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  • Anne

Le signe du Bélier


Étymologie :

  • BÉLIER, subst. masc.

ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1412 « mâle de la brebis » empl. comme nom de pers. (Bibl. de l'Ec. des Chartes, 5e série, I, 225 dans Gdf. Compl. : Despense faite le quatriesme jour de juillet 1412 en l'ostel de Belier [nom d'un chanoine de la Ste Chapelle]) ; p. anal. 2. a) 1548 milit. « poutre de bois armée en son extrémité d'une tête de bélier en airain et employée par les anciens et au Moy. Âge pour renverser les murailles des places assiégées » (Rabelais, Quart Livre, 61, éd. Marty-Laveau, t. 2, p. 486) ; b) 1796-1821 p. ext. « tout élément de force capable de briser ou renverser un obstacle matériel ou moral » (J. de Maistre, Correspondance, t. 1, p. 113) ; 3. 1587 sens libre « mari trompé (à cause des cornes que l'on lui prête) » (Cholières, 2e Ap. Disnee, p. 67 dans Hug. : Le Seigneur Rodolphe mourroit, ou il faudroit qu'elle mourut, si elle le faisoit belier) ; 4. technol. a) 1660 « machine servant à enfoncer des pieux » (Oudin, Tresor des deux lang. espagnolle et françoise, 2e part.) ; b) 1797-98 bélier hydraulique « machine servant à élever l'eau, inventée par les frères Montgolfier et Argant » (Annales de l'agric. fr., t. 1, an VI, p. 310) ; 5. 1680 astron. (Rich.). Issu, avec changement de suff., de l'a. fr. belin « bélier » (ca 1178, Renart, éd. M. Roques, branche I, 1368 et passim, nom propre donné au mouton) ; déjà ca 1151 Belinus nom propre du mouton dans l'Ysengrimus, cf. renard*), qu'il finit par évincer. Belin est − soit une adaptation du néerl. belhamel (Gallas) composé de bel « cloche » et de hamel « mouton » littéralement « mouton à sonnaille », celui qui marche en tête du troupeau, bien que le composé néerl. ne semble pas attesté av. le dict. de Kiliaen [1599] d'apr. FEW t. 15, 1re part., p. 92b ; cf. cependant le corresp. angl., de formation analogue, belwether, attesté dep. 1284 dans MED ; − soit empr., avec suff. -in* au m. néerl. belle « cloche » (Verdam), d'où la désignation, en fr., de l'animal porteur de cloche, le bélier ; à l'encontre de cette hyp., le fait que le m. néerl. belle n'a pas été empr. par le fr. au sens de « cloche » ; aussi est-il difficile d'affirmer avec EWFS2 que belin a été à l'origine adj. dans mouton belin « bélier » (v. cependant bélière). Même objection contre l'hyp. de A. Schossig dans Rom. Forsch., t. 71, 1959, pp. 27-43 pour qui belin est dér. du m. néerl. bel non au sens propre de « sonnaille » mais au sens de « testicules » (cf. le sens de cloche dans Renart, éd. Roques, 928) ; le m. néerl. bel étant à rapprocher du néerl. bal « balle, boule » dont les corresp. en diverses lang. ont connu le même sens dér. (FEW t. 15, 1, p. 44, s.v. balla). L'hyp. d'une dér. de l'a. fr. beler (bêler*) d'orig. onomatopéique (Barb. Misc. t. 2, n°6 ; Valkh., pp. 57-58) offre moins de vraisemblance ; cependant les objections d'ordre phonét. formulées par Meyer-Lübke dans Die Neueren Sprachen, t. 35, 1927, pp. 569-570 (l'a. fr. ayant selon lui connu beeler et non beler) ne semblent pas justifiées (v. dans T.-L. les nombreuses attest. de l'a. fr. beler).

Définition.

