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  • Anne

Le Bananier




Étymologie :

  • BANANIER, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1604 bot. bannanier (Fr. Martin de Vitré, Descr. du prem. voy. faict aux Ind. Or. par les François en 1603, p. 116 d'apr. König, p. 27) ; 1640 bananier (P.-J. Bouton, Relation de l'establissement des François depuis l'an 1635 en l'isle de la Martinique dans A. Weil, R. Philol. fr., t. 45, p. 6 : Les bananiers sont de la hauteur de quinze ou vingt pieds, ont le tronc toujours verd). Dér. de banane*; suff. -ier*.

  • BANANE, subst. fém.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1598 bot. Bannana (W. Lodewijcksz, Premier livre de l'histoire de la navigation aux Indes orientales par les Hollandois [texte fr. écrit par un Hollandais], fo10 vo dans Arv., p. 81 : Nous avons trouvé [dans l'île de Sainte-Marie, près de Madagascar] grand nombre d'habitans sur le rivage, qui nous apportoient beaucoup de Limons et Palmitas [...] aussi des Bannanas, du laict et pressure) ; 1602 banane (A. Colin, Histoire des Drogues, p. 301 [trad. fr. d'un ouvrage lat. lui-même trad. du port., ici trad. d'un commentaire en lat. de L'Escluse], ibid., p. 82 : Elles sont ainsi [Bananas] appellées à Lisbonne, ou i'en ay veu quelques plantes, lesquelles toutesfois ne portoyent point de fruit, car on les appelle encores auiour d'huy Figuera Banana, cest à dire figuier portant Bananes). Empr. au port. banana « id. », attesté dep. 1562 (Cartas avulsas, 338, Espiritu Santo dans Fried.), lui-même prob. empr. au bantou de Guinée. V. Fried ; Dalg. t. 1, s.v. banana ; Cor. t. 1 id. ; Mach., id. ; König, pp. 26-27 ; Arv., pp. 80-85 ; FEW t. 20, p. 86 ; R. Loewe, Z. vergl. Sprachforsch., t. 61 (1933), pp. 112-114 ; cf. Friederici, v. bbg. ; M. Wis, Neophilol. Mitt., v. bbg.


Lire aussi les définitions de banane et bananier pour amorcer la réflexion symbolique.




Botanique :



On peut lire avec profit le dossier de Futura Sciences pour en apprendre davantage sur la banane.























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Symbolisme :


D'après le Dictionnaire des symboles (1ère édition 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Le bananier n'est pas un arbre, mais une plante herbacée, dépourvue de tronc ligneux. Ses tiges, très tendres, disparaissent après la fructification. C'est pourquoi le Bouddha en fait le symbole de la fragilité, de l'instabilité des choses, dont l'intérêt doit être négligé : Les constructions mentales sont pareilles à un bananier, lit-on dans le Samyutta Nikâya (3, 142). C'est un thème classique de la peinture chinoise que le Sage méditant sur l'impermanence des choses au pied d'un bananier."

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Le jour de sa profession perpétuelle, le 6 février 2000, à Atakpamé (Togo), Sœur Marie-Pascaline a confié à son entourage comment elle voyait dans le bananier un symbole de la vie religieuse où elle s'engageait, ce qu'on peut lire dans ce document.




Contes et légendes :


Dans la collection de contes et légendes du monde entier collectés par les éditions Gründ, il y a un volume consacré exclusivement aux fleurs qui s'intitule en français Les plus belles légendes de fleurs (1992 tant pour l'édition originale que pour l'édition française). Le texte original est de Vratislav St'ovicek et l'adaptation française de Dagmar Doppia. Il est conçu comme une réunion de fleurs qui se racontent les unes après les autres leur histoire ; la fleur de Bananier raconte la sienne dans un conte venu de Malaisie et intitulé tout naturellement "Conte de la fleur de bananier" :


"Il était une fois un vieux singe qui était peut-être encore plus vieux que cela, et peut-être même le plus vieux des singes. On l'appelait de mille façons différentes et, parfois, on l'appelait simplement "Hé, ho !" Alors, puisque vous y tenez, nous l'appellerons Hého. Après tout, c'est un nom qui en vaut bien un autre", avait déclaré malicieusement un jeune homme sorti de la fleur de bananier. "L'essentiel, c'est qu'il m'ait raconté des histoires de toutes sortes. Le singe Hého en connaissait un nombre incalculable. Il se grattait derrière l'oreille, à l'endroit où les contes poussent chez les singes, et hop ! il en tenait un. Alors écoutez bien."


