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  • Anne

Le Serpent




Étymologie :

  • SERPENT, subst. masc.

Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1100 « reptile à corps cylindrique, très allongé, dépourvu de membres » (Roland, éd. J. Bédier, 2543) ; b) 1606 serpent d'eau (Nicot) ; 1611 serpent cornu (Cotgr.) ; 1671 serpent à deux têtes (Pomey) 1680 serpent à sonnette (Rich.) ; 1765 serpent à lunettes (Enc ) ; 1854 serpent diamant (Abbé Falcimagne, trad. Mgr R. Salvado, Mém. historiques sur l'Australie, p. 381 ds Quem. DDL t. 13) ; 2. a) déb. xiie s. uns marins serpenz (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 909) ; 1855 serpent de mer « gigantesque monstre à l'existence hypothétique » (Nerval, Nouv. et fantais., p. 279) ; 1939 fig. « sujet rebattu, cliché » (Giraudoux, Pleins pouvoirs, p. 93) ; b) 1501 « le Diable, Lucifer » (Livre de conduite du regisseur ... pour le mystère de la Passion joué à Mons, éd. G. Cohen, 10) ; 1585 serpent d'airain (N. Du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Ass3.ézat, II, p. 334) ; c) 1926 serpent à plumes « dieu de la mythologie aztèque » (D. H. Lawrence, Le Serpent à plumes) ; 3. 1174-77 pute serpant « personne perfide et méchante » (Renart, éd. M. Roques, br. VIIa, 6071, t. 3, p. 17) ; 4. a) av. 1606 « ce qui ondule comme un serpent » (Desportes, Angélique, I ds Littré) ; b) 1636 « instrument de musique » (Mersenne, Harmonie universelle, p. 278) ; c) 1904 aéron. (Marchis, loc. cit.) ; 5. 1973 serpent européen (Le Point, 8 oct. ds Gilb. 1980) ; 1975 serpent monétaire européen (ibid., 19 mai ds Rob. 1985). Du lat. serpentem, acc. de serpens « serpent ».


Pour en savoir davantage, lire la définition.


Zoologie :


Selon Matt Pagett, auteur de Le petit livre de merde (titre original What shat that ?, Quick Publishing, 2007 ; édition française Chiflet & Cie, 2008) : "Il y en a pour tous les goûts : du petit modèle de 15 cm à l'énorme anaconda de 8 mètres et 250 kg. Ils ne sont pas très accueillants mais certains d'entre nous les traitent comme des animaux de compagnie. A noter que leur merde est assez inoffensive. Sauf au niveau de l'odeur, mais manifestement, ils s'en foutent...


Description : Tout dépend de la taille de l'espèce, mais en gros la merde de serpent ressemble à un cordon ou à un serpentin. D'un marron plus ou moins sombre, agrémentée d'une tache blanche d'acide urique à une extrémité, elle devient poudreuse une fois sèche. Avec son lot d'aliments non digérés, poils et griffes par exemple, l'odeur est très prononcée. Les serpents peuvent rester des semaines sans déféquer.


Quelle grande gueule ! Comment un serpent tue-t-il sa proie ? Il la mord, l'étouffe et l'avale encore vivante si elle n'est pas trop grosse. Le serpent ne mâche pas mais, grâce à la souplesse de sa mâchoire inférieure, la proie peut arriver intacte dans l'appareil digestif. Quand il ne mange pas, le serpent se prépare pour le prochain repas : les processus digestifs ne fonctionnent qu'à partir d'une certaine température corporelle qu'il cherche à trouver en se chauffant au soleil. Les acides gastriques attaquent tous les tissus, libèrent les protéines et absorbent les nutriments. Ce qui reste (poils et os) sera évacué. Ce processus digestif peut prendre des semaines.


La chaleur du foyer : Avoir un serpent à la maison nécessite un équipement adéquat. Ces animaux peuvent tomber malades à cause de leur merde. Les serpents, qui ont besoin de chaleur, risquent aussi de monopoliser vos radiateurs mais attention car leurs intestins peuvent pâtir d'une température trop forte, entraînant alors la formation de fécalithes (pierres fécales).


Ras-le-bol : La couleuvre rayée émet une curieuse sécrétion anale quand elle est effrayée. C'est sa manière à elle de dire : "Laissez-moi tranquille !", ou plus trivialement : "Arrêtez de me faire chier !"

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Croyances populaires :


Selon Danielle Musset, auteure de « Serpents : représentations et usages multiples », Ethnologie française, 2004/3 (Vol. 34), p. 427-434 :


La graisse ou l’huile de serpent est le remède des rhumatismes, des entorses. Mais c’est surtout sa peau qui est utilisée pour aider aux accouchements : « On faisait boire une infusion de peau de serpent à l’accouchée pour faciliter l’accouchement [...]. À l’époque, on ramassait les peaux de serpent, la mue, et on les gardait pour faire des infusions [...]. On s’en servait pour diverses circonstances. Je me rappelle, ma mère en avait dans la maison, dans une boîte, ça se conservait bien. Lorsqu’on les trouvait dans la campagne, c’était sec ». En ceinture, la peau de serpent favorise l’accouchement difficile. On en ceignait l’enfant au moment du sevrage, pour éviter la montée de lait [Benoît, 1975 : 132]. Pour empêcher la mule d’être en chaleur, il fallait lui faire manger de la peau de serpent dans du son (vallée du Jabron). Portée sur soi, la peau de serpent servait aussi à conjurer les sorts, à écarter les sorciers [Provence, 1937 : 270]. Ces recettes, décrites par la plupart des folkloristes, avec leurs nombreuses variantes, montrent que le champ thérapeutique couvert par le serpent était très large, avec un rôle particulier concernant l’accouchement et la maternité.

■ Rendez-vous amoureux entre l’animal domestique et l’animal sauvage


La rencontre entre l’animal « domestique » et le serpent « sauvage » traduit clairement la connotation sexuelle attribuée à cet animal. Utiles et nuisibles, les serpents font l’objet d’usages variés (médicinaux, alimentaires, symboliques complexes), anciens et largement répandus. Une des représentations les plus répandues (au moins dans le domaine européen) associe le lait et le serpent. On dit que le lait est un aliment qui l’attire. Cet appétit de lait pousse le serpent à téter les brebis, les vaches, les chèvres. On s’en aperçoit, dit-on, car « Le lait sort rouge quand on trait ». Qui plus est, ces bêtes se laissent faire volontairement. De nombreux récits portent sur ces rendez-vous entre le serpent et, le plus souvent, une chèvre : « Mon grand-père avait une chèvre qui s’enfuyait pour se rendre à un endroit, toujours le même, où elle donnait à téter à une vipère. Ça lui avait plu, elle y allait »;«La chèvre y va comme si c’était son chevreau ». Ou cet autre récit encore plus explicite : « À Pèlegrine, ils avaient un troupeau et il y avait des chèvres dedans. Et tous les jours à dix heures ou à neuf heures, quand ils rentraient le troupeau, cette chèvre qui partait. À fond de train, elle s’en allait dans le bois. Ils envoyaient le chien mais il n’y avait rien à faire, il fallait qu’elle y aille. Vous savez où elle allait ? Elle allait faire téter un gros serpent dans le “clapier”, là-bas. Ça, il y en a qui peuvent vous le dire [...]. Et alors, la chèvre, elle se plaçait sur les pierres. Et à ce moment-là, le monsieur, il sortait de dedans. Un serpent formidable et il tétait la chèvre. Et puis elle s’en retournait ». D’autres récits concernent le serpent buveur de lait de femme, serpent qu’on retrouvera dans le berceau de l’enfant, attiré par l’odeur. Cependant, on dit aussi qu’une vipère ne piquera jamais une femme enceinte [Petra Castellana, 1997 : 27]. Un lien perdure entre le serpent, la femme enceinte, l’accouchée, l’allaitement : le serpent a le pouvoir de faciliter l’accouchement mais aussi d’arrêter le lait. Serpent, lait, fécondité, sexualité dévoilent tout un champ de correspondances complexes et ambiguës qu’il conviendrait de développer davantage. Cette complexité est bien mise en évidence lorsque l’on pose la question de l’utilité de cet animal et en particulier de la vipère. Les vieux paysans vous répondront : « Le serpent tire le venin de la terre [...]. Toutes les bêtes qui se traînent ramassent du venin ». « Justement, le venin, où est-ce qu’ils le prennent ? Ils le prennent sur la terre [...] parce qu’il y a quand même un venin dans la terre ». La terre est source de venin mais le serpent en tirant le venin, permet aussi à la terre d’être fertile. « Il paraît que c’est reconnu, que ça a une certaine utilité, que si c’était pas ça, dans la terre, il pousserait pas un radis. Le venin que contient un vipère, c’est qu’il l’absorbe de la terre ». L’équilibre de la nature passe par la présence de ces animaux dont on sait que, dans de nombreuses civilisations, ils sont associés à la fertilité. Et c’est pourquoi il ne faudrait pas les tuer.

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Selon Grażyna Mosio et Beata Skoczeń-Marchewka, auteurs de l'article "La symbolique des animaux dans la culture populaire polonaise, De l’étable à la forêt" (17. Mars 2009) :


