Blog

  • Anne

Le Sureau




Étymologie :

  • SUREAU, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1360 suraut (Ordonn. des Rois de France, t. 3, p. 417) ; [1527 sureau (d'apr. Bl.-W.5, s. réf.)] 1530 sureau (Palsgr., p. 193b : alder tree sureau). Dér., au moyen du suff. -eau*, de l'a. fr. seür « sureau » (1174-78, Étienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 312), lui-même dér., au moyen d'une finale -r d'orig. obsc., de l'a. fr. seü « sureau » (1176, Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4725), issu du lat. sabucus, var. de sambucus « sureau » (v. FEW t. 11, p. 8).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


*




Symbolisme :






















*




Symbolisme celte :


Selon L'Oracle des druides, Comment utiliser les plantes magiques de la tradition druidique (édition originale 1994 ; traduction française 2006) de Stephanie et Philip Carr-Gomm, le sureau fait partie de la carte des Gardiens au même titre que l'aubépine et le bouleau. Pour ces trois arbres, les mots clefs sont :


en "position droite : Immunité - Force - Longévité

en position inversée : Lenteur - Combinaison - Synergie.


Les gardiens sont trois arbres qui, ensemble, préservent la santé humaine et prolongent même la vie en fortifiant le système immunitaire, le cœur, le système circulatoire, le foie et les reins. Tous font partie de l'ogham de 18 arbres et 7 plantes formant le mystérieux alphabet des arbres, appelé parfois la "langue des druides".


La carte montre un bouleau poussant entre un sureau et une aubépine. Les trois arbres sont les gardiens du bassin sacré, dans lequel pousse la véronique cressonnée, appelée aussi pimprenelle aquatique. Selon Pline, elle pourrait être le mystérieux samolus révéré par les druides.


Sens en position droite. Si vous avez chois cette carte une situation ou une relation apparemment en difficulté peut être préservée et fortifiée en agissant. Parfois, s'il n'y a aucune chance de "remède rapide", un problème peut être lentement réglé au fil d'une période de temps par une série d'ajustements infimes. Les trois gardiens fortifient progressivement les principaux organes du corps. De même, si vous tentez de renforcer des aspects spécifiques d'une relation, avec le temps ce la affectera toutes ses facettes. Au lieu de vous concentrer sur les zones de faiblesse du couple, identifiez les bonnes connexions et fondez-vous sur elles. Les relations durables ont besoin d'un "système immunitaire" sain, capable de gérer les stress inévitables apparaissant entre deux individus.


Sens en position inversée. Les plantes agissent parfois mieux quand elles sont administrées en tant que remède et parfois en association avec leurs semblables. Si vous avez choisi cette carte, on fait appel à vous pour travailler dans un groupe. Votre indépendance est menacée, mais il se peut que la synergie générée en équipe soit plus efficace que le travail solitaire.

La carte suggère par ailleurs que vous devez avoir confiance dans vos capacités et vus fier à la vie afin de ralentir et de ne pas accepter n'importe quelle offre. Nous nous précipitons souvent à travers la vie, anxieux à l'idée que si nous nous arrêtons nul ne voudra de nous. C'est généralement faux. En ralentissant ou en faisant une pause, nous donnons à la vie une chance de nous indiquer de nouvelles directions.

*

Toniques et fortifiants


Les trois gardiens agissent d'une certaine façon comme la famille archétypale, avec le sureau comme mère, l'aubépine comme père et le bouleau comme le jeune enfant apportant fraîcheur et renouvellement. Chaque arbre offre des dons extraordinaires.

Le sureau pousse en Grand-Bretagne depuis des millions d'années. Vers 400 av. J. C., Hippocrate dit qu'il est son "remède pour la poitrine". Il est associé à la vieille femme et jadis il était autant révéré que craint. Lié à la mort et l à la sorcellerie malfaisante, mais également avec la protection contre l'éclair et les sorcières, ces associations contradictoires se font l'écho de la nature de l'arbre, dont l'écorce et les feuilles sont toxiques, mais dont les fleurs et les baies ont de puissantes propriétés curatives et fortifiantes. Les baies et les inflorescences du sureau servent à la préparation d'un excellent tonique et vin. Ses capitules sont utilisés en encens. Boire régulièrement du jus de baies de sureau stimule le système immunitaire, atténue le stress, aide à maintenir une circulation saine, entretient la santé cardiaque et prévient le durcissement des artères.

