Ailm
- Anne

- 1 janv. 2019
- 16 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 mai
Symbolisme :
Robert Graves, auteur de Les Mythes celtes, La Déesse blanche (Éditions Faber and Faber, 1948 ; traduction française : Éditions du Rocher 1979 et 2007) évoque l'ogam et en particulier les cinq voyelles dont la lettre "A" :
"Les voyelles du Beth-Luis-Nion forment une séquence saisonnière complémentaire et représentent des moments de l'année, au même titre, du reste, que les voyelles du Boibel-Loth. Je les tiens pour les arbres les plus particulièrement consacrés à la Déesse Blanche puisqu'elle présidait à toute l'année et que le nombre cinq lui était consacré. En effet, Gwion, dans son poème Kadeir Taliesin (« le Fauteuil de Taliesin »), ce fameux fauteuil qu'il réclamait en qualité de Premier Poète des Galles après avoir confondu Heinin et les autres bardes, décrit le chaudron d'inspiration, le chaudron de Cerridwen, comme :
Doux chaudron des cinq arbres (1)
En Crète, en Grèce et sur les côtes orientales de la Méditerranée, les arbres sacrés sont généralement représentés sous forme de colonnes ; ainsi ces cinq arbres peuvent-ils être considérés comme les archétypes des cinq colonnes aux fûts verticaux ou spiraliformes que l'on voit adorées par un homme sur un sceau mycénien en forme de cylindre. Dans le gnostique Évangile de Thomas récemment découvert, il est fait mention de cinq arbres de paradis, mais ils sont les emblèmes des cinq Immortels, à savoir Abraham, Isaac, Jacob, Enoch et Elie.

A pour Ailm
Le premier arbre est l'épicéa, arbre femelle dont les feuilles ressemblent étroitement à celles de l'if, et consacré en Grèe à Artémis la Déesse-Lune qui préside à l'enfantement. C'est le principal arbre de la naissance dans l'Europe septentrinaole. On le rencontre fréquemment ans le contexte des nativités. A Orkney, selon La Vie Sociale en Écosse de Roger, mère et enfant sont « bénis » aussitôt après la délivrance avec une torche de sapin enflammée promenée par trois fois autour du lit. Il est remarquable que Ailm, en vieil iralndais, serve également à désigner le palmier qui n'est pourtant pas un arbre natif d'Irlande quoiqu'il vienne bien dans la propriété de mon grand-père dans le comté de Kerry. Le palmier, arbre de la naissance pour l'Égypte, la Babylonie, l'Arabie et la Phénicie, a donné son nom de phœnix (« sanglant ») à la Phénicie qui, dans les temps anciens, occupa les rivages de toute la Méditerranée orientale, et au phénix qui revit et renaît dans un palmier. Son rattachement poétique à la naissance vient de ce que la mer est la mère universelle et que le palmier prospère au bord de la mer dans un sol sablonneux lourdement chargé de sel ; sans sel à ses racines un jeune palmier demeure rabougri. Le palmier est l'arbre de la vie dans l'histoire babylonienne du jardin d'Éden. Son nom hébreu est « tamar ». Tamar était l'équivalent hébraïque de la grande déesse Istar ou Ashtaroth ; d'ailleurs les Arabes adoraient le palmier de Nejran tel une déesse ; ils le recouvraient chaque année de vêtements et de bijoux féminins. L'Apollon de Délos et de Dusarès des Nabatéens étaient tous les deux nés sous un palmier. En irlandais moderne « ailm » en est venu à désigner l'orme sous l'influence des classiques latins car, en Italie, l'orme (ulmus), qui n'est pas originaire des îles britanniques, servait de tuteur à la jeune vigne et devint ainsi l'alma mater du dieu du vin. Cette interdépendance de la vigne et de l'orme fut sanctifiée par une référence qu'y fit le Pasteur d'Hermas, l'un des tout premiers livres chrétiens admis comme révélés.