Hého n'était qu'un bébé, à l'époque où vivaient encore des singes tout verts. Remerciez tous les bons esprits de la forêt que cette racaille ait disparu à jamais. C'étaient les êtres les plus malveillants et les plus rusés que la terre ait jamais portés. On ne pouvait rien espérer de bon de leur part. Ils s'immisçaient partout avec indiscrétion, se réjouissant particulièrement si l'occasion se présentait de jouer un mauvais tour à quelqu'un. Ces singes n'avaient même pas un nom convenable. Tous s'appelaient NdokengNdoke.

Un jour, un singe vert NdokengNdoke rencontra la vieille tortue Kolokolopoua. Les tortues sont, bien entendu, d'une sagesse proverbiale, mais peut-être un peu trop confiantes, parce qu'en vérité, elles n'ont rien à craindre. A la place de la fourrure, leur dos est protégé par une sorte de carapace lisse très due sur laquelle maint animal glouton de la forêt vient se casser les dents. La tortue Kolokolopoua salua sans méfiance aucune le singe vert et lui demanda, par pure courtoisie, où il allait.

"En quoi cela peut-il t"intéresser ?" répliqua NdokengNdoke, en regardant curieusement la tortue. Et, brusquement, une idée germa dans son esprit malveillant.

" Je veux bien te le dire, petite sœur Kolokolopoua, parce que c'est toi. Je vais au bord du fleuve. Après la pluie qui s'est abattue hier, les torrents sont sortis de leur lit et le courant est en train d'emporter des arbres déracinés. Je vais repêcher des branches pour me construire un radeau ou un grand nid, comme celui des oiseaux. Enfin, je trouverai bien à les utiliser. Si tu veux bien, je vais t'emmener avec moi."

Kolokolopoua, qui était heureuse d'avoir trouvé une occupation et une distraction pour la journée, accepta avec enthousiasme. Lorsqu'ils arrivèrent au bord du fleuve, le courant apportait justement un énorme pied de bananier.

" Dépêche-toi, Kolokolopoua, espèce de paresseuse ! cira le singe vert furieusement. Plonge dans l'eau pour que je courant n'emporte pas le bananier. Ne vois-tu pas qu'une belle banane bien sucrée brille parmi les feuilles ? "

Bon gré mal gré, Kolokolopoua se jeta dans le courant. Tandis qu'elle s'escrimait à repêcher le bananier, NodokengNdoke se roulait sur a rive et lui cirait de se hâter. Lorsque Kolokolpoua atteignit efin péniblement la berge, le singe la houspilla : " Passe-moi le bananier, je vais t'aider à le hisser sur la rive. Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi stupide. Il faut que je fasse tout moi-même ! "

La tortue épuisée obéit, mais NdokengNdoke bondit sans plus attendre sur la banane et la mit dans sa bouche, laissant la tortue se débrouiller toute seule.

" Que fais-tu ? S'indigna Kolokolopoua. Je pensais qu'on allait tout partage équitablement !

- Il fallait bien que je vérifie si la banane était bien mûre, ricana NdokengNdoke. Maintenant, je suis fixé, mais malheureusement pour toi, il n'en reste plus rien. Je suis sincèrement désolé. Attends que d'autres bananes poussent. Pour te prouver ma bonne volonté, je vais partager équitablement le bananier avec toi. Prends les racines, et moi je garderai les feuilles. "

La tortue accepta. Elle prit les racines pour les planter. Le singe vert l'imita aussitôt, en plantant les feuilles de bananier dans la terre.

" Stupide tortue, se disait-il, ne sais-tu pas que les bananes poussent dans le feuillage et non sur les racines ? Je suis bien curieux de voir ce que tu vas récolter. "

Les jours passaient, et le singe NdokengNdoke examinait les feuilles de bananier, l'air gourmand. Celles-ci ne tardèrent pas à faner et à jaunir. " Ça y est, elles mûrissent ", se réjouissait le singe, lorsque les feuilles prirent la couleur des bananes mûres. Hélas ! Un jour elles tombèrent, ne laissant sur place que des tiges sèches. NdokengNdoke alla chez la tortue en traînant la patte.

