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  • Anne

Le Sureau



Étymologie :

  • SUREAU, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1360 suraut (Ordonn. des Rois de France, t. 3, p. 417) ; [1527 sureau (d'apr. Bl.-W.5, s. réf.)] 1530 sureau (Palsgr., p. 193b : alder tree sureau). Dér., au moyen du suff. -eau*, de l'a. fr. seür « sureau » (1174-78, Étienne de Fougères, Manières, éd. R. A. Lodge, 312), lui-même dér., au moyen d'une finale -r d'orig. obsc., de l'a. fr. seü « sureau » (1176, Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 4725), issu du lat. sabucus, var. de sambucus « sureau » (v. FEW t. 11, p. 8).


Lire aussi la définition du nom pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :


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Croyances populaires :


Selon Micheline Lebarbier, auteure d'un article intitulé "Des plantes adjuvants du Destin, entre amour et rivalité, dans deux villages du Nord de la Roumanie" (Huitième séminaire annuel d'ethnobotanique du domaine européen du Musée départemental ethnologique de Haute-Provence, Jeudi 22 et vendredi 23 octobre 2009) :


Les arbres fruitiers médiateurs En dehors des veillées, les jeunes filles pouvaient aussi, pour amener à elles les garçons, secouer un arbuste ou un arbre comme elles souhaitaient secouer le garçon désiré en lui intimant l’ordre de venir. Elles lui adressaient le même type de menaces que ci-dessus.

[...]

À Budesti, le sureau

En revanche, à Budesti, les jeunes filles s’adressaient au sureau. Cet arbuste est le support de nombreuses opérations magiques, le plus souvent considérées comme illicites. Elles secouaient le sureau comme à Breb elles secouaient le prunier et là, l’arbuste mais aussi le diable étaient invoqués (peut-être pour simplement sacrifier à la rime ?). Cependant, l’évocation du diable confirmerait la connotation sulfureuse du sureau dans les opérations magiques :


Ieu nu scutur socu Je ne secoue pas le sureau (1)

ieu scutur pe nacu je secoue le nac

nacu scutur pe dracu le nac secoue le diable

(descîntau cu dracu) (elles faisaient des incantations avec le diable)

dracu scutur pe feciori le diable secoue les garçons

sæ ne vie în Sezætori qu’ils nous viennent à la veillée

des la oi sæ vie pe furcoi Nombreux du troupeau qu’ils viennent sur la faux

des în temni†æ sæ vie pe meli†æ Nombreux de la prison qu’ils viennent sur la teilleuse

des acasæ sæ vie pe leasæ Nombreux de la maison qu’ils viennent dans la grange

sæ n-aivæ stare nici alinare qu’ils n’aient ni paix ni apaisement

de a pleca sæ stæie S’ils s’en vont qu’ils

a crepa în patru ca macu explosent en quatre comme le coquelicot

ieu sæ le fiu leacu que je lui sois remède

to†i sæ vie Petru, Ion si Væsælie Qu’ils viennent tous, Pierre, Jean, Basile


De cette dernière invocation : « Que je lui sois remède », il apparaît clairement que plus le supplice (souhaité) du garçon sera terrible, plus le soulagement apporté par la jeune fille et son amour devraient être appréciés.

[...]

Le sureau, entre magie d’amour et magie noire

La mandragore n’est pas la seule plante aux vertus contradictoires, médiatrice voire réalisatrice des désirs informulables. Le sureau, que nous avons vu associé au diable et secoué par les jeunes filles de Budesti pour faire venir les soupirants, est l’arbuste duquel partent nombre de magies, bénéfiques comme maléfiques. Comme pour la mandragore, les incantations recueillies et adressées au sureau soit le flattent « doux sureau » socule abroc, « sureau, joli sureau » soc vasoc, soit l’insultent « sureau impur » soc necurat.