Mais l'épicéa, qui affectionne lui aussi les sols sablonneux et les brises marines, est l'arbre de la naissance depuis aussi longtemps que le palmier. Il est l'arbre sous lequel naquit le dieu de Byblos, prototype de l'Osiris prédynastique d'Égypte. Le mot grec pour désigner le sapin est elate et le récit de Pausanias sur l'Arcadien Élatos est intéressant. Il était « le père d'Ischys l'amant de la mère d'Asclépios et de Cyllen qui donna son nom au mont Cyllène jusque-là sans nom » et qui devint le lieu de naissance d'Hermès. D'autres mythologues font de Cyllen la « nymphe Cyllène », femme de Pelasgus fondateur de la race pélasge. Il semble qu'originellement Élatos fut Élate, « l'Élevé », nom transféré d'Artémis à son arbre sacré (dont on agirait en son honneur une branche portant ses fruits entrelacés à du lierre, durant les réjouissances dionysiennes) et que Cyllène (Cylle Ana), « la Reine Courbe », fût un autre de ses titres. L'épicéa de la déesse de la naissance est semblablement transféré à son fils dans le mythe d'Attis fils de Nana l'Adonis phrygien. On dit qu'il aurait été transformé en sapin par la déesse Cybèle qui l'aimait ; elle venait de le découvrir mortellement blessé par un verrat envoyé par Zeus (ou par un roi phrygien qu'il aurait émasculé et qui l'aurait émasculé à son tour).
Le cheval de Troie, offrande de paix faite à la déesse Athéna, originellement la même Déesse Blanche, était construit en épicéa et ce fut un cheval car il fallait un animal consacré à la Lune.
Dans le musée de Newcastle-on-Tyne se trouve un autel britannico-romain dédié aux « mères » par un certain Julius Victor. On peut y discerner un triangle reposant sur sa base et contenant une pomme de pin. Bien que le nom de Druntia, la déesse gauloise du sapin, ne contienne aucune référence à son arbre propre, il fait d'elle la « reine des Druides » et, par là, la mère du calendrier des arbres dans sa totalité.
La place de l'épicéa est au premier jour de l'année, celui de la naissance du Divin Enfant, le joue en surnombre du solstice d'hiver. Treize semaines séparent chaque place consécutive des arbres-voyelles ; la dernière de chaaue série était une semaine de mort et exigeait des sacrifices sanglants.
Notes : 1) Il est probable que Gwion était également au courant de l'importance attribuée au nombre cinq par les Pythagoriciens prononçaient leurs serments sur la sainte tétractys, figure consistant en dix points ordonnés en une pyramide, de la façon suivante :

Le point au sommet représentait la position ; les deux points en dessous, l'extension ; les trois points encore plus bas, la surface ; les quatre points en bas, l'espace à trois dimensions. La pyramide, le plus ancien symbole de la Triple Déesse, s'interprétait philosophiquement comme le commencement, l'accomplissement et la fin, et le point au sommet de la figure formée par les quatre sommets des angles à la base évoquait le cinq d'une face de dé. Cinq représente la couleur et la variété que la nature donne à l'espace aux trois dimensions appréhendées par les cinq sens et techniquement appelées « le bois » (un quinconce de cinq arbres pour rappeler que ce monde diversement coloré aurait été formé de cinq éléments : terre, air, eau, feu et quintessence ou âme ; ces éléments à leur tour corrrespondent aux saisons). Des valeurs symboliques furent également données aux nombre de six à dix, nombre de la perfection. la tétractys peut être interprétée de nombreuses autres façons : par exemple on peut la considérer comme formée par les trois sommets d'un triangle renfermant un hexagone de points (six étant le nombre de la vie) avec un point central élevant le groupe à sept, nombre techniquement connu sous le nom d'« Athéna » nombre de l'intelligence, de la santé et de la lumière.
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Laura Tuan, autrice d'un livret d'accompagnement intitulé Les Tarots celtiques (Éditions De Vecchi S.A., 1998) propose un article sur l'ogam Ailm :
"Ailm : Pin argenté
Le pin est la plante de la naissance et de l'hiver ; l'arbre cosmique dans les branches duquel se lève le Soleil nouveau-né au solstice d'hiver.
Il s'avère aussi étroitement lié à la notion de voyage, y compris celui vers les régions d'outre-tombe. Tant et si bien que les navires de guerre et de transport étaient pour la plupart construits avec son bois. Les Celtes tiraient en outre de la résine du pin un encens rituel. Et un rameau de pin avec une pigne au bout pouvait parfois servir de baguette magique, la place de celle d'if ou de noisetier.
Le pin argenté est consacré aux déesses lunaires de la maternité, comme le prouve l'ancien usage écossais (de bon augure) consistant à tourner trois fois autour du lit de l'accouchée et du berceau de l'enfant, en tenant dans sa main une torche de pin embrasée. Il est associé à Druantia, déesse féminine, maîtresse de tout le calendrier des arbres.