"La vie des reptiles et des amphibies est liée aux milieux humides ou aquatiques, sombres, souvent souterrains. Ces caractères, tout comme le fait de posséder une peau chatoyante, parfois glissante, parfois couverte d’écailles, en faisaient des êtres chtoniens. Les serpents appartenant à ce groupe, changeant d’une manière cyclique de peau, donc renaissant sous une nouvelle apparence, étaient considérés comme des animaux lunaires. On les liait à la fuite du temps et aux métamorphoses. Ils étaient estimés comme étant des êtres impurs, car ils unissaient de nombreuses caractéristiques propres à d’autres animaux. Le serpent rampait sur la terre, nageait dans l’eau, et comme les oiseaux naissait d’un œuf. Il était identifié à la fois à ce qui se trouvait dans l’au-delà, et dans la zone limite. On croyait que s’y incorporaient aussi bien les dieux que les démons. Depuis les temps les plus anciens il apparaissait dans de nombreux mythes. Les sources ethnographiques accessibles montrent que dans les croyances populaires le serpent avait néanmoins une signification ambivalente – tout à la fois comme force destructrice, fautive du chaos, de la mort (par son venin), et comme force créatrice, donateur de bien, symbole de la vie et de la fécondité. Ce dualisme symbolique est le mieux visible dans l’union du serpent à la masculinité – par la comparaison de l’organe sexuel masculin à la forme phallique du reptile, et tout à la fois à la féminité, liée également au cyclisme et à l’impureté qui lui est imputée dans la culture populaire. Le savoir du peuple comptait dans le groupe des serpents aussi bien les vipères que les couleuvres et les orvets, qui en réalité sont des lézards. Bien des croyances concernaient des êtres mythiques – les dragons, qui selon les présomptions universelles étaient liés avec les serpents par une parenté étroite. En tant que représentant de la nuit, le serpent était un ennemi de la lumière, du soleil et de la vie. On pensait que les vipères se chauffant au soleil le sucent ou boivent l’énergie solaire. Le serpent glissant dans l’herbe provoquait sa sécheresse, et en nageant dans l’eau – l’empoisonnait (Biegieleisen 1929a : 105). Le contact avec le serpent facilitait sition de propriétés caractéristiques pour l’au-delà. On disait que “qui mangerait un serpent blanc cuit, comprendrait le langage de tous les animaux et verrait les esprits s’élevant dans l’air” (Kowalski 1998: 583). La couronne prise au roi des serpents faisait de son nouveau propriétaire une personne au savoir universel. Les serpents, les dragons étaient les gardiens du monde souterrain, ils habitaient à l’entrée du pays des morts, surveillant les trésors cachés ou “l’eau vive” assurant la santé, la vie et la jeunesse. Ils étaient rencontrés par les chercheurs de trésors, les héros des contes. Manger un serpent rôti vivant permettait aussi de voir l’endroit où les trésors étaient cachés. Les reptiles entrant en contact avec le monde d’au-delà étaient considérés être l’incarnation des sorcières, d’où la conviction populaire qu’ils “prenaient le lait des vaches”. On connaissait néanmoins aussi des moyens efficaces pour lutter contre ces pratiques. Faisant partie de la zone limite, ils pouvaient changer de forme, et même se métamorphoser en d’autres animaux. On croyait qu’au bout de sept ans le serpent devenait une vipère ailée ou un dragon à sept têtes (Kowalski 1998 : 583). On voyait dans les dragons des aides des płanetnicy, aidant à transporter les nuages. “Un tel dragon naît d’un serpent ou d’une grenouille, grandit à des dimensions énormes (...). Quelquefois ce dragon éclate, il tombe alors sur la terre de la grêle” (Pełka 1987 : 67). Conformément à son double caractère, le serpent pouvait aussi être une divinité protectrice. De nombreux récits confirment qu’encore au début du XXe siècle sur tout le territoire de la Pologne il existait des traces d’un culte primitif du serpent (Czernik 1985 : 185-195). Seweryn Udziela décrivit ainsi ce culte archaïque: “Tout ce que notre peuple raconte à ce sujet n’a pas rapport au serpent local, mais à un certain serpent différent, mythique (...), que personne ne peut voir. On l’appelle serpent, mais plus souvent reptile (...). Il habite dans chaque chaumière, dans l’étable, dans l’écurie, et là dans la terre, dans un trou sous le seuil, sous le poêle ou ailleurs, il a son nid. Il séjourne aussi dans les bois (...). On dit qu’il est grand, énorme ...” (Czernik 1985 : 189- 190). Des descriptions confirment l’élevage dans la maison ou dans la ferme de serpents, le plus souvent de couleuvres, qu’on nourrissait et abreuvait. On racontait qu’en habitant dans la ferme le serpent “tête les vaches, en s’enroulant autour de leurs pattes, il provoque aussi qu’elles donnent beaucoup de lait” (Świętek 1893 : 31). Le fait qu’un serpent habitait dans l’enclos était un bon présage (Moszyński 1967 : 563). Dans la région de Cracovie on croyait que: “sous la grange de qui apparaît un serpent, celui verra son bien multiplié par deux” (Udziela 1886 : 21). Le frapper ou le tuer devait attirer le malheur et même la mort. Franciszek Gawełek, folkloriste, rappelait que dans son jeune âge il avait, avec d’autres garçons, tué une couleuvre, qu’il aurait prise pour une vipère: “un vieux pâtre qui l’avait remarqué les gronda, les instruisit d’avoir commis un péché, ramassa le serpent tué et l’embrassa” (Moszyński 1967 : 562). Le serpent était tout à la fois une source de dangers, responsable des maladies, des épidémies."

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Symbolique :


Dans le Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, on apprend que :


"autant que l'homme, mais contrairement à lui, le serpent se distingue de toutes les espèces animales. Si l’homme se situe à l'aboutissement d'un long effort génétique, nous devons aussi nécessairement, placer cette créature froide, sans pattes, ni poils, ni plumes, au commencement du même effort. En ce sens, Homme et Serpent sont les opposés, les complémentaires, les Rivaux. En ce sens aussi, il y a du serpent dans l'homme et, singulièrement, dans la part de celui-ci que son entendement contrôle le moins. Un psychanalyste dit que le serpent est un vertébré qui incarne la psyché inférieure, le psychisme obscur, ce qui est rare, incompréhensible, mystérieux. Il n'a pourtant rien de plus commun qu'un serpent, rien de plus simple. Mais il n'y a sans doute rien de plus scandaleux pour l'esprit, en vertu même de cette simplicité.


Aux sources de la vie : serpent, âme et libido

Voyageant dans le Sud-Cameroun, nous avons observé que les Pygmées, dans leur langage de chasse, représentent le serpent d'un trait sur le sol. Certains graffitis de l'époque paléolithique n'ont sans doute pas d'autre signification. On peut dire qu'ils ramènent le serpent à son expression première. Il n'est qu'une ligne, mais une ligne vivante ; une abstraction, mais selon le mot d'André Virel, une abstraction incarnée. La ligne n'a ni commencement ni fin ; qu'elle s'anime et elle devient susceptible de toutes les représentations, de toutes les métamorphoses.

On ne voit de la ligne que sa partie proche, présente, manifeste. Mais on sait qu'elle se poursuit, en deçà et au-delà, dans l'invisible infini. Il en va de même du serpent. Le serpent visible sur la terre, l'instant de sa manifestation, est une hiérophanie. En deçà et au-delà, on sent qu'il se poursuit, dans cet infini matériel qui n'est autre que l'indifférencié primordial, réservoir de toutes latences, sous-jacent à la terre manifestée. Le serpent visible est une hiérophanie du sacré naturel, non point spirituel, mais matériel. Dans le monde diurne, il surgit comme un phantasme palpable, mais qui glisse entre les doigts, comme il glisse à travers le temps comptable, l'espace arpentable et les règles du raisonnable, pour se réfugier dans le monde du dessous, dont il provient, et où on l'imagine, intemporel, permanent, et immobile dans sa complétude. Rapide comme l'éclair, le serpent visible jaillit toujours d'une bouche d'ombre, faille ou crevasse, pour cracher la mort ou la vie, avant de retourner à l'invisible. Ou bien il quitte cette apparence mâle pour se faire femelle : il se love, il embrasse, il étreint, il étouffe, il déglutit, digère et dort. Ce serpent femelle est l'invisible serpent-principe, qui habite les couches profondes de la conscience et les couches profondes de la terre. Il est énigmatique, secret, on ne peut prévoir ses décisions, soudaines comme ses métamorphoses. Il joue des sexes comme de tous les contraires ; il est femelle et mâle aussi, jumeau en lui-même, comme tant de grands dieux créateurs qui sont toujours, dans leur représentation première, des serpents cosmiques. Le serpent ne présente donc pas un archétype, mais un complexe archétypal, lié à la froide, gluante et souterraine nuit des origines : tous les serpents possibles forment ensemble une unique multiplicité primordiale, une indémembrable Chose primordiale, qui ne cesse de se détortiller, de disparaître et de renaître. Mais quelle est donc cette Chose primordiale sinon la vie dans sa latence, ou, comme dit Keyerling, la couche de vie la plus profonde ? Elle est le réservoir, le potentiel, d'où proviennent toutes les manifestations. La vie des bas-fonds doit précisément se refléter dans la conscience diurne sous la forme d'un serpent, ajoute cet auteur, et il précise : les Chaldéens avaient un seul mot pour vie et serpent. Même remarque chez rené Guénon. Le symbolisme du serpent est effectivement lié à l'idée même de la vie ; en arabe, le serpent est el-hayyah et la vie el-hayat, et d'ajouter, ce qui est capital, qu'El-Hay, l'un des principaux noms divins,doit se traduire non par le vivant, comme on le fait souvent, mais par le vivifiant, celui qui donne la vie ou qui est le principe même de la vie. Le serpent visible n'apparaît donc que comme la brève incarnation d'un Grand Serpent Invisible, causal et a-temporel, maître du principe vital et toutes les forces de le nature. C'est un vieux dieu premier que nous retrouverons au départ de toutes les cosmogénèses, avant que les religions de l'esprit ne le détrônent. Il est ce qui anime et ce qui maintient. Sur le plan humain, il est le double symbole de l'âme et de la libido : Le serpent, écrit Bachelard, est un des plus importants archétypes de l'âme humaine. Dans le tantrisme, c'est la Kundalini, lovée à la base de la colonne vertébrale, sur le chakra de l'état de sommeil, elle ferme de sa bouche le méat du pénis. Lorsqu'elle s'éveille, le serpent siffle et se raidit, et l'ascension successive des chakras s'opère : c'est la montée de la libido, la manifestation renouvelée de la vie.

Le serpent cosmique.


Du point de vue macrocosmique, la Kundalini a pour homologue le serpent Ananta, qui enserre de ses anneaux la base de l'axe du monde. Associée à Vishnu et à Shiva, Ananta symbolise le développement et la résorption cyclique, mais, en tant que gardien du nadir, il est le porteur du monde dont il assure la stabilité. Pour construire la maison indienne qui, comme toute maison doit se trouver au centre du monde, on enfonce un pieu dans la tête du naja souterrain dont l'emplacement a été déterminé par un géomancien. Les porteurs du monde sont parfois des éléphants, des taureaux, des tortues, des crocodiles, etc. Mais ce ne sont là qu'autant de substituts ou de compléments thériomorphes du serpent, dans sa fonction première. Ainsi le mot sanscrit naja veut-il dire à la fois éléphant et serpent ; ce qui est à rapprocher de l'homologie du serpent et tapir dans la représentation du monde des Maya-Quiché. Bien souvent aussi ces animaux de puissance ne sont représentés qu'en gueule, au bout d'un corps de serpent, ou bien ils sont eux-mêmes supportés par un serpent. dans tous les cas, ils expriment l'aspect terrestre, c'est-à-dire l'agressivité et la force de la manifestation du grand dieu des ténèbres qu'est universellement le serpent.

