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Le Sureau


Étymologie :

  • SUREAU, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1360 suraut (Ordonn. des Rois de France, t. 3, p. 417) ; [1527 sureau (d'apr. Bl.-W.5, s. réf.)] 1530 sureau (Palsgr., p. 193b : alder tree sureau). Dér., au moyen du suff. -eau*, de l'a. fr. seür « sureau » (1174-78, Étienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 312), lui-même dér., au moyen d'une finale -r d'orig. obsc., de l'a. fr. seü « sureau » (1176, Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4725), issu du lat. sabucus, var. de sambucus « sureau » (v. FEW t. 11, p. 8).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Sambucus nigra ; Arbre à flûte ; Arbre aux fées (île de Man) ; Arbre gardien ; Baie de sureau ; Demoiselle sureau ; Ellhorn (Allemagne).

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Toponymie :


D'après Gaston Deslandes, auteur de "Les orthographes cadastrales des lieux-dits (suite)." (In : Revue Internationale d'Onomastique, 8e année N°2, juin 1956. pp. 123-129) :


Le Saül (Laviolle, Ardèche). Aucun rapport avec le nom du premier roi des Hébreux. M. de Font-Réaulx, archiviste en chef, a justement conjecturé le Sahu = sureau. — Le Sahu.

Selon Jacques Chaurand, auteur de "Les noms du sureau dans l'est picard : polyphonie des études dialectales et toponymiques." (Nouvelle revue d'onomastique, 2000, vol. 35, n°1, pp. 33-40) :

  • Le Sureau Ofïoy, Romescamps (60) ; Garenne des sureaux, Tracy-le-Mont (60) ; Le buisson du sureau, Parpeville (02), cadastre de 1825.

[...]

Le recours à un repère végétal est des plus courants mais le choix du repère est très variable et en partie aléatoire. Le sureau se qualifie par ses vertus curatives mais, doué d'une fâcheuse tendance à proliférer, il était expulsé des jardins bien entretenus. En cas de besoin, on allait en chercher en bordure des chemins et à la lisière des champs, dans des endroits où il poussait en abondance et où il était naturel de le prendre pour repère. Les lieux-dits auxquels la plante a donné naissance ne sont pas aussi répandus que ceux qui se réfèrent à des essences telles que le frêne et le hêtre ; ils sont souvent, de plus, de petite taille et sont donc sujets à disparaître à l'occasion des remembrements. On aura donc toujours intérêt à remonter suffisamment haut pour éviter de n'avoir affaire qu'à des formes isolées obscurcissant le tracé des répartitions antérieures.

[...]

  • Le Suis Couvron, Renneval, Rozoy-sur-Serre (02) ; Le Suys Margival, Marie (02), Inaumont (08).

Les dérivés relevés dans le nord de la Champagne proviennent de suis : Le suison à Jandun (08), Les suizons à Fèrebrianges (51). Le plus courant est suzon avec réduction de ui à и : à Etrepigny, pt 26 et à Marcq, pt 35 de L'Atlas de la Champagne et de la Brie (ALCB) ; à la forme [suzo] relevée dans l'atlas (c. 772) correspond le lieu-dit Le suzon. Dans la Marne, où les formes sont multiples et très dispersées, on note la présence d'un autre suffixe suzain, dont le diminutif Suzenet lieu-dit à Ville-sur-Tourbe (51) est probablement dérivé.

[...]

  • Les suies Luzoir, Résigny (02) Beaumont-sur-Vesle (51).

|...] La sifflante finale, qui s'est effacée au XIIIe s., avait pu, avant de s'effacer, donner naissance à des féminins en -e : suis a donné ainsi suisse, mais aujourd'hui nous avons le suisse et non *la suisse, notamment dans les Ardennes : Fléville, Remon ville, Sommerance, Tailly. Là où le nom du sureau est le sui, nous pouvons avoir ce genre de phénomène, ex. Le Suisse à Brégy (60), à La Ferté-sous-Jouarre (77).

  • En suit Avant-les-Marcilly (10), Le suit Dohis, Grandrieux (02). Dans La suitière Masigny (08).

  • Le suyau Echelle (08), Le suyeau Rouvroy-sur-Audry (08). [...]

  • Le suin Tannières, Vauxcéré (02), La garenne aux soins Brienne-sur-Aisne (08), La vigne au souin Asfeld (08).

  • La souine, forme relevée à Tournes (08) [...]

  • La remise de schuy à Gournay-sur-Aronde (60).

  • Suivin Rumigny (08).

La toponymie des lieux habités, qui s'est constituée à des époques plus anciennes et offre un inventaire moins riche de noms de végétaux, ne peut pas être mise dans un rapport aussi constant avec les faits dialectaux. Sabucetum a donné Suzy (02) (cf. Longnon), et Suzoy (60), où le suffixe a été sauvegardé malgré le contact avec la palatale (cf. le français bourgeois). La formation attendue n'est pas absente de la microtoponymie puisque nous avons Suzi à Laval-sur-Tourbe (51) et Suzy à Bétheny (51), mais les noms du lexique sont souvent ignorés de la toponymie alors qu'ils apparaissent volontiers dans la microtoponymie. La francisation quand elle a lieu se marque plutôt par l'emprunt que par la substitution de traits : on remarque ici le peu de formes où s'est introduit le r qui caractérise le nom français ; les consonnes qui apparaissent sont plutôt s ou t. Le langage dialectal, réputé déliquescent, trouve dans la microtoponymie un lieu de conservation où ses survivances sont solidement implantées. Si, dans le discours ordinaire, séhu et sui sont menacés par le français sureau , les formes dialectales, bien amarrées parmi les noms de lieux, gardent dans ce contexte toute leur individualité et se prêtent admirablement à des études de phonétique historique et d'aréologie.