Divinités : Ondines.
La couleur : Bleu.
La carte : Avec les âmes des morts (les figures sombres sur la carte) et associé symboliquement à l'hiver qui, dans le calendrier celtique, commence dès les premiers jours de novembre, simultanément au jour de l'an, le pin constitue l'emblème de la transformation et de la renaissance.
Ce n'est pas un hasard si les crânes rituellement peints en rouge à l'occasion justement du jour de l'an, et utilisés comme coupes pour les libations, sont destinés à reprendre vie, par analogie aux graines enfouies dans la terre, qui donnent naissance à une nouvelle plantule.
Au centre, le paon aux mille yeux regarde l'ondine (élément de l'hiver)en train de transvaser de l'eau ou de l'hydromel d'une amphore dans un pot. Au premier plan, on distingue les pommes et les noisettes qui agrémentaient les repas hivernaux des Celtes, et que l'on retrouve encore aujourd'hui dans les gâteaux traditionnels de la nuit d'Halloween.
Mots-clés : Naissance - Commencement - Espoir - Protection.
A l'endroit : Début d'une situation avantageuse - Bien-être retrouvé - Récupération des énergies - Espoir de guérison - Optimisme - Attitude positive à l'égard de la vie - Enthousiasme - Attentes - Protection - Renaissance après un effondrement - Maturité - Évolution intérieure.
A l'envers : Mélancolie - Dépression - Tristesse - Peurs - Incapacité de se reprendre après un effondrement - Refroidissement - Vieillissement précoce - Douleurs - Confusion mentale - Tics nerveux - Convalescence longue et difficile, Lent rétablissement après une intervention - Stress causé par des problèmes mal affrontés - Rapports problématiques avec un parent âgé - Un ami ou un thérapeute.
Le temps : Hiver.
Le conseil : Apportez le plus grand soin à ce que vous faites, surtout au début, car c'est sur la phase initiale que repose la suite."
Selon Gwyddhyon, auteur de Ogham, Le Yi-King celtique des arbres (Éditions Chariot d'Or, 1999), le sapin est associé à diverses caractéristiques :
"Nom : Ailm
Lettre : A
Monde végétal : Sapin (Albies alba)
Signification : La misère
Symbole : La prudence
Couleur : Bleu clair
Direction cardinale : Ouest.
Triades celtiques : Il existe trois causes qui engendrent la mort : - l'ignorance - l'hédonisme - l'impossibilité de percevoir l'infini (Keugant).
Monde de l'épreuve de l'Abred : Le sapin est un grand arbre qui symbolisa longtemps la majesté, mais aussi l'austérité. La santé physique est le fruit d'une hygiène quotidienne et non le produit de quelque réparation chirurgicale.
Monde des âmes de Kenmill : Symbole du grand passage, le sapin fut longtemps lié aux rites funéraires. Il montre la nécessité de voir au-delà des premières apparences et incline à la prudence, synonyme de vertu dans les temps anciens.
Monde ultime de Keugant : Il nous enseigne comment prévoir les événements et comment éviter la déchéance par une conduite appropriée et une vue à long terme.
Images : Les plus forts gémissements
"L'étrange sapin fut brutal au combat."
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Dans Le Tarot Celte des arbres (Édition originale, 1998 ; Traduction française Le Courrier du Livre, 2001) Liz et Colin Murray associent Ailim à :
Couleur : Bleu clair.
Le nom de famille du Pin argenté est Abies Abies et vient du verbe latin abire, qui signifie "s'en aller", faisant allusion à la grande distance du sol à laquelle cet arbre élevé et mince peur porter sa cime. Les arbres "Adam" et "Ève", une paire de Pins argentés plantés par le duc d'Argyll au début du XVIIe siècle, et qui vécurent jusqu'à une époque récente, atteignaient des hauteur de 130 et 124 pieds (environ 40 et 38 mètres), respectivement. Les Pins argentés poussent dans des régions montagneuses, sur les pentes élevées dominant les forêts avoisinantes, se perdant dans l'air clair du ciel bleu lointain.
