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  • Anne

Le signe du Taureau


Étymologie :

  • TAUREAU, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. Ca 1145 torel « (jeune) taureau » (Wace, Conception N-D, éd. W. R. Ashford, 394 et 396) ; 1680 combat de taureaux (Mme de Sévigné, Corresp., 28 févr., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 852) ; 1757 course de taureaux (LeSage, Hist. de Gil Blas de Santillane, t. 2, p. 115) ; 2. 1487 toreau « constellation du zodiaque » (Vocab. lat.-fr., Loys Garbin, f°Oii) ; 1831 mar. (Will.). Dimin. de tor (ca 1145 (Wace, op. cit., 403) − 1530, Palsgr., p. 202a), qui survit dans les dial. du Nord et du Sud en bordure du domaine fr.-prov. (cf. FEW t. 13, 1, p. 130a) qui désigne régulièrement le jeune taureau, lat. taurus « taureau » et « constellation », du gr. τ α υ ̃ ρ ο ς « id. », qui désigne également un bateau lycien ayant un taureau comme figure de proue ; écrit -au- par réaction étymol.


Lire également la définition du nom taureau pour amorcer la réflexion symbolique.


Symbolisme :

Dans Le Rythme du Zodiaque (édition originale Astrological Signs - The Pulse of Life, 1943 ; traduction française, Éditions du Rocher, 1981), Dane Rudhyar consacre un chapitre au signe du Taureau :

"Triomphant de la Force-de-Nuit à l'équinoxe de printemps, la Force-de-jour qui, au Bélier, se ruait en avant dans un désir juvénile de se manifester devient, dans le taureau, plus stable et plus opiniâtre. Elle cesse de lutter - souvent simplement contre des fantômes ou des moulins à vent- pour le plaisir d'extérioriser son énergie en tant que personnalité. Elle cherche à s'établir de manière tangible. elle a besoin de résultats ; elle apprend que ces résultats ne s’obtiennent que par des répétitions, des mouvements déterminés, une insistance obstinée et des efforts constants. elle apprend, en outre, que seul un contact intime avec la substance même de la terre peut produire ces fruits concrets dont la réalisation est la personnalité humaine. On voit donc, dans le Taureau, la Force-de-Jour agir sur la substance profonde de tous les organismes, inciter le sol de l'humanité à fructifier.

Le Taureau est la réaction qui suit l'action du Bélier. Après cette insécurité intérieure spécifique, dont le Bélier fait souvent un défi ou une vertu, le Taureau met l'accent sur la sécurité. L'instinct de pionnier fait place à la faculté d'organisation du colon. L'énergie se transforme en pouvoir ; la mobilité pure du Bélier trouve, dans le Taureau, une matière résistante dans ou contre laquelle il faut avancer. Le mouvement pur du Bélier devient, dans le Taureau, émotion provoquée par des objets. Dans le Bélier, la Vie universelle déferle à travers un ego adolescent qui désire ardemment un "moi". dans le Taureau, les forces de la tradition, les habitudes et l'inertie de la matière se mêlent au flot d'énergie désintéressée et semi-consciente ; il se produit un mouvement rotatif à partir duquel se développera un sens définit de personnalité et une destinée délimitée. (à suivre p. 60)

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D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée, Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le taureau (21 avril - 20 mai), deuxième signe du Zodiaque, se situe entre l'équinoxe du printemps et le solstice d'été. Symbole d'une grande puissance de travail, de tous les instincts et principalement de celui de conservation, de sensualité et d'une propension exagérée pour les plaisirs. Ce signe est gouverné par Vénus, selon le langage astrologique ; c'est-à-dire que cette partie du ciel se trouve en parfaite et intime harmonie avec la nature de cette planète. Au signe du Taureau se trouve associée la symbolique de a matière première, de la substance initiale, assimilable à la Terre-élément, à la terre maternelle. Si, au Bélier, est dévolue la cynétique du feu originel incarnée par un animal sec, hyper-viril, dominé par une masse crânienne projetée dans un bond en haut et en avant, au Taureau se présente la statique d'une masse porteuse de vie, caractérisée par une puissante créature aux formes plantureuses, à prédominance horizontale et ventrale. Ici règne un esprit de pesanteur, de lourdeur, d'épaisseur, de lenteur, de stabilité, de solidité, de densité, de fixité... A ce signe hyper-féminin s'attache la valeur d'un sens pleinement terrestre, dans la ligne d'une symphonie en vert pâturage. Dans le concert zodiacal, la partition du Taureau s'assimile à un chant bacchique à la gloire de Vénus, la Vénus génitrix, toute de chair palpitante et de sang vermeil, pleine et vibrante d'émanations telluriques ; chant de plénitude lunaire dans l'exaltation de la mère-nature. Le Taureau donne une nature animale, en complexion instinctive, notamment en riche sensorialité : vivre dans cet univers, c'es humer, goûter, palper, voir, entendre... C'est s'abandonner à la convoitise des nourritures terrestres, c'est se livrer à l'enivrement des enchantements dionysiaques. La soif de vivre y est enracinée dan un tempérament généreux, à la vitalité solide et à la trempe robuste. Elle peut s'étancher aussi bien dans une vie de plaisir, remplie de passions, que sous le joug du travail, pour satisfaire les appétits de l'avoir."