Nous avons vu que les fées du destin attribuaient son futur conjoint au nouveau-né, entre autres fatalités. Or, il arrive qu’un homme épouse trop vite une femme autre que celle qui lui était destinée (car les erreurs concernent toujours les femmes dans les témoignages recueillis). Et celle dont le destin a été « volé » se retrouve seule avec la magie comme unique recours, afin de découvrir et conquérir l’homme dont elle devait partager la vie et faire disparaître celle qui se trouve à la place qui devait être la sienne. Le rêve, induit par le rituel, lui révélera l’identité de ce mari que le destin lui avait attribué et que les déviations de la vie lui ont dérobé.

Maria, une autre habitante de Breb, à présent décédée, disait avoir été victime d’une agression de la part d’une voisine à l’issue d’une magie amoureuse. Celle-ci alla au sureau le mardi soir (jour des opérations magiques), avec le rouet36 et par neuf fois récita l’incantation où il est notamment dit :

[…] […]

Mie îmi catæ de noroc Je cherche ma chance

Du-te în lume, peste lume Pars dans le monde, de par le monde

Sæ-l visez la noapte nume Que je rêve de lui cette nuit

Pe el si pe a lui nume Et de lui et de son nom

Eu-l chem de însurat Je l’appelle pour l’épouser

De aici, din altæ sat D’ici ou d’un autre village

De-e însurat sæ-i moaræ femeia S’il est marié que meure sa femme

Eu-l chem sæ vie sæ mæ ia Je l’appelle qu’il vienne et me prenne

În vis sæ-l visez En rêve que je le voie

Cu el sæ græiesc Avec lui que je parle

No ! Na !


puis elle fit tournoyer ce rouet en ayant soin de ne pas le faire tomber, et après avoir récité l’incantation, elle jeta de l’avoine sur le sureau. Ensuite, elle devait tuer tout être vivant qu’elle rencontrerait sur le chemin du retour. Elle rencontra une grenouille et ses deux jeunes (Maria a eu deux filles qui, alors, étaient en bas âge, la magie d’assimilation est ici évidente), mais elle ne les tua pas. Alors ni Maria ni ses enfants ne moururent mais elle fut torturée par les assauts magiques de l’attaquante.

L’acte magique avait révélé Maria comme étant l’épouse à éliminer. La magicienne, avait lancé l’avoine (le sort) sans savoir où il tomberait, ni sur qui, ce qui sous-entend qu’elle n’avait pas de desseins meurtriers envers une personne définie. C’est le destin et la magie, par l’intermédiaire des médiateurs végétaux (le sureau et l’avoine) qui auraient désigné Maria. Dans cet exemple précis, l’acte magique dégageait l’attaquante d’une quelconque responsabilité puisqu’elle ignorait au départ l’identité de la destinataire. C’est le destin enfin dévoilé qui imposait cette agression afin de rétablir le cours qu’il aurait dû suivre. C’est la pratique magique qui, grâce au sureau et à l’avoine, désigna la victime, mais une fois désignée, la magie mortifère aurait dû implacablement faire son office… s’il n’y avait pas eu contre-magie…


Note :

1) : On remarquera que le dire magique en l’occurrence nie l’acte qui est accompli en lui donnant une autre portée. Il est clair alors que si la plante (ou l’arbre) est le support de l’acte, elle est explicitement chargée de transmettre l’intention.

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Symbolisme :


Selon Pierre Leutaghi, auteur d'un article intitulé "Aux frontières (culturelles) du comestible" (Éditions Presses Universitaires de France | « Ethnologie française », 2004/3, Vol. 34 | pages 485 à 494) :

[...]

Quelques arbrisseaux et arbustes à fruits charnus de vaste répartition en Europe sont d’excellents témoins de la variabilité de perception du couple comestibilité/toxicité. Sans revenir en détail sur le cas exemplaire du sureau [Lieutaghi, 1998 : 231-244], on rappellera seulement que cet arbuste des plus familiers, en relation avec nos sociétés dans l’ordre symbolique aussi bien qu’à de nombreux niveaux d’usage où toutes ses parties sont concernées (bois, moelle, jeunes pousses et feuilles, écorce, fleurs, fruits), a un statut très polysémique où la notion de poison interfère avec celle d’aliment et de remède. Considérées au même titre que les mûres dans certaines régions (en particulier dans les pays germanophones et contrées limitrophes de l’Europe centrale), les baies de sureau sont regardées comme vénéneuses ailleurs, ainsi dans une grande partie de la France. Dans notre pays, cette perception s’est transformée ici et là sous l’influence des occupants allemands durant la guerre de 1939-1945.