Ainsi, voici un arbre qui peut voir au loin, à l'horizon lointain, et dans les monde au-delà, à cause de sa hauteur et de sa position élevée sur les pentes des montagnes. Le choix de cette carte indique une vue longue, avec une vision claire de ce qui est au-delà, mais qui doit venir. S'ajoute à cela la capacité de voir et de comprendre du point où vous êtes dressé et enraciné, voyant loin et prévoyant l'avenir.
Le Pin argenté est aussi l'arbre des Trois Brigid, représentées avec trois visages ou aspects - celui d'une jeune fille, ou d'une future mariée, célébré au printemps, d'une matrone gouvernant l'été et la fertilité, de la sorcière des mois d'hiver, un cycle annuel continu. Elle est aussi forgeron, guérisseuse et voyante. Le choix de la carte du Pin argenté confère aussi le renforcement et la guérison apprises dans vos vies passées et présentes, qui doivent être une source où puiser intuition et connaissance de votre avenir. La couleur argent vous lie au fil d'argent symbolisant votre conscience du progrès dans votre voyage spirituel. A certains moments, vous serez intuitivement en harmonie avec cela, à d'autres, il y aura de la confusion. Cette carte annonce un progrès clairvoyant.
Si la carte se présente à l'envers, la vision dont vous avez besoin est voilée. Vous avez besoin de vous élever et de bien considérer les choses avant d'aller plus loin sur votre voie.
Mots-clefs : Vision élevée - Vue longue.
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Selon Alain Gesbert, auteur de B. A. - BA Oghams divinatoires (Éditions Pardès, 2002), l'ogham Ailm est associé à :
"Arbre : Sapin.
Mot clé : Puissance.
Association complémentaire : Ambitions - Matérialisme.
Lettre : A.
Couleur : Bleu pâle.
Ailm est un indice de progression, d'intelligence, de puissance personnelle, voire d'un ascendant sur les autres ou vos collaborateurs. Ailm symbolise également les ambitions matérielles.
Le défi d'Ailm est d'assumer ce pouvoir sans abus et sans manipulation. Il peut y avoir une tendance à réagir trop impulsivement ; le stress peur vous rendre coléreux. Prudemment, et avec du recul, réfléchissez à la direction que vous souhaitez prendre et, surtout, quels moyens vous allez utiliser pour aboutir ou réussir.
Visualisez ou imaginez un beau sapin vert, ressentez son énergie, sa vigueur, sa puissance. Associez-y un brin de raison pur que ce pouvoir reste objectif et ne vous aveugle pas."
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D'après Julie Conton, autrice d'un essai sur L'ogham celtique ou le symbolisme des arbres, l'oracle des druides (Éditions Mémoires du Monde, 2014) :

D'après Terres Unsoeld, autrice de Chamanisme de la Lumière (Guy Trédaniel Éditeur, 2017) :
"Dans l'Arbre du Zodiaque, le Sapin est l'Arbre Maître qui nous aide dans l'initiation de la Naissance.
Dans l'Ogam, le pin, le sapin, l'épinette noire et le mélèze ne sont pas séparés. Ils représentent "Ailm", le grand son de "AH" inspirant le grand étonnement et l'exaltation en présence du Divin. Ils sont présents pendant le grand acte de Création. Les conifères ont quatre éléments reliés aux quatre arbres : air (sapin), feu (pin), eau (mélèze) et la terre (épicéa). Notre esprit descend vers le bas à travers l'air, il est transmis au feu de notre cœur, par l'eau de notre mère, et nous sommes nés sur la terre.
Le Sapin a été témoin de la naissance de notre monde depuis le début des temps. Il se pose en gardien du corps sacré de la Lumière du Monde, contenant la mémoire du feu divin, pourvoyant un espace pour toute vie."
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Dans La Voix des Arbres (Édition originale, 2019 ; Tana Éditions, 2023 pour la traduction française) Diana Beresford-Kroeger transmet à son tour sa vision de l'ogham des Celtes :
"Ailm - Le Pin
Les géants au bord des cours d'eau du monde celte étaient des pins. L'écorce orangée de ces conifères s'harmonisait aux teintes du coucher du soleil ; leur parure d'aiguilles vert vif accrochait les nuages diaphanes. Fatigués, ils laissaient leurs aiguilles tomber doucement sur le sol, qui absorbait ensuite l'acide de feuilles en décomposition.