Il y a deux façons de maintenir : ce peut être en portant, ce peut être en embrassant la création d'un cercle continu, qui empêche sa désintégration. C'est ce que fait également le serpent, sous la forme de l'Ourobouros, le serpent qui se mord la queue. La circonférence vient ici compléter le centre pour suggérer, selon le mot de Nicolas de Cuse, l'idée même de Dieu. L'Ourobouros lui aussi est un symbole de manifestation cyclique ; il est union sexuelle en lui-même, auto-fécondateur permanent, comme le montre sa queue enfoncée dans sa bouche ; il est perpétuelle transmutation de mort en vie, puisque ses crochets injectent son venin dans son propre corps ou, selon les termes de Bachelard, il est la dialectique matérielle de la vie et de la mort, la mort qui sort de la vie et la vie qui sort de la mort. S'il appelle l'image du cercle, il est surtout la dynamique du cercle, c'est-à-dire la première roue, d'apparence immobile, parce qu'elle ne tourne que sur elle-même, mais dont le mouvement est infini, parce qu'il se reconduit perpétuellement en lui-même. Animateur universel, l'ourobouros n'est pas seulement le promoteur de la vie, il est aussi celui de la durée : il crée le temps, comme la vie, en lui-même. On le représente souvent sous la forme d'une chaîne torsadée, chaîne qui est celle des heures. Entraînant le mouvement des astres, il est sans doute la première figuration, la mère du Zodiaque. L'ourobouros, vieux symbole d'un vieux Dieu naturel détrôné par l'esprit, demeure une grande divinité cosmographique et géographique ; il est gravé, comme tel, à la périphérie de toutes les premières images du monde, tel ce disque du Bénin, sans doute la plus ancienne imago mundi négro-africaine - où il enserre de sa ligne sinueuse, associant les contraires, les océans primordiaux, au milieu desquels flotte le carré de la terre.

Redoutable dans ses colères, il devient le Léviathan hébreu, le midgardorn scandinave plus ancien que les dieux eux-mêmes, selon l'Edda ; il provoque les marées lorsqu'il boit, les tempêtes lorsqu'il s'ébroue. Encore au niveau des cosmogénèses, c'est Océan lui-même, dont neuf spires entourent le cercle du monde, tandis que la dixième, glissée au-dessous de la création, forme le Styx, selon la Théogonie d'Hésiode. On dirait d'une main qui recueille, en bout de course, ce que l'autre a lancé ; et tel est bien le sens, en définitive, de cette émanation de l'indifférencié primordial, d'où tout provient et où tout retourne pour se régénérer. Les enfers et les océans, l'eau primordiale et la terre profonde ne forment qu'une materia prima, une substance primordiale, qui est celle du serpent. esprit de l'eau première, il est l'esprit de toutes les eaux, que ce soient celles du dessous, celles qui courent à la surface de la terre, ou celles du dessus. D'innombrables rivières de Grèce et d'Asie Mineure, souligne Krappe, portent le nom d'Ophis ou de Draco ; c'est aussi le Père Rhin, la Seine Deus Sequana, la Mère Gange dont on connaît l'importance religieuse, la Mère Volga, le fleuve-dieu. Bien souvent, des attributs thériomorphes précisent la fonction terrestre ou céleste de cette divinité des eaux : ainsi s'explique le Tibre-cornu de Virgile, image dans laquelle le serpent s'annexe la puissance du taureau, figurée par ses cornes ; de même Acheloos, le plus grand fleuve de la Grèce antique, prend-il tour à tour les apparences du serpent et du taureau pour affronter Héraklès. Divinité des nuages et des pluies fertilisantes, le serpent s'annexe parfois les pouvoirs du bélier – c'est le serpent criocéphale, fréquent dans l'iconographie celtique et surtout gauloise ; - ou de l'oiseau : ce sont les dragons ailés d'Extrême-Orient et leurs homologues du panthéon mezo-américain, les serpents à plumes.

On sait l'importance fondamentale que revêtent ces images symboliques dans ces deux grandes civilisations agraires, qui accordent une attention particulière aux phénomènes météorologiques. Le dragon céleste est, en Extrême-Orient, le père mythique de nombreuses dynasties, et les empereurs de Chine le portaient brodé sur leurs étendards, pour signifier l'origine divine de leur monarchie. Dans les mythologies amérindiennes, souligne Alexander, depuis le Mexique jusqu'au Pérou, le mythe de l'Oiseau-Serpent coïncide avec les plus anciennes religions de culture du maïs ; il est associé à l'humidité et aux eaux de la terre.... cependant c'est toujours au ciel que, dans ses formes les plus élevées, il reste lié. Il est non seulement le Serpent aux Plumes Vertes et le Serpent Nuage à la barbe de pluie, mais il est aussi le fils du serpent, la Maison des Rosées et... le Seigneur de l'Aube... Le serpent à plumes est tout d'abord le nuage de pluie et, de façon privilégiée, le cumulus aux reflets argentés du milieu de l'été – d'où son autre nom de Dieu-Blanc, - dont le ventre noir laisse échapper la sueur de pluie... Au Nouveau-Mexique, on le représente comme un corps de serpent qui porte sur son dos le cumulus et dont la langue est l’éclair dentelé. On se souviendra que le dragon chinois nage au milieu de vagues de cumulus exactement semblables.


Le Vieux-Dieu, l'Ancêtre mythique

Devenu ancêtre mythique et héros civilisateur – dont la forme la plus connue est le Quetzalcoatl des Toltèques, repris par les Aztèques, il s'incarne et se sacrifie pour le genre humain. L'iconographie indienne nous éclaire sur le sens de ce sacrifice. Ainsi, le Codex de Dresde présente l'oiseau de proie enfonçant ses griffes dans le corps du serpent pour en extraire le sang destiné à former l'homme civilisé : le dieu (serpent) retourne ici contre lui-même son attribut de puissance céleste, l'oiseau solaire, pour féconder la terre des hommes, car ce dieu c'est le nuage, et son sang, c'est la pluie nourricière qui permettra le maïs et l'homme de maïs. Il y aurait long à dire sur ce sacrifice, qui n'est pas seulement celui du nuage ; c'est aussi la mort du désir, dans l'accomplissement de sa mission d'amour. Sur un plan plus précisément cosmogonique – et qui, dans le Soufisme, devient la base d'une mystique – c'est le déchirement de l'unicité première, double en une, qui se sépare en ses deux composants pour permettre l'ordre humain. Pour Jacques Soustelle, le sacrifice de Quetzacoatl est une reprise du schéma classique de l'initiation, fait d'une mort suivie de la renaissance : il devient le soleil et meurt à l'Ouest pour renaître à l'Est ; deux en un et dialectique en lui-même, il est le protecteur des jumeaux.

Le même complexe symbolique se retrouve en Afrique Noire, chez les Dogons pour lesquels Nommo, dieu d'eau, représenté sous la forme d'un anguipède, est l'ancêtre mythique et le héros civilisateur qui porte aux hommes leurs plus précieux biens culturels : la forge et les céréales ; lui aussi est double et un et se sacrifie pour l'humanité nouvelle. On pourrait citer encore bien d'autres exemples tirés des traditions africaines, notamment celui de Dan ou Da, grande divinité du Bénin et de la côte des Esclaves, qui est le serpent et le fétiche arc-en-ciel. Devenu Damballah-Weddo dans le vaudou haïtien, il préside aux sources et aux rivières, car sa nature est à la fois le mouvement et l'eau ; la pierre de tonnerre lui est consacrée ; il n'accepte pas que ses serviteurs – c'est-à-dire ses possédés – invoquent les divinité »s qui font à la fois le mal et le bien, à l'exception des jumeaux qui lui sont proches. Il est aussi l'éclair, et, par excellence, le dieu de la force et de la fécondité. Or, au Dahomey, Dan est encore aujourd'hui le vieux dieu naturel, l'ourobouros de ce disque du Bénin que nous décrivions plus haut, androgyne et jumeau lui-même. Ainsi s'explique le culte des pythons sacrés conservés dans les temples d'Abomey ; des jeunes filles leur sont vouées, que l'on fiance rituellement aux dieux à l'époque des semailles. Pour les Yoruba, Dan est Oshumare, l'arc-en-ciel, qui relie le haut et le bas du monde, et n'apparaît qu'après les pluies. Les peuples de la côte de Guinée, selon le témoignage de Bozman rapporté par Frazer invoquent le serpent dans les périodes de sécheresse ou de pluies excessives. Tous ces exemples, empruntés à des civilisations qui se sont élaborées indépendamment de la nôtre, expliquent les origines de cette fonction météorologique du serpent dont on retrouve aussi la trace dans notre folklore : universellement répandue, dit Krappe, est l'idée que l'arc-en-ciel est un serpent qui se désaltère dans la mer, idée relevée en France (Sébillot), mais aussi chez les Peaux-Rouges du Nevada, chez les Bororo de l'Amérique du Sud, dans l'Afrique du Sud et dans l'Inde. Toutes ces acceptions ne sont qu’autant d’applications, dans un domaine donné, du mythe du Grand Serpent Originel, expression de l'indifférencié primordial. Il est à l'alpha, mais aussi à l'oméga de toute manifestation ; ce qui explique son importante signification eschatologique, par laquelle nous allons revenir à l'évolution, si complexe, du symbole du serpent das notre propre civilisation. rappelons tout d'abord que, pour les Batak de Malaisie, un serpent cosmique vit dans les régions souterraines et qu'il détruira le monde. Pour les Huichol, il a deux têtes qui ne sont que deux monstrueuses mâchoires ouvertes à l'Ouest et à l'Est, par lesquelles il crache le soleil levant et avale le soleil couchant. Nous arrivons ainsi au plus ancien dieu créateur du monde méditerranéen, le serpent Atoum, père de l'Ennéade d'Héliopolis. Il a, lui, craché la création tout entière, au début des temps, après qu'il eut émergé par lui-même des eaux primordiales ; comme il était seul, les textes hésitent sur l'origine de ce crachat ; certains disent qu'il provint non de sa bouche mais de son sexe, Atoum s'étant pour cela masturbé ; jaillirent ainsi le premier couple de dieux Chtou et Phténis, qui mirent au monde Geb et Nout, respectivement l'air et l'humidité, la terre et le ciel. Après quoi, ces dieux ayant procréé le détail de la terre et des hommes, tout fut. Alors Atoum se dressa devant sa création et tint ces propos, comme il est rapporté dans le Livre des Morts : Je suis ce qui demeure ; ... le monde retournera au chaos, à l'indifférencié, je me transformerai alors en serpent qu'aucun homme ne connaît, qu'aucun dieu ne voit ! Aucune mythologie n'a été aussi sévère dans sa peinture du Grand Serpent Originel. Atoum ne se commet pas à avaler le soleil. Il n'a que faire de ce chthonien, de cet enfer quotidien où notre vie se défait et se régénère. Il n'est serpent qu'avant et après la totalité du continuum spatio-temporel, là où ni dieux ni hommes n'ont accès ; il est vraiment le premier vieux-dieu, le deus otiosus naturel dans son implacable transcendance.