" Alors, tes racines ont-elles déjà porté leurs fruits ? " se moqua-t-il ,mais la jalousie s'empara de lui. Entre-temps, les racines avaient donné naissance à une frêle tige sur laquelle poussait une première feuille, suivie d'une seconde et d'une troisième. Bientôt, un panache vert se déploya sous le ciel bleu. Des boutons de fleurs apparurent parmi les feuilles. Les fleurs s'ouvrirent, puis tombèrent, cédant la place à de grands fruits succulents. Le bananier ployait sous leur poids. NdokengNdoke faillit en perdre la raison. Lorsque ses bananes mûrirent, la confiante tortue demanda au singe :

" Frère NdokengNdoke, rends-moi un grand service. Je ne sais pas grimper aux arbres. Sois gentil, monte là-haut pour cueillir mes bananes. Je partagerai ma récolte avec toi. Tu pourras garder chaque banane que tu cueilleras en second."

NdokengNdoke ne se fit pas prier. En un clin d’œil, il se hissa au sommet du bananier. Il cueillit la plus petite banane et la jeta à Kolokolopoua :

" Voici la première ! "cria-t-il, en avalant précipitamment la seconde. Ensuite, il croqua avidement la troisième banane.

" Qu'es-tu en train de faire, se fâcha la tortue. Cette banane m'appartient. Je t'avais pourtant bien précisé que tu n'avais droit qu'à chaque seconde banane.

- C'est bien la seconde banane qui vient après la précédente, répliqua le singe, avant de mordre dans la quatrième banane.

- Arrête-toi là, supplia Kolokolopoua. Celle-ci ne t'appartient pas. tu dois me remettre la première banane qui se présente après ta seconde banane.

- Tu n'y es pas du tout, riposta le singe la bouche pleine. Ce n'est pas la première banane, mais bien la quatrième et, si je ne m'abuse, elle vient en second lieu après la banane qui l'a précédée. La toute première, tu l'as déjà reçue. J'ai beau regarder, je n'en vois pas d'autre. Ce qui reste m'appartient d'après ce dont nous sommes convenus. Tu veux peut-être insinuer que je suis un menteur ou que je t'ai escroquée ? Tu as vu quelle drôle d'associée tu fais ! " riait le singe rusé.

La tortue Kolokolopoua eut le vertige à force de chercher à comprendre les calculs du singe vert. Le temps d'y réfléchir et de mettre de l'ordre dans son esprit, NdokengNdoke avait déjà englouti toutes les bananes et filé discrètement.

" Et voilà, songea Kolokolpoua avec tristesse, j'ai beau être vieille, je n'ai toujours pas appris l'arithmétique des singes."


Quelques temps après, la tortue alla se promener dans la forêt vierge. Dans les fourrés de rotangs, un nœud coulant, tressé sur une belle liane verte, pendait d'un arbre. Les chasseurs l'avaient installé à cet endroit pour y prendre le gibier au collet. Kolokolopoua elle-même ne l'évita que par miracle. Pendant qu'(elle méditait debout, devant le piège, sur la chance qu'elle avait eue, elle entendit une voix mielleuse qui sortait des frondaisons : " Que regardes-tu avec tant d'intérêt, petite sœur Kolokolopoua ? " s'enquit le singe vert. C'était bien celui qui avait volé à la tortue sa belle récolte de bananes. Kolokolopoua le regarda et lui répondit d'un air débonnaire :

" Que veux-tu que je regarde ? J'ai trouvé dans les fourrés un beau collier d'émeraudes. Je m'apprêtais à l'enfiler pour voir comment il m'allait. - Fais voir, fais voir ! cria le singe envieux. Je vais l'essayer avant toi. Tu serais capable de le casser avec ta tête rêche. On n'a jamais vu tortue porter un si beau collier ! " Avant que Kolokolopoua ait eu le temps de dire un mot, le singe passa la tête dans le nœud coulant. Le souple arbrisseau qui retenait celui-ci se redressa brutalement, étranglant le singe NdokengNdoke.

" En vérité, il te va si bien ton collier d'émeraudes, mon pauvre NdokengNdoke ! " estima Kolokolopoua tout en versant une larme. En effet, il arrive que les tortues pleurent, même si elles n'ont pas vraiment envie de pleurer. C'est dans leur nature.


Voici donc l'histoire que le vieux singe qu'on appelait Hého m'a contée. Elle pourrait également s'intituler : Un prêté pour un rendu, conclut le jeune homme de la fleur de bananier, en saluant son auditoire d'une profonde révérence."

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