaisir charnel, en opposition à l’arbor caritatis qui représente, notamment chez saint Bernard de Clairvaux, l’union fructueuse entre l’âme et Dieu. L’aubépine serait donc « a symbol of spiritual bareness of concupiscence » parce que, dans la tradition biblique, les épines signifient la désolation, l’impuissance à accueillir la Parole de Dieu, la souffrance de la fragilité humaine.

Il y a sans doute du vrai: mais on ne peut pas accueillir cette lecture sans réfléchir sur toute une série d’éléments qui, mêlés à la tradition biblique grâce à la christianisation des populations, doivent être pris en considération si on veut chercher à reconstruire la stratigraphie profonde de l’univers médiéval. Je me réfère ici à des croyances et des images qu’on peut appeler folkloriques ou populaires, difficiles à reconstruire à cause de la pauvreté de témoignages écrits mais ayant survécu en quelque mesure dans le folklore européen jusqu’à nos jours, ou presque. Mon but est d’interroger les textes littéraires en tenant compte des croyances liées à l’aubépine et aux autres plantes similaires, afin de découvrir quelques significations oubliées qui nous échappent.

Pour ce qui concerne les témoignages littéraires, il y a grosso modo deux cas où on parle de l’aubépine dans la poésie du Moyen Âge :

1. comme terme de comparaison pour la beauté et la blancheur de la chair (féminine, d’habitude)

2. comme élément du paysage-théâtre de la rencontre amoureuse

J’en donnerai quelques exemples, en soulignant tout d’abord qu’il s’agit d’une simplification de facilité. En fait, l’aubépine des troubadours par excellence, celui de la chanson Ab la dolchor de li temps novel attribuée a Guillaume IX comte de Poitiers, est au dehors de cette catégorie ; c’est la relation amoureuse elle-même, et pas la dame, qui est comparée à l’aubépine :

La nostr’amor vai enaissi

Com la branca de l’albespi

Qu’esta sobre l’arbre tremblan,

La nuoit, a la ploja ez al gel,

Tro l’endeman, que·l sols s’espan

Per las fueillas verz e·l ramel


[Il en est de notre amour comme de la branche de l’aubépine : tant que dure la nuit, elle est, sur l’arbre, tremblante, exposée à la pluie et aux frimas ; mais le lendemain le soleil éclaire les feuilles vertes sur le rameau].

Mais il s’agit d’une exception. La majorité des similitudes concernant l’aubépine porte sur la blancheur qui est, comme on sait, un signe de beauté pendant le Moyen Âge : Mathieu de Vendôme, dans son traité de poétique nommé Ars versificatoria, établit que la chair de la femme doit être blanche et rouge, et les termes de comparaison poétique sont souvent les fleurs.

On peut donc trouver “blanc[he] comme une fleur” (sans spécification), “blanc comme un lis”, parfois “blanc comme une rose” (mais la rose peut aussi être rouge) et souvent “blanc comme une aubépine”.

[...]

Dans la Chanson de Roland on peut même trouver la similitude “blanc comme fleur” en relation à la beauté masculine et même à la barbe chenue ; je suis plutôt convaincue que la formule du type “blanc comme l’aubépine” est une sorte d’épithète fixe commun à la fois à la tradition épique et à la tradition lyrique et romanesque. À mon avis, il s’agit de la cristallisation d’une signification originaire: quel peut être le lien primitif entre fleur, blancheur et beauté ?

Un épisode du Roman d’Alexandre peut nous aider. Le roi Alexandre et ses compagnons rencontrent des jeunes femmes extraordinairement belles qui sont des sortes de fées des fleurs (d’une on dit explicitement : plus iert bele que fee). Alexandre cherche à en amener une avec lui, mais ses vieux conseillers lui expliquent la nature hybride des filles-fleurs: pendant l’hiver ces créatures vont dans la terre, d’où elles sortent au printemps sous forme de fleurs blanches :

« A l’entree d’yver encontre la froidure

Entrent toutes en terre et müent lor faiture,

et quant estès revient et li biaus tans s’espure,

en guise de flors blanches vienent a lor droiture »


[A l’entrée de l’hiver, pour résister au froid,/ elles entrent toutes en terre et se métamorphosent./ Et quand l’été revient avec le beau temps,/ elles renaissent sous forme de fleurs blanches, selon leur usage]