Symbolisme :

Dans Le Rythme du Zodiaque (édition originale Astrological Signs - The Pulse of Life, 1943 ; traduction française, Éditions du Rocher, 1981), Dane Rudhyar consacre un chapitre au signe du Bélier :

"Perçant la croûte du sol tiédie par la neige fondante, la graine qui germe tend toute sa vie vers la lumière du soleil. L'ardent jaillissement du printemps accomplit le prodige de la germination. La Force-de-Jour équilibre maintenant en intensité la Force-de-Nuit décroissante, acteur qui quitte la scène et ne sera bientôt plus qu'un souvenir, quelle que soit son intensité, dans les recoins de la psyché humaine. La nouvelle étoile affirme son droit sur la scène de la conscience humaine. Dorénavant, c'est elle qui mènera le "show" ; pourtant, sa voix manque d'assurance et son visage révèle des peurs cachées, dans sa bravade même. Dans le Bélier, la personnalité humaine expérimente sa phase adolescente.

Jusqu'à la puberté, l'horizon de la personnalité est limité par les murs de quelque matrice enveloppante : tout d'abord, l'utérus maternel ; ensuite l'espace plus diversifié de la famille dont les murs sécurisants retiennent des conflits croissants. Mais, qu'elle soit limitée par des enveloppes physiques ou psychologiques, la personnalité de l'enfant en est encore au stade pré-natal. Elle est enveloppée dans la nature collective. Elle lutte pour émerger. L'émergence, à la fois émerveillement et peur, c'est l'adolescence. L'adolescent naît en tant que personne séparée, dans un monde qui lui semble hostile ou étranger, un monde qu'il doit conquérir et non pas craindre. Peur mêlée d'attente impatiente, maladresse, confusion émotionnelle, tel se présente l'adolescent. Il se précipite dans le désir et recule promptement à la moindre blessure. Poussé en avant par une nécessité intérieure, il s'affirme de façon criarde, téméraire ; pourtant, il voudrait pouvoir se réfugier dans la sécurité de la terre-mère. Les moindres vents du destin font souffrir et reculer cet "agneau" se ruant en avant, tête baissée, comme un "bélier".

Cette description psychologique de l'adolescent caractérise la nature fondamentale du Bélier : son instabilité émotionnelle ; son désir désordonné et contraignant ; sa sensibilité aiguë, masquée sous une attitude de tête brûlée ; son instinctivité pure et l'affirmation spontanée de soi, souvent prétentieuse, qui n'est pas vraiment de l'égocentrisme, mais plutôt le résultat d'une contrainte bio-psychologique profonde, fatidique. L'être humain Bélier est contraint, de l'intérieur, à acquérir un moi à tout prix ; contraint à forcer son âme individuelle, encore insaisissable, à assumer le fardeau de l'incarnation. Il ne cherche pas le pouvoir pour se satisfaire lui-même, mais pour se prouver sa propre existence : ce pouvoir lui est nécessaire pour acquérir une personnalité. Et, s'il semble avide d'amour et de renom, de "femmes, de vin et de chansons", c'est parce qu'il se sent faible et incertain en lui-même et qu'il a constamment besoin d'être rassuré et soutenu de l'extérieur.

La Force-de-Jour ayant à peine surmonté, en lui, la Force-de-Nuit, le Bélier est obligé de projeter son ego conscient avec intensité, parfois même de façon presque désespérée dans sa volonté de vivre et, souvent, il dépasse la mesure. Sa nostalgie est aussi grande que son impatience ; sa sentimentalité aussi romantique que sa passion est vive et directe, même si elle est de courte durée et sujette à revirements. Plus que n'importe quel autre type du Zodiaque, il aime son besoin d'amour plutôt qu'un être particulier. Il a besoin d'amour parce qu'il est fondamentalement seul et effrayé par le monde ; mais, il a tout autant peur de l'esclavage que représente une union ou une association durable, car il doit continuer son développement, étendre constamment sa personnalité naissante ; il doit éviter à tout prix l'état stationnaire qui signifierait rapidement pour lui retour au passé. Son instinct de pionnier est une peur masquée de la routine et du pouvoir attractif de la tradition. Il est obligé de continuer à se développer ; changer de partenaires, d'horizons, d'engagements lui donne au moins le sentiment d'aller de l'avant, une illusion de croissance.

Le type Bélier courant niera énergiquement ces mobiles cachés de ses actes. Il ne peut arrêter sa marche en avant et essayer de se comprendre. Il ne construit pas sa conscience, mais sa personnalité. Au fond, ce n'est pas un penseur, mais, plutôt, un constructeur. Il doit déployer sa pulsion à vivre. La Force-de-Jour monte en lui avec une intensité phallique. Peu importe ce qu'il construit et où il le fait, pourvu qu'il se sente dans l'élan du destin et conduit par des énergies puissantes.

