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  • Anne

Le Maïs




Étymologie :

  • MAÏS, subst. masc.

Étymol. et Hist. [Ca 1525 maiz «sorte de plante céréale», cité comme mot indigène (A. Fabre, Le Voyage et navigation faict par les Espaignolz es Isles Mollucques [trad. de l'ouvrage ital. de Pigafetta] ds Arv., p. 309)] ; 1533 maizi (Martyr d'Anghiera, Extraict du recueil des Isles nouvellement trouvees en la grand mer Oceane Décade I, fol. 4b [trad. de l'ital.] ds König, p. 132) ; 1568 mais (Fumée, Hist. Gen. des Indes occ., fol. 223a [trad. de l'ouvrage esp. de F. Lopez de Gomara], ibid., p. 132). Empr., par l'intermédiaire de l'esp. maiz «id.», au taino [arawak d'Haïti] où le mot a dû avoir la forme mahiz (cf. 1555, Poleur, Histoire naturelle et généralle des Indes... fol. 102b [trad. de l'ouvrage castillan d 'Oviedo] ds König, pp. 132-133). Le mot est déjà att. en lat. en 1493 et en esp. en 1500 (cf. Fried., p. 368).


Lire aussi la définition pour amorcer la réflexion symbolique.

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Botanique :


Stefano Mancuso et Alessandra Viola, auteurs de L'Intelligence des plantes (édition originale 2013 ; traduction française Albin Michel, 2018), après nous avoir montré "comment une plante se comporte lorsque ses feuilles subissent l'offensive d'un herbivore" (cf fiche sur le haricot) nous posent cette question :


"Mais que se passe-t-il quand l'attaque porte sur ses racines ?

Un exemple emblématique nous est offert par le maïs. Aux États-Unis, il a été décimé pendant des années (avec pour conséquence des pertes s'élevant à des centaines de millions de dollars) par la Diabrotica virgifera, une chrysomèle qui dépose ses larves près des racines et tue les jeunes pousses, incapables de se défendre. On pourrait donc penser que le maïs n'est pas un champion en matière de défense végétale, mais il faut préciser aussitôt que ce n'est pas sa faute.

Très différentes de celles que nous cultivons aujourd'hui,fruit d'une longue sélection, les plus anciennes espèces de maïs européen et de maïs sauvage étaient tout à fait en mesure de se prémunir contre les attaques de la Diabrotica virgifera. Mais au terme d'un processus d'élaboration de nouvelles variétés visant à obtenir un rendement élevé et de gros épis, les hommes ont fini, sans s'en apercevoir, par privilégier des plantes qui ne pouvaient plus se défendre toutes seules.. Lorsque la Diabrotica virgifera les agressait en déposant ses larves à proximité de leurs racines, les vieilles variétés de maïs sécrétaient une substance nommée "cariophylline", dont la seule fonction consistait à appeler à l'aide des nématodes, de petits vers très friands de ces mêmes larves qui, en les mangeant, libéraient du même coup la plante de son parasite.

Notre erreur involontaire, qui nous a conduits à sélectionner des maïs "désarmés", nous a coûté très cher : selon certaines estimations, les pertes causées par la Diabrotica virgifera auraient parfois atteint, à l'échelle mondiale, jusqu'à un milliard de dollars par an. Pendant des décennies, cet insecte a été l'un des adversaires les plus redoutables du maïs et l'on a dépensé, pour le combattre, des sommes gigantesques investie dans la production massive de pesticides nuisibles à l'environnement. Il a ensuite fallu l'intervention de l'ingénierie génétique pour rendre au maïs sa faculté originelle : on a ainsi réintroduit, dans ses variétés modernes, le gène responsable de la production de cariophylline, emprunté à l'origan. Au bout du compte, on a donc dû créer une plante transgénique pour restituer au maïs une de ses caractéristiques innées."

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Symbolisme :


Selon Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, auteurs du Dictionnaire des symboles (1ère édition, 1969 ; édition revue et corrigée Robert Laffont, 1982),


"Dans les cultures mexicaines et apparentées, le maïs est l'expression, à la fois, du Soleil du Monde et de l'Homme. Dans le Popol-Vuh, la création de l'homme n'est achevée qu'après trois essais : le premier homme, détruit par une inondation, était fait d'argile ; le second est dispersé par une grande pluie, il était fait de bois ; seul le troisième est notre père, il est fait de maïs.

Il est le symbole de la prospérité, considérée dans son origine : la semence."

Kaiser, K. & Katz, S. H., auteurs de "Nourriture et symbole. Le maïs bleu chez les Hopi." paru en 1992 dans la revue Anthropologie et Sociétés, vol. 16 n°2, pp. 25–65 décrivent les mythes et rituels associés au maïs chez les Indiens Hopi :

Lire la suite de l'article.