Les enfers terrestres, que doit quotidiennement traverser l'astre du jour pour assurer sa régénération, sont pourtant, en Égypte comme ailleurs, entièrement placés sous le signe du serpent. Si Atoum n'a point de place à l'intérieur de ce drame, il est cependant celui qui éclaire du dehors ; dépouillé de sa forme ophidienne, il devient chaque soir le dieu du soleil couchant, qui indique, à l'Ouest, la voie d'accès des profondeurs. Puis, il s'enfonce sous terre, sur une barque, où a pris place, autour de lui, toute sa cour céleste.

Que tout le ventre de la terre, où s’opérera l'alchimie de la régénération, soit ophidien par excellence, cette idée apparaît dans chaque détail de la minutieuse description qui est donnée par le Livre des Morts : le chemin à parcourir est divisé en douze chambres, correspondant aux douze heures de la nuit. La barque solaire traverse tout d'abord des étendues sablonneuses, habitées par des serpents ; bientôt elle se change elle-même en serpent. A la septième heure, apparaît une nouvelle figure ophidienne, Apophis, monstrueuse incarnation du maître des enfers, et préfiguration du Satan biblique, il remplit de ses spirales une éminence longue de quatre cent cinquante coudées ; ... sa voix dirige les dieux vers lui et ils le blessent. Cet épisode marque le sommet du drame. A la onzième heure, la corde tirant la barque devient un serpent. Au cours de la douzième heure, enfin, dans la chambre du crépuscule, la barque solaire est tirée à travers un serpent long de treize cent coudées, et, lorsqu'elle sort, par la gueule de ce serpent, le soleil levant apparaît, sur le sein de la terre-mère, sous la forme d'un scarabée : l'astre du jour est né une nouvelle fois, pour entreprendre son ascension. En résumé, le soleil doit donc se faire lui-même serpent pour lutter contre d'autres serpents - un surtout - avant d'être digéré et expulsé par l'intestin serpentiforme de la terre. Il y aurait long à dire sur ce développement d'un complexe d'avaleur-avalé, auprès duquel apparaît simple l'aventure de Jonas. Globalement, le serpent y apparaît comme le grand régénérateur et initiateur, maître du ventre du monde, et comme ce ventre lui-même, en même temps que l'ennemi - au sens dialectique du terme - du soleil, donc de la lumière, donc de la part spirituelle de l'homme.

Le livre sacré des Égyptiens, pour mieux développer ces faces contradictoires de l'entité symbolique initiale, les sépare en autant de serpents ; mais le rôle prééminent qui est dévolu à Apophis montre que, parmi toutes les valences du serpent originellement confondues, celle d'une puissance hostile est en train de se dégager. Cela va de pair avec la valorisation positive de l'esprit et la valorisation négative des forces naturelles, inexplicables, dangereuses, par lesquelles s'élaborera peu à peu le concept non plus physique, mais moral, du mal, d'un mal intrinsèque. Nous n'en sommes pas encore là avec Apophis, mais le sentier s'amorce, qui deviendra plus tard une voie royale. Car la signification d'Apophis demeure ambiguë : d'une part, à la septième heure, il dirige lui-même vers son corps les dieux qui vont le blesser ; il jour donc un rôle positif et, somme toute, contraire à son intérêt égoïste, dans l'accomplissement de la régénération solaire ; d'autre part, les prêtres d'Héliopolis le considèrent comme l'Ennemi, lorsque au cours de cérémonies conjuratoires ils piétinent et écrasent son effigie sur le sol de leurs temples pour aider Rê, prince de la lumière, à triompher de ce premier prince des ténèbres : cela s'accomplissait le matin, à midi et le soir, ainsi qu'à certaines périodes de l'année, ou bien lorsqu'une tempête faisait rage, lorsqu'il pleuvait abondamment ou lors d'une éclipse de soleil : cette éclipse, précise Maspéro, signifiait que Rê venait d'avoir le dessous dans sa lutte contre Apophis.


Le Vivificateur - Inspirateur : le serpent médecin et devin.


Plus qu'une volonté d'hégémonie de l'esprit au détriment des forces naturelles, il faut voir là un souci d'équilibrer ces deux forces fondamentales de l'être, en empêchant que l'une - celle qui n'est pas contrôlable - ne tente de prévaloir sur l'autre. Le même souci se retrouve dans la mythologie grecque, avec l'épisode de la lutte de

Zeus contre Typhon, reconduction d'Apophis. Typhon, fils de Gaïa (la terre) ou d'Héra, n'est plus un serpent, mais un monstrueux dragon à cent têtes, entouré de vipères, à partir de la ceinture jusqu'en bas, et plus grand que les montagnes. Il incarne donc bien la démesure des forces naturelles, insurgées contre l'esprit. Il est significatif que, pour vaincre ce révolté, Zeus ne dispose que de l'aide d'Athéna, la raison, sa fille, tandis que tous les autres Olympiens, épouvantés, vont se réfugier en Égypte - cette Égypte mythique qui deviendra le symbole de la nature bestiale - où ils se transforment en animaux. La nature infernale de Typhon est confirmée par sa descendance ; il engendre l'hydre de Delphes, la Chimère et deux chiens, Orthos et Cerbère. Mais Cerbère n'est pas en soi malfaisant. Il joue un rôle dialectiquement positif dans ces enfers grecs où s'accomplit le cycle perpétuel de la régénération. La pensée grecque, comme la pensée égyptienne, n'attaque donc le serpent que dans la mesure où celui-ci veut ramener le cosmos au chaos. Dans la mesure, au contraire, où il demeure l'indispensable autre-face de l'esprit, le vivifiant, l'inspirateur, par lequel monte la sève des racines à la coupole de l'arbre, il est agréé, et même glorifié. Ainsi, toutes les grandes déesse de la nature, ces déesses mères qui se reconduiront dans le christianisme sous la forme de marie, mère de Dieu incarné ont le serpent pour attribut Mais la Mère du Christ, seconde Ève, lui écrasera la tête, au lieu de l'écouter. C'est tout d'abord Isis portant sur le front le cobra royal, l'uraeus d'or pur, symbole de souveraineté, de connaissance, de vie et de jeunesse divine ; ce sont ensuite Cybèle et Déméter ; et cette déesse aux serpents, de Crète, elle aussi chthonienne. Il est significatif qu'à l'époque d'Aménophis II, Uraeus soit également représenté comme le support du disque solaire. Athéna elle-même, toute céleste que soit son origine, a le serpent pour attribut, et quel plus clair symbole de l'alliance de la raison et des forces naturelles que le mythe de Laocoon, où les serpents sortis de la mer, pour châtier le prêtre coupable de sacrilège, vont ensuite se lover au pied de la statue d'Athéna ?

Le rôle d'inspirateur du serpent apparaît en pleine lumière dans les mythes et les rites relatifs à l'histoire et au culte des deux grandes divinités de la poésie, de la musique, de la médecine et surtout de la divination, que sont Apollon et Dionysos. Apollon, le plus solaire, le plus olympien des Olympiens, inaugure, pourrait-on dire, sa carrière, en libérant l'oracle de Delphes de cette autre hypertrophie des forces naturelles qu'est le serpent Python. Ce n'est pas nier qu'il y ait de l'âme et de l'intelligence dans la nature, comme le soulignera Aristote. C'est au contraire libérer cette âme et cette intelligence profonde et inspirante, qui doivent féconder l'esprit et assurer ainsi l'ordre qu'il se propose d'établir. Apollon, en ce sens, est loin de s'opposer à Dionysos, tous les auteurs modernes sont aujourd'hui d'accord sur ce point. Il provient seul du pôle opposé de l'être, et il sait que la complémentarité des deux pôles est indispensable à la réalisation de l'harmonie, qui est un but suprême. Ainsi, la transe et l'extase, si dionysiaques qu'elles soient, ne sont pas exclues du monde apollinien : la Pythie, qui ne prophétise qu'en transe, en est l'exemple.

Significative est à cet égard l'histoire de Cassandre dont Apollon devait s'éprendre ; Cassandre naît avec un frère jumeau Hélénos ; leurs parents les oublient dans un temple d'Apollon après les fêtes célébrées en l'honneur de leur naissance. Le lendemain matin, lorsqu'on vint les rechercher, on les trouva endormis, et deux serpents étaient en train d'imposer leur langue sur leurs organes des sens pour les purifier. Aux cris des parents effrayés, les animaux se retirèrent dans les lauriers sacrés. Les enfants, par la suite, révélèrent le don de prophétie que leur avait communiqué la purification des serpents. Cette purification semble bien proche de la catharsis pythagoricienne, où l'on s'accorde à reconnaître une influence apollinienne. Généralement, ajoute Grimal, on raconte que Cassandre était une prophétie inspirée. Le Dieu prenait possession d'elle et elle émettait ses oracles dans un délire. Hélénos, au contraire, interprétait l'avenir d'après les oiseaux et les signes extérieurs. C'est dire sans équivoque que les deux faces, apollinienne et dionysiaque, de la divination, sont également originaires du serpent.

Significatif aussi est le mythe de Iamos, fils d'Apollon et d'une mortelle : élevé par des serpents qui le nourrissent de miel, il devient prêtre et père d'une longue lignée de sacerdoces. Mélampous, à la fois devin et médecin, a les oreilles purifiées par des serpents, de sorte qu'il entend le langage des oiseaux ; on l'appelle l'homme aux pieds noirs, la tradition voulant qu'à sa naissance, sa mère l'ait installé à l'ombre, mais ait laissé par inadvertance ses pieds exposés au soleil. Ici, la science du serpent étend également son pouvoir sur le royaume de l'ombre et sur celui de la lumière, concilie l'âme et l'esprit, les deux zones de la conscience, le sacré gauche et le sacré droit.

