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  • Anne

La Tortue


Étymologie :

  • TORTU, -UE, adj.

Étymol. et Hist. I. Adj. 1. 1230 « courbé, tourné, tordu » grant roe tortue (Gaydon, 294 ds T.-L.) ; 1640 bois tortu « la vigne » (Oudin, Curiositez), ,,familier`` dep. Ac. 1718 ; 2. 1507-08 « qui manque de justesse, de droiture » beste tortue [le Diable] (Eloy d'Amerval, Le Livre de la Diablerie, éd. Chr. Fr. Ward, p. 153a) ; cf. 1564 voyes tortues (Indice et rec. univ. de tous les mots princ. des livres de la Bible, Paris, Th. Courteau, fo337 vo[Esaïe. 45, a. 2]). II. Adv. 1606 « de travers » (Crespin). Dér. de tort*, avec un -u qui permet de l'intégrer dans une série du type bossu*, etc., v. FEW t. 13, 2, p. 100a, note 24.

  • TORTUE, subst. fém.

Étymol. et Hist. I. 1. a) Ca 1190 « reptile chélonien à quatre pattes courtes, au corps enfermé dans une carapace sous laquelle la tête peut rentrer » tortues et scarpanz (Floovant, éd. S. Andolf, 1303) ; b) 1690 potager de tortuës (Fur.) ; 1825 soupe à la tortue (Brillat-Sav., Physiol. goût, p. 319) ; 2. 1648 marcher comme une tortue « marcher très lentement » (Scarron, Virgile travesti, éd. V. Fournel, livre II, 119b) ; d'où 1796 « personne très lente » (J. de Maistre, Corresp., p. 92) ; cf. 1866 (Hugo, Corresp., p. 181 : c'est une tortue [l'Académie] qui a des coups de foudre) ; 3. 1867 [1reéd.] « monnaie grecque sur laquelle était gravée une tortue » (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin, p. 500). II. 1. 1575 « machine de guerre à l'abri de laquelle on s'approchait des remparts d'une ville assiégée » (Paré, Préface sur le livre des playes faites par harquebuses ds Œuvres compl., t. 2, p. 123) ; 2. 1606 « carapace que l'on fait en marchant en tenant des boucliers au-dessus de la tête » (Nicot). De l'a. prov. tartuga « tortue », xive s. [ms.] bec de tartuga (Marcabru, Poésies, éd. J. M. L. Dejeanne, p. 85) ; tortuga, xive s. (Eluc. de las propr., fol. 57 et 261 ds Rayn. ) qui remonte tout comme l'ital. et le port. tartaruga, à un lat. tartarūca, fém. de l'adj. b. lat. tartaruchus « de l'enfer, du Tartare » (Blaise Lar. chrét.) (du b. gr. τ α ρ τ α ρ ο υ ̃ χ ο ς « id. » ds Liddel-Scott) dans des expr. comme *bestia tartaruca ou même *testudo tartaruca, la tortue symbolisant les hérétiques, et, dans les représentations figurées l'esprit des ténèbres, du mal en lutte avec le coq, symbole de l'esprit de la lumière et du bien. Tartaruga est devenu tortuga p. dissim. des deux syll. identiques, et sous l'infl. de tort « tordu » (v. tort), les tortues ayant les pattes tordues, la voy. -o- s'est substituée à -a-; le lat. class. testūdo survit dans l'ital. testuggine (avec substitution de suff.). Cf. Bl.-W.1-5.


Pour en savoir plus, lisez la définition du nom.

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Zoologie :


Dans le Hors-série de Causette (été 2018) intitulé « Histoires d'A...mours », Claudine Colozzi nous propose un petit "Kama-sutra des animaux" sous forme d'abécédaire :


Y comme Yeux (t'as d'beaux)

Qui l'eût cru ? Les tortues femelles déploient des trésors d'ingéniosité pour faire comprendre aux mâles qu'elles sont partantes pour coucher le premier soir. Quand un mâle est face à elle, la trachémyde peinte de Virginie fait de rapides clins d'œil qui créent des éclairs blancs six fois par minute. Hypnotisé, le mâle n'a plus qu'à s'exécuter.