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Dans Les noms du patrimoine alpin : atlas toponymique II, Savoie, Vallée d'Aoste, Dauphiné, Provence. (Ellug, 2004) Hubert de Bessat et Claudette Germi, on découvre d'autres toponymes liés au sureau :


Bois du Saut ; Le Sault [à partir de sau = sureau]

Parmi les autres arbres et arbustes qui, dans l'arc alpin, ont connu une bonne fortune toponymique, citons |...] le sureau (Sau, Savu, Sambuy).




Botanique :


Dans Les Plantes des Druides, Symbolisme, pouvoirs magiques et recettes de la tradition celtique (Éditions Rustica, 2017) Florence Laporte nous décrit le Sureau :


Risques de confusion : En Europe, il existe principalement trois espèces de sureau. On peut confondre le sureau noir avec l'yèble et le sureau rouge (appelé également le sureau à grappes). L'yèble et le sureau noir se ressemblent beaucoup, mais il y a toutefois de grosses différences. Il est important de les connaître car les fruits de l'yèble sont toxiques.

Pour ne pas les confondre, on doit se rappeler que le sureau est un petit arbre, contrairement à l'yèble qui est une grande herbe. Le sureau a des branches, du bois, une écorce ; l'yèble a simplement une grande tige toute droite qui disparaît tous les ans. L'yèble fleurit plus tardivement que le sureau, vers le mois de juillet. Ses fruits sont tournés vers le haut alors que les baies du sureau noir sont pendantes, tournées vers le sol.

Le sureau rouge, Sambucus racemosa, est appelé également sureau de montagne. Il est présent dans presque toute la France, sauf en Bretagne, où l'on peut toutefois le trouver dans des jardins d'agrément. Les baies du sureau rouge sont comestibles à condition de les faire cuire. Les graines du fruit du sureau rouge seraient toxiques ; il est conseiller de les manger cuites et de les passer pour en faire de la gelée. Le sureau noir fleurit bien après la sortie de ses feuilles, alors que les feuilles du sureau rouge apparaissent après la floraison. Les fleurs du sureau rouge ne sont presque pas odorantes, contrairement à celles du sureau noir. Les baies mûres du sureau rouge sont de couleur rouge, celle du sureau noir, sont de couleur noire.


Précautions à prendre : Les baies crues ne doivent pas être consommées en grande quantité car elles sont indigestes et purgatives. Elles peuvent provoquer des nausées et de la diarrhée. Les mammifères et les perroquets y sont sensibles. La cuisson détruit la toxicité. On évitera également de consommer les parties vertes de l'arbuste ainsi que son écorce.


Description : C'est un arbuste rustique, à la croissance rapide, qui s'accommode de tous types de sol. Il peut mesurer jusqu'à 10 mètres et devenir un petit arbre. On le trouve dans les bois, les décombres et à proximité des maisons. Il aime les endroits plutôt humides et mi-ombragés. Les feuilles sont opposées, avec cinq à sept folioles, dentées, ovales, avec un long pétiole. Quand on les froisse l'odeur est désagréable. Elles apparaissent très tôt au printemps. Les fleurs sont très petites, d'un blanc jaunâtre ; elles ont cinq pétales et sont regroupées en ombelles d'environ 10 à 15 cm de diamètre. Le sureau noir fleurit en principe au mois de mai. Les fleurs sont très odorantes. Son bois renferme une moelle tendre que l'on peut facilement creuser et ainsi fabriquer des flûtes ou des buffadous (sortes de soufflets pour attiser le feu). Les fruits sont de petites baies de 6 à 8 mm de diamètre. D'abord vertes, puis rouges, elles deviennent de plus en plus noires et brillantes en mûrissant.

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Bienfaits du sureau :


Marcel Coquillat dans "Les Herbes de la Saint Jean (suite)." (In : Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 15ᵉ année, n°8, octobre 1946. pp. 54-56) dresse la liste des herbes de la Saint-Jean :


13. Sureau noir (Sambucus nigra L.). — Cet arbre, depuis Hippocrate, a une très grande renommée. On emploie les fleurs, les feuilles, la seconde écorce, les baies à de multiples usages domestiques ou médicaux sur lesquels nous passons tant ils sont bien connus. Beaucoup des propriétés qui ont été attribuées au Sureau sont très réelles. Quoi d'étonnant à ce qu'on ait ajouté à de tels titres de noblesse celui d'Herbe de la Saint-Jean ?