[...]

Aliment ou condiment ici, poison ailleurs... C’est seulement de nos jours qu’on décèle, sous l’influence des « nouveaux habitants » des campagnes, une certaine chute de méfiance à l’égard des fruits longtemps frappés d’interdit. Sans que la suspicion disparaisse partout, loin s’en faut : la plupart des sureaux français ne nourrissent que les merles ?















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Symbolisme celte :


Selon L'Oracle des druides, Comment utiliser les plantes magiques de la tradition druidique (édition originale 1994 ; traduction française 2006) de Stephanie et Philip Carr-Gomm, le sureau fait partie de la carte des Gardiens au même titre que l'aubépine et le bouleau. Pour ces trois arbres, les mots clefs sont :


en "position droite : Immunité - Force - Longévité

en position inversée : Lenteur - Combinaison - Synergie.


Les gardiens sont trois arbres qui, ensemble, préservent la santé humaine et prolongent même la vie en fortifiant le système immunitaire, le cœur, le système circulatoire, le foie et les reins. Tous font partie de l'ogham de 18 arbres et 7 plantes formant le mystérieux alphabet des arbres, appelé parfois la "langue des druides".


La carte montre un bouleau poussant entre un sureau et une aubépine. Les trois arbres sont les gardiens du bassin sacré, dans lequel pousse la véronique cressonnée, appelée aussi pimprenelle aquatique. Selon Pline, elle pourrait être le mystérieux samolus révéré par les druides.


Sens en position droite. Si vous avez chois cette carte une situation ou une relation apparemment en difficulté peut être préservée et fortifiée en agissant. Parfois, s'il n'y a aucune chance de "remède rapide", un problème peut être lentement réglé au fil d'une période de temps par une série d'ajustements infimes. Les trois gardiens fortifient progressivement les principaux organes du corps. De même, si vous tentez de renforcer des aspects spécifiques d'une relation, avec le temps ce la affectera toutes ses facettes. Au lieu de vous concentrer sur les zones de faiblesse du couple, identifiez les bonnes connexions et fondez-vous sur elles. Les relations durables ont besoin d'un "système immunitaire" sain, capable de gérer les stress inévitables apparaissant entre deux individus.


Sens en position inversée. Les plantes agissent parfois mieux quand elles sont administrées en tant que remède et parfois en association avec leurs semblables. Si vous avez choisi cette carte, on fait appel à vous pour travailler dans un groupe. Votre indépendance est menacée, mais il se peut que la synergie générée en équipe soit plus efficace que le travail solitaire.

La carte suggère par ailleurs que vous devez avoir confiance dans vos capacités et vus fier à la vie afin de ralentir et de ne pas accepter n'importe quelle offre. Nous nous précipitons souvent à travers la vie, anxieux à l'idée que si nous nous arrêtons nul ne voudra de nous. C'est généralement faux. En ralentissant ou en faisant une pause, nous donnons à la vie une chance de nous indiquer de nouvelles directions.

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Toniques et fortifiants

Les trois gardiens agissent d'une certaine façon comme la famille archétypale, avec le sureau comme mère, l'aubépine comme père et le bouleau comme le jeune enfant apportant fraîcheur et renouvellement. Chaque arbre offre des dons extraordinaires.

Le sureau pousse en Grande-Bretagne depuis des millions d'années. Vers 400 av. J. C., Hippocrate dit qu'il est son "remède pour la poitrine". Il est associé à la vieille femme et jadis il était autant révéré que craint. Lié à la mort et l à la sorcellerie malfaisante, mais également avec la protection contre l'éclair et les sorcières, ces associations contradictoires se font l'écho de la nature de l'arbre, dont l'écorce et les feuilles sont toxiques, mais dont les fleurs et les baies ont de puissantes propriétés curatives et fortifiantes. Les baies et les inflorescences du sureau servent à la préparation d'un excellent tonique et vin. Ses capitules sont utilisés en encens. Boire régulièrement du jus de baies de sureau stimule le système immunitaire, atténue le stress, aide à maintenir une circulation saine, entretient la santé cardiaque et prévient le durcissement des artères.