Une personnalité formée peut agir lentement, tranquillement, délibérément, parce qu'elle agit sur la base d'une conscience individuelle, relativement établie. Mais le Bélier est en constante voie de formation personnelle. Il n'a aucun sens du moi constitué, aucun sens de limites établies. Il est toujours ouvert au flot de la Vie universelle indifférenciée. Ce n'est jamais un "produit fini" et il se soucie peu de finir ce qu'il commence. Il est tout entier dans l'acte créateur et non dans ses créations. Il a donc besoin de sentir toujours plus de Pouvoir, toujours plus de Vie qui le propulse, qui l'oblige à créer. Tout ce qu'il veut, c'est distribuer ce Pouvoir aux autres, en féconder les champs vierges et passer son chemin, impatient de féconder des champs "nouveaux" encore plus vastes.

En ce sens, il est "impersonnel". C'est un "donneur", donneur non pas de choses qui sont "à lui", mais d'énergie pure, l'énergie de la Force-de-Jour qui bouillonne en lui. Il lui est difficile de faire une chose "sienne". Mais, s'il le fait, il se cramponne à cette chose, pour un temps au moins, avec passion, une passion née de la peur et de la solitude : cette chose devient subitement pour lui symbole de sa propre personnalité. Cette personnalité, seule chose qu'il ait en réalité le besoin ardent de "posséder" et dont il n'est jamais sûr car il ne peut jamais être "fini".

La Force-de-Jour et la Force-de-Nuit étant à égalité dans le Bélier, la personne de ce signe est toujours dans un état d'équilibre instable, tiraillée intérieurement par des opposés ; donc, inquiète, irritable, nerveuse, souvent névrotique. Mais, ces névroses sont des névroses d'action, nées d'un sentiment d'échec devant des obstacles insurmontables ; nées d'une impression de fatigue devant l'effort ou de manque d'intérêt personnel dans des actes où il peut sembler manifester une grande puissance d'énergie et de passion ; cette énergie, en réalité, n'est pas "sienne". Il cherche constamment à s'accomplir en tant que personnalité : but toujours insaisissable, toujours plus loin, toujours au-delà. C'est pourquoi il continue à agir, à désirer, à s'émouvoir, à créer, parvenant à peine à cacher, sous la tension de l'activité, le vide et la peur d'un éternel adolescent.

Personne parmi ses associés, ses proches, ne peut savoir cela ; non seulement il est pris par l'action, mais c'est aussi un acteur. Il joue un rôle et aime voir l'impression d'être dirigé par un auteur invisible, ce qui lui donne un sentiment d'assurance dans son destin personnel. Il peut devenir adepte passionné justement parce qu'il n'est pas sûr de sa propre personnalité. Il a, symboliquement, des "emballements adolescent" pour quelque "Maître" sur qui il projette sa passion de la personnalité. Plutôt que de jouer une personnalité médiocre de sa composition, il se voue à un grand Personnage, de préférence idéal, éloigné, absent. Ce dévouement, cette absorption est toujours une "projection psychologique" de son propre désir de personnalité. S'il ne peut jouer lui-même le rôle de cette personnalité en démontrant concrètement sa capacité de créer et de féconder, alors il projette ce désir, le transforme en dévotion intense, souvent capricieuses, à une Figure idéale ou à une "Grande Cause".

Dans le Bélier, la personnalité n'est pas encore tout à fait séparée de l'acte. Elle est incluse dans l'immédiateté directe d'une activité engendrée par un pouvoir irrationnel : "instinct" à un niveau, "Dieu" à un autre. dans ce cas, l'action est directe, franche ; mais, comme un sentiment d'insécurité intérieure tend faire trébucher les pas de l’adolescent secoué par les orages sociaux, ce genre d'action a souvent besoin d'un appui. Le Bélier devra cependant glorifier ce besoin de soutien, le rendre impersonnel, afin que sa propre personnalité ne soit pas amoindrie aux yeux d'autrui, non à ses propres yeux. Il sait cependant, subconsciemment sinon consciemment, ce qui lui manque. Il sait que sa personnalité n'est rien moins qu'un fait concret, qu'elle émerge à peine de l'état subjectif. mais cela signifie aussi qu'elle est encore enracinée dans les profondeurs de la vie collective, qu'elle est pleine de potentialité, d'élan vital, du pouvoir formateur jaillissant de l'évolution universelle... que beaucoup ont appelé Dieu.