Mais, dans le monde grec, c'est la figure de Dionysos, qui incarne le plus totalement le sacré gauche, fondamentalement associé à l'image du serpent. Guthrie précise simultanément que l'apogée du culte dionysiaque coïncide en Grèce avec celui de la perfection littéraire et que le plus grand des dons de Dionysos était un sentiment de liberté totale. Ainsi le Grand Libérateur apparaît historiquement au moment où, avec la perfection de l'écrit, s'instaure dans la cité le triomphe du Logos hellénique. Les extases collectives, les transes, les possessions - insurrections du serpent de l'être - apparaissent dès lors comme une revanche de la nature sur la Loi, fille de la seule raison, qui tend à l'opprimer. C'est, somme toute, un retour à l'harmonie par l'excès, à l'équilibre par une folie transitoire ; c'est une thérapeutique du serpent. Certes, extases, transes et possessions existaient, bien avant la venue de Dionysos ; elles étaient nées avec les reliions naturelles et le culte des Grandes Déesses chtoniennes, qui, nous l'avons dit, avaient toutes le serpent pour attribut. Mais c'est à ce moment historique, où se dessinent à Athènes la pensée et la société modernes, qu'elles prennent un regain de ferveur si puissant qu'il en subsistera pour toujours des traces, dans ce monde où l'emprise de la société sur l'homme se fait de plus en plus astreignante. C'est cette tenace volonté d'affranchissement de la nature humaine contre la dictature de la raison, qui donnera naissance aux sectes gnostiques, aux confréries de derviches et, dans le monde chrétien, à toute une catégorie d'hérésies que combattra l'Eglise Romaine. Chacun de ces mouvements lutte à sa façon contre le procès du serpent : aucun être, proclament les Pérates, gnostiques du IIIe siècle, ni au ciel, ni sur la terre, ni dans les enfers, ne s'est formé sans le serpent. Et les Ophites - dont le nom est à lui seul une profession de foi - d'ajouter : nous vénérons le serpent parce que Dieu l'a fait cause de la Gnose pour l'humanité... Nos intestins, grâce auxquels nous nous alimentons et nous vivons, ne reproduisent-ils pas la figure du serpent. Cette analogie, qui n'est pas sans rappeler celle du serpent et du labyrinthe, anticipe étonnamment sur les découvertes modernes concernant les bases du psychisme.

A suivre p. 874.

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Selon Jamie Sams et David Carson dans les Cartes médecine, Découvrir son animal-totem (édition revue 1999, traduction française 2010) :


"Les adeptes de la médecine du Serpent sont exceptionnellement rares. Leur initiation exige qu’on expérimente de nombreuses morsures du reptile et qu’on y survive. La réussite de ces expériences permet de transmuer tous les poisons sur le plan mental, physique, spirituel ou émotionnel. La puissance de la médecine du Serpent, c’est le pouvoir de création qui s’exprime dans la sexualité, l’énergie psychique, l’alchimie, la reproduction et l’ascension (ou l’immortalité).

La connaissance de la médecine du Serpent permet de saisir plusieurs symboles. D’abord, la mue du Serpent, lorsque celui-ci délaisse sa vieille peau pour une nouvelle, symbolise la transmutation du cycle vie mort-renaissance. C’est l’énergie de l’intégrité, de la conscience cosmique, l’habileté de tout expérimenter volontairement et sans résistance. C’est aussi la connaissance que toute chose est neutre dans la création et que les choses qui nous semblent empoisonnées peuvent être mangées, ingérées, intégrées et transmuées lorsqu’on a les bonnes dispositions d’esprit. Thoth, cet habitant de l’Atlantide, nous fournit un autre précieux symbole. Revenu plus tard dans la personne de Hermès, le père de l’alchimie a créé le caducée, ce symbole de guérison : deux serpents qui s’enroulent en sens inverse autour d’une baguette. Enfin, le Serpent fournit l’image de l’énergie divine que crée l’union des énergies masculine et féminine. Pour permettre cette union, il faut comprendre et accepter que ces deux énergies sont au cœur de chaque organisme.

Sur le plan personnel, cette médecine vous enseigne que vous êtes un être universel. En acceptant tous les aspects de votre vie, vous pouvez susciter cette transmutation propre à la Médecine du feu. Sur le plan matériel, cette énergie du feu crée la passion, le désir, la procréation et la vitalité physique. Sur le plan émotif, elle devient ambition, création, esprit de décision et rêves. Sur le plan mental, c’est l’intellect, le pouvoir, le charisme et le leadership. Quand cette énergie du Serpent parvient au plan spirituel, elle devient sagesse, compréhension, intégrité et lien avec le Grand Tout. Si vous avez choisi ce symbole, il se trouve, en votre for intérieur, un besoin de transmuer une pensée, une action ou un désir afin d’accéder à l’intégrité. C’est une magie très puissante, mais rappelez vous-le bien, la magie, ce n’est rien de plus qu’un changement au plan de la conscience. Devenez le magicien ou l’enchanteresse : transmuez l’énergie et acceptez la puissance du feu.


A l’envers :

Si vous avez tiré ce symbole à l’envers, vous avez peut-être choisi de nier votre habileté à changer. Examinez cette possibilité : vous avez peur de changer l’état actuel des choses parce que vous prévoyez une courte étape d’inconfort. L’idée de cet inconfort vous empêche-t-elle de suivre le magicien qui vit en vous ? La vieille structure est-elle si sûre et sécurisante qu’elle vous empêche de sortir de l’ornière ? Pour vous glisser hors de cette situation rassurante mais qui ne vous apporte rien de bon, devenez le Serpent. Abandonnez la vieille peau de votre identité actuelle. Traversez cette illusion trompeuse qui veut vous maintenir dans une continuité statique ; comme la rivière, de méandre en méandre, acheminez-vous vers les eaux de la haute mer. A mesure que votre corps glisse sur les sables de la conscience, vous entrerez dans un rythme nouveau. Laissez-vous porter par l’eau et sachez que, simple goutte, vous faites partie de ce grand ensemble qui vous accueille.

Suivez le rythme du Serpent et vous danserez librement, faisant vôtres ces forces transformatrices de l’univers en les intégrant dans votre danse sensuelle du pouvoir.


Mot-clef : transmutation."

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La signification principale de l’animal totem du serpent est fortement liée à la force de vie et à l’énergie primale. Dans de nombreuses cultures, cet animal est vénéré comme un totem puissant qui représente la source de la vie. Quand le totem du serpent apparaît dans votre vie, cela signifie probablement que des possibilités de changement se profilent à l’horizon. Soyez prêt à faire l’expérience d’un moment de transition important et d’une augmentation de votre niveau d’énergie.


Symbolique du serpent

Quand le serpent se présente comme votre animal totem, cela signifie généralement :

  • Un opportunité de guérison

  • La transformation, des changements de vie

  • L’esprit du serpent est relié à la force de vie, l’énergie primale

  • Etre à l’écoute d’un guide spirituel

Le serpent comme animal totem peut être de fournir des indications utiles sur les changements de vie et les moments de transition, qu’ils soient au niveau physique, émotionnel ou spirituel.


Animal totem du serpent, symbole de guérison

Le serpent est proche énergies de la terre et représente la force de vie. Comme il s’agit d’un reptile, ce totem a une relation avec les pulsions inconscientes et les instincts primaires. Quand le totem du serpent se manifeste dans votre vie, prêtez attention à la façon dont vous utilisez votre énergie.

Si vous considérez le serpent comme totem ou animal de pouvoir, vous êtes sans doute sensible à vos capacités de guérison envers vous-même ou autrui. Cultivez vos sources d’énergie et de soutien, en particulier en ce qui concerne la terre et la nature.

Dans les traditions anciennes ainsi que de nos jours, les serpents sont des symboles de pouvoir de guérison. Dans la mythologie grecque, Asclépios, le dieu de la médecine, est montré avec deux serpents qui montent sur une tige, un symbole connu aujourd’hui sous le nom de caducée et qui arbore beaucoup d’enseignes de pharmacies.


Le totem du serpent comme guide

Le serpent peut symboliser la direction spirituelle. La présence de ce totem dans votre vie signifie souvent que vous êtes dans une période de transition et les moyens de promouvoir votre développement personnel.

Il peut apparaître comme un animal totem lorsque vous vous apprêtez à explorer un terrain peu familier et avez besoin de soutien pour aller de l’avant. Cet animal est habituellement près du sol et peut vous rappeler de garder les pieds sur terre et de renforcer vos fondations alors que vous traversez des moments de changement.


L’interprétation des rêves de serpent

Quand un serpent apparaît dans vos rêves, il peut s’agir d’une visite d’un animal protecteur ou totem qui vous invite à regarder des faits importants ou dynamiques interpersonnelles qui ont un impact sur votre vie. Les serpents mis en avant dans les rêves laissent souvent une impression forte sur le rêveur: Ces rêves ont tendance à être effrayant ou inquiétant car ils font appel à une forte énergie souvent inconsciente.

Que la présence de cet animal totem dans votre rêve laisse une impression positive ou négative, sa présence doit être considérée comme une invitation à regarder les changements qui sont a l’œuvre dans votre vie et les opportunités d’évolution et de transformation.

http://www.animal-totem.fr/animal-totem-serpent/

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Canalisation de Caroline Leroux qui communique avec les devas des animaux.

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Lire aussi Les Enseignements du Serpent, messages et visions chamaniques

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D'après Didier Colin, auteur du Dictionnaire se symboles, des mythes et des légendes (Larousse Livre, 2000) :


"Ce reptile dépourvu de pattes, au long corps recouvert d'écailles, et dont les os de la mâchoire, très mobiles, lui permettent d'avaler des proies plus grosses que lui, fut à l'origine de nombreux mythes et cultes. Dans toutes les civilisations, il fut un symbole de vie et de mort confondues, c'est-à-dire de régénération.

Il fut choisi en Chine pour être l'un des signes du zodiaque. Quetzacoalt le dieu créateur des Aztèques, était figuré par un serpent à plumes, qui jouait un rôle civilisateur. Les monstres de la mythologie grecque, tel Cerbère ou la Méduse entre autres, sont souvent pourvus de serpents greffés sur leur corps ou leur tête. Innana-Ishtar, la grande déesse mésopotamienne, qui fut l'inspiratrice d'Aphrodite / Vénus, était souvent représentée avec un serpent enroulé autour de son corps. En Égypte, Apopis, symbole du chaos primitif, figuré sous l'aspect d'un serpent gigantesque, divinité du mal et de la nuit était considéré comme l'ennemi mortel de Rê, le dieu-Soleil, qu'il combattait toutes les nuits. C'est sans doute de cette croyance mythique égyptienne que se sont inspirés les grecs pour mettre en scène la lutte d'Apollon contre Python, fils de la terre, qui rendait des oracles à Delphes avant que le dieu solaire ne le transperce de ses flèches mortelles et ne prenne sa place. Enfin, on sait, bien sûr, le rôle ambigu mais initiatique que va jouer le serpent dans l'historie d'Adam et Ève.

L'apparition d'un serpent dans un rêve est souvent représentative de l'énergie psychique, instinctive, primordiale du rêveur, qui s'agite et se manifeste à lui sous cette forme. Quels que soient son aspect, sa couleur et le rôle qu'il joue dans son rêve, il est toujours d'une grande portée symbolique qui peut être à l'origine d'une révélation, d'une crise ou prise de conscience, d'un réveil ou d'une libération des pulsions instinctives."