Soit la dame du Lanval, soit celle du Bel Inconnu sont clairement des êtres surnaturels, des fées, et elles sont blanches; même la reine Guenièvre, si son nom en origine était “Gwenhwyfar”, est une “fée blanche”. Que les femmes du roman courtois aient des traits plus ou moins ouvertement féeriques, provenant de l’imaginaire celtique, c’est une donnée acquise par les savants. Or, pourquoi exclure la possibilité que les dames chantées par les troubadours aient la même origine ? Les philologues Andrea Fassò et Francesco Benozzo, en comparant les chansons des premiers troubadours aux textes qui témoignent des croyances féeriques, ont recueilli toute une série d’éléments qui soutiennent cette hypothèse : la migration nocturne de l’âme, la composition en dormant, la maladie d’amour… même la blancheur et la lumière qui provient de la dame. La présence fréquente de l’aubépine dans la poésie courtoise peut aussi confirmer ce lien: d’après la tradition des îles britanniques, l’aubépine (hawthorne) est considérée « as a tree sacred to or haunted by the fairies », ainsi que « the gentle (torn or bush) is the name used all over Ireland for the large hawthorns which are regarded as holy and sacred to the “gentry” – “gentle peopleor fairies ». Paul Sébillot, dans ses études sur le folklore de la France, nous rapporte plusieurs croyances liées à la plante d’aubépine. Tout d’abord, il confirme qu’elle était lieu de rencontre des êtres féeriques qui dansaient au clair de la lune sous forme de lapins ou de chats; il parle aussi des rituels d’amour ou bien de guérison où l’aubépine jouait un rôle essentiel. [...]

Dans la majorité des cas, l’aubépine est mentionnée comme une part de la végétation du printemps qui donne l’inspiration à chanter et parfois encadre l’apparition de la dame. Il s’agit du fameux “exorde printanier”: la beauté de la nature pousse le poète à chanter sa joie (ou sa douleur) d’amour. La lecture traditionnelle de ce topos (c’est à dire: il s’agit d’un lieu commun tiré des traités de rhétorique) s’est récemment enrichie par une nouvelle perspective : d’après la Théorie de la Continuité Paléolithique, la description/ célébration de la nature chez les troubadours serait ce qui nous reste de la pratique du chant rituel d’identification avec les éléments pratiqué par les chamans de l’Europe préhistorique.

[...]

Comme je viens de le mentionner, les recherches conduites par Sébillot dans le domaine folklorique de la France paysanne nous informent sur toute une série de rituels d’amour ou de guérison dont l’aubépine était protagoniste. J’en cite ici quelques-uns. À Trigavon (Côtes du Nord) les jeunes femmes à marier jetaient une petite branche d’aubépine dans la fontaine de Sainte Apolline: si la branche était emportée par le courant, le mariage avait lieu. En Albret, afin de guérir de la fièvre, on portait du pain et du sel sur une aubépine en disant : « Adieu, buisson blanc, je te porte du pain et du sel et la fièvre pour demain » ; c’est un rituel pour transférer la maladie sur la plante.

Dans la version de l’histoire de Tristan donnée par Béroul, le nain Frocine est sollicité par trois barons pour leur révéler le secret du roi Marc : le nain accepte, mais seulement sous l’aubépine du Gué Aventureux.


« Bien voi que le voez oïr,

et je ne vuel ma foi mentir.

Mais je merrai le trois de vos

Devant le Gué Aventuros.

Et illuec a une aube espine,

une fosse a soz la racine :

mon chief porai dedenz boter

et vos m’orrez defors parler. »


[Je vois bien que vous voulez l’entendre,/ mais de mon côté ne veux pas manquer à ma parole./ Je vous conduirai cependant tous les trois/ au Gué Aventureux./ Il y pousse une aubépine et,/ sous ses racines, se trouve une fosse:/ je pourrai y mettre la tête/ et vous m’entendrez de l’extérieur].

Une fois arrivé chez la plante, le nain cache sa tête sous les racines et souligne bien qu’il est en train de parler à l’aubépine, et pas aux barons : il s’agit à mon avis d’une façon magique d’éloigner de soi la faute de trahison.


Li baron viennent a l’espine,

devant eus vient li nains Frocine.

Li nains fu cort, la teste ot grose,

delivrement ont fait la fosse,

jusqu’as espaules l’i ont mis.

« Or escoutez, seignor marchis !