Le sureau _ Quand la tradition rencontre
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Utilisations :


Jean-François Charrol dans une chronique parue dans Lou Trepoun (n°37, décembre 2004) nous confie ses souvenirs :


Lorsqu’au début de la décennie 30 mes parents vinrent prendre la succession de l’épicerie de la veuve Lambert sur la « Planette », et pendant les années qui suivirent, la population jeune et enfantine était nombreuse à Séderon. Les jeux des garçons et des filles, généralement séparés, entretenaient, en dehors des horaires scolaires, une animation joyeuse et turbulente au grand dam, parfois, des adultes, gênés dans leurs propres travaux ou déplacements ; ils préféraient nous savoir à l’école et pestaient contre nous sans méchanceté : « Aqueles droles ! » Ah ! ces enfants !

[...]

Le plaisir de construire, la joie de produire des sons, voire de la musique si constant dans les préoccupations enfantines, de nos jours, comme hier, trouvaient à se manifester par d’autres voies. Après le saule, le sureau. C’est avec de jeunes branches de cet arbre que nous fabriquions le petit instrument tout à fait rudimentaire appelé mirliton dont l’usage a pratiquement disparu. Il fallait couper un morceau d’une dizaine de centimètres de longueur, environ, en expulser la moelle souple en la poussant avec une tige cylindrique rigide - un crayon par exemple. Sur le tube ainsi obtenu, on pratiquait deux encoches vers le milieu, on obturait chacune des deux extrémités avec une feuille de papier à cigarettes bien tendue et liée par un fil. Ce papier mince et fragile était utilisé par les fumeurs pour rouler le tabac gris et vendu dans toutes les épiceries sous deux marques principales « Job » et « Riz–Lacroix », en petits carnets (on disait plutôt « cahiers »). Avec ses deux membranes de papier, le mirliton fonctionnait à la manière d’une flûte : lorsque l’on soufflait en chantonnant par l’un des trous, l’autre étant alternativement fermé et ouvert par un doigt, les membranes vibraient et produisaient une mélopée dont la musicalité était largement fonction de l’art du souffleur. Le gros sureau qui s’élevait dans le jardin de Monsieur Rolland en bordure du chemin descendant vers la Méouge face à l’ancienne Poste, fournissait en abondance la matière première.

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Croyances populaires :


Jacques Collin de Plancy auteur de Le Dictionnaire infernal. Recherches et anecdotes. (1ère édition, 1825 ; Éditions Fetjaine, 2011) propose un court article concernant le sureau qu'il mentionne par ailleurs à d'autres endroits :


Sureau : Quand on a reçu quelque maléfice, de la part d'un sorcier qu'on ne connaît, qu'on pende son habit à une cheville, et qu'on frappe dessus, avec un bâton de sureau : tous les coups retomberont sur l'échine du sorcier coupable, qui sera forcé de venir en toute hâte ôter le maléfice.


Bâton du bon voyageur : Cueillez, le lendemain de la Toussaint, une forte branche de sureau que vous aurez soin de ferrer par le bas. Ôtez-en la moelle, mettez à la place les deux yeux d'un jeune loup, la langue et le cœur d'un chien, trois lézards verts et trois cœurs d'hirondelles, le tout réduit en poudre, par la chaleur du soleil, entre deux papiers saupoudrés de salpêtre ; placez par-dessus tout cela, dans le cœur du bâton, sept feuilles de verveine, cueillies la veille de la Saint-Jean-Baptiste, avec une pierre de diverses couleurs qui se trouve dans le nid de la huppe ; bouchez ensuite le bout du bâton, avec une pomme à votre fantaisie ; et soyez assuré que ce bâton vous garantira des brigands, des chiens enragés, des bêtes féroces, des animaux venimeux, des périls, et vous procurera la bienveillance de ceux chez qui vous logerez. [Le Petit Albert]

Le lecteur, qui est assez sage pour ne pas daigner s'arrêter un seul instant à de pareilles extravagances, gémira sans doute en songeant qu'elles ont eu autrefois un grand crédit, quoique personne n'ait jamais pu exécuter ces secrets qu'on admirait si sottement.

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Victor-Amédée Coremans auteur de Etudes sur les mythes. (Vol. 1. Éditions Berger, 1851) fait état des propriétés divinatoires du sureau :


En mettant pendant la nuit de Saint-David (car le peuple place toujours la fête de Saint-David au 30 décembre), des petites branches de sureau sous son oreiller, on rêve ce qui se passera au mois de juin, lorsque le sureau fleurira. De même, les branches de sureau, placées ce jour-là dans l'eau, indiqueront par le développement de leurs bourgeons, le temps qu'il fera en été. Si ces bourgeons se développent bien et s'ouvrent complètement, s'ils fleurissent même, l'été sera propice aux biens de la terre, et ajoute-t-on, aux amours des hommes ; si le contraire a lieu, il ne faut attendre rien de bon. Le sureau était l'arbre de Dame Bolla. Son nom teutonique : Holonder et Holunder se confond avec celui de la déesse. Les rêves sous le sureau sont prophétiques.

Y a-t-il une jeune fille qui l'ignore depuis Christiania jusqu'à Trieste ?

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Paul Sébillot dans ses Additions aux Coutumes, Traditions et superstitions de la Haute-Bretagne. (Éditions Lafolye, 1892) nous révèle que :

[...]

212. La fleur de haut-bois (sureau) ramassée le jour Saint-Jean guérit du mal de tête. On enveloppe la partie malade avec un linge imbibé dans l'eau où la fleur a été bouillie.