Anecdotes historiques :


Dans La Tortue d'Eschyle et autres morts stupides de l'histoire (Éditions des Arènes, 2012 ; Édition revue et augmentée Taillandier, 2019), Bruno Léandri (un des co-auteurs avec David Alliot, Philippe Charlier, Olivier Chaumelle, Frédéric Chef et Bruno Fuligni, nous relate la mort du célèbre dramaturge :


Par une faveur du hasard, une des plus anciennes morts stupides de l'histoire peut aussi prétendre à une des plus hautes places sur le podium de l'absurde funèbre, tant ses circonstances relèvent d'une conjecture improbable. Seconde particularité et non la moindre, si la vie du tragédien athénien Eschyle est incomplètement connue, parsemée de zones d'ombre et d'épisodes confus, sa mort, même si sa date en reste incertaine, a été détaillée en long et en large dans la plupart des tentatives de biographie de l'auteur des Perses. En voici la version la plus commune : invité par le roi de Syracuse, Hiéron, Eschyle se rend en Sicile en 456 av. J.C. Il se promène un jour aux alentours de la ville de Gela, s'assoit pour contempler le paysage lorsqu'un rapace vole au-dessus de lui, cherchant un endroit approprié pour y lâcher de très haut sa proie : une tortue, dont il faut briser la carapace pour se repaître du contenu. De son œil perçant, l'oiseau repère alors un magnifique rocher rond et clair : il lâche le reptile avec une grande précision, lequel vient s'éclater sur le crâne chauve du tragédien, qui meurt sur le coup. La plus belle des variantes vient de Pline l'Ancien, qui raconte dans son Histoire naturelle (X, 3, 2) qu'un oracle avait fait à Eschyle, peu de temps auparavant, une sombre prédiction : il lui avait assuré qu'il mourrait de la chute d'une maison. Notons qu'Eschyle se trouvait alors dans les environs de l'Etna, dont les caprices telluriques étaient largement connus du monde antique, et que l'effondrement inopiné d'une bâtisse à la suite d'une secousse volcanique n'avait rien d'invraisemblable. C'est donc pour échapper à ce funeste sort que le poète passait le plus clair de sa vie dehors, se rendant ainsi d'autant plus facilement repérable par un rapace. Et sa prise particulière rendit conforme la prédiction de l'oracle.

Confrontée à la science, l'anecdote n'est pas non plus complètement dénuée de vraisemblance. Il existe un rapace alors commun en Sicile, le gypaète barbu, dont le mode d'alimentation très connu des ornithologistes consiste à prélever sur les cadavres d'animaux les os creux, crâne, fémur, etc., et à les briser en les projetant de haut sur un rocher, afin d'en manger le contenu. Alors, l'histoire est-elle vraie ? Des générations de tragédiens, de gypaètes et de tortues attendent la réponse à cette question. Une chose est sûre : dans les biographies les plus sérieuses, si le lieu est retenu, si la date reste approximative à deux ans près, l'histoire est toujours donné comme une légende. Une autre chose est sûre : depuis Pline l'Ancien, elle a régulièrement été rapportée, des recueils factuels de Valerius Maximus au 1er siècle, au lexique de Suidas au Xe siècle, ce qui n'en fait pas une légende urbaine ou rurale pour autant, mais témoigne au moins du fait que l'anecdote plaît à tous les auditoires. Heureusement pour les chauves, l'aire de répartition des gypaètes s'est considérablement restreinte.

