Ruis
- Anne

- 1 janv. 2019
- 19 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 mai
Symbolisme :
Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) évoque l'ogam et en particulier la lettre R :
"C'est dans l'Ogygie de Roderick O' Flaherty que j'ai trouvé mention, pour la première fois, de Beth-Luis-Nion, comme une authentique relique du Druidisme transmise oralement jusqu'à nous à travers les siècles. On s'en serait servi jusqu'à une époque récente, uniquement pour des usages divinatoires. Il consiste en cinq voyelles et treize consonnes. Chaque lettre tire son nom de l'arbre ou de l'arbuste dont elle est l'initiale.
Dans l'alphabet irlandais moderne les noms des lettres sont également des noms d'arbres et la plupart d'entre eux correspondent à la liste d'O' Flaherty excepté le T qui est devenu l'Ajonc, l'O le genêt et l'A l'orme.
[...]
R pour Ruis
Le treizième arbre est le sureau, arbre des bords de l'eau associé aux sorcières et qui conserve ses fruits en décembre. Il existe une vieille superstition britannique selon laquelle un enfant couché dans un berceau en bois de sureau dépérira ou sera pincé par les fées jusqu'à en avoir des bleus et des noirs. Le bois traditionnel pour le berceau est, bien entendu, le bouleau, arbre des débuts propres à chasser les mauvais esprits. En Irlande, ce sont les bâtons de sureau, plus que ceux de frêne, dont les sorcières se servent comme montures. Bien que les fleurs et l'écorce interne du sureau aient toujours été renommées pour leurs qualités thérapeutiques, on pensait autrefois que le parfum d'un plant de sureau causait mort ou malaise. Le sureau passe tellement pour porter malheur que, dans le Piers Plowman de Langland, c'est à un sureau que se pend Judas. Spencer accouple le sureau au funéraire cyprès en T. Scot écrit, dans sa Philomythie (1616) :

Le sureau maudit et l'if fatal
Avec le sorbier et le solanum poussés dans leur ombre.
Le roi William Rufus fut tué par un archer posté sous un sureau. On dit encore que le sureau aurait été l'arbre de la crucifixion et la forme en feuille de sureau des silex funéraires trouvés dans les tumulus mégalithiques fait penser qu'il y a longtemps qu'on l'a associé à la mort. Dans le folklore anglais, brûler des bûches de sureau « amène le diable dans la maison ». Ses fleurs blanches, qui sont en pleine floraison au solstice d'été, font du sureau un autre aspect de la Déesse Blanche ; on peut dire d'ailleurs la même chose du sorbier.
Le sureau est l'arbre de la condamnation (d'où la persistante malédiction concernant le nombre treize. Le mois s'étend du 25 novembre au 22 décembre.
Pour terminer, que dire du jour en surnombre ? Il tombe en dehors du treizième mois de l'année et n'est, en conséquence, gouverné par aucun des arbres. Je penche à croire que sa place naturelle est entre les lettres-mois R et B, le jour après le solstice d'hiver, au moment où les heures diurnes recommencent à croire : en fait c'est la Noël, jour de la naissance du Divin Enfant. Les racines R. B rappellent le mot latin robur signifiant « chêne » et « force », ainsi que le mot celtique « robin ». C'est en effet à cet instant de l'année, d'après le folklore britannique, que le rouge-gorge (robin en anglais), en qualité d'Esprit de la Nouvelle Année, sort armé d'une tige de bouleau pour tuer son prédécesseur le roitelet à cimier doré, l'Esprit de la Vieille Année, et le trouve caché dans un buisson de lierre. Sir James Frazer a montré, dans son Rameau d'Or, que la tradition populaire de chasser le roitelet à la Noël avec des rameaux de bouleau, tradition encore vivante en Irlande et dans l'île de Man, était également suivie autrefois à Rome et dans l'ancienne Grèce où l'on connaissait le roitelet comme le « petit roi ». C'est bien une constatation ornithologique que le roitelet fréquente les buissons de lierre vers Noël. On dit du rouge-gorge qu'il « assassine son père », ce qui a un rapport avec sa poitrine rouge. Il se trouve une nette référence à cette croyance dans l'Angar Cywyndawd de Gwion : « Keing ydd Eidduw Bun i arweddawd » (« Dissimulé dans le buisson de lierre j'ai été pourchassé »). En Irlande, les petits roitelets utilisent parfois un buisson de houx au lieu d'un buisson de lierre ; le houx étant l'arbre du taniste meurtrier du roi du chêne au solstice d'été. En toute autre saison de l'année, le roitelet est protégé et l'on assure que lui voler ses œufs porte malheur. Dans le Devonshire, un des noms pour désigner le roitelet est « la flèche de Bran » et en Irlande on l'associe à la corneille ou au corbeau de Bran en qualité d'oiseau-prophète. R. I. Best a publié une collection de présages par les roitelets et les corbeaux dans Irin VIII (1916). Comme on l'a montré plus haut, Bran peut être confondu avec Saturne.