213. La fleur de sureau ramassée le jour Saint-Jean a la propriété de guérir les maladies des yeux. On la fait infuser dans de l'eau bouillante et on les lave avec.

Charles Lejeune dans "Superstitions." (In : Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Paris, V° Série. Tome 8, 1907. pp. 417-437) rapporte que :


Dans la Dordogne on évite de brûler du bois de sureau encore vert, car on prétend que cela fait pondre aux poules des œufs sans coquille.

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Selon Micheline Lebarbier, auteure d'un article intitulé "Des plantes adjuvants du Destin, entre amour et rivalité, dans deux villages du Nord de la Roumanie" (Huitième séminaire annuel d'ethnobotanique du domaine européen du Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009) :


Les arbres fruitiers médiateurs En dehors des veillées, les jeunes filles pouvaient aussi, pour amener à elles les garçons, secouer un arbuste ou un arbre comme elles souhaitaient secouer le garçon désiré en lui intimant l’ordre de venir. Elles lui adressaient le même type de menaces que ci-dessus.

[...]

À Budesti, le sureau

En revanche, à Budesti, les jeunes filles s’adressaient au sureau. Cet arbuste est le support de nombreuses opérations magiques, le plus souvent considérées comme illicites. Elles secouaient le sureau comme à Breb elles secouaient le prunier et là, l’arbuste mais aussi le diable étaient invoqués (peut-être pour simplement sacrifier à la rime ?). Cependant, l’évocation du diable confirmerait la connotation sulfureuse du sureau dans les opérations magiques :


Ieu nu scutur socu Je ne secoue pas le sureau (1)

ieu scutur pe nacu je secoue le nac

nacu scutur pe dracu le nac secoue le diable

(descîntau cu dracu) (elles faisaient des incantations avec le diable)

dracu scutur pe feciori le diable secoue les garçons

sæ ne vie în Sezætori qu’ils nous viennent à la veillée

des la oi sæ vie pe furcoi Nombreux du troupeau qu’ils viennent sur la faux

des în temni†æ sæ vie pe meli†æ Nombreux de la prison qu’ils viennent sur la teilleuse

des acasæ sæ vie pe leasæ Nombreux de la maison qu’ils viennent dans la grange

sæ n-aivæ stare nici alinare qu’ils n’aient ni paix ni apaisement

de a pleca sæ stæie S’ils s’en vont qu’ils

a crepa în patru ca macu explosent en quatre comme le coquelicot

ieu sæ le fiu leacu que je lui sois remède

to†i sæ vie Petru, Ion si Væsælie Qu’ils viennent tous, Pierre, Jean, Basile


De cette dernière invocation : « Que je lui sois remède », il apparaît clairement que plus le supplice (souhaité) du garçon sera terrible, plus le soulagement apporté par la jeune fille et son amour devraient être appréciés.

[...]

Le sureau, entre magie d’amour et magie noire

La mandragore n’est pas la seule plante aux vertus contradictoires, médiatrice voire réalisatrice des désirs informulables. Le sureau, que nous avons vu associé au diable et secoué par les jeunes filles de Budesti pour faire venir les soupirants, est l’arbuste duquel partent nombre de magies, bénéfiques comme maléfiques. Comme pour la mandragore, les incantations recueillies et adressées au sureau soit le flattent « doux sureau » socule abroc, « sureau, joli sureau » soc vasoc, soit l’insultent « sureau impur » soc necurat.

Nous avons vu que les fées du destin attribuaient son futur conjoint au nouveau-né, entre autres fatalités. Or, il arrive qu’un homme épouse trop vite une femme autre que celle qui lui était destinée (car les erreurs concernent toujours les femmes dans les témoignages recueillis). Et celle dont le destin a été « volé » se retrouve seule avec la magie comme unique recours, afin de découvrir et conquérir l’homme dont elle devait partager la vie et faire disparaître celle qui se trouve à la place qui devait être la sienne. Le rêve, induit par le rituel, lui révélera l’identité de ce mari que le destin lui avait attribué et que les déviations de la vie lui ont dérobé.

Maria, une autre habitante de Breb, à présent décédée, disait avoir été victime d’une agression de la part d’une voisine à l’issue d’une magie amoureuse. Celle-ci alla au sureau le mardi soir (jour des opérations magiques), avec le rouet et par neuf fois récita l’incantation où il est notamment dit :

[…] […]

Mie îmi catæ de noroc Je cherche ma chance

Du-te în lume, peste lume Pars dans le monde, de par le monde

Sæ-l visez la noapte nume Que je rêve de lui cette nuit

Pe el si pe a lui nume Et de lui et de son nom

Eu-l chem de însurat Je l’appelle pour l’épouser

De aici, din altæ sat D’ici ou d’un autre village

De-e însurat sæ-i moaræ femeia S’il est marié que meure sa femme

Eu-l chem sæ vie sæ mæ ia Je l’appelle qu’il vienne et me prenne

În vis sæ-l visez En rêve que je le voie

Cu el sæ græiesc Avec lui que je parle

No ! Na !


puis elle fit tournoyer ce rouet en ayant soin de ne pas le faire tomber, et après avoir récité l’incantation, elle jeta de l’avoine sur le sureau. Ensuite, elle devait tuer tout être vivant qu’elle rencontrerait sur le chemin du retour. Elle rencontra une grenouille et ses deux jeunes (Maria a eu deux filles qui, alors, étaient en bas âge, la magie d’assimilation est ici évidente), mais elle ne les tua pas. Alors ni Maria ni ses enfants ne moururent mais elle fut torturée par les assauts magiques de l’attaquante.