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D'après Madonna Gauding, auteure de Animaux de pouvoir, Guides, protecteurs et guérisseurs (Octopus Publishing Group, 2006, traduction française Éditions Véga, 2006) nous propose son


"Guide d'interprétation

En tant que symbole onirique

Sagesse ; Potentiel ; Éveil ; Transmutation ; Initiation ; Résurrection ; Renaissance ;


En tant que gardien ou protecteur

Garde des mystères sacrés ; Protège les chercheurs spirituels ;


En tant que guérisseur

Purifie et éveille les chakras ; Purifie la toxicité provoquant des maladies ;


En tant qu'oracle ou augure

Soyez plus souple ; Abandonnez ce qui vous empêche d'avancer

Mythes et contes

Les Dogons du Mali pensent que le serpent a enseigné aux humains comment accoucher. La déesse hindoue Kali arbore un collier de serpents, symbole de son énergie kundalini. La chevelure de Méduse, la gorgone grecque est formée de serpents.


Si le serpent est votre animal de pouvoir

Vous avez la capacité de grandir en tant que personne car vous ne craignez pas de laisser aller les idées ou les relations devenue inutiles. Comme un alchimiste, vous transmutez les expériences négatives - mauvaise affaire, accident de voiture, maladie grave - en leçons spirituelles positives. Vous avez un odorat fin et "sentez" le danger de loin. Lorsque vous observez les autres, vous voyez leur cœur et leur âme. Votre personnalité est charismatique et intense. Vous enseignez aux autres à accéder au pouvoir des états supérieurs de conscience.


Demandez au serpent de vous aider :

  • à transformer tout ce qui est stagnant dans votre vie ;

  • à grandir dans le savoir spirituel ;

  • à affronter la peur du changement ou de la perte.

Accéder au pouvoir du serpent en :

  • observant les serpents ;

  • suivant un cours de yoga pour assouplir votre colonne vertébrale.

En tant qu'animal de pouvoir, le serpent dévore les choses dont vous ne voulez plus. Offrez-lui toute habitude négative, comme le tabagisme ou la boulimie, que vous aimeriez voir disparaître de votre vie.


Élément Terre."

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Selon Annie Pazzogna, auteure de Totem, Animaux, arbres et pierres, mes frères, Enseignement des Indiens des Plaines, (Le Mercure Dauphinois, 2008, 2012, 2015), dans le cercle des animaux, le Serpent (Zuze-ca) fait partie, au même titre que l'Hirondelle, la Libellule, l'Araignée, le Corbeau, le Cheval et le Chien, des Animaux Tonnerre qui se situent à l'Ouest de l'Ouest.


Mots-clés "(en négatif ) : Immobilisme - Ignorance.

(en positif) : Fécondité - Messager - Sagesse - Renouvellement.

Il y a des millions d'années, les reptiles étaient couverts de plumes et certains volaient.

Vivipare ou ovipare, venimeux ou non, "le siffleur à te^te de flèche" est un grand chasseur de rongeurs.

Force et fécondité, Zuze'ca est le messager qui véhicule les nouvelles tout autour de la Mère Terre. Serpent est la sagesse infuse, l'autosuffisance, le cercle, la vie, le nuage qui apporte la pluie régénératrice.

Il est le renouvellement, la transformation, la renaissance ; ne perd-il pas sa peau régulièrement ? Par sa forme, il concilie le corps et l'esprit et das l'au-delà, il exécuterait la justice divine.

Zuze'ca est l'énergie vitale de la guérison. En un mot, il est la connaissance. Sa langue crache le feu et son corps est l'arc-en-ciel qui unit le Ciel et la Terre.

Serpent blanc "garde" notre planète.

Certains hommes médecine, dans leur période obscure, appellent Serpent noir.

Zuze'ca est un "gentleman" ; il prévient qu'il est dans les parages en faisant sonner sa queue..."

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Dans Rencontre avec votre animal totem (édition originale 2010, traduction française 2015), Phillip Kansa et Elke Kirchner nous proposent la fiche suivante sur le serpent :


"Caractéristiques positives

Déploiement des forces thérapeutiques ; Protection dans la méditation ; Guide des lieux de force dans la nature.

En quoi cet animal m'aide

Le serpent a de puissantes vertus thérapeutiques et soutient les hommes dans leurs métiers de thérapeutes. Il offre sa protection à tous ceux qui agissent sur différentes plans énergétiques ou vivent de grandes ouvertures spirituelles. Quand un serpent se montre quelque part, il s'agit très certainement d'un lieu de force ou d'un endroit où l'on peut percevoir d'autres dimensions.

Comment le serpent me protège

Le serpent offre une puissante protection lors des voyages chamaniques dans d'autres dimensions. Il te protège des maladies si tu travailles dans le domaine curatif. Sa protection très puissante agit sur plusieurs niveaux. Ainsi, invoque toujours le serpent quand tu veux changer de plan énergétique ou de dimension, et lors d'initiations.

Exercice pour me relier à cet animal

Imagine que tu es assis dans un lieu de force, dans la nature, devant un antre. Il fait chaud sous le soleil. Tu t'appuies contre un rocher et regardes l'entrée du repaire. Invoque maintenant ton serpent ; tu le vois onduler lentement jusqu'à toi. Dans ta main, tu tiens de la poussière dorée. Elle t'aide à être vraiment sûr qu'il s'agit de ton serpent totem. Répands la poussière dorée sur l'animal. S'il s'illumine et devient plus beau, il s'agit bien de ton serpent. S'il se désagrège, attends encore un peu que ton véritable serpent se manifeste. Teste chaque nouveau serpent qui se montre à toi. Si tu as trouvé le bon, demande-lui son nom afin de pouvoir l'invoquer à tout moment."

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Pour David Carson, auteur de Communiquer avec les animaux totems, puisez dans les qualités animales une aide et une inspiration au quotidien (Watkins Publishing, 2011 ; traduction française Éditions Véga, 2011), le serpent appartient à la famille des Qualités intérieures, au même titre que la taupe, la tortue, le faucon, le chat, le singe, le phénix, le jaguar, l'éléphant, l'araignée, le loup, le lion, l'ours grizzly, le corbeau et la corneille, le gorille, le crocodile, le bison et le dragon.


Qualités intérieures :

Le rythme effréné du monde dans lequel nous vivons - exigences du travail, évolution technologique et pressions financières - nous fait aisément oublier notre parenté aux animaux. Il est encore plus facile de négliger notre esprit animal, personnel et intérieur, où nous pouvons puiser force, sagesse et conseils.

Il existe diverses façons de nous reconnecter à nos guides intérieurs. L'une d'elles est de fournir un effort conscient pour trouver l'animal qui compense les faiblesses que nous sentons en nous-mêmes - le lion peut pas exemple nous aider à combattre notre timidité. Une autre approche consiste à identifier un ou plusieurs animaux avec lesquelles nous sentons une affinité particulière et à travailler en lien étroit avec eux sur une large gamme de problèmes et de peurs. Ce chapitre sonde les créatures susceptibles d'offrir un éclairage intérieur particulier sur notre caractère et notre psyché. [...]

Dans de nombreuses sociétés chamaniques, le serpent est considéré comme une créature aux pouvoirs surnaturels. Il transporte l'énergie de l'eau et les chamanes méditent souvent sur l'esprit-serpent pour apprendre à lutter contre la sécheresse. Une bonne relation à ces animaux est essentielle si l'on veut que le maïs et d'autres céréales continuent à pousser dans un environnement aride. Les chamans utilisent leur pouvoir pour communiquer avec les serpents cherchant des conseils quant aux rituels pour plaire aux esprits-serpents et s'assurer que les récoltes demeurent saines et croissantes. Les Aborigènes d'Australie ne cultivaient pas de récoltes, mais leur culture accordait elle aussi une grande valeur au serpent. On retrouve le concept du Serpent Arc-en-ciel, créature puissante, à la fois créative et dangereuse, dans les traditions de nombreuses tribus. Observé généralement près des points d'eau et des rivières, le Serpent Arc-en-ciel était associé à l'arrivée de la pluie et on lui prêtait des pouvoirs thérapeutiques.

L'animal a le pouvoir de muer. En effet, son ancienne peau se retourne à mesure qu'il s'en extirpe par ondulations. Les spécimens plus âgés muent une ou deux fois par an, mais chez les plus jeunes, le phénomène peut se produire jusqu'à quatre fois par an. Cette aptitude à changer de peau a fasciné les cultures du mon entier, conduisant le serpent à devenir un symbole de renouveau, de renaissance et de guérison. Le symbole ouroboros - un serpent qui se mord la queue - présent dans de nombreuses cultures, illustre ce concept de régénération et d'immortalité.

Le serpent véhicule une puissante énergie. Celle-ci peut être la clé de vies antérieures, de sagesse, ou même un esprit-guide menant à la liberté. Le serpent est le maître des coups rapides et de l'énergie interne. Agile et souple, il est aussi très malin. Dans la tradition judéo-chrétienne, le serpent est un traître qui amène au monde le péché, mais dans d'autres cultures, il est associé à la déesse Terre, à la fertilité et à l'énergie sexuelle.


Mot-clé : Guérisseur immortel

Réveiller le serpent

Dans la tradition yogique, le serpent est vu comme l'incarnation de Shakti, énergie femelle divine et cosmique. Cette force, connue sous le nom de Kundalini, est décrite comme un serpent enroulé, endormi à la base de la colonne vertébrale. Quand l'énergie Kundalini est réveillée par la stimulation progressive de chacun des chakras majeurs - ou centres énergétiques subtils - situés le long de la colonne, on pense qu'il est alors possible d'atteindre la sagesse divine et de ressentir l'unité cosmique.

Cette méditation, qui se concentre sur chaque chakra l'un après l'autre, peut vous aider à développer l'énergie Kundalini.


  1. Trouver un endroit calme, asseyez-vus dans une position confortable, fermez les yeux et détendez-vous.

  2. Commencez par cous concentrer sur le chakra basique, situé à la base de la colonne vertébrale. Celui-ci nous maintient ancré et connecté.

  3. Le suivant est le chakra sacré, situé sous le nombril. Concentrez-vous sur son énergie créative.

  4. Sentez l'énergie gagner le troisième chakra, le plexus solaire, entre le nombril et le sternum. Ressentez l'énergie du développement et de l'épanouissement.

  5. Progressez jusqu'au chakra du cœur, proche du sternum. Sentez l'énergie de la passion et de la dévotion.

  6. Remontez jusqu'au cinquième chakra, le laryngé, situé entre les clavicules et le larynx, siège puissant de la communication.

  7. Sentez l'énergie atteindre le chakra frontal, le sixième, situé au milieu du front. Éprouvez votre capacité d'intuition et de clarté.