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Eric Pier Sperandio, auteur du Grimoire des herbes et potions magiques, Rituels, incantations et invocations (Editions Québec-Livres, 2013), présente ainsi le Maïs (Zea mays) "Tout le monde connaît cette graminée à racines fibreuses, à tige droite et à larges feuilles lancéolées.


Propriétés médicinales : C'est dans les fibres soyeuses qui recouvrent l'épi de maïs que l'on retrouve les propriétés médicinales ; ces fibres constituent un traitement naturel pour tous les problèmes urinaires, incluant la cystite, les maladies de l'urètre ainsi que les problèmes de la prostate chez les hommes. Comme c'est également un excellent diurétique, on peut s'en servir pour réduire les cas d’œdème dans toutes les parties du corps.


Genre : Féminin.


Déités : Gaïa - Vénus - Déméter.


Propriétés magiques : Protection - Fertilité - Chance - Divination.


Applications :

SORTILÈGES ET SUPERSTITIONS :

  • amérindienne.

  • En Amérique du Nord, on vénère cette plante qui représente une source de nourriture très importante dans l'alimentation traditionnelle

  • Les Zunis et d'autres tribus du Mid-West américain se servent des grains de maïs pulvérisés dans leurs rituels sacrés.

  • Prenez un épi de maïs au hasard et comptez les grains, divisez ce nombre par douze et vous obtiendrez votre âge !

  • Pour arrêter les saignements de nez, portez un collier de grains de maïs rouge autour de votre cou.

  • Dans les temps reculés, on se servait du pollen du maïs dans les rituels pour demander de la pluie.

RITUEL POUR FACILITER UN ACCOUCHEMENT :

Vous pouvez faire ce rituel pour vous ou pour une femme qui accouchera bientôt ; il peut se réaliser à l'extérieur, mais aussi à l'intérieur si vous avez un foyer dans la maison.


Ce dont vous avez besoin :

  • une chandelle rouge

  • de l'encens de sang de dragon

  • trois épis de maïs rouge

Rituel :

Allumez votre chandelle et votre encens. Faites un feu de bois dans votre foyer ou à l'extérieur et attisez-lz soigneusement. Prenez les épis dans vos mains et levez-les vers le ciel en disant :


J'invoque les déesses de la maternité

J'en appelle à toutes celles qui règnent sur la vie

Que les douleurs de l'enfantement me soient douces Baignez mon front de votre haleine parfumée

Afin que l'enfant glisse de mon corps

Sans douleur.


Jetez les épis dans le feu et restez jusqu'à ce qu'ils soient complètement consumés.

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Eliot Cowan, auteur de Soigner avec l'Esprit des Plantes, Une voie de guérison spirituelle (Édition originale ; traduction française Éditions Guy Trédaniel, 2019) raconte plusieurs histoires de guérison dont il a fait l'expérience et explicite les vertus des plantes en fonction de l'Esprit qui les habite. A la fin de son ouvrage, il présente divers guérisseurs avec l'esprit des plantes qu'il a eu la chance de rencontrer. Ainsi en est-il de Don Enrique Salmon dont il retranscrit les paroles :


Eliot : As-tu aussi déjà soigné à distance avec l'esprit des plantes ?

Enrique : Ça m'est arrivé de faire des oins à distance avec le maïs. J'avais un de mes amis - je ne me souviens plus de quelle tribu il était - qui devait un jour se rendre au tribunal, et il m'a demandé la veille si je pouvais faire quelque chose pour que tout se passe bien pour tout le monde. Il ma dit à quelle heure ils étaient convoqués au tribunal, et à l'heure dite je suis sorti et j'ai utilisé un plat de maïs et quelques chants. Le maïs est une plante très positive qui soigne de toutes sortes de façons différentes - c'est pourquoi j'ai utilisé le maïs pour faire en sorte que tout se passe bien. Et ça a marché. Tout le monde a été gagnant, et il m'a dit que, quand tout avait été réglé, ils sont devenus et restés bons amis jusqu'à aujourd'hui encore."

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Mythologie :


Selon Annie Boule, auteure d'un article intitulé "Notes sur la civilisation guaranie." In : Mélanges de la Casa de Velázquez, tome 1, 1965. pp. 255-278 :


L'origine du maïs, dans ses diverses interprétations, est toujours humaine, et implique une sorte de pain vivant ou de «communion» qui n'est pas sans rapport avec la croyance aux qualités directement transmises par l'alimentation (on mangeait, par exemple, la chair des animaux rapides pour être rapide). Le maïs est vénéré par les guaranis car ils croient le devoir à l'un d'entre eux qui, sur le conseil du devin, se sacrifia pour apaiser la divinité durant une époque de famine. La victime volontaire agonisait attachée à un poteau lorsque se déchaîna une tempête... à la fin de laquelle les indiens trouvèrent à la place du martyr une plante aux larges feuilles avec un bel épi doré.

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