L’acte magique avait révélé Maria comme étant l’épouse à éliminer. La magicienne, avait lancé l’avoine (le sort) sans savoir où il tomberait, ni sur qui, ce qui sous-entend qu’elle n’avait pas de desseins meurtriers envers une personne définie. C’est le destin et la magie, par l’intermédiaire des médiateurs végétaux (le sureau et l’avoine) qui auraient désigné Maria. Dans cet exemple précis, l’acte magique dégageait l’attaquante d’une quelconque responsabilité puisqu’elle ignorait au départ l’identité de la destinataire. C’est le destin enfin dévoilé qui imposait cette agression afin de rétablir le cours qu’il aurait dû suivre. C’est la pratique magique qui, grâce au sureau et à l’avoine, désigna la victime, mais une fois désignée, la magie mortifère aurait dû implacablement faire son office… s’il n’y avait pas eu contre-magie…


Note :

1) : On remarquera que le dire magique en l’occurrence nie l’acte qui est accompli en lui donnant une autre portée. Il est clair alors que si la plante (ou l’arbre) est le support de l’acte, elle est explicitement chargée de transmettre l’intention.

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D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012), le sureau noir (Sambucus nigra) représente véritablement "la baie du bonheur".


Les morts sont de la noce : La sève rouge du sureau qui jaillit quand la hache porte atteinte à son tronc fit penser que l'arbre aux jolies fleurs blanches devait être habité par des nymphes des bois. Pour ne pas provoquer le courroux de ces dames, mieux vaut acquérir leur permission avant d'abattre l'arbuste. Vous pouvez aussi chantonner devant le sureau, comme le faisaient les Créoles antillais, afin de permettre aux fées de quitter leur demeure à temps.

Témoigner du respect à l'arbuste en déposant des offrandes à son pied ou en ôtant son chapeau pour le saluer, à l'instar des Tyroliens, pouvait engendre la bienveillance de la dame logeant dans l'arbuste. Particulièrement sensible au bonheur des amoureux, le sureau serait un allié de choix auquel les mariés de Castille faisaient appel le jour de leurs noces. La mère de l'époux et le père de l'épouse jetaient des baies de sureau vers les quatre points cardinaux tout en énonçant les noms de leurs aïeux défunts. Ils prenaient ensuite un peu de cendres de sureau avant de les jeter sur les mariés en guise de porte-bonheur.


Bois protecteur : En considérant toutes les superstitions qui placent le sureau parmi les meilleurs défenseurs végétaux, on ne peut que respecter sa haute renommée. Il préserverait en effet des agressions humaines, animales, surnaturelles et météorologique, rien que ça ! Un sureau s'élevant dan un un jardin serait ainsi un paratonnerre naturel, mais sa présence écarterait aussi les maléfices jetés sur les propriétaires. Toute personne munie d'un morceau de cet arbuste ne pourrait, par ailleurs, être touchée par un acte de sorcellerie.

De la même manière, une maison dont les trous des serrures sont bouchés avec de fines branches de sureau ou dont les ouvertures sont surmontées de ses rameaux chargés de baies, ne peut être l'objet de sortilèges. Un autre stratagème fort utile consiste à ne jamais cheminer par monts et par vaux dans avoir un morceau de cet arbuste dans sa poche. Les Siciliens assurent que cette protection permet de ne pas subir d'attaques de serpents. En d'autres pays, tout voyageur qui aura la sagesse d'utiliser un bâton de randonnée taillé dans du bois de sureau n'aura rien à craindre des bêtes dangereuses ni même des voleurs. La question s'impose : un voleur peut-il voler un bâton de sureau ?

Un berceau en bois de sureau dispenserait au pauvre nouveau-né placé à l'intérieur, un mauvais somme voire des chutes.


Un feu diabolique : C'est à la branche d'un sureau que Judas choisit de se pendre et c'est de son bois que fut faite la croix de Jésus supplicié selon certaines croyances. Il n'en fallait pas plus pour que l'arbuste soit accusé de nombreux méfaits. En France, les paysans tarnais évitaient de brûler du sureau de peur que leurs poules ne pondent plus. Les Anglais se risquant au même acte, avaient bien plus à y perdre : soit le diable entrait dans leur logis, soit un membre de leur famille décédait inopinément !"

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Symbolisme :


Selon Pierre Leutaghi, auteur d'un article intitulé "Aux frontières (culturelles) du comestible" (Éditions Presses Universitaires de France | « Ethnologie française », 2004/3, Vol. 34 | pages 485 à 494) :

[...]