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Selon Jacques A. BERTRAND auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (1983), voici les caractéristiques (humoristiques) du signe du Taureau :

"Irréversibilité du Taureau"


"On mène la vache au taureau mais on va chez le coiffeur, assurait l'un de mes premiers maîtres. L'école, reconstruite à la Libération, avait été dotée de parquets de chêne. Les hivers enneigés, les écoliers étaient tenus d'apporter leurs pantoufles : ils déposaient leurs galoches à l'entrée de la classe. Une fois par an, leurs parents leur confiaient quelques anciens francs pour le Sou des Écoles. Ce sont des choses qui donnaient du prix au printemps. Le taureau est très attaché au printemps et au prix des choses.

En ville, les taureaux demeurent plus nombreux que les coiffeurs, du point de vue zodiacal. On peut aller chez un taureau. Il y a chez lui toutes sortes de robots ménagers et peut-être même un terminal d'ordinateur. On ne doit pas quitter ses chaussures. On ne doit même pas prendre les patins : c'est de la moquette qu'il nettoie sans la mouiller, avec des produits miraculeux et presque pas toxiques. Ainsi change le monde. Le taureau change avec lui.

Cependant, le taureau n'est pas homme à se jeter tête baissée dans le changement.

Il assimile doucement. Le taureau laisse le sentiment de l'urgence s'installer lentement en lui, ensuite il s'ébranle. Lorsqu'il est ébranlé, il est difficile de l'arrêter. Il faut patienter jusqu'à ce que la nécessité de s'arrêter s'impose entièrement à lui. Même alors, il ne parvient pas toujours à s'arrêter. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, c'est à cause du poids et de l'élan. C'est mathématique. Ainsi vont les choses de la vie et du zodiaque. Le taureau est irréversible.

On a vu des taureaux se tuer au travail. Mais on aurait tort de prendre le taureau pour un perfectionniste. Le taureau n'est pas homme à fignoler. Le taureau dégrossit. Seulement, il dégrossit sans arrêt. Le taureau s'ennuie le dimanche.

Le taureau écume. De rage ou de plaisir. Son secret réside dans son cou – le cou de taureau - , c'est un oral.

Le taureau n'est pas homme à se laisser envahir par l'angoisse métaphysique. Il préfère palper que penser. Il a l'intelligence gustative. Le taureau achète parfois – à cause du titre - « Les Nourritures terrestres » d'André Gide, en livre de poche. Il le finit rarement. Le taureau est essentiellement substantiel.

Le taureau ne manque pourtant pas de profondeur. Mais il échappe à la dialectique du primaire et du secondaire. Il est profond d'une manière irréfléchie.

Le taureau n'est pas homme au sens étroit du terme. Vénus et la Lune lui font la chair palpitante et le poil brillant. Il a la plénitude élégante. C'est un signe féminin.

Une femme taureau et un homme vierge font sourire les esprits peu scientifiques. La tradition rapporte pourtant qu'ils sont faits pour s'entendre. La femme taureau, dit-on, est la femme la plus fidèle du zodiaque. Elle a du mérite car elle est très sensuelle. Sa voix l'indique clairement. L'homme raisonnable se bouche les oreilles pour ne pas entendre le chant de la femme taureau. Il sait qu'il n'a pas assez d'argent pour la rassurer (la femme taureau a besoin de « sécurité »). En outre, il ne tient pas à se marier tout de suite.