La "Pulsation vitale", le Souffle créateur se sentent dans le Bélier. Ça le traverse, surfit, puis disparaît. Le pouvoir du Bélier est le pouvoir de l'éclair qui descend d'en haut, qui se débat pour sortir des ténèbres de l'Inconscient collectif. C'est le pouvoir de révélation, le pouvoir du Destin, qui se libère, brûle et féconde. Un tel pouvoir, - de quelque niveau qu'il descende, en flots impétueux - donne aux actions du Bélier une singulière puissance de pionnier, impersonnelle, fatidique et, peut-être cosmique. A vrai dire, dans et à travers les expressions les plus nobles du pouvoir du Bélier, ce n'est pas un individu qui agit, mais l'humanité, l'Homme. A des niveaux moins élevés, un groupe social ou religieux, une nation, une race peuvent s'exprimer leurs besoins et trouver une solution à leurs problèmes à travers un tel être, qui n'est pas encore une personnalité consciente, mais cependant beaucoup plus qu'un individu.

A partir du moment où un tel être pressent la signification de la destinée qui, à travers lui, devient acte, l'orgueil peut s'emparer de son ego ; il peut devenir arrogant, exigeant envers la société, comme s'il était nanti de tous les privilèges par "droit divin". Cependant, le plus souvent, son orgueil est assez adolescent, mélange d'humilité et d'une curieuse impression d'insécurité. Il sent confusément que la source du pouvoir générateur d'orgueil ne lui appartient pas, qu'il pourrait perdre le contact et se sentir démuni. Cela différencie l'orgueil du Bélier de celui du Lion ; celui du Lion est centré dans la personnalité et enraciné dan le "je suis" qui cherche la gloire. Le Bélier, lui, met l'accent sur le "suis" plutôt que sur le "je". Son orgueil est dans ce qu'il fait, dans ce qui est fait à travers lui, dans cette grande force qui est à sa disposition, dans la puissante masculinité de son organisme ; il n'est pas du tout dans ce qu'il est lui-même car lui-même n'est jamais tout à fait sûr de ce qu'il est.

Dans le cycle du développement humain, le Bélier est l'aurore de la personnalité en tant que fait objectif et conscient. Dans cette aube, la lumière de la conscience parcourt graduellement le ciel oriental, réveillant toutes les forces qui appartiennent au royaume du Jour. Mais, à l'ouest, c'est encore l'obscurité ; les pouvoirs de la Nuit dominent encore de vastes régions de la psyché humaine. Désormais, ils contrôleront le domaine de la mémoire et prendront possession des régions situées sous l'horizon, ces régions qui constituent l'inconscient.

Au réveil, l'homme fait face à ses rêves - mémoire crépusculaire de la Nuit de la psyché. Leur irrationalité hante ses réveils. L'attirance de la Force-de-Nuit étant encore forte et persistante, le Bélier se cramponne avec une intensité dévotionnelle et dogmatique aux "idées", à la "raison", à la "logique", témoins du triomphe de la Force-de-Jour sur les fantasmes irrationnels du royaume de la Nuit. Ce sont les remparts de la forme et de la consistance face au chaos et aux peurs prénatales. Mais si le Bélier quitte le monde du conscient et descend au fond de lui-même, il se trouvera presque submergé par l'imagination prolifique de son inconscient.