L'aubépine, qui fleurit en mai, à Beltaine, chargeant les haies de fleurs, est aussi appelée noble-épine. Ses baies rouge sang sont si bonnes pour le cœur et le système circulatoire que l'arbre a parfois été appelée "le père du cœur". Le druidisme et la tradition populaire associent l'aubépine au monde des fées et de la sexualité. Elle est devenu l'un des arbres les plus importants pour la phytothérapie. Les feuilles, les fleurs et les baies contiennent des antioxydants qui protègent les tissus cardiaques. Les préparations à base d'aubépine fortifient par ailleurs les pulsations du cœur et abaissent la pression sanguine. Prises quotidiennement en tisane elles protégeront le cœur et la circulation.

Le bouleau a été l'un des premiers arbres à coloniser la Grande-Bretagne lors de la fonte des glaces. Il est associé au druidisme pour la purification, la naissance et les nouveaux commencements. Les badines en bouleau étaient utilisées sur les mécréants - et dans les saunas scandinaves - pour éliminer les impuretés. Les berceaux étaient traditionnellement façonnés en bouleau. L'effet purifiant de cet arbre attirant est également physiologique. Les feuilles, la sève et l'huile extraite de son écorce ont des utilisations médicales. La sève, en plus de faire un bon vin, est un tonique au printemps et en automne - améliorant surtout le métabolisme des protéines et l'élimination des déchets hépatiques et rénaux. Les herboriste anciens prescrivaient du bouleau pour les rhumatismes et les calculs rénaux. On a découvert actuellement que les composantes du bouleau sont efficaces pour le traitement du cancer et du VIH. Prises régulièrement en tisane, les feuilles et l'écore prolongent apparemment la vie."

*

*




Mythes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le sureau (sambucus nigra) est l'arbre des "déclarations orales".


Permission accordée : de l'entaille d'une branche de sureau s'échappent quelques gouttes de sève rouge pouvant rappeler le sang. Il n'en fallait pas plus pour que l'imagination populaire fasse de cet arbrisseau l'habitat de fées ou de sorcières. Mais le plus célèbre personnage vivant à l'intérieur de cette plante reste sans conteste la Vieille Mère du sureau. La croyance en cet être est née au Danemark mais a rapidement conquis plusieurs pays tels que l'Allemagne, la Suède ou l'Angleterre. Voir cette petite femme est un rare privilège qui ne se produit qu'au printemps et à l'automne. Les couleurs de sa tenue vestimentaire sont similaires à l'arbre : un tablier foncé comme les baies et un châle blanc comme les fleurs. Comme sa démarche est claudicante, la créature âgée, également appelée Vieille Dame, se déplace en s'appuyant sur une branche.


Le Bois de sureau est réputé pour la confection de flûtes et de baguettes magiques mais il peut être dangereux de s'en servir pour d'autres usages. Les propriétaires d'une maison maintenue avec des poutres de cet arbre ne connaîtront ainsi jamais la prospérité. Les petits Danois couchés dans un berceau fait de ce bois ne pourront se développer normalement ni goûter à un sommeil réparateur. la Vieille Mère tiraille en effet les jambes des pauvres nourrissons quand elle ne les étouffe pas....

Si vous n'avez pas d'autre choix que d'utiliser du sureau, demandez la permission à son habitante. Cela vous évitera son courroux et les malheurs qu'elle ne manquera pas d'occasionner tout au long de votre vie. La méthode est simple. Afin de permettre à la Vieille Mère du sureau de quitter l'arbuste avant qu'il ne tombe à terre, prononcez la formule suivante : "Vieille Dame, donne-moi un peu de ton bois et quand je serai un arbre, je te donnerai du mien." A l'instar des Créoles de Louisiane et des Antilles, vous pouvez aussi chanter en vous balançant devant Dame Sambuc, tel est le nom de la gardienne du sureau en ces lieux.