Quelques arbrisseaux et arbustes à fruits charnus de vaste répartition en Europe sont d’excellents témoins de la variabilité de perception du couple comestibilité/toxicité. Sans revenir en détail sur le cas exemplaire du sureau [Lieutaghi, 1998 : 231-244], on rappellera seulement que cet arbuste des plus familiers, en relation avec nos sociétés dans l’ordre symbolique aussi bien qu’à de nombreux niveaux d’usage où toutes ses parties sont concernées (bois, moelle, jeunes pousses et feuilles, écorce, fleurs, fruits), a un statut très polysémique où la notion de poison interfère avec celle d’aliment et de remède. Considérées au même titre que les mûres dans certaines régions (en particulier dans les pays germanophones et contrées limitrophes de l’Europe centrale), les baies de sureau sont regardées comme vénéneuses ailleurs, ainsi dans une grande partie de la France. Dans notre pays, cette perception s’est transformée ici et là sous l’influence des occupants allemands durant la guerre de 1939-1945.

[...]

Aliment ou condiment ici, poison ailleurs... C’est seulement de nos jours qu’on décèle, sous l’influence des « nouveaux habitants » des campagnes, une certaine chute de méfiance à l’égard des fruits longtemps frappés d’interdit. Sans que la suspicion disparaisse partout, loin s’en faut : la plupart des sureaux français ne nourrissent que les merles ?

Olga Velickina-Kane et Corinne Hewlett dans l'article intitulé "L'instrument de musique et le corps humain : le cas de la musique villageoise russe." (In : Cahiers slaves, n°9, 2008. Le corps dans la culture russe et au-delà. pp. 227-243) présentent le rapport entre la flûte et la main :


[...] La flûte de Pan russe, dite kugikly ou kuvikly, se compose de deux, trois ou cinq tuyaux produisant chacun une seule note. La flûte à sons harmoniques, généralement appelée travjanaja dudka ou « flûte d'herbe », n'a pas de trous mais peut produire plusieurs sons en même temps : les sons sont issus de deux séries d'harmoniques, qui alternent grâce au mouvement d'index ouvrant ou fermant l'orifice à l'extrémité inférieure de la flûte. Ces deux flûtes sont fabriquées à partir de plantes à tige creuse (roseaux ou ombellifères, en général), qui se trouvent en abondance dans les prairies humides.

La colonne d'air, source du son, est déjà « donnée » dans ce type de plante et la transformation de celle-ci en instrument ne nécessite que quelques gestes. Selon Anatolij Ivanov, la flûte à sons harmoniques « ne fait que mettre en évidence, dévoiler la construction déjà présente dans la nature. Elle sert d'amplificateur aux sons construits naturellement, qui sont déjà inclus dans la tige de la plante [...].

La fabrication des flûtes de Pan dans la région de Brjansk révèle aussi cette continuité entre l'instrument et la nature. Dans cette tradition, l'instrument est « emprunté » à la nature puis jeté, rendu à la nature, tout de suite après avoir servi. Lev Kulakovskij décrit ainsi la fabrication des flûtes de Pan en 1940, dans le village de Doroževo : « Une femme casse une grosse et une petite tige de dudnik, plante qui pousse dans les champs ou dans la forêt. Se servant "de ses dents et de ses griffes", selon l'expression très caractéristique des habitantes de Doroževo, elle casse ou ronge l'extrémité des tiges et égalise les irrégularités en les frottant d'un mouvement vif sur le col ou la manche de sa chemise en toile. » (Note : Dans le village même de Doroževo, qui a fait l'objet de l'étude de Kulakovskij, les flûtes de Pan pour jouer en hiver étaient fabriquées avec des branches de sureau.)

Le modèle de la main et du bras

Dans la tradition de la région de Kursk, les tuyaux de la flûte de Pan sont pensés comme les doigts de la main. Ils ne sont jamais plus de cinq et leurs noms rappellent ceux des doigts. À la différence des autres traditions de flûtes de Pan, les tuyaux ne sont pas liés entre eux ; l'interprète les tient serrés entre le pouce et l'index d'une main et les enveloppe de l'autre, jusqu'à les cacher.

Pour ce qui est de la fabrication, la musicienne prendra pour modèle une flûte ancienne si elle en possède. Dans le cas contraire, elle détermine la longueur des tuyaux de la façon suivante : la taille du premier des cinq tuyaux de la flûte qui joue la partie principale est égale à l'écart maximum entre le pouce et le majeur ; chaque tuyau est ensuite raccourci de la largeur d'une phalange d'index par rapport au précédent. Ainsi la gamme de l'ensemble de flûte de Pan est définie par les proportions de la main. Les femmes jugeront que les tuyaux sont bien coupés si ces dimensions sont respectées, plutôt qu'au son produit qui reste secondaire. La gamme ainsi définie est variable mais son étendue ne dépasse pas la quinte. [...]

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Symbolisme celte :


Selon L'Oracle des druides, Comment utiliser les plantes magiques de la tradition druidique (édition originale 1994 ; traduction française 2006) de Stephanie et Philip Carr-Gomm, le sureau fait partie de la carte des Gardiens au même titre que l'aubépine et le bouleau. Pour ces trois arbres, les mots clefs sont :


en "position droite : Immunité - Force - Longévité

en position inversée : Lenteur - Combinaison - Synergie.