Le taureau possède. De toute façon. A une époque où le taux d'inflation était encore acceptable, on a vu des dieux se changer en taureaux pour séduire d'innocentes jeunes femmes. Parallèlement, on a toujours sacrifié beaucoup de taureaux aux dieux. Peut-être ironiquement.

Le taureau est capitaliste. Anti-capitaliste – par exception-, il reste très préoccupé par le capitalisme. Il écrit alors le Capital sous le pseudonyme de Karl Marx. Lorsque son ascendant scorpion l'attire dans le royaume de la nuit, il écrit le Capital de l'Inconscient sous le pseudonyme de Sigmund Freud.

S'il fait du cinéma, il n'interprète que des rôles de taureau sous le pseudonyme de Jean Gabin. Ensuite, avec ses économies, il achète des terres. Il se consacre à l'élevage.

Le taureau est aussi persévérant dans l'échec que dans le succès. Alors qu'il est évident qu'il ne parviendra pas à atteindre son but – faire fortune - , il continue tout de même à rédiger les nombreux volumes de La Comédie humaine...

Autant qu'à redouter son vis-à-vis, le scorpion, on a tendance à le sous-estimer. Jusqu'où ira le taureau ?

Par ailleurs, on ne saurait prétendre qu'il manque de chance. « Le taureau a sa chance », comme dit le taureau El Cordobes."

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Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


"Chacun des 3 décans du Taureau, qui, rappelons-le, est le deuxième signe du printemps, est figuré par un taureau dont l'attitude est représentative d'un caractère et d'un tempérament particuliers.


Le Taureau du Ier décan, du 21 au 30 avril environ : il nous est montré couché, la moitié du corps et l'arrière-train dissimulés derrière un buisson, l'autre moitié en émergeant, la tête orientée vers la droite, c'est-à-dire vers le signe du Bélier qui le précède dans le Zodiaque. Sa tête, légèrement penchée vers la droite, semble entamer un mouvement, tandis que ses yeux regardent devant lui, donc vers la droite pour nous, c'est-à-dire dans le sens inverse du mouvement des astres à l'intérieur du Zodiaque. La patte gauche est légèrement pliée en avant, le sabot posé à terre, comme si notre Taureau s'apprêtait à se redresser, tandis que la patte droite est repliée sur le côté. Si sa stature ne laisse planer aucun doute sur sa force et sa puissance, celles-ci semblent passives, contenues. C'est surtout la paix, le calme, la tranquillité qui émanent de lui. En outre, ses cornes, assez écartées, sont orientées sur les côtés, ne laissant présager aucune agressivité. Nous sommes donc en présence d'un Taureau paisible, qui aspire à la quiétude, à la sécurité, qui dégage une force tranquille, satisfaite, ne quittant sa position de repos que pour aller chercher ce dont il a besoin. Il ne fait jamais plus d'efforts que nécessaire. Son regard est fixe. Le natif du Taureau du 1er décan est souvent un être plein de bon sens, mais il est enclin à nourrir des idées fixes.


Le Taureau du 2ème décan, du 1er au 11 mai environ : la tête légèrement levée vers le ciel, surmontée de deux cornes qui, ensemble, forment un superbe croissant de Lune renversé, il est figuré debout, dans une attitude fière. Il marche en plein jour, de droite à gauche - donc, cette fois, dans le sens du Zodiaque -, dans une prairie verdoyante, la patte avant droite repliée, d'un pas sûr, apparemment, sa queue dirigée vers le ciel. Ce taureau-là est pleinement intégré dans son milieu. Il fait corps avec le paysage qui l'entoure. Il est dans son élément. Il sait où il va, ce qu'il veut, ce qu'il fait. Toutefois, malgré la puissance dont il est empreint, une certaine légèreté se dégage de son attitude. Elle reflète l'état de réceptivité dans lequel il se trouve, le fait qu'il est en osmose avec la nature et en proie aux pulsions instinctives révélées par cette période de l'année consacrée à la procréation. Ici, les symboles conjugués de la Lune et de la Terre verdoyante, dont les caractères sont féminins, et du Taureau solidement planté dans ce paysage, dont le principe est masculin, sont des représentations de la Fertilité, dont ce décan porte le nom. Nous sommes donc en présence de la rencontre des polarités psychiques et sexuelles du féminin et du masculin qui s'apprêtent à s'unir. Ce Taureau n'est pas sans rappeler Apis, le grand dispensateur de vie de la mythologie égyptienne, ont Ménès, le premier pharaon historique, fit l'unificateur de la Basse et de la Haute-Égypte, vers 3200 avant Jésus-Christ.


