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  • Anne

L'Eupatoire



Étymologie :

  • EUPATOIRE, subst. fém.

Étymol. et Hist. xve s. (Grant Herbier, éd. G. Camus n°181). Empr. au lat. impérial eupatoria (herba) « aigremoine », lui-même du gr. ε υ ̓ π α τ ο ́ ρ ι ο ν « id. », du nom du roi Eupator qui fit connaître l'usage médicinal de cette plante.


Lire également la définition du nom Eupatoire afin d'amorcer la réflexion symbolique.


Autres noms : Eupatorium cannabinum ; Chanvre d'eau ; Faux Chanvre ; Herbe de Sainte-Cunégonde ; Herbe du roi ; Herbière ; Nabrajère ; Origan des marais ; Pantagruélion ; Sézon-nette.




Botanique :


Selon Jean-Marie Pelt, auteur d'un ouvrage intitulé Des Légumes (Éditions Fayard, 1993) :

Cette découverte d'un nouveau principe actif dans l'artichaut ne devait pas s'arrêter là. Elle permit d'abord d'expliquer pour quelles raisons, dans les pharmacopées traditionnelles, la bardane et l'eupatoire sont souvent utilisées comme médicaments du foie : en travaillant sur des extraits de ces deux plantes, nous avons pu mettre en évidence un net effet thérapeutique qu'il devenait facile de relier à la présence, chez elles, d'homologues très proches de la cynaropicrine et du HMA. Il s'agit d'ailleurs, dans les deux cas, d'espèces de la famille des astéracées (ex-composées), famille à laquelle appartient précisément l'artichaut : c'est là une spectaculaire illustration des apports de la taxinomie empirique qui faisait de la bardane et de l'eupatoire des drogues de même tropisme thérapeutique que l'artichaut, et constatant par ailleurs qu'elles appartenaient à la même famille botanique, les astéracées, il était légitime d'y rechercher des principes actifs voisins ou identiques, responsables de ces effets. Ce qui fut fait et aboutit à un résultat positif.



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Symbolisme :


D'après Angelo de Gubernatis, auteur de La Mythologie des plantes ou les légendes du règne végétal, tome 2 (C. Reinwald Libraire-Éditeur, Paris, 1882),


EUPATOIRE (en italien, erba giulia ; en allemand, Kunigundkraut). — En Italie et en Russie, on attribue a cette herbe de grandes vertus magiques ; la décoction d’eupatoire est aussi censée chasser les fièvres et guérir les morsures des serpents.

 

Pour Scott Cunningham, auteur de L'Encyclopédie des herbes magiques (1ère édition, 1985 ; adaptation de l'américain par Michel Echelberger, Éditions Sand, 1987), l'Eupatoire chanvrine (Eupatorium cannabinum) a les caractéristiques suivantes :


Genre : Féminin

Planète : Vénus

Élément : Eau

Divinité : Vénus-Aphrodite vulgaire

Pouvoirs : Séduction.


On raconte que les cerfs blessés s'en servent pour panser leurs plaies...


Utilisation magique : L'Eupatoire chanvrine est l'herbe des séducteurs. Celle ou celui qui en a mâché quelques feuilles avant de se rendre à une réception est sûr d'y être très remarqué; ses mots d'esprit, ses réparties étourdissantes, son ironie parfois mordante susciteront vraisemblablement des réactions de jalousie et d'hostilité de la part des gens du même sexe ; en revanche, ce comportement fera de lui, ou d'elle, la coqueluche du sexe opposé.

Si un homme fait à une femme un cadeau vestimentaire, et qu'il imprègne au préalable ce vêtement avec quelques gouttes de suc, chaque fois qu'elle le portera elle pensera très fort à lui et aura des fantasmes qui la feront rougir. Si la femme invite l'homme à dîner et mêle un peu du même suc aux plats qu'elle lui sert, il rêvera à des situations qui ne le feront absolument pas rougir, et qui auront de grandes chances de se concrétiser au cours de la soirée.