L'aubépine, qui fleurit en mai, à Beltaine, chargeant les haies de fleurs, est aussi appelée noble-épine. Ses baies rouge sang sont si bonnes pour le cœur et le système circulatoire que l'arbre a parfois été appelée "le père du cœur". Le druidisme et la tradition populaire associent l'aubépine au monde des fées et de la sexualité. Elle est devenu l'un des arbres les plus importants pour la phytothérapie. Les feuilles, les fleurs et les baies contiennent des antioxydants qui protègent les tissus cardiaques. Les préparations à base d'aubépine fortifient par ailleurs les pulsations du cœur et abaissent la pression sanguine. Prises quotidiennement en tisane elles protégeront le cœur et la circulation.

Le bouleau a été l'un des premiers arbres à coloniser la Grande-Bretagne lors de la fonte des glaces. Il est associé au druidisme pour la purification, la naissance et les nouveaux commencements. Les badines en bouleau étaient utilisées sur les mécréants - et dans les saunas scandinaves - pour éliminer les impuretés. Les berceaux étaient traditionnellement façonnés en bouleau. L'effet purifiant de cet arbre attirant est également physiologique. Les feuilles, la sève et l'huile extraite de son écorce ont des utilisations médicales. La sève, en plus de faire un bon vin, est un tonique au printemps et en automne - améliorant surtout le métabolisme des protéines et l'élimination des déchets hépatiques et rénaux. Les herboriste anciens prescrivaient du bouleau pour les rhumatismes et les calculs rénaux. On a découvert actuellement que les composantes du bouleau sont efficaces pour le traitement du cancer et du VIH. Prises régulièrement en tisane, les feuilles et l'écore prolongent apparemment la vie."

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Mythes et légendes :


Selon Véronique Barrau et Richard Ely, auteurs de Les Plantes des fées (Éditions Plume de carotte, 2014), le sureau (sambucus nigra) est l'arbre des "déclarations orales".


Permission accordée : de l'entaille d'une branche de sureau s'échappent quelques gouttes de sève rouge pouvant rappeler le sang. Il n'en fallait pas plus pour que l'imagination populaire fasse de cet arbrisseau l'habitat de fées ou de sorcières. Mais le plus célèbre personnage vivant à l'intérieur de cette plante reste sans conteste la Vieille Mère du sureau. La croyance en cet être est née au Danemark mais a rapidement conquis plusieurs pays tels que l'Allemagne, la Suède ou l'Angleterre. Voir cette petite femme est un rare privilège qui ne se produit qu'au printemps et à l'automne. Les couleurs de sa tenue vestimentaire sont similaires à l'arbre : un tablier foncé comme les baies et un châle blanc comme les fleurs. Comme sa démarche est claudicante, la créature âgée, également appelée Vieille Dame, se déplace en s'appuyant sur une branche.


Le Bois de sureau est réputé pour la confection de flûtes et de baguettes magiques mais il peut être dangereux de s'en servir pour d'autres usages. Les propriétaires d'une maison maintenue avec des poutres de cet arbre ne connaîtront ainsi jamais la prospérité. Les petits Danois couchés dans un berceau fait de ce bois ne pourront se développer normalement ni goûter à un sommeil réparateur. la Vieille Mère tiraille en effet les jambes des pauvres nourrissons quand elle ne les étouffe pas....

Si vous n'avez pas d'autre choix que d'utiliser du sureau, demandez la permission à son habitante. Cela vous évitera son courroux et les malheurs qu'elle ne manquera pas d'occasionner tout au long de votre vie. La méthode est simple. Afin de permettre à la Vieille Mère du sureau de quitter l'arbuste avant qu'il ne tombe à terre, prononcez la formule suivante : "Vieille Dame, donne-moi un peu de ton bois et quand je serai un arbre, je te donnerai du mien." A l'instar des Créoles de Louisiane et des Antilles, vous pouvez aussi chanter en vous balançant devant Dame Sambuc, tel est le nom de la gardienne du sureau en ces lieux.