  8. Atteignez enfin le dernier chakra, le coronal, au sommet de la tête, lieu de conscience universelle et d'unité cosmique. Ouvrez-vous à ses forces.

  9. Terminez votre méditation en revisitant successivement chacun des chakras, votre énergie à présent équilibrée et en harmonie.

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Dans Vert, Histoire d'une couleur (Éditions du Seuil, 2013) Michel Pastoureau s'attache à retracer l'histoire de la perception visuelle, sociale, culturelle de cette couleur en Occident, de l'Antiquité au XIXe siècle. C'est aussi l'occasion d'évoquer d'autres éléments de la symbolique liées à la couleur verte. Ainsi :


"La plupart des serpents sont verts, et cette couleur est le signe de leur nature mauvaise et dangereuse. Ainsi l'aspic, la vipère et le dragon. Le venin de l'aspic endort plus qu'il ne tue mais il endort définitivement : L'homme ou la femme qui a été mordu tombe dans un profond sommeil et ne se réveille plus.. C'est ce qui est arrivé à la reine Cléopâtre, qui se suicida en plaçant un aspic sur son sein. La vipère est plus rusée et plus cruelle : elle se cache pour mieux surgit et mordre là où on ne l'attend pas. La femelle surtout est haïssable. Son union avec le mâle est tragique pour ce dernier : pour que l'accouplement soit fécond, il doit introduire sa tête dans la bouche de sa compagne ; mais quand il y a déposé sa semence, elle lui tranche aussitôt la tête avec ses dents. De cette union mortifère naissent des petits tout aussi impitoyables : sitôt sortis du ventre de leur mère, ils la tuent."

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Dans son jeu de carte L'Oracle du peuple animal (Guy Trédaniel Éditeur, 2016), Arnaud Riou regroupe les animaux par famille. Le serpent appartient selon lui à la famille de la transformation avec le corbeau, le saumon, la chouette, le papillon, le scarabée, le caméléon, la licorne, la grenouille et l'hirondelle.


"La transformation. Lorsque vous posez les actes justes et les paroles justes, alors les transformations de votre existence se révèlent naturellement. La transformation peut être intérieure, c'est une prise de conscience, un changement de posture, ou une transformation extérieure, un déménagement, une rupture, un nouveau job. Dans tous les cas, l'animal de cette famille vous aide à aligner vos valeurs à vos actes pour que la transformation s'inscrive dans la ligne de votre évolution intime.

Nous sommes sur la Terre pour apprendre à nous transformer, à laisser émerger notre plus belle lumière.

La nature de notre âme est de s'élever. Comme un bouchon dans le fond de l'eau, nous sommes inexorablement amenés à nous élever vers une compréhension plus fine de l'humanité. Grandir, c'est affiner ses perceptions, ouvrir son cœur, devenir un être meilleur, se libérer du jugement, des a priori, de la peur de l'autre. Ne plus être en réaction. Permettre à la plus belle partie de notre être de s'exprimer, de créer, d'oser, d'entreprendre dans la conscience et dans l'amour.

Lorsque nous sommes dans le fil du courant, et lorsque nous suivons ce mouvement d'évolution notre monde intérieur s'apaise. Nous avons de plus en plus de plaisir à nous lever le matin, nous sommes de plus en plus inspirés, nous sommes en meilleure santé et note énergie vitale s'harmonise. Pour arriver à cet état, nous devons nous transformer.

Tout au long de la première patrie de notre existence, nous avons souvent été déçus, blessés. Nous nous sommes sentis écartés, rejetés, exclus, abandonnés. Ces blessures ont créé des cuirasses qui nous ont amenés à nous méfier et à ne plus voir la beauté du monde. Nous réagissons alors à partir de nos blessures. Nous sommes prêts à saboter nos plus belles perspectives pour permettre à notre être blessé d'avoir le dernier mot.

La transformation permet de changer de paradigme, d'établir en soi et autour de soi une paix profonde et ineffable, de modifier son regard, de transformer ses habitudes, ses réflexes conditionnés, de devenir sur la Terre un être meilleur, plus aimant envers soi et envers chacun. L'amour permet tout. Lorsque notre cœur s'ouvre, nous réalisons combien nous ne sommes pas coupés les uns des autres. L'amour nous permet de voir chacun avec les yeux du cœur. C'en est fini du jugement. Nous voulons le bien de toute l'humanité, car nous sommes, en essence, cette humanité.

Les animaux de cette famille vont vous aider et vous accompagner dans cette période de la transformation. Il est temps de laisser vos vieux vêtements, ils ne vous seront plus d'aucune utilité, il est temps de laisser fondre vos vieilles peurs et de vous laisser guider par le peuple de la transformation.


Quand tu auras dompté ton énergie vitale,

tu ne lutteras plus contre les ténèbres.

Tu la laisseras circuler pour faire vibrer ta lumière.


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La carte représente une Vipère. Elle est lovée sur elle-même au pied d'une pierre chaude. Le haut de son corps est à l'affût, vif, elle nous regarde. Sa langue qui lui sert de radar est visible. Nous sommes en été, à une heure de l'après-midi où le soleil est chaud. Nous sommes dans un environnement méridional de plantes du sud, du thym, du romarin, des bosquets sauvages. Quelques arbres fruitiers sont plantés ici et là. Pommiers, poiriers. L'environnement est dans cet équilibre de pierrailles et de jardin d'Éden.

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Le Serpent est l'un des animaux totem les plus ambivalents et les plus mystérieux. Il repousse comme il fascine. Certains se font tatouer son image, d'autres développent envers lui une véritable phobie. Car le Serpent est porteur de ce venin qui peut nous foudroyer en une seconde. On ne lutte pas contre le Serpent. On lutte contre la peur qu'il nous inspire. C'est pourquoi les chamans se font respecter au Maroc en dépassant leur peur du Serpent. Ils partent à sa rencontre dans les montagnes reculées et l'hypnotisent par la force de l'esprit, jusqu'à anéantir en lui toute tentation agressive. C'est leur façon d'imposer ensuite leur pouvoir de guérisseur. Ces dresseurs de Serpent sont reconnus comme les maîtres de l'esprit. Ils ont vaincu les forces occultes. Ils ont dépassé leur propre peur. En Inde, et dans plusieurs pays du Moyen-Orient, le Serpent est dompté avec la flûte. C'est le souffle divin, le prana qui fait sonner la flûte et obéir le Serpent. Il n'est pas de tradition, de religion qui n'intègre la symbolique du mystérieux reptile.

Ici, le Serpent apparaît sous les traits d'Ouroboros, le Serpent qui se mord la queue et incarne l'éternel recommencement. Là Quetzalcoatl, le Serpent à plumes, se terre dans les mondes souterrains pour y créer le cinquième monde. Le Serpent apparaît dans les vision des chamans aborigènes. C'est lui qui dirige les prises d'Ayahuasca, la liane du temps. On retrouve le Serpent jusque dans le ventre de l'homme sous la forme des intestins. C'est le Serpent encore qui est dessiné autour de la Déclaration des droits de l'homme et sur le caducée des médecins; Esculape, le dieu de la médecine, avait le Serpent comme attribut. C'est le Cobra lové autour de Shiva ou le Serpent géant vaincu par Krishna. Dans ce cas, le Serpent incarne la Kundalini, l'énergie vitale intérieure que l'homme a pour défi de dompter pour transformer ses puissantes pulsions sexuelles et forces de destruction en sagesse et en amour. La Kundalini, qui porte notre énergie sexuelle, prend sa source dans notre sacrum, c'est par la respiration, la visualisation et la pleine conscience que nous allons permettre à celle-ci de s'élever le long de notre colonne vertébrale pour irradier notre cœur et nous élever jusqu'au sommet de notre crâne, et bien au-delà. C'est à partir de l'énergie vitale intérieure que l'homme sage s'élève vers la paix et la connaissance.


Lorsque le Serpent vous apparaît dans le tirage. Le Serpent vient gêner, questionner, interroger. Il est celui qui bouleverse nos certitudes, notre confort établi. Il sème le doute au jardin d'Éden, en proposant les secrets de la connaissance. Il n'impose rien, il questionne Ève : " Comment Dieu aurait-il pu te priver du fruit de la connaissance ? " Le Serpent est le symbole de l'ambivalence, du mensonge, du mystère, mais aussi de la vérité et de l'intelligence. Il a maîtrisé l'élixir de l'éternelle jeunesse, de l'immortalité. Chaque année, le Serpent quitte sa vieille peau, il mue. Lui-même laisse ses vieux attributs pour renaître indéfiniment. il nous invite à le suivre.


Mots-clés : La transformation - L'avertissement - La sagesse - Les pulsions - L'énergie sexuelle - La mutation - L'immobilité - L'opportunité - Le changement.


Signification renversée : Lorsque le Serpent vous apparaît à l'envers, il peut vous avertir d'un danger, d'une situation que vous n'avez pas comprise. Il vous encourage à changer de point de vue, à ne pas vous obstiner. Dans tous les cas, le Serpent vous interroge sur l'opportunité d'agir. Dans la nature, certains Serpents, comme la vipère ou le cobra, paralysent leur victime, par leur venin qui coagule le sang, ou paralyse les muscles. D'autres Serpents étouffent leur proie. Dans tous les cas, le Serpent est un animal à sang froid. Il peut rester immobile pendant des heures. Comme son cousin le scorpion, il ne chasse pas, il laisse venir à lui la proie. C'est pourquoi le Serpent vous interroge sur l'opportunité. Quelle énergie déployez-vous actuellement pour obtenir ce que vous voulez ? Par moments, le Serpent peut vous interroger sur votre expression. Le reptile est mystérieux et son expression est figée. Lorsqu'il apparaît à l'envers, le Serpent vous invite à la communication, au dialogue, à l'expression. Il vous encourage à e pas vous taire.


Le message su Serpent : Je suis le Serpent, tu me connais et peut-être tu me crains. on dit de moi que je suis sournois, vicieux, imprévisible. On me reproche même d'avoir perverti Ève dans le jardin d'Éden. Mais m'accuser ainsi, c'est faire fi du plus précieux des cadeaux qui est donné à chaque être humain, le libre arbitre. Chacun a le pouvoir de vivre sa vie comme il l'entend. Je t'apparais comme un miroir. Je ne suis i la fourberie ni le vice dont on m'accable, je ne suis que le miroir qui reflète tes propres pulsions. Je t'invite à respirer profondément. De moi, tu n'as rien à craindre. C'est de toi dont tu es invité à devenir le maître. C'est en cela que je peux t'aider. Si tu souhaites croquer le fruit de la connaissance, alors, les les complexités de l'énergie vitale n'auront plus de secrets pour toi. Tu sauras transformer la peur en courage et ton cœur s'ouvrira. Sache que c'est moi qui inspire les alchimistes. Je connais le secret de la pierre philosophale, celle qui transforme le plomb en or. celle qui transformera tes démons en lumière. A présent, je te demande : es-tu prêt à me suivre, es-tu prêt à descendre au cœur de toi-même ? Prêt à descendre dans ton propre gouffre, traverser l'enfer de tes pulsions, à affronter tes propres démons pour aller trouver ta lumière ? Si tu le veux alors, associons-nous, je te tiendrai compagnie dans ta quête de vérité. Tu n'as rien à craindre, car si tu m'as trouvé, c'est que ton cœur est pur. Et que quelle que soit l'obscurité, elle est toujours dissoute par la lumière.