Une fois le point critique de l'équinoxe de printemps passé, la Force-de-Nuit quitte la scène du conscient, vaincue par l'intensité croissante de la Force-de-Jour ; mais ce n'est que pour devenir alors introvertie, subconsciente ou transcendante. Nous avons déjà montré comment elle atteint sa culmination au Capricorne, dans l'accomplissement d'un idéal socio-culturel communautaire, l'Etat. Dans les deux signes suivants, Verseau et Poissons, cette impulsion, ce besoin de créer des groupes, cette volonté de construire "un plus grand tout" collectif et permanent formé d'une multitude de personnalités, vont se spiritualiser et devenir plus-que-physiques, plus-que-sociaux. Ainsi, le Verseau symbolise l'idéalisme social, la réforme et les transformations sociales, sous l'influence d'Uranus ; et, dans les Poissons, nous atteignons le concept de "Communauté invisible", d'"Église Triomphante" dans les Cieux ; la"Communion des Saints", symbolisée par Neptune.

La Force-de-Nuit opère de façon encore plus transcendante dans le Bélier. Son symbole est "l'agneau sacrifié pour la rédemption du monde." Ou, en d'autres termes, le martyre dans lequel le Bélier accomplit un genre d'action transcendante, provoquée par son désir ardent de vivre et d'atteindre l'immortalité en tant que "moi" : être martyr, c'est devenir, aux yeux de la société, symbole immortel d'une Cause ; c'est s'accomplir dans la mort en tant que personnalité.

C'est l'immortalité de la semence qui meurt en tant que graine pour qu’il y ait à nouveau plus de vie et de végétation. C'est l'éternelle Crucifixion de ce qui a été semé dans la Balance. La semence meurt à la nouvelle vie, tout comme la nuit et les étoiles s'évanouissent dans l'embrasement du lever du soleil. Et cette mort de la nuit et des étoiles, cette mort de la semence hantent le subconscient du Bélier quand il n'est pas entièrement absorbé par des activités frénétiques et des fécondations multipliées. Ainsi, au-delà du seuil du conscient, le Bélier soupire après la semence qui est, pour lui, la Mère. Tandis que sa nature consciente agit pour l'avenir, dans son subconscient, il rêve du passé.

Dans le Bélier, ainsi que dans la Balance, l'équilibre entre conscient et inconscient est très subtil. Ces deux signes sont des signes d'équilibre ; Force-de-Jour et Force-de-Nuit y sont de puissance presque identique. "Presque" identique seulement, car, dans le Bélier, la Force-de-Jour fait une poussée vers l'extérieur qui assure sa domination, mais une domination qui doit rendre hommage au passé, à la Force-de-Nuit.

En un sens au moins, le Bélier est appelé à sacrifier son passé, à le brûler sur l'autel de sa consécration à la vie nouvelle. Ce sacrifice pourrait être un acte joyeux ou serein ; mais le pouvoir de la Force-de-Nuit subconsciente en fait souvent un martyre dramatique.. D'où le sentiment d'auto-apitoiement que l'on trouve si souvent chez les gens du Bélier. Cet apitoiement sur soi est produit par le déclin de la Force-de-Nuit qui se cramponne à son hégémonie ; c'est une des caractéristiques négatives du Bélier. Auto-apitoiement, fatigue avant l'action, impression d'"à quoi bon ?", d'être victime expiatoire de la destinée sont le aspects négatifs de ce signe. Ils ne peuvent être surmontés que lorsque l'ego conscient réussit à "assimiler les contenus de l'Inconscient" (pour utiliser la terminologie de C. G. Jung), lorsque toutes les énergies du Bélier sont incorporées délibérément dans un travail et un destin acceptés et accomplis consciemment.

Voilà le Bélier, sa force et sa faiblesse, son destin-fardeau. Le chant du Bélier est un chant d'"exaltation" solaire parce qu'en lui et à travers lui, le Soleil - "exalté" dans le Bélier - sent, pour la première fois, que la victoire est gagnée. Cette victoire sur la nuit est célébrée au 19e degré du Bélier, point d'"extase" de la force solaire. C'est le jour symbolique de la Résurrection : Pâques. Plus tard, dans le Lion, l'ego solaire conscient se réalisera entièrement dan la joie de l'expression personnelle créatrice ; ais, au 19e degré du Bélier, la Force-de-jour triomphe dans l'explosion du premier amour adolescent. La Vie se déverse alors avec exubérance dans la jeunesse qui se sent dilatée dans l'univers. C'est vraiment le chant de joie de Pâques, les premières fleurs sur les arbres, avant que n'apparaisse le vert feuillage du Taureau."