C'est peut-être Pausanias qui cite la plus ancienne tradition concernant le roitelet dans sa Description de la Grèce. Il dit que Triptolème, l'homologue à Eleusis de l'Osiris égyptien était un prêtre argien célébrateur de mystères et nommé Trochilus qui avait navigué d'Argos en Attique au temps où Agénor s'emparait de la cité. Trochilus signifie « roitelets », mais aussi « de la roue », sans doute parce que c'est quand la roue de l'année a accompli un cercle complet que l'on pourchasse le roitelet. Ce rapport entre le roitelet et la roue fut onbservé jusqu'à il n'y a pas si longtemps dans le Somersetshire. Swainson rapporte dans ses Oiseaux (1885) : « C'est la coutume, le douzième jour, de colporter un roitelet, appelé le Roi, enfermé dans une boîte avec des fenêtres en verre et surmontée d'une roue de laquelle pendent des rubans de différentes couleurs. » Une version tardive fait de Triptolème un fils de Picus (le pivert, autre oiseau-prophète) et l'identifie donc à Pan ou Faunus. Le récit de Pausanias semble faire référence à une expulsion d'Argos du clergé de Cronos (Bran), à qui était consacrée la roue, expulsion causée par des envahisseurs syriens.
A peine a-t-on maîtrisé la grammaire élémentaire et les rudiments des mythes, constitué un petit vocabulaire et appris à distinguer les mythes saisonniers des mythes historiques et des mythes iconotropiques, on est surpris de s'apercevoir à quel point restent proches de leurs présentations mythiques certaines explications, égarées depuis les temps préhomériques, de légendes encore religieusement conservées comme une partie de notre héritage culturel européen. Par exemple, les légendes diverses sur l'alcyon ou martin-pêcheur associé au solstice d'hiver dans les mythes grecs, de même que la roue, du reste. Il y avait quatorze « jours-alcyons » dans chaque année, dont sept tombaient avant le solstice d'hiver et sept après : journées paisibles pendant lesquelles la mer était calrme comme un lac cependant que la femelle du martin-pêcheur construisait un nid flottant et y faisait éclore ses petits. Selon Plutarque et Aelien, elle avait une autre habitude, celle de transporter le cadavre de son conjoint sur son dos par-dessus la mer et de se lamenter sur lui en poussant un cri plaintif particulier.
Le nombre 14 est un nombre lunaire, c'est celui des journées de l'heureuse première moitié du mois ; ainsi la llégende ans fondement en histoire naturelle car l'alcyon ne construit pas de nid du tout mais dépose ses œufs dans des trous de la berge) fait allusion à la naissance du nouveau roi sacré au solstice d'hiver (après que sa mère, la Déesse-Lune, a accompagné la dépouille mortelle de l'ancien roi jusqu'à une île sépulcrale). Naturellement le solstice d'hiver ne coïncide pas toujours avec la même phase de la Lune aussi les mots « chaque année » doivent-ils s'entendre comme « chaque Grande Année » à la fin de laquelle les temps solaires et lunaires étaient exactement synchronisés et le terme du roi sacré échu.