Un souffle évocateur : Pour trouver le temps moins long, les bergers d'autrefois confectionnaient souvent des flûtes, pipeaux et autres instruments à vent en sureau. Il faut dire que l'arbrisseau se prête à merveille à l'exercice car ses tiges sont creuses et sa moelle facile à enlever. Or jouer d'un tel objet peut parfois amener des surprises. Une légende bretonne raconte ainsi la particularité du roi Guivarc'h pour le moins étrange puisqu'il avait des oreilles de cheval. Ce seigneur dissimulait sa tare sous un bonnet et seules les barbiers ayant la tâche de le raser et de lui couper les cheveux découvraient son secret. Mais à en croire une ancienne version de ce conte, chaque professionnel était mis à mort dès sa tâche effectuée pour que l'inavouable ne sot jamais divulgué...

Un sureau noir poussa sur la sépulture d'un de ces pauvres gens. Un matin, un joueur de biniou coupa un rameau pour en faire une anche et s'en alla à une noce. Quand il en souffla dans son instrument, ce n'est pas un son musical qui en sorti mais une voix chantant à tue-tête : "Le roi Guivarc'h a des oreilles de cheval ! L'assistance accueillit la nouvelle dans un grand silence, d'autant plus que le sire en question était présent dans la salle. Ce dernier somma ses gardes de lui amener le musicien pour le tuer de ses propres mains. L'homme se défendit en arguant qu'il n'était pour rien dans l'étrange phénomène et invita le roi à souffler à son tour dans l'anche. Et, à sa grande stupeur, la même phrase retentit dans l'air... L'histoire ne dit pas quelle suite fut donnée à cet incident et c'est bien dommage.

Toujours est-il que, de mémoire de Celtes jamais un tel phénomène ne s'est produit quand les druides soufflaient dans les flûtes en sureau. Ils se livraient à cette pratique pour communiquer avec le monde des esprits, des fées et des morts. sachez enfin que jouer d'une flûte en sureau protégerait des sortilèges.


Selon une tradition de la Haute-Bretagne, chaque petite fleur de sureau abriterait une fée ayant fui la persécution des chrétiens. Les Tyroliens quittent leur chapeau devant un sureau pour saluer la dame de l'arbre et les Suédoises enceintes lui envoient des baisers.


Visions nocturnes : Selon une croyance danoise, la nuit de la Saint-Jean offre une occasion unique de voir défiler le roi des fées et sa suite. Il suffit de se placer sous un sureau quand sonnent les douze coups de minuit. Les heures sombres du 30 avril glissant au 1er mai sont plus propices à voir les êtres de l'autre monde. Encore faut-il porter à cette occasion sur la tête une guirlande confectionnée avec des rameaux de sureau.


Délices féeriques : Par une chaude journée de juillet, quand le parfum des fleurs de sureau noir embaume l'air ambiant, cueillez six ombelles de cette plante et faites-les macérer durant deux jours dans 20 cl de vin blanc sec ou doux. Retirez les fleurs et filtrez le tout avec un linge fin à trois reprises. Versez le liquide dans une bouteille en verre, ajoutez 150 g de sucre et 20 cl d'alcool de fruits. Mélangez bien le tout et laissez reposer deux semaines avant de goûter votre délicieux breuvage au doux nom de "vin des fées". Pour enchanter les plus jeunes, nous vous recommandons de reproduire l'artifice inventé par les Tziganes au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Lorsqu'ils installaient leur camp près de sureaux, les parents envoyaient leurs petits pour aller chercher du bois sec. Le temps de leur absence, les mères penchaient les branches de l'arbre de façon à tremper les ombelles dans de la pâte à beignet. A leur retour, les enfants émerveillés regardaient les cadeaux préparés par la fée des sureaux.