D'après le Dictionnaire des symboles (1969, édition revue et corrigée 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, "Le Bélier zodiacal correspond à la montée du soleil, au passage du froid à la chaleur, de l'ombre à la lumière , ce qui n'est pas sans rapport avec les questes de la Toison d'Or déjà signalées [voir la notice sur le bélier en tant qu'animal]

Il est le premier signe du Zodiaque, se situant pendant les 30° à partir de l'équinoxe du printemps. LA nature s'éveille ici après l'engourdissement de l'hiver, et ce singe symbolise avant tout la poussée du printemps, donc l'impulsion, la virilité (c'est le principal signe de Mars), l'énergie, l'indépendance et le courage. Signe positif ou masculin par excellence. Sa forte influence est défavorable aux femmes, quand il se trouve à l'orient au moment d'une naissance féminine.

Le signe du Bélier - que franchit le soleil tous les ans du 21 mars au 20 avril - est un symbole intimement lié à la nature du feu originel. Il est une représentation cosmique de la puissance animale du feu qui surgit, éclatant, explosif, au premier temps de la manifestation. Il s'agit d'un feu à la fois créateur et destructeur, aveugle et rebelle, chaotique et prolixe, généreux et sublime, qui, d'un point central, se diffuse das toutes les directions. Cette force ignée s'assimile au jaillissement de la vitalité première, à l'élan primitif de la vie, avec ce qu'un tel processus initial a d'impulsion pure et de brute, de décharge irruptive, fulgurante, indomptable, de transport démesuré, de souffle embrasé. On est en présence d'un verbe dont les sonorités sont en rouge et or, en affinités astrales avec Mars et le Soleil. Un verbe essentiellement agressif et hyper-mâle, qui correspond à une nature haletante, précipitée, tumultueuse, bouillonnante, convulsive. L'astrologie assimile un caractère humain à chaque signe zodiacal, mais en précisant qu'il n'est pas nécessaire d' être né pour ressembler au type de ce signe. Or, le type Bélier appartient au Colérique (émotif-actif-primaire) de la caractériologie moderne avec sa vitalité incandescente, son ardeur à vivre à bride abattue, dans le tumulte et l'intensité de son instinct, ses émotions fortes, ses sensations violentes, l'activisme de l'existence avec ses dangers, ses prouesses, ses chocs...."

Selon Jacques A. BERTRAND auteur de Tristesse de la Balance et autres signes (1983), voici les caractéristiques (humoristiques) du signe du Bélier :

"Humeurs du Bélier"

"Lorsque le Soleil entre dans le signe du bélier, le 21 mars, c'est le printemps. L'homme s'étonne. Le printemps a toujours étonné l'homme. La femme prépare sa mue. Elle s'épluche des gros lainages de l'hiver et songe à transparaître. L'homme s'étonne. La femme a toujours étonné l'homme.

Les brumes matinales ne s'attardent plus jusque dans l'après-midi. La terre se réchauffe. On sort les bêtes. Tout de suite, le bélier se porte en tête du troupeau. Les brebis rient sous cape. Le Bélier n'y voit que du feu. Le bélier est un signe de feu.

Le bélier croit volontiers que toutes les brebis lui appartiennent, ce qui est faux : les brebis appartiennent au berger. Le berger est appelé Seigneur. Les brebis, quand elles ne broutent pas et ne fabriquent pas du fromage de brebis, ont l'habitude de se serrer les unes contre les autres en chantant : « Le Seigneur est mon berger. » Ce cantique a le don d'agacer le Bélier. On aurait tort d'en déduire que le Bélier n'aime pas les cantiques, le bélier n'aime pas certains cantiques, c'est tout.

Le bélier est impulsif pour les uns, agressif pour les autres. Il a quelque chose de musculaire et de frontal. C'est un Primaire-Émotif-Actif, ajoutent les catalogues.

Le bélier baisse la tête. Le bélier baisse souvent la tête. On ne sait jamais exactement s'il) est encore en train de penser ou s'il a déjà commencé à charger. Il prend de bons départs mais c'est un finisseur médiocre qu'on voit rarement dans la dernière ligne droite : il aime tellement les départs qu'il est probablement reparti dans une autre direction.