Les gardiens sont trois arbres qui, ensemble, préservent la santé humaine et prolongent même la vie en fortifiant le système immunitaire, le cœur, le système circulatoire, le foie et les reins. Tous font partie de l'ogham de 18 arbres et 7 plantes formant le mystérieux alphabet des arbres, appelé parfois la "langue des druides".

La carte montre un bouleau poussant entre un sureau et une aubépine. Les trois arbres sont les gardiens du bassin sacré, dans lequel pousse la véronique cressonnée, appelée aussi pimprenelle aquatique. Selon Pline, elle pourrait être le mystérieux samolus révéré par les druides.


Sens en position droite. Si vous avez chois cette carte une situation ou une relation apparemment en difficulté peut être préservée et fortifiée en agissant. Parfois, s'il n'y a aucune chance de "remède rapide", un problème peut être lentement réglé au fil d'une période de temps par une série d'ajustements infimes. Les trois gardiens fortifient progressivement les principaux organes du corps. De même, si vous tentez de renforcer des aspects spécifiques d'une relation, avec le temps ce la affectera toutes ses facettes. Au lieu de vous concentrer sur les zones de faiblesse du couple, identifiez les bonnes connexions et fondez-vous sur elles. Les relations durables ont besoin d'un "système immunitaire" sain, capable de gérer les stress inévitables apparaissant entre deux individus.


Sens en position inversée. Les plantes agissent parfois mieux quand elles sont administrées en tant que remède et parfois en association avec leurs semblables. Si vous avez choisi cette carte, on fait appel à vous pour travailler dans un groupe. Votre indépendance est menacée, mais il se peut que la synergie générée en équipe soit plus efficace que le travail solitaire.

La carte suggère par ailleurs que vous devez avoir confiance dans vos capacités et vus fier à la vie afin de ralentir et de ne pas accepter n'importe quelle offre. Nous nous précipitons souvent à travers la vie, anxieux à l'idée que si nous nous arrêtons nul ne voudra de nous. C'est généralement faux. En ralentissant ou en faisant une pause, nous donnons à la vie une chance de nous indiquer de nouvelles directions.

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Toniques et fortifiants

Les trois gardiens agissent d'une certaine façon comme la famille archétypale, avec le sureau comme mère, l'aubépine comme père et le bouleau comme le jeune enfant apportant fraîcheur et renouvellement. Chaque arbre offre des dons extraordinaires.

Le sureau pousse en Grande-Bretagne depuis des millions d'années. Vers 400 av. J. C., Hippocrate dit qu'il est son "remède pour la poitrine". Il est associé à la vieille femme et jadis il était autant révéré que craint. Lié à la mort et l à la sorcellerie malfaisante, mais également avec la protection contre l'éclair et les sorcières, ces associations contradictoires se font l'écho de la nature de l'arbre, dont l'écorce et les feuilles sont toxiques, mais dont les fleurs et les baies ont de puissantes propriétés curatives et fortifiantes. Les baies et les inflorescences du sureau servent à la préparation d'un excellent tonique et vin. Ses capitules sont utilisés en encens. Boire régulièrement du jus de baies de sureau stimule le système immunitaire, atténue le stress, aide à maintenir une circulation saine, entretient la santé cardiaque et prévient le durcissement des artères.

L'aubépine, qui fleurit en mai, à Beltaine, chargeant les haies de fleurs, est aussi appelée noble-épine. Ses baies rouge sang sont si bonnes pour le cœur et le système circulatoire que l'arbre a parfois été appelée "le père du cœur". Le druidisme et la tradition populaire associent l'aubépine au monde des fées et de la sexualité. Elle est devenu l'un des arbres les plus importants pour la phytothérapie. Les feuilles, les fleurs et les baies contiennent des antioxydants qui protègent les tissus cardiaques. Les préparations à base d'aubépine fortifient par ailleurs les pulsations du cœur et abaissent la pression sanguine. Prises quotidiennement en tisane elles protégeront le cœur et la circulation.

Le bouleau a été l'un des premiers arbres à coloniser la Grande-Bretagne lors de la fonte des glaces. Il est associé au druidisme pour la purification, la naissance et les nouveaux commencements. Les badines en bouleau étaient utilisées sur les mécréants - et dans les saunas scandinaves - pour éliminer les impuretés. Les berceaux étaient traditionnellement façonnés en bouleau. L'effet purifiant de cet arbre attirant est également physiologique. Les feuilles, la sève et l'huile extraite de son écorce ont des utilisations médicales. La sève, en plus de faire un bon vin, est un tonique au printemps et en automne - améliorant surtout le métabolisme des protéines et l'élimination des déchets hépatiques et rénaux. Les herboriste anciens prescrivaient du bouleau pour les rhumatismes et les calculs rénaux. On a découvert actuellement que les composantes du bouleau sont efficaces pour le traitement du cancer et du VIH. Prises régulièrement en tisane, les feuilles et l'écore prolongent apparemment la vie."

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Sandra Kynes, auteure de Murmures de la Forêt, Traditions et Magies des arbres (Édition originale, 2006 ; Éditions Danaé, 2020), explore à son tour la dimension symbolique du Sureau :


Les branches de sureau étaient utilisées pour les flûtes, ce qui lui a donné le nom d'« arbre à flûte ». On dit qu'une musique jouée avec une flûte de sureau a autant de pouvoir qu'une baguette magique. Son bois était également utilisé pour les piques des bouchers et les chevilles de bois des cordonniers.

