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  • Anne

La Viorne




Étymologie :

  • VIORNE, subst. fém.

Étymol. et Hist. 1. Fin xiie-déb. xiiie s. vione (Le Bestiaire de Gervaise, 462, éd. P. Meyer ds Romania t. 1, p. 432), attest. isolée ; 1538 viorne (Est., s.v. viburnum) ; 1778 viorne cotonneuse, viorne lauriforme, viorne lobee (Lamarck Flore fr. t. 3, p. 363); 1859 viorne obier (Bouillet) ; 2. 1544 viourne « clématite » (R. Estienne, De latinis et graecis nominibus arborum, p. 8) ; 1753 (Encyclop. t. 13, s.v. clematite: la clematite ou l'herbe aux gueux, dans la basse-Bourgogne on l'appelle viorne) ; 1764 viorne des pauvres (Valm., p. 655). Du lat. viburna, plur. neutre pris pour un fém. sing., de viburnum « viorne; petit alisier ».


Lire également la définition du nom Viorne afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Viburnum lantana ; Arbre blanc ; Arbre à fouet ; Auborne ; Barbaris ; Bardeau ; Chasse-abeille ; Cormancienne ; Ficelle ; Mancienne ; Mansèvre ; Mantianne ; Matiane ; Mauvais Miel ; Tige à la glu ; Viorne flexible ; Viorne cotonneuse ; Viorne liane ;

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Symbolisme :


Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), la Viorne lantane (Viburnum lantana) a les caractéristiques suivantes :


Pouvoirs : Capturer ; Emprisonner.


Utilisation magique : Nous avons connu dans la rue du Gros-Raisin un vieux bonnetier nommé Desrosières qui racontait le fait suivant, comme étant arrivé à son grand-père : « Mon grand-père, disait-il, était un sacré farceur, surtout quand il avait bu un petit coup. Une nuit, il revenait d'une noce à Saint-André dans laquelle on avait vidé maints cruchons. Comme il demeurait aux Trévois, son chemin passait devant la Mission. Au dernier coup de minuit, il arrivait à la ruelle de la Grand'Planche quand il vit deux femmes habillées de blanc, qui étaient à genoux au pied de la croix de fer. Dans ce moment, le pineau faisait son effet et mon grand-père ne put résister à la tentation de faire une niche : il s'avança à pas de loup derrière les femmes, enleva le bonnet de l'une d'elles et continua son chemin. Rentré gaiement chez lui, il déposa son larcin dans le coffre, se coucha à côté de ma grand-mère sans l'éveiller, et bientôt il s'endormit comme un homme qui a bien soupé et qui n'a rien à se reprocher. Le lendemain matin, il dit en riant à ma grand-mère :

« - Femme, venez donc voir la belle coiffe que je vous ai rapportée. »

Mais, ouvrant le coffre, il devint livide et recula épouvanté. Dans le bonnet, il y avait une tête de femme - une vraie tête de chair et d'os !

La farce était forte ; et puis comment se tirer de là ? Il referma le coffre à double tour, mit la clé dans sa poche et consulta sa femme qui était à moitié morte. Il fut convenu que mon grand-père irait de suite trouver son confesseur ; celui-ci dit que le cas était grave, très grave, et il ordonna à mon grand-père de reporter le soir même, à minuit, le bonnet et la tête où il les avait pris.

À l'heure indiquée, mon grand-père arrivait à la croix; les deux femmes blanches y étaient. Mais, effectivement, l'une d'elles n'avait point de tête...

Il s'avança en tremblant et, remettant avec précipitation la tête sur les épaules qui l'attendaient, il voulut fuir. Impossible ! Des Viornes qui poussaient au pied du calvaire l'enlacèrent autour des chevilles, des mollets, l'immobilisant, et pendant ce temps deux lourds et forts bâtons, qu'il ne voyait pas, lui tombaient sur le dos l'un après l'autre comme les maillets d'un foulon. Ce n'est que rossé, meurtri, couvert de bleus et les os moulus, qu'il fut enfin relâché par les Viornes et put regagner sa porte en clopinant et en se tenant les reins. »

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