Le bélier n'est pas de ces têtes folles qui enfoncent les portes ouvertes : le bélier n'enfonce que des portes fermées. On l'a vu, au Moyen-Âge, soutenu par plusieurs hommes, démolir des battants de bois très durs et parfois même cloutés. Le bélier a conservé de cette époque des cornes recroquevillées.

Le bélier prend le monde de front. C'est après avoir attentivement observé le bélier que le poète inventa le mot têtu. Le bélier et non l'âne. L'âne est un entêté de l'arrière-train, si j'ose dire. Il porte tout son poids sur les pattes postérieures et refuse d'avancer ; le bélier porte tout son poids sur les pattes frontales et refuse de reculer : on voit bien la différence.

Lorsque l'obstacle ou le contradicteur se dérobe, le bélier tombe sur la tête. Le bélier est sujet aux coups de tête et aux accidents.

Le bélier est le premier signe du zodiaque. Il occupe les trente degrés du premier douzième de l'écliptique - auquel correspond aujourd'hui la constellation dite des poissons (en raison de la translation de l'axe terrestre ; la constellation du bélier retrouvera sa place dans vingt-quatre mille ans) - . Le bélier s'en fout. Il n'a d'ordres à recevoir que de Mars. La planète rouge est son ministère de tutelle.

Les béliers ont de réelles dispositions pour le sport et les armes. Quand ces dispositions ne sont pas contrariées, le bélier, de martien, devient martial. Mais le bélier est souvent contrarié, comme tout le monde. Vénus (« en exil » dans le signe) le féminise, Saturne (« en chute ») l'inhibe et lui cause toutes sortes de tracas. Le bélier contrarié par Vénus et Saturne est forcé par ses parents à embrasser quand même la carrière militaire sera malheureux. Tous les bons auteurs s'accordent là-dessus.

Le second maître du bélier est le Soleil. C'est pourquoi il est souvent associé à la Création, à la Genèse, voire à la Génétique.

Il existe de nombreuses combinaisons planétaires plus ou moins harmonieuses qui permettent au bélier d'être plus ou moins malheureux, plus ou moins riche, plus ou moins malade. Et plus ou moins bélier.

Il faut dire ici un mot du faux bélier? C'est le type dont vous essayez de deviner le signe et à qui vous dites : « En tous cas, vous n'êtes pas bélier. » Le faux bélier ne croit généralement pas à l'astrologie. Il a tort, bien sûr, car il n'y a aucune raison vraiment sérieuse de ne pas croire à l'astrologie.

Le bélier est souvent un homme, mais souvent aussi une femme. Une femme bélier a beaucoup de mal à se faire accepter, par les moutons et par les brebis. Heureusement, elle est bélier.

Le bélier est particulièrement habile, nous dit-on, à manier le sabre, la hache, le bistouri, le couteau de boucherie et le soufflet de forge. On se laisserait abuser par tant d'habileté et de tranchant. le bélier est parfois doux comme un agneau. Il a le sens du sacrifice : c'est un bélier qui remplaça au pied levé le fils d'Abraham (dans la filiation duquel on retrouve le fameux Agnus-Dei-qui-tollis-peccata-mundi).

Le bélier et la balance, qui sont opposés, se compléteraient agréablement si c'était possible. Le bélier préfère toutes sortes de signes aux vierges (il ne veut même pas savoir que les vierges existent). Un bélier et un capricorne se regardent en chiens de faïence. Le chien de faïence n'est pas un signe du zodiaque.

Si vous vous appelez Marlon Brando, Bismarck, Goya, Casanova, Nikita Khrouchchev, Murat, Landru, Van Gogh, Thérèse d'Avila, vous avez une bonne chance de devenir un bélier célèbre. Si vous vous appelez Charles Baudelaire, Charles Maurras, Charles Chaplin, Alfred de Vigny, vous serez un bélier saturnien (contrarié) célèbre. (Trois béliers contrariés sur quatre s'appellent Charles)."