Un souffle évocateur : Pour trouver le temps moins long, les bergers d'autrefois confectionnaient souvent des flûtes, pipeaux et autres instruments à vent en sureau. Il faut dire que l'arbrisseau se prête à merveille à l'exercice car ses tiges sont creuses et sa moelle facile à enlever. Or jouer d'un tel objet peut parfois amener des surprises. Une légende bretonne raconte ainsi la particularité du roi Guivarc'h pour le moins étrange puisqu'il avait des oreilles de cheval. Ce seigneur dissimulait sa tare sous un bonnet et seules les barbiers ayant la tâche de le raser et de lui couper les cheveux découvraient son secret. Mais à en croire une ancienne version de ce conte, chaque professionnel était mis à mort dès sa tâche effectuée pour que l'inavouable ne sot jamais divulgué...

Un sureau noir poussa sur la sépulture d'un de ces pauvres gens. Un matin, un joueur de biniou coupa un rameau pour en faire une anche et s'en alla à une noce. Quand il en souffla dans son instrument, ce n'est pas un son musical qui en sorti mais une voix chantant à tue-tête : "Le roi Guivarc'h a des oreilles de cheval ! L'assistance accueillit la nouvelle dans un grand silence, d'autant plus que le sire en question était présent dans la salle. Ce dernier somma ses gardes de lui amener le musicien pour le tuer de ses propres mains. L'homme se défendit en arguant qu'il n'était pour rien dans l'étrange phénomène et invita le roi à souffler à son tour dans l'anche. Et, à sa grande stupeur, la même phrase retentit dans l'air... L'histoire ne dit pas quelle suite fut donnée à cet incident et c'est bien dommage.

Toujours est-il que, de mémoire de Celtes jamais un tel phénomène ne s'est produit quand les druides soufflaient dans les flûtes en sureau. Ils se livraient à cette pratique pour communiquer avec le monde des esprits, des fées et des morts. sachez enfin que jouer d'une flûte en sureau protégerait des sortilèges.


Selon une tradition de la Haute-Bretagne, chaque petite fleur de sureau abriterait une fée ayant fui la persécution des chrétiens. Les Tyroliens quittent leur chapeau devant un sureau pour saluer la dame de l'arbre et les Suédoises enceintes lui envoient des baisers.


Visions nocturnes : Selon une croyance danoise, la nuit de la Saint-Jean offre une occasion unique de voir défiler le roi des fées et sa suite. Il suffit de se placer sous un sureau quand sonnent les douze coups de minuit. Les heures sombres du 30 avril glissant au 1er mai sont plus propices à voir les êtres de l'autre monde. Encore faut-il porter à cette occasion sur la tête une guirlande confectionnée avec des rameaux de sureau.


Délices féeriques : Par une chaude journée de juillet, quand le parfum des fleurs de sureau noir embaume l'air ambiant, cueillez six ombelles de cette plante et faites-les macérer durant deux jours dans 20 cl de vin blanc sec ou doux. Retirez les fleurs et filtrez le tout avec un linge fin à trois reprises. Versez le liquide dans une bouteille en verre, ajoutez 150 g de sucre et 20 cl d'alcool de fruits. Mélangez bien le tout et laissez reposer deux semaines avant de goûter votre délicieux breuvage au doux nom de "vin des fées". Pour enchanter les plus jeunes, nous vous recommandons de reproduire l'artifice inventé par les Tziganes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu'ils installaient leur camp près de sureaux, les parents envoyaient leurs petits pour aller chercher du bois sec. Le temps de leur absence, les mères penchaient les branches de l'arbre de façon à tremper les ombelles dans de la pâte à beignet. A leur retour, les enfants émerveillés regardaient les cadeaux préparés par la fée des sureaux.