Homère rattache l'alcyon à Alcyone, surnom de Cléopâtre, femme de Méléagre (Iliade, IX, 562) et à une plus ancienne Alcyon, fille d'Aégéale, « Celle qui détourne les tempêtes » et d'Eole l'ancêtre éponyme des Grecs éoliens. Le mot « alcyon » ne peut toutefois pas signifier hal-cyon, « chien de mer », comme on le suppose habituellement, mais doit se comprendre comme alcy-one, « Princesse qui détourne le mal ». Cette étymologie est confirmée par la fable raconté par Apollodore et Hyginus et brièvement mentionnée par Homère, à propos de la plus ancienne Alcyone: elle et son mari Ceyx (« Goéland ») osèrent se donner à eux-mêmes les noms de Héra et de Zeus. Le vrai Zeus les punit en faisant Ceyx se noyer ; sur quoi Alcyone se donna la mort en se noyant elle aussi. Ceyx fut alors métamorphosé en goéland ou, selon Alcman, en pingouin et elle en martin-pêcheur. La partie goéland de la légende ne requiert pas qu'on y insiste ; en effet, l'oiseau, au cri fort plaintif, est consacré à la déesse de la mer Aphrodite. Le fondement historique de l'histoire semble avoir été que, vers la fin du second millénaire av. J.-C., les Eoliens, qui avaient accepté d'adorer la Déesse6lun préhellénique comme leur divinité ancêtre et protectrice, devinrent tributaires des Achéens et furent forcés d'accepter la religion olympienne.
Pline, qui décrit soigneusement le prétendu nid d'Alcyon (il s'agit apparemment du zoophyte que Linné nomme halcyoneum), rapporte que l'alcyon se laisse rarement apercevoir et seulement aux solstices d'hiver et d'été et au coucher des Pléiades. Ceci prouve qu'originellement on considéra ces apparitions comme des manifestations de la Déesse-Lune que l'on adorait aux deux solstices en tant que déesse de l'alternance vie dans la mort et mort dans la vie et qui, tôt en novembre, quand les Pléiades se cochent sur l'horizon, appelait à la mort le roi sacré (on y insistera au chapitre XII). C'était encore une autre Alcyone, fille de Pléione, « Reine de la Navigation », et du héros du chêne Atlas, qui servait de guide mystique aux sept PLéiades. Le lever héliaque des Pléiades en mai marquait le commencement de l'année maritime ; leur coucher en marquait le terme au moment où souffle un vent du nord particulièrement froid, comme l'indique Pline dans un passage sur le martin-pêcheur. Les circonstances de la mort de Ceyx montrent que les Eoliens, qui étaient de fameux marins, donnèrent à la déesse le surnom d'Alcyone parce qu'en qualité de déesse de la mer elle les protégeait contre les récifs et le mauvais temps : en effet Zeus, se défiant des pouvoirs oraculaires d'Alcyone, l'aurait fait périr en lançant un éclair sur son bateau. Pendant des siècles on continua à créditer le martin-pêcheur du pouvoir magique de calmer les tempêtes et l'on servit de son corps desséché en guise de talisman contre les éclairs de Zeus (on supposait ainsi que là où ils avaient déjà frappé ils ne frapperaient plus). A un intervalle de plusieurs années, j'ai vu deux fois un martin-pêcheur effleurant la surface de la même baie méditerranéenne. Dans les deux occasions, vers la Saint-Jean, la mer était sans une ride. Son étincelant plumage blanc et bleu fait de lui un symbole inoubliable de la déesse des mers calmes.
La relation établie par Homère entre Alcyone, femme de Méléagre, et le martin-pêcheur consiste en ce que, lorsque sa mère Marpessa fut séparée par Apollon de l'Argonaute Idas son époux bien-aimé, elle le pleura aussi amèrement que la précédente Alcyone avait pleuré Ceyx et donna en conséquence à sa fille nouvelle née, Cléopâtre, le surnom d'Alcyone. Or il s'agit là d'une grossière erreur : une prêtresse nommée Cléopâtre, épouse de l'originel Méléagre, peut bien avoir porté le divin titre d'« Alcyone » mais il est probable que la fille de Marpessa était la Déesse Blanche sous l'aspect de la vieille truie qui gouvernait la mi-hiver et parce que les jours-alcyons tombent à la mi-hiver. Ceci pourrait incidemment expliquer pourquoi Pline recommandait les nids d'Alcyons desséchés et réduits en poudre comme une « merveilleuse panacée » contre la lèpre ; le lait de truie était suspecté de causer la lèpre (l'association de la Déesse Blanche à la lèpre est détaillée au chapitre XXIV) et Alcyone, en tant que la fille bienfaisante de Marpessa, devait être immunisée contre l'infection. Le rapt de Marpessa par Apollon à Messène, ainsi que le rapt de Daphné (« le Sanglant ») à Delphes par le même, symbolisent des événements de la toute première histoire grecque tribale : la prise de sanctuaires oraculaires par les Achéens partisans d'Apollon.