Bienvenue chez moi ! Si l'on en croit les Russes, on a tout à gagner à planter un sureau devant sa maison : L'arbuste protège des esprits malveillants et promet une longue vie à son propriétaire. Par contre, la précaution la plus élémentaire vous fera renoncer à entourer votre chez-vous avec des barrières réalisées avec son bois. Il est dit que les fées ne sont dès lors plus libres de circuler comme bon leur semble. Qui sait si ces bonnes dames n'en prendraient pas ombrage !


Ambivalence : Alors que le sureau passait pour protéger des mauvais esprits et des sortilèges, les Anglais d'Oxfordshire et des Midlands pensaient que les plus vieux arbres de cette espèce étaient, en réalité, des sorcières métamorphosées. On dit que par ailleurs que ces personnages maléfiques coupent une branche de sureau pour confectionner leur bâton magique avec lesquels ils frappent les vaches pour tarir le lait."

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Croyances populaires :


D'après Véronique Barrau, auteure de Plantes porte-bonheur (Éditions Plume de carotte, 2012), le sureau noir (Sambucus nigra) représente véritablement "la baie du bonheur".


Les morts sont de la noce : La sève rouge du sureau qui jaillit quand la hache porte atteinte à son tronc fit penser que l'arbre aux jolies fleurs blanches devait être habité par des nymphes des bois. Pour ne pas provoquer le courroux de ces dames, mieux vaut acquérir leur permission avant d'abattre l'arbuste. Vous pouvez aussi chantonner devant le sureau, comme le faisaient les Créoles antillais, afin de permettre aux fées de quitter leur demeure à temps.

Témoigner du respect à l'arbuste en déposant des offrandes à son pied ou en ôtant son chapeau pour le saluer, à l'instar des Tyroliens, pouvait engendre la bienveillance de la dame logeant dans l'arbuste. Particulièrement sensible au bonheur des amoureux, le sureau serait un allié de choix auquel les mariés de Castille faisaient appel le jour de leurs noces. La mère de l'époux et le père de l'épouse jetaient des baies de sureau vers les quatre points cardinaux tout en énonçant les noms de leurs aïeux défunts. Ils prenaient ensuite un peu de cendres de sureau avant de les jeter sur les mariés en guise de porte-bonheur.


Bois protecteur : En considérant toutes les superstitions qui placent le sureau parmi les meilleurs défenseurs végétaux, on ne peut que respecter sa haute renommée. Il préserverait en effet des agressions humaines, animales, surnaturelles et météorologique, rien que ça ! Un sureau s'élevant dan un un jardin serait ainsi un paratonnerre naturel, mais sa présence écarterait aussi les maléfices jetés sur les propriétaires. Toute personne munie d'un morceau de cet arbuste ne pourrait, par ailleurs, être touchée par un acte de sorcellerie.

De la même manière, une maison dont les trous des serrures sont bouchés avec de fines branches de sureau ou dont les ouvertures sont surmontées de ses rameaux chargés de baies, ne peut être l'objet de sortilèges. Un autre stratagème fort utile consiste à ne jamais cheminer par monts et par vaux dans avoir un morceau de cet arbuste dans sa poche. Les Siciliens assurent que cette protection permet de ne pas subir d'attaques de serpents. En d'autres pays, tout voyageur qui aura la sagesse d'utiliser un bâton de randonnée taillé dans du bois de sureau n'aura rien à craindre des bêtes dangereuses ni même des voleurs. La question s'impose : un voleur peut-il voler un bâton de sureau ?

Un berceau en bois de sureau dispenserait au pauvre nouveau-né placé à l'intérieur, un mauvais somme voire des chutes.


Un feu diabolique : C'est à la branche d'un sureau que Judas choisit de se pendre et c'est de son bois que fut faite la croix de Jésus supplicié selon certaines croyances. Il n'en fallait pas plus pour que l'arbuste soit accusé de nombreux méfaits. En France, les paysans tarnais évitaient de brûler du sureau de peur que leurs poules ne pondent plus. Les Anglais se risquant au même acte, avaient bien plus à y perdre : soit le diable entrait dans leur logis, soit un membre de leur famille décédait inopinément !"

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Ogham :


Voir la fiche dédiée à l'Ogham Ruis.

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