Espine, a vos, non a vasal : Marc a orelles de cheval »


[Les barons se rendent près de l’épine,/ précédés du nain Frocin./ Le nain était trapu et avait une grosse tête :/ ils ont élargi la fosse/ et ils l’y ont enfoncé jusqu’au cou./ “Écoutez, seigneurs marquis !/ Épine, je vous parle, non à quelque gentilhomme :/ Marc a des oreilles de cheval”]

Un autre témoignage d’une sorte de pouvoir magique lié à l’aubépine vient d’une version bretonne de la ballade de la fille-biche rapportée par Eugène Rolland: un jeune chasseur s’aperçoit que la biche qu’il vient de tuer est en réalité sa sœur transformée, donc il se soumet lui-même à une léthargie d’expiation au pied d’une aubépine :


serai pendant sept ans

sans mettre chemis’ blanche

et coucherai sept ans

sous une épine blanche


Paul Sébillot nous informe qu’en Gascogne la prière contre le tonnerre débute par ces mots :


La Vierge Marie / s’est endormie

Sous un aubépin / depuis le soir jusqu’au matin


On croit en fait que la foudre ne tombe jamais sur ce buisson depuis que la Vierge s’y reposa pendant la fuite en Égypte et sécha sur ses branches les langes de l’enfant Jésus. Ou bien, il y a quelques personnes qui disent que l’aubépine protège parce qu’elle a ses racines en enfer et que le diable, qui produit le tonnerre, ne veut pas qu’il tombe sur un de ses arbres.

En résumé : l’aubépine est-elle une plante féérique, diabolique ou sacrée ? La réponse est : les trois à la fois. La polarisation bon/ mauvais est typique de la culture chrétienne : avant cela, les êtres surnaturels qu’on vénérait à travers la flore, la faune etc. étaient “au-delà du bien et du mal”, parfois bienveillants, parfois méchants. Ce sont les êtres qu’aujourd’hui on appelle fées ou lutins. Mais à l’époque de la christianisation, ces petites puissances de la nature furent classifiées comme démons, et pourtant on chercha à déraciner leur culte ou bien à les adresser aux figures vénérables de la nouvelle foi. Ce processus fut aussi favorisé par des soucis superstitieux: dédier les éléments dangereux aux saints chrétiens, c’est une manière de les neutraliser/ rendre amis.

En outre, il faut souligner que dans la culture populaire les plantes aux épines, ainsi que les fruits non comestibles, sont très souvent associés à l’action du diable : il s’agit d’une sorte de contrefaçon diabolique de l’œuvre de Dieu, une répétition mal réussie de la Création, suivant le schéma dualiste qui s’impose après la christianisation.

[...]

Curieusement, dans la poésie religieuse du Moyen Âge l’aubépine n’est presque jamais utilisée comme terme de comparaison de la beauté de la Vierge : elle est souvent appelée “fleur”, “lis”, “rose sans épine”, à cause peut-être d’une volonté d’éliminer la connotation négative des épines. Néanmoins, la « légende dorée rustique » qu’on construit autour de l’aubépine la présente comme plante chère à la Vierge, aux saints, parfois à Jésus Christ lui-même, qui fut justement couronné d’épines. Mais si les instruments de la Passion sont des outils de souffrance qui se transforment en véhicules de la Grâce divine, ainsi l’originaire connotation diabolique des éléments naturels comme les plantes aux épines peut être bouleversée par la Salvation (c’est une explication possible du glissement du diabolique au sacré qu’on peut ajouter aux considérations précédentes). Voilà comment dans le folklore les histoires de fées, de démons et de saints coexistent sans être considérées comme incompatibles.

On a présenté beaucoup de données littéraires, folkloriques, anthropologiques: c’est le moment de tirer des conclusions. Du point de vue des philologues et des historiens de la littérature, on peut réfléchir sur le fait que la dame courtoise, blanche et lumineuse et évoquée au milieu de la végétation du printemps où l’aubépine joue un rôle considérable, soit (au moins à l’origine) une créature surnaturelle et plutôt ambiguë, comparable aux fées qui habitent manifestement les romans courtois. En ce qui concerne les textes qu’on soupçonnait déjà d’être proches de l’univers folklorique (le Roman de Tristan, la chanson de toile, la ballade de la fille-biche…), une analyse profonde des situations qu’on indique génériquement comme “motif populaire” s’impose. Dans le Tristan de Béroul, par exemple, l’aubépine se trouve au Gué Aventureux, comme on a vu, mais aussi au Mal Pas, le lieu de l’ordalie; en outre, les branches du bûcher auquel Yseut est condamnée sont des épines. Il s’agit donc d’une plante très peu rassurante; néanmoins elle est associée au printemps et aux rencontres amoureuses. Donc, il s’agit d’un amour potentiellement dangereux; Susan Eberly n’a pas tort en disant que dans un certain contexte poétique l’aubépine correspond à la stérile passion charnelle, mais sa lecture doit être précisée et amplifiée en tenant compte des dénominations, des histoires et des croyances liées à l’aubépine qui étaient bien présentes à l’esprit des hommes du Moyen Âge.

*

*

0 vue