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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Ruis à :
"Couleur : Rouge.
Chiffre : 13 qui symbolise la Renaissance et la Transmigration.

Dans le folklore, il est dit qu'il est mauvais de faire un berceau d'enfant en bois de sureau ; il doit toujours être en bouleau, bois qui favorise les commencements. Dans le calendrier oghamique, le Sureau gouverne le treizième mois. Il s'agit, en fait d'une période de trois jours, un moi "bouche-trou", finissant à Samhain, la dernière nuit de l'année, appelée maintenant Hallowe'en. La nouvelle année, le 1er novembre, et le mois du Bouleau viennent juste après. Le Sureau, au tronc particulier, creux et moelleux, est un arbre de régénération. Ses branches endommagées repoussent tout de suite et il s'enracine et pousse rapidement partout.
L'ïle d'Anglesey, Mina, était appelée à l'époque préromane Mona mam Cymru (ce qui signifie Anglesey la Mère des Galles). C'est parce qu'elle était plate, au climat doux et fertile. Elle nourrissait le reste du pays, et était le grenier ou la huche à pain qui fournissait la nourriture. On se souvient aussi d'elle comme le site du massacre des derniers Druides par les Romains. Ils combattirent bravement, mais rares furent ceux qui en réchappèrent, et leur pouvoir et leur prestige ne survécurent pas. Les Celtes étaient des guerriers sans peur à cause de leur foi dans le Chaudron de la Renaissance : en se plongeant ans le Chaudron, ils retrouvaient la vie et la force, et pouvaient retourner au combat jusqu'à la victoire.
Cette carte est liée aux éternels tournants que sont la mort, la naissance et la renaissance. Elle représente la fin dans le commencement et le commencement dans la fin ; la vie dans la mort ; le rejet des démons de l'ancienne année, le renouveau et la créativité de la nouvelle ; l'atemporalité du cycle par lequel la disparition de l'ancienne époque est toujours équilibrée par le nouveau départ de la naissance. Cette carte n'a pas de position inversée. Le cercle tournera toujours, le changement et la créativité venant de l'ancien et apportant le nouveau. Tout est continuellement lié car les phases de la vie et de l'expérience se répètent sous des formes subtilement différentes, menant toujours au renouveau.
Mots-clefs : La Fin dans le commencement et le commencement dans la fin.
Treizième mois : les trois derniers jours d'octobre."
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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Ruis :
"Sureau - Ruis
Période : 25 novembre - 22 décembre.
Divinité : Cailleach.
[...] Semblable par bien des côtés aux natifs de l'If, ceux du sureau peuvent eux aussi traverser, victorieux, les pires difficultés pour se noyer ensuite brusquement dans un verre d'eau. Ils sont courageux et entreprenants, mais seulement tant que l'émotion ne prend pas le dessus, auquel cas ils deviennent des proies faciles pour l'enthousiasme ou la dépression. heureusement, sympathiques et débordants de talents comme ils sont, ils trouvent sans aucun problème des gens pour les soutenir et s'occuper d'eux. Enclins aux passions intenses et aux désirs d'enfant, ils aiment profondément et avec beaucoup de générosité et de gentillesse. Mais ils exigent en échange estime, respect, ansi qu'une cour agréable et piquante.
[...]
Arbre magique par excellence car il fournit le bois du pipeau rituel et les baies de la boisson druidique sacramentelle, le sureau renferme tout le symbolisme ésotérique de la mort et de la renaissance. La tradition polonaise prescrit d'ensevelir ses péchés au pied du sureau pour que, absorbés et éliminés progressivement par la force magique de la plante, ils ne puissent plus faire de mal. Une légende veut par ailleurs que ses rameaux, tressés en couronne et portés sur la tête la nuit précédant le premier mai, suscitent des visions surnaturelles. Suspendu à l'extérieur des étables, il protège le bétail ; mais apporter son bois dans la maison et le garder dans la cuisine ou près du berceau, ou bien le brûler peut provoquer le malheur. De la même manière, les pipeaux fabriqués avec du bois de sureau devraient être utilisés avec prudence vu la force magique considérable qu'ils sont capables de déclencher.

Divinité : Cailleach.