Selon Didier Colin, auteur du Dictionnaire des symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :

Le Bélier du Ier décan, du 21 au 31 mars environ : ce bélier apparaît sous l'aspect d'un animal debout. Il semble marcher paisiblement, la tête et les yeux tournés vers l'arrière, peut-être pour surveiller ce qui s'y passe. Mais ce mouvement de la tête a quelque chose d'humain dans l'attitude, et on songe alors à celui qui, symboliquement, regarde en arrière, en proie à la nostalgie de son passé. On sait que le signe du Bélier commence le jour de l'équinoxe de printemps, qui annonce la suprématie du jour sur la nuit, et donc de la lumière sur l'obscurité. Il est fondamentalement tourné vers l'avenir, se projette en avant, avec fougue et impatience. Néanmoins, le premier bélier marche d'un pas lent et sa tête est tournée vers l'arrière. A Babylone, le premier mois de l'année suivant l'équinoxe de printemps était le mois du sacrifice. A cette occasion, on faisait offrande aux dieux d'un agneau. Ainsi, notre premier bélier doit être sacrifié ou, plus exactement, il doit sacrifier son passé, les eaux primordiales de l'hiver d'où il vient - les 3 signes du zodiaque qui le précèdent, Capricorne, Verseau et Poissons, sont en effet des signes d'hiver -, s'il veut pouvoir se tourner vers l'avenir où tout le pousse, exploiter à bon escient ce feu originel qui couve en lui et qui risque de le brûler, de le consumer de l'intérieur, de le réduire en cendre. C'est ainsi que le natif du 1er décan du Bélier est certes plein d'ardeur, mais son feu est intérieur ou intériorisé. Il va de l'avant, mais un peu en aveugle, car il ne peut s'empêcher de se référer à son passé, de s'interroger, de réfléchir, de méditer sur ses origines, voire même de s'en inspirer pour bâtir ou créer quelque chose de neuf. Sa vision du futur est encore enracinée dans la terre de son passé.

Le Bélier du 2e décan, du 1er au 11 avril environ : ce bélier est celui que l'on choisit habituellement pour figurer l'ensemble du signe. Il s'agit cette fois d'un animal debout, de profil, qui marche d'un pas sûr de la droite vers la gauche, c'est-à-dire qu'il avance dans le sens des signes du zodiaque. Le sabot de sa patte gauche et sa tête, dont le mufle est dirigé vers le sol, forment un axe très droit qui va de la terre au ciel. L’œil qu'il nous présente est aussi fixé vers la terre. Il ne regarde pas devant lui, mais avance lui aussi en aveugle ou, plus exactement, donne l'impression de ne pas avoir besoin de regarder où il va. En effet, son port de tête suggère une telle détermination, une telle force, une telle rigidité qu'on suppose qu'il ne lui est pas utile de lever les yeux pour avancer. Par ailleurs, à ses côtés et légèrement décalé par rapport à lui, apparaît, comme l'ombre de lui-même, l'un de ses comparses ou peut-être l'une de ses compagnes. Nous sommes donc en présence du mouton mâle ou du chef du troupeau qu'est le bélier. Rappelons que le mouton de l'espèce mérinos représenté ici, originaire d'Iran et du nord de l'Inde d'où il fut importé en Europe, devint naturellement le chef et, par analogie, de leader, de pionnier, de héros est celui que l'on attribue au natif du 2e décan de ce signe, nommé décan de Charisme, parce qu'il possède un charme, un rayonnement naturels qui magnétisent et incitent à le suivre, à marcher dans son sillage.

Le Bélier du 3e décan, du 12 au 20 avril environ : ce bélier est représenté sous l'aspect d'un animal en proie à un mouvement puissant, qui prend son élan sur ses pattes arrière tendues sur le sol, tandis que ses pattes avant sont détachées de la terre ferme et dirigées en avant. Cette fois, la force, l'énergie, l'impulsion, le mouvement ne proviennent plus de la tête, mais de l'arrière-train et des reins. Il semble vouloir surmonter un obstacle ou atteindre un but, l'un et l'autre invisibles ou incompréhensibles pour nous, mais que lui connaît. Ici, nous sommes en présence du natif du Bélier en proie à ses pulsions instinctives irrépressibles, à ses sentiments aveugles qui l'induisent à projeter immédiatement et impérativement tout son être vers le futur. Il s'agit bien sûr du natif du 3e décan, dit décan de Passions, qui révèle un être fougueux, agissant par à-coups, par brusques flambées, et s'investissant corps et âme dans tout ce qu'il entreprend."




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