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Symbolisme :


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D'après le Dictionnaire des symboles (1969, édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982) de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant,


"Mâle et femelle, humain et cosmique, le symbolisme de la tortue s'étend sur toutes les régions de l'imaginaire. Par sa carapace, ronde comme le ciel sur le dessus - ce qui l'apparente au dôme - et plate au-dessous comme la terre, la tortue est une représentation de l'univers : elle constitue à elle seule une cosmographie ; telle apparaît-elle aussi bien en Extrême-Orient, chez les Chinois et Japonais, qu'au centre de l'Afrique Noire, chez les peuples de la boucle du Niger, Dogons et Bambaras pour ne citer que les plus étudiés.

Mais sa masse, sa force têtue, l'idée de puissance qu'évoquent ses quatre courtes pattes plantées dans le sol comme les colonnes du temple, font aussi d'elle le cosmophore, porteur du monde, ce qui l'apparente à d'autres puissants animaux chtoniens, tels le grand crocodile ou caïman des cosmogonies mezo-américaines, la baleine ou grand poisson, le dragon et même le mammouth, que la majorité des peuples sibériens considèrent comme une divinité du dessous des eaux.

Les classiques chinois insistent sur son rôle de stabilisateur : Niu-Koua coupe les quatre pattes de la tortue pour établir les quatre pôles de la création. Dans les sépultures impériales, chaque pilier repose sur une tortue. Selon certaines légendes, c'est une tortue qui supportait le pilier du ciel, abattu par Kung Kung, le maître des Titans. Les Îles des Immortels, nous dit Lie-Tseu, ne trouvèrent leur équilibre que lorsque les tortues les prirent en charge sur leur dos. En Inde, elle est un support du trône divin ; elle est surtout le Kârma-avatâra, qui servit de support au mont Mandara et assura sa stabilité lorsque dêva et asura procédèrent au barattage de la Mer de Lait pour obtenir l'amrita. Kûrmza Brâhmana l'associent à la création elle-même. Elle est aussi, comme en Chine, associée aux Eaux primordiales : elle supporte le nâga Ananta comme les eaux de la terre naissante.

Cette fonction de support du monde, gage de sa stabilité, l'apparente aux plus hautes divinités : au Tibet comme en Inde, la tortue cosmophore est une incarnation, tantôt d'un Bodhisattava, tantôt de Vichnou qui, sous cette forme, présente un visage vert, signe de régénération ou de génération, lorsqu'il émerge des eaux premières, portant la terre sur son dos. L'association eaux premières - régénération relève d'un symbolisme nocturne, lunaire, la tortue symbolise également en Chine le Nord et l'hiver, que l'on associe aux phases de la lune. Le dieu de la Lune, chez les Mayas, est représenté recouvert d'une cuirasse en écaille de tortue. Sa longévité bien connue conduit à lui associer l'idée d'immortalité, qui va de pair avec la fertilité des eaux premières, régie par la lune, pour donner les traits de la tortue à de nombreux démiurges, héros civilisateurs et ancêtres mythiques, excipant de sa fonction de cosmophore. D'innombrables traditions marient ces caractéristiques symboliques, sur tous les continents. Ainsi, pour les Munda, peuple dravidien du Bengale, la tortue est désignée comme démiurge par le soleil, dieu suprême, époux de la lune, pour ramener la terre du fond de l'océan. La Grand-Mère des hommes tombe du ciel sur la mer, selon les Iroquois ; il n'y avait alors pas de terre. La tortue recueille la Grand-Mère sur son dos que le rat musqué recouvre de vase remontée du fond de l'océan. Ainsi se forme peu à peu sur le dos de la tortue la première île, qui deviendra la terre tout entière ; ce mythe, selon Krickeberg, serait d'origine algonkine.