Les cartes : Accompagné du cerf blanc, animal d'une très grande portée symbolique dans la pensée celtique, le sureau est l'arbre magique par excellence. Ses rameaux se transforment en pipeaux au pouvoir enchanteur (carte du printemps), ou bien laissent tomber les baies procurant des visions (carte de l'été).
Sur la version automnale, ses racines reçoivent les péchés et les restituent changés en trésors d'expérience. Sur celle de l'hiver, ce sont encore ses baies qui produisent une boisson enivrante, semblable au soma des hindous.
Mots clés : Renaissance - Magie - Passion - Sorcellerie - Ésotérisme - Puissance.
Printemps : A l'endroit : Engagements professionnels affrontés avec passion - Victoire sur un adversaire - Découverte d'importants projets d'autrui - Bonnes occasions à saisir au vol - Nouvelles à venir - Protection de la part d'un personnage influent - Transformations en cours.
A l'envers : Commérages - Doutes - Secrets qui font surface - Pièges et manœuvres sournoises de la part d'un adversaire - Intolérance - Conflits d'autorité - Recul - Perte de crédibilité - Diffamation.
Été : A l'endroit : Rencontre amoureuse magique - Désir très intense - Érotisme incendiaire - Transgressions sexuelles - Contacts télépathiques- Secrets dévoilés - Triomphe sur un rival - Crise du couple surmontée.
A l'envers : Opération de magie amoureuse - Lien contraignant et étouffant - Passion érotique indomptable - Jalousie - Confrontation avec un rival dont on sort perdant - Trahisons infligées ou subies - Imprévus désagréables - Sombres complots - Rencontre indésirable qui fait resurgir le passé - Coups de téléphone, lettres et souvenirs déplaisants - Manque d'autonomie - Captivité - Faiblesse de caractère - Habitude de se poser en victime - Sensibilité excessive aux sollicitations de l'entourage.
Automne : A l'endroit : Habile coup de main - Victoire remarquable - Chance à apprécier - Rétablissement économique après une faillite.
A l'envers : Tentations auxquelles il fait résister - Affaires douteuses ou malhonnêtes - Flatteries - Risques - Dépenses folles pour un faux ami - Sentiments intéressés - Vol dev oiture et de bijoux.
Hiver : A l'endroit : Grande force physique et mentale - Guérison miraculeuse - Complet rétablissement après une grave maladie - Principes et attitudes en voie de transformation - Renaissance intérieure après un effondrement.
A l'envers : Perte des forces - Déclin - Victoire du mal - Attaque magique - Maléfice- Crise de dépression - Empoisonnement - Drogue - Dépression - Danger pour une être cher- Fuite - Enlèvement - Perte.
Le temps : 25 novembre - 22 décembre.
Le conseil : Réfléchissez deux fois avant de parler et trois fois avant de formuler un souhait : soyez responsable de votre esprit car la réalité dépend du mental."
Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), le sureau noir est associé à diverses caractéristiques :
"Nom : Ruis
Lettre : R
Monde végétal : Sureau (Sambucus nigra)
Signification : La fatalité ; l'inspiration ; l'intelligence
Symbole : Le feu de l'esprit
Couleur : Noire ; Rouge
Direction cardinale : Sud
Triades celtiques : Il existe trois causes à la fatalité : - connaître le fruit de chaque existence - connaître toutes choses - forger sa force intérieure pour triompher de l'illusion.
Monde de l'épreuve de l'Abred : Pour les Celtes, le sureau était une sorte de panacée, un arbre régénérateur. Après les épreuves et la purification imposés par le prunellier, le sureau apporte la régénération par sa force douce, maternelle, féminine qui nourrit et soutient le feu masculin de l'esprit.
Monde des âmes de Kenmill : Les baguettes de sureau étaient employées dans l'Irlande antique pour accéder à la vision de l'Autre Monde et communiquer avec leurs habitants. Percevoir le monde dans sa globalité, avec communion, c'est faire confiance à la Nature comme vecteur de communication.
Monde ultime de Keugant : Résoudre le mystère du monde ne semble pas à la portée des simples mortels. Le sureau montre que le monde des fées et notre quotidien ne sont séparés que par le manque de respect et de confiance en la nature ultime des choses. Keridwen, la Mère est aussi la "Porte du Monde Divin".
Images : Une brûlure intense.
J'ai la puissance des vagues de la mer."
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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Ruis est associé à :
Arbre : Sureau.