Bienvenue chez moi ! Si l'on en croit les Russes, on a tout à gagner à planter un sureau devant sa maison : L'arbuste protège des esprits malveillants et promet une longue vie à son propriétaire. Par contre, la précaution la plus élémentaire vous fera renoncer à entourer votre chez-vous avec des barrières réalisées avec son bois. Il est dit que les fées ne sont dès lors plus libres de circuler comme bon leur semble. Qui sait si ces bonnes dames n'en prendraient pas ombrage !


Ambivalence : Alors que le sureau passait pour protéger des mauvais esprits et des sortilèges, les Anglais d'Oxfordshire et des Midlands pensaient que les plus vieux arbres de cette espèce étaient, en réalité, des sorcières métamorphosées. On dit que par ailleurs que ces personnages maléfiques coupent une branche de sureau pour confectionner leur bâton magique avec lesquels ils frappent les vaches pour tarir le lait."

*

*




Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012), le sureau noir (Sambucus nigra) représente véritablement "la baie du bonheur".


Les morts sont de la noce : La sève rouge du sureau qui jaillit quand la hache porte atteinte à son tronc fit penser que l'arbre aux jolies fleurs blanches devait être habité par des nymphes des bois. Pour ne pas provoquer le courroux de ces dames, mieux vaut acquérir leur permission avant d'abattre l'arbuste. Vous pouvez aussi chantonner devant le sureau, comme le faisaient les Créoles antillais, afin de permettre aux fées de quitter leur demeure à temps.

Témoigner du respect à l'arbuste en déposant des offrandes à son pied ou en ôtant son chapeau pour le saluer, à l'instar des Tyroliens, pouvait engendre la bienveillance de la dame logeant dans l'arbuste. Particulièrement sensible au bonheur des amoureux, le sureau serait un allié de choix auquel les mariés de Castille faisaient appel le jour de leurs noces. La mère de l'époux et le père de l'épouse jetaient des baies de sureau vers les quatre points cardinaux tout en énonçant les noms de leurs aïeux défunts. Ils prenaient ensuite un peu de cendres de sureau avant de les jeter sur les mariés en guise de porte-bonheur.


Bois protecteur : En considérant toutes les superstitions qui placent le sureau parmi les meilleurs défenseurs végétaux, on ne peut que respecter sa haute renommée. Il préserverait en effet des agressions humaines, animales, surnaturelles et météorologique, rien que ça ! Un sureau s'élevant dan un un jardin serait ainsi un paratonnerre naturel, mais sa présence écarterait aussi les maléfices jetés sur les propriétaires. Toute personne munie d'un morceau de cet arbuste ne pourrait, par ailleurs, être touchée par un acte de sorcellerie.

De la même manière, une maison dont les trous des serrures sont bouchés avec de fines branches de sureau ou dont les ouvertures sont surmontées de ses rameaux chargés de baies, ne peut être l'objet de sortilèges. Un autre stratagème fort utile consiste à ne jamais cheminer par monts et par vaux dans avoir un morceau de cet arbuste dans sa poche. Les Siciliens assurent que cette protection permet de ne pas subir d'attaques de serpents. En d'autres pays, tout voyageur qui aura la sagesse d'utiliser un bâton de randonné"e taillé dans du bois de sureau n'aura rien à craindre des bêtes dangereuses ni même des voleurs. La question s'impose : un voleur peut-il voler un bâton de sureau ?

Un berceau en bois de sureau dispenserait au pauvre nouveau-né placé à l'intérieur, un mauvais somme voire des chutes.


Un feu diabolique : C'est à la branche d'un sureau que Judas choisit de se pendre et c'est de son bois que fut faite la croix de Jésus supplicié selon certaines croyances. Il n'en fallait pas plus pour que l'arbuste soit accusé de nombreux méfaits. En France, les paysans tarnais évitaient de brûler du sureau de peur que leurs poules ne pondent plus. Les Anglais se risquant au même acte, avaient bien plus à y perdre : soit le diable entrait dans leur logis, soit un membre de leur famille décédait inopinément !"

*




Ogham :


Voir la fiche dédiée à l'Ogham Ruis.

*


188 vues