Le même mythe voit réapparaître par deux fois la Grande Tortue qui assurera le développement de l'espèce humaine : ainsi passe-t-on du cosmophore au héros créateur et à l'ancêtre mythique : la première fois elle apparaît sous la forme d'un jeune garçon qui a des franges sur les bras et les jambes et féconde magiquement la fille de la Grand-Mère céleste, d'où naîtront les Héros Jumeaux antagonistes, créateurs du bien et du mal. La seconde fois, le Héros jumeau du Bien, étant tombé dans un lac, arrive devant la hutte de son père la Grande Tortue : celle-ci lui remet un arc et deux épis de maïs, un mûr pour le semer, un laiteux pour le griller. (Les Iroquois sont un peuple de chasseurs devenus agriculteurs).

La même croyance se retrouve parmi d'autres tribus nord-américaines, telles que les Sioux et les Hurons, ainsi que chez de nombreux peuples altaïques, turcs ou mongols d'Asie Centrale, tels que les Bouriates et les Dörbötes. Dans les mythes mongols, la tortue dorée supporte la montagne centrale de l'univers. Chez les Kalmouks, on pense que, quand la chaleur solaire aura tout desséché et brûlé, la tortue qui soutient le monde commencera aussi à sentir les effets du chaud, se retournera avec inquiétude et provoquera ainsi la fin du monde.

Évoluant ainsi, dans la pensée mythique, entre les enfers chthoniens et les invisibles hauteurs ouraniennes, la tortue se trouve tout naturellement liées aux étoiles et aux constellations : le bouclier d'Orion est appelé Tortue en langue Ycatec. Et, entre le dôme et la surface plate de sa carapace, la tortue devient aussi la médiatrice entre ciel et terre. De ce fait, elle possède les pouvoirs de Connaissance et de Divination : on connaît les procédés divinatoires de la Chine archaïque, basés sur l'étude des craquements provoqués sur la partie plate de la carapace de la tortue (terre) par l'application de pointes de feu ; pratiques que l'on peut rapprocher de la fonction du tabouret-tortue ou tabouret de justice sur lequel les justiciers tikar du Cameroun asseyaient les suspects pour les empêcher de mentir au cours de leur interrogatoire.

C'est à ses qualités d'ancêtre omniscient et bénéfique que la tortue doit d'être souvent un compagnon, un familier de la maison des hommes : toutes les familles du pays dogon possèdent une tortue ; en cas d'absence du patriarche, c'est à elle que sont offertes la première bouchée de nourriture et la première gorgée d'eau quotidienne. Les Japonais lui portent la même considération qu'à la grue et au pin auquel ces deux animaux sont associés. Ils lui prêtent des dizaines de milliers d'années de vie

Ce rapprochement de la tortue et de la grue n'est pas sans évoquer une gravure de Hypoerotomachia Poliphili et qui représente une femme tenant d'une main une tortue et de l'autre une paire d'ailes déployées. Le symbolisme, évidemment hermétique, de cette ancienne allégorie oppose - ou compare - les valeurs chthonienne et ouranienne représentées par les ailes et la tortue. A lire Dom Pernety, le célèbre hermétiste du XVIIIe siècle, on serait tenté de voir dans ces ailes les attributs de Mercure et dans la tortue la matière de la cithare que Mercure aurait confectionnée à partir d'une carapace de tortue. Cette transformation de la tortue en cithare résumerait tout l'Art de l'alchimie ; c'est pourquoi Dom Pernety considère que la tortue est le symbole de la matière de l'Art.

Après sa préparation, elle devient en effet, aux yeux des alchimistes, le plus excellent remède. Elle serait de la race de Saturne comme le plomb première matière de l'œuvre. Ce qui rejoint la pensée des alchimistes chinois qui considèrent la tortue comme le point de départ de l'évolution, en accord avec les mythes évoqués plus haut. Au lieu de marquer, par sa nature chthonienne, une involution, une régression, elle serait au contraire le commencement de l'œuvre de spiritualisation de la matière, dont les ailes symbolisent l'aboutissement. Est-(ce pour cela que Pline l'ancien considère la chair de la tortue comme un remède salutaire contre les poisons et lui attribue des vertus pour conjurer les manœuvres magiques. Le symbole, ici, devient ambivalent, car tout contre-poison porte en lui une nature de poison, c'est bien ce que signifie cet extrait de l'hymne homérique à Hermès où le dieu s'adresse à la tortue :