Mots clés : Changement ; Évolution.
Association complémentaire : Hasard heureux ; Nouvelles opportunités.
Lettre : R.
Couleur : Rouge sang.
Ruis se rapporte aux changements, plus précisément aux cycles et à la transition entre chacune de ces étapes. Il n'y a pas lieu de résister au changements évoqués par Ruis. En effet, cet ogham est un excellent indice de hasard heureux, avec de nouvelles opportunités. Le changement est inévitable, mais ne le refusez pas, surtout quand il est en votre faveur.
Le défi de Ruis est de détecter le début des nouveaux cycles de changement. La stagnation pourrait en résulter, si vous avez peur du changement en lui résistant trop.
Visualisez ou imaginez un cercle, un cercle de feuilles vertes, rousses. puis, voyez un arbre en hiver avec ou sans neige. Voyez le même arbre au printemps et associez-y l'évolution naturelle de la vie sans fin.
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D'après Julie Conton auteur d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :


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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :
"Ruis - Le Sorbier
Les Romains croyaient que les femmes celtes, notamment celles aux cheveux roux flamboyants et aux yeux verts lumineux, ne savaient tout bonnement pas se tenir. Elles ne roucoulaient pas comme leurs loyales épouses, leurs maîtresses ou leurs filles. Elles étaient honteusement savantes. Elles menaient même leurs hommes au combat ! D’après la rumeur, elles accouchaient en un clin d’œil, et bon nombre d’entre elles étaient belles, vraiment belles, un détail qui n’avait pas échappé aux envahisseurs romains.
L’une des sources de leur beauté était un arbuste — en réalité, plutôt un arbrisseau — qui poussait dans le sol humide et riche au bord des rivières et des ruisseaux, et qui se répandait par drageonnement. À la fin du printemps et parfois au début de l’été, des panicules de fleurs blanches apparaissaient, comme autant de crêpes en équilibre sur une aiguille. Puis, en un rien de temps, ces fleurs se transformaient en lourdes grappes de baies noir violacé. Le poids des fruits mûrs faisait ployer les branches presque jusqu’au sol. Les anciens Celtes l’avaient donc nommé trom, l’« arbre qui porte du poids ».
Ce petit arbre, c’est le sureau noir, Sambucus nigra. Il a une vingtaine de parents à travers le monde, jusque dans des régions semi-tropicales. Tous sont toxiques, certains bien plus que d’autres. Le sureau sert en cosmétique depuis des milliers d’années : en Égypte, les femmes l’appliquaient pour s’embellir.
L’un des secrets des beautés celtes résidait dans les délicates fleurs blanches et odorantes du sureau. Cet arbre contient une huile remarquable, du mucilage et des résines complexes qui se mêlent dans une lotion pour le visage utilisée depuis des temps immémoriaux. Celle-ci renforce et protège le réseau capillaire sous-cutané, qui fait ensuite mieux circuler le sang. Elle réduit efficacement les pattes d’oie, pour une peau plus lisse et rajeunie.
Par ailleurs, les anciens Celtes devaient travailler dur chaque jour et, en hiver, quand les jours étaient courts, le moindre rayon de soleil était précieux pour leur permettre de terminer leur labeur avant la nuit. Les baies de sureau cuites dans du porridge ou leur jus filtré contiennent un sucre complexe, la sambucine, qui aide l’œil à s’adapter à l’obscurité ; ces baies conféraient donc un avantage certain à qui les consommait. Elles sont encore utilisées aujourd’hui dans le traitement de la cécité crépusculaire.
Le problème du sureau, c’est que toutes ses parties sont toxiques, à l’exception des fleurs fraîches ou séchées, et des fruits cuits. Les fleurs, fraîches ou séchées, les fruits, les racines, les feuilles et l’écorce trouvaient un usage médicinal, de même que la moelle des branches. Autrefois, on ajoutait les fleurs de sureau à une tisane de menthe poivrée, boisson de choix contre le rhume. Les recettes celtes mêlant les différentes parties du sureau à d’autres herbes ont été perdues, mais on peut les reconstituer à l’aide de la biochimie moderne et des formes sauvages de cet arbre.
Les innovations guidées par la sagesse ancestrale pourraient bien se révéler cruciales pour notre avenir, notamment face à l’antibiorésistance. Chez les Iroquois, on frottait autrefois les nouveau-nés avec une lotion de fleurs de sureau, en évitant les yeux, les oreilles et le nez, puis on rinçait au lait maternel fraîchement exprimé : stérile par nature, il a aussi un effet régulateur sur la peau des bébés.