Celle qui porte une tige d'Eupatoire sous sa jupe pour aller au bal sera une danseuse tellement admirée que les garçons risquent de se battre pour l'avoir comme cavalière. Mais si, par malchance, la plante tombe sur la piste de danse, la doyenne des femmes présentes lui apporte alors un verre d'huile de ricin qu'elle doit boire d'un trait, sinon un diable viendra la violer pendant la nuit (Hongrie).

N'importe quelle partie de l'Eupatoire chanvrine doit être employée très fraîche, le plus tôt possible après la cueillette; cette plante perd en effet toutes ses propriétés en séchant, et même en se fanant.

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale 2014 ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience à partir du moment où il est entré sur la voie de la Guérison avec l'Esprit des plantes :


"Le thérapeute a une relation personnelle avec les plantes, mais cela ne suffit pas à produire un plein effet. Cette relation personnelle est en fait destinée à ouvrir une porte vers le monde ancestral, qui a une plus grande capacité à soigner que n'importe quel individu. J'ai découvert cela en travaillant avec l'herbe de Joe Pye (l'eupatoire pourpre).

L'herbe de Joe Pye est une plante bien connue des lieux humides et marécageux, très répandue dans l'est et le centre des États-Unis. Certains disent que Joe Pye était un guérisseur indien connu pour guérir la plupart des maladies avec cette seule plante. Attiré par son savoir et sa beauté, je me suis présenté à cette plante, je lui ai offert du tabac, et je lui ai demandé ce qu'elle pouvait soigner. J'ai compris qu'elle avait un lien avec l’Élément Feu, mais le rêve était vague et peu satisfaisant, aussi n'ai-je pas fait appel à elle pendant des années. Mais, plus tard, lorsque j'ai commencé à considérer la pluie comme une divinité, d'autres forces naturelles se sont révélées à moi également comme des divinités. Le feu est devenu mon principal guide, et c'est le Dieu du Feu qui a dissipé mon incompréhension et relié mon rêve de Joe Pye avec le champ ancestral.

Il semble que, pour de nombreux peuples, le nom sacré du Dieu du Feu soit considéré avec tellement de respect qu'il n'était prononcé qu'à l'occasion de cérémonies particulières, comme si on ne pouvait prononcer ce nom qu'un nombre limité de fois au cours de sa vie. Lorsque quelqu'un voulait évoquer cette divinité, il lui substituait le nom d'un chaman connu pour posséder la médecine du feu. Joe Pye était un chaman de cette sorte, et "Joe Pye" était une façon prudente de dire "feu". Le Feu nous met en relation, et, dans la relation, des messages sont échangés. Nous nous les adressons les uns aux autres par des services de messagerie tels que nos gestes (signes de tête, froncements de sourcils, saluts de la main pour dire au revoir ou bonjour) et nos paroles ("les portes ouvrent à neuf heures", "passe-moi s'il te plaît les bananes", "je t'aime"). L'intonation de notre voix transmet aussi de nombreux messages ; prononcé sur un certain ton, "je t'aime" peut signifier en fait "je suis en colère contre toi". Le texte, qu'il soit écrit sur une page ou sur un écran d'ordinateur, est le plus aride des messages.

Dans l'univers du soin avec l'esprit des plantes, l'herbe de Joe Pye est un service de messagerie. Il fonctionne de cette façon :

De : Le thérapeute.

Pour : L'Esprit de la plante avec laquelle je suis en relation.

Via : L'herbe de Joe Pye.

Message : S'il vous plait, venez maintenant aider cette personne.

Avec mes remerciements et toute mon affection, signé : le thérapeute.


Il se pourrait bien que le personnage historique de Joe Pye ait effectivement soigné de nombreuses affections avec ce qui semble avoir été une plante unique.

J'avais déjà utilisé une plante comme messagère pour inviter les esprits, et je pensais que c'était une innovation. Mais j'ai appris qu'il n'en était rien. La fonction de messagerie était déjà incluse dans le champ des possibilités, du fait d'accords passés il y a bien longtemps entre les Ancêtres et les plantes."

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