Ces pins avaient des compagnons plus petits qui se font rares aujourd'hui : les arbousiers, Arbustus unedo, des feuillus à l'écorce brun-rouge qui se développaient à l'ombre des géants. On les trouvait associés sur le littoral, où leurs feuilles se mêlaient à l'humus. A l'automne, l'arbousier porte des grappes de clochettes ivoire qui donnent des baies rouges à peau rugueuse. C'étaient les fruits de la lande que les druides-médecins préféraient, connus également des Arabes et des Grecs.
Le pin sylvestre, Pinus sylvestris, avec son bois aux propriétés antiseptiques, était le chouchou des cuisines celtes. On lui confiait sans hésiter le beurre et le lait, car il leur évitait de rancir. La légèreté des objets du quotidien faits en pin sylvestre était appréciée des poignets fatigués. Son bois est facile à nettoyer, et il sent toujours bon. La maîtresse de maison, bean an ti, lui donnait même un petit nom : déid. C'est aussi dans ce bois qu'on taillait le tour du potier.
Dans la tradition orale des Celtes, le pin portait déjà un nom des millénaires avant la naissance du christianisme. Les bosquets de pins sur le littoral et au bord des lacs et des rivières servaient de repère pour la navigation. Les autoroutes de l'époque étaient les cours d'eau, où circulaient de petites barques, les curacha, et de plus grands vaisseaux, les bdid, propulsés à la rame d'un point à un autre sans trop d'efforts. Le feuillage odorant du pin les attendait toujours, à la fois dans leur langue et dans leur mémoire.
Quand la mémoire s'est mêlée de langue, une nouvelle idée est née chez les peuples celtes : l'écriture. Le concept d'une forme de communication écrite les entourait déjà, sous la forme du sanskrit, venu d'Inde. L'écriture fut l'étape suivante pour l'extraordinaire tradition orale des Celtes. Le mot écrit est un marchepied vers le changement et le progrès.

Les perspectives ouvertes par l'écrit s'abattirent comme une violente averse sur les Celtes, détrempant la terre aride de la poésie en Irlande pour qu'en sortent des pousses.
D'après la légende, quand un jeune homme du nom d'Ogma créa l'écriture oghamique, le lien avec la nature s'est imposé, car toute imagination - même l'imagination scientifique - dérive de la nature. Le jeune Ogma a contemplé ce qui l'entourait, et son regard est tombé sur les formes de vie sacrées des druides : les vieilles forêts.
C'est ainsi qu'est né l'alphabet des arbres. Cette nouvelle écriture renfermait la philosophie de la forêt et les millénaires de culture orale qui l'accompagnaient. Un mot écrit, ce n'est pas rien ; c'est le dépositaire d'une pensée, le signe que la civilisation qui l'a produit était capable de se renouveler. Avec cet alphabet, les Celtes ont créé la deuxième plus vieille langue écrite du monde occidental.
L'ogham a d'abord été écrit sur le longues bandes d'écorce de peuplier ou de noisetier récoltées au printemps,. Gorgés de fluides, ces lambeaux d'écorce s'incurvaient naturellement vers l'intérieur : au toucher, ils étaient humides et poisseux de cellules riches en protéines similaires à la caséine, une protéine du lait utilisée comme fixateur en peinture. L'écorce conservait parfaitement le texte tant qu'elle restait sèche et en bon état.
Par la suite, les Celtes ont écrit sur de très grandes pierres taillées rectangulaires dispersées dans les campagnes à la façon de monuments commémoratifs - ce qu'elles étaient peut-être. Quand j'étais enfant en Irlande, ces pierres servaient aussi de balises au bord des anciens chemins qui sillonnaient les collines et les montagnes. La communauté agricole irlandaise était pleinement consciente de l'importance de ces pierres oghamiques dans le passé. Elles représentaient un héritage collectif, et personne ne touchait aux sites où elles étaient implantées. les champs concernés ne servaient que de pâtures pour les moutons ou les vaches.
Des inscriptions en alphabet oghamique y ont été gravées à l'aide d'outils de fer et de brnonze. Le travail du métal était une spécialité des Celetes. Au fil des millénaires, les éléments ont altéré ces inscriptions, mais elles restent lisibles du bout des doigts.