Je te salue, aimable nature, tu es pour moi d'un si heureux présage. Comment, étant de la race des coquillages, vis-tu sur ces montagnes ? Je te porterai chez moi, et tu m'y seras très nécessaire. Il vaut mieux que je fasse quelque chose de bon de toi, que si tu étais dehors pour nuire à quelqu'un, car tu es par toi-même un poison très dangereux pendant que tu vis et tu deviendras quelque chose de bon après ta mort....

Les philosophes hermétiques voient dans cette adresse à la tortue un résumé de l'œuvre alchimique : la tortue est un des grands poisons avant sa préparation et le plus excellent remède après qu'elle ait été préparée, dit Morien,. Avec elle Mercure se procure des richesses infinies, telles que sont celles que donne la pierre philosophale.

Au plan strictement anthropocentrique, enfin, la tortue revêt, comme nous l'avons indiqué au départ de cet article, un symbolisme à la fois mâle et femelle. Il semblerait que cet aspect du symbole, particulièrement attesté en Chine et dans les traditions amérindiennes, soit dû à l'observation du mouvement de sortie de la tête de la tortue hors de la carapace, qui n'est pas sans analogie avec l'érection phallique, d'où certaines expressions métaphoriques chinoises. Le retour de la tête à l'intérieur de la carapace évoquera, dans le même ordre d'idée, la flacidité de la verge, d'où l'on induira des idées de dérobade, voire de capitulation et donc de lâcheté : à la limite cette image de la tortue rentrant le cou évoquera celle de l'autruche se cachant la tête dans le sable ; dès lors, dans la dégradation du symbole, les Chinois en vinrent à qualifier la tortue aussi bien les maris trompés que les souteneurs qui feignent d'ignorer le commerce dont ils sont les bénéficiaires. de leur côté, les Indiens d'Amazonie considèrent la tortue comme la représentation d'un vagin, qui est parfois, dans les mythes de la région de Vaupés, celui de l'épouse du soleil : il est frappant de souligner que, dans la même zone culturelle, la carapace de tortue, fermée de cire à son extrémité, constitue un instrument de musique, qui joue un rôle dans les cérémonies initiatiques, ce qui n'est pas sans évoquer la carapace de tortue transformée en cythare par Hermès.

Notons enfin que la rétractation de la tortue dans sa carapace est une image de haute portée spirituelle dans la tradition hindouiste : elle est symbole de concentration, de retour à l'état primordial, et donc d'une attitude fondamentale de l'esprit. Lorsque, dit la Bhagavad Gitâ, telle la tortue rentrant complètement ses membres, il isole ses sens des objets sensibles, la sagesse en lui est vraiment solide (2, 58)."

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Selon les Cartes médecines, Découvrir son animal-totem (1999, traduction française 2010) de Jamie Sams et David Carson,


"Dans les enseignements des Amérindiens, la Tortue est le plus ancien symbole de la planète Terre ; elle personnifie la déesse de l’énergie et la Mère éternelle d’où nos vies sont issues. Nous sommes nés des entrailles de la Terre et nos corps y retourneront. Par respect pour la Terre, la Tortue nous demande d’être attentif au cycle donner-recevoir et de remettre à la Terre ce qu’elle nous a donné.

La Tortue a une carapace semblable à celle que la Terre utilise depuis des siècles pour se protéger des souillures que nous lui faisons subir. La Terre se protège en effectuant des changements : régénération des plantes, création de nouvelles masses par l’éruption des volcans, modifications du climat... Comme la Tortue, vous avez aussi des boucliers qui vous protègent des blessures, de l’envie, de la jalousie et de l’inconscience des autres. Par ses habitudes, la Tortue vous enseigne comment vous protéger. Quand les actions ou les paroles des autres vous préoccupent ou vous blessent, il est temps d’entrer en vous-même et de respecter vos sentiments. Quand on vous attaque, il est temps de mettre en garde l’ennemi et de lui indiquer que vous êtes aux aguets.