Et puis, il y a l’histoire du sureau comme espèce magique. Cherchez la magie, et vous trouverez presque toujours des propriétés médicinales. Les anciens croyaient que des esprits vivaient dans les replis du sureau, aussi n’en utilisaient-ils jamais dans les feux de joie de peur que les flammes brûlent les âmes des disparus.
Le sureau noir du monde celte, ou ruis, figurait en bonne place dans l’alphabet oghamique : il était associé à la lettre R, représentée par une ligne verticale barrée de cinq lignes inclinées vers la droite.
En tant que pupille de la culture des brehons, j’ai bénéficié du prestige considérable de la femme celte. On m’a aussi recommandé d’aimer et de respecter celle que je devenais, et de semer gentillesse et courage pour récolter l’adulte que je voulais devenir, afin que mon cœur garde son cap toute ma vie.
Les anciens versés dans les mœurs des Celtes m’ont appris le sens d’un mot spécial, buíochas, qui signifie quelque chose comme « tendre gratitude ». Le buíochas devrait être immense en chacun, comme un verre bien plein. Le buíochas est aussi une forme d’autoprotection. On devrait porter en son cœur de la gratitude pour tout ce qui est dans et hors de nos vies, et pour toutes les petites choses qui touchent notre conscience. Le sentiment de buíochas est comme un remède de l’âme, qui cimente votre vie. La vieille expression buíochas le Dia, « Dieu merci », rappelait à la famille humaine que la vie elle-même est le plus grand des dons et doit être chérie en soi et chez tous les autres."
Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :
"Paroles de Ruis : Je suis Ruis, l'arbre de la Mort et de la Renaissance. Mes racines puisent dans le passé l'énergie de renouvellement rédemptrice. Mon tronc soutient dans un éternel cycle de régénération mes branches en transition. Mes fleurs se métamorphosent en fruits qui soulagent les maux des êtres. Je suis Ruis, l'arbre de la Métamorphose et de la Régénération.

Signification de la carte : Dans un tirage, Ruis est le symbole des cycles immuables, de la renaissance après la mort, de la métamorphose, de la transformation, du passage qui mène à l'évolution. Il montre l'accomplissement d'un cycle dans une notion d'éternité subtile. Il indique ainsi que vous vivez à la foi la fin d'une période et le début d'une nouvelle. Ruis vous enseigne que votre quête arrive à son terme, pour faire place à de nouvelles aspirations.
Quelles que soient vos interrogations, Ruis exprime que les épreuves traversées et les enseignements acquis vous permettent d'avancer avec de nouveaux bagages. Il vous invite à contempler cette transition qui vous transforme. Il vous enseigne que les épreuves mènent à une amélioration de votre situation. Ruis indique parfois une séparation., pour s'engager dans une autre relation épanouissante.
Ruis évoque également un temps de régénération important, durant lequel vous lâchez prise avec des choses nocives. Dans ce cas, il vous demande de prendre conscience de votre passif et de réaliser votre métamorphose en une personne accomplie. Ruis vous indique parfois un déménagement, un changement professionnel important ou encore une nouvelle direction pour votre spiritualité.
Carte renversée : Lorsque la carte apparaît à l'envers, Ruis dénonce une personne qui s'empêtre dans son passé, parfois nostalgique à l'extrême. Il indique ainsi que vous pouvez stagner dans une situation, comme déconnecter de ce qui vous entoure. Il vous conseille alors de vous réveiller et de sortir de votre immobilité. Ruis renseigne ainsi sur l'importance de passer à autre chose pour avancer le cœur léger.
Ruis avertit également des risques de mauvaises habitudes qui vous rassurent mais qui ne sont pas sans conséquences. Il vous démontre que vous devez faire preuve de volonté et d'engagement pour sortir de ce cercle vicieux. Il vous conseille alors de faire le point et de mettre en place de nouvelles habitudes plus saines de manière progressive. Ruis enseigne ainsi que le changement de cycle est inéluctable, vous pouvez parfois influence et cette continuité par vos actions.
Mots clés : Métamorphose - Transformation - Renouvellement de cycle - Evolution - Transition - Changement - Mutation."
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