Le pin sylvestre était extrêmement important aux yeux des Celtes. Ogma lui-même devait l'appeler Ailm, qui deviendrait la lettre A de son alphabet des arbres sacrés. Dans l'alphabet oghamique, il est représenté par une simple croix : une ligne verticale que barre une ligne horizontale. La lettre A en irlandais se prononce de deux manières différentes, l'une courte et l'autre prolongée par un accent qu'on nomme fada. Un son utile aux poètes et aux bardes.
Les remèdes liés au pin sylvestre se sont perdus. Ce qui nous est parvenu à la place est un souvenir soigneusement préservé. Nous savons que les druides-médecins considéraient le pin comme essentiel à la santé. Ils prescrivaient des marches dans les forêts de pins en soutien à l'appareil respiratoire et pour débarrasser les poumons des toxines accumulées au fil des rhumes et des grippes. Leur premierè recommandation à quiconque souffrait d'une telle maladie était de suer pendanrt vingt-quatre heures, enveloppé dans un drap de lin, après avoir mangé du lait bouili aux oignons, sauvages si possible ; ensuite, quand le patient retrouvait de l'énergei, on lui demandait d'aller marcher dans une forêt de pins. Ce concept de bain de foret a été testé par la médecine moderne, et les essais cliniques sont confirmé son effet bénéfique.
A mesure que la température augmente, les aiguilles du pin produisent des aérosols atmosphériques à base de pinène. En se répandant dans l'air, les pinènes subissent une torsion lévogyre (un peu comme un cerf-volant qui ne pourrait voler que vers la gauche). Cette forme de molécule est facilement absorbée par la peau et la surface des poumons, et il a été prouvé récemment qu'elle stimulait le système immunitaire humain. Les effets bénéfiques d'une marche de vingt minutes dans une forêt de pin persistent dans la mémoire du système immunitaire pendant une trentaine de jours."
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Pandora Hearts, autrice, et Lydie Bossuet, illustratrice proposent un Oracle des arbres & des oghams (Éditions Secret d'étoiles, 2022) que je trouve particulièrement beau :
"Paroles de Ailim : Je suis Ailim, l'arbre de l'Autorité et de l'Analyse. Au centre de mes frères réunis, mon tronc s'élève avec autorité sur nos ennemis. Mes branches toujours vertes analysent mon environnement avec sagesse et respect. Mes cônes sont l'héritage que je lègue avec bienveillance aux initiés. Je suis Ailim, l'arbre de l'Initiateur et du Protecteur.

Signification de la carte : Dans un tirage, Ailim est le symbole de l'espoir et de la protection, de l'autorité et de la confiance, de l'analyse et du bilan, de la transmission et du patriarche. Il représente parfois un père, un guide ou une personne d'une grande sagesse. Il indique un allié qui vous montre la voie tout en prévenant des dangers. Ailim vous engage à écouter les conseils qui vous sont prodigués.
Ailim exprime également votre capacité à regarder votre situation dans son ensemble. Cette facilité à voir les tenants et les aboutissants et votre analyse de ceux-ci vous permettent d'avancer avec confiance. IL démontre parfois que votre énergie imposante force le respect d'autrui. Ailim indique également que vous êtes conscient de votre aura de meneur.
Ailim vous invite parfois à vous inspirer de vos ancêtres, de leurs actions, pour trouver l'inspiration et mener à bien vos projets. De manière plus pragmatique, il indique un héritage ou un legs. Dans un tirage spirituel, il exprime vos liens avec les sphères supérieures ou encore votre respect des traditions. Ailim vous indique une élévation tant morale que spirituelle.
Carte renversée : Lorsque a carte apparaît à l'envers, Ailim dénonce un sentiment de désespoir face à votre situation : vous ne semblez pas voir les choses de la bonne façon. Il indique ainsi un abattement total et une profonde détresse. Il vous conseille alors de vous faire soigner et de demander de l'aide à une personne capable de vous prendre sous son aile. Ailim renseigne également sur une possible inconstance et une personnalité versatile.
Ailim avertit également de la manière dont vous vous érigez au-dessus des autres. Il démontre que cette propension naturelle à vous croire supérieur aux autres est nocive pour touts et vous également. Il vous conseille alors de redescendre de votre piédestal et de faire preuve de plus de tolérance. Ailim enseigne ainsi que vous ne trouverez votre place et voter équilibre qu'en ayant une vision claire de vous-même.
Mots-clés : Père - Patriarche - Initiateur - Protecteur - Autorité équitable - Ancêtres - Héritage - Analyse - Bilan - Vision éclairée."
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