Le Taureau du 3ème décan, du 12 au 21 mai environ : ce troisième animal nous est présenté dans une attitude pour le moins surprenante, a priori du moins. Car, en réalité, comme nous allons le voir, elle correspond parfaitement aux éléments révélés par le 3e décan de ce signe. Il s'agit cette fois d'un Taureau dont le corps peut nous sembler moins robuste, moins puissant que le Taureau du 2e décan, mais qui nous donne une impression de lourdeur, de masse, de force écrasante, de pesanteur. Il se tient debout sur ses pattes arrière, tandis que ses pattes avant sont repliées sous lui, comme s'il était à moitié couché, l'avant de son corps pesant sur la Terre. Autour de lui, le paysage est moins foisonnant que celui du 2e décan, comme pour attirer notre attention exclusivement sur lui. Su ra tête, dont les yeux sont dirigés vers le sol, les pointes de ses deux cornes, très rapprochées, sont dirigées vers le ciel. La masse imposante de son corps, sa posture qui le présente comme affalé sur la terre, ses pattes arrière dépliées et solidement plantées sur le sol, révélant la puissance de ses reins, sont autant d’éléments qui évoquent le poids et l'intensité de Saturne, le maître du 3e décan, qui confère au natif réalisme, sens du concert, puissance de réalisation et convictions inébranlables.

On le voit, ces représentations symboliques du deuxième signe du Zodiaque sont bien loin de la figure du Minotaure, le monstre mythique grec qui avait le corps d'un homme et la tête d'un taureau, à qu l'on donnait en pâture 7 jeunes gens et 7 jeunes filles chaque année, le gardien du labyrinthe, dont Thésée, aidé par Ariane, vint à bout. On est loin également du taureau furieux dont le galop fait trembler la Terre."


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Dans Les Druides et l’astrologie Origine et fondements de l’astrologie celto-druidique De la préhistoire au Moyen Âge (Aparis, 2014 ), Michel-Gérald Boutet fait le point sur les convergences entre les différents zodiaques antiques :


Dans le Véda, le Taureau est décrit comme étant le feu de l’être, la chaleur des jours. On le représente dévoré par un félin, souvent un lion, avec une grue qui s’envole. Le rapport d’Indra, le Roi du Ciel, et de ses Maruts avec la pluie est essentiel. Dans l’Avesta de Zoroastre, les averses célestes dépendent de deux étoiles : Sata-vaêsa, Aldebaran, « alpha du Taureau » et Tištriya, « Sirius du Grand Chien ». Les astérismes du Taureau, les Pléiades et les Hyades, comme en témoigne le disque de Nebra, ont une reconnaissance très ancienne. Les Pléiades, appelées les sept sœurs, incarnaient les fées du destin. Les Scandinaves disaient simplement Sjaustiarnar, « les sept étoiles ». Chez eux, c’est le sanglier Saehrimnir qui est dévoré chaque jour pour renaître chaque soir. Il repasse ensuite dans le chaudron d’Andrimnir. Elles apparaissent en mai, culminant jusqu’à la saison des moissons pour réapparaître au coucher du soleil en novembre à l’approche de l’hiver. Hésiode croyait à leur influence, comme pour la lune, sur l’agriculture. Les Celtes les appelaient Trigaranai, les trois Grues, identifiant par là les trois plus brillantes étoiles, alors que les Scandinaves les appelaient « Poules de Freya ». Freya, déesse de l’amour et des morts, conduit un char tiré par deux chats. Entendons par là les étoiles du Chat, c’est-à-dire les Hyades. Les Grecs racontent que les Hyades, comme les Pléiades, sont les filles d’Atlas et les sœurs d’Hya, le dieu verseur du Verseau, dont le symbolisme est lié au porc et à l’eau9. Les Hyades qui vont pleurer la mort d’Hya éventrée par un sanglier, parfois un lion ou un serpent, marquent la saison des pluies de novembre. Les Romains les appelaient Sucula ou « cochon de lait », les Gallois, Cath Palwg10, « le chat sourricier », et les Germains, Litilaes Vulfaes Hrakón, « la gueule du petit loup ».

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