Si vous avez choisi le symbole de la Tortue, on vous recommande de rendre hommage à la source de création qui vous habite, de vous enraciner dans la Terre-Mère et d’observer, avec une compassion toute maternelle, la situation dans laquelle vous vous trouvez. Utilisez les énergies de l’eau et de la terre ; elles représentent toutes deux les domaines où la Tortue habite. Avec elles, suivez harmonieusement le cours de votre vie actuelle et prenez une position de pouvoir en ancrant fermement vos pieds au sol.

La Tortue est un excellent maître dans l’art de s’enraciner. Si vous adoptez la médecine de la Tortue, vous pourrez même probablement vous débarrasser de vos tendances à être dans la lune. En apprenant à vous enraciner, vous vous concentrez sur vos pensées et sur vos actions, ce qui ralentit votre allure et vous permet d’achever vos projets.

En maintenant son pas lent et égal, la Tortue vous souligne les dangers de bousculer le cours des choses. Le maïs que l’on cueille avant son temps n’a aucune chance de mûrir. D’autre part, si on lui permet de se développer à son rythme, selon la saison, tout le monde pourra profiter de son goût sucré.

La Tortue enterre ses pensées, comme ses œufs, dans le sable et permet ainsi au soleil de couver ses petits. Cette habitude vous enseigne à mûrir vos idées avant de les sortir au grand jour. Rappelez-vous la vieille fable du lièvre et de la tortue et décidez si vous voulez être du côté de la Tortue. Plus gros, plus vite, plus fort : ce n’est pas nécessairement la meilleure façon d’arriver au but. Si toutefois vous y êtes parvenu de cette façon, attention ! Lorsqu’on vous interrogera sur le chemin parcouru, il se peut bien que vous ne vous rappeliez de rien... ou de si peu. Dans ce cas-là, vous ressentirez vivement cette absence de maturité.

Si vous avez tiré la Tortue, cela augure qu’il est temps de vous relier à la puissance de la Terre et à la Déesse-Mère qui vous habite. Cette carte vous rappelle que la Terre est votre alliée. Peu importe la situation que vous avez créée, demandez son aide et l’abondance viendra.


A l’envers :

Choisir la carte de la Tortue à l’envers, c’est un signe certain que la Terre-Mère vous lance un appel en vue d’un meilleur contact. Si vous êtes devenu négligent au point que vous oubliiez de mettre les déchets en lieu approprié, les jetant plutôt là où ça vous plaît, elle appelle. Si vous vous sentez seul face à un besoin, elle appelle. Si vous éprouvez des difficultés financières, si vous avez à peine de quoi manger ; ou, si vous désirez un enfant et que la grossesse ne se présente pas, voilà votre médecine... utilisez-la. Vous n’êtes pas seul... jamais. Vous êtes l’enfant de la Terre. Tous les actes de plaisir, de joie, d’abondance sont le fruit de cette Mère aux forces créatrices. Utilisez son énergie, cela vous aidera à guérir et vous accumulerez alors assez de vibrations guérisseuses pour les partager avec les autres.

La carte à l’envers peut aussi vous faire penser à une tortue renversée qui cherche à se remettre sur ses pieds. Peu importe combien votre situation semble difficile, vous n’êtes pas une victime, vous n’êtes pas sans recours. Pour redresser la Tortue si mal en point, vous n’avez qu’à établir la liste des choses dont vous pouvez être reconnaissant. Et, du plus profond de votre gratitude, voyez et goûtez l’abondance de choix que la Terre vous offre.

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Lire également l'article très intéressant du web magazine Le roi dragon.