Les baies sont utilisées pour le vin, la confiture, le vinaigre et les sirops. Sur le plan médicinal, les fleurs étaient utilisées pour les maux de gorge, la fabrication d'expectorant et de lotion pour guérir et adoucir les peaux irritées. Le sureau était aussi utilisé pour traiter les rhumatismes, les verrues et la grippe. L'écorce, la racine, les baies et les feuilles étaient utilisées pour la teinture. Les Romains utilisaient le jus de baies de sureau pour se teindre les cheveux.

Les fleurs et les feuilles étaient utilisées pour la consécration et les bénédictions.

Les sureaux étaient parfois cultivés uniquement pour leurs baies dans le but de faire du vin. Elles n'étaient pas seulement utilisées pour la fabrication du vin, mais aussi pour leur apporter plus de couleurs. La falsification des clarets, des bordeaux et du porto se développa si largement qu'en 1747, les Portugais interdirent toute utilisation du jus de sureau dans leur produit.

Dans la tradition orale irlandaise, on dit que si vous vous tenez sous un sureau, la veille de la Saint-Jean, vous pourrez voir les fées. Abattre ou couper un sureau n'était pas conseillé, car cette action ne plaisait pas aux fées qui avaient l'habitude d'y trouver refuge.

Il est dit qu'une couronne tissée de tiges de sureau à Beltane apporte le don de double-vue. Une branche utilisée lors de la procession de Beltane consacre le cercle.

Le sureau symbolise la Déesse dans son rôle de donneuse de vie, de porteuse de mort et de transformatrice. A une époque, on pensait que sentir l'odeur des fleurs de sureau causait la mort. Cela en fit un bois attractif pour les boucliers.

Certains disent que le sureau a été utilisé pour la croix de crucifixion de Jésus. Le tremble, le chêne et le figuier sont d'autres arbres desquels il est dit la même chose. Cependant, les sources varient et il est dit que de nombreux arbres ont leur propre distinction (1). Dans l'Europe médiévale, il était vu comme portant malheur, à cause du fait que Judas Iscariote se pendit à un sureau. Pendant un temps, les sureaux étaient un symbole de peine et de mort, et les branches étaient transportées dans les processions funéraires.

Le cocher d'une calèche portait souvent un fouet de sureau. En Autriche, il était planté sur les tombes - s'il fleurissait, cela signifiait que le défunt était heureux.

En Sicile, le bois de sureau était utilisé pour faire fuir les serpents et les voleurs. Cette croyance trouve aussi une connexion avec saint Patrick car son bâton, fait de ce bois, fut décisif pour éconduire les serpents hors d'Irlande (2). Au Danemark, durant le Moyen Âge, les sureaux étaient appelés arbres gardiens, parce que les marins liaient une partie de leurs âmes à un sureau pour s'assurer sécurité en mer et un retour chez eux.

Rêver de baies de sureau indique que des événements sociaux plaisants arrivent. Si vous les cueillez dans vos rêves, vous obtiendrez des gains financiers. Les manger dans un rêve symbolise l'abondance.


Notes : 1) Nathanael Altmann, Sacral Trees, Sierra Club Books, San Francisco 1994, p. 157.

2) Puisque le serpent était un symbole de la Grande Déesse mère, débarrasser l'Irlande des serpents était un euphémisme pour convertir les païens au christianisme. Cela aurait été ironique pour saint Patrick d'utiliser un bâton de sureau lui-même associé à la déesse.


Noms latins : Sambucus nigra (sureau européen) ; Sambucus canadensis (sureau commun) ; Sambucus pubens (sureau rouge).


Détails saisonniers : petites fleurs blanches odorantes avec des chatons denses et plats, juin-juillet ; baies violettes / noires, août-octobre ; le sureau rouge fleurit, avril-juillet ; les fruits apparaissent, souvent rouges, en juin-septembre.

Pouvoirs / attributs : Abondance ; Bénédiction ; Consécration ; Créativité ; Chance ; Guérison ; Connaissance de la magie ; changement positif ; Prospérité ; Protection ; Sommeil ; Succès ; Transition.

Élément : Air ; Terre ; Feu ; Eau.


Dates du calendrier celtique : 25 novembre - 22 décembre.


Lettre ogham : ᚏ ; Nom : Ruis ; Lettre : R.


Lettre runique : ᚠ ; Nom : Feoh / Fehu ; Lettre : F.

Secteurs feng shui : Nord-Est ; Sud-Ouest ; Sud ; Ouest ; Santé ; Zones négatives.

Déesses : Toutes les formes de la Grande Déesse mère ; Audhumla ; Boann ; Cailleach ; Beara ; Danu . Hel / Hela ; Vénus.


Dieux : Frey ; Pryderi ; Vulcain.


Autres êtres / personnages : Les dryades ; les elfes ; Hyldemoer / Hylde-vinde.

Zodiaque : Bélier ; Taureau.


Corps célestes : Saturne ; Vénus.


Plante : Pissenlit.

Pierres : Héliotrope ; Jais ; Jaspe rouge.

Vie sauvage : Cheval noir ; Faisan ;