Le rituel du Serpent : Je rends hommage au Serpent. Je rends hommage à mon aptitude à transformer. Je visualise ma colonne vertébrale sous la forme d'un Serpent lumineux. A chaque inspiration, je sens ce canal central s'éclairer d'une belle lumière blanche légèrement dorée. A chaque expiration, cette lumière se diffuse dans tout mon corps. Je regarde en face tout ce qui hier m'effrayait, mes pulsions, les peurs, les zones d'ombre. Lorsque je ressens l'énergie du Serpent dans ma colonne vertébrale, je ressens toutes ces zones se dissiper et se transformer en amour."

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Selon les enseignements de Bhola Nath Banstola (Jhankri népalais héritier de la tradition chamanique de l'ouest du Népal), dispensé du 15 au 18 juin 2017 à Champex (Suisse), sur le manche du tambour biface du chaman népalais sont figurés deux serpents (naga en népalais) qui sortent de la terre car le serpent porte la médecine de l'immortalité. Ils sont enlacés mais regardent dans les directions opposées (ils se tournent le dos), ce qui signifie qu'il y a une possibilité de voir de l'autre côté. Notre travail est de les amener à se regarder en face, c'est-à-dire parvenir à faire travailler ensemble l'âme mentale qui regarde vers l'extérieur et l'autre côté de l'âme qui reste calme et regarde à l'intérieur.

Dans le travail spirituel, il s'agit de calmer l'extraverti et de réveiller l'intraverti. Ainsi, les serpents peuvent se reconnaître et se découvrir. c'est quand les deux serpents peuvent se voir l'un l'autre que l'on parvient à l'éveil.


Le naga a quelquefois sept têtes, quelquefois neuf. La médecine du serpent est une des plus grandes de la tradition népalaise car il mue continuellement. Il nous dit de laisser partir le passé, de caner. Il avance en serpentant. La sagesse de cet enseignement c'est de nous montrer que les choses peuvent aller à droite, à gauche, et particulièrement dans l'apprentissage.

Le serpent nous apprend à nous ancrer car sinon le travail spirituel est inutile.

Il a beaucoup d'intuition et une grande sensibilité car il ne voir pas mais sait où aller grâce aux vibrations qu'il ressent dans son corps. Notre santé mentale, nos émotions et l'énergie sexuelle qui nous définit sont sous le contrôle du serpent. De même, le système de reproduction, les affections internes et le système nerveux sont guidés par l'énergie du serpent. C'est une composante importante de la pratique de guérison.


Le 27 juillet est le jour du Serpent cette année. On le remercie pour la pluie, la fertilité et la protection car tous les animaux à venin (au propre comme au figuré) sont éloignés par cette protection.


Voyage au Pays des Naga :


  • Invocation au tambour pour appeler les Naga

  • Les nagas sont partout : les dragons sont des nagas qui volent, les éclairs sont des nagas. Ils mettent en connexion car ils sont partout. C'est pourquoi on les invoque dans toutes les cérémonies de guérison.

  • L'endroit où il y a le plus de nagas est le monde d'en-bas, l'océan primordial. Là, il y a une maison circulaire en lapis-lazuli ou en turquoise. Le roi des Nagas, Naja Rajah y vit avec la reine des Nagas. Dans la bouche du roi, il y a un joyau qui distille une lumière très forte. Cette lumière arc-en-ciel monte dans les trois mondes. Dans le voyage, on descend dans le monde d'en-bas, jusqu'au royaume des Nagas et on demande l'aide du Roi et de la Reine.

  • Les nagas représentant notre pouvoir psychique, notre intuition. Ils augmentent l'énergie de notre corps.

  • Les traumas et les peurs liées au sexe sont traités par le naga. Si on a une question particulière liée à notre chemin ou à un trauma, à des peurs stockées en bas du corps, il faut demander l'aide des nagas.


Il y a deux types de naga :

  • celui qui symbolise l'abondance, la prospérité et la guérison (Danapuli)

  • celui qui représente l'opposé : il enlève la richesse, la santé et augmente la disharmonie (Asapuli)

  • il existe également un naga vierge, moitié femme et moitié serpent. Si elle devient notre amie, elle nous donnera tout car elle détient le pouvoir


On ne donne jamais d'alcool ou de viande en offrandes aux nagas.

Les nagas sont moins souvent dans le monde d'en-haut car ils sont chassés par l'aigle.

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Pour Melissa Alvarez, auteure de A la Rencontre de votre Animal énergétique (LLewellyn Publications, 2017 ; traduction française Éditions Véga, 2017), le Serpent est défini par les caractéristiques suivantes :

Traits : Le Serpent symbolise la transformation, l'éveil des forces créatives et le lien à la conscience supérieure. Le serpent a la capacité de se dépouiller de sa peau, pour révéler une chair nouvelle en dessous. Vous aussi, vous pouvez vous transformer comme le serpent en lâchant l'ancien et en accueillant le nouveau. Lorsque vous le faîtes, vous ouvrez votre être intérieur et permettez la connexion à des niveaux de conscience supérieurs qui vont ouvrir en vous le flux de la créativité. C'est une période de renaissance, de guérison, de régénération et d'éveil spirituel. Le serpent a une langue fourchue, ce qui veut dire que vous avez la vigilance pour décider mensonges et tromperies.


Talents : Affirmé ; Changeant ; Connexion à la magie ; Créativité ; Astucieux ; Cycles de la vie ; Insaisissable ; Fertilité ; Fluidité ; Guidance ; Guérison ; Force de vie ; Patience ; Energie primitive ; Renaissance ; Prouesses sexuelles ; Spiritualité ; Transformation ; Sagesse.

Défis : Agressif ; Trahison ; Froideur de cœur ; Duperie ; Tromperie ; Duplicité ; Mensonges ; Promiscuité ; Vindicatif.

Élément : Air ; Terre ; Eau.

Couleurs primaires : Noir ; vert ; Orange ; Jaune ; et n'importe quelle couleur ou association de couleurs.

Apparitions : Lorsque le Serpent apparaît, cela veut dire que vous entrez dans une période de très grande croissance spirituelle, avec un bond en avant de vos capacités intuitives, et que vous allez être davantage connecté à l'énergie de l'univers. Vous êtes comme une éponge, à absorber tant de connaissances que cela peut sembler vous submerger, mais cela peut aussi devenir addictif. Vous allez vivre une poussée dans tous les domaines de votre vie lors de cette période de croissance spirituelle. Votre intuition va devenir plus précise, vos rêves peuvent se faire prophétiques et votre connaissance sera plus grande que jamais. Tout ce sur quoi vous êtes en train de travailler, que ce soit un loisir ou un travail , va se réaliser avec facilité. Il vous sera offert de nouvelles opportunités et vous allez devenir plus ambitieux et expérimenter une métamorphose en de multiples occasions. Le serpent est votre protecteur dans votre croissance et dans ces changements. Se yeux restent ouverts, car ils sont protégés pare une écaille opaque, ce qui veut dire que, lors de cette phase de votre vie, vous aurez une vision bien plus pénétrante que ce que vous pensiez avoir un jour. Avec cette qualité de vision vient une compréhension intérieure des choses qui na pas besoin d'explication. Vous savez simplement ce qui est, sans même qu'on vous le dise. Vous ^tes vigilant sur tout ce qui se passe autour de vous et vous accueillez pleinement l'élévation spirituelle que vous êtes en trains de vivre.

Aide : Vous avez besoin de procéder à des changements pour pouvoir poursuivre vos rêves. Le serpent peut vous aider à réaliser vos rêves et vous donner la vitalité et le feu nécessaires pour les amener à se concrétiser. Le serpent permet que les périodes de transition s'écoulent avec facilité. Il peut aussi vous aider lorsque vous essayez de vous harmoniser avec les rôles que vous devez remplir dans votre vie. Comment les autres vous perçoivent-ils . Qu'attendent-ils de vous ? Est-ce que cela cadre avec ce que vous ressentez ou voulez dans votre for intérieur ? Si ce n'est pas le cas, alors il est peut-être temps pour vous de vous dépouiller des images qui ne correspondent plus à ce que vous sentez de vous-même, et d'expliquer à votre famille et à vos amis que leurs attentes envers vous ont besoin de changer aussi. Il est difficile de vivre sur le plan physique, et encore plus dur d'essayer d'être tout pour tout le monde en oubliant ce qu'e l'on veut vraiment vivre et accomplir dans sa vie. Le serpent peut vous aider à traverser vos émotions pour faire que les autres ouvrent les yeux sur votre vérité.

Fréquence : L'énergie du Serpent est mince, gluante et sinueuse. Elle donne une sensation froide au toucher, vous enveloppe de petits frissons, et fait que vous devez reprendre votre souffle. Elle vous force à ouvrir les yeux, en haletant, pour voir vraiment les choses. Sa sonorité ressemble au bruit que fait le frottement de grandes herbes.

Voir aussi : Amphisbène ; Chimère ; Jörmungandr (Serpent de mer) ; Ladon (dragon).

Imaginez...

Vous sortez de chez vous et suivez le trottoir, lorsque vous voyez en partie le dessus d'un serpent noir sur l'asphalte. En souriant, vous lui dites : "Salut, Ellie ! " Vous l'avez vu rôder dans le coin depuis tout petit et c'est le nom que vous lui avez donné il y a quelques semaines. Sa tête et l'autre partie de son corps sont cachées dans l'herbe. Vous vous penchez et passez vos doigts sur son dos. En sentant votre toucher, sa tête sort de l'herbe : il vous regarde alors que vous continuez à cajoler sa peau douce. Il vous permet de le toucher encore un petit moment, puis il s'éloigne en se faufilant dans les herbes.

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Littérature :


Dans ses Histoires naturelles (1874), Jules Renard brosse des portraits étonnants des animaux que nous connaissons bien :

Le serpent

I

Trop long.

II

La dix millionième partie du quart du méridien terrestre.

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